Auteur/autrice : unitecommuniste

  • 75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 4

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 4

    Stalingrad incarne tout ce que nous défendons et tout ce que nos ennemis haïssent.

    Nous publions en plusieurs parties cet article, mais il est intégralement disponible, ainsi que son annexe ici :

    Stalingrad incarne la liberté, la lutte contre l’oppression, la lutte contre la misère, contre l’asservissement et le colonialisme fasciste. Elle incarne le don de soi, l’esprit désintéressé. Elle incarne le sens du devoir et du sacrifice, pour que naisse un monde meilleur.

    Stalingrad est l’épicentre du monde, en ce mois de février 1943. Elle ne fut pas la seule ville à combattre, la seule ville à souffrir, loin de là ! Leningrad, Moscou et Stalingrad furent les trois citadelles qui continrent la contagion fasciste mondiale. Elle furent les récifs sur lesquelles s’écrasèrent les vagues de peste brunes.

    Bien d’autres villes, elles aussi, sont des martyres. Kiev ; Minsk ; Smolensk ; Sébastopol ; Jitomir ; Toula ; Odessa ; Lidice, en République Tchèque… En occident, Londres ; Coventry ; Caen ou Oradour-sur-Glane reviennent. Mais qui, hélas, peut ignorer que les Oradour furent des milliers en URSS. Des villages éventrées, des enfants pendus, des vieillards et des vieillardes fusillées, les viols, les pillages, les meurtres, les pogroms, avec la complicité des fascistes locaux.

    Les fascistes et les nazis haïssent Stalingrad, car elle incarne l’écrasement de leurs thèses, leur faillite. Elle illustre la fausseté de la théorie de la supériorité raciale aryenne, de la supériorité du mercenaire fasciste, de la toute puissance de l’industrie de guerre nazie.

    Nos ennemis bourgeois haïssent Stalingrad car cette bataille est une dette que l’humanité entière a envers les soldats et les soldates soviétiques, envers les peuples de l’URSS, envers le mouvement communiste international.

    La bourgeoisie n’a eu de cesse de tenter d’effacer ce symbole, de le brimer, de le salir, de le diminuer, de renvoyer dos-à-dos le nazisme et le communisme, elle n’y parvient pas. Malgré tout ce qu’elle met en œuvre pour brouiller les pistes, pour tenter d’accabler de crimes les défenseurs -et les défenseuses !- de Stalingrad, elle échoue.

    Elle se donne du mal, pourtant. Elle n’a pas hésité à sauter à pied joints dans le mythe de la Wehrmacht propre, pour permettre de disculper une partie des soldats allemands des crimes de masses commis sur le front de l’Est. Elle n’a pas hésité à encenser le moindre Allemand ayant eu des doutes sur le régime hitlérien, pour trouver un point d’appui à la croisade anticommuniste.

    Dans les manuels scolaires, Stalingrad est utilisé uniquement comme massacre à grande échelle, dans lequel Soviétiques et Allemands sont équidistants. Films, bandes dessinées, « documentaires », tracent tous un portraits d’un soldat de l’Armée Rouge qui se bat contraint sous les ordres de commissaires politiques sadiques et mesquins, tout en haïssant secrètement le régime et ses dirigeants, dont au premier chef Staline.

    L’absence de scrupules et de vergogne est sans limites pour les « historiens » bourgeois.

    Les citoyens soviétiques n’étaient pas des animaux apolitiques, conduits à l’abattoir avec un fusil pour deux. Certains étaient effectivement amers de risquer leur vie pour devoir se défendre contre une agression qu’ils subissaient. Certains grognaient, certains trouvaient la situation dure. Comment les en blâmer ?

    Grogner, être critique, être en colère ne signifie pas rejet le fond du système ni le fond du régime. Mais, tant empressés qu’ils sont, les « historiens » essaient avec désespoir de trouver des alliés, des agents, des pions pour leurs basses manœuvres. 

    La guerre est dure, elle est brutale, elle est sale. Elle ne l’a jamais autant été que ces années de 1941 à 1942, dans l’odeur de mort des fosses communes, dans les ravins de Baby Yar, dans la puanteur de la Shoah qui se prépare, et qui fut stoppée par les Soviétiques.

    Les pertes sont lourdes, le haut-commandement connaît parfois des failles, des fleuves de sang payent les erreurs d’un pays qui n’était pas préparé à la guerre. Mais cette guerre n’est pas une guerre qui se termine sur une paix blanche, sur un traité. Il s’agit d’une guerre d’anéantissement, sans pitié, sans prisonniers, sans merci.

    La Stavka a joué son rôle dans des circonstances catastrophiques, sans aide, au début, sans soutien, avec les forces dont elle disposait. Elle a tenu son rôle sans en avoir à rougir, surtout sous les quolibets de stratèges de salon.

    Mais malgré cela, malgré ces dires, les pseudo-historiens ne peuvent effacer Stalingrad. Ce nom, cette ville, reste le tournant de la Seconde Guerre mondiale, de la Grande Guerre Patriotique, de la lutte entre le fascisme et la liberté. Ils ne peuvent effacer le fait que l’URSS, sous une direction politique ferme, juste et révolutionnaire, a pu sauver le monde de l’hydre nazie.

    Chacune de nos « libertés », nous les devons à Ivan, Piotr, Svetlana, mais aussi Bekzat, Kostya, Aigerim, venus des steppes d’Asie centrale, ou Pablo, fils de républicain Espagnol. Nous les devons à toutes et tous, venus ici écraser le monstre le plus terrifiant, né du capitalisme pourrissant.

    D’autres Stalingrad naissent. L’offensive du Têt, dont nous fêtons les 50 ans cette année, est la défaite de la plus puissante machine de guerre que le monde ait connu, en face de la résolution d’un peuple uni pour gagner sa liberté.

    Plus proche de nous Kobane fut le Stalingrad de l’organisation obscurantiste-fasciste Daesh. Là aussi, les fascistes ont été écrasés dans les rues d’une ville symbole. Là aussi, les forces populaires ont triomphé.

    Là aussi, le drapeau rouge était présent.

    Le symbole du marteau et la faucille sur le magasin Univermag, ultime refuge des fascistes dans la cité qu’ils ont éventrée, restera toujours le symbole de la victoire sur le fascisme.

    Stalingrad est l’un des symboles de l’histoire populaire, de l’histoire de l’Humanité. Il le restera jusqu’à la fin des temps, jusqu’au Stalingrad final, tombeau de la bourgeoisie, du capitalisme, de l’impérialisme.

    Vive l’Armée Rouge ! Vive la lutte antifasciste internationale ! Vive le communisme !

  • 75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 3

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 3

    La contre-offensive.

    Nous publions en plusieurs parties cet article, mais il est intégralement disponible, ainsi que son annexe ici :

     

    L’offensive début le 19 novembre, dès le départ, les alliés Roumains et Italien sont pulvérisés. L’armée soviétique fonce, balayant tout sur son passage, écartant toutes les difficultés par la vitesse, la manœuvre, par l’habitude de la neige et du froid. Le deuxième jour, la ligne de vie des fasciste, la ligne de chemin de fer de Kalatch est prise. Elle signe la condamnation à mort de l’armée de Paulus.

    L’armée Allemande tente de se défendre, elle mord comme un animal pris au piège. Mais celui-ci est trop fort, trop puissant, trop minutieux pour lui laisser le moindre échappatoire. Les Allemands sont rejetés loin de Stalingrad. Ceux qui y sont toujours sont au mieux des prisonniers, au pire des condamnés à mort.

    Goering, le maître de la Luftwaffe, l’orgueilleux et pompeux seigneur, promet de ravitailler la poche, le Kessel. 500 tonnes sont à livrer hebdomadairement pour que l’armée résiste. Il s’agit d’une tâche impossible, dans laquelle l’aviation de transport et de bombardement paie un prix immense, tandis que la DCA soviétique et les chasseurs rouges s’en donnent à cœur joie. 

    Le froid est extrême, la faim est intense dans la poche. Les blessés meurent faute de soin, pendant que s’obstinent à une résistance sans objet les généraux fascistes. Pour retenir les troupes soviétiques le plus longtemps possible, ils sacrifient le sang de leurs hommes.

    Les bombardements, les assauts, brisent les hommes de la VIème armée. Elle est a bout de souffle. Elle s’éteint. Après plusieurs entrevues n’ayant pas débouché sur des possibilités de reddition, les soviétiques écrasent finalement la poche.

    Les Allemands rêvaient de traverser la Volga, ils le firent sous la forme de colonnes de prisonniers, chargés par la suite de reconstruire ce qu’ils avaient détruit. Les nazis furent furieux que leurs généraux ne se suicidèrent pas. Friedrich Paulus déclara, rejetant cette coupe de cigüe qu’était sa nomination au grade de Maréchal : « Les morts ne s’intéressent plus à l’histoire militaire. »

    Le 2 février, il y a 75 ans, une moisson de généraux se rendaient ainsi à l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans. 5 mois d’une bataille acharnée, dans laquelle un demi million de soldats soviétiques et 300 000 civils tombèrent, tandis que 600 000 hommes et femmes étaient blessées. Elle coûta aux nazis et à leurs alliés 400 000 hommes et 110 000 prisonniers. Ces pertes terribles, terrifiantes, furent amèrement pleurées par les soviétiques, mais purent être surmontées. Les Allemands, en revanche, perdaient l’élite de leurs troupes et ne s’en relevèrent pas.

    En réaction, le 18 février 1943, Gobbels fit son discours du Sportpalast, devant 14 000 membres du NSDAP, dans lequel il appela à la guerre totale et à la mobilisation intégrale de l’industrie et de la population Allemande. Ce discours hystérique fardé de rhétorique ne servit qu’à une chose : prolonger les souffrances des civils pris dans la guerre, pris dans l’étau d’un système criminel et despotique. Trop peu, trop tard pour vaincre. Juste à temps pour permettre les massacres, les ravages, les crimes. La fuite en avant ne servit que de sursis aux élites nazies.

    Elle coûta aux fascistes la guerre. Après Stalingrad, les fascistes ne stopperont les soviétiques qu’a deux reprises :

    à Kharkov, entre fin février et juillet, ce qui déboucha sur la plus grande bataille de chars de l’histoire, Koursk, où l’armée  Allemande fut pulvérisée et où sa colonne vertébrale fut brisée.

    à Varsovie, du fait de ses trop grandes lignes de communication, et où les fascistes en profitèrent pour écraser l’insurrection de Varsovie, orchestrée par un groupe de nationalistes anticommunistes, qui voulaient profiter de l’arrivée de l’Armée Rouge pour restaurer la Pologne dictatoriale et nobiliaire. Ce geste criminel coûta des milliers de vies humaines pour un résultat nul.

    Stalingrad est bel et bien le tournant de la guerre.

    Dans le monde entier, les peuples reprennent espoir. Les résistances comprennent qu’elles ne sont plus des combat d’arrière garde, mais bien l’avant garde du monde nouveau qui émergera de la victoire.

    Les autres fronts, vidés de leurs réserves, s’effondrent. L’Afrique est libérée de la présence Allemande et Italienne. En juillet 1943, les alliés peuvent ainsi débarquer en Sicile et prendre pied sur le continent.

    Sans la bataille de Stalingrad, rien de cela n’aurait été possible. Ni débarquement, ni libération. Si les capitulards, les collaborateurs, les agents du compromis et de la trahison n’avaient pas connu les procès de Moscou, n’avaient pas été traqués par le NKVD, rien de cela n’aurait été possible.

    L’URSS a serré les dents, serré les poings, serré les rangs pour que le monde soit libre.

    A ce moment, le monde entier le savait et l’honorait. Aujourd’hui, par anticommunisme ou pour des raisons géopolitiques, certains veulent taire cette victoire des défenseurs de la liberté.

    Pourtant l’épée de Stalingrad, forgée sous les ordres du roi Georges VI, demeure un symbole de la dette du monde vers ces peuples. « Aux cœurs d’aciers de Stalingrad, le roi George VI fait présent de cette épée en témoignage de la reconnaissance du peuple britannique »

    Présent à la remise de celle-ci, à Téhéran, Roosevelt nota : « lorsque Staline prit l’épée sur son coussin de velours, il eu les larmes aux yeux, je les ai vues, ensuite il rabaissa l’épée dans un mouvement de noblesse spontané ».

    Vorochilov, dans sa maladresse proverbiale, la fit tomber par terre à grand fracas, chose que les actualités ont pudiquement coupé.

    Aujourd’hui, l’appel de la mère patrie, cette immense statue de béton de 85 mètres de haut, rappelle le sacrifice des peuples soviétiques. Ne les oublions pas. N’oublions pas non plus que certains immondes personnages tentent de les classer dans les « morts du communisme. »

    L’URSS paya plus cher que cette triste liste de décès Les concessions qu’elle dû faire envers l’armée, les ingénieurs, les cadres d’usine se payèrent chèrement. L’URSS ne fut plus jamais la même. Comme nous l’avons mentionné dans notre brochure sur le 9 mai 1945, les agents de la restauration des rapports capitalistes, les liquidateurs de l’économie planifiée, les anesthésistes de la lutte des classe reprirent des forces.

    Nikita Khrouchtchev, qui fut commissaire politique à Stalingrad, est illustratif de cela. Les liens que celui-ci tissa avec l’armée, avec les ingénieurs, le propulsèrent, avec Mikoïan et Kossyguine, comme les leviers de l’offensive de droite au sein du PC(b)US. Après la guerre, s’appuyant sur ces concessions, ces sinistres personnages vont œuvrer à liquider la ligne léniniste, ce qu’ils parviendront à faire. En 1952, au XIXe congrès du PC(b)US, la ligne défendue par les bolcheviks est minorisée. En 1956, elle est marginalisée et remisée, tandis que les masses sont épuisées par les 27 millions de sacrifiés pour la paix et la liberté.

    Hélas, l’expression ‘ »les meilleurs s’en vont les premiers » n’est pas que vacuité. Les meilleurs militant bolcheviks ont fait don de leur vie, de leur chair, pour sauver le monde. L’URSS, en tant qu’Etat socialiste, s’est ainsi offert lui-même tout entier.

    Ne l’oublions, cela aussi, jamais !

  • 75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 2

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 2

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 2

    Stalingrad

    En été 1942, les fascistes tentent de reprendre l’avantage. Mais ils ont perdu une grande partie de leur allant, de leur entrain, de leur vigueur. La victoire se recherche dans le sud, dans le Caucase, dans la jonction avec la Volga, dans les champs de pétrole de Bakou. Les Allemands prennent finalement Sébastopol, après 8 mois de siège. Ils avancent et prennent Rostov-sur-le-Don en juillet. La ville, minée, explose littéralement sous leurs yeux.

    Rostov-sur-le-Don est une ville discrète, mais importante. Importante car sa perte entraine une vague de réforme en URSS. Une vague de réformes qui entame un relâchement de la bride des généraux, dont les tendances bonapartistes suscitaient une légitime méfiance. Des réformes concédées par l’urgence de la situation, donnant plus de liberté aux ingénieurs en chef, aux dirigeants d’usine, aux directeurs de camps de travail, aux officiers, aux généraux. Une concession terrible, dans un pays marqué par la lutte des classes aigüe, une concession faite au monde pour le protéger du fascisme. Surtout, le célèbre Ordre du Jour N° 227 est édicté. Plus un pas en arrière ! L’Armée Rouge raidit sa résistance, se prépare à l’affrontement le plus important, le plus stratégique.

    Des concessions qui seront payées par le pouvoir bolchevik, bien des années plus tard, par sa propre perte.

    Hitler fait une erreur monumentale, en croyant l’ennemi en déroute. Lorgnant sur deux lièvres stratégiques en même temps, il découpe ses forces entre la VIème armée de Paulus et la IV armée blindée de Hoth. Le premier fonce vers Stalingrad et la Volga, le second vers Bakou et son pétrole. Les deux échouent, mais ne le savent pas encore.

    Stalingrad suscite, bien qu’il s’en défende, l’obsession du Führer. La ville est placée sur la charnière entre le Caucase et le reste de l’Union, elle est un noud de communication important, un axe fluvial essentiel. Elle est la dernière grande barrière qui sépare l’hitlérisme des immenses plaines, à l’est, mais également de la jonction avec l’Iran, l’Irak, avec Rommel au loin. Prendre la ville revient à priver l’URSS de son potentiel énergétique. Prendre la ville revient à la couper en deux. Prendre la ville revient à gagner une position de force inestimable, à se doter d’une base de départ pour prendre également Moscou à revers.

    Mais Stalingrad est plus que ça, elle est aussi un symbole. La ville, auparavant Tsarytsine, est une ville qui est entrée dans l’Histoire lorsque, en janvier 1920, Simon Boudienny ; Kliment Voroshilov et le jeune Joseph Staline reprennent la ville aux blancs. Cette victoire mit un coup d’arrêt aux opérations des tsaristes dans le secteur, permit de gagner Astrakan et l’embouchure, permit de consolider la jeune république soviétique. La ville hypnotise les nazis, qui y voient en coup fatal porté au prestige du gouvernement soviétique et de sa direction.

    Hitler insiste pour faire de la prise de Stalingrad un bain de sang, un massacre, un holocauste. Hitler mobilise la Luftwaffe pour frapper fort. 600 bombardier frappent la ville le 23 août 1942. Ce raid a le douteux privilège d’être le premier à déclencher une tornade de flamme. Cette tempête ravage la ville, tuant environ 40 000 citoyens soviétiques. Cependant, les monceaux de ruines n’avantageront pas les envahisseurs. Chaque mètre carré de la cité est un piège, chaque immeuble une forteresse. Le silo à grain de Stalingrad, ainsi, eut à subir un siège en règle avant de tomber. Une colline, le Kourgane de Mamaï, devient un enjeu aussi important qu’un sommet himalayen.

    L’Usine Barrikady tout comme l’usine Octobre Rouge continuèrent à produire leurs chars T-34, les meilleurs chars du monde, jusqu’à ce que les nazis l’assiègent. Là encore, les ouvriers rejoignirent les milices au combat, compensant leur inexpérience par leur courage.

    Les navires de la Volga réussirent à ravitailler les armées acculées au fleuve, en faisant preuve d’une obstination sans faille, tandis que les faucons rouges disputaient au Stukas et aux Focke-Wulf la supériorité aérienne au dessus de la ville. Le meilleur de l’armée Allemande se heurte aux moujiks et aux ouvriers et ouvrières soviétiques.

    La guerre est cruelle, elle est impitoyable. Les soldats allemands découvrent la terreur du combat urbain. Chaque fenêtre peut héberger un camarade de Vassili Zaitsev, le plus célèbre tireur d’élite de la RKKA. Chaque pan de mur peut cacher le soldat armée d’un pistolet-mitrailleur qui emmènera l’envahisseur au Walhalla. Chaque pas emmène sur une mine. L’armée Allemande s’use, se fragilise. 

    Les soviétiques, à ce moment là, étaient en infériorité numérique. Souvent, les anticommunistes, appuyés sur les documents issus de la propagande fasciste, les représentent comme une force immense, grouillante, amorphe et atone. Souvent, l’imagerie représente l’armée rouge comme attaquant vagues après vagues pour submerger l’ennemi sous le nombre. Cette métaphore insectoïde ne sert qu’a avilir les combattants soviétiques. Stalingrad se déroule du fort au faible, et ce n’est que par son extraordinaire force, sa mobilisation exemplaire, que le peuple soviétique pu remonter la pente, quantitativement et qualitativement. Le prêts-bails commençait à peine, bien qu’il joua un rôle dans la capacité de résistance soviétique que seuls les dogmatiques peuvent exclure.

    Tandis que la 62ème armée et la 64ème se battaient pour chaque pouce de terrain, la Stavka prépara une opération pour bousculer le cours de la guerre. C’est là une réunion qui est restée célèbre dans les mémoires de Joukov, dans lesquelles il démontre ainsi la manière dont le gouvernement soviétique dirige la guerre. La décision est collégiale, le débat est sincère, les désaccords ne débouchent pas sur des sanctions. Le haut-commandement soviétique se professionnalise, tandis que celui des nazis s’enfonce dans l’irréel.

    Joukov lui-même en parle ainsi, pour répondre aux accusations de Khrouchtchev :

     « Il faut dire, comme je m’en suis convaincu au cours des longues années de la guerre, que J. Staline n’était pas du tout un homme devant qui les problèmes difficiles ne pouvaient être évoqués ; avec qui on ne pouvait discuter et même défendre énergiquement son point de vue. Si certains affirment le contraire, je dirai simplement que leurs assertions sont fausses. »

     Aux séances du Comité d’Etat à la Défense qui se tenaient à n’importe quel moment de la journée, en règle générale au Kremlin ou bien dans la villa de Staline, les problèmes les plus importants étaient étudiés et résolus. Très souvent, aux séances du Comité d’Etat à la Défense, éclataient de vives discussions, au cours desquelles les opinions s’exprimaient de manière précise et tranchée. D’habitude, J. Staline allait et venait autour de la table, écoutant attentivement ceux qui discutaient. Lui-même était peu loquace, et n’aimait pas la prolixité des autres. Souvent, il arrêtait ceux qui parlaient par un « soyez plus brefs » ou « soyez plus clairs ».

     Il ouvrait les séances sans mot d’introduction. Il parlait bas, avec aisance uniquement de la question. Il était laconique et formulait clairement ses pensées. J. Staline était un homme volontaire qui, comme on dit, n’avait pas froid aux yeux.

    Une seule fois, je l’ai vu assez abattu. Ce fut à l’aube du 22 juin 1941, sa conviction en la possibilité d’éviter la guerre venait d’être détruite.

    Après le 22 juin 1941, et pendant la durée de la guerre, J. Staline de concert avec le Comité Central du Parti et le Gouvernement soviétique, assura la ferme direction du Pays, de la guerre et de nos relations internationales » (Mémoires, 1970)

    Obligés d’accentuer de jours en jours leurs efforts pour tenter de prendre la ville, les nazis s’enferrent dans un piège. Persuadés d’être les maîtres, ils négligent leurs flancs et leurs protections. Ils se persuadent que l’arrivée de l’hiver sera leur victoire, car les Soviétiques devront se battre sur deux fronts : eux et la Volga impraticable, charriant des blocs de glace.

    Ils croient la victoire a portée de main. Chaque jour, les journaux nazis trépignent de ne pouvoir sortir la manchette « Stalingrad gefallen ! » Stalingrad est tombé. Hitler se justifie, disant qu’il ne veut pas d’un nouveau Verdun, qu’il faut réduire petit à petit la poche. Italiens et Roumains, alliés méprisés, gardent leurs arrières, dans le froid, la misère, les privations.

    L’offensive soviétique est méticuleusement préparée par Joukov. Il visite lui-même les secteurs du front. L’idée est la suivante : encercler la VIème armée Allemande dans Stalingrad, l’écraser et foncer vers l’ouest, rejeter les hordes d’envahisseurs le plus loin possible.

  • 75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 1

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 1

    75 ème anniversaire de la bataille de Stalingrad.

    N’oublions jamais celles et ceux qui sont tombés pour la liberté !

    Nous publions en plusieurs parties cet article, mais il est intégralement disponible, ainsi que son annexe ici :

    Il y a 75 ans, le 2 février 1943, le Feldmarshall  Paulus capitulait à Stalingrad, se rendant à Mikhail Shumilov, commandant de la 7e armée de la Garde.

    Une onde de choc traversa le monde.

    De New York à Tokyo, de Berlin à Sydney, les yeux et les oreilles du monde étaient tournés vers ce qui était, naguère, la belle petite ville prospère, aux immeubles blancs, dans le creux de la puissante Volga. Dans les ruines fumantes, dans les carcasses de chars, dans les épaves d’avion écrasés, dans les tranchées et les bunker, les hommes et les femmes entendaient le silence. Pour la première fois depuis le 23 août 1942, la ville était calme.

    Partout dans le monde libre, la liesse s’est déchaînée, sous les hourras de victoire. Même sous le poids de la botte nazie, les peuples gémissants découvraient l’expérience de la victoire. Pour la première fois depuis le début de la guerre, une armée nazie capitulait.

    A Berlin, la stupéfaction l’emporta sur la rage. Le prince Otto von Bismarck, descendant de celui qui préconisait de ne jamais s’en prendre à la Russie, reçu un coup de fil urgent de l’ambassade d’Allemagne à Berne : « Arrêtez de danser ! Stalingrad est tombé. »! Hitler écumait de rage devant le fait que les généraux et maréchaux préféraient la captivité à la mort pour la grandeur de l’impérialisme Allemand.

    Dans l’histoire de la guerre, il y avait désormais un avant et un après Stalingrad.

    Nous rendons hommage, aujourd’hui, aux hommes et aux femmes qui s’y sont battues, qui y ont vécu, qui y sont tombées.

    Qui peut oublier qu’au milieu d’un été 1942 de peur, de terreur, d’un été d’horreur, Stalingrad est apparu comme un espoir.

    Le 22 juin 1941, en violation complète des traités internationaux, l’Allemagne nazie déverse sa horde de criminels sur une Union Soviétique en paix. Après avoir ravagé l’Europe, les fascistes se tournent vers l’Est, pour y imposer un colonialisme criminel, pour y imposer une société structurée par la race, par le sang, par l’asservissement. Hitler avait dit « le monde retiendra son souffle ». Il le retint pendant quatre ans.

    Les fascistes déferlèrent et ravagèrent l’URSS, après avoir tentés en vain de la déstabiliser, d’utiliser des agents pour l’affaiblir. Contre toute attente, la Blitzkrieg s’enlise. Contre les prémonitions de génies de renseignement, la « structure pourrie » ne s’effondre pas. La société soviétique fait bloc autour de son gouvernement, autour de son Parti, autour d’une direction politique Timochenko le présida le comité de défense, avec Staline, Molotov, Vorochilov, Boudienny et Kouznetsov. Si les pertes sont terribles, si les encerclements sont immenses, les arrières de l’ennemi sont fragiles. L’axe ne connaît pas de répit. Les fascistes rencontrent l’hostilité de la population. Aucune nuit sur ce front ne fut une nuit de répit.

    Pour la première fois sur le continent Européen, la machine de guerre nazie connaît des revers. Les espaces conquis sont immenses, mais vides. Les hommes, les femmes, les machines, se replient. Tout ce qui ne peut l’être est détruit. Les pillards sont amers, leur proie est coriace. Les soldats Allemands sont ivres de victoires, mais les pertes s’accumulent. L’usure aussi. Au bout de cinq semaine, aucune ville d’importance n’est prise.

    Le plan nazi était classique, sans grande inspiration. Alors que d’autres privilégiaient l’audace, le GröFaZ ‘Größter Feldherr aller Zeiten’ (le plus grand chef de guerre de l’Histoire, surnom ironique donné à Hitler par ses généraux), privilégie une approche en éventail, qui disperse les forces, qui affaiblit les coups. Le « génie » hitlérien joue une farce à son camp. Le mépris pour le prédécesseur Napoléonien pousse à ignorer Moscou pour frapper Leningrad et le Caucase. Deux cibles que les Allemands prirent jamais.

    Pendant ce temps, côté soviétique, la société sort de la paix en sursaut. L’industrie se met en marche, la population, résignée à livrer un combat imposée, se mobilise pour résister à l’envahisseur. Les prodigieuses avancées issue de la sueur de tout un peuple ne doivent pas être perdues. Hommes et femmes se préparent au conflit, se préparent à faire face à la plus grande épreuve de l’histoire de l’humanité. Les fascistes, méprisants, s’attendaient à trouver des bêtes sauvages, armés de lances de de pierres. Ils se heurtent aux armes les plus modernes du monde -mais trop peu, et trop dispersées- les Kliment Voroshilov, les T-34, les BM-13 Katiouchas, les Yak-1, les MiG-3, les Il-2 Shturmoviks. Ils se heurtent à un peuple qui résiste, qui se bat stoïquement, qui se contente de peu, qui est dur. Un peuple appuyé par des militants et des militantes communistes qui montrent l’exemple, qui n’hésitent pas à se battre. Un Parti qui paie aussi le prix fort son engagement. Staline perd lui-même un fils, qu’il refusera d’échanger contre des généraux. Certains le lui reprochent. Ils lui reprocheraient également s’il l’avait fait.

    Leningrad est encerclée le 8 septembre, avec l’aide des Finlandais, qui, ironiquement, empêcheront en partie sa prise, en renâclant à avancer plus. Elle tint 872 jours avant d’être libérée, en faisant le second siège le plus long de l’histoire contemporaine.

    Moscou est approchée en décembre, sous les neiges et les tempêtes. Heinz Guderian, l’un des concepteurs de l’armée blindée Allemande, voit les tours du Kremlin dans ses jumelles. Et fait demi-tour. L’heure de la contre-offensive a sonné. Lancée par Joukov et Vassilievski, la contre offensive repousse les fascistes loin de la capitale. Ils n’approcheront plus jamais. Aidés par les excellents services de renseignement, les soviétiques savent que le Japon ne bougera pas. Richard Sorge, l’espion le plus précieux du monde, tient cette confidence de l’ambassadeur d’Allemagne au Japon lui-même.

    Rassemblant en hâte une armée fraîche, les Soviétiques stupéfient le monde entier. L’invincible armée Allemande chancelle, vacille. Elle chasse les fasciste de la région de la capitale, elle libère la Crimée, où Sébastopol était encerclée. Elle brise le mythe de l’invincibilité de la Wehrmacht.  Elle ne rompt hélas pas. La contre-offensive s’essouffle, s’arrête. L’URSS vient d’empêcher une victoire totale de l’Allemagne. Elle n’est pas encore assez forte pour rendre les coups. Elle n’est pas prête encore à reprendre ce qu’elle a perdu. Mais elle a effrayé les généraux allemands, qui ont voulu reculer. Hitler non. Il ne voudra plus les écouter, et n’écoutera plus que lui-même et ses stratèges de chambre. Cela se paya très cher.

     

  • La France et la trouée de Suwałki – partie 2 – La lente montée en pression entre la Russie et l’occident.

    La France et la trouée de Suwałki – partie 2 – La lente montée en pression entre la Russie et l’occident.

    La lente montée en pression entre la Russie et l’occident.

    Dans notre brochure sur la géopolitique américaine, nous avons eu l’occasion d’évoquer les problématiques particulières du rapport entre les USA et la Russie. Les Etats-Unis ne peuvent fondamentalement pas accepter une expansion incontrôlée de la Fédération de Russie, de même que de la part de la Chine, du fait d’un antagonisme géopolitique « génétique ».

    Pour résumer brièvement : Dans la conception géopolitique américaine, la Chine et la Russie font partie d’une zone du monde nommée heartland : le pays du cœur. Cet espace continental, à mille lieues de toute mer, formerait un bastion imprenable, une forteresse inexpugnable, qui permettrait à la puissance qui la contrôle d’être à l’abri de tout débarquement de troupes ennemies, de tout raid d’importance, de toute conquête de long terme.

    Les exemples militaires ne manquent pas. Les « courtes jambes » de la Luftwaffe, pendant la Seconde Guerre mondiale, n’ont pas permis de frapper les grands centres industriels de l’Oural, laissant intact le potentiel militaire soviétique évacué vers l’est. Dans le même ordre d’idée, l’immensité de la Chine l’a rendue impossible à conquérir par les envahisseurs japonais pendant la guerre de  1931 à 1945.

    La grande terreur des USA serait de se retrouver face à une Chine et une Russie ayant un accès illimité au commerce international, capable de concurrencer l’Amérique, économiquement parlant, tout en ne pouvant être contraint militairement.

    La chute de l’URSS avait, provisoirement, écarté cette menace. La victoire définitive du libéralisme et du libre-échange, dans l’esprit des tenant de la « fin de l’Histoire », devait conjurer définitivement le risque d’une nouvelle guerre mondiale.

    Or, il n’en fut rien. Les Etats capitalistes n’ont que deux destins : devenir impérialistes ou finir par être sous domination d’un autre. La Russie ne déroge pas à cette règle.

    Ieltsine était un bon agent, pour l’occident. Il en avait fini avec une URSS chancelante, avait livré l’économie à la prédation des investisseurs, avait livré les populations de la Russie à la misère noire. Sans qu’il soit possible de faire de lui un compradore, il n’en représentait pas moins une assurance d’une Russie faible et vulnérable.

    Son dauphin, Vladimir Poutine, a imposé une autre ligne. Depuis son arrivée au pouvoir, en tant que président du gouvernement (premier ministre) le 9 août 1999, la ligne défendue par le nouvel homme fort fut une constante : une mission de restauration de la puissance et de l’influence géopolitique de la Russie dans le monde. Le discours impérial, nourri d’un mélange de nostalgie brejnévienne et tsariste, a trouvé un auditoire et un électorat. L’idée-maître était donc la suivante : La Russie ne sera plus jamais humiliée.

    L’arrivée de Poutine

    Malgré le fait que les observateurs occidentaux tendent systématiquement à présenter l’élection de Poutine comme le fait d’un coup d’Etat, il est indéniable que l’ancien agent du KGB dispose d’un appui important dans une population russe qui a vu son niveau de vie pulvérisé par la fin de l’Union. L’image présidentielle, virile, solide, dirigiste, plaît. L’attitude face à des questions sociales, vis-à-vis des oligarques, des nouveaux-russes tant haïs, lui a accordé une image de dirigeant sévère mais juste.

    Les changements de frontières ont créé un sentiment de mutilation. Celui-ci s’est doublé d’un sentiment d’encerclement : les anciennes démocraties populaires passant dans l’Alliance Atlantique ou rejoignant l’UE, les conflits sur les anciennes marches… L’application, notamment sous la houlette de

    Zbinew Bzrezinski, du roll back, a été perçue par les russes comme une volonté de les refouler hors d’Europe. L’installation de régimes antirusses et réactionnaires, en Pologne, en Ukraine, dans les Etats Baltes est apparue comme un retour du « cordon sanitaire » conçu pour  isoler la Russie.

    L’attitude des membres de l’Union Européenne, sans être aussi agressive frontalement, s’est traduite par la volonté de maintenir un équilibre géopolitique en Europe. Ainsi, au gré des rapports de forces, la Russie à vu se réchauffer et se refroidir tour à tour l’attitude des différents membres de l’UE.

    La fin de la guerre de Tchétchénie, réglée par l’usage de la force brute, a redonné à la Russie la maîtrise de son territoire. L’arrêt des combats, malgré la poursuite d’attentats spectaculaires -mais ponctuels- fut le signal de la fin de la reconquête intérieure. Malgré le fait que la région reste en proie a une situation conflictuelle, la poigne de fer des Kadyrov père et fils a étouffé toute révolte d’ampleur.

    En 2001, Chine ; Russie ; Kazakhstan ; Kirghizistan ; Tadjikistan et Ouzkekistan, initie une politique de travail commun et de coopération militaire entre ces différents Etats. Elle a été rejointe en 2017 par l’Inde et le Pakistan (!) renforçant l’influence de celle-ci. Cependant, dès sa création, elle est analysée comme une défiance face à l’occident et aux USA. Pire, elle incarne, géographiquement parlant, un avatar du Heartland unifié tant redouté.  

    Dès cette période un climat de Guerre Froide-bis est apparu. La Russie est revenue sur le devant de la scène comme un adversaire important. Il est apparu au grand jour que l’affaiblissement relatif des USA et de l’occident, à la suite de la crise économique avait permis à la Russie de pouvoir mener de nouveau une politique offensive. Signe avant-coureur, le 7 juin 2007, lors du G8, le président français fraîchement élu, Nicolas Sarkozy, avait été mis « K.O. debout » par son homologue Russe. Après que le premier ait voulu évoquer « des sujets qui fâchent », le second lui aurait rétorqué « C’est bon t’as fini là ? […] Alors maintenant de deux choses l’une, ou bien tu continues sur ce ton et je t’écrase ou alors tu arrêtes de parler comme ça et tu verras. » Une manière de marquer le terrain d’emblée.

    La même année, au mois de décembre, la Russie annonce le retour des patrouilles de bombardiers stratégiques autour de son territoire, impulsant ainsi une volonté de frapper les esprits. Les Tu-95 et Tu-22M, capables de faire effectuer des frappes nucléaires, ont ainsi repris l’air de manière régulière.

    Un étape a été franchie avec la guerre de Géorgie, en 2008, dans laquelle la Russie est intervenue militairement sur le territoire d’un autre Etat souverain, la Géorgie, dans le but, manifestement cynique, d’appuyer l’indépendance de l’Ossétie du sud. Cette intervention a été la démonstration d’une maîtrise renouvelée de l’art opératif, pour une armée sous-estimée systématiquement, mais également de la faiblesse de l’OTAN et de l’occident, incapable de venir en aide au régime de Saakatchvili, pourtant allié.

     

    Il s’agit d’un moment où une nouvelle dimension apparaît dans les discours. Tout comme à la grande époque du panslavisme, la ligne du Kremlin s’enrichit d’une rhétorique du rôle de la Grande Russie : celle d’être la protectrice des Slaves et de ses peuples.

    Aujourd’hui, la Russie communique fortement sur la question des minorités nationales russes présentes -et maltraités- dans les Etats Baltes. Il est vrai que ces immenses populations (près de 40% de la population de la Baltique) sont traité d’une manière particulièrement dure, en particulier en Lettonie, où elles forment des cohortes de citoyens de seconde zone.

    La Russie mène désormais une politique d’irrédentisme grand-russien, souhaitant récupérer et intégrer au sein d’un même espace national toutes les communautés russes situées hors de ses frontières nationales. Cet argument a été mis en avant dans l’invasion de la Crimée de 2014 tout comme dans les opérations de protection dans le Donbass au cours de la même année.

    Fort logiquement, cette attitude a entraîné une réaction en retour. Les tentatives de la Russie de sortir de l’étau formé par des Etats hostiles se heurtent désormais à une réaction de plus en plus vive.

  • Afrin tiendra, Afrin gagnera !

    Afrin tiendra, Afrin gagnera !

    Afrin tiendra, Afrin gagnera !

    Hier, l’Unité Communiste de Lyon était présente à la manifestation en solidarité avec Afrin et les forces Kurdes, face à l’agression perfide et criminelle orchestrée par la Turquie et ses alliés djihadistes. Afrin, prise entre le marteau fasciste et l’enclume impérialiste, résiste toujours, se bat toujours ! La force du peuple n’est pas aisément brisée par les bandits et les criminels. Les YPG/YPJ combattent toujours, et coûtent aux fascistes de lourdes pertes.

    Nous avons pris la parole lors de cette manifestation, pour exprimer notre solidarité avec celles et ceux qui subissent les bombardements et l’invasion sanglante. L’opération militaire menée contre l’enclave, avec la complicité passive de la Russie et de l’occident, rentre dans le cadre d’une phase de dépeçage de la Syrie, dépeçage dans lequel la Turquie souhaite absorber le Rojava, et l’intégrer à son Etat, à cette prison des peuples.

     Mais nous voulions également nous adresser à celles et ceux qui, ici, ont eu l’esprit empoisonné par la propagande de l’Etat français en faveur de l’ASL, mais également par celle des pseudo-amis du peuple que prétendent être la Russie et son laquais Bachar Al-Assad.

    Enfin, nous voulions nous adresser aux fascistes turcs, venus clamer leur amour pour Erdogan, leur soutient à l’agression et aux crimes de guerres. Ces braves guerriers, à Lyon, n’en ont pas moins détalé devant les mobilisés, après une tentative honteuse de provocation.

    Pourquoi nous-sommes nous adressés à eux et elles ?

    Depuis le début de la guerre en Syrie, un mélange d’ignorance et d’opportunisme règne. Intoxiqués, certains ont cru les mensonges sur la nature de l’Armée Syrienne Libre, sur son caractère fondamentalement réactionnaire et obscurantiste, sur son rôle de laquais de la Turquie, du Qatar, de l’Arabie Saoudite et de l’occident.

     Beaucoup, aveuglés par une fausse association URSS / Russie, ont opté pour un soutien au régime de Bachar Al-Assad, à l’Iran, à la Russie, mordant ainsi à pleine dents dans les fausses-promesses des agences de propagande réactionnaire que sont Russia Today et Sputnik. Le campisme fait toujours des ravages.

    Cette ignorance est pardonnable. Mais ce qui ne l’est pas est le double jeu de certains, de certaines, qui soutiennent les Kurdes et les Forces Démocratiques Syriennes par opportunisme, par effet de mode. Qui travaillent sur deux fronts sans la moindre vergogne, en toute connaissance de cause, et qui un jour sont sous les drapeaux de l’ASL et de la Turquie, et le lendemain sous ceux de Partizan, du PKK, du MLKP. Nous nous sommes adressés à eux, en compagnie d’autres organisations, pour leur demander de comprendre que cela n’est pas possible, qu’il faut choisir.

    Il est possible d’être critique, mais dans le débat entre camarades, pas dans le soutien aux forces qui écrasent, qui égorgent, qui pillent, violent et tuent.

    L’attaque sur Afrin les a forcé à choisir.

    Quant aux fascistes turcs, ils suivent aveuglement Erdogan, débordant d’un orgueil honteux de celui qui voit ses bombes faucher enfants et vieillards dans les rues de villes martyrs. Ils le suivent aveuglement car ils sont persuadés que la Turquie sera gagnante dans cette guerre. Que des massacres ressortira une Turquie affermie, plus grande, plus puissante, plus libre.

    Erdogan lui-même doit partager, dans une certaine mesure, cette illusion, cette croyance que cette opération lui permettra d’affirmer son Etat comme une puissance régionale, comme un acteur incontournable.

    Ni l’un ni l’autre ne se rendent compte qu’ils ne sont, au final, que des petites marionnettes dans un jeu de dupe, dans un jeu dans lequel ils seront absolument tous perdants. En fait de grandeur, la Turquie ne sert que de valet, de serviteur, de laquais, aux grandes puissances impérialistes, qui jouent là le partage du monde. Elle est une variable d’ajustement, un pion, qui sert à la Russie, aux USA, à la France, pour définir la carte du monde.

    En fait de nationalisme, ces fascistes ne font qu’œuvrer à mettre en esclavage leur Etat. En fait de grandeur, ils seront par la suite utilisés comme paillasson par les autres puissances. En fait de gain, ils ne contribuent qu’a se soumettre, qu’a agir en parfaite chair à canon pour le compte de leurs maîtres. Aujourd’hui, le monde les courtise. Demain ils seront partagés eux aussi, réduits en miettes, balayés, hachés menus et massacrés.

    Car telle est l’inéluctable logique de la guerre impérialiste, car telle est l’inéluctable nature de la situation actuelle. Les impérialistes n’ont pas de fidélité ni d’honneur. Hier, ce furent les Kurdes qui furent trahis par leurs alliés de la veille, demain, qui sait ce qu’il en sera de la patrie que les fascistes prétendent défendre ?

    Ces « nationalistes » devraient plutôt brûler leur drapeau que de le brandir, cela serait plus cohérent. Car ils travaillent pour les bourreaux du peuple turc, qui sont également les bourreaux du peuple Kurde. Erdogan est un valet qui se donne des airs de seigneur. Mais il travaille  contre son peuple, contre les masses populaires de l’Etat truc, contre ceux qui souffrent, qui sont exploités et opprimés.

    Si les « nationalistes » turcs étaient cohérents, ils jetteraient à bas le drapeau de l’oppression. Erdogan est l’ennemi des Turcs, des Turques, des Kurdes. Il est l’ennemi des classes populaires de ces deux nations. Ses serviteurs fascistes sont tout autant les ennemis de ces deux peuples, et ne conduisent qu’à la ruine et à la misère.

    Les barricades ont ceci de fantastique qu’elles n’ont que deux côtés. Et celui que prennent les « nationalistes » turcs est celui de l’esclavage, celui de la servilité auprès des grandes puissances impérialistes, celui d’un valet qui brûle de bien agir pour être récompensé par son maître.

    Celui des Turcs révolutionnaires, celui des organisations de lutte Kurde, celui des forces progressistes et des forces communistes, est le seul camp de la liberté, le seul camp de la défense des peuples, le seul camp de la justice, de la paix et de la prospérité pour tous ceux et celles qui souffrent dans la longue nuit de l’impérialisme.

    Les agents de l’impérialisme échoueront devant la ferme résolution des combattants et des combattantes d’Afrin, du Rojava, des FDS, des organisations révolutionnaires. Car la force du peuple ne peut être muselée par les chaînes, elle triomphera toujours !

    Vive les forces combattantes ! Vive la lutte anti-impérialiste et antifasciste !

    Vive la lutte révolutionnaire !

    Nous adjoignons à ce message la déclaration des Amis de l’ICOR concernant la situation d’Afrin.

    les Amis de l’ICOR déclarent avec le message de solidarité ci-dessous leur entière solidarité et leur soutien à la lutte internationale contre l’agression de la part de la Turquie contre Afrin et Rojava !

    Amis de l’ICOR – France24 janvier 2018

    Message de solidarité avec la lutte de libération du peuple kurde :

    Le 20 janvier 2018, le régime fasciste turc d’Erdogan vient d’ouvrir un nouveau front de guerre dans le nord de la Syrie. Après la victoire sur Daesh, remportée surtout par les femmes et les hommes des forces d’autodéfense du peuple YPJ/YPG et ses alliés arabes des Forces Démocratiques de Syrie, les différentes puissances impérialistes veulent se partager la Syrie entre elles.

    Cela ouvre une nouvelle phase dans cette guerre et crée une nouvelle zone de combat militaire mettant encore plus en danger la paix mondiale.

     L’acte agressif de la Turquie vient avec la bénédiction de l’impérialisme américain, de l’OTAN et du régime russe de Poutine. Le gouvernement français est un proche allié du régime d’Erdogan, qui a été reçu tout récemment par Macron. Nous savons d’expérience qu’aucun pouvoir impérialiste n’est et n’a jamais été un allié honnête des justes luttes de libération. Les seuls vrais alliés se trouvent dans le prolétariat international et chez les peuples du monde qui luttent pour la liberté, la démocratie et le véritable socialisme.

    Les Amis de l’ICOR en France se dresseront contre toute agression impérialiste en Syrie. Nous continuerons à soutenir la lutte de libération kurde dans le cadre du Pacte de solidarité passé avec l’ICOR

    Les amis d’ICOR se joignent à la protestation mondiale et à la résistance active contre l’agression fasciste :

    Stoppons la guerre d’agression fasciste de la Turquie contre Afrin et Rojava au Nord de la Syrie!

    Soutien à la lutte de libération du peuple kurde et de tous les peuples opprimés !

    Combattons ensemble l’impérialisme. Pour le socialisme révolutionnaire !

  • La France et la trouée de Suwałki – partie 1

    La France et la trouée de Suwałki – partie 1

    La France et la trouée de Suwałki.

    Partie 1

    Que vient faire la France dans les Etats Baltes ?

    La France vient d’annoncer qu’elle dépêchait un contingent de 300 hommes et d’une poignée de blindés dans les Etats Baltes. Aux côtés de bataillons de la Bundeswehr dépêchés par la chancelière Angela Merkel, ce contingent contribue à renforcer la présence de l’OTAN dans la région. Le 5e régiment de Dragons, régiment de combattants sur chars, et le 7e régiment de chasseurs alpins ont ainsi été déployés en Lituanie, dans le cadre d’une coalition internationale visant à protéger les Etats Baltes.

    Dans le même temps, en Norvège, le patron de l’USMC –United States Marines Corps- déclarait le 16 janvier : «J’espère me tromper mais une guerre approche» tout en appelant un renforcement de la présence militaire US en Scandinavie, tout comme des forces militaires propres de ces pays. Ainsi la Norvège a acheté 52 F-35, improprement appelés F-52 par le président Donald Trump.

    Quelle inquiétude secoue donc l’occident ?

    Elles sont, de fait, obsédées par un nom, par un lieu : Suwałki et sa trouée.

     

    Rfi notait le 22 janvier : « En Lituanie, trois cents militaires français de la mission Lynx prennent officiellement leur fonction aujourd’hui au sein du bataillon multinational de l’Otan. Ils serviront pendant 8 mois sous commandement allemand, aux côtés de Croates, Belges et Norvégiens, pour un total de 1 200 militaires. »

    Suwałki, c’est le graal de la région. Il s’agit d’une petite ville polonaise, à mi-chemin entre la frontière Biélorusse et celle de l’enclave de Kaliningrad. Sa trouée, 50 km, est une minuscule meurtrière, avec deux routes dont une autoroute, qui rattache les Etats Baltes au reste de l’Europe. Tenir la trouée de Suwałki revient à tenir les Etats Baltes dans une poigne d’acier.

    Cet espace a donné des sueurs froides à l’occident en Septembre dernier. Et pour cause !

    En septembre 2017 l’exercice militaire de la Russie, nommé Zapad-2017 (ouest-2017) a été mis en œuvre. Cet exercice avait pour objectif de simuler une invasion de la part de l’OTAN de la Biélorussie. D’après les estimations fournies et publiées par les différentes agences de presse spécialisées, cet exercice s’est déroulé dans des proportions hors normes.

    En 2013, ainsi, 200 wagons de chemin de fer avaient été mis en œuvre pour transporter le matériel. En 2015, ce nombre avait même décru à 125. Pour l’exercice prévu, ce ne sont pas moins de 4 162 qui sont déployés, laissant entendre une quantité au moins 20 fois supérieures de troupes et de matériel.

    Le terrain envisagé n’était pas anodin : les forces sont concentrées devant les Etat Baltes. Pour l’occident, les perspectives étaient relativement angoissantes : la géographie des Etats Baltes les rend particulièrement vulnérables à une opération surprise, étant quasiment encerclés par l’alliance -parfois orageuse- entre la Biélorussie et le Russie.

    La région est extraordinairement vulnérable à une opération de déstabilisation, aux pressions diplomatiques et militaires de la part de la Russie, d’autant que le climat politique et géopolitique indiquait -et indique toujours- une possibilité de crise non négligeable.

    Cet article vise à pouvoir analyser cette situation delà manière qui nous paraît la plus juste possible. L’Unité Communiste de Lyon cherche à éviter les biais de raisonnement nommés campisme et anticampisme. L’un consiste à accorder une nature particulière à l’impérialisme russe, aux BRICS ou à d’autres acteurs géopolitiques, en les couvrant d’un angélisme naïf. Il se marie d’une certaine nostalgie soviétique, qui tente de voir dans le regard de Poutine un reflet rouge.

    L’autre, en revanche, est directement issu de la position géopolitique tenue pendant la Guerre Froide par les organisations qui la mettent en avant. Si l’une est nourrie de nostalgie, l’autre est nourrie d’anticommunisme viscéral. Elle se teinte également d’un occidentalisme de bon aloi, qui, In fine, trouve l’impérialisme de ces pays plus doux et plus civilisé que celui des autres.

    Nous voulons éviter ces écueils pour pouvoir analyser les choses avec rigueur et justice. A nos yeux, il s’agit de la seule manière de pouvoir, par la suite, se positionner d’une manière juste et rationnelle. Cette brochure est ainsi faite sans procès d’intention, sans accuser de perfidie quiconque. Elle est conçue comme une analyse s’intéressant à la manière dont la Russie se comporte en fonction de ses intérêts. Il s’agit d’actions logiques et cohérentes, rentrant dans un plan établi par la  bourgeoisie de cet Etat.

    La Russie ne se laisse pas faire.

    L’un des avantages stratégiques de la Russie dans le secteur est la possession de l’enclave de Kaliningrad. Elle est le Berlin-ouest contemporain. Une épine fichée profondément dans le pied de l’adversaire. L’ancienne Prusse Orientale, partagée avec la Pologne en 1945, est un bastion, un avant poste et un point d’interdiction.

    D’un point de vue géopolitique, la possession de la base navale de Kaliningrad est un atout considérable pour la Russie. Bastion installé de l’autre coté du cordon sanitaire, balcon sur la mer Baltique et forteresse verrouillant celle-ci. L’ancienne Prusse-Orientale est également un garrot autour des états Baltes, les étranglant tant du côté de la terre que d’un point de vue terrestre.

    Sur l’échiquier Russe, ce petit territoire est une pièce maîtresse. Même sans confrontation chaude avec l’adversaire occidental, la présence de missiles antinavires Kalibr ou Bastion / Onyx ainsi que de batteries antiaériennes S-300 ou S-400 permet d’opter pour instaurer un déni d’accès aux forces navales de l’OTAN.

    Les Kalibr font peur. Ces missiles à longue portée (entre 300 et 2 600 km) sont équipés pour approcher furtivement leur cible, à une vitesse subsonique et au ras de l’eau. Une fois à proximité, ils prennent de la vitesse pour frapper leur cible avant qu’elle n’ait eu le temps de réagir. Les missiles peuvent même effectuer des manœuvres évasives contre les défenses visant à les abattre. Ils peuvent être lancés à partir de sous-marin, de navires, ou même de simple conteneurs accrochés au châssis d’un camion, donc sont très simples à faire opérer.

    Les missiles tirés depuis les navires russes, en Caspienne ou dans la mer Noire, sur les cibles syriennes, étaient un avertissement lancé à l’OTAN sur la possibilité pour la Russie de menacer leurs positions terrestres, mais aussi de montrer la capacité de frappe actuelle contre les forces maritimes américaines.

    Cette obsession de faire échec aux groupes aéronavals et de développer une capacité de frappe antinavire prend le pas sur le besoin d’armes stratégiques, déjà disponibles en grand nombre. La création et l’installation, sur de nombreux sous-marins, de lanceurs universels de missiles à changement de milieu, donne du poids à la force de frappe conventionnelle russe, ambitionnant d’arriver à faire jeu égal avec celle de l’OTAN.

    Le renouvellement en termes de missiles hypersoniques antinavires russes laisse présager une nouvelle période de vulnérabilité pour les forces de l’OTAN. Tirés depuis des avions de combat, la nouvelle gamme de missiles Zircon est destinée à briser la capacité de projection de forces des USA : sa flotte de guerre.

    Les défenses antimissiles et les défenses à courte portée comme les Phalanx peuvent certainement stopper, en créant un écran d’acier, certains missiles. Or, les simulations d’attaque ne mettent pas en jeu un seul appareil lanceur d’engin, mais bien un nombre massif. Le coût financier et humain d’une attaque de saturation resterait toujours inférieur au coût opérationnel et politique de la perte d’un seul porte avion de l’US Navy. Les marges de manœuvres liées à la supériorité navale se réduisent.

    Les missiles S-400 Triumph sont l’autre bête noire de l’OTAN. Ces missiles sont conçus pour abattre les appareils furtifs B-2 ou F-22, et donc verrouiller les cieux. Ils peuvent frapper à 60 km depuis le sol, tandis que la version aéroportée, n’ayant pas la montée à effectuer, peut liquider toute cible aérienne à 400 km de distance, atteinte en à peu près 4 minutes, du fait de la vitesse foudroyante du missile.

    Une mise en alerte de la base de Kaliningrad et de son système de missile signifierais une paralysie de la flotte de l’OTAN, pourtant pilier essentiel des possibilité de projection de force.

    De plus, la Russie dispose d’une défense stratégique importante, qui la met dans un relatif abri vis-à-vis des pressions extérieures. La Russie déploie une centaine d’Anti Ballistic Missiles autour de la région de Moscou, et probablement en protection des zones stratégiques. Dans le cas d’une neutralisation mutuelle au niveau de la force de frappe nucléaire, ce sont les forces conventionnelles qui seront déterminantes.

    La nouvelle doctrine Russe sur l’emploi des forces nucléaires est moins agressive que celle de la période de l’invasion de la Géorgie. La guerre dans le Caucase était une réelle prise de risque, à l’époque. Il n’était pas forcément évident de connaître la réaction occidentale. En 2008, les déclarations russes tendaient à insister lourdement sur l’usage de l’arme atomique de manière préemptive en cas de menace sur la sécurité nationale.

    Aujourd’hui, et ce malgré l’invasion de la Crimée, la doctrine russe s’est montrée plus souple, n’indiquant plus qu’un usage « en cas d’une agression massive à l’arme conventionnelle mettant en danger l’existence même de l’Etat. » Dans le cas de figure Criméen, l’invasion rapide a été doublée d’une dissuasion de toute tentative de faire barrage à celle-ci, par la menace de l’arme nucléaire. D’une manière particulièrement intelligente, la Russie a immédiatement opté pour une désescalade après son coup de force ukrainien. Cet effort important s’est immédiatement doublé d’une attitude pacifique envers les autres acteurs, d’une absence de poursuite en nouvelle-Russie, en somme d’une mise en œuvre d’une politique d’attente que soit acté le fait accompli.

    La dissuasion nucléaire occidentale apparaît comme faiblarde comparativement à celle de la Russie. Politiquement, il paraît invraisemblable de voir la France utiliser l’arme nucléaire contre un acteur, aussi menaçant soit-il. Cela exigerait une unité de volonté qui n’apparaît pas, à l’heure actuelle.

    Appliquée au cas de la trouée de Suwałki, un coup de force suivi d’une désescalade pourrait aboutir, le précédent ukrainien l’indiquant, à une politique d’acceptation doublée de sanctions symboliques et temporaires.

    D’autant que l’OTAN est faible dans le secteur et que sa marge de manœuvre est drastiquement limitée.

    Une OTAN Faible tactiquement.

    La grande majorité des armées de l’OTAN sont des armées bâties sur le modèle d’une intervention expresse. Elles ne sont pas conçues pour un affrontement symétrique entre deux forces possédant un gabarit globalement similaire. De plus, les forces de l’OTAN et Russes sont construites autour de philosophies diamétralement opposées.

    A la suite de la crise ukrainienne, l’OTAN a organisé une campagne de réassurance en direction des Etats Baltes et de la Pologne. De l’aveu même de Antoni Mancierwiecz, les forces occidentales ne pourraient absolument pas être en mesure de stopper une offensive militaire de la part de l’armée russe. Ce n’est par ailleurs pas son but, qui serait uniquement de la dissuader. Par ailleurs, le même interlocuteur semble être convaincu qu’un seul bataillon de l’OTAN présent serait un danger suffisant pour faire renoncer la Russie à tout projet. Le risque d’un entraînement paraît suffisamment dissuasif.

    L’OTAN a déployé un certain nombre de forces, hétéroclites et relativement faibles en prévision de l’exercice ZAPAD – 2017 : Une brigade US composée de 84 blindés Abrams. Un petit millier de britanniques, équipés en Challenger 2 ; Une poignée de chars Leclerc (4) ; ainsi qu’un contingent multi national dirigé par le Canada, comprenant des unités espagnoles, italiennes polonaises, slovènes et albanaises. Pour une des rares fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands sont également mobilisés, armés d’obusiers mobiles et de chars de combat Léopard 2.

    Les forces de l’OTAN sont dans une triple situation d’infériorité : Militairement, ils ne représentent rien face aux troupes russes et biélorusses qui pourraient être engagées dans une épreuve de force. Ils disposent, en outre, d’un matériel tout terrain déficient, inadapté aux conditions des Etats Baltes. Si jamais les états occidentaux souhaitent intervenir, le format de leur armée le permet difficilement et ne leur permet pas d’espérer une supériorité quelconque. Géographiquement, ils sont pris au piège dans une poche facile à isoler par la voie terrestre. Politiquement, l’unité de volonté russe apparaît comme relativement forte comparée à celle des pays occidentaux. La Russie peut politiquement accepter des pertes humaines et matérielles, chose difficile à tolérer pour l’OTAN.

    Pour saisir d’une manière globale la situation géopolitique sous-jacente, l’Unité Communiste de Lyon propose de faire un retour dans le passé.

  • Nouvel ouvrage numérisé : Lénine : la guerre des partisans − 1905

    Nouvel ouvrage numérisé : Lénine : la guerre des partisans − 1905

    Ouvrage majeur sur la conduite de la révolution, La Guerre des Partisans, est un des apports de Lénine. Une lecture incontournable, pour qui veut développer sa compréhension des questions relatives à la prise du pouvoir. Ce n’est pas un hasard si Lénine recommandait la lecture de Vom Kriege de Clausewitz à tout militant bolchevique.

  • Afrin – le crime se prépare !

    Afrin – le crime se prépare !

    Solidaire d’Afrin – Symbole de la liberté !

                Depuis trois jours, l’armée Turque bombarde l’enclave d’Afrin. Ses forces au sol se rassemblent et se préparent à franchir la frontière, pour tenter de prendre en étau ce secteur, sous le contrôle des forces kurdes de l’YPG, bras armé du PYD, la branche syrienne du PKK.

                Erdogan présente -tous les agresseurs le font ainsi- cette opération comme défensive, visant à liquider les bases arrières du PKK, situées en Syrie. Le régime fasciste a ainsi bombardé nuit et jour, avec des raids de terreur frappant les civils, les enfants comme les vieillards. Erdogan saisit l’occasion de détruire cette épine dans son pied, au mépris de toutes les lois de la guerre. Le régime d’Ankara ne tolère aucune opposition à son ordre, ni à l’intérieur, ni à l’extérieur.

                Mais d’autres raisons sous-jacentes expliquent cette opération.

           Ces bombardements annoncent l’entrée dans une nouvelle phase du conflit en Syrie, celle du partage. Les fascistes-obscurantistes de Daesh, après des années de guerre, de destructions, de souffrances, sont maintenant en déroute, réduit à quelques poches de résistance. Elles ne tarderont pas à tomber.

                L’évolution de la situation internationale, l’évolution des rapports entre Moscou et Ankara laisse présager une possibilité de sortie négociée du conflit, avec une Syrie marchandée pour obtenir la ralliement de la Turquie à l’orbite Russe. L’Etat turque ambitionne de restaurer un sorte d’Empire Ottoman-bis, tandis que la Russie que veut consolider sa position en Syrie et disposer d’une façade méditerranéenne.

                La ligne de partage dépendra du rapport de force à la fin des hostilités.  Une course contre la montre s’engage à qui possèdera les zones les plus étendues. Turquie et régime veulent se placer le plus favorablement. Voulant s’affirmer de manière indépendante, les forces du PYD, les YPG et YPJ sont pris entre le marteau et l’enclume. Les territoires kurdes ne sont vus que comme des zones à contrôler pour l’un où l’autre des camps. La Russie à ainsi proposé de mobiliser ses troupes pour sécuriser Afrin, en l’échange du ralliement des kurdes au régime. Cette offre a été courageusement refusée.

    Car dans la logique de course, l’enclave d’Afrin est une zone essentielle.

    Pourquoi la Turquie cible Afrin ?

    Afrin est une enclave sous l’autorité des forces Kurdes, au sein du Rojava. Cette enclave a joué un rôle très important dans la fermeture des voies de communication entre l’Etat Islamique et son allié objectif Turc lors des opérations militaires qui se sont déroulées l’an dernier. Elle a contribué a étrangler l’organisation obscurantiste-fasciste.

    Afrin et Kobané prennent en étau une poche de résistance tenue par les opposants à Bachar Al-Assad financés par la Turquie. Cette poche est isolée, encerclée, et privée de voies de communications importantes, ce qui la rend tactiquement comme stratégiquement négligeable. La Turquie veut permettre à ses alliés de reprendre l’offensive vers Alep. Or, la route du ravitaillement, pour redonner une valeur opérationnelle à ces troupes, tout comme la route d’Alep passe par la liquidation de la poche d’Afrin.

    Sur la carte des fronts, on peut voir le fait que cette poche est un point de passage essentiel, elle est vitale pour que les agents de la Turquie puisse poursuivre leur campagne militaire. La Turquie procède en ce moment même à des bombardements, qui sont des préalables à une opération au sol menée par l’armée Turque. Cette opération au sol tentera probablement de prendre en étau la ville, pour l’assiéger.

    Non seulement la situation est critique, mais elle n’est qu’un préalable à une autre série d’opérations visant à écraser le Rojava. « Ensuite ça sera Manbij » a annoncé Erdogan, qui veut reprendre l’offensive en Syrie.

    Manbij, futur objectif.

    Le deuxième objectif de l’armée Turque est de forcer le verrou du barrage Tishrin, et ensuite de prendre le contrôle de la « Syrie utile », cette région agricole et pétrolière. Voilà les objectifs que veulent atteindre les réactionnaires turcs en Syrie.

    Un nouvel Empire Ottoman, bâti autour d’une Turquie devenue puissance régionale dominante dans la région. Mais un Empire Ottoman construit autour de l’intolérance, du nettoyage ethnique et de l’obscurantisme.

    Toute personne un tant soit peu sincère et éprise de paix ne peut que trembler devant la nuit qui tombe sur le Rojava. Toute notre solidarité va à celles et ceux qui luttent pour leur survie et pour la Révolution.

    Soyons solidaires de la lutte !

    Certains, certains, individus comme organisations font les gorges chaudes. Ils et elles ricanent sans vergogne de la situation des Kurdes, acculés dans la poche d’Afrin. Pourquoi ? Parce que les Forces Démocratiques Syriennes auraient bénéficié de l’aide extérieure.

                Parce que, un temps, les FDS se sont appuyées sur les forces gouvernementales.

                Parce qu’un autre, elles ont reçu l’aide tactique des forces spéciales US.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que ces critiques érigées en lignes de démarcation ne sont que l’œuvre de révolutionnaires de papier, pour qui rien n’est jamais assez pur, jamais assez parfait, pour qu’ils veuillent bien y prêter leur soutien.

    Ils et elles reprochent aux kurdes et à leurs alliés de ne pas s’être laissés massacrés pour l’honneur et pour la grandeur de l’Histoire, mais bien d’avoir noué des alliances tactiques.

                 Des alliances avec des forces qui n’essayaient pas de les liquider, contre les agents d’Ankara.

                Des alliances tactiques avec les USA contre la bête fasciste Daech.

    Nous disons au contraire qu’il est légitime que les FDS aient joué sur les contradictions entre les différentes forces pour parvenir à survivre et à prendre l’offensive.

                Qui, dans l’histoire révolutionnaire, n’a pas fait un moment ce choix ? Qui oublie le fait que l’Allemagne a aidé Lénine à rentrer dans l’Empire Russe lors de la révolution ?

                Qui oublie le traité de Brest-Litovsk, terrible concession ?

                Qui oublie la diplomatie du premier Etat prolétarien du monde, laquelle fut parfois confrontée à des choix atroces ?

                Qui oublie les liens entre le Guomintang et le PCC ?

                Qui oublie la loi prêts-bails, pourtant orchestrée par des Etats impérialistes ?

                Qui oublie que l’OSS a fourni au Viet-Minh un encadrement et de l’armement, dont des bazookas, qui lui permirent de triompher des chars français.

                Ce qui a expliqué cela, c’est le fait que les contradictions n’ont pas toujours la même intensité, qu’elles ne sont pas toujours avec le même antagonisme. Débattre de cela avec les organisations révolutionnaires sur place est possible. Mais s’en servir comme point d’appui pour nier leur lutte revient à trahir.

                Il n’y a pas de grand camp du peuple, pas de grand camp du prolétariat qui puisse aider en tout indépendance la lutte de ces forces. Certains, en sous-main avancent le fait que la Russie de Poutine serait cette force. Nous les laissons à leurs illusions.

                 L’aide fournie par les organisations révolutionnaires dans le monde entier est magnifique, mais elle reste symbolique. Non, hélas les Kurdes et leurs alliés, notamment révolutionnaires Turcs, sont bel et bien isolés.

                Croire qu’une alliance tactique signifie compromis stratégique est une grossière erreur. La Turquie demeure dans l’OTAN, et le PKK, dont le PYD est un parti frère, demeure sur la liste des organisations terroristes.

                Le projet de société, porté par les révolutionnaires kurdes, ne peut être accepté par Washington, pour qui l’indépendance, politique et économique, des autres peuple, signifie un recul. Il ne peut être soutenu par Damas ou Moscou.

                Soutenir le PKK, et le PYD, c’est soutenir le projet kurde, celui de l’indépendance, de la liberté, et de la démocratie populaire, ennemie du capitalisme et de l’impérialisme.

                L’Unité communiste de Lyon, et tant qu’organisation présente en France, considère que sa cible première demeure les liens que notre Etat entretient avec ces régimes criminels et ces opérations de terreur. Nous dénonçons le soutien tacite de notre gouvernement à ces crimes de guerre ! Que les impérialistes le sachent ! Leur règne n’est qu’une éclipse dans l’histoire de l’Humanité ! Jamais ils ne triompheront des peuples !

                Nous appelons à rejoindre et renforcer les organisations de soutien à la cause des révolutionnaires Kurdes et de leurs alliés, notamment Turcs. Nous appelons à venir aux événements organisés et à en faire la promotion.

                Nous appelons à l’unité devant cette nuit qui tombe sur le Rojava !

  • Victoire à Notre-Dame-des-Landes

    Victoire à Notre-Dame-des-Landes

     Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant l’annonce de l’abandon du projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

    Une victoire a saluer !

    Dix ans de luttes ont payé. Le gouvernement vient d’annoncer qu’il renonçait enfin à l’inutile projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Ce projet prétendait offrir à Nantes la possibilité de devenir une ville d’importance croissante, de pouvoir se relier à la mondialisation de l’économie et des flux. Dans le fond, même les experts bourgeois ont réfuté cette thèse. En vérité, l’aéroport, n’était qu’un cadeau fait aux grandes entreprises du BTP, Vinci en tête, dans le but de grossir son chiffre d’affaire aux frais du contribuable et de la nature.

    Les deniers publics passent une nouvelle fois dans les poches des grands capitalistes. Le nécessité de protéger les écosystèmes, en particulier les plus fragiles, est passée au second plan, derrière la volonté de bétonner pour bétonner.

    Car construire pour quoi ?

    Nous, communistes, ne sommes pas hostiles au développement des infrastructures. Elles sont parfois essentielles pour répondre aux besoin des masses populaires. Nous pensons qu’il est possible de concilier développement des forces productives, besoins des masses populaires et protection de l’environnement. Il s’agit par ailleurs d’une condition sine qua non pour que nous ne nous autodétruisions pas à plus ou moins court terme. C’est ce que nous nommons le développement harmonieux. Pour que celle-ci fonctionne, une économie politique, planifiée, doit être mise en oeuvre. La mise en oeuvre de celle-ci pose la question du pouvoir populaire, arraché à la bourgeoisie qui nous tue à petit feu.

    Mais dans le cas de Notre-Dame-des-Landes, qu’observons nous ? A quelle classe sert ce projet ? Cette infrastructure n’est nullement faite pour répondre aux besoin des masses populaires. Elle sert deux buts : étancher la soif de mégalomanie des élus nantais et entretenir des liens de clientèle avec les grands groupes industriels, pour que ceux-ci les ovationnent.

    Notre-Dame-des-Landes, comme tant d’autres projets, ce ne sont pas les pouvoirs publics qui offrent un somptueux cadeau, ce sont les bourgeois qui s’entretiennent mutuellement, qui créent du chiffre d’affaire, du bénéfice, de la croissance, laquelle est avidement captée par la suite.

    Voilà pourquoi nous nous opposons à Notre-Dame-des-Landes.

    La victoire des ZADistes, car il faut bien parler de victoire, s’est déroulé dans un scénario analysable.

    D’une part les ZADistes n’étaient pas des contestataires hors sols. Tout comme dans le cas du Val de Suze, dans la lutte contre le T.A.V. (Train à Grande Vitesse), ce sont les habitants et leurs revendications qui ont assuré un appui aux militants et militantes qui se sont joints à la lutte. Celle-ci s’est faite avec l’assentiment général, avec une base de sympathie partout dans notre Etat.

    Elle n’avait pas les moyens de battre les forces de l’ordre de manière totale, et n’a pas cherché à le faire. La lutte a épuisé la police et la gendarmerie, leur à fait perdre toute capacité de choc, toute capacité à pouvoir man?uvrer dans un terrain qu’ils ne maîtrisaient plus.

    Au final, même si l’outil militaire de l’Etat français demeure intact, la volonté politique a été érodée, s’est effritée, s’est effondrée. Dans l’ensemble, les règles du combat de guérilla ont été respectées. Certes l’Etat français disposait encore de moyens plus brutaux, plus violents, plus meurtriers. Mais pouvait-il les utiliser dans ce cas précis ? Politiquement, pour le moment, non.

    Pourra-t-il, à l’avenir, le faire ? Tout est possible. Ne crions pas victoire, ni ne tentons pas de croire que les moyens pacifiques de Notre-Dame-des-Landes pourront détruire le pouvoir bourgeois.

    L’expérience démontre que la bourgeoisie ne renonce pas et qu’elle ne recule pas.

    La menace plane toujours.

    L’aéroport de NDDL est désormais un projet qui paraît enterré. La méfiance cependant reste de mise, car ce n’est ni la première ni la dernière fois que la bourgeoisie tente de démobiliser celles et ceux qui luttent en leur faisant miroiter une victoire.

    Les victoires, par ailleurs, sont toujours temporaires tant que l’ordre bourgeois règne, tant que les lois du marché et du profit dominent. Elles font reculer la bourgeoisie, mais celle-ci, inlassablement veut reprendre le terrain perdu.

    L’appât du gain et du profit font que rien n’est jamais protégé, rien n’est jamais sanctuarisé tant que la bourgeoisie existe.

    La victoire de Notre-Dame-des-Landes n’empêche pas que les forces de l’oArdre convergent vers la Z.A.D. L’État ne peut pas tolérer l’existence d’une zone où son autorité ne peut être pleinement exercée. La Z.A.D. dans l’esprit de la bourgeoisie, c’est déjà une zone libérée, c’est déjà une zone qui menace de faire de émules, de s’étendre. Pour cette classe sociale très soucieuse de ses intérêts, cela lui apparaît comme la naissance d’une menace à grande échelle.

    Aéroport ou pas aéroport, la Z.A.D. doit être vidée. Cela semble même l’objectif premier de la man?uvre visant à annuler l’aéroport.

    L’Unité Communiste de Lyon affirme son soutien à la lutte menée à la Z.A.D. contre la pression d’une bourgeoisie qui ne voit les espaces naturels que comme des puits à profits. Elle affirme son soutien face à l’opération militaire qui se prépare contre les ZADistes. Elle salue leur esprit de résistance et la solidité de leur lutte.

    Notre Dame des Landes est un exemple pour tout ceux et toutes celles qui lutte, exemple de la possibilité et de la nécessité de créer des espaces hors de la présence constante de la bourgeoisie, de l’impérialisme, de son Etat. La crise de paranoïa mensongère de Valeurs Actuelles révèle certaines chose : il existe une réelle peur issue du fait que la lutte de Notre-Dame-des-Landes ait été victorieuse. Une peur que son expérience soit transmise.

    Car une expérience précieuse a été accumulée dans cette lutte, elle doit être analysé et décantée, pour profiter à toutes et tous, et ainsi ouvrir la voie à d’autres victoires !