Auteur/autrice : unitecommuniste

  • L’appel de Saint-Nazaire

    L’appel de Saint-Nazaire

    Au sein de l’Unité Communiste de Lyon, nous avons regardé avec attention l’évolution du mouvement des Gilets Jaunes. Nous considérons que l’appel de Saint-Nazaire représente une étape importante dans sa structuration et dans son inscription dans la durée. Ces paragraphes nous paraissent fondamentaux.

    L’Assemblée des assemblées appelle à élargir et renforcer les assemblées citoyennes souveraines et de nouvelles. Nous appelons l’ensemble des Gilets jaunes à diffuser cet appel et les conclusions des travaux de notre assemblée.

    (…)

    Nous lançons plusieurs appels, sur les européennes, les assemblées citoyennes populaires locales, contre la répression et pour l’annulation des peines des prisonniers et condamnés du mouvement. Il nous semble nécessaire de prendre un temps de trois semaines pour mobiliser l’ensemble des Gilets jaunes et convaincre celles et ceux qui ne le sont pas encore. Nous appelons à une semaine jaune d’action à partir du 1er mai.


    Nous invitons toutes les personnes voulant mettre fin à l’accaparement du vivant à assumer une conflictualité avec le système actuel, pour créer ensemble, par tous les moyens nécessaires, un nouveau mouvement social, écologique, populaire. La multiplication des luttes actuelles nous appelle à rechercher l’unité d’action.


    Nous saluons cet appel et nous le reproduisons. Nous considérons qu’une étape est désormais franchie dans la lutte. A nous tous de lui donner corps. V

    Vive la lutte populaire ! Vive les Assemblées Populaires !

    Réunie du 5 au 7 avril à Saint-Nazaire, l’Assemblée des assemblées des Gilets jaunes a adopté dimanche 7 un appel final. En voici le texte.

    « Nous Gilets jaunes, constitués en assemblées locales, réunis à Saint-Nazaire, les 5, 6 et 7 avril 2019, nous adressons au peuple dans son ensemble. À la suite de la première assemblée de Commercy, environ 200 délégations présentes poursuivent leur combat contre l’extrémisme libéral, pour la liberté, l’égalité et la fraternité.

    Malgré l’escalade répressive du gouvernement, l’accumulation de lois qui aggravent pour tous les conditions de vie, qui détruisent les droits et libertés, la mobilisation s’enracine pour changer le système incarné par Macron. Pour seule réponse au mouvement incarné par les Gilets jaunes et autres mouvements de lutte, le gouvernement panique et oppose une dérive autoritaire. Depuis cinq mois partout en France, sur les ronds-points, les parkings, les places, les péages, dans les manifestations et au sein de nos assemblées, nous continuons à débattre et à nous battre, contre toutes les formes d’inégalité et d’injustice et pour la solidarité et la dignité.

    Nous revendiquons l’augmentation générale des salaires, des retraites et des minima sociaux, ainsi que des services publics pour tous et toutes. Nos solidarités en lutte vont tout particulièrement aux neuf millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Conscients de l’urgence environnementale, nous affirmons, fin du monde, fin du mois, même logique, même combat.

    Face à la mascarade des grands débats, face à un gouvernement non représentatif au service d’une minorité privilégiée, nous mettons en place les nouvelles formes d’une démocratie directe.

    Concrètement, nous reconnaissons que l’assemblée des assemblées peut recevoir des propositions des assemblées locales, et émettre des orientations comme l’a fait la première assemblée des assemblées de Commercy. Ces orientations sont ensuite systématiquement soumises aux groupes locaux. L’Assemblée des assemblées réaffirme son indépendance vis-à-vis des partis politiques, des organisations syndicales et ne reconnaît aucun leader autoproclamé.

    Pendant trois jours, en assemblée plénière et par groupes thématiques, nous avons tous débattu et élaboré des propositions pour nos revendications, actions, moyens de communication et de coordination. Nous nous inscrivons dans la durée et décidons d’organiser une prochaine Assemblée des assemblées en juin.

    Afin de renforcer le rapport de forces, de mettre les citoyens en ordre de bataille contre ce système, l’Assemblée des assemblées appelle à des actions dont le calendrier sera prochainement diffusé par le biais d’une plateforme numérique.

    L’Assemblée des assemblées appelle à élargir et renforcer les assemblées citoyennes souveraines et de nouvelles. Nous appelons l’ensemble des Gilets jaunes à diffuser cet appel et les conclusions des travaux de notre assemblée. Les résultats des travaux réalisés en plénière vont alimenter les actions et les réflexions des assemblées.

    Nous lançons plusieurs appels, sur les européennes, les assemblées citoyennes populaires locales, contre la répression et pour l’annulation des peines des prisonniers et condamnés du mouvement. Il nous semble nécessaire de prendre un temps de trois semaines pour mobiliser l’ensemble des Gilets jaunes et convaincre celles et ceux qui ne le sont pas encore. Nous appelons à une semaine jaune d’action à partir du 1er mai.

    Nous invitons toutes les personnes voulant mettre fin à l’accaparement du vivant à assumer une conflictualité avec le système actuel, pour créer ensemble, par tous les moyens nécessaires, un nouveau mouvement social, écologique, populaire. La multiplication des luttes actuelles nous appelle à rechercher l’unité d’action.

    Nous appelons à tous les échelons du territoire à combattre collectivement pour obtenir la satisfaction de nos revendications sociales, fiscales, écologiques et démocratiques. Conscients que nos avons à combattre un système global, nous considérons qu’il faudra sortir du capitalisme. Ainsi nous construirons collectivement le fameux « tous ensemble » que nous scandons et qui rend tout possible. Nous construisons tous ensemble à tous les niveaux du territoire. Ne nous regardez pas, rejoignez-nous. Le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple. »

  • Quelle situation pour le mouvement des Gilets Jaunes ?

    Quelle situation pour le mouvement des Gilets Jaunes ?

    Depuis maintenant 21 semaines, le mouvement des Gilets Jaunes se poursuit et continue d’être le centre de gravité des luttes sociales en France.Il s’agit d’un mouvement d’ampleur d’une durée incomparable avec ce qui a pu être connu sous la Cinquième République.

    Ce mouvement possède une double nature : il est un mouvement social, un mouvement possédant des revendications économiques, relatives au niveau de vie, au salaire, aux impôts et aux taxes. 
    Mais il est également un mouvement politique au sens premier du terme, en ce sens qu’il porte des revendications qui concernent le fonctionnement du régime, de la démocratie bourgeoise, du pouvoir d’Etat. 

    À ce titre, il s’inscrit dans une continuité avec d’autres mouvements politisants, tel que les indignés, ou nuit debout. Cependant, la classe sociale qui l’anime n’est pas la même. Les premiers mouvements étaient surtout organisés par la petite bourgeoisie urbaine, intellectuelle. Les Gilets Jaunes, quant à eux, possèdent une base populaire, prolétarienne et ouvrière.

    Les 21 semaines de lutte ont été pour des pans entiers de la population, un véritable bassin révélateur. Elles ont démasqué le caractère dictatorial du régime dans lequel nous vivons, régime au service de la grande bourgeoisie monopolistique.

    Elles ont démasqué la nature de l’Etat, nature de classe au service des exploiteurs et des oppresseurs.Ces semaines de lutte ont également démasqué le rôle de la police, comme agent de la répression des masses, comme agent de la protection des intérêts des puissants. Elles ont pour, finir, démasqué le rôle des médias bourgeois comme fer de lance de la propagande anti-populaire.

    Ce mouvement a brisé les mythes d’un « exceptionnalisme » démocratique dont la France serait championne.

    À l’inverse, les tendances réactionnaires, fortes au départ, appuyées par certaines organisations -comme le Bastion Social ou l’Action Française- ou par des tribuns réactionnaires -à l’exemple de Wauquiez- ont progressivement renoncé, été mis en minorité ou éjectés. 
    Il est aussi une fantastique expérience politique et démocratique. Les ronds-points, les assemblées populaires, les assemblées des assemblées forment une expérience de la démocratie populaire, une expérience de la prise de décision, de l’application de celle-ci. Une expérience de la liberté, fondamentalement. À l’inverse, ce mode de fonctionnement à permis de détacher les opportunistes, les électoralistes, les parasites-sectaires du mouvement, qui voulaient le détourner, l’enfermer vers des voies électoralistes, ou même le solder pour compte dans l’intérêt de leur organisation. Cette expérience immense doit décanter pour renforcer la capacité des mouvements de lutte à avancer et à être plus efficaces. 

    Certaines organisations -y compris parmi celles se revendiquant du communisme- ont été dépassées par la question politique au sein du mouvement.Ou elles ne l’ont pas comprise, en ne voyant dans ce mouvement qu’une simple force d’appui des luttes économistes et syndicales, ou elles ont carrément été effrayées par le développement politique interne, essayant même de le combattre. Dans les deux cas, même à leur corps défendant, ces organisations ont joué un rôle réactionnaire : elles ont lutté contre l’approfondissement du mouvement et ont travaillé à freiner la conscientisation politique. 

    Les organisations sont passées également par un processus de décantation. Celles qui sont restées à l’écart du point central de la lutte des classes ont été marginalisées, tandis que celles qui se sont investies dans ces questions en ressortent renforcées, au minimum en termes d’expérience.

    Nous considérons que notre rôle est, au contraire, l’inverse : permettre un approfondissement politique, en appuyer les tendances du mouvement qui défendent la nécessite de la faire sur des bases progressistes, et, au contraire, mener une lutte -avec elle- contre le développement de tendances réactionnaires et liquidatrices.

    Notre position est synthétisée dans le Manifestedu Parti communiste.

    Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers.

    Ils n’ont point d’intérêts qui les séparent de l’ensemble du prolétariat.

    Ils n’établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier.

    Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : 1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat. 2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.

    Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.

    La fin générale, nous, nous ne la percevons pas comme devant être guidée vers les urnes, vers la soumission à un autre laquais de la bourgeoisie, qui n’aurait comme avantage par rapport à Macron que l’unique fait d’être un peu plus consensuel.


    Notre fin générale, elle est dans l’avancée vers le pouvoir populaire.

    Le poids de l’usure. 

    Après autant de temps, cependant, il est indéniable qu’une certaine usure est apparue dans le mouvement des Gilets Jaunes. D’une manière générale, deux tendances apparaissent au sein du mouvement 
    Une tendance au découragement, du fait de la brutalité avec laquelle répond le gouvernement, du fait de son absence de réaction face aux revendications qui ont été avancées par ceux et celles qui combattent et qui manifestent depuis 150 jours.

    De l’autre, une tendance à l’approfondissement du mouvement, à sa structuration, impulsée notamment par Commercy hier, par Saint-Nazaire aujourd’hui. Lyon a été également parmi les pionniers, en impulsant les Assemblées Populaires. 

    Le gouvernement fait tout pour que la première tendance soit dominante. Il veut liquider au plus vite le mouvement des Gilets Jaunes. Par la propagande mensongère, par le déni de l’existence du mouvement, mais aussi par la force brute et l’intimidation. Mais cette brutalité n’est pas un signe de force, mais bien de faiblesse, pour un gouvernement qui doit recourir au mensonge constamment. 

    En revanche, il fera également tout pour que la deuxième soit marginale. Il veut liquider ce mouvement, car il prévoit d’autres attaques, terribles, contre tous les secteurs de la société. Il sait que ces attaques entraîneront des réactions vives, mais qu’il espère canaliser, en comptant sur le fait qu’elles restent isolées, tandis que les forces mobilisables seront épuisées et usées par un conflit de grande durée. 

    Le gouvernement est sommé par ses commanditaires de la grande bourgeoisie d’avancer dans les réformes à marche forcée. Cet empressement, reflet notamment de l’angoisse de la crise qui étreint cette grande bourgeoisie, fait qu’il ne peut attendre patiemment que les luttes s’éteignent avant d’allumer un nouvel incendie. Et ses objectifs sont immenses. Ils sont synthétisés dans le document CAP 2022. 

    Déjà, la réforme Blanquer est en marche, ayant pour objectif de rationaliser le nombre d’établissements scolaires et de réduire le nombre de personnels enseignants. Elle prépare également la voie à la privatisation générale de l’enseignement, maternelle, primaire et secondaire. 

    À sa suite s’accumulent un grand nombre de projets dans la même veine : réduire les services publics, réduire les dispositifs de solidarité, faire de la santé, de l’éducation, du transport des marchés offerts à leurs commanditaires. Et, comble, certaines ont été intégrées comme proposition du grand débat ! Une manière de faire plébisciter aux masses l’instrument même de l’aggravation de leur situation. 

    Il est certain que des luttes syndicales vont naître prochainement du fait de la mise en place de ce programme. Il se pose la question cruciale de savoir s’il sera possible d’unifier les forces qui luttent ou si elles continueront à rester séparer les unes des autres. Il se pose la question cruciale de savoir s’il sera possible d’unifier les forces qui luttent ou si elles continueront à rester séparer les unes des autres. C’est une question dont la réponse n’est pas définie. 

    En tant qu’organisation politique, nous appelons à ce que les barrières entre les luttes soient abolies, qu’elles puisse -non pas seulement « converger »- mais faire naître une synthèse, marcher ensemble, comme un seul front, un seul rang. 

    Nous pensons qu’à l’heure actuelle, il existe le cadre qui permette de pouvoir réaliser cette synthèse des luttes. Ce cadre est celui des Assemblées Populaires. Toutes les forces combattant avec résolution et sincérité contre la politique gouvernementale ont leur place en son sein.

    Déjà, des liens se tissent grâce à son activité, elle a permis, sur Lyon, plusieurs actions communes et concrètes depuis le début du mouvement. Que ce soit des actions rassemblant écologistes, syndicats, étudiants et étudiantes, membres du corps enseignant… Elles se poursuivent et se systématiseront.

    Les lieux de débat et de prise de décisions communes doivent être renforcés. L’Unité Communiste de Lyon considère que l’accroissement de l’influence des Assemblées Populaires est fondamental dans la poursuite d’une lutte de longue durée contre la politique du gouvernement. 

    L’Unité Communiste de Lyon appelle également à renforcer les organisations combatives qui luttent politiquement, syndicalement, mais également par l’autodéfense, contre les attaques des exploiteurs et de leurs agents provocateurs fascistes. 

    La contre-offensive qui vient.


    Pour le moment, la mobilisation demeure stable. Elle incarne une véritable lame de fond qui secoue les masses populaires. Nous pensons que ceux et celles qui veulent l’utiliser pour leurs intérêts électoraux, qui essaient de la subordonner en catimini seront engloutis par le torrent que la colère populaire représente. 

    Il n’est pas possible, cependant, de ne pas évoquer la question de l’avenir et d’un reflux possible du mouvement des Gilets Jaunes. Nous devons prendre en considération l’approche des élections européennes, qui forment, comme toutes les élections, une diversion et une chape de plomb, mais aussi de l’été.

    Le mouvement des Gilets Jaunes a généré, de fait, une opposition aux différentes formes d’expression de l’idéologie bourgeoise et petite-bourgeoise. Cet espace gagné aux idées de pouvoir populaire et prolétarien est intolérable pour la bourgeoisie. Il n’est pas possible pour elle de laisser, même dans le reflux, les choses en l’état. Elle doit regagner cet espace perdu par une contre-offensive idéologique.

    Au reflux fera suite la répression, sous des formes potentiellement encore plus aigües qu’aujourd’hui, notamment dans les réquisitions des procureurs. Mais à la répression fera également suite une phase de réaction. 

    Cette phase de réaction avait été déjà tentée au travers de l’affaire Finkielkraut, qui, derrière le vernis louable de la lutte contre l’antisémitisme, ouvrait, en réalité, une boîte de Pandore. La boîte de Pandore de l’opposition entre musulmans et juifs, permettant aux discours les plus réactionnaires et les plus agressifs de s’exprimer. Discours qui se traduisent également par des intégrations de thèses ultra-réactionnaires dans les programmes électoraux. 

    Ainsi, nous avons pu constater que les thèses identitaires sont maintenant répercutées dans le programme des Républicains, mais, également, même, dans des organisations issues de la gauche. La création de « République Souveraine » par l’ancien porte-parole de la France Insoumise, Djordje Kuzmanovic, illustre cela. Nous reviendrons d’ailleurs sur cette création à l’occasion d’une autre publication.

    L’affaire Finkielkraut à fait long feu, mais il est impensable que la bourgeoisie ne relance pas un coup de boutoir réactionnaire. Car, au-delà de la question des mouvements se pose également une question politique fondamentale. Il est clair que la destruction des droits économiques se traduira également, mécaniquement, par des attaques sur les droits démocratiques et politiques. 

    A moyen-long terme, il se profile une question, derrière le gouvernement LREM, qui ne sera jamais réélu, qui est un gouvernement à usage unique, missile téléguidé contre les droits sociaux. Cette question est celle du successeur qui sera adoubé par la grande bourgeoisie pour parachever le travail de liquidation de tout ce que les luttes du XIXe et du XXe siècle ont arraché. 

    Au travers des appels du pied que se font les uns et les autres, des tractations, des imitations de programme, ce qui apparaît, à l’horizon, est la question de la droite élargie. Ce cartel des droites, réunissant les notables des Républicains, les orateurs du RN/FN, les nervis fascistes du Bastion Social, de Génération Identitaire ou de l’Action Française, se dessine. Il est ce qui semble être la réponse la plus cohérente de la part de la grande bourgeoisie au climat de tension sociale prévisible à la suite de la destruction du niveau de vie, mais également des risques de conflits internationaux. 

    Nous avons pu voir des ponts se lancer, déjà, d’un côté à l’autre des deux rives de la droite.

    La grande bourgeoisie monopoliste a toujours choisi comme héraut des groupes qu’elle jugeait les plus aptes à défendre cet intérêt le mieux possible. Cependant, avec l’aggravation des tensions, il n’est pas exclu qu’elle fasse un choix plus dur, plus brutal pour les protéger au mieux.

    L’Unité Communiste de Lyon considère qu’il faut regarder avec sérieux l’apparition de ce pôle politique ultra-réactionnaire. Même la dissolution possible de Génération Identitaire, qui peut être perçue comme une victoire, peut paradoxalement permettre à celle-ci de renaître sous une forme compatible avec une ligue ultra-réactionnaire.

    Nous considérons que face au triptyque Reflux-Répression-Réaction nous devons développer la nôtre : Organiser-unifier-consolider qui permette de transformer la victoire morale du mouvement des Gilets Jaunes et des luttes sociales et écologiques en victoire durable. 

    La meilleure manière de conjurer cette menace est par le renforcement des luttes, mais également par le renforcement du camp populaire et des organisations communistes révolutionnaires partout où elles sont. Nous appelons à l’unité et au travail commun pour être préparés à faire face aux questions qui s’imposeront à nous dans les années futures.


    Ensemble, construisons la réponse politique aux projets de la bourgeoisie !

  • Sur le mouvement des Gilets Jaunes en France – Le point de vue de l’International League of People Struggle. (ILPS)

    Sur le mouvement des Gilets Jaunes en France – Le point de vue de l’International League of People Struggle. (ILPS)


    Par le professeur Jose Maria Sison
    Président de l’International League of People Struggle.
    Le 19 mars 2019

    Le professeur José Maria Sison, président de la Ligue internationale de la lutte des peuples (ILPS), compare favorablement le mouvement français des Gilets Jaunes  » aux manifestations de masse de mai 1968 en France, notamment en ce qui concerne le militantisme et l’opposition à l’establishment capitaliste « . Il explique que les manifestants en gilet jaune  » bénéficient du soutien des larges masses populaires  » qui condamnent le banquier néolibéral français devenu président, Emmanuel Macron. Alors que le mouvement « souffre du même caractère populiste excessivement horizontaliste » et de l’absence de direction prolétarienne révolutionnaire, Sison souligne que « le mouvement des Gilets Jaunes est le bienvenu et digne d’éloges, pour avoir accepté les revendications justes de la classe ouvrière et de la classe moyenne, et exposé les graves maux du système capitaliste oppresseur et exploiteur au pouvoir« . Le texte intégral de la déclaration du président de l’ILPS suit.

    Le 17 novembre 2018, 300 000 personnes de la classe ouvrière et de la classe moyenne, principalement des banlieues et des zones rurales de France, se sont mobilisées lors de manifestations de masse. Leur but était de protester contre la hausse des taxes sur les carburants et la hausse des prix des carburants. Comme symbole de ralliement, ils portaient la veste jaune pour signaler leur détresse économique et sociale. Ils avaient été inspirés par une pétition en ligne signée par près d’un million de personnes.


    Dix-huit manifestations de masse, centrées à Paris et organisées dans tout le pays, ont éclaté jusqu’à la dernière du 16 mars 2019 surnommée « L’Ultimatum ». Les justes revendications du mouvement des Gilets Jaunes se sont étendues de la baisse des taxes sur les carburants à la réintroduction de l’impôt de solidarité sur la fortune, l’augmentation du salaire minimum, l’expansion des services sociaux, la mise en place de référendums d’initiative citoyenne et la démission du président Macron et [la fin de] son régime.

    Le régime Macron a réagi d’une main de fer en lançant des attaques physiques, réalisées par la police, contre les manifestants. Ces attaques ont été faites à l’aide de canons à eau, de grenades lacrymogènes, de flashball et de charges à la matraque. Il est juste que les manifestants aient riposté en utilisant des bâtons, des pavés, des barrages de voitures, par le contrôle des routes et des ronds-points, par la destruction des caméras de surveillance de la circulation, par l’incendie des voitures chères des grands bourgeois et par des invasions de restaurants et de magasins de la classe supérieure.

    Les manifestants en gilet jaune bénéficient du soutien des larges masses, qui condamnent Macron. Macron, le banquier d’affaires devenu président, promoteur et exécutant de la politique néolibérale qui favorise la grande bourgeoisie et ses cadres les mieux payés au détriment des travailleurs et des populations rurales. Ils sont enragés par le recours à la violence policière lors des actions de masse et par les fausses promesses faites par Macron avant et après chaque action de masse.

    Le mouvement des gilets jaunes a influencé des mouvements de masse similaires en Europe et ailleurs dans le monde, dont les participants portent le gilet jaune et soulèvent des revendications contre les politiques fiscales et d’exploitation du gouvernement grand-bourgeois. La plupart des mouvements influencés par les Gilets Jaunes ont un caractère positif [le terme employé était intraduisible, NdT] et progressiste dirigé contre les politiques d’exploitation des gouvernements bourgeois. Mais quelques-uns se sont dirigés contre les travailleurs migrants et d’autres qui ne sont pas liés à la bourgeoisie monopoliste.

    Le mouvement des Gilets Jaunes peut être favorablement comparé aux manifestations de masse de mai 1968 en France, notamment en ce qui concerne le militantisme et l’opposition à l’establishment capitaliste. Mais elle souffre du même caractère populiste excessivement horizontaliste et du manque de leadership d’un parti révolutionnaire du prolétariat. Il peut également être comparé à l’Occupy movement de mémoire récente, qui a bénéficié d’un soutien populaire pendant un certain temps. Mais cela s’est évanoui par manque de leadership de la part d’un parti révolutionnaire du prolétariat.

    Quoi qu’il en soit, un phénomène tel que le mouvement des Gilets Jaunes est le bienvenu et digne d’éloges pour avoir accepté les justes revendications de la classe ouvrière et de la classe moyenne et exposé les graves maux du système capitaliste oppressif et exploiteur au pouvoir. Elle montre qu’il existe une large et profonde base de mécontentement social et de résistance que le parti révolutionnaire marxiste-léniniste du prolétariat peut utiliser pour gagner la bataille pour la démocratie et viser à la révolution socialiste.

    [NdT : L’ILPS est une ligue internationale d’organisations issues principalement de pays dominés par l’impérialisme. Elle est centré notamment autour du Parti Communiste des Philippines (CPP) qui mène depuis 50 ans maintenant la guerre populaire prolongée pour lutter contre la domination des Philippines et contre les pouvoirs réactionnaires qui se sont succédés. 

    L’ILPS et l’ICOR ont participé à plusieurs initiatives conjointes par le passé, et contribuent, l’une et l’autre, à ce qu’une reconfiguration majeure des relations entre organisations – et entre ligues d’organisations – naisse. 

    Le texte suivant illustre l’intérêt qui est porté, y compris depuis l’autre côté de la planète, pour les luttes menées par les prolétaires dans les pays impérialistes. Nous remercions le Pr. José Maria Sison de sa contribution au débat sur le mouvement social en France.

    Les regards extérieurs sur notre situation nationale nous mettent également en face de nos responsabilités, en tant que communistes. Ils contribuent à nous faire prendre conscience de la nécessité du Parti non comme un fétiche, comme un luxe, mais comme une étape fondamentale vers la possibilité de mettre fin à l’exploitation et à l’oppression. 

    Les situations de lutte extrêmement difficiles dans lesquelles doivent travailler certaines organisations doivent également être un
    memento mori qui nous rappelle constamment qu’il n’existe aucune barrière étanche dans la manière dont la répression se déroule dans les Etats ultra-réactionnaires et ici. La répression bourgeoise est aussi le fruit d’un processus dialectique, et rien ne fait obstacle de manière infranchissable au développement, dans le cadre d’une aggravation de la situation, d’une répression de type fasciste-terroriste en France. ]

  • Révolutionnaires, internationalistes, marchons ensemble le 1er mai !

    Révolutionnaires, internationalistes, marchons ensemble le 1er mai !

    Ce 1er mai, journée internationale des travailleurs et des travailleuses, doit être sous le signe de la combativité et de la solidarité ! L’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste Léniniste, toutes deux membres de l’ICOR, appellent à la constitution, à Lyon, d’un cortège révolutionnaire et internationaliste.

    Révolutionnaire, car le capitalisme et l’impérialisme ne sont pas amendables, ne sont pas réformables. Les Etats capitalistes et impérialistes sont des parodies de démocratie. 

    Internationaliste, car nous ne sommes pas seuls, partout dans le monde, les masses opprimées et exploitées rejettent leurs chaînes. Nous formons un seul front de lutte international, dans lequel les victoires et les défaites des uns sont également celles des autres. 

    Nous appelons les organisations et les individus qui défendent ces deux points fondamentaux à se joindre à nous et à renforcer ce cortège. Cette année est une année de combat ! Nous voulons juguler la dispersion qui caractérise la situation des forces combatives à l’heure actuelle. Nous pensons que la situation sociale -et par extension politique- nous pousse à devoir serrer les rangs, unir nos forces. 

    Ce cortège n’est pas une fin en soi, il est un point, pour que nous nous reconnaissions mutuellement comme partageant des objectifs, des principes, une volonté de triompher de l’ordre capitaliste et impérialiste. D’autant que cet ordre nous mène une lutte constante et impitoyable. 

    Le poids de la crise économique se fait sentir. La menace d’un second choc aiguillonne encore davantage les angoisses des exploiteurs.

    Ici, elles imposent un programme de liquidation des droits sociaux dans leur ensemble, elles préparent un avenir de misère, de précarité, de pauvreté. Ces attaques, aujourd’hui sur les aspects économiques de la vie des masses, ont jeté dans la rue des pans entiers de la société. Ces luttes immenses n’ont eu d’autres réponses qu’un resserrement des libertés démocratiques et politiques. 

    Ailleurs, notre impérialisme maintient d’une poigne de fer des régions entières du monde sous sa domination. Pour extraire le maximum de profits, les grands monopoles économiques, les cartels, organisent des élections truquées, des coups d’état, des guerres civiles. 

    Les élections européennes vont bientôt dominer la scène politique. Elle attise les convoitises des organisations qui ne vivent que par et pour les élections. Elle réveille également ceux qui veulent faire endosser à l’UE la responsabilité de tous les maux qui nous frappent. 

    Nous considérons que l’UE est une alliance d’impérialismes, elle ne peut changer de nature et devenir une union progressiste. Elle est une alliance dans laquelle l’impérialismes français et allemand, au premier chef, trouvent leur compte. 

    Ce n’est pas l’UE qui domine la France, c’est l’impérialisme français qui se sert de l’UE pour accroître son influence et ses profits !

    Partout, dans le monde, les menaces de guerre grondent ! La crise économique et la montée de concurrences génèrent des tensions internationales puissantes et explosives. Elles justifient la mise en place et le soutien à des régimes ultra-réactionnaires, comme la Turquie d’Erdogan, la Hongrie d’Orban, les Philippines de Duterte ou l’Inde de Modi. 

    L’UCL, l’UMPL et les organisations membres de l’ICOR dénoncent cette montée pression des relations internationale et les opérations de déstabilisation qui sont faites pour préparer un repartage du monde.

    Ensemble, prolétaires de tous les pays, unissons nos forces contre la marche à la guerre !

    Ensemble, réunissons nos forces !

    Ensemble, en un bloc, nous pouvons donner corps à cette ligne !

    Faisons exister, à Lyon, un front unitaire, marchant derrière la même banderole, scandant les mêmes slogans, montrant en ce jour symbolique de lutte. 

    Nous représentons une force avec laquelle les exploiteurs vont devoir compter !

    Faisons du premier mai une démonstration de force !

  • Bastion social n’est plus.

    Bastion social n’est plus.

    Bastion Social n’est plus. Les dirigeants locaux du groupe issu du GUD ont reçu, le 13 mars, une lettre indiquant la dissolution de leur organisation. Le délai maximal pour faire appel étant le 21 mars, la dissolution sera donc actée par le Conseil des ministres. 
    Cette dissolution avait été annoncée par Emmanuel Macron à la suite de plusieurs actes antisémites et racistes commis par des membres de l’extrême-droite. Mais, cette dissolution, tout comme d’une manière générale les fermetures administratives des locaux fascistes, ne font que sanctionner le fait que ces groupes sont considérés comme ayant dépassé certaines bornes, mais jamais une condamnation sur le fond de leur activité et de leur discours idéologique.

    À Lyon, comme dans d’autres villes, les luttes contre l’implantation des Bastion Sociaux ont pesé dans la balance. Elles ont contribué à démasquer aux yeux de tous et toutes la collusion entre les autorités locales, municipale ou préfectorales, avec l’extrême-droite. L’Unité Communiste de Lyon considère que ce travail, sans pour autant être forcément la raison première de la dissolution de Bastion Social, a permis de limiter ses capacités à s’implanter et ont contraint les mairies à opérer des fermetures administratives. Mais il n’y a jamais eu de condamnation explicite formulée par les pouvoirs publics. Cette absence de condamnation est le vernis de la collusion.
    Celle-ci s’est également manifestée dans les larges facilités avec lesquelles les groupes fascistes ont pu mener des opérations contre les milieux progressistes et révolutionnaires, en témoigne ainsi, pour mémoire, l’affrontement du Pont Lafayette, en février dernier. 

    Lyon a été une illustration de la manière dont les notables considèrent les fascistes. Certes, il existe des franges qui sont sincèrement choquées de leur existence, de leur présence, de leur implantation, mais, dans l’ensemble, les autorités se sont montrées conciliantes et n’ont jamais rien organisé pour entraver leur développement.
    Au contraire, les discours de la bourgeoisie contribuent à avaliser les thèses réactionnaires défendues par les fascistes. Ce n’est pas accidentel, par ailleurs, cela correspond à une stratégie de la part de la bourgeoisie de répondre à la situation de crise et aux troubles sociaux par l’emploi de méthodes chaque fois plus musclées. 

    Bastion Social, pris isolément, est un point insignifiant. Ceux qui le constituaient étaient des apprentis Sturmabteilungen ne possédant que des conceptions politiques d’un niveau extrêmement bas. Cependant, Bastion Social n’est pas un point isolé. Il représente un des aspects de l’enchevêtrement des réseaux et des liens réactionnaires, au même titre que les autres groupes du même type. 
    Bastion Social est nourri, alimenté et protégé par certaines franges de la bourgeoisie le plus réactionnaire, qui voit dans ces groupes la possibilité de répondre à un besoin pour elle : celui de nervis et de bas exécutants.
    Bastion Social représente une des faces d’une construction naissante, qui porte les mêmes positions politiques, celle d’une droite élargie, appelée par les vœux de nombreux ténors de la politique. Un élargissement qui entremêlerait les réseaux de notables de LR, les orateurs du RN et les bras des groupes fascistes. 

    Étant donné la situation sociale -et par voie de conséquence politique- dans laquelle se trouvent les masses populaires ; étant donné la situation géopolitique et géoéconomique dans laquelle nous nous trouvons, il est clair que le capital recherche une issue politique qui lui permette de se maintenir face aux troubles, de briser les mobilisations sociales, qui seront davantage explosives au fur et à mesure de l’aggravation économique ; mais aussi de pouvoir mobiliser en soutien à l’impérialisme français.

    Le projet avance, tissant sa toile. La réaction vive qui a suivi l’attaque, dans la nuit du 27-28 mars, de l’école de Marion Maréchal Le Pen, a montré les relais importants dont dispose l’ex-députée du Vaucluse. Elle peut se permettre, désormais, dans ses communiqués, de se présenter, sans que cela choque, comme un rempart contre la violence : « L’extrême gauche montre un visage, une fois de plus, violent, totalitaire et sectaire qui doit indigner tous les défenseurs de la liberté. » Le tout en choisissant comme parrain de promotion le général antisémite Georges Loustaunau-Lacau, suffisamment controversé pour que Saint-Cyr, qui l’avait choisi également, soit obligé de rebaptiser sa promotion.

    Du côté de la droite « traditionnelle », les actes trahissent les pensées profondes sur le désir d’évolution politique. Ainsi, il n’est pas possible d’isoler cela du fait que, également, des individus comme Nicolas Sarkozy et Eric Zemmour aillent soutenir Viktor Orbàn alors que son parti est sous le coup de sanctions de la part de son propre camp ! Sarkozy a ainsi déclaré : « Quelqu’un qui est capable de gagner les élections trois fois de suite, dans une époque aussi instable et difficile, pour moi ça force le respect, a déclaré l’ex-président à propos de Viktor Orban.Tu as fait ce que je n’ai pas été capable de faire.C’est peut-être ça qu’on te reproche, d’avoir gagné.Mais moi j’aime bien avoir des amis qui gagnent.Je ne veux pas avoir que des amis qui perdent. », tandis que Zemmour pris la parole sur le « grand remplacement ».

    Mais aussi que Laurent Wauquiez, ténor des Républicains, puisse adjoindre dans son projet de programme des points qui feraient pâlir d’envie les plus réactionnaire. Aux côtés de François-Xavier Bellamy, qualifié de Steeve Bannon français « C’est donc un programme contenant pas moins 75 propositions qui a été présenté.Frontières, civilisation, immigration constituent les priorités du parti.Il s’agit de « lutter contre l’immigration illégale » mais aussi d’ »arrêter l’immigration de masse ».

    Il faudrait que :

    traiter les demandes d’asiles « en dehors de la France »

    Ramener les « bateaux de migrants sur les côtes africaines »

    « Multiplier les vols groupés organisés par Frontex pour expulser les immigrés illégaux »

    « Dénoncer le pacte de Marrakech » qui « encourage l’immigration et promeut le multiculturalisme » »

    Cette sémantique n’est donc plus l’apanage unique des fascistes, mais devient celui d’une droite « classique ». Son programme aussi.

    Ces rapprochements programmatiques entre différentes factions de droite et d’extrême-droite laissent planer la possibilité que ces forces n’en forment qu’une au moment des élections de 2022, lesquelles feront date, par la configuration exceptionnelle qu’elle proposeront. Un centre anéanti, une gauche knock-out, et une pression sociale immense.

    En dernière analyse, la question du Bastion Social n’est pas insécable de celle d’une situation générale, dans laquelle il joue un rôle visible, de surface, mais néanmoins intimement lié aux choix stratégiques du grand capital. La dissolution du Bastion Social est une victoire limitée, mais une victoire qui doit servir d’appui pour accroître la capacité à couper les tentacules des officines de recrutement de l’extrême-droite. 

    L’Unité Communiste de Lyon appelle au rassemblement et à la coopération entre les forces qui luttent contre le capitalisme et le fascisme. Elle appelle à la participation aux mouvements de lutte, dans un esprit combatif et d’élévation du niveau politique. Elle appelle également au fait de renforcer la lutte antifasciste dans le but de former une véritable réponse politique correspondante à la situation dans laquelle nous nous trouvons. 

  • ICOR :  Appel à regrouper les forces pour un front uni anti-impérialiste

    ICOR : Appel à regrouper les forces pour un front uni anti-impérialiste

    Nous reproduisons l’appel de l’ICOR, dont nous sommes signataires, appelant à la construction d’un large front uni anti-impérialiste. Etat une organisation présente dans un Etat impérialiste, et, qui plus est, dans une de ses citadelles, nous sommes voués à cibler en priorité les actions criminelles de notre propre impérialisme. L’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste Léniniste sont unanimes à exprimer leur désir de réunir, dans un groupe de travail dédié, toutes les organisations qui luttent contre la domination exercée par l’impérialisme français, que cela soit sur des régions du globe possédant leur indépendance formelle, comme sur les colonies toujours possédées. Nous appelons ainsi les organisations luttant contre cette domination à se mettre en rapport avec nous.


    Les membres de l’ICOR appellent à construire un front uni anti-impérialiste.
    Unissons-nous au-delà des frontières !
    Construisons un front uni anti-impérialiste mondial !


    1. Au niveau mondial, l’impérialisme montre son visage réactionnaire. La guerre couve. L’exploitation de l’humanité et de la nature s’intensifie de façon brutale. Le chômage de masse et la misère sont endémiques. L’oppression et la violence contre les femmes sont quotidiennes. Chaque jour, la nature, qui est la base qui permet la vie de l’humanité, est davantage menacée. Ces facteurs provoquent de grands déplacements de populations, qui fuient la guerre et la misère. Les gouvernements, de la droite jusqu’aux fascistes, se renforcent et renforcent leur emprise parmi les masses. L’avenir promis à la jeunesse apparaît comme bien sombre. Voici les conséquences de l’action des impérialistes.


    2. Dans leurs actions, nos ennemis bénéficient d’un très haut degré d’organisation. Qu’en est-il de nous ? Les forces révolutionnaires et anti-impérialistes demeurent très fragmentées et se livrent des conflits pour des questions secondaires. Changer cela est une urgence, pour que le monde ne soit pas englouti dans la barbarie capitaliste. Cependant, il existe des débuts remplis d’espoir, en termes d’alliance, de regroupements, mais aussi de la reconnaissance croissante du besoin de coopération.


    3. La productivité du travail des ouvriers et des paysans a explosé pendant les dernières décennies. Les ressources humaines et naturelles seraient en mesure de donner à toute l’humanité du travail, de la nourriture, de l’éducation et de l’espace pour la culture et l’épanouissement social. Mais cela ne peut émerger que dans une société où l’Homme et la nature sont mis au centre, et non, comme aujourd’hui, considérés comme des sources d’un profit maximal, soumis au pouvoir impérialiste et à la concurrence. 


    4. Parmi les masses, la conscience du caractère injuste des conditions sociales et de l’exploitation s’est accrue de manière nette. La volonté d’un changement général de société s’affirme, tout comme celle de rechercher une alternative sociétale. Pour le moment, il manque encore, parmi les larges masses populaires, la diffusion des conceptions qui expliquent les causes impérialistes du désastre. Il en résulte un manque de confiance et d’assurance dans la possibilité de bâtir une société en harmonie entre l’humanité et la nature, démocratique et libre, ainsi que des perspectives socialistes pour l’avenir.


    5. Dans beaucoup de pays, des partis, organisations et mouvements révolutionnaires, anti-impérialistes ont surgis et se sont renforcés pendant les dernières années. Le désir de coopérer augmente, au-delà des divergences qui existent encore. Le même désir alimente la volonté de résoudre pas à pas ces contradictions politiques et idéologiques.


    6. Prenons l’initiative pour construire un front uni anti-impérialiste.
    – qui se dirige contre tous les impérialismes et lutte en priorité contre l’impérialisme US en tant que fauteur de guerre principal, superpuissance et ennemi de tous les peuples !
    – qui fait progresser le processus de clarification sur l’impérialisme au niveau mondial, afin de renforcer la confiance en nos forces, le degré d’organisation et l’assurance dans le traitement des tâches au niveau national et international ;
    – qui organise et coordonne des mesures efficaces de la lutte commune ;
    – qui construit les fondements permettant de devenir une force supérieure à l’impérialisme.


    7. Discutons partout la nécessité de ce regroupement et de la nécessité d’y investir des forces.


    8. Recueillons des signataires pour cet appel jusqu’au 1er mai 2019 !


    9. Proposons des représentants dignes de confiance, qui prennent en main la coordination d’une première conférence !


    10. Célébrons une première journée de lutte anti-impérialiste au niveau mondial, convenue d’un commun accord, en 2020 !

    Tout groupe et la toute organisation intéressée par cette initiative peut se mettre en rapport direct avec nous ou avec l’ICOR. Construisons ensemble le front anti-impérialiste mondial !

  • MLKP/Kurdistan : Bayram Namaz (Baran Serhat) illumine notre chemin !

    MLKP/Kurdistan : Bayram Namaz (Baran Serhat) illumine notre chemin !

    Nous publions ici le communiqué du MLKP, parti membre de l’ICOR, concernant l’assassinat de Bayram Namaz lors d’un attentat orchestré par les agents de la Turquie. Nous transmettons nous sincères condoléances à ses proches et à ses camarades. Nous dénonçons l’attitude lâche et abjecte du régime d’Erdogan, qui, incapable de pouvoir rallier autour de son projet criminel, assassine ceux qui luttent pour la liberté populaire.

    Le camarade Bayram Namaz (Baran Serhat) est devenu un martyr immortel le matin du 23 mars à Serekaniye, Rojava, après une attaque vicieuse organisée par l’Etat turc et de ses gangs collaborateurs. Alors qu’il était en mission révolutionnaire, tôt le matin, comme d’habitude, il a été victime d’un attentat à la voiture piégée, tandis que son camarade qui l’accompagnait a été blessé.

    Le camarade Baran Serhat était membre du Comité central de notre parti et du Comité du Kurdistan, ainsi que représentant et commandant de l’organisation au Rojava de notre parti. Ce n’est pas un hasard si le camarade Baran Serhat, qui a été l’un des cadres dirigeants du MLKP, est devenu une cible. Cette attaque est la suite du massacre de Suruç, qui visait à faire sauter le pont de la révolution unie de Turquie et du Kurdistan. Notre parti s’est positionné à l’avant-garde des tranchées de guerre, juste après le début de la révolution au Rojava. Sur presque tous les fronts, de Kobanê à Raqqa, de Minbij à Efrîn, notre parti s’est battu contre les bandes de collaborateurs de l’État turc et a subit des pertes, des martyrs. Notre parti a joué un rôle important dans l’échec des plans de conquête de l’État fasciste colonialiste turc de Rojava et du nord de la Syrie, dans laquelle il s’est appuyé sur des cliques de criminels.

    Durant ses cinq années au Rojava, le camarade Baran a été le chef idéologique, politique, organisationnel et militaire des forces de notre parti. Il a joué un rôle de premier plan dans l’éducation multidimensionnelle de dizaines de camarades. Pour le triomphe de la révolution Rojava, il a travaillé avec son esprit, son travail, son amour et son enthousiasme révolutionnaire. Il courait d’avant en avant. Il a dirigé le processus de création du Bataillon International de la Liberté.

    Avec son audace révolutionnaire, sa conscience et son dévouement, le camarade Baran représentait la force de direction de notre parti, qui se définit comme la division du sacrifice de la révolution. Il a vécu 24 heures sur 24 pour la révolution. Sans se demander si celle-ci était petite ou grande, il s’est associé à chaque tâche révolutionnaire avec une dévotion et une attention de chaque instant.

    Le camarade Baran combinait la guerre de combat avec le travail politique et organisationnel, formait des cadres politiques et organisationnels de haute qualité ainsi que des commandants et des guerriers. Il a dirigé les forces de notre parti travaillant à la construction démocratique révolutionnaire ainsi qu’à la défense de la révolution au Rojava.
    Le camarade Baran a participé à la création et au développement du Mouvement révolutionnaire uni des peuples (HBDH). Il s’est efforcé de mettre en pratique les décisions de HBDH, pour l’unité dans l’expression et dans l’action. Il a suivi la ligne de la révolution unifiée avec une perspective de la révolution régionale au Moyen-Orient.

    Le camarade Baran était un communiste kurde de la région de Serhat au Kurdistan du Nord. De 2003 jusqu’à son arrestation en 2006, il a été membre du Comité du Kurdistan de notre parti. Il a pris en charge la direction du travail du Kurdistan du Nord. Il a pris de l’importance avec sa résistance dans les cachots contre la torture. Il a transformé les cellules en école de révolution. Il était membre du Comité du Kurdistan depuis le jour où il a terminé sa mission révolutionnaire dans des donjons jusqu’au jour où il a rejoint ceux qui vivront éternellement.

    Il a apporté une grande contribution à la construction de la ligne du patriotisme socialiste de notre parti. Il s’est mis en avant pour l’aspect pratique de cette ligne. Il a combiné la lutte légale avec la lutte illégale. Il a mêlé sa manière d’organiser et de travailler à la lutte politico-militaire. Où qu’il soit, il a défendu le slogan du « Kurdistan libre » et l’a incarné dans sa propre personnalité.

    Les bandes fascistes colonialistes doivent savoir que ni les massacres de masse comme le Suruç, ni leurs attaques perverses contre nos cadres dirigeants, comme Baran Serhat, ne peuvent arrêter notre marche révolutionnaire, empêcher notre lutte pour la liberté et le socialisme ou étrangler notre rêve du Kurdistan libre.

    Les ignobles hordes ennemies doivent savoir que les Baran Serhats de notre parti sont inépuisables. Les hommes et les femmes commandant.e.s et combattant.e.s, tels que le Baran Serhat a cultivés avec son travail, sont prêts à remplir son rôle.

    Quoi que vous fassiez, nous grandirons et viendrons comme une avalanche. Nous avons placé les rêves de nos immortels dans nos canons. Nous allons être Baran [jeu de mot sur Baran qui signifie pluie] sur vous avec nos balles et nos bombes.

    Vous ne pouvez pas nous arrêter. Nous continuerons à défendre et à construire la révolution Rojava. Nous détruirons votre régime fasciste colonialiste. Nous libérerons le Kurdistan.

    Jeunes femmes et jeunes hommes, au premier plan, dans les rangs du parti, à être Baran !

    Nous sommes le parti du Baran Serhats, vous ne pouvez pas nous arrêter ! MLKP est invincible !

    Le Baran Serhat est immortel !

    Vive la révolution au Moyen-Orient !

    Vive la liberté et le socialisme !

  • 20ème anniversaire de l’attaque contre la République Fédérale de Yougoslavie.

    20ème anniversaire de l’attaque contre la République Fédérale de Yougoslavie.

    Le 24 mars 1999, il y a 20 ans jour pour jour, débutait l’opération Allied Force, lancée par l’OTAN contre la République Fédérale de Yougoslavie. Cette opération de bombardements s’est inscrite dans le contexte de la guerre du Kosovo et a duré 78 jours.

    Elle a été présentée par les médias des pays impérialistes d’occident comme la première « guerre humanitaire », formule perverse inventée à l’époque par Bernard Kouchner. Le principe était le suivant : des frappes chirurgicales ne visant que des objectifs militaires, épargnant les civils, et sauvant de l’extermination les albanais du Kosovo. La réalité fut la suivante : l’ONU a refusé de suivre les actions de l’occident, durant lesquelles les pertes civiles furent innombrables et les infrastructures civiles détruites. Aujourd’hui encore, la Serbie et le Kosovo ne s’en remettent pas.

    Pourquoi cette guerre en réalité ?

    Alors qu’elle a été présentée comme une guerre juste, celle-ci s’est inscrite dans le long processus de démantèlement de l’ex-Yougoslavie, véritable champ de bataille des impérialismes. Les Balkans sont depuis des siècles des enjeux géostratégiques, mais, également économiques, étant donné la richesse minière de la région. A l’époque, le régime de Slobodan Milošević, qui représente un point d’ancrage des intérêts russes, représentait un obstacle pour l’hégémonie des impérialistes américains et allemands dans les Balkans. Dans la géopolitique US, architecturée par Zbiniew Brzezinski, laquelle consistait à refouler le plus loin possible les positions russes, la République représentait une cible.

    Nous n’avons pas de sympathie idéologique pour la Serbie de Milošević, présentée par les médias occidentaux de l’époque soit comme une espèce de nazisme-bis, soit comme le dernier bastion du communisme en Europe. En effet, bien que dirigé par le parti socialiste de Serbie, ce régime, s’appuyant sur le nationalisme serbe, représentait un Etat réactionnaire, issu de la décomposition de la Yougoslavie. Décomposition causée par l’échec de la ligne promue par Tito.

    Le modèle autogestionnaire de Tito est salué par l’occident comme une voie médianne, juste, entre le capitalisme et le communisme. C’est avant tout une manière d’utiliser l’anti-soviétisme de Tito comme outil pour attaquer l’URSS sous la direction de Staline. Il est présenté comme l’application du programme marxiste des usines aux ouvriers, et de la terres à ceux qui la travaillent, mâtiné d’autogestion. Pour autant, le socialisme autogestionnaire est définit par Enver Hoxha comme « l’idée que le socialisme ne peut prétendument être édifié à travers la concentration des moyens de production dans les mains de l’État socialiste, par la création de la propriété d’État en tant que forme suprême de propriété socialiste, mais à travers le morcellement de la propriété étatique socialiste en propriété de groupes particuliers de travailleurs, qui l’administrent soi-disant directement ».

    Si l’État était officiellement propriétaire des entreprises, celles-ci étaient dirigées par des « conseils ouvriers », autonomes, gérant librement la production, et ne répondant alors qu’à des intérêts ponctuels visant au profit immédiat, et non au développement de l’industrie nationale.Au final, les « conseils ouvriers » ont parfois même agi contre d’autres entreprises nationales concurentes, ont constitué des monopoles, ou ont même parfois fait pression pour la baisse des salaires. En fait de lutte des classes, c’est le corporatisme et le nationalisme qui ont régné en Yougoslavie. Cette conception idéologique a eu pour conséquence un développement profondément inégalitaire et anarchique des républiques, faute de planification centralisée visant au développement harmonieux de tout le territoire. De plus, chaque République s’est spécialisée, accroissant les contradictions sur le territoire et entraînant des conflits de subordination des unes aux autres.

    Ce modèle a dès lors fait émerger une bourgeoisie d’État qui s’est enrichie via le commerce extérieur (les couches les plus aisées de la paysannerie notamment pouvant vendre librement leurs excédents), et entraîné une dépendance croissante vis à vis des capitalistes étrangers, contrôlant des entreprises, voir des républiques sur la fin de vie de la fédération. De même, les prêts du FMI à la Yougoslavie l’ont enchaînée à la servitude des dettes. Cette division spatiale et de facto ethnique du développement fut la base économique des nationalismes, et la présence très fortes des impérialistes dans l’économie yougoslave n’a fait qu’exacerber ces derniers.

    Pour autant, l’éclatement Yougoslave n’est pas un Printemps des Peuples progressiste, incarnant une libération nationale et populaire. Elle est le fruit pourri de la manière dont le titisme à construit la Yougoslavie, accentué par le poids et l’influence des impérialismes étrangers. D’une manière générale, le capitalisme n’a jamais cessé d’exister durant la période de Tito, il a juste pris un aspect inconventionnel. En dernière analyse, cet Etat était partagé consensuellement entre les impérialismes occidentaux et le social-impérialisme soviétique. La chute de l’URSS mis fin au modus vivendi entre les impérialisme, entraînant, de fait, une guerre de repartage.

    Au début des années 1990, les impérialistes occidentaux, en position de force, ont accentué la tendance à la décomposition. Chaque Etat ayant investi dans la Yougoslavie a joué ses agents, pour accroître son contrôle. Cela a jeté des peuples autrefois unis dans une guerre fratricide.

    La question du Kosovo est plus spécifique. Dès le décès de Tito en 1980, des émeutes séparatistes éclatent à Priština. La direction politique du mouvement est alors entre les mains de groupes nationalistes et marxistes-léninistes, ayant pour objectif le rattachement à l’Albanie, principal soutient politique des insurgés. En 1988, c’est la question kosovare qui sert de tremplin à Milošević, et le propulse à la tête de la Serbie. Le discours nationaliste intégré par la ligue des communistes de Serbie permet alors aux appartchiks serbe de se maintenir au pouvoir, après avoir transformé la ligue des « communistes » en parti socialiste.

    A la suite de la guerre de 1992-1995, le feu se rallume au Kosovo. L’armée de libération du Kosovo (UÇK) se forme alors, et entame la lutte armée. Loin d’être un mouvement révolutionnaire, l’UÇK se comporte en bande mafieuse et fasciste, se livrant au proxénétisme, au trafic d’organes, au viol, et au nettoyage ethnique. A leur nationalisme grand albanais appuyé par la CIA, s’oppose le nationalisme grand serbe de Milošević, soutenu par les impérialistes russes et chinois.

    Après être intervenus contre la Serbie et le Monténégro, et appuyé la prise de pouvoir de l’UÇK au Kosovo, Washington a pu installer la base de Bondsteel dans la province, plus grande base militaire américaine en Europe. Ni les serbes, ni les albanais n’ont été vainqueurs. En Serbie, de sérieux dégâts ont été causé. La destruction des usines et des infrastructures a permis la soumission de l’économie nationale aux impérialistes, et l’usage d’uranium appauvri a entraîné des dégâts sanitaires atroces. Quant au Kosovo, aujourd’hui république indépendante auto-proclamée, la population s’enfonce dans la misère, avec un taux de chômage record, et un territoire qui est un point de passage de toutes les mafias d’Europe.

    Les gagnants ont été les agents de l’impérialisme, les perdants ont été les populations civiles.

    Qu’en est-il aujourd’hui ?

    L’agression contre la RFY fut une opération tactique s’inscrivant dans la stratégie de soumission des Balkans. Dirigées par des régimes réactionnaires et corrompus, les républiques de l’ex-Yougoslavie ne sont plus qu’un champs de bataille entre les impérialismes, américain, allemand, français, et russe. La Serbie, exsangue, est aujourd’hui dirigée par une clique d’anciens collaborateurs de Milošević dont le chef de file est Alexandar Vučić. Son régime est toléré par les impérialistes étrangers, étant le bon élève de l’Europe, candidat à l’adhésion à l’UE, et l’ami de Poutine, dans un étrange jeux d’équilibriste. En Croatie, la vie politique est dirigée depuis l’indépendance par le HDZ, parti fondé par Franjo Tuđman, nostalgique du régime fasciste des Ustaše, qui ont dirigé l’État indépendant de Croatie de 1941 à 1945, en collaboration avec l’Allemagne nazie. En Bosnie-Herzégovine, c’est un véritable régime d’apartheid qui continue de diviser serbes, croates et bosniaques. Cette division n’a jamais profité aux yougoslaves, elle est l’œuvre des capitalistes, qui se sont engouffrés dans l’échec du titisme, et ont appuyé les nationalismes. Ni les démocrates bourgeois, ni les ultra-nationalistes, les uns à la botte des États-Unis, de la France et de l’Allemagne, les autres, à la botte de la Russie et de la Chine, ne sont les amis de leurs peuples. Les Serbes, les Croates, les Slovènes, les Monténégrins, les Macédoniens, les Bosniaques, et les Albanais n’ont pas à choisir qui sera leurs maître. La seule voie qui mène à l’indépendance, à la liberté, c’est celle de l’unité, celle de la lutte, celle de la révolution. A ce titre, nous saluons le travail des organisations révolutionnaires présentes dans ces pays, particulièrement celui de nos camarades du Partija Rada, membres de l’ICOR ; mais aussi du NKPJ, de la SKOJ de la Crvena Akcija, et de l’ensemble des forces progressistes et révolutionnaires. Nous soutenons le droit des peuples à l’auto-détermination, et condamnons fermement toute tentative de soumission.

    Il y a 20 ans, c’est un crime contre l’humanité qui a été commis par les impérialistes, loin de libérer les peuples par leurs actions « humanitaires », ils n’ont fait que les enchaîner davantage. Mais dans les Balkans, comme en France, comme en Algérie, de grand mouvements de contestation ont lieu. Comme dans le mouvement des gilets jaunes en France, nous soutenons les progressistes qui y prennent part.

    Les criminels impérialistes, et leurs larbins nationalistes et mafieux rendront gorge. En France, dans les Balkans, en Algérie, construisons la solidarité internationaliste, forgeons le camps du peuple.

    Prolétaires des Balkans, unissez vous contre l’impérialisme !

    Prolétaires du monde entier, unissez vous contre le capitalisme !

    Vive la révolution socialiste !

  • Communiqué commun du C.C. de la Mésopotamie, de Partizan et de l’UCL.

    Communiqué commun du C.C. de la Mésopotamie, de Partizan et de l’UCL.

    L’Unité Communiste est intervenue à la suite de la manifestation. Nous reproduisons ici le contenu de ce qui a été dit.

    Camarades, 
    Nous pensons qu’être présents et présentes à ce Newroz est une chose importante. Nous saluons toutes celles et tout ceux qui sont ici, ainsi que les organisateurs et organisatrices de l’événement.

    Nous sommes souvent désemparés, en France, quand il s’agit de la solidarité internationale. Bien souvent, nous avons des difficultés à savoir comment lui donner une réalité concrète, à faire en sorte qu’elle ne soit pas faite que de déclarations, qu’elle puisse être une action réelle. 

    D’autant que la solidarité internationale est une chose vitale. Il n’est pas possible de séparer ce qui se passe dans l’Etat turc de ce qui se passe en France. Il n’existe pas de barrière étanche entre la situation des deux Etats. Nous formons un seul front contre les impérialismes, le capitalisme, le fascisme. Les victoires et les défaites des Kurdes et des Turcs révolutionnaires et progressistes ont une action sur notre situation politique et économique, tout comme nos victoires et nos défaites jouent sur la leur. 
    Lorsque nous entravons l’action de notre impérialisme, qui soutien le régime fasciste d’Erdogan, nous continuons à aider la victoire. Lorsque la classe ouvrière au sein de l’Etat turc mène la lutte contre le capitalisme et le fascisme, elle contribue à affaiblir notre impérialisme.

    Tout comme il n’existe pas de barrière étanche entre les secteurs politiques et économiques, il n’en existe pas entre les moyens de répression. Les méthodes du gouvernement de l’Etat turc, employées aujourd’hui, ne sont pas un particularisme de cet Etat. Au fur et à mesure des années, nous voyons des méthodes similaires arriver en France. 
    Plus la situation se dégrade, plus la bourgeoisie fait appel à des méthodes qui évoquent celles de l’Etat turc. Dans quelques années, il n’est pas exclu -il n’est pas possible d’exclure !- le fait que notre gouvernement ou le prochain emploient recourent aux mêmes pratiques que celles d’Erdogan. C’est pour cela que nous devons nous battre. Et chaque coup porté affaiblit le système impérialiste dans son ensemble, tout en renforçant le camp du peuple.
    En tant que membre de l’ICOR, nous sommes engagés dans le soutien d’actions concrètes, notamment celles qui ont été entreprises pour la construction d’hôpitaux à Kobâné. Nous pensons que cet exemple de solidarité est fondamental. Nous appelons chaque organisation de France à trouver, elles aussi, les moyens de pratiquer une aide matérielle.

    Nous pensons également que les mobilisations politiques sont importantes et jouent un rôle. C’est pour cette raison que nous appelons -conjointement avec nos camarades de l’UPML- à un cortège révolutionnaire et internationaliste pour le premier mai, à Lyon. Quelque soient les différences idéologiques, nous appelons à ce que les organisations se retrouvant dans ces deux mots d’ordre -Révolution et internationalisme- rejoignent ce cortège.

    Nous saluons la lutte des camarades Kurdes et Turcs, révolutionnaires et progressistes. Nous saluons leur courage. 

    Vive le Newroz ! Vive la lutte ! Vive l’internationalisme !

    NEWROZ de solidarité avec la lutte du peuple Kurde.

    Le 20 mars, à 19h30, jour de Newroz, le Conseil Démocratique Kurde en France appelle à une marche aux flambeaux à partir de la place Bellecour. Le centre culturel Mésopotamie, Partizan et l’Unité Communiste de Lyon se rallient à cet appel.

    Longtemps interdit par les autorités du régime fasciste turc, le Newroz est une composante de l’identité kurde ; en le célébrant, les kurdes affirment qu’ils existent, peu importe ce qu’en pense Erdogan ou les autres oppresseur du peuple Kurde.

    Depuis 4 mois, les grévistes de la faim tentent d’interpeller les gouvernements d’Europe sur la situation terrible en Turquie.

    Parmi eux, des centaines de prisonniers politiques ainsi que la députée Leyla Güven qui a dépassé les 126 jours. A Strasbourg, 14 kurdes sont également engagé-e-s dans ce mouvement devant le Parlement Européen, la vie d’un certain nombre d’entre eux est aujourd’hui gravement en danger, il en est de même pour celle de Mme Leyla Güven. Un des grévistes est décédé d’inanition à la suite de cette grève mortelle.

    Ces femmes et hommes demandent la fin de l’isolement du leader kurde Abdullah Öcalan et la libération de tous les prisonniers politiques. Le régime d’isolement auquel est soumis M. Öcalan est contraire aux conventions internationales régissant le respect des conditions d’incarcération des détenu-e-s. La Turquie doit respecter ce droit comme elle doit respecter les droits du peuple kurde à faire valoir son identité, sa culture et ses choix politiques. La solidarité active et concrète avec le peuple kurde passe également par le fait de dénoncer les politiques hypocrites des pays d’Europe, qui parlent sans cesse de liberté, mais commercent avec les pires dictatures du monde.

    La Turquie n’est pas exempte de respecter les principes fondamentaux de la démocratie, des droits des minorités, de la liberté d’expression individuelle et collective. Les militants et militantes révolutionnaires et progressistes Kurdes, en Turquie, en Syrie et ailleurs, luttent non pas pour imposer une nouvelle oppression nationale, mais pour travailler à la libération et l’émancipation générale des populations.

    Les Kurdes et leurs alliés internationaux au sein des Forces Démocratiques Syriennes, ont anéanti l’hydre fasciste Daesh. Aujourd’hui, ils sont abandonnés face à l’ogre fasciste Erdogan, sacrifiés pour des enjeux géostratégiques et économiques.

    Dénonçons l’hypocrisie – soyons solidaires !

    Marchons pour le Newroz, marchons pour la liberté des peuples !

    Erdogan : un ennemi des peuples de Turquie.

    En Turquie, Erdogan est en position de force. La position géostratégique de la Turquie fait que l’État turc est très courtisé. Les impérialistes américains, français, allemands, mais également russes et chinois rêvent de s’attirer les bonnes grâces d’Ankara, pour en faire une tête de pont au Moyen-Orient. Pour obtenir cette position, les grandes puissances sont prêtent à tout concéder à Erdogan. Qu’importent, alors, la question des droits démocratiques, qu’importent les agressions militaires, qu’importent les libertés des peuples de Turquie ou des régions contrôlées militairement par celle-ci !

    Erdogan et son parti fasciste, l’AKP, prétendent faire de la Turquie une grande puissance impérialiste, ils prétendent restaurer l’Empire Ottoman, et cherchent à rallier la population autour de ce projet illusoire. Toute aspiration à la liberté, à la démocratie, est présentée comme une entrave à la grandeur turque, et est réprimé dans le sang.

    Mais derrière les beaux discours, et les promesses de grandeur, Erdogan et l’AKP ne font qu’enchaîner les peuples de l’État turc. Loin d’une restauration impériale, le régime se vend au plus offrant, il est un agent exécuteur, un laquais, un larbin de l’impérialisme ; il vend la force de travail de son État aux entreprises étrangères, comme Renault, qui engrange des profits immenses en surexploitant des peuples réduits en esclavage.

    Erdogan vend des projets de Grande Turquie, mais il ne la voue qu’à être une prison des peuples, qu’a être un camp de concentration à ciel ouvert. Ses rêves de grandeur ne font que creuser sa tombe. Les Hitler et Mussolini ne sont que de passage, mais les peuples restent, et finissent toujours par gagner.

    Nous, militants et militantes progressistes et révolutionnaires, nous le clamons : les fascistes n’ont jamais été le camp du peuple. Ils ont toujours agi pour l’intérêt exclusif des cartels et des grands monopoles. Ils se disent pour le peuple, mais ne font que le livrer pieds et poing liés, muselé, à ses exploiteurs.

    Nous sommes pour libérer les masses populaires de Turquie, du Kurdistan, de France, de l’exploitation et de l’oppression. Aucun peuple n’est notre ennemi, aucun n’est une menace pour l’autre. Ce sont nos bourreaux, nos exploiteurs, qui nous dressent les uns contre les autres, qui nous divisent et qui instillent les haines.

    Nous sommes pour briser les chaînes qui nous écrasent ! Ne nous laissons pas tromper et abuser par le fascisme !

    Signataires : Centre Culturel Mésopotamie ; Partizan ; Unité Communiste de Lyon

  • Christchurch : coup de projecteur dans le marécage de la pensée raciste.

    Christchurch : coup de projecteur dans le marécage de la pensée raciste.


    Au sein de l’Unité Communiste de Lyon, nous considérons que nous nous devions d’écrire ce communiqué. Les attentats terroristes sont une réalité quotidienne terrible pour toute une partie de la planète. Il s’agit d’une chose malheureusement illustrée par les longues listes de cas répertoriés dans la veille terroriste des sites et magazines spécialisés. Leur traitement, le poids médiatique qui leur est accordé, est étroitement corrélés au lieu où il s’est déroulé, à la « qualité » des victimes, à la « qualité » des exécutants.
    Nous-mêmes sommes influencés par ce mode de pensée que conduit à juger qu’une voiture piégée est un fait anodin en Syrie et exceptionnel en France, ce qui nous conduit à, également, déconsidérer la vie d’autres personnes, qui n’apparaissent que comme des statistiques à nos yeux.
    Cela fait que chaque attentat dont nous parlons nous donne le sentiment de plonger dans l’oubli les victimes des autres, de les occulter, de les reléguer au rang d’un « bruit de fond ».



    L’attentat qui s’est produit vendredi à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, est un attentat qui s’est déroulé, malgré les kilomètres, dans un environnement « occidental », « proche » de nous. Pourtant, malgré cela, son traitement médiatique et politique est atypique. Atypique, car il est jugé comme étant hors norme par les politiciens et les médias d’occident.



    49 morts et 90 blessés dans les attaques de deux mosquées en plein heure de la prière. Terrible bilan provoqué par l’action d’un terroriste d’extrême-droite Australien Brenton Tarran. Le terroriste a filmé et diffusé l’intégralité de son carnage sur Facebook live, et a laissé un manifeste de 73 page détaillant les raisons de son action.


    L’Unité Communiste de Lyon déclare sa solidarité envers l’ensemble de ceux qui ont été meurtris, blessés, mutilés par ces actes. Elle déclare également sa solidarité avec les proches de ceux qui ont perdu la vie. Elle considère que le terroriste Australien venu semer la mort n’est ni un déséquilibré, ni une anomalie statistique : il a été l’agent froid et conscient de forces politiques qui se complaisent à utiliser la haine raciale comme doctrine. Nous considérons que ces forces politiques partagent une responsabilité morale identique en culpabilité à celui qui a appuyé sur la détente de son arme. 


    Le parcours du tueur est, à ce titre, illustratif. Revenant d’Europe, il a été modelé, « radicalisé » dans les milieux d’extrême-droite, notamment français et serbes. Au sein de ces groupes fascistes ou néo-nazis, il lui a été présenté un discours décrivant le monde « blanc » comme menacé d’anéantissement. Ce discours était déjà celui proféré par les nazis1, qui clamaient que leur « race » était encerclée par des ennemis « raciaux », voulant l’éliminer, tandis que des « agents de l’étranger » opéraient pour l’affaiblir.
    Utilisant des statistique truquées, des biais cognitifs, des techniques jouant sur la paranoïa et sur la terreur, ces propagandistes d’extrême-droite modèlent des assassins et des criminels. Ces groupes sont complices des meurtres qui ont été commis.


    Mais ces discours resteraient l’apanage de petites sectes pleurnichant sur un passé imaginaire s’il n’était pas, en dernière instance, corroboré, avalisé et amplifié par d’autres forces politiques, considérées comme « convenables » et centrales dans l’échiquier politique. Les discours islamophobes, paravent frêle des discours racistes assumés, sont portés bien au-delà de la droite radicale.
    Les propos de Valls, de Ciotti, de Wauquiez, les diatribes des Zemmour et des Ménard sont tout autant de faisceaux qui contribuent à nourrir la formation d’assassins et de terroristes d’extrême-droite. Les tentatives des apprentis sorciers et des apprenties sorcières d’instrumentaliser l’antisémitisme, de forger, du sang des martyrs, une épée pour frapper d’autres victimes, doit être dénoncé pour ce qu’il est : jeter de l’huile sur le feu dévorant de la haine entre classes populaires.

     Après l’attentat, ces agitateurs méphistophéliques n’ont pas réussi à se contenir. Impossible pour eux de reconnaître le statut de victimes aux musulmans de Nouvelle-Zélande. Il fallait soutenir en catimini le tueur !
    La Nouvelle-Zélande est un pays d’apartheid, tout comme l’Australie. Les Maoris sont traités en citoyens de seconde zone par de nombreuses forces politiques. Le sénateur Fraser Anning a ainsi publiquement clamé que l’immigration était la raison première de l’attentat. Une manière d’avaliser le fond politique de l’attaque, là encore. L’œuf qu’un jeune homme a écrasé sur son crâne n’est qu’un faible, mais juste, retour des choses.
    En France, Valeurs Actuelles, le torchon fasciste, a également fustigé les « pro-migration » qui seraient responsables de l’attentat. Une manière d’inverser les rôles et de faire des victimes des coupables. 
    Guillaume Tabard, éditorialiste au Figaro, a ainsi déclaré en direct

    « On a vécu en France un terrorisme islamiste assez meurtrier, si on veut jouer à de la comptabilité, on n’est pas encore dans l’équilibre.Il ne faut pas s’aventurer sur le terrain du match retour.»2 

    Quant au tueur, immédiatement, les professionnels de la circonstance atténuante se sont empressés de dire qu’il était instable, fragile, excédé… Chose réfutée par les premiers éléments de l’enquête et les perquisitions, indiquant que ce projet avait mûri pendant deux ans.


    Tout comme dans un nombre ahurissant de cas, la clémence semble être de mise. Le terrorisme d’extrême-droite occidental est pourtant une réalité concrète qui tue nettement plus aux USA que celui de n’importe quelle autre force politique. Nous n’oublions pas Charlottesville, nous n’oublions pas non plus, en Europe, Anders Breivik. 
    En France, en pleine dénonciation de la montée de l’antisémitisme, un coupable de dégradation est condamné symboliquement, des profanateurs courent toujours, car n’étant pas dans « l’idéal-type » de la population ciblée par ces mesures. 


    De fait, tous ces discours qui servent à alimenter la haine et la division au sein des classes populaires, à briser l’unité contre l’exploitation, à atomiser ceux et celles, qui pourtant, partagent les mêmes intérêts objectifs. Ces discours ont fait renaître des chimères absurdes et immondes, telle que « l’islamo-gauchsime », qui n’est, il faut le clamer, qu’une actualisation du « judéo-bolchevisme » des nazis, présentée d’une manière neuve.

    Le monde dans lequel nous vivons, celui du capitalisme pourrissant et putréfié, est un monde sur la bascule. Un monde d’incertitudes, de doutes, de peurs. Nous, révolutionnaires, voulons briser le cadavre ambulant du capitalisme et de l’impérialisme. 


    Mais d’autres, ceux qui veulent le maintenir en vie, jouent sur les peurs, les angoisses, la précarité, la vulnérabilité, la souffrance. Ces agents réactionnaires font tout pour instiller un climat d’encerclement et de terreur. Pour que ces peurs puissent être dirigées contre d’autres, contre d’autres nations, contre d’autres peuples, contre des fractions au sein du peuple.

    Les appels à la haine, qui sont en France, portés de la gauche bourgeoise à la droite la plus radicale, créent le climat qui permet l’apparition de ces crimes de masse. Ceux qui les ont proférés portent une responsabilité morale écrasante.

    Nous dénonçons le terrorisme, arme de l’extrême-droite pour semer la peur dans les rangs des masses !3


    Nous dénonçons ces propagandistes comme des complices directs de cet attentat ! Ne laissons jamais les discours haineux diviser notre unité populaire, contre l’exploitation et l’oppression.


    Halte au terrorisme fasciste !


    Halte à la haine chauvine et raciste !


    Mettons fin au système d’exploitation capitaliste-impérialiste !

    1Nous conseillons de lire l’ouvrage Croire et détruire de Christian Ingrao, qui est une référence incontournable sur l’univers mental des akademikern nazis.

    2https://www.lci.fr/politique/aujourd-hui-dans-24h-pujadas-retour-sur-l-attaque-en-nouvelle-zelande-2115607.html

    3https://unitecommuniste.com/international/le-terrorisme-comme-arme-de-lextreme-droite/