Auteur/autrice : unitecommuniste

  • Le 24 novembre sera un jour historique ! Contre les violences faites aux femmes !

    Le 24 novembre sera un jour historique ! Contre les violences faites aux femmes !

    Le 24 novembre sera un jour historique !

    Contre les violences faites aux femmes !

    Les chiffres ont de quoi faire frémir : en 2016, 225 000 agressions sexuelles ou physiques ont été commises en France contre des femmes. 123 ont été tuées. Et encore, ce n’est qu’une face émergée d’un iceberg hélas bien plus profond.

    Les chiffres ne reflètent pas une réalité encore plus sombre. Celle des non-dits, celle des actes « jugés normaux » ou « acceptables » mais qui ne le sont pas. Celles des vexations, de la discrimination, du harcèlement… Et là, les victimes se comptent en millions.

    Le 25 novembre est la journée de lutte contre les violences faites aux femmes. Cette année, le 24 novembre, de nombreuses manifestations auront lieu partout dans le monde pour dénoncer ces violences, ces inégalités, ces crimes. Ces manifestations, à l’appel du collectif #Noustoutes, lance, pour la première fois en France, une manifestation consacrée à cette thématique sans cesse occultée. Nous soutenons cette action. Nous regrettons qu’elle soit médiatiquement passée au second plan par les médias, tant elle illustre un problème crucial. Car il est vrai que l’actualité a été surtout marquée par les Gilets Jaunes. Cependant, nous considérons que ce bouillonnement autour de leur mobilisation ne doit pas occulter, par minimiser, pas invisibiliser la lutte qui se mène contre le sexisme, le machisme, le patriarcat.

    La manifestation du 24 novembre est une manifestation au sens politique important. Ce n’est pas un combat cosmétique, pas un combat de surface, c’est une lutte réelle qui ne concerne pas « que » la moitié de la société, mais bien celle-ci dans son ensemble. Car la question des violences n’est qu’un aspect de la question générale des rapports sociaux au sein de la société. Nul, excepté les ermites, ne peut prétendre en être détaché. Ce n’est pas un combat d’arrière garde, un combat pour l’histoire, mais bien un combat pour l’avenir.

    N’oublions pourtant pas les sœurs  Mariposas, qui sont à l’origine de ce jour de deuil. Les trois sœurs ont payé de leur vie leur lutte contre la dictature de République Dominicaine, dirigée par Trujillo. Trujillo, soutenu par les Etats-Unis pour son anticommunisme, a fait régner un régime de terreur machiste et fasciste sur l’île dominée.

    Révoltées contre cette politique criminelle, les sœurs Mariposas ont œuvré dans la résistance communiste, dans le but de rétablir les droits démocratiques dans l’île-prison. Traquées, elles ont été, le 25 novembre 1960, prises en embuscades par les militaires. Violées, torturées et tuées par l’armée, leur mort atroce révolte la République Dominicaine, mais dépasse également les frontières.

    Les fascistes ont tenté de les tuer, de les faire disparaître, mais ils les ont rendues immortelles !

    N’oublions pas les autres martyres de la lutte, telle que Rosa Luxembourg, assassinée le 15 janvier 1919, il y a près de cent ans, par les sociaux-démocrates d’Allemagne, restaurant l’ordre réactionnaire au profit de la bourgeoisie. Elle aussi est entrée dans l’histoire.

    N’oublions pas qu’aujourd’hui encore, la « démocratique » Norvège vient de vendre Gülizar Taşdemir, militante féministe Turque, réfugiée en Europe, à ses bourreaux, qui torturent, violent et assassinent impunément.

    Des nuages noirs s’amoncellent à l’horizon.

    L’aggravation de la crise économique frappe en premier lieu les femmes, en particulier celles qui sont des classes populaires et issues de l’immigration. Plus les contradictions dans la société sont fortes, plus le climat économique est mauvais, plus elles le paient de leur chair, de leur sang. Le patriarcat et ses violences sexistes sont plus fortes que jamais

    Chaque fois qu’un nouveau gouvernement réactionnaire est élu, les femmes sont dans le collimateur : attaques concernant les droits sociaux, attaques concernant l’accès à l’éducation, l’accès à la culture, l’accès aux droits politiques. Surtout, ces politiciens font de leur utérus un objet public, s’en prenant directement à la contraception ou à l’accès à l’IVG. Les réactionnaires tentent d’ailleurs d’utiliser la journée du 25 novembre à leur profit, en la muant en « marche pour la vie. »

    Derrière toutes ces attaques reste le mot d’ordre général des réactionnaires : « l’homme produit, la femme reproduit. »

    Nous ne pouvons accorder la moindre confiance dans les libéraux, dans les exploiteurs et les exploiteuses pour apporter des avancées sérieuses. Leur seule politique est de faire passer le corps des femmes d’une propriété exclusive de son mari, de son père, à un produit commercial, qui s’achète, s’échange, se vend.

    Une grande partie de ce qui est nommé « la culture du viol » provient de ce rapport aux femmes comme produit de consommation, au même titre qu’une voiture, qu’une montre ou qu’un parfum. Ce discours porte une double injonction : aux hommes, il faut « posséder » le plus de femmes possibles, il faut qu’elles soient le plus « haut de gamme » pour montrer sa place sociale. Aux femmes, l’injonction est faite d’être le produit commercial le plus parfait, au détriment de leurs propres aspirations, de leurs désirs.

    Cette hégémonie culturelle de l’équation entre le succès sexuel et le succès social donne naissance à de bien sombres monstruosités. Les Marc Lépine, les incels, qui vomissent leur haine des femmes et en font les responsables de tout leurs maux. Leur frustration sociale se mue en rage féminicide.

    Et lorsque l’égalité est mise en avant, c’est soit sous la forme d’une apologie des femmes qui « réussissent », qui réussissent à mener les mêmes politiques réactionnaires que les hommes, comme Thatcher, ou qui réussissent à devenir des exploiteuses tout aussi avides et criminelles, comme Liliane Bettancourt. Lorsque ce n’est pas ceci, c’est sous la forme d’icône vidées de leur sens politique. Le génie de Marie Curie est célébré, mais pas son engagement politique. Frida Khalo se voit destituée de son attachement à la direction de l’URSS. Kollontaï est réduite à une dissidente anticommuniste.

    Dans les rangs même de la gauche et de l’extrême-gauche, ces positions libérales s’évertuent toujours et encore à maintenir le mythe selon lequel la prostitution et la pornographie sont des activités, des carrières, comme les autres, et s’ingénient à amalgamer les positions abolitionnistes avec des positions de morale réactionnaire. Ces libéraux déguisés en révolutionnaires accordent leur soutien aux organisations corporatistes qui tiennent ces secteurs, au nom de la liberté de commercer sa chair.

    Tout comme nous considérons qu’il faut abolir l’exploitation de la forme de travail, nous considérons d’autant plus qu’il faut abolir celle de la chair. Quelle liberté y a-t-il de commercer sa chair pour celles et ceux qui y sont contraints et contraintes par la force, par le manque d’argent ? Prenant appui sur une infime minorité qui s’y livre par goût, ces agents de la division s’en servent pour justifier toute une machine d’anéantissement des femmes en tant qu’individus. Nous nous opposons aux lois qui servent à réprimer ceux et celles qui sont obligés de survivre ainsi, mais nous considérons que notre tâche est de liquider l’existence de ce milieu.

    A nos yeux, c’est dans la lutte que se construit la libération des femmes. Et là, encore, les questions persistent. Certains et même certaines pensent qu’il faudrait taire, dans les luttes sociales, les questions relatives au sexisme. Cela serait un ferment de la division des mouvements sociaux.

    Nous affirmons l’inverse ! Nous affirmons que c’est au contraire le fait de laisser ces questions prendre une tournure explosive qui sape l’unité d’un mouvement. Le fait de taire les questions liées au sexisme et à la division genrée du travail reproduisant des schémas patriarcaux, c’est considérer la place des femmes comme une place secondaire, d’appoint, devant se plier aux injonctions d’éléments réactionnaires masculins ou machistes, jugés plus précieux.

    « Les femmes portent la moitié du ciel » et des luttes !

    Il est possible d’obtenir des avancées sous le capitalisme. La lutte féministe a été victorieuse à plusieurs reprises. Mais le fond reste. Nous l’écrivions le 8 mars : L’an dernier, nous l’écrivions déjà. Le sexisme est l’expression symptomatique d’un problème structurel. Il s’agit de la société patriarcale et capitaliste. Cette forme de société a mué progressivement les femmes en prolétariat privé de l’homme. Les femmes assurant le fait d’élever les enfants, exécutant les tâches domestiques et -exceptionnellement- apportaient un « salaire d’appoint ».

    La division genrée, sexuée du travail est la base matérielle du fait que les femmes soient traitées en moyen de reproduction des forces de travail, tandis que les hommes seraient la force productive. Cette aliénation particulière laisse toujours des traces dans les mentalités, même si elle évolue peu à peu.

    A l’heure actuelle, le fait que les femmes puissent faire des carrières -malgré des discriminations sexistes, toujours aigües- ne remet fondamentalement pas en cause les rapports de domination. Car la structure économie, inlassablement, les reproduit. Si jamais ils ne prenaient plus une forme de division genrée du travail, ces rapports de domination se perpétueraient sous une forme nouvelle, tout aussi oppressive.

    Car l’exploitation maximale, recherchée par les bourgeois (et les bourgeoises), oblige, force à ce qu’un surtravail gratuit, non rémunéré, soit assumé par quelqu’un. Si les travailleurs -et les travailleuses- disposent encore d’énergie, la bourgeoisie tentera, comme elle le fait déjà, de mettre cette énergie à son service.

    Nous considérons que la seule possibilité de pouvoir éliminer dans son intégralité les dominations dans la société ne peut être qu’au travers de la destruction du système d’exploitation, du système d’oppression, du système de domination exercé par le capitalisme. Ce n’est que lorsque ceux qui produisent réellement toutes les richesses de la société seront au pouvoir, et non ceux qui les parasitent, que les bases matérielles de la fin du patriarcat seront réunies.

    Cela ne veut pas dire, bien sûr, que cette disparition se fera automatiquement, sans difficultés, sans à-coups et sans heurts. Les mentalités retardent toujours sur les pratiques sociales. Cela demandera un travail long, patient, mais qui sera définitif. Nous ne pouvons brusquer la société socialiste future a coups de fusils. Mais, l’histoire a démontré à plusieurs reprises que, quand les femmes en ont entre leurs mains, le système de domination patriarcal se montre plus timoré. Et l’organisation des femmes dans des groupes et associations féministes a été une constante dans l’histoire des Etats socialistes. Elles en ont été les fers de lance. Ce n’est pas un hasard que ce fut une femme qui dirigeât les Gardes Rouges durant la Révolution Culturelle Prolétarienne.

    Les exemples actuels ne manquent pas. Au Kurdistan, les YPJ, les brigades de combattantes féminines, ont largement contribué à mettre en déroute Daech, et parlent à voix égales avec leurs homologues masculins. Les brigades d’autodéfense féminines en Inde, pays où les viols sont les plus courants, ont permis des progrès spectaculaires dans les régions influencées par les partis communistes. Aux Philippines, dans les secteurs où la guérilla contrôle des territoires, l’égalité des sexes est réelle et les écarts de comportement sévèrement réprimés.

    La lutte est encore longue. Mais les organisations progressistes et révolutionnaires doivent l’arpenter. Elles doivent l’arpenter en menant une double lutte : d’une part contre l’influence de l’hégémonie culturelle et sociale de la bourgeoisie sur la société, mais également leurs propres propensions à reproduire les schémas de pensées archaïques et des pratiques erronées. Le « milieu militant » sert souvent de cocon protecteur à ces pratiques et tente de les justifier par des théories post-modernistes fumeuses. Peu étonnant qu’il soit un milieu essentiellement masculin.

    Le 24 novembre, nous serons dans la rue, avec nos camarades, pour scander les mots d’ordres de la lutte contre les violences faites au femmes !

    En avant vers l’émancipation générale !

    En avant vers la destruction du patriarcat et du capitalisme !

  • Déchaînons la colère populaire – Tract commun UCL / UPML

    Déchaînons la colère populaire – Tract commun UCL / UPML

    Déchaînons la colère populaire !

    On a raison de se révolter ! Poursuivons et amplifions le mouvement !

    250 000 gilets jaunes, selon la police. Certainement bien plus. Le mouvement de protestation contre la vie chère a surpris plus d’un. La mobilisation a été immense, intense, imposante ! Elle ne doit pas finir sans victoire !

    Nous en avons assez d’être saignés par les mêmes ! L’essence augmente pour compenser les taxes que les plus riches ne paient plus. Nous payons toujours plus pour aller à un travail qui rapporte toujours moins. Chaque jour les salaires, les retraites baissent pendant que les coûts explosent.

    Demain, il faudra payer directement de notre poche le moindre soin, la moindre intervention de santé, les écoles, les collèges, les lycées ou les universités. Cette politique n’est pas un accident, elle est choisie par un gouvernement qui ne travaille pas pour nous, mais contre nous !

    Pour qui travaille ce gouvernement ? Pour les exploiteurs et les profiteurs, pour de grands bourgeois. Il y a cent ans, c’était ces mêmes grands bourgeois qui envoyaient nos frères et nos sœurs mourir dans les tranchées pour les profits de leurs banques et de leurs usines à canons. Aujourd’hui, ils frappent les salaires et les produits de consommation courants !

    Dans les blocages et les manifestations, certains viennent vendre leur minable camelote électorale en prévision des élections européennes. Ils promettent monts et merveilles, encore, toujours, mais appliqueront exactement la même politique s’ils gagnent !

    Voulons-nous de nouveaux maîtres ? Non.

    D’autres veulent détourner une colère juste et légitime vers des actions d’intolérance, de racisme, de division. Ils se prétendent les amis des travailleurs et des travailleuses, mais ne sont là que pour racoler pour leurs petites sectes. Les fascistes n’ont pas leur place ici.

    Les actes racistes, xénophobes, sexistes… doivent être combattus !

    Quelque soit notre citoyenneté, notre origine, nous sommes la même ligne de front contre le même exploiteur, le même ennemi !

    Qui cause la vie chère, qui impose des salaires de misère, qui font fermer les hôpitaux qui qui font les guerres et les massacres ?

    Ce ne sont pas de pauvres gens qui fuient les pays que notre armée ou les armes que nous vendons ont ravagés. Ce ne sont pas ceux qui essaient de sortir de la misère. Ce ne sont pas ceux qui veulent une éducation, un logement, des soins de qualité et abordables. Ce n’est pas une société secrète, cachée dans l’ombre, qui cause nous souffrances !

    Ce sont des gens qui vivent au grand jour, dont les noms reviennent sans cesse, dont les entreprises possèdent tout.

    Nos premiers bourreaux ne sont ni américains, ni arabes, ni juifs, ni allemands… ils sont « bien de chez nous ». Arnault ; Hermès ; Bettancourt ; Pinault ; Dassault ; Castel ; Besnier ; Michelin…

    500 familles captent 1/3 du Produit Intérieur Brut. Et ne produisent rien, ne paient pas d’impôts, sont gavés d’argent public, ne respectent aucune loi…Et écrasent les autres. Ils imposent pour leurs profits la baisse des salaires et la destruction de la santé. Et il y en a d’autres, qui profitent de la misère, de la souffrance, de l’épuisement de ceux et celles qui produisent tout ! Des banques avides, des entreprises avares qui traitent comme de la marchandises ceux qui font tout !

    Sans eux, le niveau de vie de l’intégralité des habitants du pays bondirait de 50%. 50% de richesse en plus, ce serait la fin des immeubles pourris qui s’effondrent, des hôpitaux qui ferment, des vieux et vieilles qui finissent leurs jours dans les maisons de retraites hors de prix.

    Nous voulons une société sans exploiteurs, sans bourgeois parasites, avec ceux qui produisent, les ouvriers, les paysans au pouvoir ! Une vraie société socialiste !

    Les grands-bourgeois ont l’Etat et les gouvernements à leurs ordres ! Nous n’en voulons plus !

    Nos revendications immédiates :

    • Hausse généralisée des salaires.

    • Blocage et réduction des prix des denrées de première nécessité et des biens de consommation courants.

    • Arrêt de la destruction des caisses de cotisations. Santé et éducation gratuite !

    • Suppression de la TVA et des impôts indirects et inégalitaires.

    • Remise en place et extension de l’impôt sur la fortune et de l’impôt sur les bénéfices des sociétés.

    • Prise en compte et remboursement des frais de transport pour les travailleurs.

    • Financement de la transition écologique et de la taxe carbone sur les bénéfices des sociétés.

    Nous affirmons :

    Nous travaillons, nous produisons, nous devons décider !

    Le pouvoir n’est pas dans les salons parisiens, dans les Assemblées remplies de députés qui sommeillent et ne travaillent que pour les bourgeois !

    Notre pouvoir ne peut être construit que par nous mêmes ! Osons lutter, osons vaincre !

  • Résistance active à l’échelle mondiale aux attaques des dirigeants impérialistes du monde contre l’homme et la nature  -ICOR

    Résistance active à l’échelle mondiale aux attaques des dirigeants impérialistes du monde contre l’homme et la nature -ICOR

    Résistance active à l’échelle mondiale aux attaques des dirigeants impérialistes du monde contre l’homme et la nature

     Pour la sauvegarde de l’environnement naturel face à l’économie de profit !

    Du 3 au 14 décembre, la Conférence de l’ONU sur le changement climatique se réunira à Katowice, en Pologne. Malgré les 23 conférences mondiales sur le climat qui ont eu lieu jusqu’à ce jour, le mode de production impérialiste entraîne l’humanité vers une catastrophe environnementale planétaire. La destruction de la nature remet en question d’un façon centrale les bases même qui permettent l’existence de l’humanité. En 2018, il y a eu de nouveau des périodes de chaleur et de sécheresse, parfois mortelles, une augmentation d’incendies de forêt, de chutes de pluie très fortes, d’inondations et de tempêtes record à l’échelle mondiale…

    L’intensification des contradictions inter-impérialistes et de la préparation générale des impérialiste à la guerre font que les mesures de protection de l’environnement sont réduites. Elles sont réduites par la pression sur les sphères du pouvoir et à l’augmentation de l’influence du capital financier international, qui agit ainsi pour ses profits. Cela fait que les attaques contre l’homme et la nature sont intensifiées. Les forces dirigeantes répandent l’impression trompeuse que les masses n’auraient de choix qu’entre le fauteur de troubles Trump et des « impérialistes » en apparence « plus modérés ». Si, dans les questions de la paix, de l’environnement ou des emplois, on se fie à l’un ou l’autre des impérialistes, à l’une ou l’autre entreprise ou qu’on se laisse manipuler, on tombe dans le piège du social-chauvinisme.

    L’ICOR (la Coordination internationale de partis et organisations révolutionnaires) appelle, encourage et soutient la réalisation d’une journée de lutte commune pour l’environnement le 8 décembre avec des manifestations, des rassemblements et des activités combatives dans le monde entier.

    Le mouvement écologique a besoin de d’une union combative mondiale et de l’unité des ouvriers, des paysans, des femmes, des jeunes et des peuples indigènes. Il a également besoin que se coordonne et s’unisse la résistance active pour sauver l’environnement, en menant la lutte contre les guerres impérialistes, l’exploitation et l’oppression. La construction d’un front uni international contre l’impérialisme et la guerre, contre la destruction de l’environnement est à l’ordre du jour.

    Nous avons besoin de transformations immédiates, radicales et cohérentes ! Un changement de paradigme en ce qui concerne les modes de production, de consommation et de vie sous la ligne directrice de l’unité de l’homme et de la nature exige que l’impérialisme et le capitalisme soit surmontés de manière révolutionnaire pour ouvrir la voie à une société socialiste libérée.

    Organisez et participez à la journée mondiale de lutte pour l’environnement, le 8 décembre, pour sauver l’environnement de l’économie de profit !

    Renforcez l’ICOR et ses organisations membres !

    Devenez amis de l’ICOR !

  • La Paix trahie.

    La Paix trahie.

    1918-2018

    Partie 3 – La paix trahie

    Le mouvement pacifiste possède une longue histoire. Il s’était particulièrement incarné, durant le milieu du XIXe siècle, par notamment le congrès des amis de la paix universelle, qui avait pour vocation de défendre la négociation et l’équilibre entre les nations. En dernière instance, sa mission était plus un contrefort de la Sainte-Alliance qu’une organisation progressiste.

    Bien que présidé par Victor Hugo, le congrès de 1849, par exemple, est marqué par un fond particulièrement réactionnaire et clérical. Ce qui est mis en avant, c’est la nécessité d’un paix harmonieuse et naturelle, telle que voulue par Dieu. Derrière ce pacifisme se cache l’idée qu’il serait possible que les puissants s’entendent pour exploiter le plus pacifiquement possible les masses, et se partager le monde par le dialogue et non pas l’affrontement.

    Le congrès condamne par ailleurs les guerres pour une raison particulièrement justifiée, nous reviendrons dessus à la fin de cette brochure : elles sont le ferment des révolutions. Les positions socialistes sont de plus en plus marginalisées. Elles vont, par ailleurs, en être exclues progressivement.

    Ce pacifisme réactionnaire va se retrouver de plus en plus marginalisé, tandis que naît, avec un élan irrésistible, une nouvelle ligne de défense de la paix entre les Nations, la ligne progressiste-révolutionnaire. Autour du mot d’ordre de « prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! », un nouveau camp de la paix apparaît.

    Il s’incarne dans les diverses internationales, lesquelles mentionnent explicitement la nécessité de lutter en premier lieu contre sa propre bourgeoisie nationale et de pratiquer le défaitisme révolutionnaire : autrement dit, mettre la lutte des classes au premier plan, avant la lutte entre les nations, les Etats, des peuples.

    Au sein de l’Internationale Ouvrière, fondée en 1889, la ligne défendue est fondamentalement celle de ce défaitisme. Ainsi, au congrès de Copenhague, en 1910, le texte publié réaffirme que « les guerres ne sont actuellement causées que par le capitalisme et particulièrement par la concurrence économique internationale des Etats capitalistes sur le marché du monde… » ainsi que  » la chute du capitalisme signifie la paix universelle  « .

    Le 25 novembre 1912, à Bâle, le manifeste publié lors du congrès mentionne : « Le Congrès […] demande aux travailleurs de tous les pays d’opposer à l’impérialisme capitaliste la force de la solidarité internationale du prolétariat ; il avertit les classes dirigeantes de tous les pays de ne pas accroître encore, par des actions de guerre, la misère infligée aux masses par le mode de production capitaliste (…). Que les Gouvernements sachent bien que dans l’état actuel de l’Europe et dans la disposition d’esprit de la classe ouvrière, ils ne pourraient, sans péril pour eux-mêmes, déchaîner la guerre. »

    Mais entre ces belles paroles et la confrontation avec la réalité, un océan a surgi. Au sein de l’IO, de très puissantes tendances révisionnistes et opportunistes existaient. Ces positions s’étaient déjà exprimées autour de Bernstein (question coloniale), Jaurès (réformisme) ou Kautsky (question électorale, question du « super-impérialisme » et participation aux gouvernements). Mais l’épreuve de la guerre allait être le test final de la viabilité et de la solidité des positions de cette Internationale.

    Or, la confrontation avec la réalité fit tout bonnement voler en éclat la façade d’internationalisme de l’IO. Tournant casaque, les sociaux-démocrates sont passés des discours prêchant l’amitié entre les peuples à des discours chauvins, patriotiques, propres à soumettre les travailleurs des villes et des campagnes aux ordres de la bourgeoisie impérialiste. Le vernis s’est craquelé, l’heure était à l’union sacrée.

    En France, devant le cercueil de Jean Jaurès, Léon Jouhaux, dirigeant de la CGT, déclare ainsi :  « Jaurès a été notre réconfort dans notre action passionnée pour la paix. Ce n’est pas sa faute, ni la nôtre, si la paix n’a pas triomphé. Avant d’aller vers le grand massacre, au nom des travailleurs qui sont partis, au nom de ceux qui vont partir, dont je suis, je crie devant ce cercueil toute notre haine de l’impérialisme et du militarisme sauvage qui déchaînent l’horrible crime.

    Cette guerre, nous ne l’avons pas voulue, ceux qui l’ont déchaînée, despotes aux visées sanguinaires, aux rêves d’hégémonie criminelle, devront en payer le châtiment.

    Acculés à la lutte, nous nous levons pour repousser l’envahisseur, pour sauvegarder le patrimoine de la civilisation et d’idéologie généreuse que nous a légué l’histoire. Nous ne voulons pas que sombrent les quelques libertés si péniblement arrachées aux forces mauvaises. Notre volonté fut toujours d’agrandir les droits populaires, d’élargir le champ des libertés. C’est en harmonie avec cette volonté que nous répondons  » présent  » à l’ordre de mobilisation. »

    Guesde, dirigeant de la SFIO, fit de même.

    Jouhaux utilisa l’argument du fait que la France est une république et l’Allemagne un empire. Les Allemands utiliseront l’argument du colonialisme Français et de l’alliance avec la Russie tsariste. Dans les deux cas, ces arguments étaient fallacieux et ne servaient qu’à justifier la capitulation des opportunistes face à l’épreuve de force de la guerre.

    Lénine écrivait en 1915 : « Les vues de Guesde ont été exposées ces derniers temps de la façon peut-être la plus détaillée par le guesdiste Charles Dumas, dans sa plaquette intitulée : La paix que nous voulons. Ce « chef de cabinet de Jules Guesde », qui signe ainsi la page de titre de la brochure, « cite »naturellement les déclarations antérieures des socialistes faites dans un esprit patriotique (de même que le social-chauvin allemand David rapporte des déclarations analogues dans sa dernière brochure sur la défense de la patrie), mais il ne mentionne pas le manifeste de Bâle. Plékhanov passe également sous silence ce manifeste, en présentant avec une suffisance extraordinaire des platitudes chauvines. Kautsky est semblable à Plékhanov : citant le manifeste de Bâle, il en omet tous les passages révolutionnaires (c’est-à-dire tout son contenu essentiel !), probablement sous prétexte des interdits de la censure… La police et les autorités militaires, dont la censure interdit de parler de la lutte des classes et de la révolution, viennent « très opportunément » en aide à ceux qui ont trahi le socialisme. »

    Karl Kautsky inventa la thèse du « super impérialisme », application de la concentration capitaliste à l’échelle mondiale. Il avançait l’idée que, au final, la domination impérialiste totale mettrait d’une part fin aux guerres, mais qu’elle serait également la condition sine qua none du passage au socialisme. Cette négation du rebattage constant des cartes et de la nature pourrissante du stade du capitalisme monopoliste, qui rend la concurrence entre les bourgeoisies possibles, mais inévitable même, a servi d’argument fallacieux. En somme, soutenir son propre impérialisme serait la meilleure voie vers l’unification de la terre dans un seul marché, donc vers la révolution mondiale.

    Cette manœuvre s’est reproduite dans quasiment tous les pays belligérants. Chaque fois des arguments ont été avancés, fallacieux, pour justifier le fait de se plier à l’ordre de partir en guerre. Le chauvinisme, le sentiment de supériorité morale, le sentiment d’être moins infâme que ceux d’en face a servi à justifier les décisions qui signèrent la mort de la seconde internationale. En Russie, les mencheviks, autour de Plékhanov, inventent la thèse du « défensisme révolutionnaire », il s’agit dont de défendre le Tsar tout en croyant dur comme fer que la révolution naîtra de la victoire. En somme, il s’agit d’une trahison pure et simple.

    Les paroles internationalistes se sont envolées, ne laissant que la participation et le soutien -qu’il soit critique ou non, quelle importance !- à la guerre. Le conflit mondial a sonné le glas de cette position comme position révolutionnaire, l’a démasquée au monde entier, et en particulier aux masses, comme étant l’expression d’une trahison pure et simple, comme étant un appel à participer à la boucherie infâme. Autour de l’Union Sacrée, le mouvement socialiste s’est jeté dans les bras de sa bourgeoisie et à tout mis en œuvre pour que la guerre « se passe le mieux possible », brisant les luttes sociales, les grèves, les protestations…et se disqualifiant aux yeux de l’histoire comme une voie pour la libération des travailleurs.

    Cette disqualification n’a pas empêché l’hydre social-chauvin de renaître sans cesse. Aujourd’hui, toujours, il est plus que d’actualité. Un grand nombre d’organisations de gauche sociale-démocrate avance systématiquement des principes internationalistes, mais recule devant toute pratique concrète allant dans ce sens. En dernière instance, leur loyauté à l’impérialisme français est sans faille, et ils tentent de le justifier par touts les moyens, y compris les plus fallacieux. L’un des exemples est le fait que cela renforcerait les autres impérialismes ou que cela aurait un impact sur le niveau de vie des masses populaires. Même les organisations reconnaissant la lutte des classes et la nécessité de la mener mettent un genou à terre dès qu’il s’agit de questions internationales. Là, les classes n’existent plus, existe seul l’intérêt de la France, maquillé de couleurs spectaculaire, de civilisation et de lumières. La ligne sociale-chauvine reste ainsi particulièrement forte dans les Etats impérialistes.

    En revanche, cette décantation idéologique a permis l’affirmation indépendante de la ligne révolutionnaire et internationaliste. Le congrès de Zimmerwald, ainsi, fut l’un des actes de naissance d’un mouvement communiste nettoyé des failles portées par les chauvins et les réformistes. Lénine, dans son exil, s’était ainsi d’une manière sans cesse croissante affirmé comme l’un des piliers théorique de la lutte contre l’opportunisme et pour l’organisation internationale comme nationale des moyens de battre, dans la guerre, l’impérialisme, le capitalisme et, à terme, la guerre elle-même.

  • 17 novembre : un bassin révélateur.

    17 novembre : un bassin révélateur.

    17 novembre : un bassin révélateur.

    Entre le miroir aux alouettes et la faillite d’une partie de la gauche.

    Depuis un mois environ, des appels à des blocages et à des manifestations se lancent un peu partout dans l’ensemble du territoire contrôlé par l’Etat français. Ces manifestations se sont dotés de symboles : le gilet haute-visibilité jaune.

    Cette colère s’est cristallisée contre la hausse des prix du carburant à la pompe, hausse liée à l’augmentation des taxes et du coût du pétrole. L’une des raisons principales est le rattrapage fiscal que connaît le diesel, sur lequel pourtant l’industrie automobile française avait largement misé durant des décennies.

    Ce mouvement s’est transformé en traînée de poudre par l’intermédiaire des réseaux sociaux et des pétitions. Difficile pourtant de savoir ce qui en sera concrètement le jour venu, tant ces événements prennent souvent l’apparence de feux de paille. Il est difficile de croire que cette mobilisation débouchera sur des résultats tangibles, car même si un mouvement d’ampleur avait lieu, il aurait de grande difficultés à s’inscrire dans la durée et à pouvoir créer un rapport de force sur le long terme. Au mieux, il sera un coup d’éclat, au pire, il sèmera une amertume et une désillusion accrue chez les participantes et les participants.

    Pour le moment, cependant, il fait parler. Face à cette flambée, un contre-feu s’est lancé, notamment à gauche et à l’extrême-gauche, pour dénigrer cette mobilisation, la jugeant peu importante en regard d’autres enjeux et récupérée politiquement par l’extrême-droite. Nous tenions à apporter notre pierre au débat.

    Oui, le 17 novembre est la cible de la récupération politique par l’extrême-droite. C’est une certitude. Mais non parce que la lutte contre la hausse du prix du carburant est fasciste ou poujadiste en soi, mais bien parce que les organisations progressistes et révolutionnaires qui la condamnent ont fait le choix d’abandonner ce terrain à l’extrême-droite, de lui offrir un boulevard, de lui donner un cadeau.

    Les fascistes sont des maîtres dans l’art d’utiliser les affaires de corruption, dans l’art d’utiliser les scandales, dans l’art d’utiliser tout ce qui frappe aux viscères les masses populaires. Ils sont des professionnels de l’excitation de la colère, de son détournement, du fait d’entraîner les masses dans des voies pires encore. Les fascistes sont prêts à instrumentaliser la grogne contre les taxes pour l’utiliser contre les migrants, d’utiliser la situation dans les EHPAD pour parler de délinquance, de maquiller les chiffres du passage à l’euro pour nourrir le chauvinisme et le nationalisme le plus putride.

    Alors que sur le terrain des questions sociales ils sont incapable de pouvoir s’exprimer et se positionner sans tomber dans le ridicule le plus achevé, ils manœuvrent habilement sur ces terrains, pour livrer les travailleurs pieds et poings liés à leur plus grand bourreau : la grande bourgeoisie monopoliste française, « bien de chez nous ».

    Une des choses que nous enseigne l’histoire du combat contre le fascisme et le nazisme, c’est bien qu’il faut faire extrêmement attention à ne pas laisser ce genre de boulevards ouverts.

    Dans les années 30, Dimitrov, dirigeant l’Internationale Communiste, revenait sur ces problèmes : Je me souviens, par exemple, d’une réunion de chômeurs tenue à Berlin avant l’arrivée de Hitler au pouvoir. C’était pendant le procès des fameux accapareurs et spéculateurs, les frères Sklarek, procès qui durait depuis plusieurs mois. L’orateur national-socialiste qui parla à cette réunion, utilisa ce procès pour ses buts démagogiques. Il cita les spéculations, les affaires de corruption et les autres crimes commis par les frères Sklarek ; il souligna que le procès intenté contre eux traînait depuis des mois ; il calcula combien de centaines de milliers de marks ce procès avait déjà coûté au peuple allemand et, aux vifs applaudissements des assistants, il déclara qu’il fallait, sans tarder, fusiller des bandits comme les Sklarek et verser au profit des chômeurs l’argent dépensé pour le procès.

    Un communiste se lève et demande la parole. Le président refuse d’abord ; mais, sous la pression des assistants qui voulaient entendre le communiste, celui-ci obtient enfin la parole. Lorsque le communiste monta à la tribune, tous les assistants dressèrent l’oreille dans l’attente de ce qu’il allait dire. Eh bien, que dit-il : « Camarades, déclare-t-il d’une voix ferme et puissante, l’assemblée plénière de l’Internationale communiste vient de terminer ses travaux. Elle a indiqué la voie du salut pour la classe ouvrière. La tâche essentielle qu’elle pose devant vous, c’est, camarades, la « conquête de la majorité de la classe ouvrière ». L’assemblée plénière a indiqué qu’il est nécessaire de « politiser » le mouvement des chômeurs. L’assemblée plénière vous invite à élever ce mouvement à un degré supérieur. » Et l’orateur continua à parler dans le même sens, convaincu apparemment qu’il « expliquait » les décisions authentiques de l’assemblée plénière. Un tel discours pouvait-il émouvoir les chômeurs ? Pouvaient-ils être satisfaits qu’on s’apprêtât d’abord à les politiser, puis à les révolutionnariser et ensuite à les mobiliser pour élever leur mouvement à un degré supérieur ?

    Assis dans un coin, j’observais avec amertume comment les chômeurs présents, qui avaient tant voulu entendre le communiste pour apprendre de lui ce qu’il leur fallait faire concrètement, se mettaient à bâiller et à manifester une déception bien claire. Et je ne fus pas du tout étonné qu’à la fin, le président retirât brutalement la parole à notre orateur sans aucune protestation dans les rangs de l’assemblée… »

    Or, nous agissons bien souvent de cette manière. Nous oublions bien souvent un principe édicté par Mao : « Le marxisme comporte de multiples principes, mais ils peuvent tous se ramener en dernière analyse à une seule phrase : on a raison de se révolter contre les réactionnaires. »

    Or, nos « gilets jaunes » ont-il raison d’être en colère ?

    Peut-on condamner la mobilisation contre la hausse des prix ? Dans sa forme, peut-être, elle est critiquable, elle est insuffisante, elle présente des failles. Bertolt Brecht est souvent cité pour avoir dit « si le peuple pense mal, changeons le peuple ». Certains s’en sont servi dans une dimension anticommuniste pour prétendre que Brecht appelait à manipuler l’esprit des masses pour les faire obéir. Or, il s’agit de l’inverse. Brecht voulait, par cette phrase, indiquer que les analyses politiques qui permettent de luter contre les idées fausses n’apparaissent pas spontanément. Elles ne peuvent être qu’apportées par un travail en amont. Lorsque Mao dit que les idées justes proviennent du peuple, il n’omet pas de mentionner que les communistes, pour appliquer une ligne de masse qui leur permettre d’aller vers la victoire, doivent combattre les idées fausses et réactionnaires, mais également reformuler les mots d’ordres spontanés pour les rendre politiques. Partir des masses pour revenir vers les masses.

    Certains en ont déduit un culte de la spontanéité qui les ont amenés à considérer avec angélisme que toute ce qui provenait des masses populaires était un pur cristal. Certains spontanéistes en sont allés jusqu’à voir dans les pogroms l’expression d’un sentiment d’injustice qu’il fallait soutenir, tout comme les lynchages.

    D’autres ont, à l’inverse, déjà renoncé. Les idées fausses au sein des masses, les imperfections, les failles, les faiblesses, leurs sont rédhibitoires. A leurs yeux, les travailleurs et travailleuses sont des moutons, sont abrutis, sont trop souillés pour être la force révolutionnaire.

    Dans un cas comme dans l’autre, les positions sont fausses. Par un étrange retournement de situation, ce sont souvent ceux-là et celle-là même qui clament au fait de ne pas hiérarchiser les luttes qui se sont empressés de catalogue la lutte contre la hausse du carburant comme indigne, comme inférieure aux autres.

    Une partie de la gauche petite-bourgeoise et intellectuelle s’est ainsi démasquée pour ce qu’elle est : donneuse de leçon, méprisante et singulièrement inadaptée à mener la lutte des classes.

    Comment reprocher à des individus qui ne sont pas communistes de ne pas agir en communistes ? De ne pas avoir une « correcte pensée politique » ? Au lieu de chercher à faire progresser politiquement les forces motrices de la société, ces organisations, ces individus se réfugient dans un idéalisme béat, dans un utopisme de bon aloi.

    Parmi les classe populaires, il existe des tares. Il existe des sexistes, des homophobes, des xénophobes, des individus aux tendances mafieuses, des individus aux désirs petits-bourgeois…Ils sont le reflet de la société et le reflet de l’idéologie dominante, bourgeoise, qui est le vecteur de ces conceptions réactionnaires. Ces idées réactionnaires traversent tout la société. Mais il existe trois voies : les nier, les juger indépassables ou les combattre et rallier sur la base des idées justes qui existent. Or cela ne peut arriver spontanément, sans un apport exogène, de l’extérieur.

    Qu’une partie plus ou moins grande de celles et ceux qui participent au mouvement des « gilets jaunes » soit capable de défiler avec Le Pen, avec Dupont Aignant, avec Wauquiez, comment en serait-il autrement ? Ils et elles ont le sentiment de trouver des oreilles compatissantes, des démagogues qui leur parlent, les écoutent les comprennent. Notamment parce qu’une grande partie du camp du peuple, ou du soi-disant camp du peuple, a renoncé à les regarder, à les entendre, à les écouter.

    Nous, nous ne ferons pas ce jeu du silence. Nous nous adressons aux « gilets jaunes » comme à l’ensemble de la société. Nous pensons que le fait de se mobiliser contre la vie chère, contre l’étranglement financier, contre la paupérisation sous toutes ses formes est justifié et nécessaire.

    Par contre, nous leur disons que les alliés d’aujourd’hui sont les bourreaux de demain. Où étaient ces messieurs Wauquiez, ces mesdames Le Pen quand leurs droits sociaux étaient bafoués ? Quand leurs salaires étaient baissés, quand leurs usines, leurs maternités fermaient ? Nulle part. Lorsque des organisations progressistes méprisent les travailleurs et les travailleuses, il s’agit d’une erreur terrible, certes, mais d’une erreur tout de même. Quant à ces organisations et leurs représentants, pour eux, c’est une stratégie.

    Ils ne lorgnent sur le pouvoir que pour appliquer la même politique, sinon une politique pire. Ils ne sont là que pour servir la bourgeoisie et se doter de places de fauteuils, de sinécures. Ils se disent « anti-système » mais sont les agents les plus fanatiques de la baisse du niveau de vie et de l’écrasement des travailleurs et des travailleuses, en particulier les plus pauvres et les plus précaires.

    Ce sont des agents de la division et de l’opportunisme.

    Lutter contre la TVA, cet impôt injuste et cynique, lutter contre la vie chère, lutter contre les manœuvres de l’Etat bourgeois pour faire endosser la plus grande partie des taxes par les masses populaires, cela leur a paru trop trivial, trop matérialiste au sens négatif du terme. En somme, trop sale. Il faudrait se cantonner aux luttes qui ennoblissent l’esprit, pures, éloignées, pour de grands principes, pour de belles phrases.

    Même si il est vrai que le carburant n’a pas tant augmenté que ça par rapport à l’inflation, il n’en demeure pas moins qu’il est un poste de dépense important pour les travailleurs et les travailleuses, d’autant plus que nombre des plus précaires sont relégués aux confins des villes ou des zones périurbaines par les coûts des loyers ou par le désir d’un cadre de vie moins affreux. A cela s’ajoute le fait que les transports en communs entre les banlieues et les zones industrielles sont du domaine du cauchemar et que, avec des moyens financiers limités, il n’est pas possible matériellement de se doter de la nouvelle hybride qui consomme peu, mais bien souvent il faut accepter de rouler avec des véhicules hors d’âge, polluants et puants. Pas par amour de la belle mécanique, mais par absence de choix.

    Rouler plus chèrement, d’autant, non pour le loisir, non pour le voyage, mais bien pour aller sur son lieu d’exploitation. Payer plus pour être exploité, tandis que la grande bourgeoisie échappe aux taxes, aux impôts. Ne s’agit-il pas là du suprême cynisme ?

    Alors, logiquement, le prix du carburant, auquel tout automobiliste est confronté, est un prix marquant, un prix symbolique plus que concret. L’évolution du cour du yaourt est plus difficile à suivre, est moins affichée sur d’immense panneaux. En France, la part du transport automobile dans le budget des ménages est l’une des plus élevées d’Europe avec 15% environ des dépenses.

    Nous regardons la hausse des taxes du carburant de la même manière que la volonté de mettre des péages urbains en ne voyant là qu’une manière inégalitaire de faire rentrer des deniers dans les caisses de l’Etat tout en peignant cela en vert. Il est fascinant de voir le nombre de groupes et d’individus qui, tout en traitant ceux qui se mobilisent de dupes, sont eux-mêmes dupés par ces taxes prétendument écologiques. Peut-être que ceux qui se vêtiront du gilet jaune iront ensuite participer aux promotions sur le Nutella, sans penser aux Orangs-outans. Pas par mépris pour leur existence, pas par haine cynique et veule, mais parce que, dans la situation sociale où sont certains et certaines, étranglés par un niveau de vie qui ne fait que baisser, une promotion sur un produit de consommation courante est toujours ça de pris. Et le fait que nous l’expliquions ne signifie pas que nous le considérions comme juste politiquement.

    Il est terrible de voir les méfaits qui sont causés, notamment par les extractions d’hydrocarbures, par les ravages des industries automobiles, par l’exploitation au sein de celle-ci. Il est bien sût terrifiant de voir les chiffres sur les disparitions des espèces animales. Mais ceux qui écrivent « va te faire foutre avec ton putain de 17 novembre » et qui se figurent que ceux qui sont exaspérés sont des promoteurs du tout voiture, de la pollution, se trompent. Bien sûr, nous sommes pour un respect de l’environnement, pour le développement de technologies réellement vertes – non ces faux semblants. Qui ne le serait-pas ? La bourgeoisie elle-même, même la plus rapace, ne se réjouit pas de la destruction de la planète et des conditions qui permettent à la vie d’exister sur elle.

    Mais la solution, la vraie, n’est pas une taxe marginale, n’est pas de faire payer le coût d’une prétendue transition écologique aux masses populaires. La solution n’est pas dans des mesures fiscales ou individuelles.

    La solution est politique : elle est dans le contrôle réel de la production par les masses populaires, par les travailleurs eux-mêmes. Ce qui fait que la bourgeoisie, que les capitalistes, que les investisseurs détruisent la planète, c’est une recherche effrénée du profit. Pas seulement du profit moyen, mais des plus hautes sources. Les capitalistes sont persuadés que s’ils n’exploitent pas ce gisement sous une réserve, leur taux de profit baissera et ils seront broyés par la concurrence. Et même si leur « conscience » parle, elle se dit surtout que « si ce n’est pas eux qui en profitent, s’en seront d’autres. » D’où cette spirale infernale, mortifère, dévastatrice.

    C’est cette spirale qu’il faut briser, et elle ne peut être brisée que par l’action révolutionnaire, pour chasser du pouvoir les agents de la bourgeoisie, pour détruire les outils de l’oppression, et l’exploitation. Par le fait de remettre entre les mains des travailleurs les moyens de contrôler réellement l’économie mondiale, mais également de conserver ce contrôle, face aux immanquables tentatives de restauration.

  • La guerre désirée – par les bourgeoisies.

    La guerre désirée – par les bourgeoisies.

    1914-1918 : le centenaire.

    Partie 2 : La guerre désirée – par les bourgeoisies.

    Chaque bourgeoisie s’est investie dans cette guerre atroce. L’historien Jacques R. Pauwels a ainsi travaillé sur la question des raisons des entrées en guerre des différents Etats. Dans 1914-1918 : la grande guerre des classes, il fait un retour sur la boucherie impérialiste.

    A l’exception de la Serbie, qui ne pouvait que rejeter l’ultimatum Austro-hongrois -conçu d’ailleurs pour être inacceptable, et hormis la République de Chine qui croyait naïvement pouvoir chasser certains occupants en entrant dans le conflit, tous les camps se valent. Chacun recherche l’affrontement, ou cherche à pousser l’autre à l’affrontement, pour des raisons on ne peut plus crapuleuses. Cela demande de revenir un brin en arrière, tant dans l’histoire de la diplomatie que dans l’histoire de l’économie.

    Car ce qui caractérise cette guerre, c’est sa veulerie et sa crapulerie.

    Durant le XIXe siècle, les jeux de la diplomatie européennes poussent à essayer de créer un équilibre entre les différentes puissances. Chaque nation garde en mémoire le souvenir de l’aventure napoléonienne et des ravages qu’elle a pu causer, et la ligne directrice de chaque empire, royaume ou république, est de tenter de limiter les risques d’apparition d’un hégémonie nouvelle. La Sainte-Alliance, fondée en 1815, avait pour but de veiller à cela, en faisant appel à des valeurs religieuses surannées, rassemblant la Prusse, l’Autriche et la Russie. Véritable chape de plomb contre le développement des aspirations à la liberté, elle a fait de la première partie du XIXe siècle un contre-coup de l’élan révolutionnaire de la fin du XVIIIe.

    Cette politique s’est peu à peu décantée, donnant naissance progressivement à des puissances globalement équilibrées, mais, de ce fait, intrigant constamment les unes contre les autres. Une Allemagne ciblant l’Autriche, mais se méfiant d’une alliance entre France et Russie, une Autriche tentant de maintenir un souffle de vie dans la Sainte-Alliance, tout en tenant de se liguer avec l’Allemagne pour éviter une descente vers l’Adriatique de la Russie. Un Empire Ottoman grignoté de toute part, mais trouvant dans des amitiés avec l’Allemagne la possibilité de se maintenir, une France essayant de se lier avec la Russie pour emprisonner les puissances centrales… Et une Angleterre soufflant le chaud et le froid, voulant à tout prix maintenir la division.

    Ce jeu d’équilibre aurait pu continuer éternellement si, parallèlement à cela, le capitalisme n’était pas rentré dans une nouvelle phase, celle de l’impérialisme.

    A la fin du XIXe siècle, un bouleversement s’est produit dans le fonctionnement du capitalisme. Les besoins de capitaux toujours plus grands des industries les ont poussées à se rapprocher et à fusionner avec les banques. Les capitaines d’industries se sont alors mués en investisseurs, toujours à l’affût des placements les plus juteux. Or, si le marché national pouvait être intéressant pour les produits de consommation, pour la vente de marchandise, des profits incommensurables se trouvaient par delà les mers et les océans. Pour les engranger, il faut des conquêtes. Pour réaliser ces conquêtes et les tenir, les bourgeoisies s’appuient -et s’appuient toujours- sur les Etats, sur les armées. Les pavillons nationaux sont avant tout les pavillons des cartels, des trusts, des monopoles industriels et bancaires.

    Alors que les conquêtes coloniales, commencées avec la conquête de l’Amérique, servaient à la base à découvrir et conquérir de nouveaux marchés, ainsi que, parfois, à résorber un « trop-plein » de population, elles se sont muées de plus en plus en terrain d’investissement, produisant des superprofits monstrueux. Les colonies et les dominions devenaient une obsession pour les bourgeois qui les tenaient, et ne pas en posséder revenait à courir le risque d’être écrasé.

    Pour les Etats lancés tard dans l’aventure, comme l’Allemagne, ce retard devenait menaçant. Pour l’Autriche Hongrie, enclavée, cela devenait, là aussi, une situation ingérable. Quant à l’empire Ottoman, les conquêtes occidentales se faisaient même sur son dos. En 1885, le partage du monde, signé à Berlin, laissait l’Italie, le Japon, l’Allemagne lésés. Lésés et furieux. D’autant que, à cette date, à l’exception de l’Abyssinie et de la Chine, le monde est partagé. Chaque mouvement se fait désormais en se heurtant à des possessions, des protectorats et des zones d’influences d’autres puissances.

    Logiquement, à la tête d’un immense empire colonial, la France aurait dû pulvériser sans la moindre difficulté l’Allemagne, dont les minuscules possessions ne sauraient être comparées à la magnificence de l’Empire français. Pourtant, elle s’est maintenue. Ce paradoxe illustre une des caractéristiques fondamentales de l’impérialisme : son caractère putréfié.

    En situation de monopole sur un pré carré, la bourgeoisie française ne s’est guère posée de problèmes. Les investissements ont pour but de rapporter le plus possible, ce qui implique, finalement, de ne placer que le minimum dans le développement technologique et industriel, le minimum dans la possibilité d’expansion du niveau de vie des masses populaires, et de faire montre en flèche les fortunes d’une poignée de parasites. La « tonte de coupons » est ce qui est le plus prisé en termes de rendement. Mais pendant ce temps, l’industrialisation, le développement de biens de consommation, piétinent. Les colonisés meurent sous les coups de l’administration coloniale, massacrés, surexploités… mais les populations de métropoles ne voient guère la couleur de ces richesses non plus. Quelques miettes, tout au plus. La France de cette époque est un pays miséreux et arriéré, hormis dans les citadelles de l’impérialisme.

    De son côté, la bourgeoisie Allemande avance à marche forcée pour compenser son retard. Pour contrer la France, elle mise tout sur l’industrialisation, sur l’artillerie lourde, sur les voies ferrées. Déjà en 1870, face à la Prusse, cette mobilité supérieure à fait ses preuves. Contre l’Angleterre, elle développe activement une marine de guerre ultra-moderne, équipée de machineries à mazout, alors que les dreadnoughts anglais dépendent du charbon -moins calorifère, plus pénible à transporter, demandant un équipage pléthorique. La weltpolitik du Kaiser permet de s’approvisionner auprès des puits de pétrole de l’empire Ottoman. L’Allemagne prépare une entrée fracassante sur la scène internationale. Elle peut même narguer à plusieurs reprises la France au Maroc, en déployant ses navires de guerre flambants neufs dans les eaux du protectorat. La bourgeoisie Allemande a repoussé dans le temps ses projets d’oisiveté et d’aisance pour se préparer à arracher sa place au soleil. Voilà ce qui explique que l’Allemagne puisse développer son industrie et mener un paternalisme social de front, tandis que la France agricole demeure dans un sous-développement industriel et social.

    Au fur et à mesure que le XIXe siècle cède sa place au XXe, les impérialismes se regardent avec une agressivité toujours plus grande. Chacun cherche à jouer ses cartes.

    Il n’existe, dans ce conflit, aucun Etat dont les bourgeoisies n’aient pas eu des motifs criminels. Il est impossible de dégager un « camp du bien » et un « camp du mal » qui puisse s’illustrer, l’un vis-à-vis de l’autre, par des qualités morales supérieures, par une volonté d’agir pour la liberté, pour la protection des peuples, pour mettre fin à l’escalade furieuse et criminelle orchestrée par les impérialistes et par les marchands de canons.

    Les Alliés ont déclaré qu’ils représentaient le camp du droit quand les puissances centrales étaient celui de la force. C’est une vérité incontestable. Les Alliés se sont appuyé sur des traités forgés lorsqu’ils étaient en position de suprématie. Leur droit était celui des puissances impérialistes anciennes, dominantes, mais en perte de vitesse, qui avaient étouffé sous les traités inégaux le développement des concurrents internationaux, dont l’Empire Allemand. La force était celle de ceux qui voulaient s’imposer, gagner leur « place au soleil », pour reprendre la formulation de Bismarck. Ce droit prenait les borugeoisies de ces pays à la gorge, leur mettait le revolver sur la tempe. Ou prendre une place plus importante, ou être broyées.

    Dire, comme l’a fait Mélenchon, qui, décidément, ne peut s’empêcher de s’exprimer à tort et à travers, que la guerre est la faute du Kaiser, revient à mentir. Tout a été fait pour que la guerre ait eu lieu. Seulement, les Alliés ont manœuvré pour bénéficier de l’avantage moral de jouer le rôle de défenseurs, non d’agresseurs. Mais chaque belligérant a présenté sa cause comme étant juste, seulement, l’histoire n’a retenu que le slogan du vainqueur.

    La France des Lumières, elle aussi, avait ses revendications. Blessée par la défaite de 1870, la bourgeoisie française n’avait pas toléré la perte de l’Alsace-Lorraine. Non que les Alsaciens, locuteurs de l’Allemand, ne lui manquent particulièrement, mais, en revanche, ses ressources en sous-sol et son patrimoine industriel, oui.

    Les gouvernements français successifs vont pousser par ailleurs cet esprit revanchard jusqu’à l’obsession. Ainsi, dans le manuel d’apprentissage de la lecture Le tour de la France par deux enfants, glorifiant la grandeur de la mère-patrie, les protagonistes sont des orphelins qui quittent l’Alsace. Le système scolaire français tire d’ailleurs ses racines de cette volonté de revanche : l’éducation Allemande, vue comme meilleure, est une des raisons qui poussent à la création de l’Education Nationale. Elle est vue comme particulièrement utilitariste : augmenter les compétences techniques de la Nation et l’unifier sous le patriotisme en prévision de la guerre. L’enseignement de l’Histoire est d’ailleurs fait uniquement sous cet angle là : instiller l’idée que la France est une grande nation, belle et humaniste, et que les Alsaciens croupissent dans l’obscurantisme en attendant la libération. Il s’agit également de l’argument qui sous-tend la colonisation. Il s’agit d’une mission civilisatrice au premier plan.

    L’aspect colonial joue de manière très importante dans la rivalité franco-allemande, mais également dans l’alignement diplomatique de l’Angleterre. Les Allemands sont devenus des rivaux. Bien que rivale de la bourgeoisie impérialiste française durant les conquêtes coloniales, bien qu’ayant mené un « grand jeu » contre l’expansion de celle de la Russie dans l’Asie Centrale, la bourgeoisie anglaise redoute le développement de l’Allemagne. Surtout, elle est particulièrement soucieuse de protéger la Belgique, qu’elle considère comme un dangereux balcon vers ses côtes. Pour s’assurer la division de l’Europe et sa sécurité, elle est prête à mobiliser ses troupes.

    La Russie tsariste veut sortir de son enclavement. Elle a chèrement payé sa vulnérabilité lors de la Guerre Russo-japonaise en 1904-1905, où ses navires de guerre, épuisés après 9 mois de mer du fait de la fermeture de Suez par les Anglais, ont été pulvérisés par les Japonais. Elle cherche à s’affranchir des Dardanelles, pour ne pas être coincée par l’Empire Ottoman. Elle s’appuie sur le panslavisme pour affirmer son rôle de grand-frère sur les autres peuples slaves et les unifier sous sa tutelle. L’empire, prison des peuples, est un Etat arriéré et putréfié, qui fonctionne à la mobilisation réactionnaire, autour de l’antisémitisme notamment. La révolution de 1905 a poussé le Tsar à lâcher du lest, mais, aux yeux des grands seigneurs, ce ne sont que des concessions temporaires, qui seront reprises par la suite.

    L’Autriche et l’Empire Ottoman, dans ce conflit, sont plus des proies qu’autre chose. Ces empires d’un style suranné tombent en déliquescence. Tout comme l’Empire Russe, ils se maintiennent par les coups de forces et la répression. Mais au sein d’eux bouillonne un tumulte d’agitation nationale. La Russie et l’Angleterre lorgnent sur les Balkans, cette dernière et la France louchent aussi avec envie sur le Levant et le Moyen-Orient, d’autant que cela permettrait de couper l’Allemagne de ses positions dans la région.

    Chacun court vers la guerre. Même ceux qui sont neutres savent que ce n’est que leur engagement qui leur permettra de siéger à la table des gagnants et te toucher leur pactole à la fin de la guerre. Des USA au Portugal, le monde retient son souffle en attendant de voir le conflit qui va se dérouler.

  • 1918-2018. Partie 1 – Pétain, Joffre, Macron, Mélenchon et les autres.

    1918-2018. Partie 1 – Pétain, Joffre, Macron, Mélenchon et les autres.

    1918-2018: Centenaire de la Grande Guerre impérialiste

    Partie 1 : Pétain, Joffre, Macron, Mélenchon et les autres.

    Un siècle nous sépare désormais de la Grande Guerre. Un siècle nous sépare du premier conflit mondial. Avec 9 720 4453 militaires tués ; 8 871 248 civils morts ; 21 228 813 blessés, une évidence s’impose : les morts sont les perdants de la guerre. Qui en sont les gagnants ?

    Cette guerre, en France, est omniprésente. Chaque ville, chaque village, possède son monument au mort, qui commémore le sacrifie ultime fait par tant de jeunes hommes. Qui oublie celui enduré par tant de colonisés. Un sacrifice pour rien.

    Omniprésente, aussi, dans les discours. Omniprésente et brûlante. En témoigne les scandaleuses interventions du Président de la République.

    Pétain, un « grand soldat », malgré « des choix funestes », a déclaré Emmanuel Macron, le 7 novembre 2017. « Je ne pardonne rien, mais je ne gomme rien de notre histoire ». Dans son hommage aux Invalides, le Président de la République a ainsi exprimé son point de vue sur l’Etat-major français durant la Première Guerre mondiale.

    Tollé immédiat et sain de la part d’une grande partie de la population. Tollé international, digne de celui qui accompagne les réhabilitation de Stepan Bandera en Ukraine ou des SS Lettons. Bien que tentant de faire passer tout cela pour un couac, les documents exfiltrés le démontrent : l’hommage était prévu.

    Dans la foulée, Jean-Luc Mélenchon s’est fendu d’un tweet indiquant son point de vue : Le Maréchal Joffre est le vainqueur militaire de la guerre de 14-18. Pétain est un traître et un antisémite. Ses crimes et sa trahison sont imprescriptibles. Macron, cette fois s’en est trop ! L’histoire de France n’est pas votre jouet.

    Nous n’allons pas revenir sur la confusion entre Foch et Joffre, qui illustre un niveau de connaissance historique relativement bas, donc non pas sur ce que Mélenchon a écrit -et qui a été confirmé par ses lieutenants- mais sur ce qu’il a voulu dire.

    Car ce débat est révélateur d’une certaine communauté de vue entre les deux personnalités politique, sur ce qu’est la Première Guerre mondiale. Ils se sont exprimés et la messe est dite.

    A nous de donner notre point de vue.

    Nous ne saurions partager le fond de ce qui a été exprimé plus haut. Et pour cause, indépendamment des débats sur Joffre, Pétain, Nivelle, Foch… Quant à savoir qui était le meilleur, nous considérons qu’il faut regarder le sens et le fond de cette guerre avant de s’exprimer. Certes, il est toujours possible de discuter des mérites militaires des uns et des autres, de louer le talent de certains généraux ou maréchaux, cela est vrai. Il y a certainement bien des leçons à apprendre. Mais l’important, l’aspect central réside ailleurs.

    Entre nos deux protagonistes, il y a un débat. Ce débat est possible car il se déroule dans la cadre d’une conception commune du sens de la Première Guerre mondiale. L’un et l’autre ne contestent pas sa légitimité. L’un et l’autre voient dans les ceux qui ont dirigé les opérations, des patriotes aux mérites variés, contestables, mais oeuvrant pour une cause juste, la défense de la mère patrie.

    En choisissant une historiographie nationaliste « patriote » nationaliste-chauvine, Emmanuel Macron se piège lui-même et s’oblige à rendre hommage au Maréchal Pétain. En ne remettant pas en cause les motivations invoquées par la France pour se lancer dans cette boucherie abominable, il est obligé de légitimer de fait la politique de l’Etat-major de l’Armée Française, de cette cohorte de réactionnaires aux gants blancs, qui envoyaient à la mort les masses populaires de la métropole et des colonies. Cela amène à Pétain. Pétain, dans l’historiographie du Roman National, est un « père la victoire » qui a redonné confiance aux soldats. Il est vu comme le vainqueur de Verdun, comme un militaire de génie. Le fait qu’il ait pu, par la suite, devenir le symbole de la collaboration active avec le nazisme apparaît comme deux choses complétement étrangères l’une à l’autre.

    Macron, vainement, essaie de détacher les Pétain l’un de l’autre, d’en faire deux personnes séparées et complètement détachées l’une de l’autre. La bourgeoisie fait tout le temps ce genre de pirouettes en l’air, pour essayer construire une histoire positive, une histoire qui puisse faire adhérer les masses populaires, une histoire tour-de-magie, civique, édifiante…et bourgeoise, voire pire !

    Cette histoire idéaliste, nationaliste, l’autorise à tout découper en tranches et d’isoler ce qui l’intéresse de ce qu’elle veut rejeter ou faire oublier. Le pseudo « historien » réactionnaire Lorànt Deutsch -par ailleurs porté aux nues par la mairie PS de Paris- présentait cela comme sa « liberté de science« . Le Dr. Rosenberg, idéologue du nazisme, disait la même chose sur la « liberté nationale-socialiste de la science« . Une liberté de tordre les faits, de les déformer, de les inventer. De relire tout avec une grille de lecture qui corresponde aux intérêts du temps présent. Nous ne pensons pas que Macron essaie de défendre le régime de Vichy, mais il est prisonnier du fait qu’il doit encencer les crimes de la France, et donc ses agents zélés qui les ont commis.

    Par contre, il a ouvert une boite de pandore dont a surgi Eric Zemmour et Robert Ménard, entre autres. Robert Ménard a intelligemment produit une phrase ambiguë, célébrant le soldat Pétain, mais fustigeant sa « sinistre fin de règne ». Fin de règne qui peut tout aussi bien signifier l’arrivée de Vichy tout comme la fuite vers Sigmaringen après la Libération. Chacun y lit ce qu’il veut y lire. Zemmour, invité sur BFM-TV, en profit pour vomir sa bile.  « Je ne fais pas grand crédit aux tribunaux de la Libération. C’est la justice des vainqueurs. » « Il y a dans la vie de Pétain des épisodes qui sont glorieux »… Il serait intéressant de connaître la gloire qu’il peut y avoir à sacrifier le sang des travailleurs pour la grandeur de l’impérialisme français. Pour finir, un argument massue adressé au Crif : «Vous êtes stalinien, vous effacez Trotsky ! », belle manœuvre, révélatrice.

    Existe-t-il donc une dualité autour de Pétain ? Existe-t-il un dédoublement du personnage ? Non. Nous pourrions même dire que nous avons une conception moniste du Pétain.

    Pour nous, qui avons une vision matérialiste historique et dialectique de l’histoire, le Pétain de Verdun et le Pétain de 1940 sont une seule et même personne : Une, réactionnaire de A à Z. Compétent, certes, mais un réactionnaire de premier ordre, jetant, pour les intérêts de la bourgeoisie de France, les travailleurs sous les balles. Toujours le même qui massacrait dans le Rif pour la grandeur de l’Empire colonial. Encore la même engeance, en 1940, échaudé par le Front Populaire et le Communisme, qui voit dans l’irruption de Hitler et dans l’occupation Allemande un moyen de poursuivre la même politique : écraser et saigner les prolétaires pour les intérêts des grands trusts.

    Une fois n’est pas coutume, nous nous appuyons sur un historien réactionnaire, Ernst Nolte, lequel considérait la période 1914-1945 comme une guerre continue de 31 ans. Pétain était un officier supérieur dans une guerre de trois décennies, qui ne peuvent être détachées les unes des autres. Il est le même homme, à toujours tenu la même ligne, à toujours été le même passéiste, agrarien, réactionnaire et pourrissant, comme l’impérialisme qu’il défendait.

    De ce point de vue-là, Mélenchon, qui plus est en se trompant de personnage, confondant Foch et Joffre, défend un autre cheval. Mais joue la même course : une course à la défense de la « nation », une course à la défense des « intérêts » de la France, de son impérialisme.

    Derrière le patriotisme cher à l’un ou l’autre se cache une adhésion au projet impérialiste expansionniste et agressif de la France de 1914. Et les Maréchaux de 1918 étaient des ennemis du peuple, étaient ses fossoyeurs.

    Cette manière de voir révèle fondamentalement les problèmes qu’ont les politiciens bourgeois à se positionner sur la Première Guerre mondiale. Or, pour la gauche, pour la sociale-démocratie, cette expérience de la guerre a été un véritable catalyseur. Cent ans après, elle reste une ligne de démarcation fondamentale entre le social-chauvisme et le réformisme d’un côté, et la ligne révolutionnaire et internationaliste de l’autre.

    Il est très facile pour quiconque, à part une poigne de nostalgiques de Vichy ou de trotskistes -pour des raisons opposées, de se positionner dans la Seconde Guerre mondiale. Il existe un camp du bien et un camp du mal. Où qu’on soit, le nazisme, le fascisme, le militarisme japonais représentent le « mal », tandis que la coalition alliée représente le « bien ». De ce point de vue là il y a un consensus sur les responsabilités de la guerre et sur les déclenchements : Invasion de la Pologne ; Invasion de l’URSS ; Attaque de Pearl Harbor.

    Mais la Première Guerre mondiale est plus problématique. Il existe deux manières de la comprendre. Soit elle est justifiée, soit elle ne l’est pas. Mais il n’y a pas d’entre deux. Soit elle est déclenchée par un tourbillon de faits, mais il existe un agresseur et un agressé, soit il s’agit d’une provocation orchestrée par les différents impérialismes pour le repartage du monde. Qu’ils le disent explicitement ou non, Macron et Mélenchon choisissent la première option, celle du soutien à la guerre, celle du fait de justifier la boucherie -quitte à mégoter sur des détails.

    Nous, nous choisissons la seconde. A nos yeux, la Première Guerre mondiale est une guerre injuste, arbitraire, dans laquelle les bourgeoisies impérialistes se sont lancées des montagnes de chair broyée au visage avant de déterminer qui posséderait quelle colonie. Un jeu mortel, sanglant. Un jeu auquel chaque Etat partie prenante a accepté de se livrer.

    Mais où il n’existe, nulle par, un camp du bien, un Etat moralement supérieur, plus civilisé, plus altruiste, plus doux, ayant volonté à construire un monde meilleur. Aucun impérialisme n’est au-dessus de l’autre, tous se valent dans leur caractère exploiteur, criminel, massacreur ou génocidaire.

    Le choix à faire durant la première guerre mondiale était celui que les Bolcheviks ont fait, isolés, quasiment seul. Le choix du défaitisme révolutionnaire. Le choix de construire l’Etat du prolétariat, non seulement pour mettre fin à la guerre, mais pour gagner la paix !

  • Communiqué commun UPML – UCL  Un pas en avant pour nos organisations

    Communiqué commun UPML – UCL Un pas en avant pour nos organisations

    Un pas en avant pour nos organisations

    Communiqué commun UPML – UCL

    Depuis maintenant près de deux années, l’UMPL –Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste– et l’UCL –Unité Communiste de Lyon– travaillent ensemble dans le but d’avancer dans le rassemblement des communistes révolutionnaires vers la constitution des bases du Parti Communiste et révolutionnaire qui fait cruellement défaut dans notre État.

    Ce travail nous a amené à nous investir dans l’ICOR (International coordination of Revolutionnary parties and Organisations) tout d’abord en tant qu’Amis de l’ICOR, en soutien, mais bientôt, en tant que membres à part entière de cette coordination internationale réunissant les révolutionnaires de quatre continents.

    Début novembre 2018, nous nous sommes ainsi réunis pour avancer sur nos tâches, mais également pour participer à un premier événement commun.

    L’Unité Communiste de Lyon a organisé une projection-débat sur la base du film réalisé par le MLPD Dem Antikommunismus keine Chance – Aucune chance pour l’anticommunisme. Le fait de pouvoir projeter des œuvres réalisées par les organisations-sœurs fait partie des preuves concrètes de ce que peuvent gagner les organisations communistes à travailler ensemble et à mettre en commun leurs ressources et leurs efforts.

    L’Unité Communiste de Lyon et l’UPML ont présidé cette projection côte-à-côte, présenté l’ICOR et le MLPD. Nous remercions par ailleurs nos camarades du centre culturel Mésopotamie pour leur accueil, en ce jour de commémoration de la bataille de Kobané.

    Cette projection était la première expérience en la matière pour la jeune UCL. Elle n’en est pas moins un succès. Elle a attiré des personnes n’étant pas forcément dans les cercles militants habituels, s’intéressant au marxisme, interpellés par les affiches, par la liste des organisateurs, par la découverte de logos d’organisations qui leur étaient inconnues.

    S’en est suivi un débat large sur de nombreux sujets relatif non seulement au marxisme en tant que tel, mais également autour de la question de « comment s’organiser, être plus forts et vaincre le capitalisme ? » A nos yeux, ces questionnements sont significatifs d’une préoccupation qui n’est pas que simple curiosité intellectuelle, mais bien autour de la question de la lutte concrète et pratique.

    Ce travail réalisé conjointement est pour nous un premier jalon de coopération pratique dépassant la seule publication de communiqués ou d’analyses communes. Cette initiative en appelle d’autres. Ensemble, nous marcherons, aux côtés de nos camarades de l’ICOR, lors de la manifestation des 3 L – Lénine, Luxembourg, Liebknecht à Berlin, en janvier, commémorant le centenaire de la révolution Spartakiste en Allemagne.

    Nos deux organisations se sont réunies dans l’optique d’approfondir les bases de la collaboration commune. L’UPML et l’UCL peuvent d’ailleurs déclarer qu‘elles partagent une vue commune sur la situation actuelle et sur la conduite à tenir pour avancer vers un rapprochement plus important, mais également vers une politique d’ouverture et de débat vis-à-vis des autres organisations se revendiquant du communisme, avec la volonté de proposer une alliance révolutionnaire.

    Nous partageons le constat que le sectarisme d’organisation, qui pousse à l’ignorance mutuelle, à la polémique pour la polémique, au conflit permanent, a assez duré. Il n’est pas possible de continuer cette politique de l’autruche visant à nier l’existence des autres forces politiques voulant avancer vers la révolution socialiste. Pour reprendre les mots d’un camarade du Rode Morgen (Pays-Bas), membre de l’ICOR «Si nous sommes d’accord à 80%, renforçons ces 80% et discutons des 20% de désaccord »

    Nous voulons proposer à toutes les organisations communistes révolutionnaires de coopérer au sein d’une alliance révolutionnaire, capable de dépasser la fragmentation actuelle et d’avancer pour pouvoir répondre aux tâches que se fixent les communistes.

    Nous voulons œuvrer, ensemble, à la construction d’un Parti Communiste Révolutionnaire, capable de faire la synthèse de l’expérience du mouvement ouvrier et révolutionnaire et capable de pouvoir battre la bourgeoisie.

    Nous avons pu également évoquer notre future intégration au sein de l’ICOR, auprès de laquelle nous avons déposé une demande d’adhésion en tant que membres à part entière. A ce titre, nous voulons dépasser l’isolement international et combattre les tendances chauvines qui peuvent exister au sein du mouvement communiste en France. Nous considérons comme nécessaire la création d’un comité ICOR en France qui puisse permettre de rassembler ceux et celles qui veulent s’investir dans la coordination et la solidarité internationale, tout comme vouloir organiser localement les événements impulsés par l’ICOR (journée contre la guerre, journée de lutte pour les droits des femmes, 1er mai, préservation de la nature…etc.).

    Nos organisations feront campagne commune, lors des élections européennes, pour dénoncer la nature de l’UE comme alliance réunissant les impérialismes d’Europe – et notamment l’impérialisme français – et comme étant un bastion réactionnaire, anti-ouvrier et militairement agressif. Cette première campagne réalisée en commun, sous l’impulsion de l’ICOR, sera, là aussi, un nouveau jalon franchi vers une plus forte coopération et une unité plus grande entre nos deux forces, permettant de mutualiser les expériences, les travaux, les énergies, et de franchir les étapes qui nous séparent de la construction du Parti qui nous fait défaut.

    Avançons ensemble sur la voie de la construction du Parti ! Avançons vers la constitution d’une alliance révolutionnaire ! Renforçons l’ICOR !

    Vive le communisme ! Vive la révolution !

  • Le Brésil à la croisée des chemins – Partie finale.

    Le Brésil à la croisée des chemins – Partie finale.

    Le Brésil à la croisée des chemins – Partie finale.

    L’Internationale réactionnaire.

    Cafouillage ? Sur son compte tweeter, LREM fustigeait l’élection de Bolsonaro : « Le #Brésil a désormais à sa tête un président fièrement homophobe, climatosceptique, sexiste, raciste.

    Cette tragédie électorale nous oblige. (sic.) Nous n’avons pas le choix, nous ne devons pas échouer. Sinon nous voyons ce qui nous attend.

    Progressistes de tous pays, unissons-nous ! »

    Pendant ce temps, Emmanuel Macron félicitait Jair Bolsonaro pour son élection :

    Palais de l’Elysée le, lundi 29 octobre 2018

    Le Président de la République Emmanuel Macron félicite Jair BOLSONARO élu par le peuple brésilien à la présidence de la République fédérative du Brésil, dimanche 28 octobre.

    La France et le Brésil entretiennent un partenariat stratégique noué autour des valeurs communes de respect et de promotion des principes démocratiques. C’est dans le respect de ces valeurs que la France souhaite poursuivre sa coopération avec le Brésil, pour relever les grands défis contemporains de notre planète, aussi bien dans les domaines de la paix et de la sécurité internationales, que dans le cadre de la diplomatie environnementale et des engagements de l’Accord de Paris sur le climat.

    Amusant communiqué, lorsqu’on connaît les projets de Jair Bolsonaro pour l’Amazonie et pour les peuples qui y vivent, tout comme son annonce de se retirer du protocole de Paris.

    Certes, il n’est guère diplomatique de se placer en porte-à-faux d’un président nouvellement élu, surtout lorsqu’il s’agit de celui d’un partenaire commercial avec lequel la grande bourgeoisie française aimerait bien s’entendre. Mais cette contradiction en terme ne ton ne peut que prêter à sourire. Dans les faits, « 110 députés LREM » ont beau s’offusquer des méthodes de Jair Bolsonaro, cela n’empêchera pas le commerce et les affaires de tourner.

    D’autant qu’au niveau international, les félicitations ne se sont pas faites attendre. Celles des gouvernements réactionnaires fut la plus chaleureuse. Trump, Salvini, Orban ont applaudi des deux mains l’arrivée au pouvoir d’un régime-frère au Brésil. Pour ces apprenti-fascistes, cette élection sonne comme un coup d’arrêt de la vague sociale-démocrate qui s’était étendue sur le continent sud-Américain depuis la fin 90 / début 2000. Trump, en particulier, est ravi de pouvoir trouver un contrefort sud dans ses manœuvres pour encercler le Vénézuela, toujours géopolitiquement dissident.

    Vladimir Poutine, lui aussi, à fait part de ses félicitations à Jair Bolsonaro. Certainement y voit-il une occasion de se rapprocher du Brésil, membre des BRICS, ce groupe de nouvelles puissances impérialistes, concurentes de la primauté US.

    La Chine, quant à elle, voit d’un mauvais œil cette élection, notamment du fait du soutien du nouveau président Brésilien à Taïwan, que Pékin avait qualifié comme un « affront à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Chine ». Malgré son libéralisme outrancier, Bolsonaro s’était présenté comme hostile aux investissements chinois au Brésil, notamment contre l’achat d’actifs de la société Electrobras. Pour autant, les heurts entre Chine et USA profitent au Brésil, vers lequel la Chine reporte ses achats de soja.

    Un autre pays s’est réjoui de l’élection de ce candidat. Il s’agit de la puissance colonialiste israélienne, laquelle trouve en Bolsonaro un fervent défenseur de ses vues. Il a d’ores et déjà annoncé le transfert vers Jérusalem de l’ambassade brésilienne. Réactionnaire évangéliste, le nouveau chef d’Etat a toujours affirmé être en faveur des projets du gouvernement israélien.

    Au niveau des relations avec ses partenaires régionaux, c’est un virage à 180° qui s’opère. Le développement du Mercosur, les alliances sur le continent, tout ceci est désormais gelé pour le Brésil. La nouvelle ligne politique est celle de relations Nord / Sud. Ce nouveau jeu économique satisfait pleinement les investisseurs étrangers, mais met fin à une politique de développement en commun des différents Etats d’Amérique latine. De fait elle vulnérabilise les tentatives d’autonomisation de ces Etats par rapport à la domination économique de la part des impérialismes plus traditionnels, en particulier celui des USA.

    Le mandat de Bolsonaro promet d’être une période extrêmement dure pour les Brésiliens et -en particulier- les Brésiliennes. Il n’est pas possible, pour le moment, de connaître précisément les projets du nouveau chef du pays, mais il ne fait pas de doute qu’il ne compte pas se laisser entraver par le Sénat dans sa marche forcée vers la mise au pas du pays.

    A l’heure actuelle les universités sont assiégées et Bolsonaro incite les élèves à filmer les enseignants qui critiqueraient le régime. Cela préfigure d’autres actions contre le « marxisme ». Certains supposent qu’a l’occasion du prochain renouvellement du Sénat, un coup d’Etat puisse être fomenté pour dépouiller même le pays de son maquillage de démocratie et réinstituer un pouvoir militaire plein et entier.
    L’avenir est incertain.

    Nous ne pouvons cependant, pas douter un seul instant qu’un pouvoir de ce type, antipopulaire, raciste, réactionnaire, sexiste, puisse se maintenir éternellement. Les carcans des peuples finissent toujours par s’effriter et tomber en cendres. Bolsonaro ne peut stopper la lutte des classes. Bolsonaro ne peut renverser le cours de l’histoire.

    Cependant il peut essayer. Il peut essayer en brisant les favelas, en écrasant les autochtones, en muselant les femmes. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés sans rien faire.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à la solidarité internationale antifasciste avec le Brésil. Elle appelle à aider, à soutenir les initiatives de solidarité, à en impulser également. Face à la réaction internationale, où que nous soyons, nous formons chacun une part du front !

    Le Brésil, sa culture de résistance, sa culture de lutte, ses exemples de combativité ne seront pas balayés ! La sociale-démocratie et la réaction ont montré qu’elles n’étaient que des formes différentes du pouvoir de la bourgeoisie. Demain appartiendra aux travailleurs, aux travailleuses du Brésil, quelque soit leur couleur de peau, leur religion, leur sexe, leur genre. Demain sera à eux, demain sera à elles !

  • Référendum en Nouvelle-Calédonie. Entre victoire et défaite.

    Référendum en Nouvelle-Calédonie. Entre victoire et défaite.

    Référendum en Nouvelle-Calédonie.

    Le référendum en Nouvelle-Calédonie sur la question de l’indépendance s’est déroulé hier.

    Nous avions mentionné qu’il fallait prendre ce référendum pour ce qu’il était : un faux-espace de liberté et d’expression pour les populations de Kanaky, un faux semblant de démocratie. En cas de victoire, cela n’aurait signifié qu’une étape vers la libération, en cas de défaite, cela sera instrumentalisé par les impérialistes comme un contrat de domination en bonne et due forme.

    Pourtant, ces derniers n’ont pas triomphé. Au lieu d’un plébiscite de la domination, les votes ont illustré les immenses clivages qui peuvent exister au sein de l’île, montrant que les mondes des colonisés et des colonisateurs sont côte à côtes, mais ne se mélangent pas.

    Ni victoire… Ni défaite, contre plus fort que soi.

    Les indépendantistes, sous le leadership du FLNKS, n’ont pas gagné. Mais il n’est pas possible de parler de défaite non plus.

    Crédité d’une victoire écrasante, aux alentours de 70%, le « NON » a finalement triomphé par 56,4% des voix. Cette victoire d’une courte longueur est à souligner, dans une campagne où le gouvernement français, les impérialistes et leurs laquais -de droite comme de « gauche », ont pesé de tout leur poids dans la balance, pour maintenir « le caillou » dans les griffes du système colonial.

    Ceux et celles qui dominent l’administration et l’économie de l’île, les colons et leurs descendants, ont tout fait pour stopper le processus de décolonisation. Leur victoire est une victoire faible et fragile. Elle illustre le fait que l’acceptation de la présence française ne « va pas de soi », n’est pas « unanimement applaudie ». Le rejet grandit, malgré les pressions, malgré la présence policière, malgré les menaces.

    Dans un article du journal Le Monde, la docteure en sciences politiques Angélique Stastny écrivait : « La consultation référendaire entérine la minorisation politique du peuple kanak. Les critères pour pouvoir figurer sur la liste électorale spéciale pour la consultation (LESC) et pouvoir ainsi voter au référendum ont fait l’objet de longues discussions entre indépendantistes et loyalistes. La publication de la liste définitive et les analyses récentes montrent que, malgré les efforts du peuple kanak pour que le résultat de cette consultation reflète au mieux ses volontés, le droit à l’autodétermination prévu à l’article 3 de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (2007) n’est pas respecté. »

    Comme nous l’avions mentionné dans notre premier communiqué, les impérialistes ne se contentent pas de la pression politique, ils ont également entravé les possibilités d’expression des Kanaks en empêchant une partie importante d’entre deux d’exercer leur droit à l’expression politique. L’impérialisme ne prend pas de risque, pourtant sa légitimité n’est pas renforcée par cette épreuve de force. Face à ces manœuvres, il faut saluer le score relativement important du OUI.

    Malgré, aussi, le silence des organisations politiques progressistes de métropole.

    Le silence assourdissant de la métropole.

    Dans la métropole, la grande majorité des organisations politiques de gauche ou d’extrême-gauche avaient pris des positions timorées, ambigües, sur cette question. La France Insoumise et le Parti Communiste Français ont joué et jouent toujours la carte du centrisme, ne prenant pas de position, mettant de côté la question de l’impérialisme français.

    Lutte Ouvrière s’est montré franchement contre, tandis que le NPA pour, tout en ne prenant pas de position en tant que tel sur savoir s’il fallait boycotter le référendum ou non, chose que nous avons nous-même fait, en considérant que nous ne pouvions trancher le débat entre le FLNKS et l’USTKE.

    La mobilisation anti-impérialiste est restée faible, hormis auprès des régions elles-mêmes concernées par ces questions, telles que la Corse, le pays Basque, la Bretagne ou la Catalogne. Dans les citadelles de l’impérialisme français, les choses ont suivi leur cours. Nous mêmes avons à être capable d’autocritique par rapport à ce manque criant de soutien à nos camarades qui subissent de plein fouet la domination coloniale, impériale, de la France.

    En France, la présence importante de thèses sociales-chauvines et nationales-impérialistes explique cela. Certaines organisations capitulent idéologiquement vis-à-vis de ces questions, en refusant de les analyser autrement que sous un angle « humanitaire », voir de mettre sur le même plan indépendance et domination.

    Contre le social-chauvinisme, bâtissons le front anti-impérialiste !

    Rejeter l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie par peur qu’elle ne tombe « entre les mains d’un autre impérialisme » signifie, en clair, considérer que son propre impérialisme serait plus moral, plus propre, plus pur que celui des Américains, des Australiens ou autre. Ce qui est faux à plus d’un titre. Faux en termes moraux, même, mais faux en termes stratégiques. Notre propre impérialisme est le premier que nous avons à combattre et celui sur lequel nous avons la plus grande prise.

    Quand vient la question des surprofits tirés de l’exploitation coloniale, néocoloniale, impérialiste, là, aussi, les masques se fendent et tombent. Défendre la ZEE de la France au nom de l’intérêt de celle-ci, c’est défendre l’accaparement des ressources par la bourgeoisie monopoliste de France. Défendre le « rayonnement économique », c’est défendre les marchés captifs tenus d’une main d’acier par cette même bourgeoisie.

    Certains instillent l’idée sociale-impérialiste que la perte d’influence internationale et de contrôle entraînerait une baisse du niveau de vie des travailleurs et des travailleuses de la métropole, du fait de la diminution des rentes. Cette thèse voit uniquement les miettes que la bourgeoisie concède. Elle nie que ce qui fait baisser le niveau de vie des exploités et qui les paupérise, ce ne sont pas le tarissement des sources de surexploitation, mais bien l’accaparement rapace des ressources et des richesses par une clique de bandits impérialistes « bien de chez nous ».

    La ligne des communistes ne peut être autre chose que celle de soutien aux forces qui luttent pour leur libération nationale. Elle ne peut être que celle de la solidarité internationale et internationaliste, contre l’ensemble des impérialismes. Tant que cette ligne ne sera pas hégémonique suivie, il ne pourra exister de véritable front anti-impérialiste en France, ni de front anti-guerre conséquent et puissant. Or, à l’aube du centième anniversaire de 1918, nous en avons plus que besoin !

    Les accords de Nouméa prévoient d’autres échéances de consultation pour avaliser -ou non- la présence coloniale française. Ces dates joueront un rôle politique important, au même titre que le référendum qui vient de se terminer.

    Mais ce rôle politique n’est pas suffisant en soi pour permettre une victoire de l’indépendance pleine et entière pour la Nouvelle-Calédonie. Même en cas de victoire du « oui », les impérialistes et les chauvins ne renonceront pas à maintenir leurs griffes sur l’île, à exploiter son nickel, à s’agripper à sa ZEE.

    Le communiqué de PCF appelait, quelque soit l’issue, l’Etat français à s’engager en Nouvelle-Calédonie. C’est là une vision naïve du rôle de l’Etat que partagent les disciples de Karl Kautsky, lesquels ne comprennent pas le caractère de classe de celui-ci.

    Au contraire ! L’Etat français n’a pas de droit de regard sur la terre Kanak -et surtout pas en cas de victoire du oui, pas de droit d’intervention, pas de promontoire, par de balcon a avoir sur l’île. Il doit partir, tout comme ses relais, ses fonctionnaires, ses militaires.

    Les accompagnements de décolonisation ne sont que des manœuvres pour remplacer le direct rule par un indirect rule basé sur des laquais, des agents, des hommes de paille locaux.

    Nous, communistes, voulons l’indépendance pleine et entière pour ceux qui en formulent le désir. Nous ne voulons pas notre impérialisme pour quiconque, ni ici, ni ailleurs.

    Chaque territoire perdu est une bataille gagnée !

    La route de la victoire est longue, mais nous l’arpenterons jusqu’au bout !