Auteur/autrice : unitecommuniste

  • Les prochaines attaques.

    Les prochaines attaques.

    Les prochaines attaques.

    Le mouvement des Gilets Jaunes, qui dure depuis bientôt quinze semaines, est une véritable bataille de Verdun sociale. Elle fixe et focalise toutes les attentions du moment, monopolise véritablement les esprits et les pensées. Elle est le centre de gravité de la bataille contre les assauts du gouvernement.

    Faute de pouvoir juguler le mouvement des Gilets Jaunes, toute la gamme de manœuvres habituelles ont été mises en branle par le gouvernement et différentes fractions de la bourgeoisie. Laisser passer du temps, en espérant que les choses se tassent d’elles-mêmes ; utiliser la force brute pour décourager les manifestants et les manifestantes de s’exposer au danger ; arrêter préventivement les « meneurs » ; faire appel à des agents provocateurs d’extrême-droite, coordonnés avec la police, pour semer la division… Cela n’a pas fonctionné.

    Mais également, nos ennemis de classe ont manié la carotte : saluer la création de listes européennes pour faire rentrer dans le giron de la démocratie bourgeoise le mouvement ; promettre un référendum scélérat qui servira à faire passer des réformes structurelles… en somme tout est tenté. Il est à souligner que le référendum était déjà mentionné en juillet dernier comme moyen envisageable pour faire passer en force les modifications décidées par le gouvernement (« Si cela est nécessaire, je recourrai au vote de nos concitoyens par voie de référendum. » )

    Depuis quelque temps, des discours faisant glisser la question des Gilets Jaunes d’une question sociale et politique à une question ethnico-religieuse. En prenant appui sur des actes isolés commis ces derniers temps, dont certains sans lien avec les Gilets Jaunes, une frange réactionnaire de la bourgeoisie tente une manœuvre dangereuse. Il existe, de fait, une présence et une influence de certaines thèses réactionnaires et conspirationnistes chez les Gilets Jaunes comme dans la société dans son ensemble. Des luttes sont menées constamment pour les juguler.

    Au lieu de souligner ces contradictions, ces agents provocateurs, tels que BHL et Finkielkraut, ont choisi sciemment d’instiller le poison de « l’ethnicisation du conflit ». Ils ont été repris en cœur par Grievaux (entre deux hommages à Pétain, toutefois), par Castaner, avec la bénédiction de l’Elysée. Le PS, désespéré de sa propre inutilité, a impulsé un front commun contre l’antisémitisme, permettant même au RN, à Zemmour et à Ciotti de vomir leur haine des musulmans, présentée comme un antidote à l’antisémitisme. Nombre d’organisations se sont couchées devant cet ultimatum. A l’inverse, les rassemblements dénonçant cette instrumentalisation, à l’initiative de l’UJFP (Union Française des Juifs pour la Paix) ont permis à des discours douteux et tout aussi ethnicisant, comme celui du PIR, de se propager.

    Parallèlement à cela, le gouvernement à non seulement utilisé le mouvement des Gilets Jaunes pour faire avancer son propre agenda politique et répressif (lois anti-manifestations, lois sur la presse…), mais également il a pu poursuivre son travail sur d’autres fronts d’attaque, profitant de l’accaparement de l’attention.

    Le gouvernement a prévu un ordre du jour particulièrement chargé en termes d’offensives contre les droits sociaux. Le rapport Cap 2022, qui avait fuité durant l’été, donnait une idée générale de quelles étaient les ambitions de la direction de l’Etat.

    L’analyse du rapport est disponible ici dans son intégralité. Résumer ce plan de bataille est simple : anéantir la fonction publique ; donner un coup d’accélérateur à la privatisation de pans énormes des services publics (éducation, santé, mais également les ex-nationales, qui pourront être administrées par des sociétés privées) ; traquer les moindres dépenses et « responsabiliser » ceux qui usent des aides sociales. Il est important, essentiel, de garder ce terme de « responsabiliser » à l’esprit. Il va devenir central.

    Malgré la lutte intense actuelle, le gouvernement n’a pas renoncé à poursuivre ces projets. Il les a même amplifiés. Il est revenu sur chaque promesse, sur chaque concession. L’offensive continue.

    L’offensive non-stop

    La grande entourloupe orchestrée par le gouvernement se joue là : ceux qui ont besoin de ces aides sont vus comme des irresponsables, qui coûtent cher, qui sont oisifs, inutiles, contre-productifs. Il faut donc les « dresser ». « Mais protéger les plus faibles, ce n’est pas les transformer en mineurs incapables, en assistés permanents de l’Etat, de ses mécanismes de vérification et de contrôle (…) C’est de leur redonner, et à eux seuls, les moyens de peser efficacement sur leur destin. »

    Par exemple, la mise en place du jour de carence, pour lutter contre l’absentéisme. Ces journées sans salaires peuvent maintenant s’étendre jusqu’à une durée de trois jours. Or, limiter les absences ne contribue pas à améliorer la santé de ceux et de celles qui en font usage. Au contraire, elle tend à rendre non seulement l’accès aux soins plus compliqués mais également à accroître l’usure des travailleurs et des travailleuses, dont les absences perlées sont le plus souvent un révélateur essentiel. Mais cette donnée n’a aucune importance aux yeux des ceux qui vivent du rendement produit par le travail des autres.

    Dans ses discours de Versailles et devant le Parlement, en juillet dernier, Macron dévoilait une partie de son plan de guerre contre les intérêts des classes populaires du pays. La très grande majorité des individus, dès lors qu’elle entend parler de fiscalité, ne peut s’empêcher de bailler fortement et de détourner son attention. Or, dans ce cadre-là, la question de l’impôt est centrale.

    Les cotisations sociales, qui ne sont pas des impôts à l’origine, mais une participation à des caisses de solidarité. L’Etat n’avait, à l’origine, pas sont mot à dire sur leur contenu ou sur leur redistribution. Ces aides étaient des droits.

    Or, en changeant le financement de ces caisses, en passant d’une cotisation à un impôt, l’Etat, et donc la bourgeoisie, s’est arrogée le droit de donner non seulement son opinion sur cette question, mais directement d’en prendre le contrôle.

    « La solidarité nationale est de plus en plus financée par l’impôt, ce que vous avez voté en matière d’Assurance Chômage a ainsi supprimé toute cotisation salariale remplacée par la CSG mais il faut bien expliquer l’ensemble de cette réforme, ne pas voir que la CSG qui augmente d’un côté, en oubliant que ce sont toutes les cotisations sociales salariales qui ont baissé de l’autre. »

    Ce jeu de passe-passe paraît ne rien changer. Mais il bouleverse tout ! Il donne tout pouvoir à l’Etat sur l’argent récolté. Non seulement la CSG est inégalitaire, mais, en supplément, l’Etat peut la ventiler comme bon lui semble.

    Leur nature de droit n’est plus, dès lors, garantie. « il n’y a plus un droit au chômage, au sens où l’entendait classiquement, il y a l’accès à un droit qu’offre la société mais sur lequel on ne s’est pas garanti à titre individuel, puisque tous les contribuables l’ont payé. »

    En somme, comme ce n’est plus une cotisation, mais un impôt, l’Etat s’arroge le droit de dire qui le mérite ou qui ne le mérite pas.

    Dès lors, il exige des contreparties. Devant l’Assemblée, Edouard Philippe a déclaré :«Il n’est pas scandaleux, je le dis comme je le pense, de poser la question des droits et des devoirs. […] Lorsque l’Etat crée des systèmes de solidarité ou d’accompagnement ou d’encouragement, la logique de droits et de devoirs est impérative.» Il est fascinant de constater que le Premier ministre considère que la création des aides sociales est issue de l’Etat. Cette falsification de l’histoire est malheureusement typique. Même le RSA est géré par les départements. En réalité, l’Etat, pour le compte de la bourgeoisie, s’est invitée dans la gestion des aides sociales dans le but d’en prendre le contrôle et de, à terme, les réduire à néant.

    Cela rentre dans le cadre de la longue guerre fiscale entre les exploiteurs et les exploités, que nous résumons ici.

    Déjà, des affiches fleurissaient dans certaines régions, parlant du bénévolat pour sortir du RSA. L’idée que ceux qui bénéficient d’aides sociales puissent faire du travail « d’intérêt général » est, en dernière analyse, la première étape vers le fait qu’ils doivent en faire, pour conserver ces aides.

    Cela illustre une certaine mentalité qui confond chômage, inactivité professionnelle avec une oisiveté, une fainéantise, qui doivent être corrigée par le travail. Elle contribue à donner une impression du fait que les chômeurs sont responsables de leur sort. Cette morale, somme toute assez huguenote, s’accompagne aussi de certains appétits féroces et sous-jacents.

    Du travail gratuit, à la pelle, voilà le rêve qui s’incarne dans ce genre de mesures. Petit paradoxe : s’il est possible de faire travailler ceux qui n’ont pas de travail, c’est qu’il existe des postes non-pourvus. Donc cette mesure est, somme toutes, hypocrite. Si des chômeurs occupent gratuitement un poste, ils contribuent à empêcher les embauches et donc à perpétuer une situation de chômage. Qui plus est, en étant payé au niveau des aides sociales, ils contribuent également à tirer les salaires vers le bas, en dévaluant les postes qu’ils occupent. Dans un sens, ce travail gratuit ne contribue nullement à enrichir la société. Au contraire. Il contribue à l’appauvrir. Les seuls qui peuvent se réduire de cela sont ceux qui verront leurs taxes diminuer par le fait que les « travaux d’intérêts généraux » soient faits par des personnels surexploités. Et encore, même pour les capitalistes, ce n’est pas forcément une si bonne nouvelle que ça.

    Pourquoi ?

    Dans un sens, cette mesure se rapproche de la loi sur l’alimentation. Celle-ci partait initialement, quant à elle, d’un constat juste : une grande partie des petits et moyens agriculteurs et des petits et moyens producteurs sont dans des situations financières extrêmement précaires. Ces catégories sociales touchent, en particulier depuis la grande distribution, des bénéfices anorexiques du fait des prix bas. La loi alimentation est censée répondre à cela en garantissant une hausse des rentrées d’argent, par l’augmentation des prix et la mise en œuvre de certaines contraintes concernant les grands magasins. L’idée peut paraître sympathique.

    Mais, pour ne pas s’aliéner les grands cartels de la distribution, Macron ne touche pas à leurs marges sur les ventes. La loi est faite pour que ce soit une hausse des prix intégralement répercutée sur les consommateurs. Cela lui a néanmoins permis de ricaner en disant que « ce n’est pas open bar », si les Français et les Françaises veulent que les agriculteurs soient mieux payés, à eux de le faire.

    Mais cette loi est contre-productive. Elle est déflationniste, ce qui, en régime capitaliste, n’est pas un bon signe. Elle impacte le niveau de vie et le pouvoir d’achat d’une très grande partie des habitants et des habitantes de France. Comme la part du budget des ménages dédiés à la consommation est de plus en plus grande, celle-ci atteindra des limites. A l’arrivée, les supermarchés et hypermarchés auront beau avoir l’impression d’avoir remporté une victoire sur leur taux de rendement, leur chiffre d’affaires n’en grandira pas pour autant. Il finira même probablement par se contracter. Somme toutes dans cette loi, les agriculteurs, les consommateurs et même la bourgeoisie sont perdants.

    Il en est de même pour le travail gratuit, il contribue à faire baisser le niveau de vie, à jeter dans la misère toujours plus d’individus, et à tirer les salaires vers le bas. Il fait, certes, baisser les impôts de ceux qui en paient, mais au prix d’une déflation qui peut s’avérer dangereuse même pour les capitalistes.

    Certes, Macron et ses sbires veulent augmenter le salaire net pour permettre plus de consommation. Mais ce que les cotisations sociales ne couvriront plus devra être compensé. Les mutuelles vampiriseront une partie conséquente de ces sommes « libérées », tandis que les mauvais jours devront être prévus par la constitution de bas de laine, comme dans l’ancien temps. En dernière instance, le jeu de presser au maximum les larges masses populaires pour tout leur prendre se heurte à des logiques économiques qui se retournent contre ses auteurs.

    En fait de période de faste, nous nous dirigeons à tout petit pas vers des crises économiques toujours plus brutales.

    Cela illustre certaines contradictions du capitalisme, lequel ne mène plus qu’à l’accaparement de richesses par une poignée, tandis que les crises reviennent inlassablement. Dans tous les cas, l’avenir est bien sombre, économiquement et, par voie de conséquence, politiquement.

    Le gouvernement, malgré le mouvement intense, poursuit donc ses objectifs. Nous devons poursuivre les nôtres. La lutte des Gilets Jaunes préfigure une série de luttes intenses qui naîtront mécaniquement de la misère croissante. Plus la situation s’aggrave, plus celles-ci prendront un caractère explosif.

    L’échec des diversions réformistes est patent. Il n’existe plus d’issue électorale évidente, malgré les agitations de LFI ou du RN. Cela créé une situation où les mouvements se politisent par leur confrontation directe avec la dictature capitaliste et l’appareil d’Etat. Cette politisation est une force immense.

    Le rejet de prétendues institutions démocratiques, le rejet du régime de dictature du capital, pose des questions inédites. Les communistes ont un rôle immense à jouer dedans pour permettre à ce que mature la conscience politique des masses populaires, mais également pour les organiser et les rassembler.

    Il y aura de facto un reflux dans le mouvement de masse, par la fatigue, l’épuisement, la lassitude. Ce reflux déterminera qui sera le gagnant et qui sera le perdant de la grande lutte. Le gouvernement mènera une contre-offensive sociale, sans le moindre doute. Si les forces qui se sont levées ne sont pas plus organisées et plus structurées qu’avant, celui-ci aura gagné. Si les fascistes remportent la bataille pour l’hégémonie politique du mouvement, celui-ci sera perdu. Si nous parvenons -et cela ne dépend que de nous, un nous au sens large- à faire que le camp du peuple est plus unis, plus politisé, plus solide, plus solidaire, alors nous aurons gagné. Cela formera un pas, mais un pas immense, vers d’autres victoires, plus stratégiques et plus cruciales encore.

  • Halte à l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme !

    Halte à l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme !

    Halte à l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme !

    L’antisémitisme est un problème réel qui doit être considéré avec sérieux et avec gravité. Le Parti Socialiste a, ces derniers jours, lancé un large appel à un front uni contre l’antisémitisme. Nous considérons qu’il est, effectivement, nécessaire de lutter contre ce fléau. Cependant, nous ne pouvons pas prendre au sérieux la manœuvre initiée par le PS. Elle ne peut être considérée comme un acte sincère, mais uniquement comme une opération de communication.

    La période que nous vivons est marquée par les difficultés économiques, par l’accaparement des richesses par la grande bourgeoisie et ses monopoles. Il en résulte des tensions sociales importantes, explosives, qui se manifestent de différentes manières. Certaines de ces manières sont saines et justes, comme les luttes, comme la remise en cause de l’ordre bourgeois et de son régime despotique.

    D’autres, attisées par l’extrême-droite et une sphère conspirationniste et confusionniste à son service, détournent la colère des exploités. Leurs vomissements de haine attisent les braises du racisme, de l’islamophobie, de l’antisémitisme, mais également du sexisme ou de toute une série de -phobies qui permettent de fragmenter toute idée d’unité contre les exploiteurs.

    Récemment, l’un de ces vieux démons assoupis, celui de l’antisémitisme, est revenu sur le devant de la scène. Les inscriptions « Juden », les tags antisémites, les croix gammées (devant le PCF de Vienne par exemple), les publications racistes… ont été légion.

    Elles ont culminé, selon les médias et les ténors de la politique, avec l’agression du « philosophe » Finkielkraut. Durant l’acte XIV des Gilets Jaunes, Alain Finkielkraut, comme durant Nuit Debout, a déclenché un incident. Il est venu agir en agent provocateur. Si son cinéma est le même qu’il y quelques années, la réaction n’est plus la même. Les invectives dont il a fait l’objet étaient, pour certaines, porteuses de sous-entendus particulièrement douteux. Elles ont été montées en épingle par de nombreuses forces politiques. Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a ainsi apporté un soutien public à Alain Finkielkraut, dénonçant ceux et celles qui l’auraient traité de « sale juif ». Légitime. A ceci près que le terme n’a jamais été prononcé, de l’aveu même de la victime.

    C’est là où le bât blesse et où le manque total de sérieux dans le traitement de l’antisémitisme apparaît publiquement. Ce sont ces déclarations qui déforment la réalité et instrumentalisent les faits qui démasquent ceux qui les profèrent. Ce ne sont pas des alliés des Juifs et des Juives qui subissent l’antisémitisme. Ce sont, au contraire, des vautours qui n’ont d’autre hâte que de trouver des sujets à utiliser pour attaquer les masses populaires. Griveaux, qui a rendu hommage à Pétain et qui a confondu dans ses citations l’antisémite Charles Maurras avec le résistant Marc Bloch, représente-t-il l’avant-garde de la lutte contre le racisme ?

    Qu’irions-nous faire, nous, communistes, révolutionnaires, dans des rassemblements impulsés par le PS ? Comment pourrions-nous accepter de serrer les mains des Wauquiez, des Collomb, des bourreaux des masses populaires, de ceux qui écrasent les exploités ? Qu’irions-nous dire, aux côtés de ceux qui pratiquent le colonialisme et le néocolonialisme. Qu’irions-nous faire auprès de ceux qui vomissent la haine et la division, qui instrumentalisent les souffrances, et qui, dans le même temps, ne se privent pas de faire commerce avec les pires régimes du monde.

    La proposition du Parti Socialiste, en vérité, n’est ni plus ni moins qu’un piège.

    Le choix n’en était pas un. Signer signifiait accepter d’être tout sourire aux côtés des agents de la régression sociale et politique. Cela signifiait également avaliser un discours qui décale le débat public des questions économiques et sociales vers des questions identitaires, ethnico-raciales. Un discours qui alimente les tensions entre les communautés, ce qui est le jeu favori des politiciens et des politiciennes depuis les 30 dernières années.

    Ce discours qui occulte les revendications des Gilets Jaunes, qui occulte le mouvement social et politique, et qui l’enferme dans une grille de lecture, par ailleurs suggérée par BHL, par l’antisémitisme.

    Nous ne pouvons pas accepter ce discours. Nous ne pouvons pas accepter ces attaques ouvertes ou détournées contre le mouvement social. Or, ne pas signer cet appel prête le flanc à l’accusation de collusion avec les réactionnaires, avec les racistes, avec les fascistes.

    Ainsi, LFI a choisi au départ, d’ignorer l’offre de signature, tandis que le RN n’a pas été invité. Nous ne pensons pas que LFI soit un nid d’antisémites camouflés et conspirant contre les Juifs et les Juives. Nous pensons que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a été placé au pied du mur par cette offre : choisir entre une crédibilité politique d’opposition et entre un réel antiracisme, il a ployé le genou sous la pression. Le PCF a poursuivi sa logique propre : après une interview dans laquelle Fabien Roussel indiquait dénoncer les « casseurs » à la police, après des déclarations demandant plus de policiers pour « encadrer » les manifestations, le PCF accepte de serrer les mains des bourreaux. Les grands succès du congrès du PCF sont payés aujourd’hui, par la ligne Brossat-Roussel.

    Quant au RN, nous pensons au contraire que le mouvement fasciste aurait été bien trop heureux de signer cet appel pour continuer son processus de dédiabolisation.

    Que penser de tout cela ? Nous ne pouvons comprendre cet appel, qui est une véritable injure à ceux et celles qui souffrent du racisme, que comme une manœuvre visant à constituer un centre « démocratique » contre des ailes « populistes ». Or, assimiler, derrière le mot de « populisme », extrême-droite et extrême-gauche, dans le but évident de diaboliser cette dernière, donne des conséquences funestes. Elle créée le corollaire de rendre l’extrême-droite fréquentable, banalise ses thèses, popularise ses analyses, et lui décerne la couronne d’alternative convenable à l’échec du système. Voici, fondamentalement, le travail de pompier pyromane que la « macronie » et ses médias, mènent.

    Les perspectives des organisations politiques du « centre » ne sont pas réjouissantes. Le travail qu’elles ont fait pour le compte de la grande bourgeoisie les ont démasquées, les unes après les autres, comme travaillant contre les intérêts populaires. A force de servir d’interface pour les directives des exploiteurs, elles ne paraissent plus des portes de sorties politiques crédibles aux yeux des masses.

    D’une part, ce qui est condamné aujourd’hui, par une ligue allant de la « gauche » issue ou inféodée du PS à la droite qui drague lourdement sa voisine extrême, est à géométrie variable. S’ils sont prêt à disséquer avec ferveur les lourds sous-entendu lancés contre Finkielkraut, ils se sont montrés eux-mêmes de grands adeptes du sous-entendu quand celui-ci pouvait leur servir d’arme. Ils ont avalisé qu’il était acceptable de traiter certaines populations, Rroms, musulmans… comme des individus de second ordre. En somme, ils ont autorisé le racisme larvé comme un argument politique contemporain.

    Dans le fond, aux yeux de ces individus, même inconsciemment, la question du racisme ne prend qu’une dimension tactique. Elle est une manœuvre qui permet de marquer des points, qui permet de s’afficher, qui permet de faire parler de soi. Le FN/RN, montant les homosexuels contre les musulmans pendant des élections, puis faisant l’inverse pendant la Manif Pour Tous. Valls proclamant une fidélité inconditionnelle à la « communauté » juive et à Israël « je suis lié (…), de manière éternelle, à la communauté juive et à Israël », proclamant les juifs comme étant « à l’avant-garde de la République » et aujourd’hui défilant avec la droite Franquiste en Espagne. Valls , par ses propos, a insinué qu’il existerait une élite auquel il faudrait prêter allégeance.

    Or, les Juifs et Juives de France, qui n’avaient rien demandé de plus que le fait qu’on les laisse tranquille et de ne pas être assimilés de force à la politique d’Israël, se sont vus impliqués, à leur corps défendant dans les propos d’un premier ministre qui fait appel à un inconscient antisémite. En dernière analyse, ces propos ont nettement plus contribué à mettre en danger les Juifs et les Juives de France qu’a leur apporter le moindre réconfort. Voilà à quoi mène la loyauté « éternelle » de ces agitateurs.

    Les responsabilités sont écrasantes !

    Car il existe une part de responsabilité terrible d’un certains discours politique dans la montée de l’antisémitisme. Il existe bien sûr, celui, direct, qui vise les juifs en les parant de tous les traits les plus néfastes, en inventant des mensonges et des calomnies, en déclenchant des attitudes pogromistes. C’était celui des fascistes, des nazis, de l’Okhrana, cette sinistre police du Tsar.

    Il existe un autre, vicieux, insidieux, qui utilise le rejet et la répulsion que procure la politique d’Israël à de grandes parties de la population française comme mondiale, et de s’en emparer, pour tenter de justifier les crimes passés, de les légitimer a posteriori et, en dernier lieu, de réhabiliter les régimes qui les ont commis. C’est celui de Soral, par exemple.

    Mais il en existe une autre forme, tout aussi perverse, qui consiste à s’emparer de la mémoire de ceux qui ont perdu la vie ou qui ont été persécutés. Qui consiste en une prise en otage des souffrances de millions de personnes pour servir des projets politiques, économiques ou géopolitiques. Cette manière de créer un ensemble artificiel, déniant aux juifs et aux juives leur opinions, leurs positionnements politiques, considérant que toute critique politique du sionisme et d’Israël devient un acte antisémite, est une manœuvre qui n’apporte qu’un climat de haine et de crainte.

    C’est la politique qu’a suivi Manuel Valls, en considérant que le rejet du sionisme en tant qu’idéologie politique est l’antichambre de l’antisémitisme. C’est la politique du gouvernement israélien, qui expose aux violences sa propre population, pour ensuite les instrumentaliser en en faire une justification d’une politique colonialiste.

    Lorsque le député LREM Sylvain Maillard justifie un projet de loi assimilant antisionisme et antisémitisme en déclarant : « On peut critiquer le gouvernement d’Israël, mais pas remettre en cause l’existence même de cet État« , il ne rend pas service aux juifs et juives de France ou d’ailleurs. Figer la critique de l’existence d’un ensemble juridique ne présume pas d’une haine contre ses habitants, ou contre les Juifs et Juives. En revanche il adoube une politique douteuse qui consiste à assimiler l’un à l’autre.

    Qu’importe les conséquences dramatiques pour la vie de ceux et de celles que ces déclarations, qui n’ont jamais été demandées, impliquent. Ce qui importe, c’est le gain politique. Quitte à surfer, comme l’a fait Valls, sur un inconscient antisémite, qui assimile, comme l’écrivait l’antisémite Soral, les Juifs à une « communauté organisée ». L’un est le miroir de l’autre.

    En s’exprimant ainsi, Valls a placé la question du débat au-delà de la politique, mais sur le terrain ethnico-confessionnel. Il a enfermé le débat dans le bourbier de l’antisémitisme, chose par ailleurs confortée par son rejet de toute analyse sur les attentats. « Expliquer, c’est justifier », avait-il clamé. Au lieu d’interdire réellement les spectacles antisémites de Dieudonné et les logorrhées du même acabit de Soral, ce qui était non seulement possible, mais nécessaire, il les a monté en épingle. Il les a utilisées pour appuyer son image, sa communication, et non seulement a fait une publicité immense autour de ceux-ci, mais les a également légitimés. Ils sont devenus des points de repères pour ceux et celles que la politique coloniale et impérialiste d’Israël pouvaient révolter, grandissant leur audience. Soral, Dieudonné, Valls, furent de grands gagnants dans l’affaire. Les perdants et perdantes furent les victimes de racisme.

    Le bal des hypocrites.

    Nous condamnons l’antisémitisme sous toutes ses formes, mais nous en condamnons également une instrumentalisation par des forces sans vergogne. Nous avons également une difficulté considérable à considérer comme des alliés valables des organisations qui arrivent à défendre des lois vouant à la mort les réfugiés qui fuient les guerres. Nous ne pouvons prendre au sérieux ces groupes qui paient uniquement de formules creuses ou dangereuse un engagement antiraciste dissonant. Nous ne pouvons marcher ou serrer les mains de ceux qui utilisent le racisme pour faire avancer leur propre agenda.

    Leurs larmes sont des larmes de crocodiles. Elles sont superficielles et hypocrites. Devrons-nous avoir à tolérer, demain, ces mêmes pleurnicheries sur le sort qui attend ceux qui meurent aujourd’hui par leur faute ?

    Comme nous le mentionnions en introduction, l’antisémitisme est un sujet sérieux. Nous le prenons au sérieux. C’est pour cette raison que nous rejetons l’appel lancé par Olivier Faure en direction d’agitateurs dangereux.

    C’est également pour cette raison que nous nous rallierons aux appels à lutter contre l’antisémitisme faites par ceux qui ont à cœur de lutter réellement contre celui-ci. Pour Macron, Grivaux, le PS et les autres, l’ennemi ce n’est pas l’antisémitisme. L’ennemi, ce sont les « classes dangereuses » incarnées par les Gilets Jaunes. Pour les combattre, ces derniers n’hésitent pas, avec un cynisme absolu, à les jeter dans les bras de l’antisémitisme, au risque de renforcer ce dernier.

    La grande majorité des Gilets Jaunes, comme ceux qui, à Lyon se sont recueillis lors de la commémoration de la libération des camps de la mort, n’ont rien à voir avec l’antisémitisme. Pour le reste, la lutte contre l’extrême-droite et contre les préjugés réactionnaires qui lui servent de terreau, reste pour nous un combat quotidien, sur lequel nous n’acceptons aucune leçon de la part des politiciens. Nous ne baissons pas notre garde sur cette question, mais nous dénonçons la politique de l’amalgame avec l’extrême-droite, politique d’autant plus cynique que les fascistes sont l’as caché dans la manche de la bourgeoisie.

  • Liste Gilet Jaune aux européennes : une arnaque !

    Liste Gilet Jaune aux européennes : une arnaque !

    Liste Gilet Jaune aux européennes : une arnaque !

    Dernièrement, plusieurs listes estampillées « Gilets Jaunes » se sont constituées pour participer aux élections européennes. Elles se sont agglomérées autour de personnalités issues du mouvement des Gilets Jaunes, comme Ingrid Levavasseur. L’Unité Communiste de Lyon considère que cette constitution est négative et contribue à poignarder le mouvement des Gilets Jaunes dans le dos, en usurpant son nom.

    Ces listes sont le résultat de la corruption par les exploiteurs !

    La corruption prend différentes formes, et nos ennemis, les exploiteurs, sont toujours prêts à l’utiliser. Les agents du gouvernement et de la grande bourgeoisie ont fait miroiter à ceux qui animent les listes une belle carrière. Nul doute qu’il leur a été certifié qu’ils auraient tout à y gagner, peut-être même en mettant en avant l’intérêt du mouvement. Nous ne faisons pas de procès d’intention, peut-être sont ils, peut-être sont elles, de bonne foi.

    Mais la bonne foi ne suffit pas face à la fourberie ! Ceux qui sont tombés dans ce piège ont été tués par les « balles sucrées » de la bourgeoisie ! Ces balles sont enrobées de miel, semblent douces, mais tuent tout autant que les vraies. Elles tuent la combativité, elles tuent l’unité, elles tuent l’espoir, pour l’enfermer dans les urnes.

    Griveaux, le porte-parole du gouvernement, considère que la liste des Gilets Jaunes est un processus intéressant. Et pour cause !

    Quoi de mieux que d’enfermer la contestation contre l’exploitation et contre le régime dans des cadres étroits, étriqués, de la campagne électorale ? Quoi de mieux que de liquider les manifestations, les assemblées populaires, la colère, pour la claquemurer ?

    La constitution de cette liste à de quoi faire bondir de joie Macron et ses sbires. Elle signerait la fin de ce qui fait la force centrale de ce mouvement : son opposition extra-parlementaire non seulement à la politique du gouvernement, mais à tout le système pseudo-démocratique. Il leur est insupportable que des assemblées générales se tiennent, que les Gilets Jaunes fassent de la vraie politique, une politique du débat démocratique et de la prise de décision commune, en toute transparence, dans l’intérêt le plus large !

    Cette opposition extra-parlementaire les effraie au plus haut point ! Elle se montre incorruptible, résiste aux intimidations comme aux fausses promesses.

    La naissance de listes aux européennes serait le signal du retour dans les cadres étroits de la prétendue démocratie, dans ses espaces cloisonnés, dans ses débats stériles et dans son crétinisme parlementaire. Il s’agirait d’une victoire stratégique pour la bourgeoisie.Elle est prête à fournir toute l’aide et toute l’assistance logistique pour que ces pièges grandissent. Pour semer la division, la corruption, elle est prête à couvrir de cadeaux ceux qu’elle espère faire travailler pour elle.

    Certains disent : ne luttez que dans les entreprises ! D’autres disent : votez ! Mais nous pouvons faire plus, nous devons faire plus ! Nous revendiquons le fait que, hors des salons, des fauteuils, hors de Matignon, de l’Elysée, chacun, dans nos villes, sur nos rond-points, nous sommes une fraction du pouvoir réel ! Nous sommes légitimes, nous sommes la vraie démocratie.

    La vraie démocratie, celle de la lutte contre les exploiteurs, celle du combat contre l’oppression.

    Certains affirment que cette liste divise l’opposition à Macron aux européennes. Qu’elle lui accordera la victoire. Ceux-là tombent dans le piège de croire que ces élections peuvent apporter un changement quelconque, autrement que de fournir des fauteuils confortables à des politiciens et des politiciennes qui ne font que trahir les intérêts des exploités ? Ces élections n’ont aucun intérêt.

    Dénonçons-les !

    Moins nous serons à jouer le jeu pourri des exploiteurs, moins leur légitimité sera grande. Pas un seul bulletin dans l’urne doit être notre mot d’ordre ! Si nous votons, nous cautionnons un jeu dans lequel nous savons que nous serons perdants.

    Si les listes Gilets Jaunes font 10%, demain, le gouvernement pourra dire « vous ne faites que 10%, vous ne valez que ça ! ».Or, nous sommes ceux qui produisons les richesses, qui sommes la force motrice de la société, la forme créatrice de tout ce qui sort des usines, de toutes les marchandises. Nous laissera t-on être enfermé dans une minorité ? Ou allons-nous faire voler en éclat ces cadres pourris, qui ne représentent plus que les barreaux d’une prison, pour nous lancer à l’assaut du monde ?

    Aujourd’hui, nous écrivons une page d’histoire.

    Le combat que nous menons est juste et légitime !

  • La révolution d’octobre – texte du Parti Communiste du Togo-ICOR

    La révolution d’octobre – texte du Parti Communiste du Togo-ICOR

    La révolution d’octobre: victoire et vérité scientifique du marxisme-léninisme

    PCT (parti communiste du togo), Lomé, le 7 novembre 2017

    C’est avec un grand enthousiasme et une grande confiance que nous nous joignons à tous les communistes du monde et à l’ensemble du prolétariat révolutionnaire international, pour célébrer le centième anniversaire de la grande Révolution socialiste d’octobre 1917. Nous sommes convaincus que la grande Révolution d’octobre 1917, qui reste un événement majeur du XX siècle malgré tous les efforts entrepris par la réaction mondiale pour la déformer et pour l’enterrer, continuera d’être une source d’inspiration irremplaçable pour les millions de communistes de révolutionnaires et de prolétaires qui partout dans le monde, luttent pour un monde meilleur.

    Il y a cent ans, en effet, le 25 octobre 1917 (le 7 novembre selon le calendrier actuel), la classe ouvrière de Russie, sous la direction du Parti communiste (b), déclencha l’insurrection armée qui mit à terre le gouvernement bourgeois et réactionnaire de Kerenski et installa à sa place le gouvernement des soviets. Les premières années furent pour la Révolution des années de confrontations militaires acharnées avec les forces contre révolutionnaires des armées blanches épaulées par l’intervention des armées et de la marine des puissances impérialistes (Allemagne, France, Grande-Bretagne Etats-Unis, Japon..), qui entendaient ainsi l’étouffer dans l’œuf. Mais elle a fini par vaincre ses ennemies grâces son Armée rouge, l’armée de la dictature du prolétariat, la matérialisation concrète de l’alliance de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre et des masses exploitées. Ainsi s’instaurait pour la première fois dans l’histoire à travers le gouvernement des soviets, un état de type nouveau celui de la dictature du prolétariat, fondée sur l’alliance de la classe ouvrières, de la paysannerie pauvre et des masses laborieuses. Cette victoire ouvrait la voie à l’instauration du socialisme, prélude à la société sans classes, la société communiste.

    Marx et Engels en élaborant la théorie du communisme scientifique, avaient débarrassé le socialisme des rêveries et errements des socialistes utopistes: en analysant l’évolution des sociétés sur la base du matérialisme historique, ils avaient montré scientifiquement l’inéluctabilité de la révolution socialiste et du communisme; ils avaient su faire la démonstration qu’il revenait à la classe ouvrière, produit du capitalisme et «qui n’a à perdre que ses chaînes et un monde à gagner», la mission historique de détruire par la révolution violente le régime capitaliste, de construire la société socialiste pour aboutir à la société sans classes, la société communiste. Mais cette démonstration scientifique n’était encore que de la théorie.

    En 1871, avec la Commune de Paris, la classe ouvrière parisienne avait bien tenté d’établir son propre pouvoir; mais cette tentative avait duré à peine plus de deux mois, la Commune de Paris ayant été écrasée dans le sang par la bourgeoisie réactionnaire.

    Les mérites de Lénine et du léninisme

    Avec la Révolution d’Octobre, l’idéal rêvé par la classe ouvrière, et brièvement entrevu pendant la Commune de Paris, se voyait réalisé de manière concrète. Le système socialiste comme nouveau système social devenait une possibilité tangible. Incontestablement, la Révolution d’octobre 1917 confirmait la justesse des analyses et des enseignements du marxisme. Elle apportait de manière éclatante la preuve vivante de la capacité de la classe ouvrière, la classe révolutionnaire jusqu’au bout, la classe d’avenir, à renverser l’ordre capitaliste, à édifier son propre Etat, l’Etat de la dictature du prolétariat et des masses exploitée, à défendre son pouvoir, à instaurer une société nouvelle, la société socialise, première étape de la société sans classes, la société communiste.

    La Révolution d’Octobre a aussi démontré de façon concrète que cette victoire n’est possible que si la classe ouvrière est dirigée par un parti de type nouveau, par son parti d’avant-garde à l’instar du parti bolchevik, un parti qui réponde aux exigences de l’époque nouvelle.

    Cette époque nouvelle c’est celle de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne, dont Lénine a su mettre en lumière les principales caractéristiques: c’est l’époque où capitalisme ayant atteint son stade suprême, est devenu un système agonisant, c’est-à-dire l’époque où les contradictions du système capitaliste telles que Marx et Engels les ont entrevues à leur époque, se sont exacerbées, rendant nécessaire et inéluctable la révolution prolétarienne mondiale et l’émergence d’un nouveau système, le système socialiste; l’époque où le capitalisme s’est érigé en un système de domination mondiale, et où la lutte de libération des peuples asservis, coloniaux et dépendants, rejoint par conséquent la lutte du prolétariat pour le socialisme dans le combat commun contre la domination mondiale du capital; l’époque où la révolution peut éclater à n’importe quel maillon faible de la chaîne de domination mondiale du capital, où la construction du socialisme peut commencer seulement dans un pays ou dans un groupe de pays. Bref, l’époque des affrontements ouverts de classes, l’époque où la révolution prolétarienne est devenue une activité pratique face à une bourgeoisie devenue réactionnaire sur toute la ligne, et où la violence révolutionnaire est à l’ordre du jour.

    Le mérite de Lénine et du léninisme c’est d’avoir saisi et analysé les caractéristiques fondamentales de cette l’époque de l’impérialisme, et démontré la nécessité de la révolution prolétarienne et de la dictature du prolétariat; c’est d’avoir en conséquence forgé le parti capable de diriger la classe ouvrière et le processus révolutionnaire dans ces conditions: un parti solidement armé sur les plans idéologique, théorique, politique, organisationnel, et pourvu des capacités stratégiques et tactiques requises pour garder le cap dans toutes les situations, dans tous les tournants dans les avancées et dans les reculs, dans l’offensive comme dans la défensive, capable de marier le travail légal et le travail illégal.

    C’est d’avoir accompli cette tâche à travers de rudes batailles idéologiques, théoriques, politiques organisationnelles, menées et gagnées contre les divers courants opportunistes et liquidateurs qui constituaient autant d’entraves à la lutte; le marxisme légal, les populistes, les économistes, les mencheviks, les otzovistes, les kauskystes et autres trotskystes. La Révolution d’octobre, c’est la démonstration concrète de la vérité scientifique du marxisme-léninisme en tant que science de la révolution prolétarienne et de la dictature du prolétariat, fondée sur l’alliance de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre et des masses exploitées. Cette vérité s’est vérifiée par la victoire de l’Armée rouge, bras armé de la dictature du prolétariat, matérialisation concrète de cette alliance, sur les forces impérialistes (allemandes, américaines, françaises japonaises…) et contre révolutionnaires qui s’étaient coalisées pour abattre et liquider le nouveau pouvoir.

    La Révolution d’octobre c’est aussi la victoire du marxisme-léninisme en tant que théorie et pratique de l’internationalisme prolétarien réel et conséquent: en 1912, devant les menaces de guerre impérialiste, les partis sociaux démocrates, membres de la IIème Internationale réunis à Bâle (Suisse), avaient pris l’engagement de refuser de voter les crédits militaires et de s’opposer à la guerre par tous les moyens y compris par la grève générale. Bref, ils s’étaient promis de «faire la guerre à la guerre». Mais en 1914, à la déclaration de la guerre, la plupart de ces partis (qui se réclamaient encore du marxisme !), gangrénés par l’opportunisme, trahissant leur engagement s’étaient ralliés à leur bourgeoisie au nom de «l’union sacré» en votant les crédits militaires. Mais le parti bolchevik quant à lui est resté fidèle à son engagement internationaliste; il a fidèlement appliqué le mot d’ordre de transformer la guerre impérialiste en révolution et s’y est fermement tenu malgré l’ambiance belliciste entretenue par l’autocratie et par la bourgeoisie réactionnaire.

    La victoire de la Révolution montre bien que le mot d’ordre bolchevik sur la paix, la terre et le pain n’était pas seulement juste parce que conforme à cet engagement internationaliste, mais aussi parce qu’il répondait effectivement aux intérêts et aux aspirations des masses laborieuses notamment paysannes, qu’il a contribué à cimenter l’alliance de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre, et des masses exploitées, et a fait de cette alliance un socle capable de résister aux offensives de la contre-révolution et de la réaction. Elle confirmait ainsi les liens indissolubles entre la révolution bolchevique et la révolution prolétarienne mondiale.

    D’ailleurs, Lénine n’a jamais cessé de placer la Révolution d’octobre dans la perspective de la révolution prolétarienne mondiale. C’est bien pour cela et pour marquer la rupture définitive avec l’opportunisme et avec la IIème Internationale que fut mise en place dès 1919 à Moscou la III Internationale dont l’accès était soumis à l’acceptation de 21 conditions, confirmant la rupture avec l’opportunisme et l’adhésion à la ligne de la révolution prolétarienne mondiale; c’est aussi dans la perspective d’un soutien effectif aux mouvements de libération des peuples coloniaux et dépendants, que s’est tenu à Bakou en septembre 1920, le premier congrès des peuples d’Orient.

    Il est vrai que le feu de la révolution n’a pas réussi à embraser l’Europe comme l’espérait Lénine et les bolcheviks. Les mouvements révolutionnaires insurrectionnels suscités en écho à la Révolution d’Octobre (notamment en Allemagne, en Hongrie, en Italie) n’ont pas, en effet, réussi à tenir face à la répression féroce menée par la réaction; mais la victoire de la révolution n’a pas manqué d’ouvrir des brèches au sein de la social-démocratie opportuniste, entraînant parfois des scissions l’émergence de partis se réclamant désormais de la ligne de la IIIème Internationale. C’est le cas de la France avec le Congrès de Tours et la naissance du Parti communiste «Section française de l’Internationale communiste».

    Dans les colonies et pays dépendants soumis au joug de l’impérialisme, la Révolution a soulevé un immense espoir et a contribué à l’essor des mouvements d’émancipation notamment en Chine, en Indochine, en Afrique du Nord -Horizon rouge- vers lequel se tournaient le regard des prolétaires et es masses opprimées du monde.

    Comme le dit Staline: «en ébranlant l’impérialisme, la Révolution d’Octobre a créé en même temps, la première dictature prolétarienne une base puissante et ouverte du mouvement révolutionnaire mondial, base qu’il n’avait jamais eue auparavant et sur laquelle il peut maintenant s’appuyer. Elle a créé un centre puissant et ouvert du mouvement révolutionnaire mondial centre qu’il n’avait jamais eu auparavant et autour duquel il peut maintenant se grouper en organisant le front révolutionnaire unique des prolétaires et des peuples opprimés de tous les pays contre l’impérialisme».

    «La Révolution d’octobre a ainsi fait de la Russie, de l’Union Soviétique le bastion de la lutte pour la libération nationale et pour le socialisme, et non seulement par le soutien internationaliste qu’elle apportait aux luttes du prolétariat international et des peuples du monde, mais aussi par l’exemple qu’elle représentait à travers ses succès foudroyants tant dans l’édification d’une puissante économie que dans la promotion du progrès social»

    Ainsi selon les spécialistes capitalistes eux-mêmes la production industrielle s’élevait en 1939 à 10 fois celle de 1914, à 5 fois celle de 1928 et ce, rappelons-le, après quatre années de destructions immenses entraînées par la guerre civile et les interventions étrangères, et malgré l’encerclement impérialiste, sans avoir à exploiter à piller d’autres peuples et sans exploiter la classe ouvrière, puisque dans le même temps on enregistrait des avancées sociales aussi incontestables, notamment dans l’éducation et la santé entièrement gratuites, dans la promotion de l’égalité femme-homme…Justement parce que la classe ouvrière à travers les diverses organisations de la dictature du prolétariat tenait entre ses propres mains la gestion de l’économie et de la société. Incontestablement, l’Union soviétique par son existence même et par ses victoires dans l’édification de la société socialiste apportait la preuve de la supériorité du socialisme.

    Plus que jamais la Révolution d’Octobre était devenue la source d’inspiration pour le prolétariat international et pour les peuples opprimés du monde. Le rôle majeur et décisif de l’Union soviétique dans l’écrasement de la barbarie fasciste avait encore accru la sympathie à son égard: des pays d’Europe de l’Est libérés de l’occupation nazie, s’étaient engagé dans la voie socialiste; les peuples des pays coloniaux et dépendants donnaient un nouvel élan à leurs luttes émancipatrices, notamment en Asie (Chine Indochine) en Afrique du Nord (manifestation de Sétif en Algérie, et en Afrique subsaharienne). Un pan important de la planète constituait désormais le camp socialiste et échappait ainsi à la domination impérialiste.

    Du révisionnisme à l’effondrement du camp socialiste.

    Mais aujourd’hui cent après la Révolution d’Octobre, le mouvement révolutionnaire connaît un recul certain. En effet le camp socialiste s’est effondré, le capitalisme a été restauré en Russie consacré par la contre révolution comme dans les démocraties populaires d’Europe; la Chine, ouvertement impérialiste participe effrontément au pillage des peuples.

    La raison principale de cette situation, c’est le développement du révisionnisme qui a fini par s’emparer du parti et de l’Etat après la mort de Staline; ce cours nouveau, révisionniste officiellement inauguré par le 20ème Congrès du PCUS, s’est traduit par l’abandon, sous prétexte de retour à Lénine, des principes cardinaux du marxisme-léninisme, et de tous les enseignements de la Révolution d’Octobre. Ainsi au principe de la dictature du prolétariat, on a substitué la notion de l’Etat du peuple tout entier et du passage au socialisme sans révolution prolétarienne; au principe du parti de la classe ouvrière on a substitué la notion du parti du peuple tout entier; le principe de la contradiction fondamentale antagonique, et donc de la lutte implacable entre socialisme et capitalisme a été remplacé par la notion de compétition pacifique, de coexistence pacifique et du passage pacifique au socialisme.

    Dans les pays coloniaux, néocoloniaux et dépendants, le principe de la révolution démocratique sous la direction de la classe ouvrière, comme étape vers le socialisme, a fait place à la notion d’Etat de démocratie nationale qui, au nom d’un prétendu «développement non capitaliste», invite la classe ouvrière à se mettre à la remorque de la bourgeoisie. Ajoutons la théorie non moins funeste venant de Chine, selon laquelle les peuples des «deuxième et troisième mondes» doivent s’unir à leur bourgeoisie contre «le premier monde».

    Ainsi la restauration du capitalisme dans les pays socialistes n’a pas seulement privé le prolétariat international d’un bastion et d’un point d’appui; elle s’est accompagnée de développements, de théories et de doctrines qui n’ont abouti qu’à semer la confusion, à désarmer le prolétariat international et les peuples opprimés du monde face à la bourgeoisie.

    Des développements, des théories qui ont entraîné des partis se réclamant du communisme dans des politiques de collaboration de classe, laissant de ce fait sans défense le prolétariat et les peuples qui vont subir d’horribles massacres, notamment en Indonésie, au Soudan, au Chili. Dans le même sens dans de nombreux pays coloniaux, néocoloniaux, ou dépendants comme le nôtre, ces théories ont même abouti à nier la nécessité de la direction de la révolution démocratique par le prolétariat, et à laisser le prolétariat et les masses populaires déboussolés, sans la direction du Parti communiste dont la création se trouvait indéfiniment reportée, celle-ci n’étant plus considérée comme une tâche urgente. Ceux qui alors osaient encore se réclamer du marxisme, pouvaient ainsi justifier leur intégration dans des gouvernements bourgeois et leur participation aux régimes néocoloniaux et dépendants.

    C’est le cas de notre pays où dans les années 1960, quand les éléments se réclamant du marxisme-léninisme en fait des révisionnistes khrouchtchéviens, se sont fondu dans le parti nationaliste petit bourgeois la JUVENTO, avant de se rallier du moins pour certain d’entre eux au parti national-réformiste le PUT; d’autre sous l’influence du révisionnisme chinois se sont contentés de gérer le mouvement étudiant. C’est donc ce recul momentané subi par le socialisme qui, en leur laissant le champ libre, a permis à la bourgeoisie impérialistes, plus arrogante que jamais, aux opportunistes et aux révisionnistes de tout poil, de mener une propagande effrénée pour présenter à coups de contre vérités, le socialisme comme une monstrueuse barbarie, ou au mieux comme un rêve impossible, et pour tenter de faire passer la Révolution d’Octobre, pour un simple accident de l’histoire, comme une simple parenthèse dans un monde voué éternellement au règne du capitalisme.

    Mais nous sommes convaincus qu’il ne peut pas en être ainsi.

    Car nous savons que la réalité matérielle est un perpétuel changement, que tout ce qui existe se développe et meurt, qu’il s’agisse de la nature ou de la société, indépendamment de la volonté des hommes qui peuvent tout au plus accélérer ou ralentir un processus, mais qui ne peuvent pas empêcher son déroulement. C’est ce que nous enseigne le matérialisme dialectique. Ainsi, la bourgeoisie et le capitalisme, n’ont pas existé de tout temps. Ils sont apparus et se sont développés au sein de la société féodale, qu’ils ont fini par détruire et remplacer renverser. Ils sont donc appelés à disparaître eux aussi; qu’ils soient donc appelés à disparaître, c’est pour nous une certitude.

    En France par exemple il s’est écoulé plusieurs siècles entre l’apparition de la bourgeoisie et la révolution bourgeoise, et plusieurs décennies entre la révolution bourgeoise et la victoire définitive de la bourgeoisie. Les voies de la révolution ne sont pas forcément linéaires.

    Qu’on l’appelle mondialisation, globalisation ou autre , l’époque actuelle reste toujours celle de la concentration du capital, des monopoles du capitalisme financier, de la domination du monde par un petit nombre de puissance, bref c’est toujours l’époque de l’impérialisme et les contradictions de l’impérialisme, telles que Lénine les a perçues et analysées, sont non seulement toujours présentes mais ne font que s’exacerber et que le socialisme apparaît plus que jamais comme la solution nécessaire et inévitable.

    En effet, jamais la production n’a été autant socialisée, et jamais le capital n’a été détenu en si peu de mains. La crise du capitalisme est devenue une réalité permanente.

    Dans les pays impérialistes, la classe ouvrière et les masses laborieuses connaissent une misère grandissante par suite du chômage endémique et de la remise en question des droits sociaux acquis dans la lutte. Face à leur légitime mécontentement, la bourgeoisie recours à la militarisation accrue de la société à la remise en cause des libertés, à des mesures de fascisation sous la poussée de groupes fascistes de plus en plus légitimés qui ne cessent de s’affirmer sur la scène politique. Plus que jamais l’affirmation de Lénine selon laquelle l’impérialisme c’est la réaction sur toute la ligne reste d’actualité.

    Dans les pays néocoloniaux et dépendants comme le nôtre l’emprise du capital monopoliste a abouti à une dépendance accrue de l’Etat néocolonial, et même à une forme de recolonisation. Ce qui a pour conséquence plus de misère pour le peuple et notamment pour la jeunesse qui parfois ne voit d’autre issue que dans le recours à l’émigration; mais aussi plus de sentiment de révolte qui peut parfois aboutir au terrorisme mais aussi renforcer la volonté d’indépendance.

    Les rivalités inter-impérialistes se sont aggravées notamment avec l’affirmation de nouveaux pays impérialistes. Elles ont multiplié les conflits, aggravé la course aux armements et mis le monde en état de guerre quasi permanent.

    Seul le socialisme peut instaurer la paix entre les peuples

    Ajoutons à tout cela les désastres écologiques conséquence de l’exploitation capitaliste des ressources de la terre.

    Seul le socialisme peut sauver l’humanité.

    L’exacerbation de ces contradictions rend la révolution socialiste inéluctable. La chaîne de domination de l’impérialisme finira par se rompre quelque part. D’ailleurs les événements qui se sont déroulés ces derniers temps dans divers pays montrent bien que les peuples ne sont pas disposés à supporter la situation qui leur est faite, que ce soit notamment en Tunisie, en Egypte et au Burkina Faso.

    La grande leçon que nous pouvons retenir de tous ces événements c’est la nécessité de la révolution prolétarienne, et c’est aussi la confirmation de la nécessité du Parti Communiste qui seul peut conduire la classe ouvrière pour rendre cette révolution possible. C’est ce parti qui en s’inspirant de l’exemple du Parti Bolchevik, et de la Révolution d’octobre, et avec toute l’expérience acquise depuis lors peut conduire à la victoire. Il nous appartient donc de renforcer nos partis, en nous inspirant de l’exemple du parti Bolchevik et de la Révolution d’octobre mais aussi des expériences accumulées depuis lors d’échanger nos expériences en nous apportant un soutien mutuel internationaliste.

    GLOIRE A LA GRANDE RÉVOLUTION D’OCTOBRE 1917

    GLOIRE AU PARTI BOLCHEVIQUE DE LÉNINE ET DE STALINE

    VIVE L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !

    Le Parti Communiste du Togo

    Site internet : www.pctogo.org

    Contact : contact@pctogo.org

  • Rejetons la politique des exploiteurs ! Tract de l’UCL

    Rejetons la politique des exploiteurs ! Tract de l’UCL

    Rejetons la politique des exploiteurs !

    Depuis son apparition, le mouvement des Gilets Jaunes s’est déclaré apolitique et apartisans. Cela a fait grincer des dents certains requins de la politique, qui pensaient pouvoir l’instrumentaliser pour nourrir leurs projets électoraux.

    Nous-mêmes, nous sommes des militants politiques. Nous ne voulons pas le cacher car nous ne sommes pas des sous-marins qui se camouflent dans les luttes en mentant sur notre identité.

    Pourtant nous ne pouvons que comprendre le fait que les Gilets Jaunes rejettent la « politique » telle qu’elle est faite.

    Nous partageons le même dégoût de celle-ci. Elle nous répugne au plus haut point.

    La « politique » politicienne n’est qu’une fraude. Elle n’est qu’une réclame publicitaire. Ces promoteurs sont une clique de charognards qui ne recherchent les voix des électeurs qu’avec l’idée d’occuper un fauteuil confortable pour nourrir leur clientèle et servir les intérêts des exploiteurs. Tout au plus offrent-ils quelques nuances dans la manière dont ils exécutent les ordres qui leur sont donnés.

    En tout premier lieu, l’État sert le cartel des grandes entreprises et des grandes banques de France. Il décide de la politique qui sera appliquée.Même Hollande, élu avec un tout autre programme, a appliqué celui qui lui a été dicté.

    Ce cartel d’intérêts mène une diplomatie et une politique sur laquelle il est interdit à la population d’avoir un avis. Les guerres que lance la France, en Libye, en Syrie, au Mali, en Côte-d’Ivoire, en Guinée… Sont un domaine sur lequel aucun vote n’est fait, ni aucun débat. Les contrats que passe la France avec de sanglantes dictatures sont plus importants que les votes.

    L’Ecole nous a vendu la Démocratie et la République comme la perfection absolue. Mais cette perfection vole en éclat sous les tirs des flashballs, elle est réduite en pièce par les éclats de grenades.

    Comment ne pas être écœuré d’entendre parler des politiciens et des politiciennes déconnectés de la réalité, qui vomissent leur mépris du peuple, tandis qu’eux -et elles- n’ont jamais travaillé de leur existence ?

    Comment comprendre que les destinées d’ouvriers, de paysans, d’employés, de précaires, de chômeurs, soient entre les mains d’individus qui n’ont jamais fait autre chose que d’être des carriéristes au sein de leurs organisations ?

    Les scandales a répétition qui concernent des hautes personnalités ne font que montrer, les rares fois où des enquêtes ont lieu, la corruption généralisée qui gangrène l’État. Pour un Benalla repéré, combien sont encore tapis dans l’ombre, à poursuivre leurs exactions.

    Et quand la justice condamne, les peines sont si ridicules qu’elles la déshonorent. Même condamnés à de la prison ferme, les politiciens n’y mettent jamais les pieds.

    Les députés absents et les sénateurs et sénatrices assoupies, les ministres narquois et méprisants… En effet, comment ne pas être horrifiés ?

    Nous rejetons cette « politique », nous aussi. Nous pensons qu’elle est une mascarade.

    En rejetant cette politique politicienne, les Gilets Jaunes sont devenus le mouvement le plus politique qu’il y ait eu en France, depuis des années !

    Les Gilets Jaunes, le mouvement le plus politique depuis des décennies.

    Les Gilets Jaunes donnent, en vérité, une leçon de politique et une leçon de démocratie à la France entière. Ils ont démontré aux yeux de tous que l’État écrasait ceux et celles qui remettent en cause son ordre.

    Le mouvement des Gilets Jaunes a été un rappel vibrant du véritable sens du pouvoir. Le fait de « pouvoir faire ». Si la démocratie se limite, comme le disent nos exploiteurs, à la liberté de parole, elle n’est qu’un mot creux. Sans possibilité de réaliser ce que nous disons, notre liberté ne vaut rien.

    En s’organisant, en débattant, en mettant en œuvre une véritable démocratie populaire, les Gilets Jaunes restaurent le véritable sens du mot liberté, du mot démocratie, du mot pouvoir. C’est pour cela que le gouvernement les hait. C’est pour cela que les partis politiques électoralistes les sabotent.

    Parce que la colère populaire se dirige aujourd’hui contre le régime, contre la manière dont la démocratie a été usurpée. Elle remet en cause le fait que, contre vents et marées, le pouvoir continue à exécuter le travail qui lui a été donné par ses maîtres, les milliardaires de France, les banquiers, les exploiteurs.

    Nous ne voulons pas faire « de la politique », nous voulons remettre le pouvoir entre les mains du peuple.

    Notre démocratie n’est pas la leur. La leur est celle des élections qui ne changent rien, des intimidations, de la corruption, des Benalla au-dessus des lois. Elle est celle des négociations secrètes, des réunions d’alcôves où les droits du peuple sont bradés en échange de privilèges et de postes.

    Notre démocratie est celle de ceux, de celles, qui apportent au monde toutes les richesses de leur travail. De celui qui cultive la terre à celle qui travaille dans les usines. Notre démocratie est celle du débat sur comment répondre aux besoins immenses du peuple, non de savoir comment augmenter les taux de profit des grands patrons du CAC40. Notre démocratie est celle qui se dresse contre eux, contre leurs plans de partage du monde, contre leurs projets d’asservissement de nos frères et sœurs, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs.

    Notre démocratie, les grands cartels d’exploiteurs, de banquiers, d’exploiteurs et de profiteurs l’appelleront dictature. Parce qu’il seront privés de leur droit le plus précieux, le plus fondamental : celui de vivre du travail d’autrui, de voler les richesses produites.

    Ils l’appelleront dictature et la haïront de toutes leur forces, parce qu’elle les forcera à devoir travailler de manière honnête pour vivre. Ils feront tout pour la détruire, pour restaurer leur ordre injuste et criminel.

    Mais ils échouerons, car notre unité sera plus fort, plus sincère, plus puissante que leurs manœuvres. Ces profiteurs pensent que nous ne sommes rien. Soyons tout !

    Devenons le centre politique du pays !

  • La nuit tombe sur la France.

    La nuit tombe sur la France.

    La nuit tombe sur la France.

    Macron est un missile a usage unique, conçu pour frapper de plein fouet la protection sociale et le niveau de vie des travailleurs et des travailleuses. Pour le moment, il est impossible de nier qu’il remplit parfaitement sa mission.

    Seulement, toute régression économique a un impact sur la société. Une société plus précaire, plus pauvre, écrasée de taxes et d’impôts, est une société fatalement plus explosive. La baisse du niveau de vie se traduit donc également par une attaque contre les droits politiques.

    Le mouvement des Gilets Jaunes a été une explosion, un embrasement général. Il a effrayé le pouvoir politique, qui n’a pu faire autrement que choisir la voie de la répression pour le faire taire, pour lui ôter toute parole, pour l’enfermer.

    La lutte ne s’éteint pas, la colère se mue en une rage profonde. Les croyances dans la démocratie bourgeoises, dans le respect des droits de l’Homme, dans le respect des libertés « inaliénables » sont balayées. La publicité présentée à l’école sur la France comme pays des Libertés s’est décomposée. La lutte des Gilets Jaunes est en train de donner naissance à une nouvelle étape ans la vie politique du pays. Elle sera marquée par la défiance envers la police, envers les institutions, envers l’Etat.

    Faute de pouvoir calmer les choses, à l’heure actuelle, le gouvernement veut imposer une mise au pas de la société. Les projets se succèdent et ne peuvent que susciter l’inquiétude. Le sentiment général est que la nuit tombe, sombre et sinistre. La répression à déjà été massive. Des centaines de personnes encourent des peines de prison tandis que des milliers sont sous contrôle judiciaire. Mais cela n’est toujours pas assez !

    La loi contre les manifestations.

    Nous avons communiqué déjà sur la loi dite « anti-casseurs ». Nous invitons à consulter ce document ici.  Ce qui est à retenir, fondamentalement, est que celle-ci poursuit une politique d’état d’urgence permanent. Elle permet d’utiliser l’administration pour réprimer, tout en contournant le judiciaire. Si la séparation des pouvoirs est nettement plus un mythe qu’une réalité, le fait que les lettres de cachet soient de retour représente néanmoins une aggravation considérable de la situation.

    D’expérience, les attaques de ce type, présentées comme s’attaquant à une menace précise, deviennent rapidement des moyens opératoires contre toutes et tous. Le fichage proposé par l’article 3 de la loi sera probablement utilisé pour créer des dossiers d’opposants.

    Quant à l’interdiction de se masquer, elle revient à exiger que les manifestants doivent s’exposer en toute vulnérabilité en face de tireurs qui agissent en toute impunité. Cette loi ne peut être interprétée autrement que comme une loi de terreur contre les manifestations présentes et à venir.

    La loi sur la presse.

    Macron souhaite également mettre au pas la presse. La presse est déjà, en France, largement sous la coupe d’immense monopoles et cartels dépendant directement de la grande bourgeoisie. Seul échappent certains journaux indépendants, dont la situation financière n’est pas toujours très brillante ou qui sont des officines réactionnaires financées par l’argent d’autres Etats.

    Malgré cet étranglement, cela ne suffit pas. L’affaire Benalla, dont les rebondissements ahurissants ont été répercutés par les médias, a été particulièrement mal vécue par le gouvernement. Les révélations de Médiapart ont même déclenché une telle ire au sein des cercles du pouvoir que ceux-ci ont saisi la justice et demandé des perquisitions.

    L’anonymat des sources journalistiques, une des composantes importante de sa capacité à pouvoir mener des enquêtes, est depuis longtemps dans le collimateur des gouvernements successifs. L’arguement, une nouvelle fois, est celui de la lutte anti-terroriste, mais dans les faits, celui de la dénonciation des turpitudes des dirigeants et la grande bourgeoisie est également dans le viseur.

    Au sein du Grand Débat, Macron a démontré que sa conception de l’enquête et de la vérité était de coller le plus possible aux intérêts du grand patronat. En Guadeloupe, son attitude par rapport aux plaintes du fait des dégâts liés à l’usage de chlordécone est démonstrative. Il a imposé sa vérité face aux récriminations des médecins. Les Gilets Jaunes ont pu être écoutés et entendus avec un poids égal aux experts et aux ministres. Cette démocratisation de l’information et du débat répugne profondément notre président aux accents de plus en plus royalistes. Cette hérésie lui paraît si néfaste qu’il veut laver l’affront et empêcher qu’il se reproduise.

    A quoi s’attendre alors avec la presse ? Certes les fake news ont pris une ampleur démesurée, capable de pouvoir semer l’intoxication dans les esprits, mais quid des « vérités » gouvernementales ? Le fait qu’il y ait un contrôle étatique sur la notion de vérité informationnelle avait déjà été dénoncée comme une menace gravissime par le passé.

    Là Macron voudrait « renationaliser les journaux » selon la formulation employée par « le Point ». Cette renationalisation, qui pourrait réjouir certains réformistes démasque au contraire le caractère de classe de l’Etat. Cette prétendue nationalisation est justifiée ainsi : « Le bien public, c’est l’information. Et peut-être que c’est ce que l’État doit financer. Le bien public, ce n’est pas le caméraman de France 3. Le bien public, c’est l’information sur BFM, sur LCI, sur TF1, et partout. Il faut s’assurer qu’elle est neutre, financer des structures qui assurent la neutralité. Que pour cette part-là, la vérification de l’information, il y ait une forme de subvention publique assumée, avec des garants qui soient des journalistes. Cette rémunération doit être dénuée de tout intérêt. Mais quelque part, cela doit aussi venir de la profession. » En somme le gouvernement paierait des journalistes « mouchards » chargés de contrôler l’information pour qu’elle soit « neutre » et « vérifiée ».

     « Prenant conscience de la sagesse infinie de notre infaillible Jupiter, les journaux décideront spontanément de lui confier la détermination de la vérité via un système financé par lui, et ce, pour le plus grand bonheur du peuple » ironise ainsi Le Point.

    La lutte contre les fake news sert, comme dans celle contre les « casseurs » à justifier un contrôle a priori sur la société et à limiter la possibilité d’expression politique de la part des masses.

    Nous dénonçons cette tentation ultra-réactionnaire !

    Le référendum ?

    Macron a annoncé que le Grand débat serait clôturé par un référendum qui synthétisera les positions majoritaires. Ce référendum est censé sonner le glas du mouvement des Gilets Jaunes et faire taire définitivement la contestation de son programme. Il représente une arme immense qui peut modifier jusqu’à la constitution. Ce qu’un référendum fait, seul un autre peur le défaire.

    Cette proposition n’est qu’une diversion de plus. Un simple coup d’œil au contenu du Grand Débat donne le ton. Tout est mis en œuvre pour surfer sur la colère et les revendications légitimes des Gilets Jaunes pour nourrir et appuyer la politique d’anéantissement des droits sociaux de Macron.

    Ainsi, les questions posées dans le Débat sont dignes de celles que poserait un démarcheur commercial, enfermant le participant ou la participante dans des faux choix qui, in fine, sont des soutiens à la politique de prise d’assaut des droits sociaux et politiques. En réalité ce Grand Débat est un choix entre peste et choléra.

    Macron et la classe sociale qu’il sert, ce cartel de grands bourgeois, ne sont pas stupides. Au contraire, ils sont particulièrement retors et cyniques. Ils sont capables de prendre toute revendication progressiste et de la retourner complètement pour en faire une arme contre ceux qui souffrent.

    « Vous voulez que les producteurs soient payés plus ? – Élevons les prix tout en protégeant les bénéfices des grandes surfaces ! »

    « Vous voulez plus d’écologie ? – Vous paierez des taxes injustes pour que Total continue d’engraisser ses actionnaires ! »

    « Vous n’êtes pas content ? Il faut savoir ce que vous voulez ! »

    Qui sait quelle question tordue et perverse sera posée lors de ce référendum.Une question comme « voulez-vous une administration plus efficace ? » peut se traduire n’importe comment. « Voulez-vous réduire le nombre d’élus » peut servir de prétexte à concentrer tous les pouvoirs dans les mains d’un seul parti.

    Même répondre « non » est une arme. « Vous ne voulez plus de cette revendication ? De quoi vous plaignez-vous alors ? »

    Mais quand bien même quelque chose de positif pourrait sortir de cela, la décision serait enterrée, tout comme l’a été le « non » à la Constitution Européenne en 2005. Voilà à quoi ressemble leur conception de la démocratie !

    Ce référendum tomberait le même jour que les élections européennes.

    Ce choix est étrange. Il est fort possible que, malgré les sondages, LREM subisse une cinglante défaite lors de ce scrutin, étant donné le désaveu de la politique menée par Macron – Philippe – Castaner. Mais le référendum éclipserait tout. Si Macron pose sa question d’une manière intelligente, non seulement il pourrait laver l’affront de la défaite de son organisation, mais également il pourrait transformer cela en véritable victoire structurelle.

    Etant donné la conjoncture actuelle, nous pensons qu’il nous faut agir avec la plus grande méfiance vis-à-vis de cette manœuvre. En temps normal nous considérerions qu’il faudrait boycotter ce scrutin et le dénoncer comme étant une manœuvre infâme, mais les risques sont élevés. Nous pensons qu’il faut faire obstacle de toutes nos forces face à cette tentative d’adouber la liquidation de nos droits sociaux ou politiques. En dernière analyse, nous ne pouvons comprendre la présence de l’extrême-droite chez les Gilets Jaunes : après tout, leur programme social et économique est d’ores et déjà en train d’être mis en place. Ces lois rappellent ce que pouvait écrire Dimitrov : Camarades, on ne saurait se faire de l’arrivée du fascisme au pouvoir l’idée simpliste et unie qu’un comité quelconque du capital financier déciderait d’instaurer à telle date la dictature fasciste. En réalité, le fascisme arrive ordinairement au pouvoir dans une lutte réciproque, parfois aiguë, avec les vieux partis bourgeois ou une portion déterminée d’entre eux, dans une lutte qui se mène même à l’intérieur du camp fasciste et qui en arrive parfois à des collisions armées, comme nous l’avons vu en Allemagne, en Autriche, et dans d’autres pays.

    Tout cela sans affaiblir cependant l’importance du fait qu’avant l’instauration de la dictature fasciste, les gouvernements bourgeois passent ordinairement par une série d’étapes préparatoires et prennent une série de mesures réactionnaires contribuant à l’avènement direct du fascisme. Quiconque ne lutte pas, au cours de ces étapes préparatoires, contre les mesures réactionnaires de la bourgeoisie et le fascisme grandissant, n’est pas en état d’entraver la victoire du fascisme, mais au contraire la facilite.

    Au moment de l’élection de Macron, nous avions émis la thèse selon laquelle sa politique détruirait le centre de l’échiquier politique et créerait une situation particulièrement dangereuse pour les prochaines élections présidentielles. En dernière instance, c’est le cartel des grands bourgeois qui détermine qui sera élu, en appuyant sa campagne de toutes ses forces.

    Ni RN ni les groupuscules fascistes, si gênants dans les manifestations, ne sont des forces capables en tant que tel de recevoir un soutien de la part de cette clique de grands bandits. Cependant, les thèses de la Droite Nouvelle ou de la Droite Elargie, autour du fond de LR ou même de Debout la France font leur chemin. Dans une hypothèse d’un face à face avec les organisations autour de LFI, même réunies autour d’une candidature commune, il faut s’attendre à ce que la grande bourgeoisie appuie de toutes ses forces pour une victoire de la Droite Dure.

    Ce qui est à redouter, fondamentalement, c’est qu’après le gouvernement liquidateur des droits sociaux -que nous n’aurons plus d’ici 2022- nous fassions face à celui qui liquiderait nos droits politiques.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que les organisations communistes doivent impérativement ressortir renforcées et plus soudées de l’épreuve de force actuelle. Ce qui déterminera in fine si le mouvement des Gilets Jaunes est une victoire ou une défaite, c’est de savoir quel camp ressortira agrandi de cette lutte : celui de la bourgeoisie ou celui du peuple.

  • Ensemble ! La Grève !

    Ensemble ! La Grève !

    Mobilisé.es – Gilets Jaunes -Syndicats – Organisations politiques

    Marchons toutes et tous ensemble !

    Macron et la classe qu’il sert, la grande bourgeoisie, nous mène la guerre. Depuis son élection, il a mené assauts sur assauts contre tout ce la lutte sociale a pu arracher aux exploiteurs depuis le XIXe siècle.

    Le Gouvernement Macron-Philippe-Castaner s’en est pris aux salaires, aux conditions de travail, à la sécurité sociale, au chômage, à la retraite, à l’éducation, aux impôts… Son offensive frappe tous ceux et celles qui ne vivent que de leur travail.

    L’avenir que nous réserve Macron est celui de la misère, de la dette, de la précarité, de la maladie. Aujourd’hui, 5 février, nous sommes toutes et tous dans la rue pour clamer notre rejet de celui-ci ! C’est notre travail, notre temps, notre sueur qui produit les richesses du monde. Le monde est à nous !

    Macron ne reculera pas. Il a le revolver sur la tempe de ses donneurs d’ordres, de ceux qui, tout en bénéficiant de réductions d’impôts, ont financé sa campagne. Il ne reculera pas sur l’ISF. Il ne reculera pas sur la CSG, il ne reculera pas sur les taxes, les impôts, sur la liquidation qu’il opère de toutes les protections sociales. Il ne recule pas car il pense que l’orage de la lutte gronde, certes, mais qu’il s’éloignera ou s’épuisera. Il compte sur la fatigue, l’épuisement, le découragement.

    Il fourbit déjà d’autres plans : appliquer le programme de CAP2022, pour offrir d’immenses cadeaux aux banques, pour privatiser des nationales, pour détruire les corps des fonctionnaires, pour liquider les derniers services publics.

    Il se croit invulnérable, même face aux menaces de grève générales, parce qu’il voit les luttes comme dispersées, éclatées, s’épuisant et s’affaiblissant…

    Mais nous allons lui prouver le contraire !

    Abattons les murs entre les luttes ! Qu’elles se rejoignent toutes !

    Nous marchons encore de manière séparées. Mais cela doit cesser. Les différentes luttes ne sont pas concurrentes, elles se complètent. Les modes opératoires se renforcent les uns les autres. Les manifestations lycéennes, les blocages d’universités, les grèves professorales, ouvrières, les occupations de ronds-points, les actes successifs… Chacune apporte sa pierre à la lutte, la renforce et la complète. Mais il s’agit de faire plus que la « convergence des luttes », il s’agit d’en faire la synthèse !

    Les Assemblées Populaires sont un creuset dans lequel elles peuvent se fondre, fusionner, se renforcer et faire naître une réponse plus puissante, une véritable lame de fond qui balaiera toute la société. L’Assemblée d’Assemblées de Commercy pose les bases d’une jonction entre toutes celles qui sont apparues. L’Unité Communiste de Lyon soutien son appel.

    C’est dans ces assemblées que ceux et celles qui luttent peuvent se réunir et passer de la défense à la contre-attaque.

    Face aux revendications de ceux et celles qui se mobilisent, le gouvernement a répondu. Le régime à montré son visage. Chaque samedi, celui qui arpente la rue pour clamer sa colère ne peut savoir s’il rentrera chez lui. Interpellations, gardes-à-vues, mutilations permanentes, mort soudaine… tout peut arriver tant la répression est féroce.

    Il est déjà possible d’arrêter sur des soupçons. Demain, avec la loi anti-manifestation, il sera possible à l’État de choisir qui peut ou ne peut pas sortir de chez lui. La France se mue en prison à ciel ouvert.

    Construisons l’opposition extra-parlementaire ! Bâtissons la démocratie populaire !

    L’illusion des élections ne trompe plus. Nous en avons assez de voir la démocratie réduite à un chèque en blanc donné à des élus qui ne font que s’engraisser sur notre impuissance. Nous en avons assez de la voir limitée à savoir quel maître exécutera le programme du MEDEF, des exploiteurs, des grands bourgeois. De voter pour déterminer qui nous écrasera, qui nous réprimera.

    Nous sommes légitimes. Nous détenons chacun une fraction du pouvoir réel. Organisés, nous pouvons imposer notre propre démocratie : une démocratie populaire, celle des travailleurs en action ! Celles de ceux qui n’ont rien, qui « ne sont rien », mais qui deviendront tout !

    Les prochaines élections seront le bal des trahisons. Rejetons -les ! Boycottons-les ! Montrons notre opposition par l’abstention massive. Organisons-nous en opposition extra-parlementaire, autour de nos assemblées, notre démocratie. Formons L’État-major des luttes et remportons la victoire !

     

    -Retrouvez l’affiche de la CGT Info-Com ici : https://www.infocomcgt.fr/wp-content/uploads/2019/01/2019_01_31_InfoCom-CGT_Affiche_GJGR-Ensemble.pdf

  • Toutes et tous unis contre les exploiteurs

    Toutes et tous unis contre les exploiteurs

    Toutes et tous unis contre les exploiteurs


    Nous sommes pour l’unité la plus large contre les attaques du gouvernement, contre sa répression et sa violence, contre ce régime despotique au service des exploiteurs capitalistes.

    Notre unité s’est faite dans la lutte, dans le fait de marcher ensemble, de subir ensemble les tirs de Flash-balls, les bombardements de lacrymogènes, les lancers de grenades. C’est une unité qui a été scellée dans le sang. Nous étions des étrangers les uns pour les autres, des inconnus. Désormais tous ceux qui portent le gilets jaunes sont devenus des frères et sœurs de combat.

    Halte aux diviseurs et aux provocateurs racistes

    Seulement certains veulent briser cette unité. Ils décrètent que des camarades gilets jaunes, parce qu’ils sont nés avec une autre couleur de peau, parce qu’ils aiment d’autres personnes, parce qu’ils pratiquent d’autres religions, sont indignes de vivre et doivent être liquidés. Voilà ce que pensent ces agresseurs lâches. Ils instillent la haine et fracturent nos cortèges pour imposer leurs mots d’ordres.

    Le samedi 26 janvier, à Lyon, une bande de 80 militants fascistes ont formé une colonne pour attaquer des gilets jaunes jugés «gauche» ou des d’origine immigrée. Ce n’était pas le premier incident de ce type. Des groupes fascistes organisés, essentiellement du «Bastion social», identitaires ou Action Française, ont entrepris à plusieurs reprises d’infiltrer les cortèges de gilets jaunes pour commettre ce type de forfaits. Et les choses s’aggravent semaine après semaine.

    Le racisme, le sexisme, l’homophobie, l’antisémitisme… C’est cela qui créé la division ! Les dénoncer et les chasser nous rend plus fort, plus unis, plus sincèrement liés dans un combat commun. D’autant que ce combat commun, ils s’en moquent !

    Ne laissons pas les gilets jaunes être les otages de traîtres !

    Nous savons qu’il existe des positions différentes dans le mouvement, que chacun porte son opinion. C’est très bien ainsi. Mais nous dénonçons les manœuvres de ces traîtres à la cause ! Ils ont commis un acte d’une gravité extrême en prenant en otage les cortèges de gilets jaunes pour imposer leurs mots d’ordres de diversion, pour éloigner le combat de ses revendications !

    Ils diffusent de fausses informations, des rumeurs, des mensonges conspiratifs car ils ne veulent pas de revendications sociales ! Ils sont contre ce pour quoi les gilets jaunes se battent. Ils ne sont ni pour l’augmentation du SMIC, ni pour la justice fiscale. Ils ne combattent pas le capital financier et ne son pas pour une démocratie du peuple. Eux ne sont que pour un Etat policier dont ils seraient les maîtres absolus !

    Jamais ils n’ont été dans la rue pour défendre le code du travail, pour défendre l’école, pour défendre les hôpitaux, pour défendre les opprimés et les exploités. Au contraire ! ils ont toujours voté pour les lois qui écrasent le peuple, tout ce qui alourdit son fardeau. Ces mercenaires au service des capitalistes attaquaient les manifestations. Ils servaient d’auxiliaires zélés de police, toujours prêts à servir d’indicateurs, de mouchards.

    Les fascistes poignardent dans le dos les Gilets Jaunes

    Hier, le rassemblement national s’est prononcé contre la hausse du SMIC. Demain il votera la loi anti-gilets jaunes, traîtreusement nommée loi « anti-casseurs », car elle correspond à son programme anti-populaire et anti-social.

    Jamais le « bastion social » ne parle des revendications populaires. Jamais il ne parle du RIC. Il ne fait que diffuser ses mensonges haineux. Et quand ils disent « nos SDF d’abord » c’est uniquement pour diviser entre français et immigrés. Mais chaque fois que des mairies deviennent d’extrême-droite, voire des pays, les premières lois passées ont été contre ceux qui n’ont rien, pour aggraver leur misère, voir les mettre en esclavage. C’est ce que fait l’Italie, c’est ce que fait la Hongrie.

    En France, le RN/FN est le 1er parti en termes d’élus mis en examen. Les fascistes sont les élus les plus corrompus de France. Ils sont dans tous les coups tordus, dès qu’il y a des profits à en tirer.

    Dehors les agents des exploiteurs !

    Ils se disent « patriotes » mais ce sont eux qui négociaient des contrats avec Daech pour la société Lafarge. Ce sont eux qui ont vendu les armes qui ont servi à faire les attentats en France. En fait de « patriotes », leur seul travail est d’anesthésier ceux qui souffrent, ceux qui se révoltent, et de les vendre pieds et poings liés à leurs premiers bourreaux : les banquiers et les grands patrons français. Leurs discours pleurnichant ont le même fond : qu’ils disent défendre la race, la patrie, la nation, dans le fond ils ne défendent que les intérêts d’impitoyables exploiteurs.

    Nous ne voulons pas d’un Führer, d’un Roi, d’un dictateur aux ordres des cartels de la bourgeoisie. Nous voulons remettre le pouvoir entre les mains du peuple, créer la démocratie populaire, unir tous les exploités et les opprimés dans leur combat contre nos bourreaux.

    Eux, leur seul rêve est d’être appelés au pouvoir pour réprimer de toutes leurs forces ceux qui ne veulent plus être écrasés sous les chaînes de l’exploitation, ceux qui veulent mettre fin à l’oppression et à la misère.

    Ce sont des traîtres à la lutte, des ennemis du peuple, les sbires des exploiteurs !

    Ils n’ont pas leur place dans les manifestations, dans les cortèges ! Chassons-les !

  • Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Les gouvernements savent saisir la balle au bond. Ils savent utiliser des moments de crise pour réussir à faire avancer leurs projets réactionnaires. En l’occurrence, les manifestations des Gilets Jaunes et les affrontements qui ont pu avoir lieu servent d’alibis à accroître un arsenal répressif destiné à mater les mobilisations dans leur ensemble.

    La gauche rend de grands services, mais pas toujours à ceux qu’on croit. En 2016, à la suite des attentats, sous prétexte de devoir réagir rapidement, le gouvernement de l’époque, dirigé par Valls, a mis en place un système qui court-circuite la justice pour placer au centre de l’action le préfet. Les décisions d’interdiction de manifester sont désormais entre les mains d’une autorité administrative, directement sous tutelle de l’Etat, et outrepassant régulièrement ses prérogatives.

    A partir du 1er novembre 2017, l’état d’urgence est entré dans la constitution, le transformant de facto en Etat d’urgence. Gérard Collomb, lui aussi membre et ex-membre du Parti Socialiste, a été l’architecte de cette mesure. Cette inscription dans la durée d’un régime d’exception a eu pour conséquences de banaliser l’usage d’une répression à caractère préventif. Autrement dit, il est né une conception qui ne peut être résumée autrement que par le « délit d’intention ». En somme, le soupçon d’un passage à l’acte est suffisant pour qu’il puisse être retenu comme une charge.

    L’usure des forces de police, à la suite de la mobilisation inefficace des forces de l’ordre pendant la période de l’état d’urgence, a servi, là aussi, de prétexte à accorder des largesses juridiques. La police s’est blindée contre les accusations d’abus et de bavures, tout en accroissant son arsenal répressif.

    La fabrique du « casseur ».

    Hier, c’est cet arsenal qui a permis de réprimer les luttes contre la loi travail ou contre la réforme de la SNCF. Aujourd’hui, ce sont celles-ci qui permettent d’écraser le mouvement des Gilets Jaunes dans le sang.

    L’argument qui revient sans cesse est celui de la présence dans les rangs des manifestations de « casseurs ». Cet argument mérite qu’on s’y attarde un petit instant. Ces « casseurs » servent d’alibi à des lois répressives qui, en dernière analyse, mettent en péril le droit à manifester. Il est un terme qui revient sans cesse dans les rhétoriques du gouvernement pour dire aux Gilets Jaunes « ne manifestez pas », pour décourager les familles, les personnes vulnérables ou qui redoutent la violence.

    Or, cette rhétorique ne sort pas de nulle part. La fabrique du casseur, d’une image mentale de celui-ci, est en grande partie le fruit de l’influence des médias, au service des exploiteurs. Le pouvoir de l’image tout comme le pouvoir de la dénomination ont permis à ceux-ci, qui ne sont pas neutres, de forger dans l’esprit de la population une représentation de ce que peuvent être les « casseurs ». Ils ont ainsi créé une représentation de cette nébuleuse comme constituée d’individus opportunistes, utilisant les manifestations uniquement comme bouclier humain pour commettre des dégradations et des actes de violence, sans lien avec le mouvement, avec sa lutte, avec ses revendications.

    Les images des médias, même pour des individus qui se méfient de ceux-ci, frappent l’imagination. Même parmi les organisations politiques de gauche ou d’extrême-gauche, ce vocabulaire revient. Or, les vidéos qui passent en boucle sur les médias sont le fruit d’un travail d’édition. Elles ne montrent pas ce qui s’est passé avant un événement, après, ou hors champ.

    L’expérience des manifestations nous indique que, oui, il y a parfois de la casse et de la violence. Mais que dans la très large majorité des cas, celle-ci est à l’initiative des agents provocateurs des forces de l’ordre. Le plus souvent, les manifestations deviennent brutales après que la police soit passée à l’action, le plus souvent sans sommation et sans raison, autre que les ordres de semer le chaos.

    Ce qui se produit est une réaction d’autodéfense qui vise à se protéger de la police, voire parfois à répondre, du fait de la colère et du sentiment d’injustice, à la violence policière. Et ce, malgré l’immense disproportion de moyens physiques, matériels et juridiques entre les deux forces en présence. La tendance au conflit est constante, notamment vis-à-vis de la jeunesse populaire, qui ne connaît que les contrôles constants, la privation de perspectives et d’avenir, et la violence de la part de l’Etat. Mais là, également, l’origine est dans le fait que la société française génère une violence majeure.

    Il existe également des individus, politisés, qui s’attaquent à des banques, des vitrines de grands magasins, des symboles du capitalisme. Cela dans le but de générer une « propagande par le fait » et de stimuler la combativité des masses. Il ne s’agit là, encore, pas d’une violence aveugle. Les « blacks blocs » sont des individus présents dans les mouvements de luttes et qui opèrent ainsi dans le cadre de la lutte. Et, d’une manière générale, leur modus operandi répond au caractère répressif de la police.

    Il est possible d’être en désaccord avec ces pratiques, de les trouver inadaptées. C’est un débat. Nous ne justifions pas ce choix tactique, nous l’expliquons comme découlant d’une logique. En revanche, nous n’acceptons pas l’injonction de la condamnation qui est régulièrement posée par le gouvernement, les réactionnaires et les médias. Nous ne ferons pas comme Fabien Roussel, dirigeant du PCF, qui a déclaré qu’il demandait à la police d’intervenir lorsqu’il repérait des « casseurs ». Ce n’est pas notre rôle.

    En revanche, nous maintenons que, d’expérience, l’initiative de la provocation, de la violence, du conflit est dans une majorité écrasante déclenchée par la police. Chaque manifestation, ce qui est vu régulièrement, aussi pacifique soit-elle, finit sous les nuées de lacrymogènes.

    Par ailleurs, les « casseurs » ne sont qu’un alibi. Ce que vise ces lois, le cœur de leur cible, ce sont les manifestants en général, les mobilisés et mobilisées en général. Il ne s’agit pas de cibler ces chimères, mais bien de réprimer les masses populaires dans leur ensemble, et de les enfermer. 

    Quelles mesures dans la loi ?

    Cette « fabrique du casseur » à permis de justifier un très grand nombre de lois qui mettent en cause la liberté de manifester. Mais ces lois ne suffisent pas encore ! Il faut pouvoir réprimer plus, aller plus loin, frapper plus fort.

    La majorité parlementaire propose alors d’accroître ces possibilités de broyer le mouvement de contestation.

    Première mesure : le grand retour des interdictions administratives de manifester. Le préfet peut interdire une manifestation, mais également interdire à des individus précis de participer à un événenement déclaré. Cerise sur le gâteau, il est possible également d’interdire « sur la base de (…) relations régulières ». Si les fréquentations d’une personne paraissent suspectes, elle aussi peut donc être mise à l’index. Amnesty International indique que cela revient à « donner tout pouvoir aux autorités politiques ou policières pour déterminer si une personne a le droit de manifester ou pas, sur la base de suspicions extrêmement faibles ». Déja l’article 222-14-2 du code pénal, qui punit « le fait de participer sciemment à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations » est utilisé de manière extrêmement large par la répression. Le « sciemment » devient un enjeu majeur. Dans un sens, ce genre de procédure rejette à la défense la responsabilité de trouver des preuves de l’innocence ou de l’inconscience de l’interpellé.

    Il convient de rappeler que, d’ores et déjà, des Gilets Jaunes présumés passent en jugement et risquent de la prison sur la base d’interpellation arbitraires. Comme tout ou presque peut servir de pièce à conviction, il est facile de justifier à postériori les interpellations. Cela vise tout simplement à semer la terreur dans les rangs de ceux et celles qui se mobilisent, pour casser toute dynamique d’élargissement du mouvement.

    Deuxième aspect particulièrement redoutable, c’est l’aggravation de mesures déjà votées et appliquées. L’une d’entre elle est le fait de se dissimuler le visage. Elle se mue de dissimulation totale en dissimulation partielle. Elle pourrait être sanctionnée d’un an d’emprisonnement ainsi que de 15 000 euros d’amende. Amnesty International déclare :« Beaucoup de personnes se dissimulent partiellement le visage parce qu’elles souhaitent se protéger ». Tenter de se protéger contre les gaz peut donc faire l’objet de poursuites judiciaires.

    Pour peu que des manifestants souhaitent ne pas être asphyxiés, éborgnés, perdre des mains… ceux-ci peuvent être désormais arrêtés. Il faut offrir uniquement des chairs tendres, des peaux nues, aux armes des policiers.

    En somme, il faut rester chez soi et maugréer en attendant de prochaines élections. Faire le dos rond pendant que les droits sociaux partent en fumée, pendant que les salaires s’effondrent.

    Dernière mesure : l’article 3 de la loi prévoyait de créer un fichier de « casseurs ». Si cette disposition semble désormais caduque, elle est remplacée par une « inscription provisoire » des personnes interdites de manifestation dans le « fichier des personnes recherchées ».

    Tout comme les fichiers des empreintes ADN ne devaient être utilisées que pour identifier les délinquants et criminels sexuels, et sont maintenant appliqués à tous, ce système de fichier ne peut que laisser pensif.

    La loi de la terreur.

    Cette loi a déclenché l’ire de certaines forces politiques, de droite comme de gauche. L’extrême-droite, elle, a joué la carte d’une position très révélatrice : « Oui, probablement on le votera, en assurant qu’il n’est pas utilisé pour être une entrave au droit de manifester pacifiquement dans ce pays » (Marine Le Pen).

    Or, c’est littéralement le but de cette loi. Le RN a toujours été en faveur des lois qui permettent l’écrasement des mouvements sociaux ou de contestation, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de leur programme. Au lieu de hurler hypocritement, les apprentis-fascistes devraient applaudir Macron et ses laquais.

    Il est difficile d’accorder aux partis de droite le moindre crédit et la moindre sincérité dans leur protestation. Cependant, des exclamations extrêmement vigoureuses ont été prononcées.  « Mais où sommes-nous, mes chers collègues ? » a-t-il lancé. « C’est la dérive complète ! On se croirait revenu sous le régime de Vichy ! » a ainsi déclaré Charles de Courson, député centriste. Jacques Toubon, défenseur des droits, a également attaqué cette loi pour son caractère liberticide.

    Sur les rangs de l’Assemblée, la France Insoumise a également protesté, déclenchant un conflit entre députés, du fait d’insultes de la part d’une députée LREM.

    Le fait que cette loi passe ne fait que confirmer une sombre constatation que nous avions faite dès avant l’élection de Macron. La politique kamikaze de Macron jette dans la rue des pans entiers de la société. Cela s’aggravera encore avec l’application de la « loi alimentation » qui frappera les ménages les plus précaires. Ne pouvons céder un pouce de terrain, tenus par les injonctions de ses donneurs d’ordres de la grande bourgeoisie, le gouvernement ne peut que tenter d’étouffer la colère sous les coups et les tirs.

    En empêchant les manifestations de se tenir, en usant de la répression à tout va, la direction politique de l’Etat produit, au contraire, une tendance au conflit encore plus marquée. D’une part car la colère populaire trouvera toujours un échappatoire sous une forme ou une autre, de l’autre car la police et la justice seront réduit à user toujours plus de la violence.

    Déja, des armes à feu classiques et des blindés ont été déployés. Déja, des policiers ont sorti leurs armes de service pour viser la foule. Fatalement, si cette logique se poursuit, cela se traduira non seulement par plus de blessés, mais également par une hausse du nombre de morts, tués par balles, comme cela pouvait être le cas jusqu’au début des années 1960.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce cette loi dangereuse et criminelle. Elle considère en revanche que celle-ci démasque intégralement la nature du régime dans lequel nous vivons : antidémocratique, antipopulaire, réactionnaire. Nous ne cesserons pas notre présence aux manifestations et nous appelons les Gilets Jaunes ainsi que les autres mobilisés à ne pas céder à cette politique de terreur.

    Soyons soudés, unis, solidaires, et nous triompherons de tout !

  • Un important week-end révolutionnaire à Berlin. – Communiqué commun UCL & UPML –

    Un important week-end révolutionnaire à Berlin. – Communiqué commun UCL & UPML –

     

    Un important week-end révolutionnaire à Berlin.

    – Communiqué commun UCL & UPML –

     

    L’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste ont participé conjointement à deux événements d’importance, le week end du 11-13 janvier, à Berlin.

    D’une part, nous avons défilé pour commémorer le centième anniversaire de l’assassinat de Karl Liebknecht et de Rosa Luxembourg. D’autre part, nous avons participé au 50ème anniversaire de la construction du MLPD.

    La mairie de Berlin a fait interdire le meeting à l’endroit prévu, en prétextant des questions techniques. Ces manœuvres de la part des bourgeois et des réactionnaires se sont multipliés ces derniers temps. Elles ne sont, finalement, qu’une couronne de fleurs adressée aux militants et militantes du MLPD. L’Etat Allemand reconnaît que cette organisation est une nuisance suffisante pour l’entraver.

    Mais en seulement 2 jours, une autre salle a pu être réservée où des centaines de personnes ont pu suivre le programme enthousiasmant avec l’intervention de la présidente Gabi Fechtner, le spectacle autour de la révolution de Novembre, monté par l’organisation de jeunesses REBELL et les contributions des nombreux représentants d’organisations révolutionnaires internationales.

    L’anniversaire de 50 ans de construction du Parti en Allemagne a été l’occasion pour celui-ci de présenter sa liste « Alliance internationaliste » pour les élections européennes. Pour le MLPD, les élections européennes sont une manière de pouvoir s’exprimer sur la question de l’alliance impérialiste qu’est l’Europe, mais également de dénoncer la prétendue démocratie bourgeoise.

    On a appris les menaces fascistes proférées à l’encontre de plusieurs membres du MLPD,  Les fascistes reconnaissent que le MLPD est un ennemi implacable de leurs thèses et de leurs tentatives pour reconstituer leur « paradis perdu ».

    Ces intimidations n’ont jamais fait fléchir les communistes, qui bénéficient du soutien populaire. Elles ne feront pas plier nos camarades Allemands, ni leur organisation de jeunesse REBELL.

    Le lendemain, la manifestation Luxembourg, Liebknecht, Lénine, s’est tenue avec 15 000 participants. Nous avons défilé, drapeaux au vent, , aux côtés des membres de l’ICOR, vêtus du Gilet Jaune, en solidarité avec la lutte sociale en France. Sous la pluie battante, nous sommes allés rendre hommage sur la tombe construite pour honorer la mémoire des dirigeants du mouvement Spartakiste.

    En 1918, le peuple Allemand, soulevé contre la guerre, à chassé l’Empereur Guillaume II et a proclamé la République. Seulement, cette République demeurait entre les mains des grands industriels, des grands propriétaires fonciers. C’était une République d’exploiteurs et d’oppresseurs, construite pour perpétuer cette exploitation, cette oppression. Tous n’ont pas accepté que cela en reste là. Mobilisés, en armes, les ouvriers, les paysans, les soldats se sont dressés, suivant l’exemple d’octobre 1917 en Russie, pour construire une République démocratique et populaire, pour que non seulement l’Empire, mais également le capitalisme s’effondre.

    L’ensemble des partis bourgeois se sont dressés, soutenus pas les Alliés, pour écraser cette révolution socialiste naissance dans le feu et dans le sang. En assassinant Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, les meurtriers pensaient détruire la révolution prolétarienne et socialiste. Ils n’ont contribué qu’à rendre immortels les Spartakistes, à les faire rentrer dans l’histoire. À faire qu’ils rejoignent un passé commun, une expérience commune, dont nous saurons tirer le meilleur. Surtout, ils se sont tous disqualifiés aux yeux de l’humanité entière comme des ennemis du peuple, comme des bourreaux et des assassins n’apportant que la misère, la famine, la guerre et la mort.

    La Révolution Allemande nous apporte des enseignements tragiques. L’extermination des révolutionnaires par la Sociale-Démocratie Allemande a montré quelle confiance il était possible d’accorder dans la « gauche » traître et tourne-casaque que sont les réformistes.

    La volonté révolutionnaire des masses populaires, surtout de la classe ouvrière ne manquait pas contrairement au besoin terrible, immense, de l’organisation politique d’avant-garde, du Parti. Face à un ennemi impitoyable et organisé, nous n’avons pas d’autres choix que d’être organisés pour être efficace, pour parvenir à remplir nos objectifs.

    Nous ne fantasmons pas sur le Parti par fétichisme malsain. C’est parce qu’il est nécessaire que nous devons consacrer nos forces à le fonder. Il est l’outil incontournable qui peut permettre de mobiliser et d’organiser les masses contre la dictature orchestrée par la grande bourgeoisie, au travers de son État. Or, cet outil ne peut s’improviser. Il ne peut sortir soudain par magie. Il demande un travail conséquent, important.

    Nous ne sommes pas des romantiques qui rêvons au grand soir. Nous ne voulons pas rêve à la société parfaite, nous voulons la construire. Notre état d’impuissance, à l’heure actuelle, notre faiblesse, notre désorganisation nous est insupportable. Nous voulons quitter ce temps des sectes en guerre les unes contre les autres, nous voulons avancer !

    Pour commencer, nous voulons construire une alliance des révolutionnaires !

    Nous pensons qu’en tant qu’organisations communistes présentes dans l’Etat français, nous avons un rôle à jouer. Dans la lutte actuelle, dominée par le combat des Gilets Jaunes, les organisations communistes ont joué un rôle nettement insuffisant. Le mouvement des Gilets Jaunes, par sa nature spécifique, pose des questions politiques : Dans quel régime vivons-nous ? Quelle démocratie voulons-nous ? Le peuple peut-il prendre le pouvoir sous la capitalisme?

    Ces questions, seuls les communistes peuvent y répondre de manière conséquente, sans tomber dans l’économisme ou le réformisme. Mais, à l’heure actuelle, notre capacité à défendre des positionnements politiques n’est pas à la hauteur de la tâche qui nous incombe. C’est un fait que, d’une manière générale, nous pouvons tous déplorer. Cependant, la situation demeure.

    Nous avons une responsabilité immense entre les mains. Nous devons nous montrer à la hauteur de celle-ci. Nos organisations ont la taille qu’elles ont, mais cela ne remet pas en cause la légitimité de notre démarche. Nous voulons tendre la main à ceux et celles qui se revendiquent, comme nous, du communisme, de la révolution prolétarienne, de la volonté de construire le socialisme.

    Nous voulons nous rencontrer, nous connaître les uns les autres, nous parler. Mais surtout pouvoir nous exprimer d’une seule et même voix. Que la position des communistes puisse être connue et reconnue dans les luttes, dans les combats. Nous proposons que naisse une alliance des révolutionnaires, qui puisse porter les mêmes positions, le même message.

    Ce n’est qu’une étape. Mais elle est une étape essentielle.

     

    Nous voulons faire vivre l’ICOR en France !

    Nos deux organisations sont membres de l’ICOR en France. Nous ne sommes pas seuls en France. Les amis de l’ICOR, les militants et militantes d’organisations étrangères membres de l’ICOR, mais également ceux et celles qui veulent s’investir dans la coordination internationale existent. Dans le but de nous rassembler, de relayer les campagnes internationales, de créer les liens et la solidarité, nous initierons prochainement un Comité ICOR-France.

    Nous invitons ceux et celles qui veulent participer à la création de ce comité à prendre contact avec nous. Nous invitons les organisations qui luttent contre l’impérialisme français, contre le colonialisme et le néo-colonialisme à se mettre en lien avec nous, que nous puissions avancer ensemble, contre le même oppresseur : la grande bourgeoisie de France, l’impérialisme français et ses alliés européens et internationaux.

    Nous savons qu’un long travail nous attend, semé d’embûches. Cependant, l’exemple du MLPD, l’exemple de l’ICOR et des partis communistes combatifs qui la compose, l’exemple de l’histoire des luttes ouvrières, nous donne confiance. Nous savons qu’il est possible d’avancer, de grandir, de triompher.

    Avançons ensemble pour la construction du Parti Communiste !

     Avançons ensemble pour que naisse l’alliance révolutionnaire !

    Avançons ensemble pour que naisse l’ICOR en France !

    Vive la lutte ! Vive le communisme !