Auteur/autrice : unitecommuniste

  • Le Brésil à la croisée des chemins – Partie 3

    Le Brésil à la croisée des chemins – Partie 3

    Le Brésil à la croisée des chemins – Partie 3

    Le « moindre mal » consistait en adopter des parts du programme du PSL dont Bolsonaro était le candidat. Ainsi, entre les deux tours, le PT a intégré plusieurs éléments du programme du PSL, notamment en faisant des concessions énormes auprès de revendications portées par les religieux. En faisant cela, non seulement le PT n’a pas gagné de voix, mais il a contribué à accélérer sa décomposition. Coincé entre le marteau de la bourgeoisie et l’enclume de leur base sociale et de leur base d’appui, le PT se disloque.

    Cet exemple est terriblement illustratif de la faillite de l’intégralité des directions sociale-démocrates, et ce, dans toute l’histoire de la pensée réformiste.

    Le crétinisme parlementaire, les calculs politiciens, les prises de positions basées sur un « moyen-terme », sont, en dernière instance, des impasses. La sociale-démocratie ne considère sa victoire qu’au travers des urnes, qu’au travers de l’accès aux plus hautes fonctions d’un Etat intrinsèquement bourgeois, conçu, ouvragé, architecturé par la bourgeoisie pour réprimer les masses populaires. Et son accès ne se fait que par la victoire d’une « majorité » sur une « minorité » au sens le plus électoral du terme.

    Pour gagner cette « majorité », au lieu d’être sincère et honnête avec les masses, même si certaines vérités peuvent être déplaisantes ou glaciales, la sociale-démocratie cherche le consensus, le flou, les déclarations qui l’entretiennent, qui permettent à chacun d’y voir ce qu’ils veulent y voir. En clair, au lieu de chercher à se démarquer de la bourgeoisie, à soulever les masses contre elle, elle vise à les faire capituler.

    Elle recherche une victoire électorale « au centre », au lieu de rechercher une victoire politique « aux ailes », en attaquant frontalement la bourgeoisie, en dénonçant son discours, ses élections, son Etat.

    En France, durant la dernière élection, aucun candidat, même issu des organisations les plus « radicales » n’a fait cela. Tous ont respecté le fonctionnement des élections bourgeoises, sans jamais s’attaquer à elle et sans jamais chercher à faire avancer politiquement les exploités et les opprimés. Pire, les positions, même les plus « à gauche », étaient réactionnaires dans le sens où elles ralentissaient la prise de conscience politique, la ramenaient en arrière.

    Pour une grande partie des masses populaires, des exploités et des opprimés, il y a une conscience diffuse du fait que le capitalisme ne fonctionne pas, du fait que les directions successives des Etats bourgeoisie œuvrent toutes dans le sens d’une réduction des salaires, d’une baisse des niveaux de vie, d’une baisse -même- de l’espérance de vie. Il existe une conscience diffuse du fait que les élections sont des parodies de démocratie, qu’elles ne changent strictement rien sur le fond de l’affaire, car ils expérimentent dans leur chair, dans leur vie, les conséquences directes de la dictature de la bourgeoisie.

    Face à cela, les sociaux-démocrates, affichés ou non, n’offrent qu’un panel de discours allant du « nous ferons mieux (dans la cogestion avec la bourgeoisie) » à « le cadre électoral n’es pas parfait » pour les plus radicaux. Dans l’un comme dans l’autre, le 4ème mur de l’electio comoedia, de la comédie électorale, n’est pas brisé.

    Derrière cela, il existe l’idée, pourtant broyée par Lénine, que la question de la victoire sur la bourgeoisie n’est qu’une question de la victoire de la majorité contre la minorité. Il réside là le mythe que le fait d’accéder aux fonctions suprêmes de l’Etat bourgeois est la clé de la résolution de tous les problèmes -si tant est que ces politiciens professionnels croient un instant à leurs propres discours.

    Non seulement cette position est fausse, mais elle est dangereuse politiquement. Lénine, résumant la pensée de Karl Kautsky, écrivait cela : « Si l’on raisonne en libéral, on sera obligé de dire: la majorité décide, la minorité obéit. Les désobéissants sont punis. Voilà tout. Inutile de disserter sur le caractère de classe de l’État en général et sur la « démocratie pure » en particulier; cela n’a rien à voir là dedans puisque la majorité est la majorité, et la minorité la minorité. Une livre de chair est une livre de chair, un point c’est tout ! »1

    « Epris de démocratie « pure », dont il ne voit pas le caractère bourgeois, il soutient avec une « belle logique » que la majorité, du moment qu’elle est majorité, n’a pas besoin de « briser la résistance » de la minorité, de la « réprimer par la violence »; il lui suffit de réprimer les cas de violation de la démocratie. Épris de démocratie « pure », Kautsky, par mégarde, commet ici la petite erreur que commettent toujours les démocrates bourgeois, c’est à dire qu’il prend l’égalité de forme (de bout en régime bout mensongère et hypocrite en régime capitaliste) pour en l’égalité de fait ! Que cela ! »2

    Comme si les exploiteurs, qui possèdent les capitaux -culturels comme financiers- les habitudes de commandement, les relais politiques et médiatiques, les moyens de production et de répression, étaient les égaux des exploités.

    Nous l’avons mentionné dans plusieurs brochures précédentes traitant de la légalité bourgeoise tout comme de la dictature du prolétariat, la bourgeoisie ne fera pas de quartier si elle se sent menacée. Préventivement, elle sème les idées réactionnaires, la division au sein des masses, les troubles et le chaos dans les exploités pour les diviser et les écraser.

    Or, les sociaux-démocrates, que font-ils ? Comme ces idées sont hégémoniques -car l’idéologie bourgeoise est hégémonique elle aussi- comme elles sont les idées de la majorité, ils les adoptent. Ils les adoptent et les déploient largement pour tenter de concurrencer les réactionnaires sur leur propre terrain.

    Ainsi, ils avalisent les idées réactionnaires, les cajolent, soit-disant, encore, parce qu’ils écouteront les masses tout en faisant le « moindre mal ». Ils donnent raison aux fascistes et aux fascisants sur le fond, en adoptant leur programme, maquillé de social. Ainsi naissent les fractions sociales-fascistes, telles Aufstehen !, tels les discours de Kuzmanovic, tout comme avant il y eut les Mussolini, les DAP, les PPF…

    La seule utilité des élections, pour les organisations communistes, pour les progressistes sincères, est d’utiliser la parodie de démocratie pour la dénoncer, pour avancer la nécessité de l’organisation indépendante des masses populaires, des exploités, des opprimés, dans leurs outils du pouvoir : les soviets, les conseils, les assemblées populaires. D’appeler à s’organiser dans les rangs des organisations qui veulent avancer vers le changement réel : les organisations communistes.

    Ce sont les conclusions qui se tirent de l’expérience du mouvement ouvrier, du mouvement révolutionnaire, du mouvement communiste. Non par choix, non pas amour de l’aventure, mais par conscience du fait que la bourgeoisie, les bourgeoisies, confrontés aux mêmes difficultés économiques, sociales, ou politiques, opteront toutes par un schéma similaire : l’appel à la réaction, l’appel à l’écrasement des contestations populaire, la mobilisation réactionnaire des masses, l’appel à la liquidation du camp progressiste et révolutionnaire.

    Même si l’élection de Bolsonaro au Brésil a pu gêner aux entournures certains dirigeants bourgeois qui veulent maintenir une façade de progressisme, non seulement ces dirigeants collaboreront économiquement avec le fasciste Brésilien, mais ils le soutiendront politiquement. Tout « progressistes » que se disent les Trudeau -cette droite que la gauche aime bien- les Macron, aucun océan politique ne les séparent.

    1V. Lénine, Le renégat Kautsky et la Révolution Prolétarienne. (1918)

    2Idem

  • Le Brésil à la croisée des chemins – Partie 2

    Le Brésil à la croisée des chemins – Partie 2

    Partie 2

    Pourquoi Bolsonaro a t’il gagné ?

    Le point central demeure néanmoins la désespérance des masses populaires face à l’échec du réformisme, de la sociale-démocratie. La sociologie du vote sera mieux connue au fur et à mesure des travaux qui seront fait sur cette question, mais il est possible de tirer quelques traits généraux :

    Un clivage géographique important : le Nordeste, l’Etat le plus pauvre, a été le bastion du vote Haddad tandis que les régions les mieux intégrées dans l’économie internationale ou frontalières du nord et de l’ouest -soumises à une paranoïa de l’expansion du conflit venezuelien- ont voté majoritairement pour le parti de Bolsonaro.

    La composition ethnique du Nordeste, aussi, où les descendants d’esclaves sont les plus nombreux, joue un rôle dans le rejet de la rhétorique raciste du candidat fasciste.

    Sur « qui vote quoi », le résultat est clivé : Le Brazilian Institute of Public Opinion and Statistics (IBOPE) indiquait que le quart inférieur de la population, en termes de revenus, était le seul à avoir majoritairement voté pour Haddad (59/41) tandis que les plus aisés illustrent un écart écrasant (29/71).

    Au niveau des études, ceux et celles qui ont un niveau primaire sont, là encore, les seuls à être plus pour Haddad que pour Bolsonaro (54/46). L’abstention et le vote nul ne sont pas inclus dans le tableau, cependant, ce qui peut fausser les résultats.

    Ce n’est donc pas un total écrasement que connaît le PT, en termes de votes et de résultats. Mais la défaite n’est pas quantitative, elle est qualitative.

    Les masses populaires, qui représentent une écrasante majorité, se sont globalement détournées de ce parti et se sont laissées convaincre par la rhétorique fasciste.

    Deux raisons à cela :

    D’une part le discours individualiste et moraliste du candidat réactionnaire, qui a trouvé un écho chez les déçus du PT. Bien des prolétaires, même si le discours était calibré pour la petite bourgeoisie ou le lumpenprolétariat, ont bu les paroles et les promesses de prospérité économique, de réussite sociale, de possibilité de grimper l’échelle sociale. Parmi les témoignages recueillis chez ceux qui ont soutenu le fasciste, revient sans cesse cet espoir de « rêve américain » promis par l’élection de Bolsonaro.

    Reviennent aussi les questions liées à la probité des candidats. Bolsonaro s’est targué d’être le seul à ne pas avoir été éclaboussé par les scandales de corruption, au contraire des ex-présidents Lula et Roussef.

    L’autre aspect est du fait du bilan de la sociale-démocratie elle-même et du fait qu’elle soit une impasse stratégique. Rendons cependant à César ce que revient à César et accordons-le : le bilan en termes de lutte contre la pauvreté des mandats de Lula et de Rousseff sont positifs. Les différents programmes ont permis de sortir de la misère la plus noire une masse importante de population. Ils ont offert l’accès à la santé, à l’éducation, à une alimentation régulière à un grand nombre de personnes.

    Mais il s’agissait alors d’une période d’expansion économique importante, après le marasme de la fin des années 1990. La bourgeoisie était alors contrainte d’accepter ces concessions -vues comme temporaires- pour son propre salut. A parti de 2011, cependant, la situation s’était terriblement dégradée. La récession économique avait cruellement frappé le pays, avec un taux de chômage de près de 13%, soit plus de dix millions de chômeurs. La contraction de l’économie et l’incapacité de la sociale-démocratie à enrayer la crise ont joué en plein. La bourgeoisie est passée également d’une position où elle pouvait concéder des miettes à une où, se sentant menacée, elle s’est mise à se raidir, à se crisper, à riposter.

    Or, comment le PT a t’il réagit ? Par le « moindre mal » .

    Chaque fois que la sociale-démocratie a pu être confrontée à la réalité de l’exercice du pouvoir, elle a échoué et trahi ceux qu’elle prétendait défendre. L’histoire contemporaine l’illustre avec une acuité constante.

    Dans les œuvres choisies de Dimitrov, on retrouve ainsi ce paragraphe prophétique : Le principal obstacle dans la voie de la réalisation du front unique de lutte des ouvriers communistes et social-démocrates, a été et reste la politique de collaboration avec la bourgeoisie, suivie par les partis social-démocrates, qui actuellement ont amené et exposé le prolétariat international aux coups de l’ennemi de classe. Cette politique de collaboration avec la bourgeoisie, connue sous le nom de politique dite du « moindre mal », a, en fait, amené en Allemagne le triomphe de la réaction fasciste.

    Cette politique du « moindre mal », du fait de la sous-estimation des contradictions entre exploiteurs et exploités, est la signature de la sociale-démocratie. Elle est ce qui fait qu’elle échoue toujours à porter des coups. Au mieux les sociaux-démocrates se voient comme des « bouclier », qui essaient de trouver un terrain d’entente avec la bourgeoisie sur le dos des masses « pour leur bien ». Elle essaie sans cesse de marier l’inconciliable, les intérêts des exploiteurs et ceux des exploités, tout en conservant un « consensus démocratique ». Or, cela se traduit par la trahison pure et simple des interêts des masses populaires, par le fait de se plier, lentement mais sûrement, aux injonctions de la bourgeoisie, sous prétexte que si cela n’est pas fait, la situation « sera pire ».

    Déjà affaibli, le PT a été en face d’un choix stratégique.

    La sociale-démocratie du Venezuela, dès l’époque de Chavez, a tenté un jeu du grand écart : faire un bloc national contre les pressions des USA, et faire une espèce de « démocratie nouvelle » sans dictature du prolétariat. Cela a fonctionné un temps.

    Au fur et à mesure de l’avancée de la lutte des classes, la situation s’est compliquée. Voulant maintenir le bloc par une conciliation de classe, la sociale démocratie vénézuelienne s’est trouvée entre deux feux : d’une part celle d’une portion de la bourgeoisie qui s’appuie, de plus, sur des puissances étrangères, de l’autre celle des masses déçues. Il en ressort ce conflit constant, dans lequel la seule issue est celle d’un glissement vers la réaction.

    Dans le cas du Brésil, le PT ne pouvait jouer la carte du bloc. Sa bourgeoisie n’a d’autre vocation que celle de s’épanouir comme une bourgeoisie impérialiste. Cette voie nationale-populaire, une voie de compromis cependant, lui est fermée. Elle a agi alors par la trahison pure et simple des intérêts des masses, sous prétexte d’être « le bouclier ». La bourgeoisie exige, le PT est pris par l’obligation d’obéir, car, dans la concurrence internationale, dans la crise, il ne peut trahir son maître, qui est dos au mur.

    Cela mérite qu’on se penche un instant sur ce qu’écrivait Staline juste après la victoire du nazisme : Il ne faut pas la considérer seulement comme un signe de faiblesse de la classe ouvrière et comme le résultat des trahisons perpétrées contre elle par la social-démocratie qui a frayé la route au fascisme. Il faut la considérer aussi comme un signe de faiblesse de la bourgeoisie, comme un signe montrant que la bourgeoisie n’est plus en mesure d’exercer le pouvoir par les vieilles méthodes du parlementarisme et de la démocratie bourgeoise, ce qui l’oblige à recourir dans sa politique intérieure, aux méthodes terroristes de gouvernement; comme un signe attestant qu’elle n’a plus la force de trouver une issue à la situation actuelle sur la base d’une politique extérieure de paix, ce qui l’oblige à recourir à une politique de guerre.1

    La crise économique et la peur de la bourgeoisie d’une perte de contrôle ont donné naissance à la volonté de mettre en place ce personnage. La sociale-démocratie, qui était une interface intéressante un moment, n’a plus suffi. Alors la bourgeoisie et particulièrement la grande bourgeoisie l’ont abandonné et jeté dans la fosse aux lions.

    Il ne fait aucun doute que les grandes compagnies comme Pétrobras ont arrosé massivement l’intégralité des politiques du Brésil, à droite comme à gauche. C’est là une politique logique et cohérente pour que ce grand trust soit laissé en paix. D’une part, il s’agit d’un petit coût pour conserver d’immense bénéfices, de l’autre, cela permet de mouiller des responsables politiques dans des affaires louches, de leur accrocher des casseroles, et de leur faire payer l’addition quand bon leur semble.

    Il est probable que l’émergence des affaires de corruption concernant Lula et Rousseff étaient le signe annonciateur d’un changement de stratégie de la part de la grande bourgeoisie brésilienne, pour amorcer un durcissement de sa ligne et gouverner sans interface. Passer de la lutte des classes à la guerre terroriste contre les masses populaires.

    Et face à cela, la sociale-démocratie est restée paralysée.

    1J. Staline : « Deux Mondes », Rapport sur l’activité du Comité central présenté au XVIIe congrès du Parti communiste (bolchevik) de l’U.R.S.S., les Questions du léninisme, t. II, p. 139, Editions sociales, Paris, 1947.

  • Le Brésil à la croisée des chemins. Partie 1

    Le Brésil à la croisée des chemins. Partie 1

    Le Brésil à la croisée des chemins.

    Partie 1

     

    Jair Bolsonaro a été élu. Le candidat d’extrême-droite, avec 56% des voix, accède aux fonctions suprêmes de la 9ème puissance mondiale et du 5ème Etat le plus peuplé du monde. Bolsonaro « Mito » -le Mythe- a désormais les coudées franches pour imposer son programme de terreur sur les masses populaires du Brésil.

    Cette élection était une formalité pour les fascistes. Le recours à la force avait été déjà envisagé -et annoncé publiquement- comme option en cas d’échec.

    Si, déjà en amont de l’élection, les partisans de Bolsonaro avaient commis des exactions, enivrés par l’hypothèse de la victoire, par les discours fiévreux et enflammés, dès l’annonce des résultats, une chape de plomb est tombée sur le Brésil.

    Les manifestations de colère et de dépit de la part des opposants au nouveau président ont été réprimés avec la plus grande virulence, tant par une police déchaînée que par des partisans du militaire, se muant en pogromistes de la pire espèce.

    Les seuls manifestants qui purent, au mépris de la loi, marcher dans les rues, furent les militaires eux-mêmes. A Niteroi, près de Rio, les militaires goguenards ont ainsi traversé la foule, juchés sur leurs camions, fusil d’assaut à la main.

    Aujourd’hui, les universités du Brésil sont sous tension. Leur nouveau ministre est un vieillard, militaire de carrière, ancien pilier de la dictature, à l’heure où ces lignes sont écrites, des professeurs sont interrogés par la police. Les favelas tremblent devant la certitude de voir des escadrons de la mort envahir les rues et semer les cadavres. Les femmes, les minorités sexuelles, les natifs, s’attendent à voir une pluie de lois réactionnaires et racistes tomber du ciel. Les progressistes, les révolutionnaires, les communistes se sont vus proposer un choix simple : la valise ou le cercueil. L’exil ou la tombe. Certains, certaines, qui, pourtant, sont en première ligne, ne se doutent de rien. Parmi la foule qui a applaudi l’élection se trouve une majorité de futures victimes.

    Le programme anti-populaire de Bolsonaro a pourtant séduit nombre de votants et de votantes. Logiquement, les milliardaires du football brésiliens, à qui il promet des taxes réduites, les marchés nationaux et internationaux, qui se ruent sur l’aubaine de pouvoir exploiter la main d’oeuvre du Brésil, dont le coût s’effondrera, et qui pourront faire la loi dans les entreprises.

    Et pour cause !

    Le plan économique de Bolsonaro repose sur trois piliers, qui ne sont jamais explicités dans le plan gouvernemental du candidat, mais indiquent la voie à suivre pour que « l’économie brésilienne soit gérée par le Brésil ».

    Les trois piliers sont la privatisation sans limites, la réduction des droits du travailleur (le portefeuille jaune), et l’indépendance de la Banque centrale du Brésil. Toutes ces politiques aggraveront la crise économique brésilienne, qui conduira au chaos dans les grandes villes et aura un impact négatif sur la vie des populations les plus vulnérables.

    En ce qui concerne les privatisations, elles reposent sur un néolibéralisme archaïque, il est envisagé de vendre toutes les participations de l’État brésilien dans des entreprises appartenant à l’État, notamment le système Eletrobras, Petrobras, etc. L’opinion qui prévaut est que la vente de participations dans des entreprises d’État suffira à atténuer considérablement le déficit budgétaire de l’État. Dans les faits, non seulement cette liquidation du patrimoine financier et des rentrées d’argents est une perte à moyen-terme, mais bien souvent, la gestion désastreuse qu’ont les capitalistes monopolistes de leurs entreprises oblige l’Etat à les porter à bout de bras.

    La liquidation est vendue comme une aubaine en termes de réductions de taxes et de transformation du salaire indirect en salaire direct, mais elle est -en vérité- une réduction salariale déguisée.

    En revanche, pour le capitalisme international cela est vu comme une occasion en or de conquérir de nouveaux marchés et de réaliser des investissements fructueux. Le Canada s’est ainsi réjouit de cette élection, tant elle ouvre des possibilités de développement dans le secteur des mines et du pétrole.

    Parmi les soutiens réactionnaires à Bolsonaro, nous retrouvons également les nostalgiques de la dictature militaire, les chauvins, les racistes, les « phobes » de tout poil et les misogynes…

    Mais d’autre part une grande partie des masses populaires s’est rallié à son panache. Il y a là matière à tirer des leçons importantes.

    Bolsorano, ou l’éternelle leçon d’histoire

    Chaque élection amenant un candidat ultra-réactionnaire au pouvoir entraîne systématiquement un torrent de réflexions oiseuses sur la « bêtise » des électeurs et des électrices. Avec condescendance, ceux qui ont glissé un bulletin fasciste dans l’urne sont vus comme des idiots, des imbéciles. Parfois ce sont des réflexions racistes qui sont ainsi avancées : Américains congénitalement dégénérés, Brésiliens incapables de comprendre la démocratie, Russes trop ignares ou manipulés….

    Chaque fois que nous nous sommes exprimés sur le sujet, nous avons essayé de tordre le coup à ces idées fausses et réactionnaires, elles aussi. Dans le cas du Brésil, il existe plusieurs facteurs qui expliquent cette trajectoire funeste.

    Bolsonaro n’est pas tombé du ciel. Ce n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel d’azur. Son élection est le fruit d’un processus de décantation étalé sur des années. Un processus qui se résume par la faillite de la sociale-démcoratie à faire face à la misère, à l’exploitation, à l’opression.

    D’autres paramètres existent : L’hystérie anticommuniste comme fond politique, hystérie nourrie par la quasi-intégralité des forces politiques, issue d’une longue tradition de lutte contre les révolutionnaires, laquelle a servi pour attaquer le PT. Dès 2016 et le coup d’Etat de Temer, un sourd Maccarthysme s’est installé, avec sa propagande, ses menaces, ses agressions.

    La situation au Venezuela a également été utilisée comme repoussoir et comme illustration de ce que le « communisme » pourrait donner. Nous reviendrons dessus pour que le tri soit fait entre le vrai et le faux.

    Les congrégations religieuses, notamment les évangélistes, très puissants, ont manoeuvré en faveur de Bolsonaro et de sa clique, dans le but d’obtenir des facilités fiscales, par conservatisme, par anticommunisme.

    Les milieux d’affaire ont offert une campagne dorée, étincellante, tandis que les réseaux sociaux, tout comme pour l’élection de Trump, ont été un point d’appui essentiel. En déversant des fakes news à tout va, en permettant de contacter chaque inscrit, ces biais ont été une arme redoutable.

    La mémoire de la dictature militaire de 1964-1985 est très faible chez les jeunes. L’historiographie dominante est, in fine, celle des militaires, qui parlent de « révolution démocratique » ou de « révolution rédemptrice » contre les maux que sont le communisme, l’athéisme, l’internationalisme. Cette « contre-révolution préventive » est murée dans le silence par la loi d’amnistie de 1979, laquelle a protégé une poignée d’opposants et l’intégralité des bourreaux.

    Tout comme le coup d’Etat de de Gaulle en 1958 pour la France, que celui de Krouchtchev en 1957, la dictature militaire a été effacée des mémoires populaires.

    Le point central demeure néanmoins la désespérance des masses populaires face à l’échec du réformisme, de la sociale-démocratie.

  • L’Afrique et l’écho de la révolution d’octobre – Shambuyi Kalala

    L’Afrique et l’écho de la révolution d’octobre – Shambuyi Kalala

    La Révolution d’Octobre fut l’un des plus grands événements de l’histoire de l’humanité. En cette année de célébration du centenaire de cet événement qui a marqué et déterminé la vie de millions de personnes, non seulement à l’intérieur des limites géographiques du Premier Etat Socialiste des ouvriers, mais aussi dans chaque coin de la planète où il a eu un impact pour des dizaines d’années, nous passons en revue, dans cet article, sa résonance en Afrique, et des enseignements nécessaires pour les perspectives.

    Au moment où a eu lieu la révolution d’octobre, l’Afrique, du moins ses élites, n’était pas en mesure d’en saisir la portée. Une situation qui peut se comprendre, du fait de sa position géographique éloignée de la Russie, et surtout que les peuples africains étaient enclin à digérer les traumatismes causés par la traite négrière et la colonisation. Aujourd’hui, à la célébration du centenaire de la Révolution d’Octobre, l’Afrique peut aussi participer à l’évaluation de ses impacts sur cette planète.

    C’est à partir des années cinquante, à la faveur de l’émergence du mouvement de libération, que le débat sur la révolution d’octobre commence à prendre corps en Afrique. Son aspect dominant était l’admiration de cet événement prémonitoire d’une fin définitive de l’esclavage. Ses effets étaient encore perceptibles dans la période de l’après 2e Guerre mondiale. Parmi les expressions les plus remarquables, on pouvait noter l’existence en soi du premier pays socialiste au monde; la rapidité de la reconstruction de l’Union soviétique, et ce malgré sa profonde destruction pendant la guerre et, la capacité d’ériger une défense dissuasive face aux vieilles puissances impérialistes, ainsi que de la sympathie et la solidarité aux luttes des peuples opprimés. De tout cela, la clé du succès était logée dans l’appropriation du marxisme par les révolutionnaires russes. Cet outil s’est avéré nécessaire pour comprendre le monde capitaliste et ses soubresauts.

    La doctrine marxiste est avant tout le fruit de l’analyse de la société capitaliste en Occident, les révolutionnaires russes l’ont adopté sans complexe. Dans cet exercice d’assimilation, ils ont fait un grand effort pour éviter d’appliquer indistinctement les conclusions générales marxistes sur tous les aspects de la lutte en Russie. Pour réussir la révolution en Russie, il fallait, indubitablement, avoir une analyse spécifique de chaque secteur de la vie de leur société. Les marxistes russes n’ont pas confondu l’admiration et le suivisme. Les batailles idéologiques de Lénine contre les opportunistes qui ont voulu utiliser ces analyses à la manière de copier-coller, en disent long. Lénine a défendu sans broncher, notamment, les thèses de la révolution en deux étapes, l’alliance entre la classe ouvrière et la paysannerie pauvre. Ces thèses n’avaient jamais été défendues auparavant par les marxistes en Occident.

    Quant aux révolutionnaires africains, ils ont semblé avoir de la peine pour aller au-delà de la simple admiration de la révolution d’octobre et ses effets. Ce qui aurait du être fait, pourtant, c’est d’étudier et d’analyser sans complexe, suivant les méthodes marxistes, cette expérience russe bourrée des enseignements sur la transformation de la société. Visiblement, les révolutionnaires africains ne sont pas allés à la rencontre du marxisme et des enseignements de la révolution d’octobre avec une grille de lecture fixée sur l’objectif de la révolution en Afrique et la transformation de leur société. Cette préoccupation renvoie à une tâche historique incontournable : sortir définitivement l’Afrique des griffes des puissances impérialistes et d’envisager la construction du socialisme. Tout en respectant le travail théorique, sur le développement du capitalisme en Occident, les révolutionnaires russes ne se sont pas sentis dédouanés de faire un travail sur le développement du capitalisme en Russie.

    Autant le travail théorique abattu autour de la révolution d’octobre est de la très haute qualité, jamais, alors, il ne peut être considéré comme suffisant pour la préparation de la révolution en Afrique. Le travail théorique est une nécessité absolue et une tâche pour saisir les spécificités liées à la situation singulière de l’Afrique. Lorsqu’on soutient que le marxisme est une science, cela sous-entend que c’est une science sociale. De ce fait, son applicabilité sur un terrain nouveau requiert sans doute un travail théorique supplémentaire, spécifique, en rapport avec la formation sociale étudiée.

    Le capitalisme est parachuté en Afrique par la voie essentiellement militaire. Il ne pouvait, dans ces conditions, produire une stratification sociale semblable aux autres régions du monde. L’économie exogène et excentrique de la plupart des pays africains n’a pas permis la maturation des classes qui sont le support du capitalisme comme en Occident, en l’occurrence la bourgeoisie et la classe ouvrière. Le centre du pouvoir d’Etat au niveau local est resté diffus. Cette situation est renforcée par une grande mobilité au sommet de la société : le passage très fréquent et, dans tous les sens, entre la bourgeoisie bureaucratique et la petite bourgeoisie. La colonisation et la néo-colonisation ont favorisé et consolidé la conception féodale du pouvoir d’Etat en Afrique. Là où ailleurs, on parle de groupe au pouvoir, en Afrique c’est un individu qui incarne à lui, tout seul, le pouvoir d’Etat. Ce qui arrange les puissances impérialistes qui ne souhaitent pas voir se développer les collectifs et les possibilités de contrôles démocratiques. Elles tiennent à garder l’initiative pour faire et défaire le pouvoir, au besoin remplacer à leur guise leurs agents au sommet de l’Etat.

    Cette pratique de mains basses sur les pouvoirs locaux leur permet de disposer encore pour longtemps les richesses des pays africains. Cela peut encore durer, voire des siècles, tant que la grande majorité des citoyens ne sont pas éduqués pour comprendre tous ces mécanismes de contrôle de pouvoirs locaux par les impérialismes. Dans le processus révolutionnaire, l’éducation des masses à travers un grand mouvement démocratique est un gage pour amorcer la transformation de la société. La révolution d’octobre a été précédée par deux révolutions démocratiques (1905 et mars 1917), ce qui a facilité de réunir les conditions subjectives pour la réalisation de la révolution socialiste.

    Le retour des marxistes africains aux fondamentaux des enseignements de la révolution d’octobre, est un préalable pour la réorientation de lutte de libération qui semble patauger dans des confusions idéologiques opportunistes. La parenthèse des idéaux de la révolution d’octobre en Russie, ne peut, en aucune façon, devenir un prétexte pour se priver de cet apport de l’humanité, en matière de libération nationale et sociale. Le degré de l’appropriation de la doctrine du marxisme par les révolutionnaires africains se mesurera à l’abondance de production des thèses nouvelles sur l’Afrique. Il existe encore trop des secteurs à approfondir, entre autres : sur le développement du capitalisme, sur la stratégie et tactique dans la préparation de révolution démocratique et de révolution socialiste.

    Que vivent les peuples africains libres, que vive le socialisme!

    Shambuyi Kalala

  • Déclaration du Comité Central du MLPD. L’anticommunisme frappe.

    Déclaration du Comité Central du MLPD. L’anticommunisme frappe.

    Nous republions ce communiqué du MLPD – ICOR d’Allemagne car, d’une part il est particulièrement informatif sur la droitisation de la politique outre-Rhin, de l’autre il est tout aussi illustratif de la manière dont se forme un « cordon sanitaire » anticommuniste contre le MLPD, tant de la part des institutions que de la gauche modérée ou radicale. Dans notre expérience militante, cette politique du cordon sanitaire s’est exprimée à de nombreuses reprises, dans l’engagement syndicaliste, dans les fronts antifascistes, dans la censure au niveau des médias, même « alternatifs » tout comme dans l’activité politique. Il est même arrivé que ces campagnes de dénigrements soient en réponse à des incitations provenant de l’extrême-droite.

    A titre d’exemple, les fascistes lyonnais, en 2010, s’étaient époumonés contre la présence de léninistes au sein de collectifs antifascistes.  Ces articles avaient pour visée de semer la confusion dans les rangs de l’alliance antifasciste à Lyon. Elle a donné naissance à des pamphlets anticommunistes publiés sur certains sites d’informations libertaires, qui par ailleurs ont une pratique fort limitée du droit de réponse. Heureusement, dans ce cadre précis, l’opération fit long feu. 

    Nous savons pertinemment que cette tendance existe de manière constante dans la gauche anticommuniste. Dans le cas du MLPD, l’influence grandissante de cette organisation, notamment dans les luttes ouvrières et écologistes, a entraîné, en réaction, des tentatives de sabotage, de liquidation ou de scissions au sein des mouvements pour le contrer, en accord avec les services secrets allemands. Il ne faut pas oublier que, en Allemagne, ceux-ci sont tous nés des cendres du IIIème Reich. L’organisation Gehlen, qui est à l’origine du BND (les services secrets ouest-allemands), s’est bâtie dans l’objectif premier de traquer les communistes en RFA et d’aider les mouvements anti-communistes dans les pays de l’est (notamment en aidant des guérillas dans les pays Baltes et en Ukraine jusqu’en 1956). Si Gehlen lui-même n’était pas un nazi, la plus grande partie de l’encadrement de ses services le furent, tout comme la police et la justice. Cela donne une tradition particulière qui se perpétue toujours et qui s’est exprimée à divers reprises, notamment dans le scandale du NSU (un groupe nazi opérant pour l’Etat Allemand et pour les Turcs).

    Voilà ce que le MLPD dit sur les tentatives faites contre leur mouvement:

    Cher-e-s ami-e-s, chèr-e-s camarades,

    Nous publions ici un tract avec une déclaration du CC du MLPD « Renforçons la lutte contre le développement du gouvernement vers la droite! – Attention : Des scissionnistes à l’œuvre. » Dans un tirage de 300 000 il est largement distribué, ceci aussi lors de la manifestation ce week-end à Berlin avec plus de 240 000 participants. L’alliance internationaliste ainsi que le MLPD y avaient participé avec un bloc et une présence importants (voir les photos https://www.rf-news.de/bildreports/unteilbar-herbstdemonstration-2018-in-berlin ). Nous nous réjouissons de connaître votre opinion et de vos expériences dans la lutte contre le développement vers la droite des gouvernements et de savoir aussi quels débats il y a dans la construction du front uni anti-impérialiste et antifasciste !

     Section de l’internationalisme du CC du MLPD

    Déclaration du Comité central du MLP

    Un mouvement fort contre la droitisation du gouvernement et des partis bourgeois se forme de manière visible. Plus d’un million de personnes ont déjà participé à des protestations et à des actions combatives cette année : contre de nouvelles lois sur la police, contre le défrichage et les opérations de police dans la forêt de Hambach, contre la campagne de dénigrement de Seehofer et Co, pour le sauvetage en mer et une politique progressiste relative aux réfugiés, contre l’AfD et les menées fascistes, pour de meilleurs soins, des logements abordables, des garderies et pour l’avenir de la jeunesse. On s’indigne de plus en plus contre la politique monopoliste concernant la fraude criminelle des constructeurs automobiles dans l’affaire des gaz d’échappement, la pauvreté croissante des personnes âgées, l’exploitation accrue, la réduction des salaires et la division managériale dans les entreprises. Le point de départ de ce revirement progressiste de l’état d’esprit ont été les luttes ouvrières syndicales. Début 2018, plus de 1,5 million de personnes y ont participé ; ces luttes étaient imprégnées du combat pour chaque emploi et chaque emploi-formation dans diverses entreprises et pour l’égalisation et l’amélioration des conditions de travail à l’Est et à l’Ouest.

    En l’espace d’un an, il y a déjà eu trois crises gouvernementales ouvertes. La crise de confiance dans le gouvernement et dans ses partis CDU, CSU et SPD s’approfondit. Selon un sondage Forsa, 57 pour cent de tous les électeurs interrogés ne croient aucun parti capable de résoudre les problèmes en Allemagne. D’ailleurs : Bien que l’AfD gagne du terrain dans certains sondages, seulement trois pour cent des électeurs interrogés le jugent être capable de vraiment pouvoir résoudre les problèmes ! Dans presque tous les sondages, la grande coalition a perdu sa majorité et la critique de sa politique réactionnaire est répandue largement. Plus de 8 000 travailleurs du secteur de la culture ont signé une déclaration demandant la démission du ministre de l’Intérieur Horst Seehofer. Les revendications du MLPD, émises durant l’été,  exigeant la démission de M. Seehofer et réclamant de nouvelles élections, actant de fait la « destitution » de l’ensemble du gouvernement, deviennent de plus en plus des revendications de masse. Selon des sondages actuels, 49 %1 se prononcent en faveur de la réélection du gouvernement. Avec certaines concessions sociales et une démagogie inouïe, le gouvernement tente de dissimuler sa droitisation. D’autre part, Dieter Kempf, président de la Bundesverband der Deutschen Industrie (BDI) [fédération des industries allemandes], a exigé le 25 septembre que « la politique doive oser plus d’économies » ; «simplement plus de politique sociale ne résout aucun des problèmes »2. En clair : imposer les intérêts des monopoles de manière plus rapide et plus cohérente. Les activités militantes opposées à la droitisation du gouvernement et des partis bourgeois augmentent dans les entreprises. Cela commence par des discussions animées, se poursuit par des prises positions claires dans les assemblées du personnel et lors des récoltes de signatures, et va jusqu’à des propositions de grèves politiques contre le développement vers la droite. Pour ces dernières, un travail intensif de persuasion est encore nécessaire. Mais ce ne serait pas la première fois en Allemagne que des luttes et des grèves ouvrières font tomber des lois ou un gouvernement. Tout comme la grande grève des mineurs en 1997 avec la participation de 130 000 mineurs. Elle a faite tomber les plans du gouvernement Kohl, qui étaient de licencier 68 000 mineurs. Cette grève, avec entre autres le mot d’ordre « Le gros doit partir ! », a déclenché la fin du gouvernement ultra-réactionnaire de Kohl. Le mouvement ouvrier doit s’appuyer sur ces expériences. Pour que la résistance active obtienne la force percutante d’arrêter la droitisation, la classe ouvrière doit en être la force motrice.

    Où va le mouvement contre la droitisation ?

    Voilà ce qui s’est révélé comme force et comme attractivité particulières, ces derniers mois, dans le mouvement contre la droitisation : Différentes personnes, de la « révolution à la religion », des marxistes-léninistes aux sociaux-démocrates, des ouvriers aux artistes, des fans de football aux féministes, y travaillent ensemble sans affiliation à un parti et sur un pied d’égalité.

    En plein milieu, en tant qu’atout reconnu et épine dorsale du mouvement : Le MLPD avec son organisation de jeunes Rebell. Il est pionnier de la lutte contre la droitisation et participe, depuis déjà 2016, de façon déterminante, à la fondation de l’Alliance Internationaliste. Celle-ci compte aujourd’hui 31 organisations de soutien et 24 000 partisans. Dans son travail quotidien, elle gagne des partisans par son activité de lutte, organise une coopération sur un pied d’égalité et assume la responsabilité dans l’organisation des protestations. Le MLPD s’engage de façon cohérente pour que le mouvement contre la droitisation du gouvernement s’élargisse progressivement et reste indépendant à la fois. Le MLPD répond à la recherche croissante d’alternatives sociétales avec l’alternative révolutionnaire au capitalisme, le véritable socialisme.

    Cela signifie la libération de l’exploitation et de l’oppression capitalistes, une large démocratie pour les masses et la lutte contre toute tentative réactionnaire de restaurer l’ancien ordre des exploiteurs. Et cela signifie d’apprendre des acquis de la construction socialiste, mais aussi des erreurs qui ont conduit à la trahison du socialisme dans tous les pays anciennement socialistes. Dans ce but, renforçons le MLPD et son organisation de jeunes Rebell !

    Il n’est donc pas étonnant que les dirigeants voient cette évolution avec inquiétude. Déjà au début du mouvement, la CSU en Bavière, le FDP et le Bund Deutscher Kriminalbeamter [Association des enquêteurs criminels allemands] en Rhénanie-du-Nord-Westphalie ont demandé ouvertement l’exclusion du MLPD des manifestations. Le mouvement ne s’est pas laisser cependant diviser par cela. Dans le porte-voix des monopoles, le Frankfurter Allgemeine Zeitung du 25 septembre, Reiner Burger s’inquiète actuellement : Le «consensus anti-extrémiste» se dissout dans des mouvements de protestation, tels qu’au sujet de la forêt de Hambach. Mais ce consensus est «essentiel pour l’ordre constitutionnel libéral-démocratique» – c’est-à-dire pour l’ordre capitaliste au pouvoir. Et cela inclut «l’obligation de se démarquer …. non seulement du côté droit du spectre politique, mais aussi du côté gauche». Un tel amalgame de la gauche avec la droite, du socialisme avec le fascisme, c’est de l’anticommunisme pur et une banalisation dangereuse du fascisme.

    Dans ce sens, les alliances contre les lois policières furent fracturées en Bavière, à Brême, à Göttingen, en Basse-Saxe et en Saxe, en y excluant presque simultanément le MLPD et l’Alliance internationaliste, en septembre. Dans la forêt de Hambach, lors de la grande manifestation de Hambourg « We’ll Come United » – ou lors de manifestations kurdes, des représentants du SPD, des Verts, d’Attac, des Antideutschs ou de l’appareil syndical ont agi simultanément contre la présence, les drapeaux… du MLPD avec des «arguments» fallacieux. C’est une attaque liquidatrice3 contre l’ensemble du mouvement ! Dans le cas du MLPD, les droits et libertés démocratiques les plus élémentaires ne devraient pas s’appliquer et son droit de coalition devrait être refusé ou restreint. Objectivement, en Allemagne, certains réclament la mise en place de lois telles que celles qui sont en vigueur, par exemple, dans les pays d’Europe de l’Est, avec des gouvernements fascisants : Victor Orban en Hongrie, par exemple, a fait interdire les drapeaux et les symboles de partis marxistes-léninistes.

    Qui coordonne ces attaques en arrière-plan ?

    Les forces motrices de cette scission sont les fonctionnaires du SPD/Jusos (Jeunes Socialistes) et de Bündnis 90/Die Grünen/Grüne Jugend [Les Verts et la Jeunesse Verte], ainsi que d’Attac et des groupes Antideutschs Oui, précisément, ce SPD qui est en train de perdre massivement son soutien et son prestige et qui, depuis longtemps déjà, ne peut plus s’appeler parti des ouvriers. Dans son désespoir, il a recours aux méthodes de fond de tiroir, tels que de l’anticommunisme du style d’Adenauer, avec sa persécution des communistes. Les représentants des Verts veulent apparemment faire oublier que leur parti a soutenu ou soutient avec diligence la politique monopoliste dans tous les gouvernements aux niveaux national et au sein des Länder. De l’Agenda 2010 aux opérations à l’étranger de la Bundeswehr jusqu’aux nouvelles lois sur la police ou le défrichement de la forêt de Hambach.

    En Basse-Saxe, le gouvernement du Land dirigé par le SPD prévoit de renforcer les lois sur la police réactionnaires. Au Bade-Wurtemberg, les Verts avec la CDU ont posé les premiers des points essentiels de la nouvelle loi sur la police. De tels points clés ont également été convenus en juin 2018 dans le Land de Hesse, par un gouvernement noir et vert. C’est exactement ceux qui font parti des « responsables » de ce développement vers la droite au sein des gouvernements fédéral et des Länder qui essaient maintenant d’avoir, en tant qu’« agents », un impact sur le mouvement.

    L’alliance en Basse-Saxe a été divisée par le président régional des Jeunes socialistes de là-bas, Jakob Blankenburg, – en complicité avec Paula Rahaus et Timon Dzenius, porte-paroles de la Jeunesse des Verts en Basse-Saxe. Et ceci avec des méthodes extrêmement antidémocratiques. On a fait passer un vote comme un raid, sans informer les personnes concernées et les 120 organismes d’appui – dans une assemblée de composition arbitraire et un nombre supérieur à la moyenne de partisans de la Jeunesse des Verts.

    En Bavière et à Brême, le SPD et les forces vertes étaient également les principaux acteurs de la scission du mouvement. En Basse-Saxe, on a exclus sur le champ tous ceux qui font parti de l’Alliance internationaliste ou n’ont pas de pris position contre les membres du MLPD. Ainsi par exemple l’association des femmes non affiliée à des partis « Courage » ou le Comité VW. Ceci suit la publication de la liste des prétendues « organisations proches » du MLPD, qui provient directement des services secrets « Verfassungsschutz ». Un choix sémantique, par ailleurs, contre lequel l’association des femmes « Courage » vient de gagner clairement dans le procès contre les services secrets. Stefan Laurin, ultra-réactionnaire, se vante sur son Blog « Les Ruhrbarone » [Les barons de la Ruhr], d’avoir orchestré la scission en Bavière par la mise à disposition du matériel.4 Déjà en 2010 Laurin lui-même a informé de « visites de recherche », motivées par l’anticommunisme, chez les services secrets de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Des méthodes telles que l’espionnage, des intrigues anticommunistes ou la diffamation vont-elles maintenant jusque dans le mouvement ? N’est-ce pas exactement contre cela qu’il a démarré ? Quiconque participe à ces attaques, qu’il se dise anarchiste, anti-allemand ou autre, est impliqué dans cette affaire. Les méthodes sont pour la plupart complètement arbitraires et extrêmement anticommunistes. On prétend avoir entendu dire que là où le MLPD collabore, il y aurait du « stress ». Ce qu’on entend par là est une chose qui reste toujours dans le noir, pas une seule « preuve » présumée a pu être maintenue jusqu’à présent. Le « stress » est causé uniquement par les diviseurs et les anticommunistes qui veulent à tout prix « liquider » les alliances du MLPD. Qui d’autre se sentirait dérangé par la participation sans stress et sur un pied d’égalité du MLPD, par un drapeau du MLPD lors d’une manifestation ou par des représentants du MLPD aux réunions des alliances,  parmi jusqu’à 120 organisations ?

    Quel est l’objectif des liquidateurs ?

    Il s’agit d’orienter les protestations de masse dans des voies assouplies, conformes au capitalisme, parlementaires et donc sans danger pour les forces dirigeantes. Ce qui détruirait leur caractère indépendant et leur orientation claire contre le gouvernement et tous les partis au pouvoir. Le MLPD et d’autres forces révolutionnaires et conséquentes avec leur critique fondamentale du capitalisme entravent cet objectif. Pourtant, si les révolutionnaires et les marxistes-léninistes « sont évincés » de ce mouvement, alors il est mort !

    Cela nous mène au comportement d’Attac en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (RNW). Un membre du Conseil de coordination à l’échelle nationale d’Attac (Sabine Lassauer) a ébruité lors de la réunion de l’Alliance RNW le 25/8/18, que la tentative de scission anticommuniste échouée de l’alliance RNW avait été convenue au sein du Conseil allemand d’Attac en juillet. Déjà en 2003 et 2004, l’organisation Attac s’est distinguée par des manœuvres de scission contre le mouvement indépendant et de masse des manifestations du lundi contre les lois Hartz et l’agenda 2010. La tentative d’exclusion du MLPD en Rhénanie-du-Nord-Westphalie s’est accompagnée de la tentative de transformer la lutte contre la nouvelle loi sur la police en « accompagnement critique » du processus législatif et d’accepter ainsi l’essence de la nouvelle loi sur la police. Ceci a été formulé dans un e-mail d’un groupe autour de Sabine Lassauer dans la nuit du 24 au 25/8/18 de la façon suivante : « Nous considérons toujours qu’il est extrêmement important d’accompagner le processus législatif de manière critique et avec des forces regroupées. … En outre, nous ne considérons pas qu’une autre grande manifestation au niveau des Länder soit une forme de protestation tactiquement sensée pour de nombreuses raisons et nous ne participerons pas à son organisation ». Cette capitulation ouverte devant la lutte contre le gouvernement des CDU/FDP du Land a été rejetée par la grande majorité de l’alliance du NoPG [non à la loi sur la police].

    La page d’accueil « Belltower » se présente comme un fournisseur de mots-clés en matière de dénigrement et de diffamations contre le MLPD. C’est un organe des soi-disant « Antideutschs ». Ce « mouvement » réactionnaire est sans aucune importance parmi la masse de la population. Valet des forces impérialistes ultra-réactionnaires d’Israël ou des États-Unis et des cercles des services secrets en Allemagne il a été utilisé comme roquet contre le MLPD pendant les mois passés. Ses adversaires l’inondent de reproches abstrus d’«antisémitisme», selon la devise, « un peu de saleté va toujours éclabousser ». En fait, ce sont eux qui soutiennent le développement extrême vers la droite du gouvernement impérialiste d’Israël. Celui-ci ne respecte même pas les résolutions de l’ONU, qui exigent les droits de l’homme les plus élémentaires. La page d’accueil, nommée ci-dessus, a écrit après des attaques anticommunistes sur une manifestation antifasciste à Solingen : « Au plus tard après ce nouveau scandale (qu’ils ont eux-mêmes organisé de manière provocante – l’auteur), un consensus de gauche est nécessaire pour que l’apparition de cette secte stalinienne antidémocratique MLPD ne soit plus tolérée, à l’avenir, lors des manifestations de gauche ».5 Ce site appartient à la Fondation Amadeo Antonio, qui est financée à 52 % par des fonds du gouvernement fédéral (870 000 euros par an). Stephan Kramer, président de l’Office des services secrets de Thuringe siège au Conseil de fondation !

    Les services secrets de Thuringe sont du même acabit que la NSU, la bande des meurtriers fascistes, et sont notoires pour le camouflage de leurs liens avec l’Etat. Jusqu’à nos jours sous Kramer, cela n’a pas été analysé et assumé, et les anciennes structures n’ont toujours pas été détruites. De telles forces se cachent souvent derrière un masque pseudo-antifasciste. Mais : se réduire à la lutte contre l’antisémitisme, nier le rôle des communistes dans la résistance antifasciste – c’est de l’« antifascisme » bourgeois sur la base de l’anticommunisme. Celui-ci divise la résistance antifasciste contrairement au consensus largement établi d’un large mouvement antifasciste et non affilié à des partis, au plus tard depuis « Dresde libre de nazis » !

    Il faut reconnaître ces différentes mises en scène d’un théâtre de diffamation comme ce qu’elles sont : la tentative organisée de partis bourgeois et de forces réactionnaires qui vise à détruire le mouvement politique indépendant. De telles forces ne font pas partie du mouvement, mais ce sont des agences de la droitisation en Allemagne. Elles n’ont rien à faire dans le mouvement !

    Les machinations des liquidateurs rencontrent de plus en plus de problèmes, de questions et de résistance. Partout les forces augmentent, qui s’engagent pour la coopération sur un pied d’égalité, non affiliée à des partis, qui ont de l’estime pour le MLPD et sont outrées par les méthodes antidémocratiques. C’est ce que les manifestations de masse ont montré le week-end du 28 et 29 septembre à Berlin, à Cologne, à Hambourg et dans la forêt de Hambach. Les tentatives d’exclusion constatées n’y ont rencontré aucune sympathie et le MLPD était un composant actif et marquant. Le 28 septembre 2018, le comité directeur du Linkspartei [parti de gauche] de Basse-Saxe a adopté la résolution suivante : « 1. Lors de la dernière plénière de l’alliance à l’échelle du Land, les représentant-e-s de notre parti ont été complètement surpris de cette demande d’exclusion ad hoc (contre le MLPD et d’autres – l’auteur). Ils ont réclamé qu’une question d’alliance d’une si grande ampleur aurait dû être annoncée dans l’ordre du jour, et qu’une telle décision ne peut pas être soumise à la simple majorité des personnes présentes, notamment pas dans de telles circonstances. …

    2. L’exécutif du Linkspartei du confirme expressément ce comportement de nos représentant-e-s …. dans cette affaire d’alliance (le refus de l’exclusion – l’auteur) et recommande à nos membres qui travaillent dans des alliances locales, d’agir dans le même esprit. … 4. En même temps, il s’agit de tout faire pour que l’effet de l’alliance NoNPROG [non à la loi sur la police en Basse-Saxe], après un bon début, augmente encore considérablement son impact politique, au lieu de s’occuper de sensibilités internes ! »Le militant d’un conseil de réfugiés a formulé à l’occasion d’une réunion de l’alliance nationale contre les lois sur la police : « Je trouve étrange qu’on se prononce ici surtout contre le MLPD, si quelqu’un n’a rien à faire ici, ce sont le SPD et les Verts. »

    Ce qui compte maintenant – une résistance active au lieu de capituler devant le développement vers la droite du gouvernement !

    Il est urgent d’unir les forces. Il faut qu’un mouvement fort et organisé s’accroisse qui peut arrêter le développement alarmant. Qui ne s’inquiète pas de la préparation à la guerre par les impérialistes, du démantèlement des droits et libertés démocratiques, de l’augmentation croissante de l’inégalité sociale ? Afin de devenir puissant et fort, le mouvement a besoin de principes clairs : un véritable caractère de non-affiliation à des partis, une ouverture idéologique, une large démocratie dans la prise de décisions, une indépendance financière, une coopération égale sur la base de la lutte commune et sur un pied d’égalité, une culture de débat démocratique et une concertation étroite avec le mouvement ouvrier.

    Le MLPD ne se laissera pas décourager de renforcer et développer la lutte contre le développement vers la droite du gouvernement et des partis bourgeois en commun avec beaucoup d’alliés dans des alliances démocratiques – aussi avec les membres honnêtes des Verts et du SPD. Il œuvre pour que la grande manifestation du 13/10/18 à Berlin devienne un signal de la lutte commune et cohérente contre le développement vers la droite. Cela aussi doit s’imposer contre la ligne de faire du mouvement de masse le jouet des partis bourgeois et de leur campagne électorale et de falsifier les revendications dans le sens d’illusions d’un « capitalisme pacifique et social ».

    Pour la résistance active contre la droitisation du gouvernement et des partis bourgeois – au lieu de la division et de la capitulation !

    1Kurier.at 21-9-18

    2Süddeutsche Zeitung 244-9-18

    3Courant liquidateur : activité scindée et destructrice dans le mouvement syndical.

    4 https://www.ruhrbarone.de/bds-anhaenger-unter-druck/158833 (01.10.2018)

    5 www.belltower.news/artikel/eine-erinnerung-den-25-Jahre-zurückliegenden-mörderischen-brandanschlag-solingen-13737, 28/05/2018

  • Projection débat du film « Aucune Chance pour l’Anticommunisme ! »

    Projection débat du film « Aucune Chance pour l’Anticommunisme ! »

    L’Unité communiste de Lyon a le plaisir de vous inviter à la projection du film « Aucune Chance pour l’Anticommunisme ! », produit et réalisé par les camarades allemands du MLPD, le jeudi 1er novembre prochain à 18h, à l’espace culturel Mésopotamie.

    Ce film a été réalisé à l’occasion des 200 ans de la naissance de Karl Marx, et retrace l’œuvre économique, sociologique, philosophique, et, surtout, politique de l’auteur du Capital.

    A travers les axes les plus importants de la théorie marxiste, nous verrons en quoi celle-ci demeure, et demeurera, pleine de vérité, et d’actualité. Une actualité sur laquelle nous aurons l’occasion de débattre, ensemble.

    En espérant vous voir nombreuses et nombreux.

    Rendez vous le 1er Novembre 2018, à 18h, à l’espace culturel Mésopotamie, au 11 rue Mazagran, 69007 Lyon

    Pas de révolution sans théorie révolutionnaire !

  • Déclaration en solidarité avec le PML(RC) !

    Déclaration en solidarité avec le PML(RC) !

    Solidarité avec le PML(RC) !

    Le Parti Marxiste-Léniniste (Reconstruction Communiste), membre de l’ICOR (Coordination Internationale des Organisations et Partis Révolutionnaires) , subit les foudres de la répression en Espagne. 13 de leurs membres, ainsi qu’un ressortissant Kurde, passent devant les tribunaux de l’Etat Espagnol, cette semaine. Le crime invoqué ? Le fait, pour deux d’entre eux, d’être partis combattre, en 2013, les fascistes de l’Etat Islamique au côté d’autres volontaires internationaux, au sein du Bataillon des Volontaires Internationaux au Rojava (Nord de la Syrie).

    Dans l’esprit des Brigades Internationales, de nombreux volontaires sont allé rejoindre les combattants et les combattantes de la liberté. Beaucoup sont tombés, également, sous les balles de Daesh ou celles de l’Etat turc. C’est également l’occasion de leur rendre hommage.

    Depuis leur retour, l’Etat espagnol n’a eu de cesse de chercher à les mettre en accusation. La justice et la police se sont échinés à trouver les moyens de les conduire devant les tribunaux. La participation à cette brigade internationale et à la campagne de solidarité internationale vers le BIL ont ainsi été retenus comme charges. Depuis le 26 janvier 2016, une instruction est ouverte envers eux. Cela peut leur valoir entre 9 et 20 ans de prison pour le fait d’avoir pratiqué une solidarité révolutionnaire et antifasciste concrète. Ainsi, l’Etat espagnol veut les condamner comme soutenant le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

    Cette accusation sert plusieurs objectifs. Le PML(RC), est une organisation qui déplaît profondément aux réactionnaires espagnols. Il s’agit d’un Parti Communiste combatif, structuré, organisé, qui gagne en influence et en force au fur et à mesure des années. En ciblant leur solidarité internationale, l’Etat espagnol cherche à détruire ce parti. Déjà en 2016, le parti a été interdit plus d’un an, ses locaux fermés, ses comptes gelés. Aujourd’hui, l’Etat espagnol espère donner le coup de grâce !

    Mais le démarrage du procès n’a pas anéanti le PML(RC), ses militants et militantes sont restés mobilisés, devant le tribunal. La justice s’est ridiculisée, en basant son accusation sur des conversations par messages, sur des mails, mais sur aucune action illégale en soi.

    Ses camarades internationaux, dans l’ICOR ou en dehors, se sont également mobilisés pour exprimer leur solidarité. Chaque coup de maillet de la justice trempe un peu plus l’acier des organisations communistes !

    Comme eux-mêmes nous l’ont écrit : « Qu’importe ce qui arrivera lors de ce procès, nous porterons toujours le drapeau de la classe ouvrière d’Espagne. Nous continuerons a nous battre jusqu’à ce que nous puissions chasser la bourgeoisie de notre pays ! »

    Aujourd’hui en Espagne, demain ici ?

    La situation du PML(RC) n’est pas une situation unique. Elle n’est pas une situation isolée. Elle est le terrible reflet du durcissement de l’attitude des bourgeoisies envers les forces progressistes, les forces antifascistes, les forces révolutionnaires.

    Certes, l’Espagne est spécifique, dans le sens où les dispositifs juridiques hérités du franquisme sont toujours en vigueur. Il y est facile de réprimer avec la plus grande violence, comme cela s’est vu au Pays Basque ou en Catalogne. Mais il ne faut pas croire que la monarchie absolue maquillée en démocratie soit seule à frapper, même en occident.

    En Allemagne, en Italie, en Hongrie, en Ukraine, en Russie tout comme en France également, le climat se tend, les politiques se durcissent. Et ceux qui les mènent ne reculent devant aucune bassesse.

    Ainsi, en France, les mouvements sociaux, les organisations politiques antifascistes et révolutionnaires sont en première ligne de la répression.

    Dans le cas du PML(RC), l’accusation s’est portée sur le fait que les militants et militantes de cette organisation seraient des soutiens du Parti des Travailleurs du Kurdistan. C’est là une manœuvre vicieuse. Officiellement, le PKK est sur la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne. Mais il existe une certaine forme de tolérance, tolérance variable, toujours motivée par des idées sous-jacentes. Il arrive même parfois que, pour des raisons tactiques, les Etats d’occident soutiennent politiquement ou viennent en aide logistiquement ou matériellement à la resistance Kurde contre l’opression fasciste ou dictatoriale.

    Même des réactionnaires comme BHL, parfois, par opportunisme, déclarent de grandes phrases de soutien aux combattantes et combattants de la liberté. Ce sont des menteurs habiles, toujours prompts à utiliser les causes qui tiennent à cœur aux masses.

    Mais les gouvernements se réservent le droit d’appliquer la loi quand bon leur semble, et de faire condamner qui bon leur semble dès lors que cela les arrange. Si demain la France se décide à faire appliquer la loi, elle pourrait rafler tous ceux et celles qui, de près ou de loin, ont pu fournir une aide, même minime, à des individus liés, même de très loin, au Parti des Travailleurs du Kurdistan.

    Pas besoin de nouvelle loi, pas besoin de s’embarrasser de la non-rétroactivité de celle-ci. Ce qui était toléré hier peut devenir une charge dans un procès demain.

    Ce qui se passe là-bas peut se passer ici aussi dès demain, si la haute bourgeoisie juge qu’il est temps de faire tomber son couperet.

    Si les luttes s’intensifient, si les organisations populaires et révolutionnaires se renforcent, si le dégoût de son ordre injuste et criminel croît, elle ripostera.

    Nous avons besoin, progressistes, antifascistes, révolutionnaires, d’être soudés et solidaires dans et hors de nos frontières. Nous ne formons qu’un seul front, qu’une seule ligne contre les réactionnaires, contre les impérialistes, contre les capitalistes. Cette ligne doit être solide, ou elle sera écrasée.

    Nous réclamons la fin des poursuites contre le PML(RC), contre les internationalistes et les antifascistes menacés !

    Nous réclamons que le PKK soit retiré de la liste des organisations terroristes et que cesse la politique hypocrite de la part de l’UE à son égard !

    L’Unité Communiste de Lyon, membre des amis de l’ICOR, salue le PML(RC) et son combat !

    Vive l’ICOR, vive le PML(RC), vive le communisme !

  • ICOR : Faites entendre le cri de Dersim!

    ICOR : Faites entendre le cri de Dersim!

    Faites entendre le cri de Dersim!

    La dictature fasciste d’Erdoğan continue à envenimer la sale guerre de l’État colonialiste turc contre le peuple kurde sur un niveau supérieur d’hostilité et de barbarie. Ceci se manifeste dans le fait que les attaques visent la vie entière au Kurdistan du Nord, au Dersim, aussi bien ses hommes et son environnement naturel qu’aussi ses valeurs historiques et sa mémoire collective.

    C’est déjà plus d’un mois que les montagnes brûlent au Dersim, qui se trouve officiellement à l’intérieur des frontières de l’État turc, à cause des bombardements par l’armée de l’air turque sous le nom d’opérations militaires contre les forces de guérilla dans la région. Jusqu’à maintenant l’État turc n’a réagi d’aucune manière à l’incendie, mais il a même déclaré zone interdite cette région, afin d’empêcher que les gens eux-mêmes se mobilisent pour mettre l’incendie sous contrôle. Malgré différentes formes de répression et d’interdictions les gens au Dersim avaient réussi d’éteindre les feux. Mais immédiatement après les avions turcs ont recommencé à répandre le feu dans la région pour tenir Dersim en flammes. Jusqu’à ce jour, des milliers d’hectares de forêt avec ses différents espèces ont été réduits en cendres ; les lieux sacrés aux Alévis, leurs sanctuaires et cimetières ont été détruits.

    Depuis sa fondation, l’État national moniste de la Turquie a imposé aux hommes au Kurdistan du Nord et surtout au Dersim une politique de dé-identification et d’exil par différentes méthodes de répression et de massacres. Pourtant, à aucun moment, les gens honorables et la campagne de la région de Dersim ne se sont jamais pliés devant ces méthodes colonialistes fascistes de l’État turc, mais jusqu’à nos jours ils ont gardé vivant leur esprit de résistance.

    En poursuivant aujourd’hui cette mission colonialiste traditionnelle et en tentant de garder sous le siège et le feu constants la région de Dersim, la dictature fasciste d’Erdoğan a comme cible beaucoup plus que seulement rompre la volonté des nombreuses forces de la guérilla qui luttent dans les montagnes de Dersim pour la liberté et le socialisme, et ceci sous l’égide du combat révolutionnaire commun de la Turquie et du Kurdistan. Son véritable objectif consiste à détruire l’esprit intègre, la culture et la mémoire collective de la résistance ce qui tient historiquement debout Dersim ensemble avec ses groupes ethniques et son environnement naturel.

    Nous condamnons la dictature colonialiste d’Erdoğan qui vise, par ces tentatives et massacres à détruire toute vie au Kurdistan du Nord, actuellement par les feux persistants dans la région de Dersim !

    Nous appelons toutes les forces progressistes, révolutionnaires, démocratiques de pratiquer la solidarité et de répandre le cri de Dersim qui poursuit sa résistance aussi bien avec son avant-garde de forces de guérilla et ses hommes aussi bien avec ses forêts, ses chênes, rivières, oiseaux, cerfs et tout ce qui y vit qui ne se plieront jamais devant cette barbarie !

    Le succès de la défense de Dersim contre l’attaque meurtrière de l’État réactionnaire turc sous la direction d’Erdogan est un pas important dans la voie vers la libération de la nation kurde.

    La libération de la nation kurde est une contribution essentielle à la libération de tous les peuples arabes en Afrique du Nord et au Moyen Orient dans la voie vers la liberté, la démocratie et l’avenir socialiste.

    Signataires (en date du 10/10.2018. Liste actuelle des signataires sur le site Web www.icor.info):

    1. RCP Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)

    2. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo

    3. SDP Social Democratic Party (Parti social-démocrate), Kenya

    4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)

    5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))

    6. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)

    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)

    8. PCC CPI (ML) Provisional Central Committee Communist Party of India (Marxist-Leninist) (Comité central provisoire du Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste))

    9. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))

    10. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka

    11. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

    12. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)

    13. MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)

    14. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)

    15. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas

    16. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)

    17. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

    18. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine

    19. PR Partija Rada (Parti du travail), Yougoslavie (ex)

    20. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)

    21. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine

    22. PC/ML Partido Comunista (Marxista-Leninista) de Panamá (Parti communiste (marxiste-léniniste) du Panama)

    23. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))

    24. PML del Perú Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)

    25. PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)

    26. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    27. NPCH (ML)   Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)

    Signatarios adicionales (Non-ICOR)

    Amis de l’ICOR, Portugal

    Amis de l’ICOR, Unité Communiste Lyon

  • ICOR : Organisons la solidarité internationale avec les ouvriers courageux de Jiashi à Shenzhen/Chine

    ICOR : Organisons la solidarité internationale avec les ouvriers courageux de Jiashi à Shenzhen/Chine

    Organisons la solidarité internationale avec les ouvriers courageux de Jiashi à Shenzhen/Chine

    Depuis mai, le personnel de Shenzhen Jiashi Technology/Chine luttent pour le droit de fondre un propre syndicat afin de pouvoir mener, de manière organisée, la résistance contre l’exploitation et l’oppression. Les ouvriers ne veulent pas accepter que le groupe impose au personnel des heures supplémentaires et des réductions de salaire comme mesures punitives arbitraires. Ils sont en train de construire un syndicat indépendant à l’intérieur de l’entreprise parce que la fédération syndicale proche du gouvernement leur a mis depuis des bâtons dans les roues.

    Actuellement, la direction et la police ont adopté une approche brutale et impitoyable. Les activistes sont battus, licenciés, jetés en prison – voire même kidnappés dans des endroits inconnus. Les membres de la famille et ceux qui les soutiennent sont également touchés par la répression.

    Mais les ouvriers de Jiashi ne se laissent pas intimider. Leur lutte rencontre de la solidarité dans le pays entier. Depuis un certain temps déjà, les dirigeant-e-s des luttes ont découvert et dénoncé les conditions de travail, ruinant la vie et la santé, dans les secteurs de la haute technologie et de l’automobile. Les sympathisants viennent à Shenzhen pour soutenir la lutte directement sur place, p. e. par des manifestations de protestation devant le commissariat de police local pour la libération des détenus. Mais dans d’autres villes de la Chine, il y a également des actions de solidarité. Avec des portraits de Mao Zedong, des vétérans de la Révolution culturelle rappellent une Chine où les ouvriers étaient les maîtres des usines et où l’homme était au centre.

    Apparemment, les dirigeants en Chine craignent le pouvoir organisé de façon indépendante du mouvement ouvrier en conjonction avec la pensée Mao Zedong et que la revendication de syndicats indépendants ne crée un précédent. Depuis des mois, une vague de grèves coordonnées à l’échelle supra-régionale prend de l’ampleur. C’est pourquoi les ouvriers de Jiashi représentent aussi beaucoup d’autres ouvriers !

    Au plan mondial se développe une vague de solidarité. Les ouvriers de Jiashi ne sont pas seuls ! Le besoin d’organisation ne peut pas être supprimé de façon permanente dans la classe ouvrière. Les activistes de Jiashi font connaître leur lutte sur Internet et demandent aussi un soutien international. Dans une vidéo particulièrement émouvante, plusieurs représentants chantent avec détermination l’« Internationale ».

    L’ICOR déclare son soutien à cette lutte intrépide et appelle toutes les organisations membres à organiser la solidarité. Des messages de solidarité peuvent être adressés à coordinationint@yahoo.co.uk pour l’envoi et la publication; l’état actuel peut être vu sous www.icor.info.

    Nous exigeons

    • la libération immédiate de tous les ouvriers, étudiants et autres sympathisants de la lutte des ouvriers de Jiashi !

    • Nous soutenons le droit à des syndicats indépendants !

    • Vive l’unité ouvrière internationale !

    Signataires (en date du 10/10.2018, liste actuelle des signataires sur www.icor.info):

    1. RCP Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)

    2. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo

    3. SDP Social Democratic Party (Parti social-démocrate), Kenya

    4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)

    5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))

    6. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)

    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)

    8. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)

    9. PCC CPI (ML) Provisional Central Committee Communist Party of India (Marxist-Leninist) (Comité central provisoire du Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste))

    10. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))

    11. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka

    12. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

    13. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)

    14. MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)

    15. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)

    16. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas

    17. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))

    18. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)

    19. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

    20. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)

    21. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine

    22. PC/ML Partido Comunista (Marxista-Leninista) de Panamá (Parti communiste (marxiste-léniniste) du Panama)

    23. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))

    24. PML del Perú Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)

    25. PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)

    26. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
  • Solidarité avec le PML (RC)

    Solidarité avec le PML (RC)

    Solidarité avec le PML (RC) – Parti Marxiste-Léniniste (Reconstruction Communiste)

    Le Parti Marxiste-Léniniste (Reconstruction communiste) est une organisation membre de l’ICOR. Le parti a été à plusieurs reprises dans le viseur de l’Etat espagnol, de ses services secrets et de ses appareils de repression. Il a ainsi été interdit en 2016 durant plus d’un an, sous prétexte de soutenir le PKK et le YPG. Deux de ses locaux ont été ainsi fermés.

    Le 27 janvier, 13 militants et un ressortissant Kurde avaient été arrêtés. La semaine du 15 octobre,ils passent devant le tribunal. Nous invitons à les soutenir, notamment sur les réseaux sociaux, sous le #LibertadPMLRC et sur facebook en popularisant leur page

    Ici, vous pouvez également lire un dossier sur leur situation

    Contre la criminalisation des combattants communistes contre Daesh.

    Durant toute la semaine débutant le15 octobre, l’ensemble des militants du PML (RC) [Parti Marxiste Léniniste (Reconstruction Communiste), parti communiste présent dans l’Etat espagnol] passeront en jugement, et la solidarité internationale de certains de nos camarades peuvent leur valoir jusqu’à 9 ans de prison.

    L’opération Vallée menée contre le PML (RC) est en grande partie responsable de cette situation. Toute nos locaux ont été fermés et notre parti rendu illégal pendant plus d’un an.

    Les fondements de ce mouvement de répression sont basés sur le départ de deux de nos camarades pour le Rojava, ainsi que le fait qu’ils aient participé à un bataillon international, en continuité de la tradition brigadiste internationale, née de la solidarité internationale envers la lutte des travailleurs espagnols durant la guerre révolutionnaire nationale. Cependant, il a été démontré que les enquêtes de police qui ont déclenché ce procès aient commencées bien en amont de ce départ, en 2013. L’attaque de la justice ne vise pas tant, au final, la question de la Bridage Espagnole, mais sert à attaquer la direction du PML (RC), sans laquelle jamais ce départ n’aurait été possible.

    Le 27 janvier [2016] la participation à la solidarité internationale et antifasciste a été retenue comme charge contre les brigadistes. En revanche, des ultra-catholiques présents dans la même zone ont pu entrer et sortir de Syrie dans la moindre conséquence. Ce procès est, d’un autre côté, une attaque contre le mouvement révolutionnaire, car les accusations ne portent pas uniquementnt sur des faits (déjà falsifiés et construits de toutes pièces par la police) mais sur les principes révolutionnaires.

    Ce procès sera un procès politique dont le but est la destruction du jeune Parti Communiste qui fait ses premiers -mais fermes- pas. Aujourd’hui, le parti n’est pas interdit. Il n’est pas directement accusé en tant que tel, mais ses dirigeants sont attaqués pour obtenir sa dissolution. Ils ne le rendront que plus fort.

    Tous les individus qui se battent aux côtés des villageois et villageoises kurdes contre Daesh sont un exemple de solidarité. Ceux et celles qui sont partis sur un autre continent combattre le fascisme ne sont pas des terroristes, mais mènent la lutte pour la liberté. C’est pour cela que leur emprisonnement ne signifie rien d’autre qu’une injustice, tandis que la bourgeoisie corrompue et leur politique transforment le pays en ruines et sont absous. Nous appelons tous ceux et celles qui le peuvent, de loin, à soutenir par internet, par le soutien économique, par la publicité autour de cette affaire, ou, de près, à être présents au meeting qui aura lieu en prévision et à l’issue du procès, le 15 octobre.

    Daesh a pu être chassé par les habitants et habitantes kurdes, main dans la main avec les révolutionnaires du monde entier. Mais le combat contre l’impérialisme qui opprime les nations, contre le capital financier et contre le capitalisme doit continuer !

    Aministie pour les communistes contre Daesh !

    Siempre internationalistas !

     

    Notre adresse à nos camarades.

    Camarades,

    Au nom de l’Unité Communiste de Lyon – membre des Amis de l’ICOR en France- nous vous saluons et nous vous assurons de notre soutien, à vos camarades ainsi qu’à votre organisation. Nous saluons votre engagement internationaliste et antifasciste concret, pour venir en aide à la juste lutte du peuple Kurde contre les fascistes de Daesh tout comme contre la répression organisée par l’Etat turc.

    Il n’y a pas lieu d’être surpris du déferlement de haine, vomi par l’Etat espagnol contre vos camarades et contre votre direction. La bourgeoisie et ses laquais harcèlent et traquent sans relâche les organisations et les militants et militantes qui participent de manière concrète à la construction des outils révolutionnaires et de la solidarité internationale.

    C’est là ce qui les démarque de ceux qui ont accepté le révisionnisme, le réformisme, le compromis avec la bourgeoisie. Ceux-là, la bourgeoisie les accepte comme les siens, comme ses frères et ses sœurs.

    Mais ceux et celles qui brandissent le drapeau rouge de la révolution sont destinés à être ciblés, menacés, réprimés, interdits, car leur existence est une menace pour son ordre d’exploitation, d’aliénation, d’écrasement des masses populaires et des nations opprimées.

    En s’en prenant de la sorte à vos camarades, les bourgeois et la réaction vous tressent une couronne de laurier. Elle honore votre combat. A ses armes, nous opposerons la solidarité, la camaraderie, le soutien mutuel international chaque fois grandissant. En s’attaquant à vous, la bourgeoisie souligne la justesse de vos actions.

    En France également, les internationalistes qui ont participé à aider le Rojava ont été la cible des services secrets. Par chance, la bourgeoisie de notre Etat n’ose pas encore aller au dela des tracas, des vexations, des pressions inamicales. Elle franchira certainement ce cap un jour. Au dessus de la tête de chaque révolutionnaire, le couperet de la loi bourgeoise est une épée de Damoclès.

    Dans tous les Etats, les réactionnaires gagnent du terrain, gagnent des ministères, des gouvernements, des élections. Non parce qu’ils ont idéologiquement raison, mais bien parce qu’ils sont les larbins serviles des fractions les plus chauvines, les plus putréfiées, les plus monopolistes de la bourgeoisie.

    Le durcissement de l’attitude de la bourgeoisie appelle à une solidarité toujours plus forte entre révolutionnaires, entre internationalistes, entre antifascistes.

    En usant de la répression, la bourgeoisie pensent obtenir la victoire, tordre à l’envers la roue de l’histoire. Mais elle se bat dos à un mur qui s’effrite peu à peu, qui s’effondre. Ses attaques, sa propagande, ses bourreaux vont et viennent, mais la lutte du prolétariat et des peuples opprimés, la lutte menée par les organisations révolutionnaire, elle, demeurera et continuera jusqu’à la victoire finale !

    Toujours debout, toujours antifascistes, toujours communistes !