Auteur/autrice : unitecommuniste

  • Trois brochures numérisées.

    Trois brochures numérisées.

    Multiple mise à jour dans nos brochures.

      

    Trois ouvrages de tailles et de contenu différents : un extrait des mémoires de Sam Darcy, communiste américain, notamment connu pour son rôle dirigeant dans la grande grève générale de 1934, à San Francisco. Ce militant syndical et politique méconnu dans l’Etat français nous illustre, ici, le fonctionnement de la jeune démocratie soviétique et de son système d’élection.

    Le second est un texte écrit par Lénine pour le premier congrès de la III ème Internationale. Les Thèses de sur la démocratie bourgeoise et la dictature prolétarienne, comme l’indique leur nom, traitent de la lutte révolutionnaire contre la bourgeoisie, et fournissent un apport nourri par trois ans d’expérience pratique au sein de la future URSS.

    Le dernier est un article sur Joseph Staline, soulignant les apports théoriques et pratiques faits par ce dirigeant au marxisme-léninisme. Ce document, rédigé lors du soixante-dixième anniversaire de Staline, doit être mis, bien évidemment, en perspective avec les critiques postérieures au décès du secrétaire général du PC(b)US, cependant, des aspects importants et essentiels se retrouvent dans un document qui tente de synthétiser une vie de lutte.

    Nous vous souhaitons bonne lecture.

  • Le Versailles de Macron  – Un coup d’oeil sur son plan de guerre.

    Le Versailles de Macron – Un coup d’oeil sur son plan de guerre.

    Le Versailles de Macron.

    Un coup d’oeil sur son plan de guerre.

    Tout un symbole. En choisissant Versailles comme lieu de rassemblement du congrès des parlementaires, le nouveau président de la République fait un choix en terme de communication particulièrement révélateur de sa conception du pouvoir.

    Car le château de Versailles ne fait pas particulièrement partie de la symbolique habituelle du cirque républicain. En revanche, il est à la fois un rappel de l’Ancien Régime, de l’absolutisme, mais également, dans notre histoire, une évocation douloureuse du pouvoir réactionnaire et anto-ouvirer d’Adolphe Thiers et des bouchers sanguinaires qui liquidèrent la Commune de Paris.

    Difficile de dire si ce choix est conscient, assumé, ou si il résulte d’une erreur fondamentale de communication. Si, lors de la campagne présidentielle, celle d’Emmanuel Macron était réglée comme du papier à musique, elle patine, depuis, à de nombreuses reprises. Entre les propos dénotant un mépris de la vie humaine tenus par Macron -sur les Kwassa-kwassas– ou par Gérard Collomb -quant aux réfugiés privés d’eau et de sanitaires- et les phrases à l’emporte pièce sur celles et ceux qui « ne sont rien », l’art oratoire du nouveau gouvernement n’est plus aussi réussit qu’auparavant. Mais, erreur ou non, il existe néanmoins une forme de logique derrière ce choix.

    Opter pour ce lieu, cela rentre en droite ligne dans la logique de président Jupitérien, au dessus des partis et au dessus des parlementaires. A travers cela, Macron affirme son intention de diriger avec le minimum de législatif, avec le minimum de débats, avec le minimum d’opposition mais bien avec une avancée à marche forcée. Annoncer que, chaque année, il présentera un discours similaire, renforce l’image d’un président qui dirige et qui donne le ton, plutôt que d’un exécutant des décisions d’un corps législatif censé, dans le mythe de la démocratie bourgeoise, représenter les électeurs.

    Le choix est logique. Macron a été élu avec une longueur d’avance confortable, dans une élection où 25% des inscrits ne se sont pas exprimés. Son parlement, quant à lui, a été formé au cours d’une élection ou plus de la moitié des inscrits s’est abstenu et ou 10% ont voté blanc ou nul. Entre deux piliers, autant s’appuyer sur le plus solide et le plus crédible. Autant également s’appuyer sur celui qui peut centraliser le plus de compétences.

    Lors de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron avait annoncé qu’il réduirait le nombre de parlementaires d’environ 300, considérant que le nombre pléthorique de ceux-ci ne se justifiait pas. La forte abstention lui donne un prétexte supplémentaire. Dans son esprit, si le parlement est boudé par les électeurs, il n’a plus de raison d’être et, en revanche, le pouvoir présidentiel devient l’incarnation la plus pure et la plus sincère de la démocratie. Il n’exclut pas de le doubler de référendums, dont le caractère démocratique est plus que douteux dans un Etat où l’écrasante majorité des médias dépend d’une seule et unique classe.

    Conscient que le parlement ferait probablement obstacle à ce genre de réforme, d’autant que les sinécures et les fauteuils assurent de confortables revenus et une agréable carrière à ceux qui les occupent, le nouveau président indique qu’il n’hésitera pas à passer par la voie du référendum pour obtenir ce qu’il désire. « Si cela est nécessaire, je recourrai au vote de nos concitoyens par voie de référendum. »

    Cette réduction du nombre de parlementaires à de quoi séduire un certain nombre de votants. L’abstention a été un reflet du rejet du crétinisme parlementaire, de l’affairisme et de la corruption des élus. Une majorité d’électeurs rejettent -avec une justesse dans le diagnostic- ce système de démocratie représentative bâtie sur le fait d’appuyer des carriéristes et des professionnels de la politique, dont les intérêts de classe transcendent les étiquettes politiques.

    Dans l’esprit de la réforme, le but de Macron est de concentrer le pouvoir entre les mains d’un groupe plus réduit. Par voie de conséquence, de fermer également l’Assemblée aux forces politiques minoritaires -malgré une promesse d’une « dose de proportionnelle »– et d’aligner davantage le législatif sur l’exécutif.

    Malgré cela, Emmanuel Macron, en bon libéral, sait qu’il est important de laisser des stimulants matériels pour que les vocations ne tarissent pas. Pourtant, à la base, des concessions sont faites, cosmétiques, comme la suppression de la Cour de Justice de la République, cette instance spéciale chargée d’acquitter les ministres mis en examen. Il ne pourrait en être autrement dans un gouvernement marqué par les scandales en à peine deux mois de fonction. Mais cette apparence de durcissement camoufle mal une aggravation du laxisme.

    D’une part, la justice commune ne s’est jamais démarquée par sa tendance à frapper de sanctions dures les bourgeois, les bourgeoises et leurs confrères de l’appareil d’Etat. De l’autre, les déclarations du Président sont illustratives : « J’appelle à en finir avec la chasse à l’homme où parfois des réputations sont détruites »(…) « avec le viol permanent de la présomption d’innocence, avec cette chasse à l’homme où parfois les réputations sont détruites, et où la reconnaissance de l’innocence, des mois, des années plus tard, ne fait pas le dixième du bruit qu’avait fait la mise en accusation initiale » (…) « Cette frénésie est indigne de nous et des principes de la République. » Emmanuel Macron appelle la presse à faire œuvre de silence, à taire les affaires, à laisser les choses suivre son cours. Après tout, sans ces stimulants matériels, sans ces petits à-côtés, à en croire nos élus il serait impossible de s’en sortir financièrement.

    Macron a mené sa campagne présidentielle comme un chef d’entreprise, recrutant sur la base de CV et non sur celle de l’engagement politique, nouant des liens avec des contractuels qui se sont chargés de sa communication, de l’organisation de sa campagne, de tout ces aspects généralement dédiés aux militants. Il se conçoit lui même comme un prestataire de service dédié à exécuter les tâches de son commanditaire : la bourgeoisie. De ce point de vue là, « la prolifération législative » lui apparaît comme une entrave incompréhensible.

    Dans sa conception d’exécutant des basses-œuvres, Macron veut liquider tous les obstacles. « Les engagements seront tenus. Les réformes et ces transformations profondes, auxquelles je me suis engagé, seront conduites. » « Nous n’avons pas devant nous cinq ans d’ajustements et de demi-mesures. » Macron met en place les outils sur le long terme, qui lui permettront de mener à bien une mise au pas du pays sur le rythme dicté par les intérêts de la bourgeoisie.

    Cela, il le résume ainsi : « .Marqués par une époque de cynisme, de découragement, et j’ose le dire de platitude, nombreux encore sont ceux qui spéculent sur un échec qui justifierait leur scepticisme»  (…) «il faut sortir de ce climat de faux procès où le débat public nous a enfermés trop longtemps». «Il nous faut retrouver de l’air, de la sérénité, de l’allant. »

    Cet allant, le nouveau gouvernement l’entraine dans un plan en trois phases :

    Subordonner la société aux intérêts de la bourgeoisie.

    Macron est un opérateur pour les intérêts de la bourgeoisie. Son mandat -impératif- lui commande de la mettre au pas.

    D’une part en liquidant le code du travail, qualifié  » [d’]entrave au recrutement dans 95% des cas » par Muriel Pennicaud. En pulvérisant la hiérarchie des normes, en créant un chèque en blanc sur lequel la bourgeoisie pourra inscrire son montant de misère. Ces traits particuliers ont été déjà traités en amont, sont déjà abordés en détail par les syndicats et le Front Social et demeurent dans les esprits depuis la Loi Travail. Nous ne reviendrons pas sur ceux-ci ici plus en détail que dans notre tract, lequel s’exprimait ainsi : Là où la loi El-Khomri se contentait d’inverser la hiérarchie des normes, de faire passer les accords d’entreprise au dessus des accords de branches sur la question du temps de travail, Macron va plus loin. Les nouvelles lois veulent l’étendre à des domaines tels que les salaires ou les conditions de travail. Cela signifie que le patronat, à force de pressions, peut obtenir de la part de ses employés une soumission totale.

    La farce des référendum d’entreprises sert à atomiser les travailleurs, à les fragmenter, sous le faux prétexte de démocratie. Ces référendum ne sont des opérations ayant pour but de saboter toute lutte au sein des entreprises, de court-circuiter les syndicats, en somme d’effectuer un mise au pas des travailleurs.

    Le plafonnement des indemnités de licenciement, là aussi, revient à faciliter la gestion de la masse salariale, à l’entier bénéfice des patrons. Un plafonnement à 10 mois de salaire, cela revient à un aumône de misère.

     

    D’autre part en opérant un mouvement en faux, pour détruire en sous-main les convention collectives. Cette opération, se déroulant en toute discrétion, se trame dans l’éducation secondaire et supérieure. Durant la session de 2017 du Bac, les critiques ont fusé sur l’organisation et la qualité de celle-ci. Le gouvernement s’en est saisi, s’en servant de marchepied pour appuyer une demande de plus de contrôle continu dans l’évaluation des élèves. Plus de contrôle continu, cela signifie donc un impact plus important de la notoriété de l’établissement sur la qualité du baccalauréat, donc sur sa valeur auprès du supérieur et du marché du travail. De facto, cela entraîne un déséquilibre. De plus, le retour en grâce de l’autonomisation des lycées donne naissance, par la volonté d’accroître leur gestion de leur propre budget et de leur masse salariale, un déséquilibre progressif des moyens entre les établissements, donc de leur valeur aux yeux des employeurs.

    Le CAPES déplaît aux apôtres du libéralisme. La masterisation des concours devait liquider en deux coups ce qui était perçu par ceux-ci comme un anachronisme. Or, la résistance des syndicats d’enseignants et étudiants a stoppé cette réforme à mi-chemin. Nul doute que l’arrivée au pouvoir de Macron permettra de relancer cette transformation du recrutement national en des recrutements gérés par les seuls établissements scolaires. Cumulé avec l’aspect précédent, le fait est que les lycées les plus riches pourront recruter les enseignants les plus « performants », et donc creuser le fossé entre des lycées de seconde ou de troisième zone et des lycées d’élite, réservés à la bourgeoisie et ses rejetons. Cela contribue à tirer à boulets rouges sur la valeur des diplômes délivrés.

    Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme et de présente l’Education Nationale comme un système parfait et égalitaire, mais bien de préciser que la tendance est à l’aggravation et ce, d’une manière sans cesse croissante.

    Dans le supérieur, la loi LRU progresse toujours, entraînant la mise en place de filières professionalisantes débouchant sur des diplômes ad hoc correspondant aux entreprises siégeant au conseil d’administration des universités. Les investisseurs cherchent -logiquement – des retours sur investissement, sous une forme ou une autre. Or, les licences estampillées Nitendo, Veolia, EDF ou autre n’ont de valeur qu’auprès de leur commanditaire, nullement sur le marché du travail.

    Il s’agit là du travail de sape orchestré depuis près de dix ans au sein du supérieur, pour contribuer à la destruction du code du travail et des normes de travail, en s’attaquant à la production de diplômes ayant une valeur au regard de ces normes.

    Les deux aspects conjoints : l’attaque frontale du code du travail et l’attaque en catimini des diplômes garantissent une destruction du droit du travail sous une échéance plus ou moins brève. Les répercutions s’annoncent terribles. Livrés aux appétits rapaces des patrons, sans protection, sous le menace d’un revolver chargé par la menace de la misère, il est clair que le niveau de vie des travailleurs de l’Etat français est en passe de chuter brutalement et terriblement.

    Affamer.

    Emmanuel Macron dit « Être fidèle à ce que le peuple français a voulu [et] suppose donc une certaine forme d’ascèse ». Derrière le vernis des mots se cache la réalité. Le mot d’ascèse est défini par l’encyclopédie en ligne Wikipédia de la manière suivante : « L’ascèse ou ascétisme est une discipline volontaire du corps et de l’esprit cherchant à tendre vers une perfection, par une forme de renoncement ou d’abnégation. » Cela signifie une cure d’austérité profonde et brutale. Cette cure d’amaigrissement des ressources et des aides est une des clés de voute de la politique de choc menée par Macron et ses sbires.

    « Ce ne sont pas les Français qu’il faudrait désintoxiquer de l’interventionnisme public, c’est l’Etat lui-même » affirme t’il. Cela se transcrit dans des projets de liquidation de l’assurance maladie et de l’assurance chômage, puisque ces dernières, dans l’esprit nébuleux des bourgeois, sont tout autant d’obstacles à ce que les français se prennent en main et ses responsabilisent. « Mais protéger les plus faibles, ce n’est pas les transformer en mineurs incapables, en assistés permanents de l’Etat, de ses mécanismes de vérification et de contrôle (…) C’est de leur redonner, et à eux seuls, les moyens de peser efficacement sur leur destin. » Comment peser efficacement sur son « destin » -dont il n’est pas possible de ne pas souligner le contenu religieux et métaphysique- alors que toutes les protections du travail sont sapées et liquidées, alors que la protection sociale est anéantie, alors que l’Ecole n’est qu’une machine à reproduction sociale ? Cela n’est pas possible.

    « Quant à la Sécurité Sociale et l’Assurance Chômage, l’ambition est sans limite : dès le premier janvier, les versements de cotisations seront refondus dans une seule ligne de compte. Ce qui ne change rien en apparence change tout dans le fond : désormais l’Etat aura la haute main sur l’ensemble de cette manne financière et pourra la ventiler comme bon lui semble. » Voici ce que nous écrivions, il y a peu, sur le devenir des aides sociales.

     

    Un torrent de misère et d’exclusion sociale menace de se déverser au cours des prochaines années. Un torrent hors de proportion avec ce qui a pu être connu lors des années et des décennies précédentes. Voilà ce vers quoi cette politique nous expédie. Mais les moyens de juguler ses effets envers la bourgeoisie sont déjà sur le point d’être mis en place.

    Ecraser.

    Fait illustratif, sur la politique d’asile, Emmanuel Macron a déclaré : « Nous ne pouvons pas continuer d’affirmer hautement notre attachement aux principes de l’asile, tout en nous abstenant de réformer en profondeur un système qui, débordé de toutes parts, ne permet pas un traitement humain et juste des demandes de protection émanant d’hommes et de femmes menacés. » Ce genre de déclarations creuses prêterait à sourire, si leur transcription ne signifiait pas, in fine, une situation sans cesse plus dure, sans cesse plus critique pour celles et ceux qui doivent fuir leur pays.

    L’exemple de Calais est parlant. Gérard Collomb, lorsque son passe-temps d’empiler les mandats est assouvi, s’est plu à jouer les soudards coloniaux dans sa manière de traiter les réfugiés. Il aura fallu l’intervention de Jacques Toubon -défenseur des droits- et un rappel à l’ordre de la part d’ONG pour que soit pris en compte les violations manifestes des droits de l’Homme.

    Cette situation caractérise d’ores et déjà la manière dont la répression sera exercée au cours du mandat de Macron. Il promet certes de mettre fin à l’état d’urgence, mais uniquement car ses dispositions seront intégrées dans le droit commun. « Je rétablirai les libertés des Français en levant l’état d’urgence à l’automne » signifie dans le fond « l’état d’urgence sera désormais un fait commun. »

    Macron prépare son plan de bataille et son après guerre. Une mise au pas de l’économie, une mise au pas de la société, une instauration de la misère la plus sombre et la plus sordide. Mais il ne néglige pas son filet de sécurité, sa massue : des dispositions rendant extrêmement délicates la mise en place d’un mouvement de contestation et d’un mouvement de masse d’une manière générale. Interdictions de manifester, assignation à résidence, menaces et violences policières, dont on ne peut que constater que le bilan mortel s’alourdi de jours en jours : voici le quotidien qui attend celles et ceux qui veulent lutter.

    Une voie : la lutte.

    Sa politique kamikaze ne peut mener qu’à cela : une lutte frontale, des explosions de violence, un conflit ouvert et brutal. Il ne fait pas de doute que si jamais la police ne suffit pas, de braves auxiliaires fascistes se feront un plaisir d’apporter aide et soutien aux forces de répression, et supplierons qu’on leur laisse la possibilité d’exprimer pleinement leurs talents. Déja, Génération Identitaire s’est jeté au cou de Gérard Collomb pour l’assurer de son soutien et de sa volonté de lui offrir son aide.

    Jean-Luc Mélenchon, avec sa morgue habituelle, s’est exprimé sur son compte Facebook de la manière suivante : « Interminable pluie de truismes à Versailles. Faux marbre, bonapartisme surjoué, européisme bêlant, ennui mortel. Et sinon, combien de passages obscurs, d’égrenage de bons sentiments et d’emballages mièvres d’une férocité sociale décomplexée. Et quelle incroyable définition des «forces contraires» nichées dans «chaque esprit» ! Au total : niveau rédactionnel de chambre de commerce, pensée politique d’un dogmatisme libéral aussi désuet que lunaire. Le brasier du dégagisme n’est pas prêt de s’éteindre.

    JLM »

    Nous ne pouvons que constater que notre tribun n’a pas su lire entre les lignes et déterminer quel terrible plan de guerre se niche dans le discours du nouveau chef d’Etat. Pourtant celui-ci est plus qu’exposé, plus que révélé et plus qu’inquiétant.

    Les forces sociales se mobilisent pour enrayer cette machine de guerre. Elles se préparent à faire face au Blitz antisocial. Cependant, à l’heure actuelle, elles demeurent faibles et dispersées. L’Unité Communiste maintient son appel à rejoindre et à soutenir le Front Social ainsi que les organisations syndicales.

    La lutte qui se mènera dans les prochaines semaines ou les prochains mois ne sera pas qu’une épreuve de force symbolique, elle contient un caractère stratégique particulièrement fort. Elle exige un effort important d’unité et de travail en commun, tant syndicalement que politiquement. Elle exige également qu’un bond qualitatif soit franchi dans la capacité à s’opposer aux menées de la bourgeoisie, laquelle est en pleine possession de ses moyens offensifs. Pierre Gattaz, président du MEDEF, désire mener la « mère de toutes les réformes. » Nous devons lui opposer une résistance à la hauteur de son désir.

    « Nous ne sommes rien, soyons tout ! »

  • Nouvelle brochure numérisée : Par où commencer ? – Lénine – 1901

    Nouvelle brochure numérisée : Par où commencer ? – Lénine – 1901

    Nous publions cette brochure, écrite en 1901 par Lénine, et publiée pour la première fois dans le journal l’Isrka – l’étincelle. Cette brochure est particulièrement intéressante car elle pose la question de l’unification et de l’unité, ainsi que de la méthode à suivre. Elle fut un préalable à la rédaction de l’incontournable Que faire ?, sorti l’année suivante.

    Comme cette brochure est particulièrement brève, nous la republions ici in extenso.

    Lénine

    Par où commencer ?

    -1901-

    Première parution en mai 1901 dans le n°4 de l’Iskra

     

    Ces dernières années, la question : « Que faire ? » se po­se avec force aux social-démocrates russes. Il ne s’agit plus de choisir une route (comme c’était le cas à la fin des an­nées 80 et début des années 90), mais de déterminer ce que nous devons faire pratiquement sur une route connue, et de quelle façon. Il s’agit du système et du plan d’activité pratique. Il faut avouer que cette question, essentielle pour un parti d’action, relative au caractère et aux modalités de la lutte, est toujours sans solution et suscite encore par­mi nous de sérieuses divergences, qui témoignent d’une instabilité et de flottements de pensée regrettables. D’une part, la tendance « économiste », qui s’attache à tronquer, à rétrécir le rôle de l’organisation et de l’agitation politi­ques, est encore loin d’être morte. D’autre part, continue à porter la tête haute la tendance de l’éclectisme sans prin­cipes qui s’adapte à toute nouvelle « orientation » et est incapable de distinguer entre les besoins du moment et les buts essentiels et les exigences permanentes du mouvement pris dans son ensemble. Comme on sait, cette tendance a pris racine dans le Rabotchéïé Diélo. Sa dernière déclara­tion-« programme », le retentissant article portant le titre retentissant « Un tournant historique » (n° 6 du Listok du « Rabotchéïé Diélo »), confirme de façon éclatante cette définition. Hier encore, nous étions en coquetterie avec l’« économisme », nous nous indignions de la condamnation catégorique portée contre la Rabotchaïa Mysl, nous « mi­tigions » la façon dont Plekhanov envisageait la lutte con­tre l’autocratie; aujourd’hui, nous voilà déjà citant la phrase de Liebknecht : « Si les circonstances changent en 24 heures, il faut aussi en 24 heures changer de tactique »; nous parlons déjà de créer une « solide organisation de combat » pour attaquer de front, pour livrer assaut à l’absolu­tisme; de faire « une large agitation politique révolutionnaire (comme nous y allons : politique et révolutionnaire à la fois !) dans les masses »; de lancer « un appel incessant à la protestation dans la rue »; « de préparer des manifestations publiques d’un caractère politique bien tranché » (sic), etc., etc.

    Nous pourrions, certes, exprimer notre satisfaction de voir le Rabotchéïé Diélo assimiler si vite le programme for­mulé par nous dès le premier numéro de l‘Iskra4 : consti­tuer un parti solidement organisé, visant non seulement à arracher des concessions de détail mais à enlever la for­teresse même de l’autocratie. Cependant, l’absence chez nos assimilateurs de tout point de vue bien ferme, est de nature à gâter tout notre plaisir.

    Le nom de Liebknecht est, il va de soi, invoqué à tort par le Rabotchéïé Diélo. En 24 heures, on peut modifier la tactique de l’agitation sur quelque point spécial, modifier un détail quelconque dans l’activité du Parti. Mais pour changer, je ne dirai pas on 24 heures, mais même en 24 mois, ses conceptions sur l’utilité générale, permanente et abso­lue d’une organisation de combat et d’une agitation politi­que dans les masses, il faut être dénué de tout principe direc­teur. Il est ridicule d’invoquer la diversité des circons­tances, le changement des périodes : la constitution d’une organisation de combat et l’agitation politique sont obli­gatoires dans n’importe quelles circonstances « ternes, pa­cifiques », dans n’importe quelle période de « déclin de l’es­prit révolutionnaire ». Bien plus, c’est précisément dans ces circonstances et dans ces périodes qu’un pareil effort est nécessaire, car au moment de l’explosion, de la conflagra­tion, il est trop tard pour créer une organisation; elle doit être déjà prête, afin de déployer immédiatement son activité. « Changer de tactique on 24 heures ! » Mais pour on changer, il faut au préalable en avoir une. Or, sans une organisation solide, rompue à la lutte politique en toutes circonstances et en toutes périodes, il ne saurait même être question de ce plan d’action systématique établi à la lumière de principes fermes, suivi sans défaillance, qui seul mérite le nom de tactique. Voyez en effet : on nous assure déjà que le « moment historique » pose à notre parti un problème « absolument nouveau », celui de la terreur. Hier, ce qui était « absolument nouveau », c’était le problème de l’organisation et de l’agitation politiques; aujourd’hui, c’est celui de la terreur. N’est-il pas singulier d’entendre des gens aussi ou­blieux de leurs antécédents parler d’un changement radical de tactique ?

    Heureusement, le Rabotchéïé Diélo a tort. Le problème de la terreur n’a rien de nouveau. Il nous suffira de rappe­ler brièvement les conceptions établies de la social-démocratie russe.

    Sur le plan des principes, nous n’avons jamais rejeté ni ne pouvons rejeter la terreur. C’est un des aspects de guerre, qui peut convenir parfaitement, et même être indis­pensable à un certain moment du combat, dans un certain état de l’armée et dans certaines conditions. Mais le fait est justement qu’on nous propose aujourd’hui la terreur non point comme l’une des opérations d’une armée combattante, opération étroitement rattachée et articulée à tout le système de la lutte, mais comme un moyen d’attaque isolée, indépendant de toute armée et se suffisant à lui-même. D’ailleurs, à défaut d’une organisation révolution­naire centrale et avec des organisations révolutionnaires locales faibles, la terreur ne saurait être autre chose. C’est bien pourquoi nous déclarons résolument que, dans les cir­constances actuelles, la terreur est une arme inopportune, inopérante, qui détourne les combattants les plus actifs de leur tâche véritable et la plus importante pour tout le mouvement, et qui désorganise non pas les forces gouver­nementales, mais les forces révolutionnaires. Souvenez-vous des derniers événements : sous nos yeux, la grande masse des ouvriers et du « bas peuple » des villes se ruait au combat, mais il manquait aux révolutionnaires un état-major de dirigeants et d’organisateurs. Dans ces conditions, si les révolutionnaires les plus énergiques se consacrent à la terreur, ne risquons-nous pas d’affaiblir les détachements de combat, les seuls éléments sur lesquels on puisse fonder un espoir sérieux ? N’avons-nous pas à craindre une ruptu­re de liaison entre les organisations révolutionnaires et ces foules dispersées d’hommes mécontents, protestant et prêts au combat, dont la faiblesse ne tient qu’à leur dispersion ? Or, cette liaison est le gage unique de notre succès. Loin de nous l’idée de refuser toute importance à des coups hé­roïques isolés, mais notre devoir est de mettre en garde de toute notre énergie contre cet engouement pour la terreur auquel tant de gens sont si enclins aujourd’hui, au point d’y voir notre arme principale et essentielle. La terreur ne sera jamais un acte de guerre à l’égal des autres : dans le meilleur des cas, elle ne convient que comme l’une des formes de l’assaut décisif. La question se pose : pouvons-nous, au moment actuel, appeler à cet assaut ? Le Rabotchéïé Diélo pense probablement que oui. Du moins, il s’écrie « Formez les colonnes d’assaut ! » Mais c’est là encore un zèle mal inspiré. Le gros de nos forces est formé de volontai­res et d’insurgés. En fait d’armée permanente, nous n’avons que quelques petits détachements, et encore ils ne sont pas mobilisés, n’ont pas de liaison entre eux, ne sont pas entraî­nés à se former en colonnes d’une façon générale, sans mê­me parler de colonnes d’assaut. Dans ces conditions, tout homme capable d’envisager l’ensemble de notre lutte, sans s’en laisser distraire à chaque « tournant » de l’histoire, doit comprendre que notre mot d’ordre, à l’heure actuelle, ne saurait être « A l’assaut ! », mais bien « Entreprenons le siège en règle de la forteresse ennemie ! » En d’autres ter­mes, l’objectif immédiat de notre Parti ne peut pas être d’appeler toutes les forces dont il dispose à se lancer dès maintenant à l’attaque, mais d’appeler à mettre sur pied une organisation révolutionnaire capable de rassembler toutes les forces et d’être le dirigeant non seulement en titre, mais réel, du mouvement, c’est-à-dire une organisation tou­jours prête à soutenir chaque protestation et chaque explo­sion, en les mettant à profit pour accroître et endurcir une armée apte à livrer le combat décisif.

    La leçon des événements de février et de mars est si suggestive qu’on ne rencontre guère aujourd’hui d’objec­tions de principe à cette conclusion. Seulement, ce que l’heure présente réclame de nous, ce ne sont pas des principes, mais une solution pratique. Il ne suffit pas de voir clairement quel type d’organisation est nécessaire, et pour quel tra­vail précis, il faut en tracer le plan, de façon à pouvoir commencer à la bâtir, de tous les côtés à la fois. Vu l’urgence et l’importance de cette question, nous nous décidons, pour notre part, à soumettre à l’attention des camarades l’esquisse d’un plan que nous développerons plus longue­ment dans une brochure en cours de préparation.

    A notre avis, le point de départ de notre activité, le premier pas concret vers la création de l’organisation sou­haitée, le fil conducteur enfin qui nous permettrait de faire progresser sans cesse cette organisation en profondeur et en largeur, doit être la fondation d’un journal politique pour toute la Russie. Avant tout, il nous faut un journal, sans quoi, toute propagande et toute agitation systémati­ques, fidèles aux principes et embrassant les divers aspects de la vie, sont impossibles. C’est pourtant là la tâche cons­tante et essentielle de la social-démocratie, tâche particu­lièrement pressante aujourd’hui, où l’intérêt pour la poli­tique et le socialisme s’est éveillé dans les couches les plus larges de la population. Jamais encore on n’avait senti avec autant de force qu’aujourd’hui le besoin de complé­ter l’agitation fragmentaire par l’action personnelle, les tracts et les brochures édités sur place, etc., par cette agita­tion généralisée et régulière que seule la presse périodique permet. On peut dire sans crainte d’exagération que la fré­quence et la régularité de parution (et de diffusion) du jour­nal permet de mesurer de la façon la plus exacte le degré d’organisation atteint dans ce secteur vraiment primordial et essentiel de notre activité militaire. Ensuite, il nous faut, très précisément, un journal pour toute la Russie. Si nous n’arrivons pas et tant que nous n’arriverons pas à unifier l’action que nous exerçons sur le peuple et sur le gouvernement par la presse, ce sera une utopie de penser coordonner d’autres modes d’action plus complexes, plus difficiles, mais aussi plus décisifs. Ce dont notre mouvement souffre le plus, sur le plan idéologique et sur celui de la pratique, de l’organisation, c’est de la dispersion, du fait que l’immense majorité des social-démocrates est à peu près totalement absorbée par des besognes purement locales qui réduisent à la fois leur horizon, l’envergure de leurs efforts, leur accoutumance et leur aptitude à l’action clandestine. C’est dans cette dispersion qu’il faut chercher les racines les plus profondes de cette instabilité et de ces flot­tements dont nous avons parlé plus haut. Aussi le premier pas à franchir pour échapper à ce défaut, pour faire conver­ger plusieurs mouvements locaux en un seul mouvement commun à toute la Russie, doit être la fondation d’un jour­nal pour toute la Russie. Enfin, il nous faut absolument, un journal politique. Sans journal politique, dans l’Europe moderne, pas de mouvement qui puisse mériter la qualifi­cation de politique. Sans cela, impossible de venir à bout de notre tâche concentrer tous les éléments de méconten­tement et de protestation politiques pour en féconder le mouvement révolutionnaire du prolétariat. Nous avons fait le premier pas, nous avons suscité dans la classe ouvrière la passion des révélations « économiques », touchant la vie des fabriques. Nous devons faire le pas suivant : éveiller dans tous les éléments un peu conscients de la population la pas­sion des révélations politiques. Ne nous inquiétons pas si les voix accusatrices en politique sont encore si faibles, si rares, si timides. La cause n’en est nullement dans une résignation générale à l’arbitraire policier. La cause, c’est que les hommes capables d’accuser et disposés à le faire n’ont pas de tribune du haut de laquelle ils puissent parler, pas d’auditoire écoutant avidement et encourageant les orateurs, et qu’ils ne voient nulle part dans le, peuple de force à laquelle il vaille la peine d’adresser ses plaintes contre le gouvernement « tout-puissant ». Mais maintenant tout cela change avec une extrême rapidité. Cette force exis­te, c’est le prolétariat révolutionnaire; il a déjà prouvé sa volonté non seulement d’entendre et de soutenir un appel à la lutte politique, mais encore de se jeter hardiment dans la mêlée. Nous avons aujourd’hui le moyen et le devoir d’offrir au peuple tout entier une tribune pour faire le procès du gouvernement tsariste : cette tribune doit être un journal social-démocrate. La classe ouvrière russe, à la différence des autres classes et catégories de la société russe, manifeste un intérêt soutenu pour les connaissances politiques et pré­sente constamment (non pas seulement dans les moments d’effervescence particulière) une énorme demande de publi­cations illégales. Etant donné cette demande massive, la formation déjà amorcée de dirigeants révolutionnaires expé­rimentés, le degré de concentration atteint par la classe ou­vrière et qui lui assure en fait la maîtrise des quartiers ou­vriers des grandes villes, des centres usiniers, des bourgs industriels, la fondation d’un journal politique est parfai­tement à la mesure du prolétariat. Par l’entremise du prolétariat, le journal pénétrera parmi la petite bour­geoisie des villes, les artisans des campagnes et les paysans et deviendra ainsi un véritable organe politique po­pulaire.

    Le journal ne borne pas cependant son rôle à la diffu­sion des idées, à l’éducation politique et au recrutement d’alliés politiques. Il n’est pas seulement un propagandiste collectif et un agitateur collectif; il est aussi un organi­sateur collectif. On peut à cet égard le comparer à l’échafau­dage dressé autour d’un bâtiment on construction; il ébau­che les contours de l’édifice, facilite les communications entre les différents constructeurs, à qui il permet de répartir la tâche et d’embrasser l’ensemble des résultats obtenus par le travail organisé. Avec l’aide et à propos du journal se constituera d’elle-même une organisation permanente, qui ne s’occupera pas seulement d’un travail local mais aussi général et régulier, habituant ses membres à suivre de près les événements politiques, à apprécier leur rôle et leur influence sur les diverses catégories de la population, à trouver pour le parti révolutionnaire la meilleure façon d’agir sur ces événements. Les problèmes techniques – la fourniture dûment organisée au journal de matériaux, sa bonne diffusion – obligent déjà à avoir un réseau d’agents locaux au service d’un seul et même parti, d’agents en rela­tions personnelles les uns avec les autres, connaissant la situation générale, s’exerçant à exécuter régulièrement les diverses fonctions fragmentaires d’un travail à l’échelle de toute la Russie, s’essayant à la préparation de telle ou telle action révolutionnaire. Ce réseau d’agents[1] sera justement la carcasse de l’organisation qui nous est nécessaire suffisamment étendue pour embrasser tout le pays; suffi­samment large et diverse pour réaliser une division du tra­vail stricte et détaillée; suffisamment ferme pour pouvoir on toutes circonstances, quels que soient les « tournants » et les surprises, poursuivre sans défaillance sa besogne propre; suffisamment souple pour savoir, d’une part, évi­ter la bataille à découvert contre un ennemi numériquement supérieur qui a rassemblé toutes ses forces sur un seul point, et, d’autre part, profiter du défaut de mobilité de cet enne­mi et tomber sur lui quand et où il s’y attend le moins. Aujourd’hui nous incombe la tâche relativement facile de soutenir les étudiants qui manifestent dans les rues des grandes villes. Demain la tâche sera peut-être plus mal­aisée, comme celle de soutenir le mouvement des sans-tra­vail dans telle ou telle région. Après-demain, nous devrons être à nos postes pour prendre une part révolutionnaire à une révolte paysanne. Aujourd’hui nous devons exploiter la tension politique qu’a engendrée le gouvernement par sa campagne contre les zemstvos. Demain nous devrons encou­rager l’indignation de la population contre les abus de tel ou tel bachi-bouzouk tsariste et contribuer, par le boycotta­ge, les campagnes d’excitation, les manifestations, etc., à lui infliger une leçon qui le fasse battre on retraite publiquement. Pour arriver à ce degré de préparation au com­bat, il faut l’activité permanente d’une armée régulière. Et si nous groupons nos forces dans un journal commun, nous verrons se former à l’oeuvre et sortir du rang non seulement les plus habiles propagandistes, mais encore les orga­nisateurs les plus avertis, les chefs politiques les plus capables du Parti, qui sauront à point nommé lancer le mot d’ordre de la lutte finale et on assumer la direction.

    En conclusion, deux mots pour éviter un malentendu possible. Nous avons parlé tout le temps d’une préparation systématique, méthodique, mais nous n’avons nullement voulu dire par là que l’autocratie ne pouvait tomber que par suite d’un siège en règle ou d’un assaut organisé. Ce se­rait raisonner en absurde doctrinaire. Il est fort possible et bien plus probable sur le plan historique, au contraire, qu’elle tombe sous le choc d’une explosion spontanée ou d’une de ces complications politiques imprévues qui mena­cent constamment de tous côtés. Mais il n’est point de parti politique qui puisse, sans tomber dans l’esprit d’aventure, régler sa conduite sur des explosions et des complications hypothétiques. Nous devons poursuivre notre chemin, ac­complir sans désemparer notre labeur systématique, et moins nous compterons sur l’inattendu, plus nous au­rons de chance de n’être jamais pris de court par les « tournants historiques. »


    [1] Il va de soi que ces agents ne pourraient travailler avec profit que s’ils étaient très proches des comités locaux (groupes, cercles) de notre Parti. En général, tout le plan esquissé par nous demande naturellement pour sa réalisation le concours le plus actif des comités, qui ont tenté maintes fois l’unification du Parti et qui, nous en sommes persuadés, obtiendront cette unification un jour ou l’autre, sous une forme ou sous une autre. (Note de l’auteur)

  • Nouvelle brochure numérisée : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées.

    Nouvelle brochure numérisée : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées.

    Nous profitons du calme relatif de l’été, avant que ne se déchaîne un mouvement terrible contre les ordonnances du gouvernement Macron, pour poursuivre notre travail de numérisation de brochures et de documents. En l’occurrence, nous produisons aujourd’hui celui-ci : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées, rédigé en 1963.

    Ce texte apparaît comme un des écrits fondamentaux concernant la période de la rupture sino-soviétique. Il est une dénonciation, par la Chine, de la déviation et de la falsification du marxisme opérée par Nikita Khrouchtchev ainsi que par la nouvelle direction du PCUS. Ceux-ci, sous prétexte de coexistence pacifique, ont érigé en dogme le fait de ne plus soutenir les mouvements révolutionnaires, le fait de marcher main dans la main avec les USA dans la reconnaissance de sphères d’influence, de dominions.

    Ce texte est d’autant plus important que cette politique funeste s’est payée cher. Elle s’est payée, notamment dans l’histoire de notre état, par le fait que le PCF n’a soutenu que mollement, avec mille louvoiement, les volontés d’indépendance algériennes.

    Cela demeure, avec le tout aussi nécessaire « d’où proviennent les divergences ?« , une lecture rapide mais essentielle.

  • Nouvelle brochure : Les trois sources et les trois éléments constitutifs du marxisme.

    Nouvelle brochure : Les trois sources et les trois éléments constitutifs du marxisme.

    Nous mettons en ligne cette courte brochure. Courte mais néanmoins essentielle, car elle revient sur des éléments centraux apportés par Lénine au marxisme et à la compréhension générale de la dialectique. Il s’agit d’un texte qui n’était pas destiné au stricto sensu au public, mais aux militants et aux sympathisants du Parti Bolchevik.

  • Nouvelles brochures numérisées : F. Engels – Le rôle du travail dans la transformation du singe en homme – V. Lénine – De l’Etat.

    Nouvelles brochures numérisées : F. Engels – Le rôle du travail dans la transformation du singe en homme – V. Lénine – De l’Etat.

     

    Nous publions ces deux brochures, représentant deux textes importants de l’histoire du mouvement communiste.

    La première est une brochure de F. Engels, rédigée alors que la théorie de l’évolution de Darwin venait d’être émise. Elle est une pierre essentielle dans l’avancée de la compréhension de la dialectique appliquée aux espèces, mais également forme une intéressante approche des questions sur le lien entre l’Homme et la nature, première base fondamentale de l’écologie.

    La seconde est une courte brochure faite par Lénine sur la question de l’Etat. Elle est essentielle quant à la question de la révolution, du réformisme et de la nature de l’Etat bourgeois. Elle fait partie du corpus de textes de base, que chaque communiste se doit de maîtriser.

    Nous vous souhaitons bonne lecture.

  • Sur la dictature du prolétariat – VIII – La fin de la dictature et de l’Etat.

    Sur la dictature du prolétariat – VIII – La fin de la dictature et de l’Etat.

    La fin de la dictature et de l’Etat

     Le dictature du prolétariat demeure un pouvoir temporaire.

    Les communistes ne recherchent pas la dictature comme la bourgeoisie recherche le capital. Cette dictature est et demeure un mal nécessaire, comme le sont les purges, comme l’est la lutte contre la trahison, contre la restauration du capitalisme.

    Si la lutte des classes devient à chaque pas plus aiguë, plus forte, plus intense, au fur et à mesure que la bourgeoisie sent le sol se dérober sous ses pieds, si elle est tactiquement plus intense, elle tend stratégiquement à se conclure.

    Stratégiquement, car, à chaque pas, l’avancée du socialisme brise et broie les possibilités de restauration, broie la base sociale du capitalisme.

    La transformation des rapports de production ne se fait pas du jour au lendemain. Elle est le fruit d’une longue avancée, d’une concentration de la production, d’une élévation du niveau général de compétence technique des masses, d’une suppression progressive de la propriété privée pour la muer en propriété du peuple tout entier.

    Lorsque la lutte des classes aura été poussée jusqu’à son achèvement, l’Etat ne sera plus nécessaire. Lorsque l’Etat ne sera plus nécessaire, la dictature du prolétariat s’éteindra.

    Ainsi, Engels dans Anti-Dühring,  au sein de la partie Monsieur E. Dühring bouleverse la science, donne une explication de l’extinction de l’Etat de la manière suivante : « Le prolétariat s’empare du pouvoir d’Etat et transforme les moyens de production d’abord en propriété d’Etat. Mais par là, il se supprime lui-même en tant que prolétariat, il supprime toues les différences de classes et oppositions de classes et également en tant qu’Etat. La société antérieure, évoluant dans des oppositions de classes, avait besoin de l’Etat, c’est-a dire, dans chaque cas, d’une organisation de la classe exploiteuse pour maintenir ses conditions de production extérieures, donc surtout pour maintenir par la force la classe exploitée dans les conditions d’oppression données par le mode de production existant (esclavage, servage, salariat).

    L’Etat était le représentant officiel de toute la société, sa synthèse en un corps visible, mais cela, il ne l’était que dans la mesure où il était l’Etat de la classe qui, pour son temps, représentait elle-même toute la société: dans l’antiquité, Etat des citoyens propriétaires d’esclaves; au moyen âge, de la noblesse féodale; à notre époque, de la bourgeoisie. Quand il finit par devenir effectivement le représentant de toute la société, il se rend lui-même superflu.

    Dès qu’il n’y a plus de classe sociale à tenir dans l’oppression; dès que, avec la domination de classe et la lutte pour l’existence individuelle motivée par l’anarchie antérieure de la production, sont éliminés également les collisions et les excès qui en résultent, il n’y a plus rien à réprimer qui rende nécessaire un pouvoir de répression, un Etat.

    Le premier acte dans lequel l’Etat apparaît réellement comme représentant de toute la société,- la prise de possession des moyens de production au nom de la société,-est en même temps son dernier acte propre en tant qu’Etat. L’intervention d’un pouvoir d’Etat dans des rapports sociaux devient superflue dans un domaine après l’autre, et entre alors naturellement en sommeil. Le gouvernement des personnes fait place à l’administration des choses et à la direction des opérations de production. L’Etat n’est pas « aboli », il s’éteint. » (Engels 1878)

    Au plus le développement du socialisme avance, au plus les contradictions antagoniques sont résolues. Elles le sont par le fait de la dictature contre la bourgeoisie. Elles le sont aussi par la résolution des contradictions internes qui permettent l’apparition de la bourgeoisie : suppression de la petite production, collectivisation des terres et des moyens de production, mise entre les mains du peuple tout entier des usines, des mines, des sols.

    Résolution de la contradiction entre le travail intellectuel et le travail manuel, entre les villes et les campagnes, fin de la division genrée du travail…

    Ce n’est nullement pas un coup de baguette magique que ces contradictions seront résolues. Si des solutions miracle existaient, elles seraient d’ores et déjà appliquées.

    Dans notre brochure sur Les bases du communisme, nous indiquions l’objectif final suivant, le communisme :

    « Phase finale, supérieure, de la société humaine, le communisme ne peut arriver que dans un état de développement économique particulier.

    Le développement des forces productives, de manière supérieure aux besoins, rend l’argent inutile de facto.

    Tant que les besoins ne sont pas satisfaits, des écarts existent en fonction des postes, des salaires, en fonction des statuts. Cependant, avec la satisfaction complète des besoins, avec une productivité qui réponde à tous ces besoins, chacun donne de son travail en fonction de ses capacités, de ses talents, de ses compétences, et reçoit en fonction de ses besoins. Il n’est plus, donc, question de salaire, d’argent.

    L’intégration poussée de l’économie dans le secteur public supprime les échanges marchands.

    La hausse générale du niveau d’éducation, du niveau de maîtrise technique et culturelle, supprime la nécessité d’une séparation des tâches entrainant une séparation en classes.

    Les contradictions antagoniques ayant été supprimées, l’Etat n’a plus de raison d’être, en tant qu’outil d’oppression. La lutte des classe est exécutée jusqu’au bout. Désormais libérée du parasitisme, chaque avancée de la société est répercutée sur le niveau de vie, de culture, d’accès aux loisirs de l’ensemble de la société. » (UCL. 2017)

    S’il était possible de passer par un chemin qui soit plus doux, plus souriant, plus facile, cela serait fantastique. Les communistes ne choisissent pas la guerre par volonté. Dans nos rangs, nous ne tolérons pas les bouchers assoiffés de sang, les petits dictateurs d’opérette tout comme ceux qui ne luttent que pour satisfaire leurs ambitions personnelles. Si certains existent dans nos rangs, ils seront démasqués et chassés.

    Ce n’est pas par choix que nous annonçons ceci : la dictature du prolétariat est vitale et centrale. Ce n’est ni par choix, ni par joie.

    La bourgeoisie mène une guerre implacable contre les masses populaires. Elle ne recule devant aucun stratagème pour asseoir sa domination, son ordre, sa dictature. Elle prétend, dans de nombreux états, poser un cadre démocratique au sein duquel il est possible de s’exprimer. Ce cadre de démocratie bourgeoise paraît satisfaisant à certains, pourtant il n’en est rien. Il ne permet que de maquiller l’effroyable machine à broyer qui se camoufle derrière elle.

    Lors des élections de 2017, combien sont venus clamer que la victoire était à portée de main. Combien ont prétendu pouvoir placer des révolutionnaires au pouvoir, à l’Assemblée, à l’Elysée ? Combien ont pu clamer que leur candidat révolutionnaire allait tout changer ?

    Ceux-là ont axé toute leur stratégie sur ce saut périlleux en l’air. Qu’ont-ils gagné ? Rien si ce n’est l’humiliation devant les masses, lesquelles ont massivement boycotté les élections.

    S’ils présentaient une menace, ils auraient été broyés, balayés, écrasés par une bourgeoisie qui ne tolère pas la concurrence. S’ils avaient massivement gagné, ils auraient eu la guerre, larvée ou ouverte.

    Car la bourgeoisie ne tolère pas qu’on mette en danger son pouvoir.

    L’expérience entière de l’humanité illustre le besoin de révolution socialiste. Elle illustre le besoin d’une révolution qui brise le carcan de l’Etat bourgeois, qui le fracasse, pour que naisse l’Etat prolétarien.

    L’expérience entière de l’humanité appelle de ses vœux la dictature du prolétariat, pour mettre fin à l’exploitation, à l’aliénation, à la destruction des ressources naturelles.

    L’humanité d’aujourd’hui n’a qu’un seul désir, conscient ou non, celui du communisme.

    Un très long chemin de restauration idéologique, organisationnelle, politique reste à franchir.

    Une longue lutte pour défendre, revendiquer, partager cette conception essentielle qu’est la dualité insécable entre la dictature du prolétariat et la révolution. Une lutte contre les conceptions anarchistes, libérales, réformistes, lesquelles ou alors nient la nécessité révolutionnaire, ou alors refusent d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Pourtant, un regard sincère sur l’Histoire amène à une conclusion sans appel : le besoin d’une organisation forte, puissante ; d’un cœur révolutionnaire organisé, centralisé, conçu pour la prise du pouvoir.

    D’un pouvoir qui lutte pied à pied contre la bourgeoisie, contre les exploiteurs et l’opportunisme. D’un pouvoir lié aux masses, à leurs besoins, qui est à leur écoute, mais qui ne sombre pas dans la démagogie et le démocratisme plat. Construire l’organisation du prolétariat ne peut se faire sur des mots d’ordres flous, sur des slogans creux, sur une analyse superficielle de la réalité et de l’idéologie.

    Les communistes, en cette période politique charnière, ne peuvent rester sur un libéralisme, sur une tendance à sous-estimer les obstacles qui seront rencontrés. Il nous faudra être exigeants envers nous même pour surmonter la crise de l’encadrement. Il nous faudra être courageux et efficaces pour rallier les masses, pour être capable de faire renaître le Parti des Communistes et des sans-partis, le parti du peuple, le parti de la révolution prolétarienne.

  • Sur la Dictature du Prolétariat – VII – Contre les anciens bourgeois et les nouveaux.

    Sur la Dictature du Prolétariat – VII – Contre les anciens bourgeois et les nouveaux.

    Contre les anciens bourgeois et les nouveaux.

    ..

    L’histoire et les rapports sociaux ne s’écrivent pas en un jour. La victoire de la révolution prolétarienne sur près de la moitié de la planète s’est retrouvée réduite à néant. C’est là l’une des grandes tragédies de l’histoire contemporaine. Une victoire considérée comme acquise, balayée par la restauration du capitalisme. La bourgeoisie s’est emparée de ces déboires pour en faire une illustration d’une « faillite génétique du système communiste. »

    La chute de l’URSS, du camp socialiste, la restauration du capitalisme en Chine Populaire, tout ceci s’est mué en argument massue.

    Cet argumentaire a été, involontairement, appuyé par les révisionnistes. Indépendamment de son courage pendant la guerre d’Algérie, face à l’impérialisme français, le livre d’Henri Alleg Le grand bond en arrière: reportage dans une Russie de ruines et d’espérance publié en 1998, est illustratif. La restauration apparaît comme un phénomène incompréhensible, imprévisible, impossible à prévoir. Elle est décrite comme le fait d’une clique d’opportunistes, d’une poignée d’agents de la restauration du capitalisme.

    Elle n’est pas vue comme une conséquence d’un processus dont le point de bascule fut la déstalinisation. Accuser Ielstine d’être le responsable de la fin de l’URSS revient à nier le processus qui lui a permis de l’effectuer. Rejeter la faute sur Gorbatchev, en faire le diable lui-même, revient, là aussi, à observer une écume de surface pour comprendre les abysses.

    Pourtant étudier cette question est un des points essentiels pour comprendre la plus grande défaite de la classe ouvrière.

    Cela d’ailleurs ne peut amener qu’à une parenthèse fascinante sur l’état d’esprit politique des forces révisionnistes actuelles.

    D’une part se trouvent celles qui ont définitivement rejeté le socialisme, qui prennent fait et cause pour le réformisme, pour la social-démocratie, qui rejettent l’URSS, la dictature du prolétariat, la révolution. La direction du PCF fait partie de ce groupe. Dans un sens, sa position, fausse, est néanmoins cohérente.

    La position des « léninistes » orbitant autour du PCF, quant à elle, est nettement plus ambigüe. Bien souvent, les membres de ces organisations défendent Staline contre les positions pro-1956. Mais d’une part, la défense est purement cosmétique, de l’autre elle est paradoxale. Cosmétique car elle ne s’accompagne pas de conclusions politiques et organisationnelles. Paradoxale car elle implique certaines choses. Bien que rejetant généralement Mao Zedong, les tenants de cette position soutiennent les critiques d’Enver Hoxha sur la déviation soviétique. Mais ils escamotent le fait que le PCF s’est porté en première ligne de l’attaque contre le Parti du Travail Albanais. Ils escamotent la contre attaque commune sino-albanaise contre la ligne déviationniste de l’organisation française. Par ce fait, ils ne condamnent qu’en surface les thèses fausses du PCF, qu’ils se refusent à expliciter. Cette position est une impasse idéologique et organisationnelle.

    La dictature du prolétariat n’est pas qu’un mot jeté en l’air, qu’un fétiche. Elle correspond, sous le socialisme, à une lutte intense, frontale entre une bourgeoisie toujours puissante, toujours ancrée dans la société, toujours maîtresse et experte, face à un prolétariat qui n’a qu’un avantage limité sur son ennemi. Ce sont des aspects déjà évoqués plus haut.

    Mais cette lutte des classes sous le socialisme ne se contente pas d’une simple lutte contre les ennemis d’hier. Elle se poursuit contre la génération, spontanée, d’autres ennemis du socialisme et du communisme, ainsi Lénine dans, La maladie infantile du communisme. 1920 : « La dictature du prolétariat, c’est la guerre la plus héroïque et la plus implacable de la nouvelle classe contre un ennemi plus puissant, contre la bourgeoisie dont la résistance est décuplée du fait de son renversement (ne fût-ce que dans un seul pays) et dont la puissance ne réside pas seulement dans la force du capital international, dans la force et la solidité des liaisons internationales de la bourgeoisie, mais encore dans la force de l’habitude, dans la force de la petite production. Car, malheureusement, il reste encore au monde une très, très grande quantité de petite production : or, la petite production engendre le capitalisme et la bourgeoisie constamment, chaque jour, à chaque heure, d’une manière spontanée et dans de vastes proportions. Pour toutes ces raisons, la dictature du prolétariat est indispensable. » (Lénine. 1920)

    Relâcher, comme le prônent les anarchistes, la dictature du prolétariat, laisser le libéralisme régner, cela revient à encourager la bourgeoisie à se reconstruire et à se restaurer. En URSS, le poids de la guerre, les concessions qui ont du être accordées par le régime, ont entrainé un relâchement de la lutte des classes aigüe qui caractérisait les années 30.

    Pour reprendre ce que nous écrivions dans notre brochure : 9 mai 1945 : n’oublions jamais l’URSS.

    « Dans cette terrible épreuve, le régime soviétique a opéré une manœuvre en tenaille contre ses ennemis. Il a durci le ton face aux agents du défaitisme, face à la Vème colonne fasciste en son sein, face aux capitulards, aux bonapartistes, aux traitres. Sans les grandes purges, il est douteux que l’URSS n’ait pas eu à faire face à des trahisons, des défections, des contre-révolutions.

    Mais il a du également faire des compromis vers certaines couches de la population, pourtant ciblées par la lutte des classes. Les ingénieurs en chef, les généraux, les directeurs d’usines, les experts en tous genres ont bénéficiés d’un relâchement.

    Ces concessions étaient le fruit de l’urgence, de la nécessité, de l’importance de faire bloc contre la menace de guerre et contre sa concrétisation.

    La constitution de 1935, par exemple, illustre ce bloc national : la lutte des classes est moins mise en avant. Le Parti Communiste est présenté, à certains moments, comme le Parti du Peuple tout entier. En somme un bloc se prépare. Il se paie déjà par certains reculs, issus des tendances réactionnaires présentes au sein de la société.

    Ainsi, à partir de fin 1942, le NKVD relâche son contrôle sur l’armée. Les grades et le statut d’officier sont rétablis. Anthony Beevor et Alexander Werth mentionnent même les « fils d’or » utilisés pour fabriquer les épaulettes des généraux. Surtout, le statut de commissaire politique devient non-contraignant et uniquement « éducatif ».

    Des ingénieurs en chef, condamnés dans les années 30, sont libérés de prison et remis à la tête de leurs usines. De même pour des officiers peu fiables, élevés à l’école tsariste.

    Le Parti Communiste favorise l’entrée, comme une récompense, à de nombreux soldats, de nombreux officiers, en somme à une base sociale qui se déprolétarise.

    Tout ceci s’est payé, chèrement.

    Dès la fin de la guerre, la direction du PCUS resserre l’étau autour des éléments douteux. Mais le pays est épuisé, il n’aspire qu’à la paix, il n’aspire qu’à panser ses plaies. Un mouvement de masse, une phase aigue de la lutte des classes, ne paraissent pas possible.

    Au moment où l’URSS apparaît à son zénith, sa direction se contamine de révisionnistes, de réformistes, de militaires, qui formeront l’ossature du régime Khrouchtchévien, du régime Brejnévien.

    L’aile gauche du Parti Communiste s’est ainsi retrouvée minoritaire, repoussée, et finalement balayée lors de la vacance du pouvoir causée par le décès de J. Staline.

    Le PCUS devenu révisionniste, bon nombre de partis lui emboitèrent le pas, trop heureux de voir leurs propres déviations validées. » (UCL. 2017)

    Sur le sujet, en 1969, Enver Hoxha s’exprimait ainsi :  » Le révisionnisme Khrushcheviste en Union soviétique a subi plusieurs étapes, en conformité avec lequel ses formes, ses  méthodes et sa tactique de lutte et l’action pour effectuer en pratique son cours anti-marxiste et déloyal et le camoufler, ont aussi changés (…)

    Dans le domaine idéologique les révisionnistes ont remplacé les idées et la ligne cohérente marxiste-léniniste de Staline sur toutes les questions fondamentales avec les idées et la ligne antimarxiste du  révisionnisme moderne. Les opportunistes et Trotskistes divers, Bukharinistes et les ennemis Zinovievistes, les nationalistes et les autres, en Union soviétique ont été proclamés comme ‘les victimes de Staline’ et ont été  placés sur le piédestal des ‘martyrs’ et des ‘héros’… Ils ont lancé le slogan d’unité avec les social-démocraties à l’échelle nationale et internationale ‘dans la lutte commune pour le socialisme,’ et la voie a été pavée pour le rapprochement complet idéologique, politique et organisationnel et la fusion des partis communistes avec les partis sociaux-démocrates (…) » (Hoxha. 1969)

    Les attaques contre les abus de Staline n’ont servi qu’à une seule et unique chose : saper la base de la dictature du prolétariat et de la lutte interne menée au sein de l’URSS, pour la remplacer, en catimini, par la conciliation de classe, par la démagogie, par l’endormissement des travailleurs, persuadés d’être définitivement victorieux. En réhabilitant les « victimes du stalinisme », en prétendant améliorer le marxisme-léninisme, les révisionnistes n’ont pas réhabilité des individus, ils ont réhabilité des lignes politiques droitières, restauratrices du capitalisme.

    Les agents de Khrouchtchev ont purement et simplement liquidé la dictature du prolétariat.

    « Dans le domaine politique Khrouchtchev et son groupe ont sali et ont renoncé à la théorie marxiste-léniniste et à la pratique de la lutte des classes et à la dictature du prolétariat, l’appelant ‘une altération staliniste’ et proclamant la période entière historique de la direction de Staline ‘une période sombre, anti-démocratique, une période des violations de la légalité socialiste, de terreur et de meurtres, de prisons et de camps de concentration.’ La route a été ainsi ouverte pour la liquidation de la dictature du prolétariat et pour son remplacement par la dictature bureaucratique et contre-révolutionnaire de la nouvelle aristocratie ‘socialiste’ qui est née et se développait, tout cela étant couvert de slogans trompeurs de ‘démocratisation’ et de ‘la restauration de la liberté et  la justice socialiste’ prétendument ‘perdue et  maintenant regagnée.’ » (Hoxha. 1969)

    Nikita Khrouchtchev s’est fait un nom comme commissaire politique à Stalingrad, se couvrant des lauriers de la gloire. Il s’y est fait des amis, également, membres de l’armée, crypto-bonapartistes, favorables au retour du rôle des officiers. Derrière ces officiers se trouvaient des membres du Parti et des ingénieurs en chef, tous horrifiés, fondamentalement, à l’idée de perdre les privilèges acquis lors de la guerre. Terrifiés également d’avoir à faire face à de nouvelles purges, lesquelles démasqueraient certainement leurs petits « à-côté », leurs abus, leurs petits royaumes.

    Ces individus, que la lutte des classes aurait du désigner pour une réhabilitation et une rééducation par un travail prolétarien, ont fait leur nid, ont tissé leurs toiles, ont entamé un travail de sape pour occuper les postes politiques, pour en chasser les camarades honnêtes et sincères. Ils n’ont pas agi que pour se doter de places, ils ont transformé économiquement l’URSS, stoppant la progression du socialisme.

    « Dans le domaine économique, les Khrushchevistes ont déclaré comme faux et incorrect la ligne de Staline et les méthodes de développement et la gestion de l’économie socialiste dans toutes les branches, particulièrement dans celui de l’agriculture, et ont rejeté les directives de Staline sur la nouvelle amélioration et le développement des relations socialistes de production dans la période historique de la transition du socialisme au communisme et, cela sous le prétexte de surmonter  ‘la stagnation’  de l’économie et les difficultés prétendument créées suite à la ligne ‘dogmatique’ de  Staline, entreprise par une série de ‘réformes’ qui ont frayé la voie à la dégénération graduelle de l’ordre socialiste économique et à l’opération non contrôlée des lois économiques du capitalisme. » (Hoxha. 1969)

    Voilà donc le noeud central du problème, que les « communistes  » fidèles à l’URSS jusqu’au bout. La transformation des rapports économiques, la monétarisation des échanges au sein de l’Union Soviétique, l’accroissement des écarts de salaires, du niveau de vie. Au lieu de suivre la ligne du développement harmonieux de l’économie, combinant alliance des ouvriers et des paysans avec le respect des forces de la nature, les révisionnistes ont réintroduit, en fraude, des rapports de types capitalistes.

    C’est là le facteur qui, in fine fut fatal à l’Union Soviétique. C’est celui qui transforma une URSS capable de rattraper et de dépasser les pays capitalistes en une loque, victime de la stagnation économique, pourrie par le poids du complexe-militaro industriel, véritable parasite.

    Voilà une illustration de ce qui se déroule lorsque l’étau de fer de la dictature du prolétariat est relâché alors que la bourgeoisie n’est pas encore vaincue. Voilà à quel drame est arrivé l’Union Soviétique, voyant l’ennemi reprendre vie au sein de son propre corps.

    Quant à la Chine, l’auteur Tchang Tchouen-Kiao s’exprime ainsi, en 1975, alors que la clique de bandits de Deng Xiaoping est à l’orée du pouvoir : «En effet, de nouveaux éléments bourgeois sont apparus les uns après les autres. Ils sont personnifiés par la clique des renégats Khrouchtchev et Brejnev. En général de très bonne origine de classe, ces gens-là ont presque tous grandi sous le drapeau rouge, ont adhéré du point de vue de l’organisation au Parti communiste, ont été formés dans les universités, et sont devenus de prétendus experts rouges. Or, ils sont de nouvelles herbes vénéneuses nées sur le vieil humus du capitalisme. Après avoir trahi leur propre classe, usurpé la direction du Parti et de l’État et restauré le capitalisme, ils sont devenus les chefs de file de la dictature qu’exerce la bourgeoisie sur le prolétariat, réussissant dans une entreprise où Hitler avait échoué. Le spoutnik lancé, le drapeau rouge est tombé» : cette expérience historique, nous ne devons jamais l’oublier, et surtout pas au moment où nous nous efforçons d’édifier un puissant pays ». (Tchang Tchouen-Kiao. 1975)

    Cette conclusion de la part de Tchang Tchouen-Kiao est à la fois d’une justesse terrible tout comme un constat glaçant : la bourgeoisie cherche à renaître systématiquement. Elle est non seulement un danger permanent, elle est le plus redoutable. Un ennemi en uniforme est un ennemi qui se voit, qui se désigne, qui peut être chassé. Lorsque l’ennemi se vêt comme l’allié, lorsqu’il parle comme l’allié, lorsqu’il prétend être l’allié, il devient le plus redoutable.

    « L’expérience historique nous apprend également que, devant les victoires que la dictature du prolétariat remporte l’une après l’autre, la bourgeoisie fait mine d’accepter cette dictature, mais qu’elle ne travaille pas moins, dans ses actes, à restaurer la dictature de la bourgeoisie. C’est justement ce qu’ont fait Khrouchtchev et Brejnev. Ils n’ont pas changé le nom des Soviets, ni celui du Parti de Lénine, ni celui des Républiques socialistes. Pourtant sous le couvert de ces appellations qu’ils conservent, ils ont vidé la dictature du prolétariat de son contenu, et en ont fait une dictature de la bourgeoisie monopoliste opposée aux Soviets, au Parti de Lénine et aux Républiques socialistes. Ils ont avancé un programme d’État du peuple tout entier et de parti du peuple tout entier, programme révisionniste trahissant ouvertement le marxisme. » (Tchang Tchouen-Kiao. 1975)

    La force du révisionnisme en URSS a résidé dans le fait de prétendre accompagner la dictature du prolétariat et la ligne du Parti, contrairement aux cliques de Trotski et de Boukharine qui s’y opposaient. L’un des thèmes favoris de ces renégats fut le fait de clamer que le Parti Communiste était devenu le « Parti du peuple tout entier. » C’est là leur point d’attaque principal. Certaines organisations prétendent que la responsabilité en revient à Staline, qui, dans le milieu des années 1930, avait été le premier à employer ce terme. Il s’agit là d’un débat qui mérite qu’on ouvre une parenthèse rapide. Lorsque Staline évoque « le Parti du peuple tout entier », il le fait dans un contexte de marche à la guerre, de besoin de souder les rangs en prévision du titanesque conflit qui s’annonce. Cette déclaration est faite de manière publique, à destination de l’ensemble de la population soviétique, elle n’est pas une thèse interne au Parti Communiste d’Union Soviétique. Si elle temporise la lutte des classes menée fermement au début des années 30, elle ne s’accompagne pas moins d’un gigantesque mouvement de lutte contre la cinquième colonne fasciste au sein de l’URSS. Elle forme donc une déclaration diplomatique, non une thèse politique. C’est là où le travail sur les sources prend tout son sens.

    La lecture de l’ouvrage les problèmes économiques du socialisme en URSS de 1952 illustrent le fait que l’aile gauche du PC(b)US, et Staline en chef, avaient une conscience particulièrement précise de la menace interne à l’URSS. Cette menace s’est, hélas, concrétisée de la manière la plus brutale. Mais là où Staline déclarait un message de temporisation, les Khrouchtchev et les Brejnev en ont fait une théorie : la lutte des classes est terminée.

    « Pareilles choses se sont aussi produites dans notre pays. Liou Chao-chi et Lin Piao n’ont pas simplement propagé la théorie de «l’extinction de la lutte de classes» ; quand ils réprimaient la révolution, ils ont agité ce même drapeau. Lin Piao n’avait-il pas un mémento en quatre points dont l’un s’énonçait : «ne jamais oublier la dictature du prolétariat» ? En effet, il ne l’oubliait jamais, seulement il convient d’insérer ici le mot «renverser», ce qui donne : «ne jamais oublier de renverser la dictature du prolétariat». Selon les propres aveux de ces gens-là, il s’agissait d’«attaquer les forces du président Mao en arborant le drapeau au président Mao». Parfois, ils se montrent «soumis» au prolétariat et même affichent un air plus révolutionnaire que quiconque, lançant des mots d’ordre «de gauche» pour fomenter des troubles et mener des activités de sape. » (Tchang Tchouen-Kiao. 1975)

    En Chine également, la même situation s’est produite. Ce n’est pas par l’hostilité, mais bien par l’insinuation et le sabotage interne que s’est mise en branle la terrible lutte. Si en URSS, la carte de la modération et de la douceur a été portée par l’aile droite, en Chine, Lin Piao et Liu Shaoqi se sont drapés dans l’étendard de la révolution. Le premier en se prétendant le fer de lance de la dictature démocratique du peuple, le second en prétendant incarner la perfection. L’un comme l’autre ont usé de mots d’ordre « de gauche » pour agir à droite, pour saper le travail de construction du socialisme.

    Les révisionnistes et les saboteurs n’ont négligé aucun terrain d’action, fut-ce t-il culturel comme économique ou juridique. Cependant, chacun de leurs pas allaient dans la direction de la restauration du capitalisme.

    « Tu veux la transformation socialiste ? Il prétend consolider l’ordre de démocratie nouvelle. Tu veux l’établissement des coopératives et des communes populaires ? Il dit que c’est trop tôt. Tu estimes qu’il faut faire la révolution dans l’art et la littérature ? Il soutient que présenter quelques pièces de fantômes ne fera aucun mal. Tu veux restreindre le droit bourgeois ? Il le trouve excellent et dit qu’il faut plutôt l’élargir. Ces champions des vieilleries bourdonnent, tel un essaim de mouches, autour de ce que Marx dénommait les «stigmates» et les «défauts» de l’ancienne société. Ils portent un intérêt tout particulier à prêcher aux jeunes et aux adolescents, en profitant de leur inexpérience, que le stimulant matériel est comme un fromage fermenté qui, s’il sent fort, n’en est pas moins savoureux. » (Tchang Tchouen-Kiao. 1975)

    La dictature du prolétariat n’est pas un luxe, n’est pas une simple promenade heureuse. Elle est une lutte menée, dure, exigeante, contre les ennemis du prolétariat et du pouvoir populaire. Comme mentionné dans la partie précédente, la lutte est constante, et, surtout, il n’existe aucune garantie formelle ou organisationnelle qui puisse permettre de s’assurer d’une absence de déviation idéologique et politique.

    Dans les expériences menées par l’URSS et la Chine, deux méthodes de lutte ont été mise en œuvre, l’une et l’autre avec leurs succès et leurs revers. Avant toute chose, il ne faut surtout pas oublier que la construction du socialisme est une expérimentation. Il s’agit probablement de l’aspect le plus important de cette brochure. Contrairement à un examen en université, où une note ainsi qu’une une correction est donnée, au sein de la lutte des classe réelle il n’existe ni corrigé, ni note. Les erreur se paient cher, par des pertes et des fleuves de sang.

    Opérer un rejet de la Chine et de l’URSS sur la base de leurs imperfections et d’un argument téléologique du type de « si il y a eu échec, cela signifie que tout était pourri », est dangereux et contre-productif. Aujourd’hui, le mouvement révolutionnaire et le mouvement ouvrier bute sur des écueils déjà résolus par le passé, mais dont la mémoire fut écartée. Connaître son histoire permet de ne pas avoir son seul âge propre, de n’être pétri que de sa propre expérience et de son unique vécu, mais de bénéficier de celui-ci doublé de l’âge et de l’expérience entière de l’humanité.

    L’image de Staline est marquée par la question des purges au sein du Parti Communiste d’Union Soviétique. Purges qui ont frappé un certain nombre de militants de cette organisation. Il s’agit souvent, dans l’historiographie bourgeoise, d’événements qui sont mis en avant comme la volonté d’un seul homme d’aboutir à un pouvoir absolu. Cette compréhension idéaliste des choses est éloignée de la vérité. A ce sujet et au sujet des opérations menées par l’opposition au socialisme en URSS, la lecture de l’ouvrage de Michel Sayers et Albert E. Kahn La grande conspiration, la guerre secrète contre la Russie Soviétique (1947) est particulièrement enrichissant. Sur la base des rapports d’enquête de la part de la police soviétique, mais également de source disponibles pour le grand public (ouvrages de Trotski, de Goebbels, mémoires d’espions, câbles diplomatiques…), les auteurs entreprennent de défricher une grande partie des affaires internes de l’URSS, particulièrement celles relatives aux purges.

    Les purges sont le reflet de la lutte des classes au sein des partis communistes. Le fait qu’elles soulèvent les cœurs, qu’elles entraînent une réaction de rejet, est tout à fait humain. Nous tendons toujours à pencher du côté de l’opprimé, nous souhaitons tous voir l’accusé innocent -d’autant plus quand celui-ci est la cible d’un Etat ou d’une institution-. La bourgeoisie joue sur cet état de fait, avec brio. Elle réussit même ainsi à faire défendre les oppresseurs et les traitres par leurs victimes. Hélas les bons sentiments n’entraînent pas de victoires. Toujours est-il que plus la lutte des classes avance, plus certaines questions, auparavant secondaires, prennent un aspect principal et, surtout, antagonique. Des individus -même parfois d’anciens camarades- basculent, au fur et à mesure de l’avancée de cette lutte et des transformations, dans un autre camp. Un Boukharine, effrayé par l’avancée de la révolution et par la collectivisation, va ainsi peu à peu rejoindre des cercles, des groupes antibolcheviques, se lier à des ennemis de la révolution.

    Le rôle de tel ou tel individu n’est pas immuable, un révolutionnaire d’un jour peut, lorsque la lutte des classes avance, se muer en ennemi irréductible de la révolution prolétarienne.

    Certains membres du Parti Communiste d’URSS sont parvenus à se constituer des petits royaumes, des empires personnels, des endroits où ils pouvaient agir  en maître. Comme mentionné plus haut, ils ont agité le drapeau rouge, ont fait mine d’agir pour le socialisme, tout en entretenant le marché noir, en fermant les yeux sur les abus, en tirant divers bénéfices et divers profits de leur situation. La dictature du prolétariat leur servait d’argument pour faire taire les récriminations des masses.

    Démasqués, ils furent pourchassés, et punis.

     En URSS, le Parti Communiste procéda d’une manière respectueuse des formes juridiques : les procès. Si aujourd’hui la simple évocation de ceux-ci emplit de méfiance, pour les contemporains, les commentaires étaient tout autres. Ainsi John Davies, ambassadeur des USA en URSS, lui même avocat, décrivit dans son ouvrage Mission à Moscou (1944) ces procès comme appraissant, à ses yeux, une authentique traque faite contre un terrorisme interne.

    Tout examen un tant soit peu sérieux des affaires jugées démontrent qu’elles étaient basées sur une nécessité pressante et urgente de liquider une cinquième colonne politique et militaire. Les procès se sont basés sur une enquête extraordinairement longue. Pour des individus ayant déjà eu un rôle à double face en 1917, comme Zinoviev et Kamenev, ces enquêtes se sont étendues sur 20 ans.

    Le seule véritable reproche qui peut être fait à cette campagne fut son caractère dirigé du haut vers le bas et institué d’une manière bureaucratique. Les masses soviétiques ont observé l’opération d’épuration, sans en être réellement acteurs.

    Lorsque, après 1945, l’offensive des éléments droitiers se fit au grand jour, les masses n’étaient non seulement pas habituées à être mobilisées pour porter la lutte dans le Parti, mais elles étaient également épuisées par la guerre. Cette conjonction fut fatale.

    Cette expérimentation ne fut pas un succès, ce que comprirent les chinois. Ainsi, la réplique fut faite sous la forme de la Révolution Culturelle.

    En 1966, Hongqi, le Drapeau Rouge, journal de la République Populaire de Chine, appelait à la Révolution Culturelle : Cette révolution est une lutte des classes extrêmement aiguë et complexe en vue de l’épanouissement de l’idéologie prolétarienne et de l’élimination de l’idéologie bourgeoise dans les domaines de la superstructure et de l’idéologie. C’est une lutte à mort entre la restauration de la bourgeoisie et la contre-restauration du prolétariat.

    De cette lutte dépendent la question de savoir si la dictature du prolétariat et les bases économiques du socialisme dans notre pays pourront ou non se consolider et se développer, la question de savoir si notre Parti et notre Etat dégénéreront ou non ; de cette lutte dépendent la destinée et l’avenir de notre Parti et de notre Etat et de la révolution mondiale. Nous ne pouvons en aucun cas rester indifférents devant cette lutte.

    Cette lutte contre les Liu Shaoqi et les Lin Piao, les maoïstes l’ont mené en tentant de ne pas reproduire les mêmes insuffisances que durant les purges. Au lieu de lancer un mouvement du « haut vers le bas », cette révolution dans la révolution s’est faite « du bas vers le haut. » Faire feu contre le commandement général si celui-ci trahissait, tel était le mot d’ordre d’alors. Elle se dirigeait également comme un mouvement chargé de balayer la superstructure réactionnaire de la Chine, où le poids du confucianisme, du bouddhisme et du taoïsme impactait l’esprit des masses, les poussant à la soumission.

    Dans les faits, les masses, organisées en comité de gardes rouges, se sont soulevées contre les abus de mandarins, d’hommes de l’appareil, de petits seigneurs rouges. Cette désignation, par les masses elles-mêmes, des ennemis et des faux-alliés, fut une opération extrêmement hardie. Elle s’est basée sur la confiance envers les masses plus que celle envers le Parti.

    Au niveau de la mobilisation et au niveau de l’implication des masses, le phénomène fut un véritable succès. Là où il le fut moins, ce fut dans la désarticulation du Parti Communiste, lequel n’était plus, temporairement, en mesure de jouer un rôle directeur dans la société. L’armée pris alors le relais, menant à la montée d’éléments prosoviétiques ou bonapartistes, à l’image de Lin Piao. La vacance de la direction, due aux morts très rapprochées de Mao et de Zhou Enlaï, laissa un vide au moment du reflux de la Révolution Culturelle. Ce vide fut profitable à la droite du PC, formée d’individus du type de Deng Xiaoping, lesquels se sont rués vers l’opportunité du pouvoir.

    De plus, certains facteurs sont entrés en ligne de compte : dans son ouvrage sur la Chine Populaire La Chine en marche, le journaliste K.S. Karol note qu’une grande part de la nouvelle génération de chinois, nés après la guerre civile, chose qui fait écho à la situation de la génération de soviétiques arrivés à l’âge adulte après la guerre, ne comprennent pas forcément le sens de la dictature du prolétariat. Le journaliste soulignait avec justesse qu’ils n’aspiraient qu’à l’accroissement de l’accès aux biens de consommation, à plus de liberté au sens libéral du terme, à ce que l’ambiance de lutte et de stimulation politique laisse place à un confort matériel plus grand.

    Ce sont là des revendications qui ont un caractère légitime, fondamentalement. Elles sont compréhensibles, cependant elles ont ouvert des brèches pour l’irruption de démagogues, de libéraux camouflés, qui leur ont ultimement offert des cadeaux empoisonnés. Là réside une des grandes tragédies, celle de la lutte entre la satisfaction immédiate des désirs et celles de la satisfaction plus lointaine des besoins.

    Les chinois ont pu -pour une fraction d’entre eux- s’enrichir et devenir une bourgeoisie nouvelle, maquillée de socialisme, qui correspond à celle qui dirige le Parti Communiste Chinois à l’heure actuelle, de même que les grandes firmes d’Etat du type de Norinco.

    Les soviétiques ont eu du soda et du maïs. Ils ont pu avoir l’illusion, par la mise en place de la Division Internationale « Socialiste » du Travail, d’un plus haut niveau de vie. Mais, en bout de piste, ce que leur ont apporté les révisionnistes fut une destruction de l’URSS, la division par deux de leur niveau de vie, 20 ans d’espérance de vie en moins et le retour de la mafia comme de la tuberculose.

    Ces expériences ont illustré deux choses essentielles quant à la dictature du prolétariat : Elle est la continuité de la lutte pour l’exercice réel du pouvoir populaire. Elle est tout aussi essentielle que la révolution elle-même, car sans cela, le prolétariat et son alliance n’a aucune chance de se maintenir et de contrer les tentatives de restauration faites par la bourgeoisie.

    Elle est un bouclier, une épée et un moyen de transformation : un bouclier pour le pouvoir populaire, pour se protéger. Une épée pour frapper la bourgeoisie. Un moyen de transformation pour permettre de mener jusqu’à son terme la lutte des classes.

    Si elle n’est pas parvenue à son terme, cela n’en signifie pas la faillite. Cela en souligne simplement la perfectibilité. Faire une croix sur la dictature comme mode d’exercice du pouvoir, cela revient à vouloir, pour des questions d’image et de morale, sacrifier toutes chances de succès.

    La bourgeoisie le sait, c’est pour cela qu’elle appuie tant ce point et s’échine à maquiller de démocratie sa dictature. Les communistes, eux, ne doivent pas mentir aux masses. Ils ne doivent pas peindre en démocratie leur exercice du pouvoir, ils doivent en expliquer la raison et la nécessité. C’est là que réside la clé de l’adhésion du peuple au nouveau pouvoir.

    « Et toutes ces menées abjectes, ils les camouflent sous une appellation socialiste. Certaines canailles, en se livrant à la spéculation, à la concussion et au vol, ne prétendent-elles pas faire de la coopération socialiste ? Et ces instigateurs criminels qui empoisonnent les jeunes et adolescents, n’affectent-ils pas de témoigner de la sollicitude envers les continuateurs de la cause du communisme ? Il nous faut étudier leurs tactiques et synthétiser notre expérience pour exercer encore plus efficacement la dictature intégrale sur la bourgeoisie. » De la dictature intégrale sur la bourgeoisie. » (Tchang Tchouen-Kiao. 1975)

  • La mère de toutes les luttes.

    La mère de toutes les luttes.

    La mère de toutes les luttes commence.

    L’élection d’Emmanuel Macron ne peut être accueillie avec joie par les travailleurs. L’arrivée d’une large majorité d’élus à sa solde ne constitue pas non plus une nouvelle favorable.

    Les astres lui sont on-ne-peut plus favorables. Sa confrontation, au second tour, face à l’extrême-droite, lui a permis d’être élu avec une confortable longueur d’avance. L’effet d’engouement, aux législatives, lui apporte sur un plateau d’argent la majorité dont il a tant besoin. La bourgeoisie la plus rapace et la plus avide le voit comme sa parfaite machine de guerre, comme son soldat le plus zélé. Ce n’est pas pour rien qu’il est le héraut du syndicat des patrons : le MEDEF.

    Les cinq années qui s’achèvent furent sous le signe de l’offensive débridée de la part des capitalistes : L’ANI, la loi El-Khormi, la loi Macron, la loi Fioraso… la liste est longue et fastidieuse. Le résultat, lui, est sans appel : la destruction de l’ensemble des protection sociales, gagnées de haute lutte, a été entamée. La succession de lois antisociales formait le plan de guerre de la bourgeoisie. la brèche est ouverte, elle ne se refermera pas sans combat.

    Emmanuel Macron, est le maître d’oeuvre de l’offensive redoublée qui s’annonce : Le nouveau président ne l’a pas caché, il sera celui qui déchaînera le Blitz pendant l’été, gouvernant par ordonnances, avançant à marche forcée, saccageant ce que les travailleurs ont mis des années – des siècles – à0 obtenir. L’Assemblée, entre ses mains, applaudira.

    Travail, santé, chômage. Voilà le triplé d’objectifs que veut frapper le nouveau porte-étendard des bourgeois.

    Là où la loi El-Khomri se contentait d’inverser la hiérarchie des normes, de faire passer les accords d’entreprise au dessus des accords de branches sur la question du temps de travail, Macron va plus loin. Les nouvelles lois veulent l’étendre à des domaines tels que les salaires ou les conditions de travail. Cela signifie que le patronat, à force de pressions, peut obtenir de la part de ses employés une soumission totale.

    La farce des référendum d’entreprises sert à atomiser les travailleurs, à les fragmenter, sous le faux prétexte de démocratie. Ces référendum ne sont des opérations ayant pour but de saboter toute lutte au sein des entreprises, de court-circuiter les syndicats, en somme d’effectuer un mise au pas des travailleurs.

    Le plafonnement des indemnités de licenciement, là aussi, revient à faciliter la gestion de la masse salariale, à l’entier bénéfice des patrons. Un plafonnement à 10 mois de salaire, cela revient à un aumône de misère.

    Quant à la Sécurité Sociale et l’Assurance Chômage, l’ambition est sans limite : dès le premier janvier, les versements de cotisations seront refondus dans une seule ligne de compte. Ce qui ne change rien en apparence change tout dans le fond : désormais l’Etat aura la haute main sur l’ensemble de cette manne financière et pourra la ventiler comme bon lui semble.

    Le résultat de ces réformes : des travailleurs pauvres, corvéables à merci.
    Une explosion de misère s’annonce, pour le bénéfice d’une clique de bandits.

    Couronne d’épines pour le prince des patrons.

    Derrière ces considérations sombres se profile une lutte terrible. Terrible tant pour les travailleurs que pour leurs exploiteurs.

    Si les législatives ont donné la majorité à Macron est ses sbires, celle-ci demeure fragile. Le divorce entre les masses et la démocratie bourgeoise s’étend. 57 % d’abstentions parmi les inscrits; 61% en comptant les bulletins blancs ou nuls. Le rejet est intégral, tant des pions du patronat que des roquets qui prétendent incarner le peuple, que ceux-ci soient de droite ou de gauche.

    Cette situation emmène à la croisée des chemins pour ceux et celles qui luttent :

    Il est possible, désormais, de saisir cette opportunité pour exister comme un camp indépendant de la bourgeoisie, de ses institutions, de son ordre et de ses règles. Il est possible de clamer la légitimité de la rue, de l’extra-parlementarisme, de la vie réelle contre les tours d’ivoire.

    Le rejet du crétinisme parlementaire, le rejet de la démagogie, le rejet de la démocratie pseudo-représentative ouvre une voie, celle de l’affirmation d’un pôle défendant le pouvoir populaire et la démocratie bourgeoise.

    Si les progressistes et les révolutionnaires ne s’en saisissent pas, ce seront les fascistes, les réactionnaires qui s’en saisiront.

    La bourgeoisie est consciente de sa faiblesse, elle se raidit et se durcit : l’état d’urgence est une arme dressée en priorité contre les travailleurs et contre les travailleuses. Elle est la lance mortelle grâce à laquelle le patronat veut écraser les mobilisations naissantes. L’Etat marche sur les piles de cadavres des victimes des attentats et s’en fait un prétexte : frapper les ouvrier, les ouvrières, les exploités et les opprimés. Défendre sa police, aussi, qui opprime, arrête, blesse, mutile et assassine. 

    La riposte à déjà commencé : Le Front Social est une des pierres pour organiser la lutte contre les ordonnances du nouveau pouvoir. Cet outil, durant un été qui s’annonce terrible, forme, avec les syndicats, le premier moyen de la lutte, unitaire, centralisée, contre l’offensive.

    Macron va faire pleuvoir un feu roulant de réformes, d’attaques. Son gouvernement n’aura de cesse de frapper, jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il veut. Cette lutte ne doit pas épuiser les force combatives, elle doit au contraire les renforcer, les faire grandir, leur permettre de se hisser à la hauteur des enjeux.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle a rejoindre et à renforcer les Fronts Sociaux, partout au sein de l’Etat français. La lutte s’annonce âpre et difficile. Elle doit être victorieuse !

    Plus un pas en arrière face au offensives du patronat !

  • Bilan des législatives : Victoire de l’abstention !

    Bilan des législatives : Victoire de l’abstention !

    Bilan des législatives :

    Les élections législatives au sein de l’Etat français, viennent de se terminer. Elles portent, d’un point de vue d’élus, une majorité écrasante autour de la ligne présidentielle. L’abstention et le rejet forment les grands gagnants de cette élection, atteignant 57%, un taux astronomique, auquel il est important de rajouter 10% de votes blancs et nuls. Il s’agit d’un élément d’une importance considérable, sur lequel il est essentiel de revenir.

    Pour l’heure, Emmanuel Macron gagne son deuxième pari.

    Ainsi 350 sièges reviennent sa ligue, dont 42 pour le MoDem, ressuscité. Les Républicains tiennent le choc, avec 113 sièges, tandis que leurs alliés UDI en tiennent 18. Le Front National ne s’impose pas comme une force politique importante à l’Assemblée, avec 8 sièges. Quant à Debout La France, 1 siège lui est accordé.

    Côté « gauche », le PRG obtient 3 sièges, le PS est humilié avec seulement 29 sièges. La France Insoumise en obtient 17 et le PCF 10. Les divers gauches 12 et les écologistes 1.

    En termes de voix, les règles différentes entre la présidentielle et les législatives ont entrainé une répartition au grand désavantage de la FI et du FN. Les deux organisations ont vu leurs espoirs de conquérir une forte minorité s’envoler. Le centre de gravité de l’Assemblée est au coeur de la droite.

    Sans revenir en détail, l’opportunisme et l’absence totale de scrupule des différentes forces politiques cataloguées à gauche ont été le ferment de leur propre défaite. Un PS qui, désormais, évoque, aux yeux des larges masses populaires, une vermine répugnante et sans vergogne ; un PCF plein d’atermoiements et d’indécisions, incapable de mettre en place une stratégie tout comme de la faire appliquer par des militants, travaillant en fractions ; une France Insoumise dont le discours du tribun lasse et dont le sectarisme mêlé d’esprit prédateur révulse.

    Ainsi 443 sièges sont trustés par un cartel de droite, agressif et plein d’allant, prêt à ouvrir le feu sur les masses.

    La voie des réformes est ouvertes  :

    Avec une Assemblée sous cette configuration, nul doute que le nouveau gouvernement peut se permettre de lancer les offensives les plus débridées. Le plan de guerre contre les droits sociaux, lequel attend l’été pour se lancer, va ainsi être un blitz fait par ordonnances, lesquelles seront adoubée par une Assemblée aux ordres. D’autant que la configuration sourit à l’audacieux : la seconde force est formée par des Républicains idéologiquement favorables aux visées de Macron.

    La « mère de toutes les réformes » va être une bataille difficile, menée dans une période de l’année particulièrement défavorable, avec la certitude d’être en fait d’un adversaire qui ne laissera nullement le temps de riposter. Nous n’avons pas le choix de mener cette bataille, ni de ses conditions objectives. Charge aux militants et militantes de serrer les rangs et de se préparer au choc et de faire front commun, au travers des instances telles que le Front Social.

    L’inscription de nombreux éléments de l’état d’urgence dans le droit commun, la normalisation de l’exception juridique, tout ceci contribue à laisser supposer une féroce répression, menée d’une main ferme par un ministre de l’intérieur brutal et sans scrupules : Gérard Collomb.

    Victoire tactique, défaite stratégique pour la bourgeoisie :

    Certains esprits chagrins pourraient considérer que nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous même, ayant appelé à l’abstention, au boycott, au rejet de ces élections. Il serait aisé de voir, à travers cette déclaration, un reniement de la position que nous avons tenu dernièrement.

    Il n’en est rien.

    Si, tactiquement, les élections législative sont une grande victoire pour la bourgeoisie la plus libérale et la plus agressive, elles sont aussi une victoire à la Pyrrhus.

    57% d’abstention parmi les inscrits; 10% de bulletins blancs ou nuls parmi les exprimés, ceci est une gifle portée contre l’ensemble du système de pseudo-démocratie représentative. Au total, ce sont environ les 2/3 des personnes pouvant voter qui ont refusé de s’exprimer.

    Au final, le dégagisme promu par Mélenchon a marché. Il a marché au delà de ses espérances, puisque les votants et les non-votants l’ont appliqué également sur son concepteur. Politicien bourgeois et carriériste comme les autres, Mélenchon a vu son œuvre se retourner contre lui : son organisation fut tout autant boycottée que les autres. La « grève générale civique », comme il l’a nommée, ne l’a pas épargné.

    La défaite de la démocratie bourgeoise est stratégique. Elle ouvre une voie réelle à l’action extra-parlementaire, à la légitimité de celle-ci, à la naissance d’une opposition qui ne soit pas dans les salons, dans les bureaux de la bourgeoisie, dans des négociations avec elle, mais dans l’affrontement direct, dans l’illustration de l’antagonisme qui existe entre les intérêts des bourgeois et ceux du peuple.

    Certes, le pouvoir de la bourgeoisie va mener une offensive débridée contre les droits des travailleurs. Certes la répartition des sièges en fait un colosse. Mais un colosse aux pieds d’argiles. La légitimité d’un tel pouvoir ne peut être que faible. Elle ne peut être que précaire. Pouvoir d’une minorité, imposé par la minorité, pour les intérêts d’une poignée d’exploiteurs.

    La lutte contre cette Assemblée marque une nouvelle étape dans la lutte des classes au sein de l’Etat français. Une nouvelle dimension s’ouvre, marquée par le rejet du parlementarisme, de la représentation des masses par une poignée d’experts politiques bourgeois.

    Nul doute que ces deux élections consécutives ouvrent la voie à une période d’instabilité qui débouchera immanquablement sur une situation nouvelle.

    Reste à déterminer quelle forme prendra cette situation. Dominée sans partage par une bourgeoisie appuyée sur des fascistes, ou sous la pression des masses populaires.

    Nous avons cinq ans pour que naisse véritablement les bases de cette opposition frontale à la bourgeoisie et à ses laquais. Cinq ans pour que les communistes avancent dans leur unification et dans la fondation de l’outil qui nous manque. Cinq pour que tous ceux et celles qui rejettent le capitalisme puissent faire front. Cinq pour que nous avancions sur la voie du pouvoir populaire.

    Vers l’opposition extra-parlementaire , vers le rejet du pouvoir de la bourgeoisie, vers le parti du peuple !

    Vive les trois fronts !

    Le Front Social, contre les réformes du gouvernent, contre l’exploitation.

    Le Front antifasciste, contre les menées des réactionnaires, de la répression, des fascistes et des assassins au service de la bourgeoisie.

    Le Front d’unification des communistes, pour forger l’outil du combat victorieux !