Auteur/autrice : unitecommuniste

  • Déclaration de l’ICOR concernant l’agression militaire de la Turquie à Afrin.

    Déclaration de l’ICOR concernant l’agression militaire de la Turquie à Afrin.

    En tant que membre des Amis de l’ICOR, l’Unité Communiste de Lyon retransmet les déclarations de l’ICOR concernant les questions internationales.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle, par ailleurs, à rejoindre les manifestations de soutien à la cause des combattants et combattantes Kurdes.

    Stoppez la guerre d’agression fasciste contre le Rojava / Syrie du Nord! Afrin vivra!

    Le 20 janvier 2018, le régime fasciste Erdogan a ouvert un nouveau front de guerre contre Afrin et de nombreux endroits à Rojava-Nord de la Syrie. Ceci fait apparaître un nouveau foyer de guerre au rayonnement mondial.

    La résolution finale de la 3e Conférence mondiale de l’ICOR affirmait:

    « Nous soutenons le mouvement de libération kurde contre les aspirations de l’impérialisme à influencer l’orientation de la révolution au Rojava, et nous continuerons à faire vivre le pacte de solidarité entre l’ICOR et la lutte de libération kurde ».

    Les FDS (Forces Démocratiques Syriennes dans lesquelles les forces kurdes jouent le rôle dirigeant) avaient infligé de lourds coups à « l’État islamique » réactionnaire-fondamentaliste fasciste à Kobané et à Raqqa. Aujourd’hui, les contradictions inter-impérialistes se déploient autour de la répartition des sphères d’influence. Les États-Unis, l’UE, Israël, la Russie et aussi la Turquie, l’Iran et l’Arabie Saoudite se battent pour la suprématie au Proche et Moyen-Orient.

    Le but de la Turquie est d’établir un corridor frontalier large de 30 kilomètres à travers le Rojava. Cela mettrait toutes les grandes villes, là-bas, sous leur contrôle.  Derrière la Turquie se trouve l’alliance de l’OTAN. Les impérialistes américains ont annoncé à l’avance qu’ils n’étaient « pas présents à Afrin ». Mais l’attaque a été rendue possible aussi par la Russie, puissance protectrice du régime d’Assad, en retirant sa puissance militaire à 17 km de la frontière turque. Cette attaque, la tentative d’occuper Afrin et des massacres parmi la population, sont dénommées cyniquement « Opération branche d’olivier  » par l’État fasciste turque. Il collabore à ce propos avec des milices de l’ASL (« Armée syrienne libre », armée surtout par la Turquie et aussi par l’alliance de l’ouest).

    En même temps, cette attaque en est aussi une contre la classe ouvrière internationale et tous les opprimés ! Dans le monde entier, Rojava représente la lutte victorieuse contre l’EI (« État islamique »), pour la démocratie et la liberté, les droits des femmes, la protection de l’environnement, le respect de toutes les ethnies et religions. Un soutien à la lutte contre l’invasion turque est aussi fourni par les populations arabe et turkmène.Comme si souvent dans l’histoire, la nation kurde est laissée seule par les impérialismes qui se prétendent être « amis ». La limite de «l’amitié» des impérialistes est toujours déterminée par leurs propres intérêts. Les alliés de la lutte pour la liberté, la démocratie et le socialisme sont les simples gens, le mouvement ouvrier international et les peuples du monde.

    Avec la 3ème Conférence mondiale, l’ICOR s’est préparée à des ébranlements inattendus et à un essor des luttes. Avec prévoyance, elle voyait le renforcement de la lutte kurde ainsi que la nouvelle flambée de la lutte pour la liberté et la démocratie dans la région avec les protestations de masse en Iran et la rébellion nationale en Tunisie, les luttes en Palestine.

    Le Pacte de solidarité de l’ICOR avec la lutte de libération kurde de 2014 gagne en influence et en importance. Le principe de l’ICOR est qu’aucune lutte de libération ne doit être seule et isolée. La coopération et la coordination mondiales des luttes pour la paix, la liberté, le socialisme dans la préparation de la révolution socialiste internationale est à l’ordre du jour. Toute lutte progressiste doit faire partie de la lutte anti-impérialiste mondiale et pour la construction d’un front uni anti-impérialiste. À cette fin, l’ICOR a décidé de mener un travail de conscientisation parmi la classe ouvrière et les marges masses sur le caractère de l’impérialisme et sur son développement actuel.

    31/01/2018

    Par conséquent: Organisez et soutenez des actions de protestation et de solidarité dans le monde entier!

    Battez les pattes d’Afrin! La Turquie hors du Rojava! Tous les impérialistes hors de Syrie!

    Arrêt des livraisons d’armes et du soutien militaire de la Turquie!

    Arrêt de la persécution politique des activités démocratiques et révolutionnaire kurdes et turques sur l’ordre de la dictature d’Erdogan!

    Vive l’internationalisme prolétarien!

    Pour la paix, la liberté, le socialisme! En avant avec l’ICOR!

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous! Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous!

    Signataires (en date du 31/01/2018, d’autres signataires sont possibles):

    1. RCP   Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)

    2. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)

    3. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie

    4. MLOA   Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)

    5. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)

    6. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)

    7. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka

    8. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)

    9. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)

    10. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas

    11. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))

    12. MLP   Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie

    13. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)

    14. TIKB   Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)

    15. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

    16. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine

    17. PR   Partija Rada (Parti du travail), Yougoslavie (ex)

    18. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine

    19. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)

    20. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine

    21. NPCH (ML)   Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)

    22. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))

    23. PML del Perú   Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)

    24. PPP   Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)

    25. PS-GdT   Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela

    26. Krasnyj Klin   Gruppa Kommunistov-Revoljucionerov „Krasnyj Klin“ (Groupe de révolutionnaires communistes « Krasnyj Klin »  [coin rouge]), Bélarus

    27. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))

    28. KSC-CSSP   Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque (signé après la date de sortie)

  • Solidarité internationaliste et anti-impérialiste avec Afrin et le Kurdistan !

    Solidarité internationaliste et anti-impérialiste avec Afrin et le Kurdistan !

    Solidarité internationaliste et anti-impérialiste avec Afrin et le Kurdistan !

    Depuis plus d’un mois maintenant, l’assaut lancé par l’Etat Truc se poursuit. Sous le nom cynique de « rameau d’olivier », cet assaut éventre les villes du Rojava, jette les populations sur la route de l’exode, assassine les civils, martyrise des populations qui croyaient trouver refuge dans les zones tenues par les forces combattantes de la coalition progressiste [PKK, PYD, YPG, YPJ, TKP/ML, TIKKO, MLKP ainsi que les bataillons internationaux].

                    Malgré sa force, la deuxième armée de l’OTAN et ses mercenaires de l’Armée Syrienne Libre, piétinent misérablement. Elles n’ont pris que 450km², de leur propre aveu, tout en subissant des pertes terribles. Elles se heurtent à la ferme résolution des combattants et des combattantes progressistes et révolutionnaires, lesquelles ne cèdent pas un pouce de terrain sans l’avoir défendu avec ardeur. Chaque pouce de terrain arraché par l’armée de mercenaires turcs est arrosé de son sang. Chaque mètre carré gagné est marqué d’une tombe.

    Mais l’étau se resserre d’heure en heure. Contre plus fort que soi, l’énergie et la volonté seule ne suffit pas.

                    La communauté internationale laisse faire. Elle laisse les kurdes se faire écraser par les hordes de la réaction, de l’obscurantisme, du fascisme, de l’asservissement. Elle laisse faire, car elle ne veut pas d’un Kurdistan qui puisse devenir un exemple de ce dont les peuples sont capables, lorsqu’ils possèdent leur terre, sans les exploiteurs et les criminels.

                    L’occident -dont la France au premier chef- laisse faire, pour permettre à la Turquie fasciste de sortir renforcée du conflit syrien. Elle y voit l’occasion d’affermir ses intérêts dans cette région convoitée. Elle ne voit que la possession des ressources en sous-sol, que les moyens de pouvoir les accaparer, que les moyens de contrer les concurrents internationaux.

                    La Russie et le régime syrien laissent faire, car ils ne désirent rien au monde plus que des Forces Démocratiques Syriennes affaiblies, obligées de demander de l’aide pour survivre et ne pas périr sous le feu de l’artillerie turque.

                    Un accord de la dernière heure a été trouvé, dans lequel les Kurdes doivent renoncer à leur indépendance chèrement payée, en l’échange de promesses de la part de Damas et de Moscou. Nous ne pouvons blâmer les combattants et les combattantes du Kurdistan, sans que cela ne remette en cause la nature profonde de ces régimes.

                    Les uns et les autres sont des impérialistes cyniques, sans la moindre considération pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Plus encore, ces forces sont même hostiles au projet des organisations combattantes de la région.

                    Les forces combattantes du Kurdistan Turc et Syrien veulent l’indépendance. Elles veulent la constitution non pas d’un état bourgeois de plus, mais bien d’un État libre de démocratie populaire. Elles combattent, dans un front uni avec leurs alliés, contre l’impérialisme, le capitalisme, l’obscurantisme, le sexisme et la destruction de l’environnement.

    Et cela, les capitalistes et les impérialistes ne peuvent le tolérer !

    Nous devons être solidaires et soutenir les combattants et combattantes de la liberté !

    L’Unité Communiste de Lyon salue la lutte exemplaire du peuple Kurde et appelle à rejoindre les manifestations contre l’agression au Rojava ! 

    Offrir une solidarité concrète : une tâche internationaliste.

    L’Unité Communiste de Lyon n’a pas cru un seul instant aux promesses qu’ont fait un temps l’Etat français ou les USA aux Forces Démocratiques Syriennes. Elle ne croit pas non plus un seul instant aux promesses de Damas et de Moscou.  Certains sont ravis de celles-ci, car elle leur permet de mêler leur soutien de façade aux kurdes avec leur soutien profond à la cause de l’impérialisme russe et de ses croupions. Il s’agit du même genre d’hypocrisie sans bornes que celui de celles et ceux qui soutenaient l’Armée Syrienne Libre tout en se prétendant amis du peuple Kurde.

    L’Unité Communiste de Lyon est engagée dans plusieurs actions de solidarité concrète en direction du peuple Kurde :

     

    La Campagne de Soutien au Bataillon International de Libération au Rojava, dans le but de fournir une assistance médicale aux forces combattant contre la réaction, l’impérialisme et le fascisme. Le Bataillon International de Libération (International Freedom Batallion, IFB) est un bataillon indépendant composé de révolutionnaires venus de Turquie, d’Europe et d’ailleurs pour défendre la révolution du Rojava en se positionnant comme une force indépendante aux côtés des YPG/YPJ/QSD. Fondée le 10 juin 2015 à l’initiative du MLKP (Parti Communiste Marxiste-Léniniste en Turquie et au Kurdistan) sur le modèle des Brigades Internationales qui défendaient la révolution espagnole en 1936, elle a été rejointe par plusieurs autres groupes révolutionnaires communistes et anarchistes.

    L’Unité Communiste de Lyon est également membre des Amis de l’ICOR en France.

    L’ICOR est la Coordination Internationale des Organisations Révolutionnaires, rassemblant 49 partis et organisations sur 4 continents. Fin 2014 l’ICOR a conclu un pacte de solidarité avec la lutte de libération kurde. À cet égard, l’ICOR a fait ses preuves de façon exemplaire. Le pacte de solidarité a fait évoluer la solidarité internationale avec la lutte du peuple kurde pour la libération nationale et sociale et le lie au mouvement révolutionnaire et ouvrier international. Les militants et militantes de l’ICOR ont ainsi participé à la construction d’hôpitaux, dans lesquels plus de 4 000 enfants sont nés depuis 2014. Le pacte de solidarité de l’ICOR a permis atteindre d’importants succès ; maintenant il est nécessaire de le développer.

    L’Unité Communiste de Lyon rend hommages aux hommes et aux femmes qui ont quitté leur pays pour se joindre à la lutte des combattants et combattantes de la liberté. C’est avec une tristesse sans bornes que nous avons appris le décès au champ d’honneur de Kendal Breizh (Bretagne),  Baran Galicia (Etat espagnol) à Afrin,  Baran Sason (Flandre) à Deir Ez Zor.

    Nous saluons ces camarades, nous saluons leur engagement militant et internationaliste.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à soutenir politiquement et financièrement la campagne de Soutien au Bataillon International du Rojava. Elle appelle également à soutenir les initiatives de l’ICOR.

    Par notre engagement et notre solidarité, nous contribuons à défaire les menées des impérialistes et de leurs agents fascistes et réactionnaires.

    Vive la lutte internationale des peuples ! Vive la lutte anti-impérialiste !

  • Stoppons Parcoursup – Le Nouveau Bac – La sélection

    Stoppons Parcoursup – Le Nouveau Bac – La sélection

    Lycéens et lycéennes, que vaudra votre Bac ?

    Bacheliers et bachelières, serez-vous traités comme du bétail ?

    Etudiants et étudiantes, que vaudront vos diplômes ?

    Parents, voulez-vous voir vos enfants déclassés ?

    Enseignantes et enseignants, deviendrez-vous des robots à notes ?

    Personnels et administratifs, serez-vous les larbins d’investisseurs ?

    Le chaos et la misère,

    voilà l’avenir que le gouvernement vous réserve !

    Surfant sur l’échec pitoyable de Post Bac, le gouvernement mène un charge, tambour battant, contre les droits sociaux, contre l’avenir de la jeunesse, contre la situation de l’enseignement et de l’éducation. Cette bataille qui s’ouvre est cruciale : elle est la bataille pour l’avenir !

    Un Baccalauréat sans valeur.

    Aujourd’hui, l’accès au Bac ne se fait pas dans les mêmes conditions. L’inégalité sociale est flagrante, la sélection est impitoyable. Cependant, dans la théorie, un Bac est équivalent à un autre Bac. Cette garantie est le fait d’un examen national, encadré, sous anonymat. Cette garantie précaire est une protection pourtant vitale.

    Car le gouvernement a pour ambition de remplacer cette épreuve par un contrôle continu doublé d’un grand oral. Ce contrôle continu rassure probablement certains, mais il ouvre en réalité les portes de l’enfer.

    Car le contrôle continu ouvre la voie aux variables. Comment évalue un enseignant dépend de sa personne, dépend de son appréciation, dépend de nombre de facteurs. La note est subjective et, parfois, pédagogique. Si les notes deviennent le critère d’accession au Bac, les enseignants ne sont plus que des machines à distribuer des tickets pour le show final. Chaque contrôle devient un examen, alors que le principe de l’année scolaire est d’apprendre à maîtriser les connaissances et les compétences pour se présenter à l’examen. S’il n’est plus possible d’avoir de marge de manœuvre, toute pédagogie sombre dans les oubliettes au profit du bachotage.

    Tricherie, corruption et conflit sont les conséquences directe de ce mode de fonctionnement. Pressés, tenus à la gorge, les élèves chercherons à tout prix à avoir les notes maximales, quitte à quitter les sentiers de la légalité. Chaque mauvaise note devient une menace sur la poursuite d’étude, une mauvaise notre n’est plus un avertissement sans frais, elle devient une déclaration de guerre face à l’avenir de l’élève.

    Les lycées n’ont pas tous la même réputation. Le Bac anonyme, malgré ses faiblesses, permettait une harmonisation de la valeur de celui-ci. Sans cette étape, un Bac portera, pour le meilleur et pour le pire, le sceau de son établissement d’origine. Il deviendra subjectif. Un Bac de lycée bourgeois et un Bac de  lycée populaire seront deux morceaux de papiers sans la moindre valeur en commun. Pire, le Grand Oral doit compter pour 15% de la note. Comment ne pas croire que la subjectivité, les à-priori, les jugements de valeur et de classe ne joueront pas sur la note ?

    Cela ouvre la voie à des établissements d’élite, chers, réservés aux nantis, aux riches, avec des bacs portant leur sceau, mais purgeant sans merci à la moindre faille. Pour avoir un bac prestigieux, il faudra passer par le tiroir-caisse.

    A l’inverse, les élèves des classes populaires, déjà stigmatisés sur le marché du travail, le seront d’autant plus en fonction de la réputation de leur établissement. Cela ouvre la voie à tout un univers de suspicion envers l’établissement. Un bac obtenu de justesse dans un lycée difficile sera synonyme de mauvais élève, mais un bac obtenu haut la main jettera le doute sur la probité des enseignants. D’ores et déjà, APB et ses appréciations posaient ces problèmes, le nouveau Bac et Parcoursup les multiplieront au centuple !

    La saveur des Bacs : un goût douteux.

    Liquider les filières pour remplacer la Terminale par une « classe de maturité » dans laquelle les élèves choisissent la composition de leurs cours, cela peut paraître une excellente idée. Sauf que l’emballage camoufle un contenu nettement moins charmant.

    Cette fragmentation n’a pas pour but de répondre à des intérêts pédagogiques. Elle laisse entre les mains des chefs d’établissement la possibilité de pouvoir ventiler comme bon leur semble les options proposées. Libérés de l’obligation d’entretenir des filières jugées moins prestigieuses, certains les liquideront discrètement. Cela ouvre la voie à des lycées L, des lycées ES, des lycées S;  STMG ; STSS…etc. Ces lycées se feront la guerre entre eux pour capter les bons élèves, lesquels auront un Bac AAA, tandis que celui des autres aura une cote de confiance moindre.

    Ces Bacs seront constitués de blocs de compétences, non de qualifications. Loin d’être un simple jeu d’appellation, la nature de ces termes est juridique. Une qualification a une valeur reconnu, quantifiable, donnant droit à un statut. Une compétence est une choses sans valeur qui sert à meubler un CV et à le faire valoir. Mais cela reste à la libre appréciation du recruteur. 

    Parcoursup ou le règne de l’arbitraire.

    Admission Post-Bac avait entamé ce travail de liquidation du droit d’accès à l’enseignement supérieur. En préparant un système sélectif, autour d’un algorithme obscur, APB créait un préalable, désormais les universités n’étaient plus tenues de conserver des places pour les nouveaux arrivants. Elles en ont profité pour inscrire en catimini une sélection illégale, sur des critères académiques, et pour pouvoir installer une gestion autoritaire des flux d’étudiants, les dispatchant au cours « d’entretiens d’orientation. »

     Parcoursup poursuit cette logique. Désormais les conseils de classe ont le devoir impératif de commenter la question de l’accès à l’université. Ce fait est tout sauf anodin. Commenter un droit est un préalable à poser des conditions à son respect.

    Parmi ces conditions, la question d’une acquisition de pré-requis est une des plus frappantes. Elle signifie donc que l’obtention du Bac n’est plus un critère en soi, mais qu’il doit s’accompagner d’une remise à niveau. Or, cette remise à niveau est une aubaine pour les écoles privées et pour quelques enseignants et enseignants sans vergogne : voilà un marché offert en cadeau. Voilà une belle manière de soutirer de l’argent aux étudiants et à leur famille, alors que les bourses elles-mêmes sont en passe d’être remplacées par des prêts bancaires.

    Mais surtout, la suppression de la hiérarchisation est une bombe atomique lancée sur l’orientation. L’élève ne pose plus ses demandes, il devient une variable, un objet, une marchandise, placée dans un réservoir au sein duquel les écoles viennent se servir au gré de leurs désirs. En fait d’orientation, c’est une mise à disposition qui se fait. Il est par ailleurs magnifique de constater que le gouvernement a prévu un amendement qui garanti l’opacité de son outil. Ce vote s’est fait de manière éloquente, l’amendement ayant été titré comme décrivant une possibilité d’accès au processus d’attribution des voeux, mais contenant en fait un texte qui le rend impossible à obtenir de manière claire. Une sorte d’aveu en demi-teinte.

    L’Université et la sélection.

    L’Université elle-même n’est pas épargnée par cette politique. Affamée par la baisse constante des budgets, elle se retrouve dans une situation où il lui est impossible de pouvoir accueillir les néo-bacheliers. Cette politique de sevrage de date pas d’hier, nous y revenons plus loin. Ses effets, en revanche, sont clairement visibles : les places se tarissent, les universités purgent entre deux semestres et elles aiguillent de forces leurs étudiants vers les places restantes, en leur faisant miroiter des débouchés qui n’existent nulle part.

    Avec l’étranglement qui s’accroît, les universités sont mises en demeure de trouver d’autres manières de pouvoir faire face. L’une des solutions est celle de la hausse des frais d’inscription, que certains voudraient voir passer à 4 000 ou 5 000 €, l’autre est celle de la réduction des places et des filières.

    Déjà une première rationalisation a été opérée, transformant la première année d’université en Terminale-bis, mais servant en fait de pédiluve avant l’entrée dans les études. En fonction des désirs du conseil d’administration, les aiguillages se font par une sélection informelle.

    L’an dernier, le ridicule tirage au sort a été mis en place pour pallier à ce problème de place. Ce tirage au sort n’a permis que de légitimer le fait de laisser sur le carreau des étudiants privés de places, tout en en prenant arbitrairement d’autres. Ce ridicule achevé a permis une chose : avaliser une sélection active, la rendre acceptable.

    L’année qui s’ouvre est celle d’une sélection accrue, elle est celle de l’hémorragie. Elle est une année de tous les dangers, d’autant que le syndicalisme étudiant de lutte a été étrillé durant la décennie précédente.

    -Lycées et Universités sont dans le même bateau.-

    D’où sortent ces attaques ?

    Il existe une triple stratégie derrière ces transformations de l’enseignement secondaire et de l’université. La première est une stratégie visant à se conformer aux accords de l’OMC, stipulant que l’éducation est un marché qui se doit d’être ouvert à l’investissement privé et dans lequel la concurrence du secteur public doit être la plus réduite possible. Cette stratégie est celle de la libéralisation la plus large de l’enseignement.

    Au sein des universités, elle s’est traduite par le processus de Bologne. Ce processus vise à développer des compétences élargies pour les universités, de doter les président et les présidentes ce celles-ci de pouvoirs accrus. Elle a pour ambition de réduire le financement étatique des universités et de les pousser à nouer des partenariats avec le privé pour trouver les fonds nécessaires à son fonctionnement. Ces partenaires privés ont des places attitrées dans les conseils d’administration, ce qui leur permet de peser – plus que quiconque !- sur les décisions, notamment sur la question de la masse salariale et la gestion du personnel dans le but de réduire les coûts de fonctionnement. Plus encore, elle offre la possibilité aux investisseurs de définir les maquettes des  filières, de pouvoir créer leurs propres Licences ou Masters qui correspondent étroitement à leurs intérêts. Car, derrière les déclarations de principe  sur l’excellence et la beauté de l’enseignement, le but d’un capitaliste reste le retour sur investissement. Cette politique s’est incarnée dans la Loi sur la Responsabilité des Universités, fortement combattue à l’époque, et désormais actée.

    La politique vers les lycées n’était pas différente. En 2005, François Fillon avait été le fer de lance de la mise en place d’une politique d’autonomie des lycées. Celle-ci a avorté suite à la mobilisation massive des enseignants et enseignantes, des élèves et de l’hostilité des administrations. Mais l’idée n’a pas été détruite, elle a simplement été repoussée à plus tard. Déjà, à cette époque, les projets de nouveau bac fleurissaient. Treize ans après, l’offensive reprend de plus belle, mais face à une opposition dévastée.  En fracturant davantage les situations des lycées, l’idée est d’accorder la gestion des recrutements et de la masse salariale aux chefs d’établissements, devenant « patrons » de leur lycée.  L’idée est également d’individualiser le statuts des enseignants, de compter d’une manière sans-cesse accrue sur des contractuels, en somme de s’attaquer sournoisement au statut des fonctionnaires.

    Car la deuxième stratégie est là : benchmarker les lycées et les universités. La Révision Générale des Politiques Publiques, orchestrée par Sarkozy, poursuivie par Hollande, suralimentée par Macron, a pour ambition d’évaluer et d’étalonner la performance des services publics. Cela pourrait passer pour une idée candide, mais les critères retenus sont terrifiants. L’idée est de prendre comme maître étalon la rentabilité du privé et de l’appliquer au public. Or, ce qui est concevable dans le cadre d’une entreprise capitaliste, dont le maître-mot est cette rentabilité, ne peut l’être dans le cadre d’un hôpital, d’un lycée, d’une université. Il est exigé d’atteindre un équilibre entre recettes et dépenses pour des administrations qui ne peuvent être, par définition, rentables. Cette rationalisation se traduit donc par la désertification, par le rassemblement dans des pôles concentrés, mais également pas une attaque sur le statuts des individus qui travaillent en son sein. Remplacer l’emploi public par de l’emploi précaire, voilà leur solution. La qualité passe à la trappe, de toute manière elle n’est pas éprouvée par ceux qui détermine ces lois, lesquels ont les écoles de leur classe sociale tout comme leurs hôpitaux privés. Qu’importe si les frais d’inscription sont haussés ou si les frais de soins explosent, les banques seront ravies de prêter de l’argent. Il s’agit également d’un des bénéfices secondaires, celui de forcer à l’emprunt privé, à la place de bourses sociales moribondes.

    Troisième objectif stratégique, la bataille de l’emploi. Véritable manœuvre de génie, cette opération ciblant les universités et les lycées sert de contrefort à l’offensive sur l’emploi. Fragmenter en petites filières estampillées par telle ou telle entreprise, en tel ou tel bac de telle ou telle valeur, les stratèges de ces réformes veulent également casser les convections collectives. L’individualisation des statuts et des situations rend leur catégorisation impossible, et donc la garantie des droits qui y sont associés tout aussi impossible. Une licence Nintendo ; un Master philosophie-Véolia, n’ont de valeur qu’aux yeux de l’entreprise sponsor. Si les désirs changent, leur valeur s’effondre. Les différentes « saveurs » de bac, croisés avec la confiance variable accordées aux établissements -à quand des agences de notation ?- débouchent sur un chaos infernal. Dans la bataille contre le Code du Travail que mène le gouvernement, c’est là un immense gain : toutes les prochaines générations seront privées de toute reconnaissance, la compétence l’emportant sur la qualification. Par rebond, ces sous-travailleurs tirent vers le bas la situation de ceux qui sont encore couverts, obligés de s’aligner sur ce nivellement par le bas.

    Voilà les objectifs stratégiques que veulent atteindre les gouvernements successifs. Faire la part belle au privé, à la rentabilité, à la soumission à l’employeur.

    L’ironie de la chose est que, à terme, cette politique désavantage même les capitalistes. La soumission de la recherche et de l’enseignement aux petits intérêts égoïstes et tactiques du patronat de peut déboucher, au final, que sur un enseignement amputé, amoindri, soumis et subjectif. Il ne peut déboucher que sur un effondrement des recherches non-rentables actuellement, mais porteuses à l’avenir. Il est une impasse scientifique et technologique, une illustration de la nature pourrissante du capitalisme et de l’impérialisme.

    Que faire ?

    Rejeter – Désobéir – Lutter !

    Ne nous berçons pas d’illusions, le système scolaire connaît des vices et des défaillances graves, la sélection sociale est déjà présente dans ses gènes. Mais chaque recul l’accroît, la renforce, draine davantage vers l’échec scolaire, vers la précarité sociale. Nous ne devons pas reculer !

    L’Unité Communiste de Lyon appelle les parents d’élèves à déclarer leur hostilité à cette réforme qui n’aura comme effet qu’accroître la précarité et la misère parmi les larges masses populaires. Elle appelle à condamner cette réforme, à le rejeter au loin, comme un coup de poignard dans le dos de l’avenir de la jeunesse.

    Elle appelle les enseignants et le personnel administratif à empêcher le fonctionnement de cette gare de triage obscure et arbitraire. Les enseignants sont sommés d’être des agents de la sélection. Utiliser cette position pour la rendre impossible à mettre en œuvre est possible. Il suffit de répondre positivement à chaque vœux, et particulièrement à ceux qui concernent l’accès à l’université. Celui-ci est un droit, il n’a pas à être entravé.

    Au final, la lutte demeure cependant ce qui décidera de l’avenir.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle les lycéens et les lycéennes à s’informer, se mobiliser, à définir les modalités de la manière dont ils envisagent le combat pour leur avenir. Elle appelle à la jonction avec les étudiants et étudiantes qui luttent également.

    L’Unité Communiste de Lyon soutient les initiatives de mise en place d’Assemblées Générales, instances démocratiques de la lutte, lieu d’information, de mobilisation, de débat et de décision. Cette instance est l’instance suprême des luttes.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à rejoindre les syndicats combatifs et à les renforcer, car l’outil syndical est une arme essentielle dans la lutte contre ces réformes.

    Déjà inégalitaire, l’accès à l’éducation est un droit qui doit se défendre. L’Unité Communiste de Lyon est pour une éducation gratuite, laïque, critique et populaire. Mais il ne faut pas se laisser abuser, tant que le capitalisme est le système économique dirigeant, l’éducation sera toujours sous la coupe de la loi du marché et de l’inégalité.

    Une grande bataille se prépare, elle est essentielle ! Soyons au rendez-vous. Soyons unis et combatifs !

    Soyons victorieux et victorieuses !

    L’Unité Communiste de Lyon est membre des Amis de l’ICOR [Coordination internationale des partis et organisations révolutionnaires], elle est également membre de la campagne de soutien au Bataillon International du Rojava, qui combat contre les réactionnaires, les fascistes et les impérialistes, au côté du peuple Kurde et de ses alliés.

    L’Unité Communiste de Lyon milite pour la construction d’un Parti Communiste révolutionnaire, capable de pouvoir servir de fer de lance contre les exploiteurs, contre l’Etat bourgeois, qui opprime, contre l’oppression politique et sociale. Elle lutte également, au premier chef, contre l’impérialisme français, bourreau de l’Afrique.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que la révolution socialiste est la seule méthode qui peut remettre le pouvoir entre les mains des masses populaires, dans un Etat dirigé par elles, contre les exploiteurs et les impérialistes. Pour l’Unité, la démocratie populaire et le monopole  par le peuple des outils de production est la seule voie qui permette de répondre aux problèmes de la misère, du chômage, de la destruction de l’environnement, en liquidant la loi du profit pour la remplacer par le fait de répondre aux besoins matériels et culturels du peuple.

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  • La France et la trouée de Suwałki – partie 5 – Retour à la Baltique et conclusion.

    La France et la trouée de Suwałki – partie 5 – Retour à la Baltique et conclusion.

    La France et la trouée de Suwałki – partie 5 – Retour à la Baltique et conclusion.

    Pourquoi les Etats Baltes ?

    Dans cette optique, les Etats Baltes sont une cible intéressante et cohérente avec les intérêts de la bourgeoisie russe.

    De nombreux aspects l’expliquent, certains purement contingents,  d’autres nettement plus politiques.

    Une forte composante de défense et de consolidation sous-tend cette pression sur les Etats Baltes. Même si la nature de l’Etat  a grandement changé depuis 1941, les dirigeants russes n’ont absolument pas oublié l’invasion germano-fasciste. Ils n’ont pas oublié que les Etats Baltes ont été l’autoroute de l’invasion. Ils n’ont pas oublié qu’il n’a fallu que deux mois pour atteindre Leningrad et l’encercler.  Eloigner la frontière des centres stratégiques à sous-tendu toute la diplomatie soviétique depuis la mi-1939. Elle explique la guerre avec la Finlande, pour quelques kilomètres salvateurs ; elle expliquait l’intervention en Bessarabie et dans les Etats Baltes.

    Aujourd’hui, les cent kilomètres qui séparent Narva, en Estonie, de Saint-Pétersbourg ne protégeraient guerre plus d’une journée d’une véritable offensive militaire de grande ampleur. Pour un Etat aussi méfiant vis-à-vis de sa situation géopolitique, une telle vulnérabilité est inacceptable. Cela explique également le verrouillage extrêmement ferme de Kaliningrad, véritable bastion sur la route du Nord.

    La question des populations Russes habitant dans les pays de la Baltique est également au centre des revendications de la Russie. L’immense masse d’individus ethniquement Russes est également un souci pour les Etats Baltes de culture germanique. Ils sont traités avec suspicion, comme une cinquième colonne, comme des traitres potentiels. Derrière cela, un fond de racisme anti-slave réside, avec une mise en avant des figures de la collaboration comme catalyseur. Citoyens de seconde zone, maltraités, ces russophones se tournent, par effet de miroir, vers la Russie, forment des organisations favorables à un rattachement, deviennent effectivement des agents de la Russie. Cette situation et cette trajectoire n’ont rien de novateurs, ils sont un phénomène qui s’est reproduit à plusieurs reprises dans l’Histoire.

    Il est difficile de déterminer quelle est la part de sincérité de la Russie vis-à-vis des minorités au sein des pays Baltes. Véritable souci ou paravent ? Difficile à déterminer, mais il est fort probable que la vérité se trouve quelque part entre les deux.

    Mais la Russie trouverait également des avantages éminents à pouvoir pressurer les pays Baltes, voir même les intégrer dans sa sphère d’influence par différentes méthodes d’intensité variables. Rompre l’isolement de Kaliningrad serait, pour Moscou, une grande avancée, lui permettant de mettre en valeur, de manière nettement plus efficace, son îlot gagné sur la Prusse-Orientale. Entouré de pays de l’OTAN, en face d’une mer hostile, l’enclave de Kaliningrad vit dans un climat de siège, dans un sentiment d’insularité.

    Autre aspect essentiel, la question des terminaux pétroliers et gaziers. Pendant la guerre, les soviétiques ont été confrontés au risque de se voir coupés des apports pétroliers du Caucase. Bakou, en Azerbaïdjan avait été la cible de la IV armée, en 1942-1943. Dans le cadre d’une politique de diversification des sources d’approvisionnements, les soviétiques ont ouvert Bakou II, dans le nord de l’Oural, au Timan-Péchora et dans la plaine de Sibérie occidentale. Cette région riche en gaz et en pétrole est désormais un des poumons économiques de la Russie.

     A l’époque, l’URSS, logiquement, avait choisi de construire ses infrastructures pour qu’elles soient les plus rationnelles. Ainsi, l’exportation du gaz ne passait pas par le golfe de Finlande, victime des glaces, mais bien par les terminaux portuaires de Ventspils, de Riga, de Liepaja en Lettonie et de Klaipeda en Lituanie. Ces villes étaient alors des villes soviétiques, dont l’immense avantage était d’être libres de glace pendant la plus grande partie de l’année.

    Aujourd’hui, ces villes dépendent de pays géopolitiquement hostiles. Faire pression sur les gouvernements inamicaux de ces Etats intéresse fortement la Russie, qui se verrait bien reprendre sa liberté d’exportation d’hydrocarbures. Une partie des lignes ont été remisées sur Saint-Pétersbourg, exigeant l’achat de gaziers de catégorie « glace », capable de fonctionner en hiver. Il s’agit d’un pis-aller dont la Russie se passerait bien, , d’autant que si un pétrolier est simplement un navire qu’on remplit de pétrole, un navire gazier exige des infrastructures extrêmement lourdes de liquéfaction du gaz.

    Mais assujettir ces régions serait également une manière de franchir le cercle d’acier qui entoure la Russie. Or, l’occident et l’ONU ont fait usage d’un certain nombre de procédés pour tenter de contrer l’influence grandissante de la Russie. Ces procédés ont fait long feu.

    D’une part car cette politique a renforcé, au final, le soutien au gouvernement, en accréditant la thèse d’une volonté occidentale d’encercler et de réduire la Russie.

    De l’autre car elle a poussé la Russie à changer ses orientations économiques.

    La Russie était un état rentier. Il exportait des armes, de la technologie -particulièrement militaire et spatiale- des denrées agricoles et minières, mais, surtout, du gaz et du pétrole. Un gaz et un pétrole dont les oligarques n’avaient qu’a ramasser les rentes, sans jamais investir dans le développement économique du pays. Les infrastructure et l’industrie du pays étaient en déliquescence plus ou moins complète.

    L’occident, en bloquant les exportations de la Russie, pensait la contraindre, l’étrangler. Or, les sanctions économiques n’ont pas eu l’effet escompté. La Russie à souffert un temps de cette perte. Mais le choc passé, les sanctions se sont avérées un boomerang.

    L’Histoire compte un bon nombre d’exemples d’échecs de ces systèmes. Privés de partenaires commerciaux chez qui ils pouvaient faire leurs achats de produits de haute technicité, ces pays ont du lancer des développements en interne, restructurer leur industrie industrialisante, recréer une base économique solide et autonome. En dernière instance, la Russie ressort renforcée de ce bras de fer. Elle a survécu au plus gros de la crise. S’il est trop tôt pour pouvoir déterminer quel est le résultat final de ces sanctions, il semble clair que la baisse du PIB enregistrée est temporaire. L’économie Russe se transforme, et s’oriente des échanges avec des partenaires privilégiés : Iran, Syrie loyaliste, Asie Centrale, Chine… en lieu et place de l’Europe. La place de la Russie, géopolitiquement, s’affermit.

    Un équilibre stratégique précaire.

    Stratégiquement, cependant, la Russie n’est pas en mesure de se montrer un compétiteur. Elle ne dispose pas de la capacité de projection de force de l’OTAN. La Russie n’est pas prête d’être une puissance aéronavale rivalisant avec les USA. Ni son industrie, ni son expérience ne lui permet de se placer sur la même marche du podium. Qu’il y ait alliance avec la Chine ou non, il ne paraît pas envisageable de voir un concurrent naval à Washington avant plusieurs décennies, et ce malgré les nouveautés présentées au salon de l’armement de 2014. Celle-ci promettent un accroissement des capacités aéronavales russes.

    Le soft power est également nettement plus réduit que celui de ses concurrents. Certes, l’antiaméricanisme est de bon aloi en occident. Les USA sont raillés, moqués ou conspués. Mais pourtant, de manière quasiment atavique, la présence sécurisante de leur armée est réclamée. Une grande partie de la gauche elle-même est marquée par cette américanophilie en filigrane.

    Elle progresse, il faut le noter. La Russie à récupéré de l’expérience soviétique certaines méthodes particulièrement efficace pour déstabiliser l’adversaire. Dès la Grande Guerre patriotique, les soviétiques sont passés maîtres dans l’art de la Maskirovka, le camouflage, la tromperie, la déception -au sens étymologique du terme, à l’opposé de « perception ». Joukov, préparant la contre-offensive de Stalingrad, avait masqué l’ampleur des préparatif par des dispositifs extrêmement sophistiqués, des leurres, des faux ordres, des clairons sonnant l’offensive de manière constante, un usage de la musique comme camouflage, mais également comme moyen de démoralisation.

    Aujourd’hui, ce sont les agences de presse du Kremlin qui font ce travail. Russia Today et Sputnik, tout comme Russia Beyond the Headlines ou d’autres, sont tout autant d’agences de la Maskirovka. Il s’agit, pour les russes, de provoquer la division au sein des Etats qu’elle affronte, de susciter des tensions et des conflits, de surfer sur ceux qui existent.

    Ces agences jouent sur deux aspects : une russophilie nostalgique de l’époque soviétique, nostalgique de l’URSS -particulièrement brejnévienne- qui se retrouve chez les individus liés au PCF ou aux organisations qui en sont issu. Ceux-ci ont une sympathique plus ou moins inconsciente pour la Russie et pour son gouvernement, et son empreints d’un désir de revanche contre l’occident capitaliste. Ils ne comprennent pas le changement de nature progressif de l’URSS, entre 1956 et 1991 et ne parviennent pas à tirer un trait sur la fin de l’Union Soviétique.

    Les seconds sont situés à l’extrême-droite, ils sont des admirateurs de l’aspect dur, viril, ferme et traditionnaliste du pouvoir du Kremlin. L’homophobie, le repli autour de la famille, de la religion, autour de la race, tout cela leur plaît. Ils voient en Poutine un rempart contre la déliquescence de leurs valeurs, tout comme un rempart contre le « mondialisme ». Ces individus fantasment sur un rapprochement entre la France et les BRICS, dans une idée de coalition des dominés contre les dominants.

    Il n’existe pas de muraille de Chine, par ailleurs, entre les deux conceptions, lesquelles s’entremêlent parfois dans une bouillie informe, mais dont les aspects majoritaires et principaux demeurent des tendances réactionnaires, négatrices de l’impérialisme français tout comme de celui de la Russie.

    Sputnik, Russia Today, leur servent la soupe dont ils s’alimentent et dont ils alimentent leur propagande. Ce n’est pas un hasard, si le 20 décembre 2017, pour sa soirée de lancement, la chaîne Russia Today recevait un panel de personnalités allant de Djordje Kuzmanovic le lieutenant barbouze de Mélenchon jusqu’à Nicolas Dupont-Aignant ou François Asselineau. Ce joli monde se rassemble autour d’une même ligne : négation de l’impérialisme Russe et de celui de la France.

    Ces chaînes sont des machines à Fake News capable de pouvoir déclencher des crises importantes et de brouiller les cartes. Ainsi, Sputnik avait déclaré la présence d’un porte-avion Chinois en méditerranée, clamant le début d’une intervention de l’Empire du Milieu en Syrie. Rien n’était plus faux, mais rien n’était plus difficile à vérifier sur l’instant. Le reste du temps, les prises de position réactionnaires ou fascisantes de ces journaux servent la soupe à l’extrême-droite et aux partisans de la European Race War. Ce n’est pas un hasard si les banques Russes ont financé le Front National.

    Il ne fait désormais aucun doute sur l’influence qu’ont eu ces médias sur l’élection présidentielle et sur la défaite de la candidate démocrate Hilary Clinton. Donald Trump, cela sera certainement prouvé par les enquêtes et les interrogatoires, a été aidé par des agents et des hackers russes. Il a bénéficié d’un soutien logistique de la part de la Russie, laquelle a aidé à la montée au pouvoir de ce personnage particulièrement inefficace. Les USA ont fait et auraient fait de même, il s’agit là d’un juste retour des choses, mais qui révèle la puissance montante de la Russie.

    Mais cela ne fais pas tout. Les budgets militaires sont invraisemblablement disproportionnés: les pays de l’OTAN ont dépensé, en 2016, 866 milliards de $ pour les questions relatives à leur défense. L’ensemble des pays de l’Organisation de Coopération de Shanghai ont, quant à eux, utilisé 364 milliards, soit moitié moins. Cependant, dix ans auparavant, le ratio était de 10 : 1 (796,7 milliards contre 85). Il s’agit donc d’une perspective particulièrement intéressante à étudier, d’autant que le budget ne fait pas tout.

    Le matériel occidental est victime de la loi des rendements décroissants. Un F-15 des années 80 coûtait 31.1 millions de dollars. Un F-22 du début du XIXe siècle coûte 360 millions de dollars l’unité. Un F-35 – toujours non opérationnel – est annoncé à 299 millions de dollars l’unité, mais cette information est à prendre au conditionnel. Elle ne reflète pas non plus le coût du programme commun supérieur à 1 000 milliards de dollars. Cette hyperinflation des coûts se traduit par plusieurs choses :

    ·         Des avantages marginaux d’un point de vue opérationnel, malgré le fait que le F-35 soit considéré comme un « force multiplier », permettant d’accroître l’efficacité des forces combattantes dans le secteur.

    ·         Un vulnérabilité technologique plus élevée, induisant une usure prématurée, des pannes répétitives et une indisponibilité importante.

    ·         Un format militaire réduit, limitant la possibilité de manœuvre, la possibilité d’engagement dans la durée, de rotation du matérielle. Cette réduction du format rend également beaucoup plus difficilement acceptable les pertes.

    ·         Une perte de prestige importante en cas de destruction de l’engin pour son utilisateur, tout comme un victoire morale pour l’adversaire. L’exemple même est la destruction d’un F-117 furtif par les Serbes lors de la guerre du Kosovo.

    Le matériel occidental est conçu par rapport à des idées de contraintes budgétaires. Il est fait pour durer. Les B-52 datent de la guerre du Viêt-Nam. Les M1A1/A2 datent d’avant la guerre du Golfe. A l’inverse, le matériel Russe est conçu pour la casse. Un MIG-29 doit remplir sa mission. La survie est optionnelle et la réutilisation un luxe. Il en résulte une capacité d’engagement supérieure de la part des forces de l’Est. Pourtant, cette philosophie ne signifie absence de soucis pour la survivabilité. Pour la première fois depuis les IS-3 de 1945, une rupture technologique s’est faite dans les blindés. La mise en œuvre de protections passives et actives est central dans le nouveau char de Moscou, le T-14 Aramata. Entre les munitions tueuses de roquettes, les grenades fumigènes, la tourelle télé-opérée, l’équipement futur de l’Armée Russe laisse songeur.

    Il ne faut pas sur Cependant, il ne fait pas de doute quand au fait que la trajectoire des USA soit plutôt déclinante. Le poids de la dette, l’application de la loi d’Augustine sur les coûts exponentiels, la rupture d’un certain consensus post-onze septembre… de nombreux facteurs, évoqués dans  notre brochure Les USA et le monde ainsi que dans les divers articles que nous avons pu publier à la suite de l’élection de Trump permettent de s’en faire une idée.

    Si la Chine est certainement l’acteur géopolitique qui émerge le plus nettement comme un facteur de poids, à terme, la Russie lui emboîte le pas. Depuis la chute de l’URSS, sous une direction qui prend de l’assurance, elle vise à reprendre une place de poids dans les relations internationales. Le modèle qu’elle suit, en revanche, ne peut qu’évoquer une Russie tsariste, luttant contre le progressisme, luttant contre les idées d’égalité sociale, luttant contre les avancées démocratiques, plus qu’une URSS-bis, ce que certains s’obstinent à voir.

    Si le commerce international continue de passer par Suez ou par Panama, la route du pôle nord, ouverte par le réchauffement climatique, changera profondément les points de passage. Cette ouverture des côtes nord de la Russie est à la fois une aubaine pour elle, lui permettant de mettre en valeur cette région. L’accès au fond océanique est une source de conflits potentiels, en particulier avec le voisin d’en face, Canadien. Elle est aussi une menace, car la fonte des glaces entame une partie du front nord du Heartland, l’ouvrant aux possibilités de campagne militaire.

    Notre point de vue, contrairement à ce que certains navigateurs en solitaire du léninisme ont pu écrire, est celui du constat. Nous ne sommes pas des « kollabos » de l’impérialisme américain en indiquant que la Russie possède des projets géopolitiques, et que ces projets visent à assouvir certains intérêts de sa bourgeoisie, en particulier la plus agressive. La bourgeoisie russe à oscillé un temps entre être une bourgeoisie de compradores ou une bourgeoisie impérialiste. Si les investissements bancaires russes -visés par les sanctions, par ailleurs- n’en font pas une grande puissance économique, il ne fait nul doute qu’elle a l’ambition de la devenir, ainsi que la volonté politique.

    Communistes, nous sommes hostiles aux provocations militaires de l’occident contre la Russie, tout comme nous sommes hostiles à toute provocation militaire en général. Mais nous ne pouvons tracer une équivalence URSS – Russie, alors que, déjà, nous ne traçons pas une équivalence entre URSS jusqu’à 1956 et URSS de 1956 à 1991.

  • L’Unité Communiste de Lyon rejoint les Amis de l’ICOR

    L’Unité Communiste de Lyon rejoint les Amis de l’ICOR

    L’Unité Communiste de Lyon rejoint les amis de l’ICOR.

    L’Unité Communiste de Lyon a pris la décision, au cours de son congrès, de rejoindre les Amis de l’ICOR en France, dans le but de contribuer à un travail commun et unificateur. Cette décision a été accueillie favorablement par le comité gérant les adhésions au niveau de l’Europe.

    L’Unité Communiste de Lyon salue les membres de l’ICOR et des Amis de l’ICOR et les remercie de cette marque de confiance.

    L’Unité Communiste de Lyon regarde l’ICOR comme une première étape vers la reconstitution d’une organisation permettant de fédérer les partis communistes révolutionnaires, permettant de pouvoir en structurer et en diriger l’activité de manière coordonnée et centralisée, mais également comme un espace permettant de trancher de manière scientifique les questions idéologiques qui se posent à l’heure actuelle.

    L’Unité Communiste de Lyon ne veut pas que son nom ne soit qu’un prétexte. Elle désire que celui-ci ait un sens. A nos yeux l’unité n’est pas un vain mot. Elle est un but stratégique à atteindre. Nous avons des liens de travail avec nos camarades de l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, organisation membre, elle aussi, des Amis de l’ICOR. Avec eux et elles, nous voulons avancer ensemble pour accroître la structuration et l’influence des idées communistes au sein de notre Etat. Nous considérons que nous partageons un diagnostic similaire sur la situation, ainsi qu’une stratégie qui nous permet de travailler conjointement.

    Nous les saluons fraternellement.

    Nous voulons aussi nous adresser à tous et toutes. Aux organisations qui se revendiquent de l’expérience de la Révolution d’Octobre, de la dictature du prolétariat. Aux individus qui la composent. 

    Nous rejetons la logique de concurrence entre les organisations communistes révolutionnaires présentes dans notre Etat, dans la mesure où nous avons vocation à avancer vers un but similaire. Nous ne sommes pas des khrouchtchévien qui proclament un « que le meilleur gagne » idéologique, centriste et fourre-tout. Nous considérons qu’il n’y a pas de « concurrence » bourgeoise entre écoles. Il existe un creuset dans lequel doivent se fondre les conceptions, dans lequel elles sont soumises au feu de la critique et de l’autocritique, dans lequel elles se heurtent au prisme de la réalité. Un creuset d’où sortira la nouvelle synthèse, celle qui correspond à l’heure et aux tâches actuelles.

    Nous avons choisi de retenir la dictature du prolétariat comme étant la ligne de démarcation principale. A nos yeux, elle est déterminante. Poser de manière politique la question du pouvoir populaire, d’un pouvoir qui s’érige pour le peuple et contre la bourgeoisie est le nœud gordien de l’heure actuelle. Elle est une question centrale, tout en étant directement accessible aux masses, en pouvant être comprise et appréhendée de manière concrète.

    Les débats qui en découlent peuvent, un temps, être tranchés dans le cadre d’une organisation unique, dans la mesure où les participants rejettent l’entrisme, le fractionnisme et tous les sabotages qui rendent impossible tout travail avec les réformistes et les trotskistes.

    Ce creuset n’existe pas encore. Nous considérons qu’il se créera au travers, en partie, de l’ICOR. Au sein même de cette organisation, à l’heure actuelle, bien des débats restent en suspens. Il n’existe pas de position unique au sein de l’ICOR. Il n’existe pas non plus de position parfaite. Comment pourrait-il en être autrement, sans la construction de l’outil qui permet, justement, de la développer ?

    Adhésion ne signifie pas subordination aveugle, ne signifie pas suppression des questions et des débats. A nos yeux, adhésion signifie la possibilité que ces débats ne soient plus l’apanage de sectes figées sur leurs positions, taillant le diamant brut de la pensée pour en faire un pur joyau. Cette adhésion signifie la possibilité de rationaliser nos forces, de les tourner davantage vers l’action, de ne plus défendre le marxisme, le marxisme-léninisme, le maoïsme, comme un fétiche, mais bien comme une science vivante, comme la science du combat de classe, comme la science de la révolution prolétarienne. Un grand nombre d’organisations, fonctionnant comme des partis en modèle réduit, s’échinent à assurer toutes les tâches qui incombent au rôle qu’ils s’imposent. Cette dispersion d’énergie est colossale et empêche de pouvoir faire face efficacement aux problèmes. Certes, elle a créé une génération de militants et de militantes efficaces, autonomes, travailleuses, solidement formées. Mais elle reste une structuration sous une forme de quasi-guilde, de confrérie, d’artisanat.

    Le mouvement communiste, ici, doit grandir et avancer. Ensemble.

    Dans ce cadre, les Amis de l’ICOR en France sont une première pierre dans le fait de pouvoir créer les relais pour les positions et l’activité de l’ICOR sur le terrain de notre Etat. L’Unité Communiste de Lyon affirme sa volonté de s’engager dans cette voie, de travailler avec les autres forces -et individus- qui composent cette amitié, dans le but de promouvoir l’ICOR et son travail, de le renforcer, de l’affiner.

    Cependant, nous rejetons l’attitude qui consiste à s’ignorer mutuellement, à se livrer un conflit sans intérêt et sans vainqueurs, hormis la bourgeoisie. Nous voulons entretenir des liens mutuellement profitables, entretenir des discussions, entretenir une camaraderie avec celles et ceux qui combattent dans le même camp que nous, dans la mesure où ceux-ci et celles-ci respectent des principes démocratiques et de débat prolétarien et scientifique.

    Nous voulons avancer, sous le drapeau rouge de la révolution.

    Nous saluons l’ICOR.

    Nous saluons les amis de l’ICOR

    Nous saluons les communistes qui luttent contre l’Etat français.

    Vive la révolution – Vive le communisme !

  • 21 jours. Afrin tient toujours ! – communiqué de l’Unité Communiste de Lyon

    21 jours. Afrin tient toujours ! – communiqué de l’Unité Communiste de Lyon

    L’ignoble opération lancée par le gouvernement Turc, appuyée par ses mercenaires djihadistes de la prétendue Armée Syrienne Libre, fait long feu. Cette agression, nommée par pure provocation « rameau d’olivier » dure depuis maintenant trois semaine et semble s’enliser complètement.

    Pourtant la Turquie ne lésine pas sur les moyens. Bombardiers F-16, chars Allemands, artillerie Française sont utilisés pour écraser l’enclave contrôlée par les forces combattantes révolutionnaire Kurdes, sous l’égide des YPG (Unités de protection du peuple), aidés d’alliés turcs et internationaux, motivés par la solidarité internationale.

    La Turquie, dans ce conflit, cherche a annexer le Rojava à sont Etat, a fragmenter la Syrie. Elle négocie avec la Russie et avec le régime Syrien le partage de celle-ci, en échange de l’arrêt de l’aide aux Djihadistes et aux fascistes. Moscou espère certainement un rapprochement géopolitique avec la Turquie en échange de ce marché.

    Malgré les bombes, les obus, malgré les massacres d’enfants, de vieillards, Afrin résiste.

    Hommes et femmes capable de porter les armes combattent la tentative d’annexion du régime fasciste turc. Ils et elles se battent héroïquement. Entre 8 000 et 10 000 combattants et combattantes font face à la seconde armée de l’OTAN et à entre 10 et 25 000 mercenaires de l’ASL.

    Pourtant, les chars Leopard-2 éclatent toujours sous les roquettes des YPG.

    Après la terrible bataille de Kobané, les forces révolutionnaires et le peuple en arme démontrent une fois de plus qu’on ne peut les broyer sans subir la morsure du fer et la brûlure du feu !

    Comment ne pas penser, en ce début d’année 2018, à la bataille de Stalingrad, il y a 75 ans, où les soldats soviétiques ont battu les fascistes, malgré leur infériorité numérique initiale, et les ont raccompagnés jusqu’à Berlin, jusqu’au tombeau d’Hitler.

    Comment ne pas penser aux 50 ans de l’offensive du Têt, au Vietnam, où les forces de l’armée nord Vietnamienne et la résistance Vietminh brisaient la capacité des USA à poursuivre leur intervention.

    Comment ne pas penser qu’il y a 100 ans, les hommes et les femmes de la Russie Tsariste mourante se levaient et battaient toutes les armées coalisées lancés contre eux et elles.

    Chaque fois, les armées populaires ont triomphé, car elles ne s’appuient pas sur des mercenaires, elles ne s’appuient pas sur des bouchers et sur des valets. Elles s’appuient sur les aspirations justes à défendre son foyer, à protéger les siens, à défendre la construction d’un monde meilleur, libre et égalitaire.

    Même si elles subissent parfois des revers, ces armées du peuple renaissent sans cesse tant que leur lutte n’est pas menée jusqu’au bout.

    Les Hitler, les Erdogan, les fascistes vont et viennent, mais le peuple est toujours là !

    La Turquie se venge, la communauté internationale collabore !

    Face à la résistance exemplaire des combattantes et des combattants d’Afrin, Erdogan s’emplit de fureur.

    De rage, la Turquie fasciste se venge. Elle commet des crimes de guerre, bombardant les villes et les villages, elle assassine les prisonniers -au mépris de toutes les conventions. Elle mutile les corps des combattants et, surtout, des combattantes. Elle se comporte comme tout colonialiste, rempli de colère par le fait qu’on ose lui résister.

    Elle en profite pour raser les sites archéologiques des civilisations anciennes présentes. Le temple d’Ain Dara, datant de 1400 avant J.-C. a été rasé. La Turquie se sert de l’effacement des traces archéologiques pour dénier toute légitimité aux populations quant à leurs revendications d’indépendance. Elle veut annihiler leur passé pour leur interdire un avenir.

    Dans l’Etat truc, des voix se sont levées pour condamner l’agression perfide. Le PKK, parti frère du PYD de Syrie, le TKP/ML, le MLKP…etc. se sont mobilisés. La réponse du pouvoir Turc fut invariablement la répression et l’enfermement.

    Pas après pas, le régime s’enfonce dans le fascisme le plus débridé.

    La communauté internationale a appelé Erdogan à la « modération. » Cela signifie qu’il peut tuer, massacrer, piller, violer, mais avec « retenue. » Cette attitude revient à autoriser l’agression, à l’adouber.

    La France, qui exploite les travailleurs turcs dans les usines de Renault -actuellement en lutte sociale- qui vend des canons et des armes de par le monde, qui est toujours prompte à soutenir les dictateurs et les terroristes qui font son sale boulot, que fait-elle ? Elle déclare qu’il existe un risque terroriste au Rojava, pour justifier l’occupation turque.

    Encensés un temps par l’occident pour leur succès face à Daesh, aidés par les forces spéciales US dans les combats contre l’ogre obscurantiste, les FDS sont désormais lâchés, abandonnés, traités comme des agents jetables. Loin de l’alliance stratégique avec l’occident que certains voulaient essayer de leur faire endosser, les Kurdes des FDS sont de nouveau seuls, avec comme aide notre solidarité, notre soutient financier et politique, nos camardes partis les rejoindre.

    Aujourd’hui, l’occident sacrifie les kurdes et leur cause. Elle ne l’intéresse plus.

    La Russie et le régime de Bachar Al-Assad, quant à eux, ont proposé un marché de dupe. Certains rêveraient de voir l’armée Russe comme les champions de la liberté. La vérité est que la Russie ne proposait que l’annexion du Rojava à la Syrie en échange de la protection de son armée. Une manière de révéler les intentions des impérialistes : le Rojava est un lot à se partager.

    Mais malgré ces répugnantes tractations Mais malgré ces répugnantes tractations, malgré ces tentatives pour broyer les forces combattantes du peuple, cette bataille ne fait que creuser un peu plus le tombeau de l’impérialisme et du capitalisme.

    Le Moyen-Orient souffre de la guerre depuis trop longtemps. Mais cette guerre se retourne contre ses auteurs. Du chaos, du sang, de la souffrance naissent les forces qui instaurent, qui construisent, qui défendent le monde nouveau : le monde socialiste !

  • La France et la trouée de Suwałki – partie 4 – Ukraine

    La France et la trouée de Suwałki – partie 4 – Ukraine

    Ukraine.

    Parallèlement à la question de la Syrie, un autre secteur chaud a retenu la large majorité des attentions. L’Ukraine.

    Ukraine, étymologiquement parlant, est un nom qui résume son enjeu. Le nom est attesté au XVIIème siècle, et porte une signification lourde de sens. Il est issu de l’ukrainien Україна, Oukraïna ou du russe Украина, Oukraïna. Le terme signifie « bout, extrémité » en Russe ; en Bulgare il signifie « coin, terminaison, fin. » Étymologiquement parlant, l’Ukraine est une marge de l’Empire Russe, une zone tampon entre le monde Slave et le monde Germain et Latin. Carrefour des mondes, l’Ukraine est également un de ces points géopolitiques fort courtisés. Ce qui ne gâte rien, l’Ukraine est riche, riche d’une terre noire à l’Ouest, riche dans ses sous-sols à l’est. Elle attire et excite les convoitises à plus d’un titre.

    L’immense plaine Ukrainienne est le champ de manœuvre vers les Balkans, vers le sud de l’Europe, tout comme vers l’Oural. Les cavaliers d’Attila, de Gengis Khan sont passés par ce chemin. Les chars de Hitler également. Si les Etats Baltes sont le terrain de manœuvre du Nord, l’Ukraine monopolise le sud. Entre les deux, l’immense marécage du Pripet les isolent.

    L’Ukraine est une région divisée en trois. Un occident agricole, pro-UE, plutôt d’une teinte idéologiquement réactionnaire. C’est là que les nationalistes ukrainiens trouvèrent leur point d’appui, avec l’aide des services secrets Ouest-Allemands, pour continuer jusqu’en 1956 la guerre contre les soviétiques.

    L’est est de tradition ouvrière, le long du bassin du Donbass, industrialisé par l’URSS. Il est très clivé au niveau des votes, lesquels vont généralement vers des partis pro-russes. Les irrédentistes Russes ont ressorti des cartons poussiéreux du tsarisme le concept de Novorossia, Nouvelle-Russie, pour en justifier les velléités d’annexion.

    La Crimée est un cas à part. Elle n’a été intégrée dans l’Ukraine qu’avec Nikita Khrouchtchev, en 1954. Après la chute de l’URSS, en 1991, la base navale de Sébastopol est demeurée de facto sous le contrôle Russe, bien que de jure la région autonome de Crimée soit Ukrainienne. Elle compte 58% de Russes contre 24 % d’Ukrainiens, ce qui en fait la cible de l’irrédentisme grand-russe. De plus, la Crimée est un porte-avion incoulable sur la mer Noire. Elle est un bastion naturel, en témoigne les grandes difficultés qu’ont eu les Allemands à la conquérir. La base de Sébastopol est une forteresse dans la forteresse, elle est l’archétype de la base navale idéale.

    L’Ukraine est une cible de l’OTAN et, dans une moindre mesure, de l’UE. Dans Le Grand Echiquier, Zbignew Brzezinski voyait dans l’intégration de celle-ci dans les deux organisations un coup fatal porté à la puissance Russe. Consciente de cela, la Russie a tout mis en œuvre pour que cela n’arrive jamais, considérant que l’intégration géopolitique de l’Ukraine dans l’occident serait un casus belli.

    Dans cette situation, le gouvernement Ukrainien est fatalement tiraillé entre pro-russes et pro-européens. Entre 1991 et 2005, cependant, l’Ukraine demeure globalement dans des termes acceptables avec la Russie. 2005 marque l’arrivée de la « Révolution Orange », et l’irruption au pouvoir d’une coalition pro-Européenne, sous l’égide de Ioulia Tymochenko et sous la présidence de Viktor Iouchtchenko. Cette irruption a entraîné, de la part du Kremlin, une réponse politique forte, déstabilisant le gouvernement.  Le premier dure 9 mois, le second un an, le troisième – pro-Russe, sous la direction du Parti des Régions- un et demi, avant un retour de Tymochenko pour deux ans et trois mois.

    La période est marquée par des tensions importantes. Le levier de la Russie est le gaz. D’une part car l’Ukraine perçoit un loyer pour le passage des gazoducs, de l’autre car elle bénéficie de tarifs préférentiels. La Russie peut difficilement la contraindre directement, car un gazoduc ne s’éteint pas comme un interrupteur. Elle ne peut empêcher l’Ukraine de se servir. En revanche, en modulant la pression du gaz, elle peut en priver ceux qui sont en bout de file, notamment la France. C’est une France mécontente qui fait, au final, pression sur l’Ukraine pour qu’elle tempère ses exigences.

    En 2010, le retour du Parti des Régions au pouvoir, pour quatre ans, marque un retour d’une lune de miel entre les deux Etats. Viktor Ianoukovytch est élu et a comme premier ministre Mykola Azarov. Tymochenko, accusée de corruption, est emprisonnée, soulevant la colère de ses partisans.

    En 2013, la crise gronde. L’Ukraine est au bord de la faillite économique. Le salaire moyen est maigre (160€/mois), le pays est en surendettement complet. Il est la proie des vautours impérialistes. D’un côté l’UE refuse un prêt de 20 milliards d’Euros tout en promettant une aide financière, de l’autre la Russie propose 15 milliards de dollars contre l’ouverture des barrières douanières.

    L’attitude peut paraître étrange, mais l’UE ne veut pas offrir une somme colossale en prêt à un gouvernement qui lui est géopolitiquement hostile, argent qui sera, de plus, dépensé chez les Russes. Elle préfère traiter au cas par cas en fonction des intérêts des entreprises Européennes. Les Russes ont moins d’états d’âme, sachant que toute somme prêtée leur reviendra, avec intérêts, dans la poche, tandis que les produits Russes peuvent inonder le marché Ukrainien.

    L’annonce du rejet de l’accord avec l’UE, le 21 novembre 2013 a entrainé une onde de colère. Elle s’est transformée en mouvement appelé Euromaïdan, rassemblant plusieurs centaine de milliers de personnes. Ce mouvement de protestation s’est étendu sur plusieurs mois, avec des images spectaculaires d’affrontements entres partisans du pouvoir, opposants et police. 84 morts ont été recensés, avec un schéma de glissement vers la violence similaire à celui de la Syrie.

    Le mouvement prend fin avec une fuite du gouvernement Ukrainien vers la Russie, entraînant la mise en place d’un gouvernement pro-européen, particulièrement marqué à droite voire à l’extrême-droite néo-fasciste.

    Les fascistes ont d’ailleurs joué un rôle particulièrement important dans le mouvement de Maïdan. Si la très grande majorité des mobilisés portent des revendications libérales et une volonté d’ouverture vers l’UE, les fascistes ont réussit à pouvoir s’imposer comme une force de poids. Le Kremlin, les pro-russes, les anti-euromaïdan et les campistes ont eût tôt fait de cataloguer tout opposant au régime sous se terme là, niant la dimension géopolitique importante, cruciale, de la question.

    En revanche, il est indéniable que ce mouvement a donné un allant immense aux groupes d’extrême-droite Ukrainiens.  Ainsi, à Odessa, les militants de Pravyi Sektor incendièrent la maison des syndicats, tuant 32 personnes. Dans le gouvernement de Poroshenko, les fascistes de Svoboda et de Secteur Droit disposent d’une assise importante.

    A la suite de la mobilisation, une partie de l’oligarchie économique et industrielle de l’Ukraine se rallie au nouveau gouvernement, y compris dans la partie traditionnellement pro-russe. Dans les régions à forte présence russophone, des vexations sont mises en place, notamment contre la pratique de la langue.

    Le clivage s’est transformé en conflit.

    La Crimée a mis en œuvre, dans la foulée, un référendum sur l’indépendance. Le 16 mars 2014, elle proclame, avec 83% de votants et 96.77% de vote pour, sa sécession de l’Ukraine et son rattachement à la Russie. Le déroulement du référendum a été l’objet de vives critiques de la part des opposants, tandis que ses zélateurs l’ont applaudi des deux mains. Toujours est-il que la Russie, dans la foulée, est entrée en Crimée pour en prendre le contrôle. Les « hommes polis », comme les surnomment les Ukrainiens, cagoulés et silencieux, prennent le contrôle des institutions de la péninsule.

    Il s’agit là d’un fait incroyable. La Russie a pu ainsi prendre possession de ce territoire sans tirer un coup de fusil, sans un coup de canon. Après une telle opération, il aurait été logique de voir une levée de boucliers, voir même une escalade. Il n’en fut rien. Immédiatement après cette entrée fracassante, la Russie la minore de manière maximale. La désescalade est efficace. Des sanctions sont prises, économiquement, mais leur effet est -au final- contre-productif. Le marché russe chute de 10%, mais la banque centrale Russe relève ses taux d’intérêt pour stabiliser la monnaie. La Russie augmente de 80% le prix du gaz fourni à l’Ukraine, pour étrangler le pays et pour compenser ses pertes.

    De plus, la partie la plus pro-Russe de l’Ukraine est aussi entrée en rébellion contre le pouvoir. Elle a initié, sous un vernis soviétisant, la République Populaire de Donetsk et la République Populaire de Lougansk. Cette république autoproclamée est difficile à analyser. Les informations qui en sortent transitent souvent par le mémoire déformant du Kremlin ou de ceux qui lui sont hostiles. Il n’est pas évident de déterminer le caractère politique de cette région, bien qu’elle ait immédiatement suscité l’adhésion des forces campistes. Il est par contre notable que Hubert Fayard, ex-membre du Front National, soit le représentant de la République de Donetsk en France, illustrant un mélange des genres toujours vivant.

    En Avril 2014, les militants et militantes rejetant le nouveau gouvernement prennent d’assaut les bâtiments officiels et se déclarant indépendants. Le conflit prend une tournure militaire. Le pouvoir Ukrainien envoie son armée pour juguler la contagion et détruire les insurgés. L’opération est indiquée comme antiterroriste, mais ressemble à une guerre.

    Les villes sont bombardées, les villages sont incendiés. L’Ukraine utilise des chars, des avions de combat, des hélicoptères. Les insurgés répondent avec des armes fournies par la Russie et aux « égarements » de troupes Russes et du FSB de l’autre côté de la frontière.  Aux milices d’autodéfense des deux républiques répondent des groupes armés ukrainiens, dont l’un Azov, s’est taillé une sinistre réputation de bataillon néo-nazi. La ligne de front évolue peu, et, depuis 4 ans, le conflit semble s’être enlisé. Les bombardements sporadiques continuent, mais, là aussi, comme en Crimée, la situation semble être partie pour durer.

    L’objectif, à terme, semble d’établir une zone qui suivrait, grossièrement, le contour du bassin versant du Don, voir du Dniepr, et de rassembler les zones majoritairement russophones ou russophiles dans la fédération de Russie. Le fait que la Russie puisse, par des guerres interposées, avancer ses pions dans le secteur est une preuve de l’accentuation de sa puissance militaire et géopolitique. Le fait qu’elle cible les zones russophones et russophiles laisse supposer qu’elle peut reproduire le même schéma sur les Etats baltes, ce qui suscite l’inquiétude de l’occident et de l’OTAN. Les premiers, dans les derniers débats au sein de l’Organisation Atlantique ciblent désormais précisément la Russie comme la menace principale pour la paix et la sécurité des membres de l’alliance. Elle préconise donc un renforcement de la présence militaire en direction des frontières russes. Elle préconise, en premier lieu, de la renforcer dans la Baltique.

  • La France et la trouée de Suwałki – partie 3 – Printemps arabes

    La France et la trouée de Suwałki – partie 3 – Printemps arabes

    Printemps Arabes

    Parti de Tunisie en  2011, le « printemps Arabe » s’est répandu comme une traînée de poudre à travers le proche et le Moyen-Orient. Ce mouvement s’est finalement heurté à deux types de régimes.

                    Des régimes fantoches, comme celui de Ben Ali et de Moubarak, l’un et l’autre étant des marionnettes sans grand soutien populaire, rapidement tombés de leurs piédestaux.

                    Des régimes autoritaires, mais disposant d’une assises sociale ou clanique, dans lesquels les tentatives de coups de force ont fait long feu et se sont transformés dans leurs nature, du fait de l’intrusion étrangère, pour devenir des leviers d’un bouleversement géopolitique.

    Les deux cas de figure dans lesquels la situation s’est éternisée sont la Lybie et la Syrie. Dans les deux cas, les Russes avaient des intérêts forts dans le secteur.

    En 2011, il ne fait pas de doute que Nicolas Sarkozy n’a pas oublié l’incartade avec Poutine, pourtant jugé encore faible. Cela joue probablement un rôle dans le fait que la France soit en tête d’opérations visant à soutenir les rebelles anti-Kadhafi en Libye. Kadhafi, accueilli en grande pompe en France en 2007, comme un ami par le président français, est vu comme un ennemi mortel en 2011. Celui qui servait de barrière anti-migrant a commis le crime de lèse-majesté d’octroyer une base navale aux Russes à Benghazi. Surfant alors sur le printemps Arabe, les Français, soutenus par les USA -et non l’inverse !- font tomber son régime, pour le remplacer par le chaos.

    Fait intéressant, l’Italie et l’Allemagne s’opposent ou s’abstiennent lors des votes à l’ONU concernant ces sujets. L’Allemagne était alors engagée dans la construction du projet de pipeline sous-marin Nord Stream 1, dont l’administrateur n’était autre de l’ancien chancelier Gerhard Schroeder. Celui-ci devait permettre de contourner les Etats Baltes et la Pologne [ainsi que le Belarus, au grand dam de celui-ci] pour délivrer le précieux gaz, provenant de Bakou II, à l’Europe occidentale. 2011, d’autre part, c’est l’accident du Fukushima, à la suite duquel l’Allemagne stoppe ses centrales nucléaires, augmentant d’autant sa dépendance énergétique. Ce projet à fini par capoter à la suite de questions de découpage des fonds marins, mais a été remplacé par un second projet, lequel n’est pas concerné par les sanctions contre la Russie.

     L’Italie, quant à elle, était en discussion sur la construction d’un autre pipeline, South Stream, permettant, quant à lui, de contourner l’Ukraine, la Turquie, la Roumanie. Ce projet, en concurrence avec celui des USA, nommé Nabucco, aurait arrosé directement la Bulgarie, la Serbie, puis l’Italie. Celui-ci a été abandonné le 1er Décembre 2014, d’une part du fait des entraves mises en place par l’UE, de l’autre comme mesure de rétorsion de la part de la Russie, qui a diminué l’approvisionnement en gaz de l’Europe.

    Syrie.

    A Lattaquié, l’armée Russe a pris ses quartiers, construisant une base aérienne, à quelques pas à peine de la frontière avec la Turquie. A Tartous, le long de la mer méditerranée, ils avaient installé une base navale. Celle-ci est essentielle à la stratégie Russe de débordement du cercle de fer qui l’entoure.

    La Syrie était une cliente de longue date de la Russie et la France. La première pour des liens géopolitiques datant de l’époque de l’URSS, la seconde pour le mandat donné par la S.D.N. après la Première Guerre mondiale.

    La France s’est toujours prévalue d’être la protectrice tutélaire des Chrétiens d’Orient, ce qui lui octroyait un informel mais très concret droit de regard sur les affaires au Levant. Les liens de clientèle avec le Liban et avec la Syrie ont néanmoins perduré, sous des formes également mafieuses.

    La concurrence de la part de la Russie a, en revanche, toujours été regardée comme une intrusion malvenue. L’accroissement de cette présence a joué un rôle certain dans l’appui de notre Etat à l’opposition contre Bachar Al-Assad. Comme en Côte d’Ivoire, la France, déçue par son laquais, choisit d’en placer un autre. Gbagbo contre Ouattara, Bachar Al-Assad contre l’ASL. A cette plaie s’est surajouté, comme une surinfection, la question de la base Russe, qui aiguillonne tous les acteurs géopolitiques. Avec la question Turque, la question Kurde, la question confessionnelle et la présence d’un Etat en faillite, l’Irak, la région est un bocal de nitroglycérine. 

    Au lieu d’une permutation propre et nette, l’affaire a cafouillé dans les grandes largeurs. Depuis 2011, la Syrie s’enfonce dans le chaos, dans un billard à quatre bandes, entre Loyalistes, ASL, Forces Démocratiques Syriennes, que nous soutenons au travers, notamment, de la participation à la campagne sur le Bataillons International] et Etat Islamique.

    Le passage d’une contestation pacifique et basée sur des revendications démocratique a un guerre civile est délicat à retranscrire. Les responsabilités sont floues et confuses. Il ne fait pas de doute que le régime a cherché à étouffer la contestation, cependant la présence d’agents provocateurs hostiles au régime, tirant aveuglément dans la foule, est attestée par plusieurs témoins.

    D’une manière générale, cette brochure n’a pas vocation à trancher cette épineuse question. Toujours est-il qu’un soutien logistique et des moyens technologiques ont été fournis aux rebelles, leur permettant de se montrer particulièrement efficaces contre l’armée loyaliste.

    La Russie a fait de même de son côté, le 15 septembre 2015, Vladimir Poutine déclare « Nous soutenons le gouvernement de Syrie. Nous fournissons, et nous continuerons à [lui] fournir aide et assistance technique et militaire  ». Mais là où elle a réussit à œuvrer particulièrement intelligemment, c’est dans le fait de saisir la balle au bond. L’irruption du terrorisme de l’Etat Islamique en France et en occident ont permis de transgresser les barrières de l’engagement militaire.

    Si l’occident est resté d ans une politique du drone strike et des opérations limitées, la Russie a fait preuve d’un investissement très important dans le conflit. Surtout, elle l’a fait de manière efficace. Au lieu d’actions sporadiques, elle a utilisé ses troupes en appui tactique des forces loyalistes. A partir du 30 septembre 2015, celle-ci ne reculent plus.

    Les pertes sont modiques (26 hommes, deux hélicoptères et un bombardier détruit par la Turquie) alors que les résultats sont immenses. Deux effets sont notables : le premier est une démonstration de force et de capacité d’intervention qui stupéfie les observateurs. La Russie use, parfois sans grand discernement, de ses armes de pointe. Dès le premier jour, elle met en scène un lancer de missiles 3M-54 Kalibr, dont nous avons parlé plus tôt. Cela ne se justifie pas techniquement, pas plus que l’emploi de Tu-22M pour bombarder au jugé. Mais l’occasion est trop belle pour ne pas tenter d’en étal.

    La seconde est politique : elle dore un blason fort terni. Les campistes se pâment et portent aux nues la moindre avancée comme si elle était le fait de l’Armée Rouge ; les fascistes saluent Poutine et Bachar comme des remparts à l’Islamisme ; la droite fait de même. Finalement, seul le PS, les trotskistes et certains anarchistes restent solidaires de l’ASL. Le camp pro-occidental s’étiole.

    Dans un sens, la guerre de Syrie est une nouvelle guerre d’Espagne, d’un point de vue géopolitique. Chaque camp s’y jauge, jauge ses adversaire, fait preuve se sa capacité opérationnelle à soutenir telle ou telle force. La différence est que le camp du progrès, incarné par les FDS, est nettement moins puissant et nettement moins soutenu.

    Ce conflit est l’occasion d’une rencontre entre deux acteurs géopolitiques opposés.

    La Turquie soutient l’ASL et, en sous-main, fourni une assistance à l’Etat Islamique. Son objectif stratégique est de conquérir le nord de la Syrie, de rafler les régions riches de ce secteur et de détruire les bases arrières de la guérilla du PKK. Elle a donc des visées antagoniques à celles de la Russie, sur la question de l’intégrité territoriale de la Syrie, mais également vis-à-vis de ses alliés de l’OTAN, qui soutiennent de manière croissante la très efficace armée des FDS, notamment l’YPG. Le brouillard de guerre est total.

    Le 24 novembre 2015, la Turquie abat un Su-24M Russe, qui avait franchi son espace aérien. Un pilote est tué. Un froid s’installe, avec des sanctions prises. Elle met un an a se dénouer.

    Son dénouement, en revanche, est incroyable. La Russie et la Turquie se rapprochent et concluent un accord. Cela permet de terminer la bataille d’Alep-est, la Turquie donnant l’ordre à l’ASL de se retirer et de remonter frapper les arrières des forces Kurdes. Elle illustre une capacité de la Russie à pouvoir trouver des modus vivendi entre forces antagoniques, au prix de la vie des progressistes sincères.

    Aujourd’hui, ce conflit est en passe de se régler. l’EI est en déroute. Le temps du partage, pour la Russie, est venu. Elle a proposé aux YPG et aux combattants du Rojava de réintégrer la Syrie et de se mettre sous sa protection, en échange de la perte de l’indépendance. Face au refus de ceux-ci, elle se contente de regarder la Turquie tenter d’écraser la poche d’Afrin.

    Le régime d’Erdogan, pourtant membre de l’OTAN, vacille sur son alignement. C’est un signe. Erdogan  flaire que son engagement au côté de l’UE est un jeu de dupe. Malgré ces liens économiques avec l’Allemagne, malgré que l’Europe le soutienne, l’entrée dans l’Union se heurte à une fin de non recevoir constante. Il est l’allié gênant, le larbin faisant le sale boulot, tandis que ses maîtres gardent les mains propres. Persona non grata en occident, il s’ouvre au chant des sirènes moscovites.

    Le 21 novembre 2016, nous écrivions dans La Turquie fait les yeux doux à l’organisation de  Shanghai : « Cherchant sa place dans un échiquier géopolitique au sein duquel elle voudrait exister en tant que puissance régionale, pas seulement en tant que zone d’opération, logiquement, elle monnaie.

    Elle a monnayé sa politique sur les migrants auprès de l’UE, acceptant subsides et investissements, mais n’obtenant pas ce qu’elle souhaite, une reprise des discussion sur son adhésion. Critiqué -mais pas condamné- par l’Union Européenne et l’ONU à la suite de la vague de répression qui s’est abattue sur le pays depuis Juillet, ciblant principalement les progressistes de HDP et les kurdes, le président de l’Etat Turc a donc répondu par une pique.

    Erdogan a donc déclaré: « Certains pourraient me critiquer mais je fais part de mes opinions. Par exemple, je me demande pourquoi la Turquie ne rejoindrait-elle pas l’Organisation de Shanghai? » De même, il menace d’un référendum sur le processus d’adhésion à l’UE avant la fin de l’année si celle-ci ne reprend pas les négociations.

    Bonne marchande, elle monnaie son allégeance à l’autre coté, pour flairer si l’Organisation de Shanghai lui offre mieux. Quant à savoir si il s’agit d’un virage complet ou d’un bluff pour faire monter les enchères, difficile à dire.

    Pour autant cela est révélateur de la situation particulière dans laquelle se trouve l’équilibre militaire: La Turquie, depuis son apparition, à la partition de l’Empire Ottoman, a été l’objet de toutes les attentions, pour bloquer l’URSS naissante, pour verrouiller ses détroits, à l’inverse, de pressions de l’URSS pendant la Seconde Guerre Mondiale, pour qu’elle intervienne; mais également bastion de l’OTAN et de la réaction pendant la guerre froide. »

    Les alliances sont instables et sont souvent empreintes d’esprit de girouette. Mais elles sont révélatrices des rapports de forces internationaux. Aujourd’hui, des Etats opportunistes peuvent déclarer leur souhait de se lier à la Russie, non par amour, mais bien parce qu’elle semble apporter un nouveau souffle impérialiste, un nouveau partage du monde, dans lequel certains aimeraient se voir jouer le rôle de gagnants.

  • Réunion publique sur le Pavillon Noir, local fasciste de Lyon

    Réunion publique sur le Pavillon Noir, local fasciste de Lyon

    Mobilisation pour la fermeture du Pavillon Noir

    Un local néo-nazi à deux pas de chez vous…

     

    Le samedi 13 janvier 2018 à 17h a ouvert au 73 quai Pierre Scize dans le 5ème arrondissement un local « associatif » appelé le Pavillon Noir.
    Ce local est géré par un groupuscule, le Bastion Social.

    Le Bastion social est la nouvelle dénomination choisie par le GUD qui est un mouvement d’extrême-droite radical existant depuis la fin des années 1960.
    Le Gud est connu pour sa violence de rue et ses liens avérés avec le milieu néo-nazi.
    Nombreux de ses militants sont passés par la case prison (ou le sont encore) pour des agressions racistes, lgbtphobes* ou envers des militants dits de gauche.

    Ce mouvement (Bastion Social) crée il y a quelques mois a choisi comme modèle le parti néo-nazi grec Aube Dorée mais aussi la « Casa Pound » italienne.

    La Casa Pound Italienne est un groupe politique néo-fasciste qui se réclame ouvertement de l’idéologie et de l’histoire du fascisme.

    Son idéologie raciste peut se résumer ainsi : venir en aide uniquement aux italiens d’origine italienne en les opposant aux personnes immigrées qu’ils-elles soient depuis plusieurs générations sur le territoire.

    Comme tout mouvement fasciste, cette politique discriminatoire s’accompagne d’agressions multiples.

    Il n’est pas possible de rester sans réaction face à l’ouverture de ce nouveau lieu public tenu par l’extrême-droite radicale lyonnaise.

    En effet, d’autres locaux et commerces gérés par d’autres groupuscules (Génération Identitaire par exemple) sont déjà ouverts notamment dans le 5ème arrondissement.
    Ces lieux font régner dans le quartier une ambiance délétère pour les habitant-e-s et les commerçant-e-s.

    L’ouverture de ce local « Le Pavillon Noir » ne fera que renforcer cette situation et multipliera les agressions contre les personnes ne correspondant pas à leur vision raciste, sexiste, lgbtphobe…
    Des voix se font entendre dans le 5ème arrondissement pour dénoncer ces exactions qui pèsent sur le quartier.

    Nous devons être solidaires et agir dès aujourd’hui pour faire fermer ce local qui accueillera la frange lyonnaise néo-nazie.

    Réunion Publique d’Information : Jeudi 8 février 19h – Mairie du 1er arrondissement (2 place Sathonay)

    Manifestation le samedi 3 mars 14h – Place des Terreaux

    Toutes et tous ensemble, fermons le Pavillon Noir !

    Blog : (https://contrelepavillonnoir.wordpress.com) – contact : contrelepavillonnoir@gmail.com

    Signataires de l’appel : Coordination des Groupes Anarchistes, YDG, Jeune Garde, JC Lyon, CNT, Solidaires Etudiant-e-s, Lesbian and Gay Pride Lyon, Pink Bloc Lyon, Unité Communiste de Lyon, Alternative Libertaire Lyon, CGT Educ’Action, CGT Vinatier, Sud Education, CGT Jeunes 69, Unité2Classe, Collectif Vigilance 69 – Agir pour l’égalité, Attac, CSPG, COVRA, Ensemble !69, EELV, FSU, HES, LDH, Planning Familial, NPA, PCF, PG, Ras l’front, Réseau des MJC de Lyon, UNEF…

    *Agressions sur des personnes appartenant à la communauté LGBT (Lesbienne, Gay, Bisexuel et Transsexuelle)

  •  Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon à la fête des martyrs TKP / ML – TIKKO

     Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon à la fête des martyrs TKP / ML – TIKKO

     Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon à la fête des martyrs TKP / ML – TIKKO

    C’est un honneur pour nous, camarades, d’être présent aux côtés de votre organisation pour cette soirée en l’honneur des martyrs de la Révolution en Turquie et au Kurdistan.

    L’Unité Communiste de Lyon salue la lutte exemplaire que mène le TKP / ML – TIKKO. Elle salue cette lutte, menée dans des conditions difficiles, face aux fascistes, aux obscurantistes, aux impérialistes.

    Nous ne sommes pas une grande organisation influente et puissante, mais nous voulons cependant, nous aussi, à la mesure de nos forces et de nos moyens, participer à la solidarité internationaliste et anti-impérialiste. Dans ce but, au côté d’autres organisations, dont OCML-VP, ici présente, nous participons à la campagne de solidarité avec le Bataillon International du Rojava. Nous avons également participé à la rédaction d’une lettre ouverte aux organisations politiques et aux médias militants, pour leur demander de prendre position sur la question du combat en Syrie, et de cesser cette attitude de double-face, en soutenant en façade les forces de la révolution tout en appuyant les réactionnaires et les impérialistes.

    Nous venons ici déclarer notre soutien à la lutte du TKP/ML TIKKO. Trois dates ne peuvent que venir à l’esprit lorsqu’on pense à ces combats, à cette terrible épreuve.

    La première à eu lieu il y a 75 ans, il s’agit de la victoire de Stalingrad. Face aux armées fascistes-nazies, les soviétiques, sous la direction du comité de défense formé notamment de Molotov, Vorochilov et Staline, ont tenu bon face à l’ennemi. L’ont battu, l’ont écrasé.

    Le seconde à eu lieu il y a 50 ans, il s’agit de l’offensive du Têt, faite par l’Armée Nord Vietnamienne et par la guérilla Vietminh. Cette offensive a brisé la capacité de combattre de la plus puissante armée du monde, l’a humiliée, l’a réduite à abandonner le combat.

    La dernière est celle qui se déroule aujourd’hui, qui embrasse la Moyen-Orient dans son ensemble. Cette lutte est une lutte qui se mène contre les coalitions impérialistes, contre les fascistes, contre les obscurantistes. Elle est l’immense arène dans laquelle les armées des réactionnaires seront brisées.

    Pourquoi ? Car on ne peut briser les armées du peuple, on ne peut réduire au silence celles-ci. Les impérialistes et les ennemis du peuple essaient inlassablement et échouent, car les masses populaires représentent les forces créatrices.

    « Nous sommes résolument pour la paix et contre la guerre. Mais si les impérialistes s’entêtent à déclencher une nouvelle guerre, nous ne devons pas en avoir peur.

    Notre attitude devant cette question est la même que devant tous les désordres: primo, nous sommes contre, et secundo, nous n’en avons pas peur.

    La Première guerre mondiale a été suivie par la naissance de l’Union soviétique avec une population de 200 millions d’habitants.

    La Seconde guerre mondiale a été suivie de la formation du camp socialiste qui englobe une population de 900 millions d’âmes. Il est certain que si les impérialistes s’obstinent à déclencher une troisième guerre mondiale, des centaines de millions d’hommes passeront du côté du socialisme et seul un territoire peu étendu demeurera aux mains des impérialistes; il est même possible que le système impérialiste s’effondre complètement. » Ecrivait Mao Zedong, dans « De la juste résolution des contradictions au sein du peuple », en 1957.

    C’est ce que nous observons aujourd’hui. C’est cette prédiction dont nous verrons la réalisation, si les impérialistes s’obstinent. C’est la naissance de celui qui leur donnera le coup de grâce. Ils seront balayés, comme l’ont été les Hitler, les Mussolini, les Napoléon et tous les autres agresseurs.

    Les fascistes aussi connaîtront le même sort.

    Les fascistes d’AKP prétendent être les défenseurs du peuple Turc. Ils se disent ses amis, ils se disent les protecteurs des masses exploités. Or que font ils en réalité ? Ils vendent les travailleurs et les travailleuses en esclavage aux patrons et aux patronnes. Ils vendent la Turquie en esclave aux impérialistes, ils en sont les valets, les larbins. Ils pensent qu’ils seront gagnants dans ce conflit, alors qu’ils ne font que ramper et quémander une place aux puissances impérialistes, dont la France.

    Les fascistes ont toujours agi ainsi, ils sont les ennemis du peuple, ils sont des traitres à la cause qu’ils prétendent défendre.

    Le seul camp de la défense des intérêts des peuples de Turquie, c’est le camp de la révolution, c’est le camp de la liberté, c’est le camp du communisme. La seule force qui lutte contre les bourreaux des travailleurs de Turquie, c’est la voie révolutionnaire.

    C’est la voie de Kaypakkaya.

    C’est la voie que suivent celles et ceux qui se placent sous les portraits de Marx – Engels – Lenine – Staline et Mao !

    C’est le camp des martyrs que nous saluons aujourd’hui.

    La roue de l’histoire tourne, et écrase les impérialistes, les fascistes et leurs agents. L’avenir est rouge, l’avenir est communiste !

    Vive le TKP / ML – TIKKO, vive la lutte révolutionnaire !

    Vive le communisme !