Auteur/autrice : unitecommuniste

  • Neige, séisme et inondations.

    Neige, séisme et inondations.

    Routes coupées, réseau électrique détruit, communications impossibles… Plusieurs centaines de milliers d’habitants et d’habitantes de la Drôme, de l’Ardèche et de la Loire ont passé un week-end à la bougie. En cause : des chutes de neige d’une brutalité exceptionnelle, qui ont provoqué la chute de milliers d’arbres, encore porteurs de leurs feuilles.

    L’addition se paie d’un mort, de plusieurs blessés graves, de foyers privés d’électricité… Elle s’alourdit également de dommages causés aux forêts et aux exploitations (maraîchères ou plantations) qui sont nombreuses dans les régions touchées. Celle-ci fait preuve de sa vulnérabilité face aux phénomènes climatiques extrêmes. De plus, les infrastructures ont tendance à être plus vulnérables. Ainsi, joindre un simple standard de mairie devient impossible avec une panne électrique.

    Cette chute de neige brusque et intense est illustrative du dérèglement climatique, souvent limité au simple réchauffement. Or, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le réchauffement climatique ne se traduit pas par une hausse linéaire des températures. Le gaz à effet de serre retient le rayonnement infrarouge dans l’atmosphère, augmentant l’énergie de l’ensemble. L’atmosphère, comme tout système, respecte une des lois fondamentale de la physique : la thermodynamique. Or, plus un système contient d’énergie, plus la tendance à l’entropie, au désordre, est importante.

    Appliquées à l’atmosphère, ces lois expliquent que le réchauffement climatique débouche sur une hausse des phénomènes extrêmes, y compris de froid. La chaleur plus importante entraîne des effets de pompe aspirante, qui draine les masses d’air humides ou froides, en provenance de l’océan ou des pôles. Cela peut permettre de voir l’apparition de phénomènes de refroidissement, alors que cette conséquence paraît plutôt contre-intuitive.

    En effet, le vortex polaire, qui fixe les masses d’air glacées, s’affaiblit graduellement avec le réchauffement climatique. Un vortex polaire faible, cela permet donc aux masses d’air froid de descendre plus au sud qu’habituellement, et de causer des ravages inhabituels.

    Ces dégâts importants sont une conséquence malheureuse des activités humaines.

    Le séisme qui a frappé la même région la semaine précédente, et qui a causé un mort, rentre aussi dans cette liste. Bien que les séismes soient généralement d’origine naturelle, l’analyse fournie par les sismographes a démontré de l’hypocentre (le point où le séisme s’est déclenché) était très proche de la surface. Or, ce type d’événement arrive généralement lorsqu’il est lié à l’activité humaine (creusement de carrières, galeries de mine, essais nucléaires sous-terrains).

    La société Lafarge, qui possède une carrière proche de l’épicentre, a été pointée du doigt comme possible responsable du déclenchement de ce séisme. Elle possède un site industriel historique dans le secteur, entre le Teil et Viviers. Ce site est équidistant (26 et 23 kilomètres) des centres nucléaires de Tricastin et de Cruas. Cette dernière centrale a été stoppée pour vérification à la suite du séisme. Cependant, dans l’une comme dans l’autre, les arrêts d’urgence ne se sont pas déclenchés. De voix s’élèvent, depuis, pour signaler l’inadéquation des sites nucléaires français en cas de séisme sérieux, risque sous-estimé.

    A Venise, la colère des éléments s’est traduite dans une ironie mordante. Alors que le conseil municipal, dominé par la Ligue du Nord, venait de rejeter une motion pour lutter contre le réchauffement climatique, la salle du conseil a été inondée. Certes, il est possible d’améliorer la prévention, la réaction ou la résilience face aux problèmes liés au réchauffement climatique. C’est une approche « réformiste » de la question. Mais la réponse profonde, celle qui permet de pouvoir juguler le problème, ne peut pas arriver sans rupture dans la société et dans le mode de production.

    L’hypothèse du développement durable, c’est-à-dire de réussir à entremêler le social, l’écologique et l’économiquement intéressant, se heurte à un écueil fondamental : la primauté du dernier sur tous les autres. En effet, dans une économie de marché, où la recherche de la rentabilité maximale est le but ultime, il n’est pas possible pour les capitalistes (et ce même à leur corps défendant !) de détourner des ressources pour prendre en considération des éléments aussi secondaires que le social ou l’écologique. A moins que ceux-ci ne puissent être des arguments de vente, mais avec les dérives qu’on peut connaître, comme l’affaire Volkswagen. Lorsque la science est contre elle, la bourgeoisie n’hésite pas à tricher avec les données.

    Les États peuvent créer des réglementations contraignantes, certes, mais ces réglementations se heurtent à la concurrence internationale. Celui qui régule le moins rafle les marchés. Lorsque des normes sont adoptées, notamment au niveau européen, elles le sont, car elles correspondent au mode de production de l’entreprise dominant le secteur, et sont un moyen d’écraser la concurrence.

    En réalité, il n’existe pas de miracle ou de quadrature de cercle. L’économie de marché est, par nature, incompatible avec le respect des hommes, des femmes, des animaux et de la nature en général. Il n’est pas possible de concilier les deux.

    Nous avons besoin, pour ne pas être emportés par les dégâts que nous causons, d’une prise en charge rapide et démocratique des questions écologistes. Cette prise en charge ne peut être faite que dans le cadre d’une économique libérée des impératifs de profits maximum et de rentabilité maximale.

    Or, nous ne votons pas sur la production. Celle-ci conditionne la consommation, nous l’impose. Changer cela demande de pouvoir maîtriser l’ensemble de l’économie. Cela ne peut être le fait que d’un pouvoir d’une nature différente de celle que nous connaissons actuellement. Un pouvoir démocratique, un pouvoir populaire, un pouvoir qui fait plier les capitalistes. Construire les outils de ce pouvoir, voilà une nécessité impérieuse.

  • Appel national à mobilisation étudiante

    Appel national à mobilisation étudiante

    Nous retransmettons à titre informatif cet appel. Dans les grandes lignes, nous nous y rallions. Nous apportons un bémol cependant à l’absence de référence à la question des organisations syndicales et politiques. En effet, les organisations de lutte, sous toutes leurs formes, ont joué et jouent un rôle fondamental dans la défense des travailleurs et des travailleuses, des étudiants et étudiantes, ainsi que des précaires et privé.e.s d’emploi.

    L’emploi du terme avant-garde est parfois une déformation, qui tend à confondre les dérives opportunistes ou autoritaristes qui peuvent exister avec le besoin d’un noyau dur combatif. Non seulement ses dérives ne sont pas exclusives aux organisations, les groupes informels les pratiquent parfois même plus encore, mais cette formulation tend à nier la nécessité d’avancer politique et de progresser idéologiquement pour être en mesure de battre le capitalisme.

    L’UCL appelle à ce que les étudiants et étudiantes participent à cette lutte, mais rejoignent également les organisations, les syndicats et les collectifs combatifs qui organisent celle-ci et qui lui donneront des chances de victoire.

    A ce propos, nous considérons que l’attitude de la présidence de Lyon II est significative. La présence policière et la présence de groupes de sécurité sont une illustration de l’impasse dans laquelle celle-ci s’est piégée. Nous ne pensons pas que l’équipe présidentielle de l’université Lyon II soit une bande de bandits narquois qui ricanent devant les charges policières. Nous pensons qu’elle a opté pour une politique classique du « moindre mal » depuis sa nomination. Cette politique du « moindre mal » est typique de la faillite du réformisme : elle conduit à exécuter à reculons les directives du ministère et de l’Etat. Partant du principe qu’il faut mieux que ce soit eux qui le fasse plus qu’un autre plus dur, cette direction universitaire choisit de ne pas se placer en rupture avec les donneurs d’ordres. Mais, à reculons ou non, cette exécution est faite néanmoins. Répression de « gauche » ou de « droite », lorsque les ordres sont ceux des capitalistes, la différence n’est guère palpable. Si la direction de l’université Lyon II veut vraiment agir comme la force « de gauche » qu’elle dit être : qu’elle démissionne. Rien n’est possible sinon, hormis finir par envoyer la police sur ses propres étudiants et étudiantes.

    L’UCL

    Nous étudiantes et étudiants de Lyon, appelons à une mobilisation générale pour nos droits, contre la précarité, et afin de faire honneur aux convictions de notre camarade et ami qui a tenté de se suicider.

    À celles et ceux qui n’en peuvent plus. À celles et ceux qui peuvent encore mais en ont assez. À celles et ceux qui hésitent. Et à celles et ceux qui veulent bien nous entendre et nous comprendre.

    Il y a une semaine, un camarade et ami s’est immolé devant les bureaux du CROUS. Souffrant de son extrême précarité il a décidé d’attaquer le CROUS qui lui a enlevé ses bourses. Cependant, il est la démonstration même de l’extrême précarité dans laquelle vivent certain.e.s étudiant.e.s. Sa lettre en est le catalyseur : il accuse l’Etat de ne pas réussir à subvenir aux besoins premiers des étudiant.e.s, il accuse le fascisme de créer des illusions mais surtout il appelle à ce que la lutte continue et que nous nous battions. Alors oui, définitivement, son geste est éminemment politique.

    Parent.e.s, enseignant.e.s, étudiant.e.s doivent entendre et comprendre notre détresse, notre souffrance, et donc comprendre que nous sommes déterminé.e.s, puisque condamnés à « survivre » pour reprendre les mots de notre camarade. Le dialogue n’existe plus, quoique nous tentons encore de nous exprimer. Il est donc temps de prendre position et de tenir pour sortir de l’invisibilité dans laquelle nous, toutes et tous, étudiant.e.s, enseignant.e.s, et membres de cette société avons été plongés.

    La situation devient insupportable alors, pour que notre camarade ne subisse pas cette violente indifférence, et pour honorer ses convictions, nos convictions, agissons. Faisons monter ensemble la pression. Car la précarité nous touche toutes et tous. Car nous sommes toutes et tous légitimes à agir, nous qui souffrons.

    Dès la semaine prochaine, des actions de soutien auront lieu à Lyon. Aussi, nous appelons chacun et chacune à se mobiliser pour nos droits, pour l’amélioration de nos conditions de vie, et pour celles et ceux qui viennent après nous, aussi. Nous demandons le retrait de la loi ORE, de la loi d’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.ère.s, des logements salubres et accessibles (avec un plafonnement des loyers) pour tou.te.s, ainsi que le salaire à vie.

    Réquisitionnez des espaces publics pour rendre visible et audible notre contestation. Occupez les salles et amphithéâtres pour créer des espaces continus de discussions, et d’échanges. Bloquez vos universités car c’est notre unique droit de grève.

    Nous rappelons que la lutte à la fac, ainsi que l’accès aux études supérieures, sont des privilèges que certaines personnes précaires ne possèdent pas. En effet, en tant qu’étudiant.es nous ne prétendons pas être les avant gardistes de la lutte mais nous nous situons seulement dans une continuité de mouvements sociaux et d’émeutes. Nous appelons donc à rejoindre toutes les actions de solidarité organisées dans vos villes respectives. Depuis 50 ans de multiples corps de métiers et autres personnes s’organisent et se mobilisent : luttes anti-racistes, contre l’exploitation des ouvrier.ères, contre l’homophobie et la transphobie, contre l’islamophobie ambiante, contre la présence policière dans les banlieues. Il est temps que les étudiant.e.s les rejoignent. Ne restons pas fermé.e.s, ouvrons nous à tout type de lutte et de solidarité.

    Étudiant.e.s de toute la France vous disposez de vos propres forces de pression, incarnez vos propres initiatives. L’avant-garde n’existe pas.

    Vive le socialisme. Vive l’autogestion. Vive la sécu.

    Les étudiant.e.s de Lyon 2, Lyon 3, Sciences Po, Ens de Lyon

  • Communiqué commun UCL – UPML sur notre rencontre d’octobre.

    Communiqué commun UCL – UPML sur notre rencontre d’octobre.

    L’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste et l’Unité Communiste de Lyon se sont rencontrées à nouveau pour faire le point de notre activité et déterminer comment poursuivre nos objectifs. À ce titre, nous avons débattu de plusieurs choses, notamment de la conjoncture actuelle.

    Une situation complexe ici.

    La conjoncture actuelle est complexe. Au niveau de notre État, en dépit de la mobilisation immense de l’année passée, en dépit de celle qui naît actuellement, la grande bourgeoisie monopoliste continue son offensive. L’anniversaire de un an de Gilets Jaunes marquera peut-être une relance du mouvement, dont les causes n’ont pas été éteintes. Le 5 décembre marque une autre étape dans la création d’un grand mouvement de lutte sociale.

    Cependant, nous constatons que, en dépit des efforts et de la bonne volonté de ceux qui luttent, en dépit de grèves très dures, que ce soit dans le privé ou dans le public, il n’a pas été possible d’obtenir une victoire autre qu’une dilution dans le temps du programme du gouvernement.

    L’attitude de celui-ci est particulièrement résolue. Aiguillonnée par la crise, mais également par la faiblesse des organisations et partis ouvriers, la grande bourgeoisie avance à grand pas. Elle ne s’embarrasse plus de prétentions démocratiques. Elle fait usage de la répression massive, et construit un arsenal juridique pour être toujours plus efficace. Les mouvements de luttes actuels ne parviennent pas à contrecarrer cette résolution.

    Dans le même temps, elle mène une double campagne : une pour se prétendre écologiste et espérer ainsi place des candidats écologistes-libéraux en lice pour les prochaines échéances électorales. L’autre pour instiller la haine et la division, entretenant un brasier pogromiste contre ceux et celles qui sont issus de l’immigration, contre les réfugiés et réfugiées, contre les migrants et migrantes. Sous couvert de lutte contre l’islam radical, c’est une campagne raciste et discriminatoire qui est menée.

    Pourtant cette attitude n’est pas révélatrice d’une force, mais d’une situation de faiblesse. C’est par dépit que les grands bourgeois et les grandes bourgeoises avancent avec une telle brutalité. Eux-mêmes sentent le sol qui se dérobent sous leurs pieds, du fait de la concurrence internationale, de la surexploitation des ressources, de la baisse des rendements de leurs investissements, de l’endettement sans fond. Surtout, c’est le fait que leurs laquais, leurs serviteurs politiciens et politiciennes sont sans cesse désavoués par les masses populaires. L’illusion démocratique, de l’alternance, du respect des programmes, est morte. Tuée par la répression, tuée par le mépris, tuée par l’incapacité du gouvernement de prendre réellement en considération l’urgence climatique, pourtant vitale.

    Le mur auquel se confrontent ces luttes, cet obstacle invisible, c’est la politisation et l’organisation de celles-ci. Les Gilets Jaunes ont déjà, à leur niveau, franchi une étape immense, en posant les questions non plus en termes économiques, mais également en termes politiques, en posant la question du régime, du pouvoir politique et de sa nature, et en fédérant autour de l’idée d’une démocratie plus juste, bâtie une un contenu de classe, d’une ébauche de démocratie populaire.

    Permettre aux luttes de franchir cette étape, de s’incarner dans une organisation politique, voilà l’une des tâches des communistes dans leur ensemble.

    Partout dans le monde, la lutte se développe.

    Internationalement, la situation est à la fois critique et porteuses de grands espoirs. Les mouvements sociaux frappent partout dans le monde, faisant reculer les gouvernements de certains pays. Chili, Equateur, Irak, Liban, Hong Kong …. etc. , sont le théâtre d’affrontements importants. Partout dans le monde, les peuples se révoltent contre les mêmes maux, contre les mêmes exploiteurs, contre les impérialismes. L’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, membres de l’ICOR, saluent ces luttes. Nous considérons que nous avons un rôle à jouer, en tant qu’internationalistes, dans le soutien politique mais aussi pratique à ces luttes importantes. Nous soutenons la création du Front Antifasciste et Anti-impérialiste impulsé notamment par l’ICOR et l’ILPS. Nous appelons à ce que les organisations présentes en France s’incluent dans cette démarche essentielle, dans l’esprit d’une alliance internationale révolutionnaire.

    Il existe, parallèlement à cela, une autre situation importante : celle du Rojava. Elle a été au centre des discussions de la IV Conférence Internationale du Moyen-Orient de l’ICOR. Nous considérons que le combat mené par les FDS et leurs alliés est à la fois un combat extrêmement important en tant que tel, pour les enjeux de la résistance à l’oppression et à l’obscurantisme. Mais il éprouve également notre capacité, en tant que militants au sein d’un pays impérialiste, à réaliser une solidarité concrète et à comprendre réellement les enjeux de la lutte révolutionnaire démocratique.

    Ce processus révolutionnaire démocratique et anti-impérialiste a été décrit avec une grande palette de termes par différents courants politiques. Certains se montrent des apologues acritiques, incapables d’en voir les limites. D’autres, au contraire, n’ont vu que celles-ci, et ont rejeté l’intégralité de la lutte des FDS, du YPG, des volontaires internationaux, des communistes et des non-communistes. Nous pensons que nous sommes difficilement en mesure de donner des leçons de révolution à ceux qui ont vaincu Daesh et qui font face à l’armée turque. Nous ne pouvons surtout pas exiger d’eux qu’ils se fassent massacrer jusqu’aux derniers pour l’honneur et la pureté révolutionnaire. Nous avons des critiques à formuler, et nous les formulons de camarades à camarades, dans un esprit de soutien. Peut-être, comme l’affirment les puristes, le PKK et le PYD finirons par trahir la lutte, à devenir des agents de l’impérialisme et à être des relais locaux de telle ou telle force, comme le fait Barzani. Mais nous laissons les prophètes à leurs prophéties. Pour le moment, les faits ne leur donnent pas raison.

    Nous appelons à soutenir les initiatives de l’ICOR en direction du Rojava, notamment la construction d’infrastructures médicales. Nous ne nous satisfaisons pas de slogans, nous voulons pouvoir agir de manière concrète.

    Travailler à construire une riposte unitaire.

    C’est dans cet esprit que nous travaillons à construire un comité qui puisse intégrer autour d’un même ordre du jour les organisations membres de l’ICOR et leurs adhérents et adhérentes. Nous appelons ceux et celles qui seraient intéressés par l’ICOR ou les Amis de l’ICOR à se mettre en rapport avec nous. En particulier, nous appelons les organisations anti-impérialistes des zones contrôlées ou dominées par l’impérialisme français a travailler avec nous pour créer un front contre notre premier ennemi : notre propre bourgeoisie.

    Dans le même ordre d’idée, nous continuons de soutenir l’idée d’un nécessaire travail commun entre les organisations communistes, tant à l’échelle de notre État qu’à l’échelle internationale. Nous considérons que l’importance immense des tâches que les militants et militantes communistes, internationalistes, anti-impérialistes ont a remplir transcende le chauvinisme d’organisation. Nous saluons les organisations qui ont fait un premier pas en notre direction. Nous espérons que d’autres suivront. L’unité ne peut se contenter de déclarations d’intentions, elle se doit d’être réelle.

    Nous ne nions pas les débats idéologiques qui existent entre organisations. Ils sont la preuve d’une santé et d’une vigueur du courant communiste, ici. Cependant, nous pensons que nombre de ces débats ne sont pas contradictoires avec une coopération approfondie entre organisations.

    L’UCL et l’UPML ne font pas exception à cette règle. Cependant, nous pensons que les objectifs que nous avons à remplir exigent de briser le sectarisme et le chauvinisme d’organisation. Nous avançons nous même sur la voie d’une fusion organisationnelle.En dépit des débats idéologiques, politiques, programmatiques, nous considérons que nous avons à faire à un ennemi implacable. Ne nous ignorons pas !

    Nous appelons à des prises de position communes, notamment sur l’actualité politique ou internationale. Nous appelons à un travail commun, unitaire, réalisé dans un esprit de camaraderie, non de concurrence. Nous appelons à une collaboration dans l’analyse de l’actualité, mais également de notre héritage historique.

    Nous mettons en projet plusieurs chantiers importants pour la construction de nos organisations. Plusieurs formations seront faites pour élever le niveau de compréhension théorie, idéologique et politique de nos membres. Elles donneront lieu à des publications extérieures Nous préparons également plusieurs campagnes, dont certaines sont inspirées par l’ICOR, mais d’autres correspondent à la situation nationale ou locale.

    En 2021, le 150e anniversaire de la Commune de Paris sera aussi l’occasion de tirer les enseignements de cette expérience fondamentale, tant d’un point de vue idéologique qu’organisationnels.

    Nous considérons que notre travail conjoint avance d’une manière satisfaisante et ouvre la voie à un renforcement de nos organisations, mais également de l’influence des conceptions révolutionnaires communistes dans l’ensemble de la société de notre pays.

    Avançons, ensemble, vers la construction du Parti qui nous manque. Avançons, ensemble, vers la victoire.

  • 100 millions sinon rien – partie 9.  Le Grand Tournant

    100 millions sinon rien – partie 9. Le Grand Tournant

    La planification et le grand tournant, lancés en 1928 et 1929, n’ont pas d’équivalent dans l’histoire en termes de transformation profonde de l’économie et de la vie sociale. Cette étape dans la construction du socialisme a été critiquée avec véhémence par plusieurs commentateurs et par les oppositions. Boukharine la voyait comme prématurée, voir non nécessaire, ne comprenant pas les processus de concentration de la propriété foncière et de la terre entre les mains des Koulaks ; Trotski la voyait comme quelque chose d’impossible, d’irréalisable. Il aurait fallu se contenter d’un impôt spécial, mais ne pas toucher à la propriété de la terre. Ces critiques sont légitimes quand elles touchent à la forme, bien que les Soviétiques ont fait ce qu’ils pouvaient. Sur le fond de l’affaire, il n’existait pas d’autre possibilité de pouvoir transformer radicalement le fonctionnement de la production soviétique.

    Pour pouvoir passer d’une économie nationalisée (partiellement) à une économie socialiste, il fallait réussir un véritable tour de force. Il fallait être capable de recenser les ressources, le potentiel industriel, le potentiel humain. Mais réussir également à accorder les décisions économiques centralisées, qui relèvent de la planification et les décisions économiques courantes, lesquelles, elles, relèvent de la gestion économique courante.

    Or la planification est beaucoup plus profonde que la question de la simple gestion. Beaucoup voyaient dans le socialisme une simple économie « autogérée » ou nationalisée. Il ne s’agit pas que de produire sous le patronage de l’État, mais bien de transformer complètement les rapports de production au sein de la société, et de mettre fin aux échanges marchands de manière progressive.

    Or, passer d’un système où, même limitée, la sphère du marché existe, les rapports marchands forment la base principale des rapports économiques entre les individus, à un système planifié n’est pas une mince affaire. Même aujourd’hui, y compris dans un État possédant une base industrielle solide, même en incluant l’expérience soviétique, il serait particulièrement difficile de parvenir à réaliser sans à coups cette opération. Elle était d’ailleurs préparée de longue date. Le Gosplan, l’organisme qui était chargé de la mise en place de la planification, avait travaillé dès le début de l’URSS, dans le but de pouvoir identifier les ressources, faire l’inventaire des entreprises et des industries, tout comme des perspectives de développement économique. La tâche était immense.

    La planification était vue, dans le Parti, comme allant de soi. La collectivisation, quant à elle, faisait débat. Pourtant, comment faire pour, d’une part, parvenir à financer la construction d’une industrie, de l’autre parvenir à ne pas être sous la dépendance du bon vouloir de la paysannerie, et en particulier de la paysannerie riche ?

    Boukharine préconisait de simples impôts. Trotski, moins fixé sur cette question, avait oscillé entre cette position (au moment de l’opposition unifiée) et des expéditions punitives assorties de réquisitions. Ni l’une ni l’autre n’étaient viable. L’une parce qu’elle laissait libre cours au marché libre des denrées alimentaires, l’autre parce qu’elle rompait l’alliance entre ouvriers et paysans et exposait l’URSS à une guerre civile.

    La collectivisation suivait un but rationnel. Il fallait regrouper les propriétés paysannes entre elles, permettre ainsi la rationalisation de l’utilisation des machines. L’État achetait à un prix fixé les denrées produites par les exploitations collectives et les vendait dans les villes. Le profit généré servait à financer l’industrialisation. En échange, l’État produisait des SMT (Station de Machines de Travail) qui étaient alloués aux Kolkhozes. Le gain de productivité ainsi réalisé permettait d’augmenter la production progressivement et de créer un cercle vertueux. Il n’avait pas été tranché de manière précise la question du marché paysan et de la possibilité pour les agriculteurs de travailler une terre privée.

    La collectivisation s’est imposée comme la seule et unique possibilité. Mais comment la réaliser ? Ce n’était pas non plus une évidence. L’idée généralement admise était qu’il fallait convaincre les paysans des bienfaits de la collectivisation. Mais cette entreprise n’allait pas de soi. Elle a eu un coût terrible, regrettable, mais difficile à éviter.

    En 1929, au moment où elle est mise en œuvre, cette politique arrive à un moment où l’URSS se heurte à un mur invisible. D’une part le contexte international est davantage tendu que jamais. Déjà en 1927, il y eu une rupture des relations diplomatiques entre la Pologne et l’URSS. Une guerre semblait imminente, avec, derrière, l’intervention anglaise comme un risque réel. De plus, la paysannerie riche, en position de force, dicte sa loi. La récolte catastrophique de 1928 indique un changement d’attitude chez elle, laissant supposer qu’un conflit de classe est imminent.

    En décembre de la même année, la direction soviétique décide alors de lancer l’opération. Elle s’accompagne, contrairement aux récits maintes fois élaborés de toute pièce, d’un véritable mouvement de masse. Et pour cause, l’encadrement communiste est particulièrement faible dans les campagnes. Ce bouleversement est parfois nommé « révolution culturelle stalinienne » tant il est profond. Il forme un effet boule de neige qui entraîne les campagnes, et les enflamme parfois.

    Tandis que la récolte de 1928 avait entamé grandement les réserves de l’URSS, le temps des troubles de 1929-1930 accentue le problème. La situation ressemble, par certains aspects, à celle de la période du communisme de guerre. L’URSS doit faire un choix.

    • Contrairement à la grossière caricature qui est faite, y compris dans La ferme des animaux de G. Orwell, elle réduit considérablement ses exportations. Ce choix est connu depuis peu, au travers des travaux de S. Wheatcroft et de M. Tauger. Il a placé l’URSS dans une situation difficile vis-à-vis de ses créanciers, d’autant qu’elle doit même importer. Le problème s’est partiellement résolu en liquidant la collection d’œuvre d’art de l’Hermitage, permettant de trouver des devises.
    • Si l’Union soviétique lâche complètement la bride à la campagne, et laisse faire la politique de sabotage de la part des franges anticommunistes de la paysannerie, elle expose les villes à la famine.
    • Si elle mène une politique de réquisition, elle s’aliène une partie importante de la campagne, comme à l’époque du communisme de guerre.

    Sommée de choisir, le gouvernement soviétique a dû revenir aux réquisitions, face auxquelles une partie de la paysannerie a réagi en accentuant le sabotage et en refusant d’effectuer les livraisons. Les régions agricoles majeures ont été logiquement les plus touchées, à commencer par l’Ukraine. Il n’en fallait pas moins pour que se déchaînent les passions sur un hypothétique génocide prémédité.

    Dans l’esprit des fossoyeurs de l’URSS

    Dans l’acceptation généralement admise en occident, la collectivisation et la planification étaient uniquement conçus pour briser la paysannerie et imposer « le totalitarisme », détruire la société traditionnelle paysanne, voire massacrer pour « imposer le pouvoir ». Un pouvoir fétichisé, le plus souvent sans contenu de classe, ni ambition politique claire. Au mieux, l’opération sert à « transformer l’URSS en grande puissance », au pire… on en arrive à l’Holodomor.

    Une certaine littérature, animée par l’extrême-droite, mais reprise, comme très souvent, par l’extrême-gauche anti-totalitaire, a travaillé avec ardeur pour faire de la collectivisation un génocide. L’Holodomor serait une punition collective infligée par le gouvernement soviétique à un peuple ukrainien rétif, qu’il faudrait discipliner. Le gouvernement ukrainien de la Révolution orange, inspiré par ces thèses, en a fait usage, quitte à tordre la réalité historique :

    « Ainsi en va-t-il de l’Holodomor en Ukraine : les famines de 1931-1933 ; littéralement Holodomor signifie « laisser mourir de faim ». Le Parlement ukrainien a voté en 2006 une loi qui reconnaissait l’Holodomor comme un génocide envers le peuple ukrainien et qui en condamnait la négation publique. Elle suscita immédiatement des controverses, avec pour enjeu le passé communiste et les objectifs de Staline. S’agissait-il, comme l’a affirmé le président Iouchtchenko, « d’anéantir la mémoire nationale », en sapant les fondements de « la spiritualité ukrainienne (la famille, la foi en Dieu, l’amour de la terre ») ? Finalement, la pénalisation de la négation ne fut pas retenue, non plus que le caractère spécifique du crime contre le peuple ukrainien. » (Hartog, 2013)

    L’impossibilité de caractériser juridiquement le crime contre la « spiritualité ukrainienne », mais également la levée de bouclier par les associations de victimes de la Shoah, heurtés par les tentatives de réhabilitation sous-jacentes de criminels nazis, ont mis fin à la tentative. En dépit de cette absence de fondement juridique, elle est constamment diffusée, notamment par le biais de l’Éducation Nationale. Elle est une héritière directe de l’influence toujours vive de la « querelle des historiens », mais aussi de la Guerre froide.

    Ce qui ressort des travaux des chercheurs, c’est que le phénomène de famine n’a pas été localisé exclusivement à l’Ukraine, illustrant une politique spécifique de la part de la direction soviétique, mais qu’il a été un phénomène diffus. Diffus dans le temps, car débutant avec la récolte de 1928 et se terminant aux alentours de 1932-1933, mais également diffus géographiquement, car concernant une grande zone géographique, allant de l’Ukraine au Kazakhstan.

    Le caractère exceptionnel de cette famine est également le fait d’un tour de passe-passe. Cette opération vise à comparer des situations incomparables dans le monde. En effet, les détracteurs de l’Union soviétique comparent implicitement ou explicitement l’URSS à des États occidentaux, montrant la famine comme un signe d’arriération moyenâgeux, évoquant dans les esprits l’image de la Grande peste ou de l’Ancien régime. Deux choses séparent fondamentalement pourtant ces pays de l’URSS :

    • L’accès au marché international des semences et des denrées agricoles avec une souplesse au niveau du crédit. Le plus généralement, l’Union soviétique est traitée comme un partenaire commercial qui doit payer immédiatement, ce qui demande des devises étrangères, des fonds de roulements…etc. Cela rigidifie grandement la possibilité de nouer des relations commerciales.
    • Le caractère impérialiste des autres pays. Ce point n’est pas à négliger. L’abondance de produits de consommation agricole dans les pays « développés » (en réalités dominants) n’est pas un tour de magie productiviste. C’est avant tout la possibilité de compter sur la surexploitation et les superprofits réalisés ailleurs. Parfois, les pays impérialistes ont tout simplement fait payer leurs colonies à leur place. La France, entre 1940 et 1948, a ainis imposé un régime de « ravitaillement » au protectorat du Maroc, obligeant celui-ci à livrer des denrées alimentaires. 200 000 sont morts de faim. La famine du Bengale, en 1943, qui a fait entre 2 et 4 millions de morts, a été provoquée par les choix économiques du gouvernement britannique. La seule réponse de Churchill a la situation fut de dire  « Alors pourquoi Gandhi n’est-il pas encore mort ? ». Les famines actuelles sont également le fruit de cette surexploitation avide et criminelle.

    Mais qu’en est-il réellement ?

    Nul ne conteste que la mortalité est montée en flèche durant la période. En revanche la paternité de cette hausse de mortalité, les raisons politiques ou techniques de son apparition, sont toujours débattues. Souvent, en revanche, l’attribution des causes est liée à une pétition de principe qui impute au gouvernement soviétique, voir à la personne même de Staline, l’alpha et l’oméga de l’intégralité des événements qui ont eu cours durant la période. Ces capacités surhumaines attribuées au gouvernement soviétique sont flatteuses, mais ne reflètent pas une réalité nettement moins avantageuse. Dès 1958, avec Smolensk under soviet rule, écrit par Merle Fainsod, démonstration est faite que, à cette période le gouvernement soviétique et le Parti communiste contrôlent assez peu la population. Les travaux ultérieurs sur les archives soviétiques, avec un corpus plus large, n’ont fait que confirmer cela. Parler d’un totalitarisme tentaculaire, bureaucratique et maître du territoire est un contre-sens historique. Cela a, bien sûr, été tenté par des politologues comme Brzezinski, dans l’unique but de s’attaquer au bilan de l’Union soviétique.

    L’échec de cette opération n’en a pas moins empêché la diffusion, notamment par le biais des manuels scolaires. Cette historiographie, qui fait de la collectivisation « un massacre de Koulaks » est avant tout une condamnation du socialisme. Elle ne se base sur aucune réalité.

    En dépit de l’imagerie habituelle, très rapidement, la direction soviétique prend conscience du fait que les choses ne se passent pas « comme prévu ». En mars 1930, Staline publie dans la Pravda un article appelé « les vertiges du succès » Il marque un coup d’arrêt à la collectivisation forcée, laquelle dure en tout est pour tout 3 mois. La collectivisation sera donc faite par le fait de convaincre la paysannerie, tandis que des lopins individuels sont conservés comme moyen terme.

    Finalement, le succès est progressif, mais réel. La paysannerie est majoritairement dans les kolkhozes. Mais l’opération s’est mal passée. Aux yeux de la direction, cela révèle la faiblesse de leur encadrement et la qualité assez basse des cadres communistes de rayon. Certains agissent en seigneurs féodaux, d’autres s’enivrent avec les Koulaks qu’ils sont censés liquider en tant que classe. Certains dirigeants de soviet locaux sont également des contre-révolutionnaires, propriétaires fonciers, parfois même copinant avec les bandits de grand chemin, qui existent toujours à cette période.

    Le Parti, qui s’est largement prolétarisé dans les années 1920, est devenu une organisation immense, avec plusieurs millions de membres 1 600 000 en 1930, 3 500 000 en 1933. Or, le niveau politique est souvent très bas, tandis que le fonctionnement, toujours inspiré par la clandestinité, renforce l’existence d’un blat quasiment omniprésent. Dans la période de tension des années 1929-1933, les purges visent surtout l’expression politique contre la collectivisation. Elles touchent 250 000 personnes, mais ne sont ni des déportations, ni des exécutions. En revanche, une vérification de fond en comble de l’appareil du Parti n’est pas possible dans la situation. Celle-ci à donc lieu à l’issue de l’épreuve de force, en 1933, à une vaste révision des cadres. Il s’agit d’une des premières grandes purges.

    Une lecture policière de l’histoire en a fait le premier acte d’une série visant à assurer une domination totale à Joseph Staline sur l’appareil d’État. Or cette reconstruction a posteriori des événements se marie mal avec les autres éléments dont il est possible de disposer, à commencer par une réintégration de certains opposants, à l’image de Préobrajenski.

    À l’issue de cette période, la politique soviétique entre dans une phase de calme relatif et de relâchement. Ces années, de 1930 à 1934 sont cependant une période de transformations importantes de la société soviétique, en particulier de son mode de vie.

  • LIBERTÉ POUR MÜSLÜM ELMA

    LIBERTÉ POUR MÜSLÜM ELMA

    LIBERTÉ POUR MÜSLÜM ELMA
    faites du 15 novembre 2019 une journée mondiale d’action !

    L’ICOR exige la libération immédiate de Müslüm Elma de sa détention en Allemagne !

    Le communiste de Turquie Müslüm Elma a été arrêté en Allemagne le 15 avril 2015 avec d’autres personnes. Avant son arrestation, il avait vécu pendant des années en tant que réfugié politique reconnu en Allemagne. Le 17 juin 2016, l’un des plus grands procès de relatif à la sûreté de l’État de ces dernières décennies a débuté en Allemagne. Outre Müslüm Elma, neuf autres communistes, hommes et femmes, sont accusé-e-s d’avoir formé le Comité à l’étranger du Parti communiste de Turquie / marxiste-léniniste et d’avoir ainsi agi en tant que membres ou – dans le cas de Müslüm Elma – en tant que meneur d’une « organisation terroriste étrangère » conformément à l’article 129b du Code pénal allemand.

    Le Parti communiste de Turquie / marxiste-léniniste est une organisation interdite uniquement en Turquie. À juste titre, il n’est interdit ni en Allemagne ni dans d’autres pays européens et ne figure sur aucune des listes de terroristes nationales ou internationales. Ni Müslüm Elma ni aucun-e des neuf autres communistes n’est accusé-e d’un acte de violence ou d’un autre délit punissable – à l’exception de l’appartenance à cette organisations.

    Le gouvernement fédéral allemand et la justice allemande se font les hommes de main du régime fasciste d’Erdogan dans ce procès.

    Sur dix révolutionnaires, hommes et femmes, qui ont été emprisonné-e-s à l’origine, seul Müslüm Elma est toujours en prison. Mais le procès contre chacun-e d’entre eux/elles se poursuit. La Confédération des travailleurs de Turquie en Europe (ATIK) mène une campagne « Liberté pour Müslüm Elma » du 4 novembre 2019 au 2 décembre 2019. L’ICOR soutient cette campagne et demande toutes les organisations membres de prendre part aux actions de protestation internationales le 15 novembre. L’ATIK écrit : « Organisez des rassemblements/actions [dans vos pays] le 15 novembre 2019 devant les consulats/ambassades allemands… Les actions menées en Allemagne et à l’étranger exerceront une pression considérable sur les autorités et auront un impact décisif, de toute évidence. C’est pourquoi nous tenons à souligner une fois de plus que la solidarité est d’une grande importance. …
    Veuillez nous envoyer l’appel et le rapport de l’action que vous allez réaliser pour que nous puissions les diffuser ».
    Les rapports souhaités peuvent être envoyés sous forme de texte, de vidéo, de photo – sous quelque forme que ce soit, mais veuillez les envoyer dès que possible.

    Müslüm Elma a été politiquement actif depuis sa jeunesse à Diyarbakır et a été emprisonné en Turquie pendant plus de 20 ans et soumis à de graves tortures. Il écrit : « De plus, nous ne sommes pas venus au monde comme  » terroristes« , comme vous nous accusez souvent. En d’autres termes, nous sommes nés comme tous les autres enfants. Plus tard, nous étions tous des élèves qui avaient un but : L’éducation. … Si vous cherchez les vrais coupables, vous vous êtes trompés d’adresse. Les vrais coupables sont les impérialistes et leurs collaborateurs. Et ce qui fait de nous des socialistes, ce sont leurs politiques avides, qui plongent des millions de personnes dans la pauvreté et la misère, et leurs guerres injustifiées, qui ont été déclenchées à cette fin, et les politiques de destruction qu’elles ont menées en parallèle ».

    Il poursuit en parlant d’emprisonnement et de torture :  » Dès qu’ils m’ont mis dans la voiture de police, ils m’ont frappé et m’ont posé des questions en même temps. … Moi, par contre, je n’étais ni pressé ni obligé de répondre aux questions posées. Car le silence était approprié…. Ce soir-là, ils ont pratiqué toutes les méthodes de base qui existaient dans les centres de torture. Leurs éclats de rire lors de mon arrestation ont été remplacés par la colère et l’impuissance. … Oui, la torture est un crime contre l’humanité. Affirmer son droit au silence est la défense de la dignité humaine. »

    Un dossier détaillé sur Müslüm Elma et la campagne ainsi qu’une affiche peuvent être téléchargés à partir du site web de l’ICOR.

    Liberté pour Müslüm Elma !
    Liberté pour tou-te-s les révolutionnaires emprisonné-e-s !

    Signataires (en date du 06/11/2019, liste actuelle des signataires sur www.icor.info):

    1. RCP   Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)
    2. UPC-Manidem   Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie, Cameroun
    3. CPK   Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    4. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    5. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    6. MLOA   Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    7. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    8. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    9. Ranjbaran   Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    10. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    11. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    12. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine
    13. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    14. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    15. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    16. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    17. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    18. MIKSZ   Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
    19. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    20. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    21. VZDOR   VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie
    22. TIKB   Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)
    23. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    24. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    25. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    26. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    27. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    28. PCR-U   Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)PCPC
  • Appel unitaire contre le SNU

    Appel unitaire contre le SNU

    Le Service national universel que le gouvernement veut rendre obligatoire pour les jeunes de 16 ans 

    Une opération de soumission de la jeunesse : il s’agit d’inculquer un esprit d’obéissance aux règles, un respect absolu des normes… Règles et normes qui, pour la plupart, ne visent qu’à perpétuer les inégalités et injustices inhérentes à l’organisation actuelle de la société. Cette volonté de soumission passe aussi par un contrôle renforcé, notamment à travers la mise en fiches de tous les jeunes de 16 à 25 ans ; on sait comment ce genre de fichier peut être utilisé ! Volonté de soumission, enfin, car elle ne reconnaît comme « engagement » des jeunes que les dispositifs étatiques. 

    La remise en cause des droits des travailleurs et travailleuses : les jeunes du SNU seront utilisé/es pour remplacer des emplois aujourd’hui occupés par des employé/es qui ont un salaire, une convention collective ou un statut, la possibilité de s’organiser syndicalement, des droits individuels et collectifs. Avec le SNU, chaque année, 800 000 jeunes seront exploité/es, sans aucun de ces droits, pour des durées variables ; ils et elles seront très vivement encouragé.es à poursuivre leur « engagement volontaire » par un service civique, dans les mêmes conditions de précarité. 

    Des dépenses considérables : 6 milliards €/an, selon un rapport sénatorial de 2017. Ces milliards seraient bien plus utiles pour le service public de l’Éducation, qu’aux mains des militaires ! 

    Le renforcement de la militarisation. Encadrement militaire, levée du drapeau, chant guerrier, uniforme, parcours du combattant, raid commando, etc. contribueront à l’endoctrinement des jeunes. La propagande visera à banaliser encore plus le rôle de l’armée, alors que celle-ci est en pointe dans la répression, sur le territoire français, dans les colonies et diverses régions du monde. Sans surprise, il n’est nullement question dans le programme de pacifisme, de non-violence, ni de remise en cause du rôle de l’armée. 

    Le gouvernement nous dit : Il faut que les jeunes s’engagent. Mais c’est déjà le cas ! 

    Ils et elles s’engagent pour lutter contre le racisme, pour que cesse la destruction de la terre, pour défendre leur droit à étudier, pour le partage des richesses, pour le droit au logement, pour l’égalité des droits et contre les discriminations, etc. Ce n’est pas à l’État de les forcer à s’engager ! 

    Comment peut-on parler d’apprendre la citoyenneté, lorsqu’on confie l’encadrement à l’armée (qui, par ailleurs, n’était pas demandeuse) ? 

    Non au SNU ! Abrogation du SNU ! 

    Campagne unitaire contre le SNU : Union pacifiste, Union syndicale Solidaires, Solidaires Étudiant.e.s, ASSO-Solidaires, SUD éducation, SUNDEP Solidaires Sud Enseignement privé, Solidaires Jeunesse et Sports, Fédération Éducation de la Confédération Nationale du Travail, Émancipation tendance intersyndicale, Mouvement National Lycéen, Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne, Fédération nationale de la Libre Pensée, Droits Devant !!, Ni guerres ni état de guerre, Causes communes, Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre, Parti Communiste des Ouvriers de France, Europe Écologie – Les Verts, Fédération Anarchiste, Union Communiste Libertaire, L’insurgé, Les Jeunes écologistes, Union des Jeunes Révolutionnaires, Union Prolétarienne, Unité Communiste de Lyon, Radio-Libertaire, Revue Silence. 

  • Solidarité avec le Rojava – Défendez la révolution démocratique en Syrie du Nord-Est

    Solidarité avec le Rojava – Défendez la révolution démocratique en Syrie du Nord-Est

    Appel de l’ICOR pour la World Resistance Day [Journée mondiale de résistance] – Journée internationale pour Kobanê

    Pour la cinquième fois, l’ICOR appelle à la journée mondiale pour Kobanê, qui est cette année dénommée World Resistance Day. C’est dans ce sens que j’appelle toutes les organisations membres, les Amis de l’ICOR et toutes les personnes pacifiques et les organisations combatives du monde : Faites du 2 novembre 2019 le jour de la résistance mondiale contre l’attaque turque ! Organisez des manifestations, des actions devant les ambassades des impérialistes impliqués, mobilisez et faites le travail de persuasion parmi les masses. 

    En 2014, encore au milieu des luttes acharnées contre le Daesh fasciste et de la victoire imminente des combattants de libération unis à Kobanê, il y a eu la première journée  mondiale pour Kobanê. En janvier 2015, la ville a été libérée et puis reconstruite selon les objectifs de la « Fédération démocratique de la Syrie du Nord-Est ». Avec une solidarité internationale impressionnante, dont fait partie le Centre médiacl ICOR, qui a été construit en 9 mois par des brigadistes. Avec l’autonomie démocratique, l’égalité des femmes et des hommes, les principes écologiques pour la protection de la nature, le Rojava représente la perspective d’une société libérée.  

    Aujourd’hui, en 2019, Rojava est à nouveau le théâtre d’une résistance efficace et courageuse contre l’invasion de la Turquie, qui viole le droit international et travaille étroitement avec le Daesh et les djihadistes. Depuis le 9 octobre 2019, le régime barbare turc couvre les combattants et la population civile de terreur, d’attentats à la bombe en utilisant aussi des bombes au phosphore interdites. Sous la direction des SDF (Forces démocratiques syriennes), la population arabo-kurde et tous les autres groupes ethniques qui y vivent ont défendu leur territoire, causé des défaites à l’armée turque sur le terrain et obtenu en lien avec la résistance solidaire mondiale un armistice, qui est pourtant constamment brisé. Les accords entre la Russie et la Turquie (accord de Sotchi) et entre la Turquie et les États-Unis signifient la trahison des intérêts du peuple kurde ainsi que des autres groupes ethniques vivant dans la région. Les SDF, en tant que représentantes légitimes de la population vivant dans le nord de la Syrie, n’ont même pas été invitées ou amenées à la table des négociations. Un diktat impérialiste de « paix » a été négocié entre les puissances dominantes. Le marchandage avec Erdogan a largement satisfait ses objectifs de guerre. 

    Mazlum Abdi Kobanê, le commandant général des SDF, a clairement indiqué qu’elles se félicitent bien sûr de l’armistice, mais que la majorité des points de l’accord de Sotchi ne sont pas dans l’intérêt de la population et ne sont pas reconnus par les SDF. 

    Abdi Kobanê exprime sa gratitude pour la remarquable solidarité internationale : « Mes remerciements à tous ceux qui, dans le monde entier, sont devenus la voix de notre peuple contre l’occupation turque » . Avec l’avertissement : « Les gens sur les places et dans les rues, les amis qui nous soutiennent…. doivent tous être vigilants et continuer leur travail. »

    Retrait de toutes les troupes étrangères de la Syrie du Nord-Est – immédiatement !

    Non à tout diktat de négociations impérialistes ! 

    Solidarité avec la révolution démocratique au Rojava !

  • Interview de  Salih Müslim (MLKP)  à propos du Kurdistan syrien

    Interview de Salih Müslim (MLKP) à propos du Kurdistan syrien

    « Nos seuls amis sont dans les rues du monde entier! »

    Salih Müslim a été coprésident du Parti de l’Union démocratique syrienne (PYD) de 2010 à 2017. Il est actuellement coordinateur adjoint du Comité national de coordination pour le changement démocratique. Le 26 octobre 2019, il a pris position par rapport à la guerre d’agression du régime turc fasciste sur la Fédération démocratique du nord-est de la Syrie.

    Salih Müslim a été invité pour prendre la parole lors de la manifestation du Parti communiste marxiste-léniniste de Turquie (MLKP) [Le MLKP est membre de l’ICOR] à Ludwigshafen/Allemagne le 26 octobre à l’occasion de son 25e anniversaire. En raison de la situation de guerre, Salih Muslim n’a pas pu entrer en Allemagne. Il a envoyé le message ci-dessous pour la discussion sur le podium via Skype. La Turquie demande l’extradition de Salih Müslim, car le démocrate convaincu est un terroriste à leurs yeux. Nous publions son message complet ici.

    Salih Muslim :
    « Depuis le 9 octobre, Rojava a été attaqué non seulement par la Turquie, mais également par des bandes terroristes islamistes. Le 17 octobre, un cessez-le-feu est intervenu. Nous sommes prêts à discuter, mais l’autre côté ne nous a pas respectés. L’accord, et avec les Russes et avec les États-Unis, nous ne les acceptons pas. Nous n’acceptons que la trêve. En outre, il n’existe pas de véritable cessez-le-feu, les attaques se poursuivent et la population civile est attaquée.

    Pas le choix mais la résistance par tous les moyens
    Tout le monde est uni et ces pouvoirs n’écoutent personne. Cela vaut en particulier pour l’AKP et le MHP (parti fasciste en Turquie, qui forme le gouvernement avec l’AKP d’Erdoğans, note de l’éditeur). Nous n’avons d’autre choix que de résister par tous les moyens. 300 000 personnes ont déjà pris la fuite. Beaucoup d’entre eux sont seuls, la plupart doivent dormir en plein air n’ayant pas d’abri. À Kobanê ou à Hasaka, ils viennent essayer de s’occuper d’eux, mais dans bien d’autres endroits, ils n’ont personne pour s’occuper d’eux.

    Les organisations d’aide des organismes internationaux n’apportent aucune aide en matière de médicaments. Il y a de moins en moins d’hôpitaux en fonction. Du Kurdistan du Sud¹, nous recevons des marchandises, mais elles sont complètement insuffisantes. L’infrastructure est perturbée – les routes entre les villes ont été fermées.

    L’espace aérien doit être bloqué
    Nous ne sommes plus confrontés seulement à Daesh. Des drones et des avions de chasse des fascistes turcs menacent également nos vies. L’espace aérien doit être bloqué! Depuis plus de deux ans, la Turquie entretient de bonnes relations avec Daesh. Ils avaient occupé les puits de pétrole pendant une période à l’Est, développé un commerce de pétrole dynamique et la famille Erdoğans avait également gagné beaucoup d’argent grâce au gaz naturel.


    La résistance de Kobanê est un signal énergique
    La bataille de Kobanê a commencé alors que Daesh et les membres de gangs devaient se trouver à la frontière. Maintenant, ils se préparent à une nouvelle attaque. Ces gangs assassinent, détruisent et mutilent les gens.

    Il y avait des rassemblements internationaux et des accords contre nous. L’ONU, les États-Unis et la Russie se sont rencontrés trois fois. C’est un ignoble plan, ils se sont tous mis d’accord contre les Kurdes. Nous connaissons le génocide des Arméniens, il s’agit en définitive d’un génocide des Kurdes. Surtout, l’attaque vise le système démocratique, les droits des femmes, l’autonomie gouvernementale et la coexistence pacifique multiethnique. Ils veulent détruire ça !
    Nos seuls amis sont dans les rues du monde entier! Ils devraient le savoir: nous résisterons jusqu’au bout. Nous ne nous sentons pas seuls parce que vous existez! Nous nous défendrons jusqu’au bout – et le but c’est la victoire. Cette victoire profitera à toutes les forces progressistes du monde. Nous n’avons jamais été séparés de vous ces dernières années. Et c’est pourquoi la victoire ne sera pas seulement la nôtre, elle sera aussi la vôtre. »

  • Résolution finale de la 4e Conférence de l’ICOR Moyen Orient

    Résolution finale de la 4e Conférence de l’ICOR Moyen Orient

    Lettre d’accompagnement à la résolution finale de la 4e Conférence de l’ICOR Moyen Orient et Afrique du Nord

    Cher-e-s camarades,

    la troisième Conférence mondiale de l’ICOR a décidé d’intensifier les efforts dans la région du Moyen Orient. Dans ce processus, il y a eu maintenant un progrès très important : la 4e Conférence Moyen Orient et Afrique du Nord a pu avoir lieu (pour la première fois) avec le Liban comme pays hôte aussi dans le Moyen Orient.

    La conférence a réalisé un échange et une coopération fructueux des différents partis et organisations de la région et au-delà. Tout à fait dans l’esprit de l’ICOR que les révolutionnaires du monde doivent coopérer plus étroitement dans les questions dans lesquelles ils sont déjà d’accord et discuter des divergences avec une culture de débat démocratique. Vous trouverez les questions clés de la discussion dans la résolution finale.

    La participation aussi d’organisations qui ne sont pas membres de l’ICOR jusqu’à présent, leur a permis de faire la connaissance de notre travail et nous a permis d’apprendre de leurs expériences, connaissances et opinions – ce qui a été accueilli très positivement des deux côtés. Ceux présents a cette conférence étaient : les LCP/Liban, MLKP/Turquie-Kurdistan, MLPD/Allemagne, Newroz Association/Kurdistan, PFLP/Palestine, PPDS/Tunisie, TKP-ML/Turquie, MMLPL/Maroc, ILPS, DFLP/Palestine, ainsi qu’une représentante de Levantinist Progressive Movement pendant une journée.

    Activement ont participé par des messages ou étaient empêchés de venir seulement pour des problèmes de visa : les CPI(ML) Red Star/Inde, PCR Égypte, CPI Komala/Iran et ont été, pour cette raison, aussi questionnés pour la signature.

    La résolution finale de la Conférence Moyen Orient peut alors être publiée maintenant. Malheureusement le DFPL n’a pas pu se résoudre après tout à la signer en tant qu’organisation. Néanmoins la résolution est un succès important et une bonne clôture de cette conférence réussie – et en même temps le prélude à la poursuite de la coopération ! Les organisations soussignées sont énumérées ci-dessous. Un grand merci au MLKP pour le travail préparatoire approfondi !

    Toutes les organisations de l’ICOR ou bien d’autres organisations amies peuvent également signer cette résolution !

    Salutations cordiales

    Les participants de la 4e Conférence de l’ICOR Moyen Orient et Afrique du Nord du 28 et 29 septembre 2019 à Beyrouth adoptent la résolution suivante :

    Faire progresser la lutte commune et la révolution au Moyen Orient et en Afrique du Nord !

    1. Depuis des décennies, le Moyen Orient et l’Afrique du Nord sont le cible d’agressions impérialistes en raison de la richesse de leurs ressources naturelles et de leur importance géopolitique. Nous rejetons fermement toute ingérence impérialiste dans cette région. Nous sommes d’accord pour dire que nous ne prenons parti que pour la classe ouvrière et les larges masses des opprimés dans leur résistance et leur lutte pour des sociétés libérées.

    2. Il existe d’importants mouvements de libération nationale et de révolution au Moyen Orient et en Afrique du Nord. Nous reconnaissons et soutenons les efforts déployés par les peuples kurde et palestinien pour s’entraider mutuellement dans leurs luttes. Leurs luttes sont d’une importance stratégique pour la région et le monde. Nous soutenons la revendication d’inclure une administration multi-ethnique, multireligieuse et autonome dans le Comité constitutionnel en Syrie.

    3. Nous sommes aux côtés de la résistance palestinienne contre l’occupation sioniste et réaffirmons notre soutien aux droits nationaux du peuple palestinien et, au-delà, au droit au retour, conformément à la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations unies en 1948.

    4. Nous soutenons la lutte kurde contre l’État fasciste turc et ses alliés impérialistes.

    5. La lutte pour un Moyen Orient et une Afrique du Nord libérés est inséparable des luttes dans le monde entier. Les luttes et grèves du mouvement ouvrier du Pérou à l’Australie, les luttes de libération armée dans différentes parties du monde et les luttes des militants écologistes font partie des luttes qui nécessitent notre participation et notre solidarité. Leur ennemi commun est le système impérialiste mondial. Pour vaincre cet ennemi, nous devons nous organiser au-delà des frontières.

    6. La libération des femmes dans la construction du parti, la lutte de classe et pour une société libérée est la réponse à la double exploitation et oppression de la masse des femmes. Cela a été sous-estimé dans les partis de gauche et communistes, et il reste encore beaucoup à faire. Nous apprécions le rôle important que jouent les femmes. Il a été très évident dans diverses luttes dans la région, en particulier parmi les révolutionnaires dans le Nord et l’Est de la Syrie et en Palestine. Les femmes ont également joué un rôle actif, égal en droits et de premier plan dans cette conférence aux côtés de leurs camarades.

    7. Nous devons combattre le chauvinisme, le poison utilisé par les forces impérialistes et réactionnaires et les régimes colonialistes pour diviser la classe ouvrière et tous les opprimés.

    8. La menace de l’impérialisme et des régimes fascistes nous pousse à nous unir et à faire l’alliance avec toutes les forces anti-impérialistes et anti-fascistes dans un front uni. L’ILPS et l’ICOR ont entrepris des pas importants pour former un tel front uni et appellent toutes les forces anti-impérialistes et antifascistes à s’y joindre.

    9. Les sociétés socialistes sont l’objectif brillant des efforts des forces marxistes-léninistes et révolutionnaires. Pour atteindre cet objectif, la construction de partis révolutionnaires et marxistes-léninistes bien organisés et bien préparés est d’une importance cruciale.

    10. La conférence s’est déroulée dans une atmosphère productive. La culture de débat s’est basée sur le respect des opinions et des expériences des autres, sur la solidarité et le dépassement des divergences malgré les nombreuses questions qui restent encore à résoudre.

    11. Les jeunes ont joué un rôle actif dans la préparation et le bon déroulement de la conférence.

    12. Les partis et organisations participants sont convenus de renforcer la solidarité internationaliste et de continuer à travailler ensemble pour développer le travail révolutionnaire avec des mouvements de masse et des révolutions.

    13. La conférence était d’accord d’organiser plus de manifestations de ce type à l’avenir.

    Statut des signataires du 11/10/19 (Liste actuelle des signataires à l’adresse suivante : www.icor.info)

    1. CPI(ML) Red Star (Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge/
    2. LCP Lebanese communist partyLibanesische Kommunistische Partei
    3. MLKP Marxist Leninist Communist Party Turkey / Kurdistan
      / Kurdistan/Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan
    4. MLPD Marxist-Leninist Party of Germany
      Parti marxiste-léniniste d’Allemagne
    5. Newroz Association
    6. PCR Egypt Revolutionary Communist Party of Egypt Partido
      Partie communiste révolutionnaire d’Egypte
    7. PFLP Popular Front for the Liberation of Palestine
    8. PPDS Patriotic Democratic Socialist Party
      Parti Patriotique Démocratique Socialiste
    9. TKP-ML Communist Party of Turkey – Marxist-Leninist Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste
    10. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine
  • Les racines de la crise du système éducatif.

    Les racines de la crise du système éducatif.

    Contribution d’un camarade de l’UPML

    Le 21 septembre dernier, Christine Renon, collègue directrice d’école de Pantin, a mis fin à ses jours sur son lieu de travail. Elle avait pris soin d’adresser un long courrier à ses collègues afin d’expliquer son geste désespéré.

    Par ce courrier, largement diffusé pendant plusieurs jours, elle souhaitait dénoncer les dérives de l’institution. Le constat qu’elle porte est sans appel et reflète parfaitement le sentiment de très nombreux-ses collègues : un métier et des missions largement vidés de leur sens, une accumulation excessive de tâches, des attentes/exigences administratives et hiérarchiques qui nient l’humain et le lien social… La longueur de la liste des reproches suffit à comprendre ce qui l’a amenée à cette décision sans retour.

    Maltraitance des enfants et des personnels

    A l’Éducation Nationale comme ailleurs sévit un management du travail qui cherche en permanence à astreindre l’activité humaine à des pressions de rentabilité, à des obsessions de normalisation et tout cela dans l’ignorance de la réalité quotidienne de souffrance et d’incompréhension que ces impératifs produisent. Christine Renon exprimait dans sa lettre la perte de sens d’un métier où l’administration prône la bienveillance à l’égard des élèves, tout en créant des conditions de maltraitance des enfants et des personnels. Christine Renon expose des situations de travail partagées où chacun est amené à se reconnaître. Pour preuve, le mouvement de grève du jeudi 3 octobre a compté plus de 200 écoles fermées en Seine-Saint-Denis et des milliers d’enseignants grévistes dans le premier et le second degré à travers la France !

    L’école n’est pas un îlot isolé, elle reflète la société, les courants qui la traversent. Si elle a permis à de plus larges couches de jeunes d’acquérir une certaine culture, et par là même une certaine ouverture sur le monde, elle reste un moyen pour la bourgeoisie de contrôler, ou du moins de tenter de contrôler les esprits, et d’assurer la pérennité du cadre bourgeois, a fortiori dans sa phase de mutation néo-libérale.

    L’école des « valeurs de la République » …

    L’école publique a certes quelque peu changé depuis les années 1880 et Jules Ferry, qui voulait transformer chaque écolier en patriote, en futur soldat prêt à mourir pour la France. Mais, sur le fond, l’idéologie qu’elle diffuse reste la même. Les ministres de l’Éducation successifs, de droite comme de gauche, ne cessent de le répéter : l’école doit apprendre le respect des « valeurs de la république ». Il faut entendre par là celles que la bourgeoisie veut inculquer aux jeunes.

    La nécessité de donner un minimum d’instruction aux enfants des classes populaires ne s’imposa à la bourgeoisie française qu’à la fin du 19e siècle. Elle avait de plus en plus besoin de trouver sur le marché du travail une main-d’œuvre ayant un minimum d’instruction, c’est-à-dire sachant lire, écrire et compter. Dans le contexte politique de l’époque, les bourgeois républicains ne tenaient pas à ce que cette instruction populaire soit dominée par le clergé. L’État devait donc se charger de développer l’éducation des enfants des classes populaires indépendamment de l’Église, en finançant la construction d’écoles dans chaque commune et en les remettant dans les mains d’instituteurs rémunérés par lui, d’instituteurs qui seraient les « hussards » de la république.

    … et du colonialisme-impérialiste français

    L’œuvre de Ferry ne peut décemment pas être dissociée de la politique de la bourgeoisie républicaine au pouvoir en France à partir de 1879. J. Ferry en fut un des principaux idéologues et promoteurs. Au-delà du mythe du vertueux républicain, c’est la nature de classe de sa politique qui doit être étudiée. Le rôle de mobilisation idéologique assigné à l’école prend tout son sens si on le relie à la politique extérieure portée par Jules Ferry et les Républicains modérés. Continuant l’action des régimes précédents, qui ont conquis et colonisé l’Algérie et le Sénégal, ils donnent une nouvelle impulsion à l’impérialisme français.

    Il s’agit pour eux de se tailler en Afrique et en Asie des zones économiques exclusives, où les industriels nationaux pourraient écouler leurs produits, mettre au travail une main-d’œuvre bon marché ou s’approvisionner en matières premières. Par la conquête militaire, les gouvernements offrent ainsi aux bourgeoisies nationales des marchés réservés, qui leur permettraient de conforter leurs taux de profit. L’école développe les attitudes, les valeurs et le savoir confortant la colonisation.

    Et aujourd’hui où en sommes nous ?

    Le processus à l’œuvre au sein de l’Éducation épouse les contours de la mutation du Capital opérée depuis des décennies. Même si chaque pays garde apparemment la maîtrise de sa propre organisation scolaire, une politique mondiale s’élabore dans les commissions et réunions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans les rapports de la Commission Européenne et de la Banque mondiale. L’école se voit de plus en plus privée de toute autonomie vis-à-vis de la production et de sa logique. Les enseignants sont assimilés à des techniciens de la pédagogie ou à des cadres. L’école tend ainsi à se privatiser, non pas nécessairement sur les plans juridique et financier – du moins pas encore – mais par sa transformation interne en un marché où la concurrence entre individus et établissements devient la règle.

    Au service de la guerre économique internationale

    Les connaissances, compétences et capacités individuelles constitue une matière première exploitable source de compétitivité dans la guerre économique généralisée. Pour l’OCDE, La Banque mondiale et la Commission européenne, c’est là la seule véritable justification de l’investissement éducatif. Cette subordination de l’enseignement aux impératifs économiques s’étend à l’ensemble des cursus. Pour la Commission européenne, les « compétences personnelles liées à l’esprit d’entreprise devraient être enseignées dès le plus jeune âge » (dans L’Esprit d’entreprise en Europe, Bruxelles, janvier 2003). Pour l’OCDE, l’une des conditions de la compétitivité et de l’emploi est la « souplesse du marché », ce qui suppose une transformation des mentalités à laquelle devrait contribuer l’école. Quoi de mieux alors que de définir l’école elle-même comme une entreprise, chargée de la production de compétences ou de formation de capital humain ?

    C’est dans cet esprit que s’inscrit la récente loi Blanquer. C’est ce qui se tapit derrière l’obligation de scolarité dès l’âge de 3 ans. C’est ce qui s’inscrit derrière chaque article et préconisation : les méthodes de l’entreprise, sa culture managériale, son langage, ses pratiques. Il s’agirait maintenant de s’organiser pour contrer ces attaques virulentes. Refusons cette soumission de l’école aux exigences du patronat. L’heure de la riposte a sonné ! En s’inscrivant dans la contestation générale et grandissante de la société capitaliste.

    Kroupskaïa (commissaire à l’éducation après la révolution d’Octobre 17 en URSS), disait dans «Instruction Publique et démocratie, » en 1915 : « L’objectif de cette école nouvelle doit être d’assurer le plein épanouissement d’individus ayant une vision globale des choses, comprenant clairement la nature et la société qui les entourent, aptes, aussi bien en pratique qu’en théorie, à exercer toute forme de travail tant physique qu’intellectuel et capables de se forger une vie en société sensée, riche de contenu, pleine de joie et de beauté ».

    Un camarade de l’UPML