Auteur/autrice : unitecommuniste

  • 2e appel de l’UPML / UCL aux organisations communistes

    Deuxième appel de l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste et l’Unité Communiste de Lyon aux organisations communistes présentes sur le territoire français. 

    Camarades, il y a urgence! 

    En tant que communistes, nous devons jouer un rôle dans les luttes actuelles en remettant en cause la légitimité du pouvoir actuel. Celles-ci illustrent l’exacerbation des contradictions de classe, et débouchent sur une situation explosive. Depuis la fin du XXe siècle, la bourgeoisie est à l’offensive non-stop. D’une part car elle le peut, avec le recul des organisations ouvrières, de l’autre, car elle le doit, du fait de l’exacerbation de la concurrence internationale et de la crise économique. 

    Cette accélération des attaques de la part des gouvernements successifs s’est encore accrue avec l’élection de François Hollande et celle d’Emmanuel Macron. La bourgeoisie est parvenue à obtenir des victoires significatives dans des domaines centraux: 

    Au niveau social (loi El-Khomri et loi Travail, transformation des modes de financement des caisses de cotisation et leur étranglement progressif, hausse générale du coût de la vie, baisse de l’accès aux services de base et leur privatisation et dégradation générale des services publics), dans le démantèlement des droits et libertés bourgeoises, si limités soient-ils (intégration de l’état d’urgence dans la Constitution, réduction des droits de grève et de manifester), dans la croissance constante des violences policières et dans la surveillance/le contrôle des mouvements d’opposition et des révolutionnaires. La militarisation et l’intervention agressives de l’impérialisme français agissent dans le monde entier dans un contexte de confrontation et d’hostilités grandissant faisant progresser le danger mondial de guerre. La destruction de l’environnement naturel continue d’une manière effrayante en France et dans le monde entier. Il n’est plus un secret que l’on va à grands pas vers une catastrophe pour les bases même de notre existence! Actuellement, dans de plus en plus de pays, les luttes éclatent: les masses ne veulent plus vivre comme avant! 

    Les communistes révolutionnaires seront-ils capables de montrer l’alternative communiste dans ce contexte de combats acharnés? 

    Les mouvements sociaux en France ont été forts, puissants et combatifs, mais pour l’essentiel infructueux. Ils ont cependant permis de gagner du temps, mais n’ont pas battu en brèche les projets de la bourgeoisie. Elle a dû, parfois, faire usage du 49,3, mais, dans l’ensemble, elle a gagné ses batailles. Ni les syndicats, ni les Gilets Jaunes, ni aucun mouvement social, aussi radical soit-il, n’est parvenu à pouvoir souder durablement un front synthétisant et défendant avec rigueur les intérêts des classes populaires. Cette tâche demande des outils politiques, capables de dépasser les revendications économiques et sectorielles, et d’en dégager une perspective politique. Cette tâche demande aussi une idéologie qui le permette : pas seulement un « anti-capitalisme », mais le communisme et la méthode scientifique matérialiste-dialectique. 

    Sans cela, il n’est possible que de rendre les coups, mais il n’est pas possible de construire les moyens de remporter des victoires, qu’elles soient économiques ou politiques. 

    Le soleil ne se couche pas sur le royaume de la bourgeoisie. Ou si peu. 

    Nous devons faire un bilan critique de notre travail et de notre rôle dans ces luttes. En dépit du fait que ces sept dernières années ont été le cadre d’offensives constantes, les prises de position communes, le travail commun (théorique ou de terrain) est resté embryonnaire. 

    Des obstacles compréhensibles, mais néanmoins inacceptables sur le fond, se sont constamment dressés sur le chemin du rapprochement des communistes. 

    L’hypothèse d’un travail commun, invitant largement, a été bien accueillie à la base, mais n’a pas été prise au sérieux aux sommets.

    A plusieurs reprises nous avons fait des propositions allant dans ce sens. Ces propositions ont rencontré un écho très positif des militants de la base de presque toutes les organisations avec lesquelles on a discuté. Mais en tant qu’organisations, les réactions ont été à 95 % un silence assourdissant, y compris de la part d’organisations faisant officiellement la promotion de cette démarche. 

    Nous prenons au sérieux cette question, car nous considérons que l’isolement dans lequel les organisations communistes se trouvent n’est pas tolérable. Nous nous sommes organisés, UCL et UPML, non pas pour ajouter nos groupes à la longue liste de ceux qui existent déjà, non pas pour avoir notre vérité autoproclamée, cataloguée à l’inventaire des autres, mais bel et bien pour être entendu largement

    Ce qui doit passer en premier, l’intérêt suprême des prolétaires et des masses, c’est celui de la lutte menée contre l’impérialisme – et au premier chef notre impérialisme – contre le capitalisme, contre les exploiteurs et exploiteuses tout comme contre les différentes formes d’oppressions. Cet intérêt suprême doit dépasser les intérêts particuliers de nos organisations respectives. Si nous les avons constituées, c’est comme un outil temporaire, permettant d’avancer selon un mode opératoire efficace pour construire un parti ayant vocation à devenir le parti révolutionnaire. 

    Ne devons-nous pas nous démarquer de l’anarchisme, de l’anarcho-syndicalisme et du trotskisme ? 

    Il existe des obstacles que nous comprenons parfaitement. Mais surmonter les obstacles fait partie de nos tâches les plus brûlantes ! La fondation de ces organisations s’est faite dans un creuset suffisamment large, avec des critères qui ont été progressivement et dialectiquement affinés. Ces critères se sont notamment affinés avec la progression idéologique, politique, organisationnelle et opérationnelle. Il ne suffisait pas à Lénine d’être juste sur le fond, il lui a fallu l’être également sur la forme, sur la pratique. De plus, les dirigeants comme Lénine ou Mao ont toujours posé la question de l’efficacité de l’organisation. 

    Avec notre proposition d’une Alliance des Communistes nous ne voulons pas non plus « reproduire le CNU », comme nous avons pu l’entendre. Nous ne souhaitons pas recommencer un débat théorique « hors sol ». Ce que nous proposons c’est une alliance pour l’action politique. Alliance engageant une coopération pratique dans la lutte des classes. Notre coopération engendrera nécessairement des débats qui pourront se poursuivre si on le souhaite. L’adhésion de l’UPML et de l’UCL à l’ICOR ne devrait pas être un obstacle non plus, ni l’adhésion d’autres organisations à d’autres associations ou coordinations internationales. 

    Oui, nous nous trouvons aussi devant des responsabilités internationales incontournables, vu le rôle dévastateur de l’impérialisme français dans le monde. MAIS : Toutes les objections avancées sont, à notre sens, des erreurs voire des prétextes pour rester en dehors de la construction de cette Alliance politique et pour maintenir un entre-soi « confortable ». 

    Une grande partie des questions peuvent trouver une solution dans un débat plus large et commun. 

    Nous considérons qu’il est de notre devoir de proposer à nouveau une prise de position politique commune sur le sujet de la/les lutte/s en cours et à venir. Nous considérons également qu’il est important de pouvoir apparaître ensemble dans les luttes et les manifestations pour que pèse notre engagement de forces et pour permettre de faire apparaître les mots d’ordre révolutionnaires. 

    Cela possède un caractère d’étape. Il est important que nous nous rencontrions les uns les autres. Que nous puissions nous reconnaître et nous connaître – par des rencontres bilatérales ou multilatérales. C’est une étape fondamentale pour nouer des liens, mais également pour se déterminer les uns les autres par rapport aux lignes de démarcation qui peuvent – et doivent – exister. Nos comportements sont marqués par la méfiance, par la défiance : il existe un travers terrible, dans lequel toute autre organisation communiste est considérée immédiatement comme une concurrente ou une ennemie. Il est logique que nous agissions ainsi, car, bien souvent, nous ne nous connaissons pas ! Nous reproduisons ainsi entre nous le mode de pensée bourgeois et petit bourgeois : concurrence, rivalité, prétention … 

    Ces étapes – rencontres, reconnaissance mutuelle – sont déjà, en soi, des avancées conséquentes dans l’idée de rassembler et de donner corps à un front communiste dont nous avons grand besoin. 

    À moyen terme, il est fondamental que puisse naître une coordination permanente des organisations communistes de France ou présentes en France, ainsi que dans les régions dominées par celle-ci. Cette coordination est une condition sine qua non pour pouvoir faire progresser en influence à la fois le courant communiste dans la société et chaque organisation communiste prise individuellement. Il existe certes des lignes rouges à définir, et très certainement des organisations qui, par leurs prises de position, par leur pratique, par leurs agissements, se mettront d’elles-mêmes hors de notre camp. Il existe également des organisations, qui, pour ces raisons, suscitent la réprobation générale et l’animosité. Nous pensons que, là aussi, c’est à nous de déterminer, conjointement, une base minimale correcte, et de ne pas laisser l’anticommunisme servir de juge à ces situations. 

    Nous considérons que l’unité des communistes est un enjeu de taille Cet enjeu n’est pas qu’une histoire d’addition de membres d’une organisation à une autre. Il s’agit également de franchir un bond qualitatif : construire les bases d’une riposte aux agressions de nos capitalistes, de notre impérialisme et promouvoir le socialisme-communisme. 

    Avancer sur notre travail ne dépend que de nous. Avançons pour combattre, combattons pour gagner ! 

    Dans ce sens, nous vous souhaitons une bonne année combative 2020 pendant laquelle nous avancerons vers l’unité des communistes! 

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous! 

    Unite.communiste.lyon@gmail.com, unitecommuniste.com/

    contact-upml@riseup.net, upml.org

    membres de l’ICOR (Coordination internationale des Organisations et Partis Révolutionnaires), site Icor.info 

  • Tract commun Eco Défense / JR / UCL

    Tract commun Eco Défense / JR / UCL

    Marre de leur haine !

    Marre de notre impuissance !

    Prenons le pouvoir

    Les dirigeants, passés et présents, n’ont jamais porté nos intérêts. Les intérêts de celles et ceux qui construisent cette société par la sueur de leur front, c’est-à-dire nous toutes et tous.

    Nos salaires de misère ne sont qu’une miette face à l’accumulation obscène de richesses qui pourraient financer nos hôpitaux, nos écoles, nos routes, notre rail, nous nourrir et nous loger. Ces milliards d’euros glissent dans les poches des patrons, banquiers et des grands propriétaires. En un mot, les bourgeois nous écrasent, et se moquent de nous en prime.

    Ce n’est pas que Macron, le système entier est ignoble.

    Le capitalisme ravage les écosystèmes en nous détruisant toutes et tous sur le chemin, provoque des guerres d’invasion dévastatrices aux quatre coins du monde, ignore sans vergogne les famines et les épidémies, la mort et la misère. Des dizaines de millions de morts dans le monde chaque année sont laissés aux oubliettes pour enrichir les puissants sans limites.

    Cette caste de criminels veut nous priver de nos retraites pour goinfrer le secteur privé des assurances. Cette réforme prend place dans le large démantèlement du service public, pour bazarder toute notre vie au marché libre.

    Nous avons le choix : le pouvoir populaire ou l’extinction.

    On manifeste notre colère par tous les fronts, des secteurs en grève aux Gilets Jaunes, en passant par les luttes écologistes, féministes, antiracistes et LGBTI, mais nous sommes aussi beaucoup à réagir par l’impuissance et la résignation. Ces craintes sont compréhensibles, les bourgeois dirigent implacablement l’économie, le pouvoir et les médias.

    Mais ils ne sont pas intouchables, le capitalisme est voué à l’échec, à la crise et à l’implosion. Nous avons la capacité de renverser le rapport de force, par l’organisation et l’union des travailleuses et des travailleurs, par la démocratie populaire hors des institutions, par la lutte syndicale, l’organisation, le blocage et par la résistance.

    Imposons notre pouvoir et dégageons-les tous !

    La grève actuelle est majeure, et doit continuer de nous unir, pour ne pas seulement créer une convergence des luttes, mais une unification de la lutte. Face au mépris et au cynisme de la classe dirigeante, organisons-nous, faisons preuve de solidarité de classe et préparons la riposte !

    Les manifestations contre la réforme des retraites reprennent en 2020, nous appelons à rejoindre les manifestations massivement, à rejoindre les blocages en solidarité avec les grévistes, à contribuer aux caisses de grève, et à lutter tous ensemble ! Soutenons-nous les uns les autres, l’unité fait notre force, et prépare la victoire du peuple !

    Nous ne sommes rien, soyons tout !

  • Appel à rassemblement unitaire contre la guerre.

    Appel à rassemblement unitaire contre la guerre.

    Les organisations Jeune Garde ; Jeunesses Révolutionnaires ; Eco Défense et l’Unité Communiste de Lyon appellent à un rassemblement contre la guerre au Moyen-Orient. Nous souhaitons que ce rassemblement soit unitaire et qu’il puisse réunir tous ceux qui sont hostiles à ce conflit et hostiles aux visées impérialistes, tant américaines que françaises, mais également à toute escalade inter-impérialiste dans la région. Nous ouvrons par ailleurs cet appel à signature.

    Nous appelons à nous rassembler en protestation le dimanche 12 janvier à 14h00, place Raspail, Lyon 7e

    Nous affirmons notre opposition à la politique américaine – soutenue par la très large majorité des dirigeants de l’Union Européenne – dont l’ambition est de porter la guerre au Moyen-Orient.

    L’assassinat du général Soleimani, personnage influent en Iran, est une provocation à la guerre. Nous considérons cette menace comme grave, tant pour les populations du Moyen-Orient, lieu constant de rivalité, que pour la paix mondiale.

    Nous affirmons que les buts de cette politique n’ont aucunement le but d’améliorer en quelque aspect que ce soit la situation des pays de la région, mais au contraire de l’envenimer. Les USA et la coalition qui se dessine ont comme objectifs :

    • De mettre la main sur les ressources pétrolières de l’Iran, tout comme l’opération de 2003 en Irak avait pour ambition de s’accaparer celles de ce pays.
    • De verrouiller le marché iranien, convoité par d’autres acteurs économiques.
    • De fédérer l’électorat US dans une nouvelle croisade pour favoriser la réélection de Trump.
    • De nuire aux intérêts chinois et russes dans la région, dans le cadre d’un grand jeu géopolitique entre puissances impérialistes.

    Les prétextes concernant le régime iranien sont d’une hypocrisie sans nom. La coalition travaille régulièrement avec des régimes ultra-réactionnaires, telle que l’Arabie Saoudite, autre puissance régionale.

    Si nous n’avons pas de sympathie pour le régime iranien, nous reconnaissons en revanche que les USA sont l’agresseur. L’attitude américaine est contraire au droit international et le président des USA a menacé de frappes sur des sites civils, ce qui constitue un crime de guerre.

    La riposte iranienne était désirée et attendue par les USA, mais également par Israël et d’autres États qui cherchent, depuis des années, un prétexte pour régler son compte à l’Iran. Nous refusons d’être les complices silencieux de ce futur crime, tout comme nous refusons d’être les otages d’une escalade militaire entre blocs impérialistes.

    Le gouvernement français se rend complice de ce crime. La France n’est pas une colonie US, elle est une puissance impérialiste qui décide de sa politique extérieure. C’est volontairement que Macron soutient la politique des Etats-Unis.

    Les résultats de ces opérations militaires sont bien connus : dévastation, chaos, misère, morts et, ultimement, installation de pouvoirs ultra-réactionnaires. La solution face aux régimes réactionnaires réside dans le soutien aux masses populaires et à leurs organisations démocratiques et révolutionnaires. Lorsque les masses populaires d’Iran se sont soulevées contre le régime des ayatollahs, nous les avons soutenues. Les armées étrangères d’occupation ne sont pas des sources de paix et de prospérité pour les travailleurs et les travailleuses de ces pays. Elles ne sont que des maux pour ceux qui vivent dans les régions dominées, et ne servent qu’à transformer les zones occupées en colonies.

    Nous appelons toutes les organisations hostiles aux guerres impérialistes à se joindre à ce rassemblement et à prendre la parole pour refuser cette logique criminelle.

    Halte à l’agression US !

    Halte au soutien de la France à cette politique.

    Halte aux menaces de guerre !

  • Halte à l’agression contre l’Iran !

    Halte à l’agression contre l’Iran !

    Cette déclaration assez brève est en cours de débat au sein de l’ICOR, certaines appellations sont donc amenées à être modifiées, ainsi que l’ajout d’une liste de signataires.
    Nous ajoutons à cela qu’il y a eu, régulièrement, la mention d’un « impérialisme iranien ». Nous considérons que cette appellation est fausse et infondée. Elle se base sur la confusion entre l’influence de l’Iran en tant que puissance régionale et son ingérence dans des conflits du Moyen-Orient et l’impérialisme en tant que tel.
    Du fait de la concurrence internationale et de la pression des grandes puissances impérialistes, toute bourgeoisie est confrontée à deux destins : soit être assujettie et devenir compradore, dominée, soit s’épanouir et tendre vers l’impérialisme. L’Iran, Etat relativement autonome (paradoxalement, à cause des sanctions internationales), n’échappe pas à cette tendance. La bourgeoisie iranienne tente de trouver sa place « au soleil » pour reprendre les termes de Bismarck. Mais cette tendance, naturellement présente dans cette classe, ne signifie pas que l’Etat iranien puisse être classé comme Etat impérialiste.

    Cela paraît une nuance, mais considérer les USA et l’Iran sur un même pied d’égalité, sans voir que l’un est un agresseur et l’autre un agressé, revient à botter en touche et à refuser de s’opposer aux agressions entre Etats. Nous sommes hostiles à toute guerre impérialiste, où que ce soit, d’autant que l’objectif premier d’une intervention en Iran serait de figer cet Etat dans une position de dominion compradore, comme cela pouvait être le cas à l’époque du régime du Shah.

    Cependant, il ne faut pas nourrir d’angélisme, à terme, la Chine ou la Russie ne lui réservent pas d’autre sort. La seule issue est dans la révolution prolétarienne et dans la construction d’un Etat socialiste.

    Nous nous opposons fermement à l’escalade guerrière au Moyen-Orient. Les USA se démasquent une nouvelle fois comme les principaux porteurs de guerre dans le monde.

    Le général Soleimani, haut gradé de l’armée iranienne et personnage influent du régime, a été tué par une frappe américaine en Irak le 3 janvier 2020. Il représentait les opérations extérieures de Téhéran et notamment les liens avec les milices chiites. Sa mort a été apprécié de manière très diverse en Iran comme au Moyen-Orient. Certains ont salué en lui un héros, d’autre un bourreau. Nous-mêmes ne l’avons jamais vu comme un porte-flambeau de la liberté, mais bien comme un agent réactionnaire, bien qu’opposé à l’impérialisme dominant des USA.

    Toujours est-il que sa mort est un coup dur porté au gouvernement iranien. Elle est révélatrice de l’agressivité US et de la vulnérabilité iranienne.

    Cela fait des années que les tensions entre les USA et l’Iran ont cru progressivement. Les raisons de cette attitude sont multiples :

    • Une question économique : l’avidité américaine pour les matières premières et le pétrole, dont celui de l’Iran échappe au contrôle des majors américaines.
    • Une question de politique intérieure : par une ironie du sort incroyable, le même Trump dénonçait le fait que les Démocrates voulaient attaquer l’Iran pour assurer leur réélection. Trump cède aussi aux désirs d’une partie des « faucons », dans le but de les rallier.
    • Une question géopolitique : le détroit d’Ormuz est un passage vital pour l’économie occidentale. Son ouverture ou sa fermeture joue sur la santé du capitalisme. De plus, derrière la question de l’Iran se trouve la question de la Russie. Empêcher que celle-ci accède aux mers chaudes est une constante dans la géopolitique US et anglaise depuis le milieu du XIXe siècle. les décisions unilatérales des USA, superpuissance militaire, qui augmentent les tensions comme au Proche Orient, leur permettent d’éliminer ou de réduire l’influence économique et politique des autres puissances impérialistes, comme celles de l’UE. Les conflits locaux (1° et 2° guerres du Golfe etc) ont toujours un aspect de règlement de compte (repartage des zones d’influence) entre impérialistes.

    La nature même du régime ne pose, en revanche, pas de problème. L’Arabie Saoudite, nettement plus réactionnaire, est cependant le parfait allié de la France et des USA, et également un agent de la lutte contre l’influence iranienne et chiite au Moyen-Orient.

    Les puissances européennes ont appelé à la désescalade, mais n’ont pas condamné l’assassinat en lui-même. Dans les communiqués, le fautif a invariablement été l’Iran et son « rôle négatif dans la région ». Cette attitude de neutralité bienveillante vis-à-vis de l’action américaine est révélatrice : l’hypothèse d’une guerre est considérée comme acceptable.

    Donald Trump a affirmé que si jamais l’Iran tentait quoique ce soit, 54 cibles militaires, civiles ou culturelles seraient frappées en représailles. Le nombre faisant référence au nombre d’otages de l’ambassade US de Téhéran durant la crise des otages de 1979-1981. Cette action serait un crime de guerre.

    Trump a d’ores et déjà renforcé le contingent présent dans les bases autour de l’Iran.

    Nous exprimons notre vive inquiétude face à un risque d’envenimement des conflits et d’embrasement de la région. Si ce n’est pas la IIIe Guerre mondiale, cette escalade de la tension n’en est pas moins un signe de la tournure profondément explosive des relations internationales.

    L’UCL n’a aucune sympathie vis-à-vis du régime réactionnaire iranien. Il est hostile à tout progrès social et en particulier à l’émancipation des femmes iraniennes. Cependant, nous savons reconnaître qui, dans la situation, est l’agresseur et qui est l’agressé. Mettre les deux sur le même plan signifierait cautionner les assassinats extra-judiciaires et les actes de guerre.

    Malgré notre antipathie pour le régime iranien, nous sommes résolument hostiles à toute intervention militaire de la part des USA ou de tout autre armée dans la région. Les résultats de ces opérations militaires sont bien connus : dévastation, chaos, misère, morts et, ultimement, installation de pouvoirs ultra-réactionnaires. La solution face aux régimes réactionnaires réside dans le soutien aux masses populaires et à leurs organisations démocratiques et révolutionnaires. Lorsque les masses populaires d’Iran se sont soulevées contre le régime des ayatollahs, nous les avons soutenues.

    Les armées étrangères d’occupation ne sont pas des sources de paix et de prospérité pour les travailleurs et les travailleuses de ces pays. Elles ne sont que des maux pour ceux qui vivent dans les régions dominées, et ne servent qu’à transformer les zones occupées en colonies.

    Nous sommes hostiles à toute escalade militaire dans la région, tout comme nous reconnaissons le droit pour les pays du Moyen-Orient d’expulser les armées d’occupation étrangères. Chasser l’impérialisme est le préalable à la libération du capitalisme !

    Halte à l’agression US !

    Halte aux menaces de guerre !

    Signataires (07/01/2020)

    UCL ; UPML

  • Vœux conjoints de l’UCL et de l’UPML.

    Vœux conjoints de l’UCL et de l’UPML.

    L’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste et l’Unité Communiste de Lyon, organisations membres de l’ICOR, présentent leurs vœux pour l’année 2020.

    Notre travail avance. Il avance toujours trop lentement par rapport à nos souhaits, mais il avance néanmoins. Notre travail, au cours de l’année 2019, s’est approfondi, s’est amélioré. Ce travail d’hier porte en lui les fruits de demain.

    La situation actuelle est porteuse d’incertitudes, mais également d’espoirs important. Espoirs de lutte, espoirs de victoire. Ce sont des vœux de lutte et de combativité adressés à tous ceux qui veulent que le monde change, que l’exploitation et la misère soient remisés dans les galeries des horreurs des musées de demain.

    Nous saluons tous ceux et celles qui luttent.

    Nous saluons la détermination et le courage de la part du prolétariat et des classes populaires ici et ailleurs. Dans notre État, les masses ont prouvé, une nouvelle fois, leur combativité. Nous saluons ceux qui, syndiqués et syndiquées ou non, se sont lancés dans la lutte. Ceux qui se battent aujourd’hui pour que l’avenir ne soit pas qu’une lente dégringolade.

    Nous saluons ceux et celles qui luttent pour les droits économiques, pour les droits politiques, pour sauver le climat, contre les féminicides ou les agressions contre les minorités de genre ou d’orientation sexuelle.

    Nous saluons aussi ceux et celles qui luttent contre le fascisme et ses tentatives d’intimidation ou d’agression, contre leurs manœuvres pour intoxiquer les masses et les dresser les unes contre les autres.

    Nous les saluons toutes et tous et nous les appelons à s’organiser, se structurer et continuer, chaque fois de manière plus efficace à lutter. Car la lutte que nous menons, toutes et tous, à besoin d’être structurée, synthétisée, rationalisée.

    Le besoin d’organisation politique n’est pas une obsession fétichiste de notre part. En tant que marxiste-léninistes, nous ne pouvons accepter notre état de faiblesse actuel, notre division, notre impuissance. Nous ne pouvons accepter de rester en retrait et de ne pouvoir jouer notre rôle. Nous avons d’immenses tâches à réaliser. Chacun, chacune, dans les luttes que nous menons, jouons un rôle général dans la lutte contre la bourgeoisie exploiteuse. Les différents combats sont différents fronts, fronts qui doivent avancer de manière coordonnée, s’épaulant, se soutenant mutuellement, pour que la victoire soit, demain, à portée de main.

    Nous saluons les communistes de notre pays. Nous leur souhaitons la réussite, car l’importance de celle-ci transcende les barrières de nos organisations. Nous les appelons à collaborer pour reconstruire un mouvement communiste puissant et efficace, ici. Nous avons la responsabilité de parvenir à surmonter nos divisions et nos faiblesses pour parvenir à jouer le rôle qui nous incombe.

    En tant que communistes, nous devons apporter une dimension politique aux luttes qui se déroulent actuellement dans notre pays. La notion de convergence des luttes, notion positive, est néanmoins insuffisante. Nous devons travailler à ce qu’apparaissent des synthèses politiques des luttes, qu’elles dépassent leur dimension économique pour devenir des luttes politiques ouvertes avec un caractère de classe affirmé. Qu’elles puissent passer de combat pour le salaire, pour les retraites, pour les conditions de travail, à des combats pour la démocratie populaire, contre la dictature de la bourgeoisie et de ses laquais, pour la création d’un État véritablement socialiste.

    Ce travail ne se fait pas spontanément. Il est le fruit d’une conjonction : la rencontre entre le mouvement spontané de lutte, porté par le prolétariat, et la théorie révolutionnaire. Si des ébauches de remise en cause de la dictature bourgeoise ont été faits dans le mouvement des Gilets Jaunes, il existe encore un long chemin pour passer d’une exigence d’une démocratie bourgeoise plus large à un véritable changement de système. Cette tâche nous revient, tout comme la tâche de créer les cadres démocratiques qui permettent aux différents secteurs en lutte de pouvoir se rencontrer et de pouvoir s’organiser : assemblées générales de lutte, sur le modèle de ce qui s’est passé l’an dernier. Nous pensons que ces lieux sont des ébauches d’une opposition extra-parlementaire, démocratique et populaire. Nous appelons tous ceux qui se retrouvent dans l’objectif de créer ces espaces et d’avancer vers ces objectifs à travailler avec nous.

    Nous saluons les anti-impérialistes qui se battent contre la domination de la France, contre le colonialisme et le néocolonialisme. Nous adressons tout particulièrement nos vœux au Palika et au FLNKS, lesquels mènent campagne en Kanaky pour l’indépendance. Nous espérons que le référendum de septembre 2020 saura leur donner le résultat qu’ils souhaitent.

    Nous saluons les organisations qui luttent pour mettre fin à l’occupation militaire française, à la domination politique, à l’asservissement économique. Nous n’oublions pas nos tâches primordiales de soutenir politiquement leur combat.

    À nos camarades de l’ICOR mais également à l’organisation ILPS ainsi qu’aux autres partis communistes étrangers, nous adressons notre salut. Les luttes qui se mènent à l’échelle mondiale : économiques, pour la démocratie, contre le fasciste, les menaces de guerre ou la guerre impérialiste, contre les oppressions nationales, religieuses, sexistes ou LGBTphobes… sont des luttes que nous saluons. Ceux qui se battent pour qu’avance la révolution, pour qu’elle vive, pour qu’elle triomphe sont des héros et des héroïnes. Nous leur adressons notre solidarité nos vœux de succès !

    Nous travaillons, autant que nos moyens nous le permettent, pour qu’avance de manière concrète cette solidarité. Pour que renaisse une véritable internationale, comme celle qui s’est dessinée, il y a cent ans.

    Les victoires populaires et les défaites populaires ici ou ailleurs entrent les unes et les autres en résonance : chacune est un pas en avant ou en arrière contre l’ordre despotique des exploiteurs !

  • Vœux de l’Unité Communiste de Lyon pour l’année 2020.

    Vœux de l’Unité Communiste de Lyon pour l’année 2020.

    -Unité, coopération, combativité-

    L’année 2019 s’est achevée. Elle a été une année de conflit social important. Jusqu’aux dernières heures, elle a été marquée par une lutte des classes intense, par des coups de boutoir de la part de la bourgeoisie et par une défense résolue de la part des travailleurs et des travailleuses de leurs droits sociaux & politiques.

    L’heure est au bilan.

    Le 31 décembre, au soir, Emmanuel Macron, dans ses vœux, a indiqué qu’il poursuivrait sur la même voie, tout en prétendant qu’il soit possible de trouver des accords à la marge. Cela illustre parfaitement l’adage : « ce qui est à moi est à moi, ce qui est à vous est négociable. ». Du lest a été lâché auprès de certaines corporations spécifiques, comme la Police, dans le but de les rallier, ou d’autres de les neutraliser et de fragmenter le front de lutte. Ironiquement, le régime universel promis par Macron se fracture en une multitude de cas particuliers.

    En dépit de la mobilisation, qui est l’une des plus forte que la France ait connu dans l’après-guerre, le gouvernement conserve un cap inchangé. Il poursuit sa politique d’exécution servile des désirs de la grande bourgeoisie.

    La collusion totale entre l’appareil d’État et le grand capital ne se camoufle même plus. Emmanuel Macron a décoré Jean-François Cirelli, grand patron de la filiale française du groupe Black Rock, en faisant un officier de la Légion d’Honneur. Or, Ce groupe est un de ceux qui appuient le plus fortement la liquidation des retraites, et pour cause : les fonds de pensions constituent une de leurs ressources les plus précieuses.

    Agnès Pannier-Runacher a contribué à accentuer cette impression de dictature des bourgeois en déclarant «Si M. Ghosn [qui vient de s’enfuir du Japon avec la complicité quasi-certaine de la France] venait en France, nous ne l’extraderons pas, parce que la France n’extrade jamais ses nationaux. Nous appliquons à M. Ghosn, comme à monsieur Tout-le-monde, les mêmes règles du jeu.» Si, légalement, l’argument est recevable, il arrange néanmoins beaucoup M. Ghosn. Le mandat d’arrêt international délivré par Interpol, dont, ironiquement, le siège est à Lyon, ne semble rien y changer. Mais la France ne livre pas non plus le pédocriminel Roman Polanski, après tout, pas plus qu’elle ne condamne Matzneff, autre pédocriminel notoire, du fait de sa renommée.

    La bourgeoisie vit une période bien faste ! Elle gagne sur un grand nombre de tableau.

    La privatisation de la SNCF est a été actée, elle devient le 1er janvier une Société Anonyme à capitaux publics. Mais que les investisseurs se rassurent, le plus gros du coût (l’entretien des voies) reste à la charge des contribuables.

    Quant aux fonctionnaires, le Sénat vient d’avaliser la mise en place de trois jours de carence en cas d’arrêts maladie, tout la comme la rupture conventionnelle, et le remplacement des cadres par des contractuels. L’argument, comme pour la réforme des retraites, est celui de l’harmonisation entre public et privé. En réalité, elle contribue à la liquidation du corps des fonctionnaires.

    Ces quelques faits, qui constituent une part de l’actualité politique, sociale et économique récente, illustrent la teneur de la période. L’intensité des luttes ne semble pas avoir le moindre écho auprès de ces groupes privilégiés, au-dessus des lois, au-delà des réalités quotidiennes des masses populaires.

    En réponse à la misère, à la destruction des droits sociaux, les gouvernements et les bourgeoisies sont chaque jour davantage tentées par l’étranglement des droits politiques et par les solutions fascisantes. La liberté se restreint, y compris dans les « démocraties libérales ». Partout, le même schéma s’applique, avec des polices toutes puissantes et une délégation progressive des taches de répression à l’appareil administratif. Partout, l’extrême-droite gagne du terrain, quand ses idées et son programme ne sont pas déjà appliquées par le gouvernement en place.

    Ailleurs dans le monde, le spectre de la guerre est plus fort que jamais. L’assassinat ciblé du général iranien Soleimani par les troupes US, déclenche une vague d’inquiétude. Par le jeu des alliances et des réseaux internationaux, un nouvel embrasement du Moyen-Orient pourrait déboucher sur un conflit d’ampleur.

    La nature elle-même n’est pas en reste. Dans l’hémisphère nord, si la douceur a régné, les phénomènes climatiques extrêmes, comme le froid, le vent, la pluie ou la neige ne s’en sont pas moins manifestés. C’est là une conséquence paradoxale du réchauffement de l’atmosphère.

    L’été austral, quant à lui, a changé l’Australie en brasier. On estime que 500 000 000 d’animaux sauvages sont morts du fait de ceux-ci. La réalité d’un écocide massif est chaque jour davantage plus difficile à nier.

    C’est dans ce contexte difficile que nous présentons nos vœux. Mais si le bilan est pénible à faire, les perspectives d’espoir existent. Chaque jour, les masses populaires du monde entier se dressent davantage contre leurs exploiteurs et exploiteuses, contre leurs bourreaux.

    Les perspectives de luttes sont là.

    Partout, les masses se sont dressées contre ces injustices. En France, les mouvements se sont rejoints, Gilets Jaunes, écologistes, antifascistes, féministes, syndicalistes… Ces luttes ont parfois réussi à se coordonner. C’est un début qui a donné plus d’allant et plus d’ampleur à cette grève qu’à celles qui ont précédé.

    Nous défendons l’idée qu’elles fusionnent et puissent opérer une synthèse. Cette synthèse ne peut être que politique : c’est-à-dire poser la question de la forme et de la nature du pouvoir. L’an passé, la notion de régime despotique, de dictature de la bourgeoisie et du capital, a pris un ascendant considérable dans le mouvement des Gilets Jaunes. Cette progression politique est une des grandes victoires de l’année passée, même si elle demeure temporaire, vulnérable, face aux diversions des réformistes, des électoralistes, mais aussi du gouvernement et des fascistes.

    Le flux et le reflux de la politisation perdure tant qu’il n’existe pas une force politique capable de pouvoir poursuivre et accentuer ce travail, mais aussi organiser les parties les plus combatives des travailleurs et des travailleuses.

    C’est ce travail qui constitue notre priorité : œuvrer à construire l’organisation politique qui peut réaliser cette tâche. Un long chemin reste à réaliser pour permettre d’atteindre cet objectif. Cette focalisation sur la construction d’un Parti Communiste révolutionnaire n’est pas une obsession fétichiste, c’est le résultat d’un constat.

    La bourgeoisie est supérieurement organisée, elle possède les moyens de verrouiller complètement l’appareil d’État et ses fonctions de répression, elle possède les leviers de l’économie, de la propagande, l’influence idéologique et politique… Cet ennemi de classe ne peut être chassé de son piédestal que par une force au moins aussi organisée.

    Cette volonté de travailler à cet objectif est également le reflet du fait que notre impuissance, à la fois en tant qu’organisation comme en tant que courant politique, nous est intolérable. Il nous apparaît comme inacceptable de se contenter de la situation actuelle et d’y végéter.

    C’est dans cet état d’esprit que nous participons et appelons à participer à des cortèges et actions unitaires sur Lyon, mais que nous sommes également signataires, aux côtés de l’UPML, d’une lettre ouverte aux organisations, militants et militantes communistes. Le peu de réponses reçues, et le peu de débats suscités, est néanmoins révélateur d’un état d’esprit qui reste encore marqué par le sectarisme. C’est également ce choix de la coopération qui nous pousse à nous inclure dans l’ICOR et à travailler internationalement avec des communistes d’autres pays ou d’autres continents.

    Parce que nous plaçons l’intérêt suprême des luttes et du prolétariat au-dessus de tout, nous considérons qu’il nous faut parvenir à réaliser ce travail.

    L’Unité Communiste de Lyon place au plus haut degré de l’importance l’intérêt premier de la lutte sociale et politique. Cette manière de concevoir notre environnement nous pousse à opter pour une politique de coopération et de travail commun avec l’ensemble des forces progressistes, révolutionnaires, communistes ou non communistes, qui partagent cette conception.

    Nous pensons que ce travail positif mérite d’être accru, systématisé, et qu’une alliance est possible, entre individus, associations, syndicats, organisations politiques, féministes, écologistes, antifascistes ou partis politiques autour de cette volonté commune de lutte.

    Par corollaire, nous sommes hostiles à une attitude que nous qualifierions de « parasitaire-sectaire ». Nous condamnons cette attitude qui consiste au fait de jouer à une forme de « monopoly des luttes », en les considérant uniquement sous un angle utilitaire, comme un bassin de recrutement qu’il faut drainer au plus vite, quitte à le liquider. Ces pratiques sont malheureusement trop répandues. Si elles débouchent sur un recrutement de quelques militants ou militantes en plus, elles contribuent à lessiver toutes les forces combatives et à les dégoutter du travail organisé. Cela de plus, contribue à une montée en tensions dans les rapports entre organisation.

    Nous ne pouvons que citer le Manifeste :

    « Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points :

    1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat.

    2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.

    Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien. »

    Une organisation qui, pour poursuivre ses objectifs, hypothéquerait le développement autonome du mouvement spontané de lutte, qui n’aurait d’autre rapport vis-à-vis de lui que de l’inféoder à ses objectifs propres, ne pourrait être une organisation communiste, et agirait en tant que parasite des luttes. Des groupes ou des organisations non-communistes ont régulièrement agi en meilleurs communistes, à partir du moment où ils et elles avaient à l’esprit ces principes. Notre vision de l’unité n’est pas platement horizontale, sur une simple proximité idéologique apparente : la pratique compte tout autant, sinon plus, car elle transcrit réellement, plus que les déclaration creuse, la véritable teneur de l’idéologie de ces groupes.

    Nous saluons ceux et celles qui luttent.

    Nous saluons donc tous ceux et celles qui prennent part, avec honnêteté, avec sincérité, à la lutte sociale sous toutes ses formes. Nous saluons ceux et celles qui, communistes ou non, font tout pour la faire avancer et triompher.

    Nous saluons ceux et celles qui font vivre la lutte antifasciste, à Lyon comme ailleurs. Ceux et celles qui font vivre la lutte écologiste, féministe, contre les discriminations faites aux LGBTI, aux étrangers et étrangères, à ceux et celles qui souffrent en silence.

    Nous saluons ceux et celles qui luttent contre la guerre, contre l’impérialisme.

    Nous saluons notre organisation-sœur UPML, avec laquelle nous avons nombre de projets à réaliser au cours de cette année. Nous saluons nos camarades de l’ICOR, de l’ILPS. Nous saluons également toutes les organisations communistes, avec lesquelles nous avons l’espoir et la hâte de travailler.

    Nous saluons nos amis et nos amies, nos camarades et nos proches, sans lesquels nous ne pourrions avancer jour après jour.

    Surtout, nous saluons les masses populaires du monde entier.

    Faisons de 2020 une année de victoire !

    Faisons de 2020 une année rouge !

  • Solidarité avec le MLPD

    Solidarité avec le MLPD

    Dernièrement, le MLPD et ses membres ont été victimes d’agressions de la part de militants fascistes. En voulant protester, le MLPD a été attaqué par la police Allemande, causant plusieurs blessés et blessées, y compris parmi ses cadres dirigeants. Nous affirmons notre solidarité envers nos camarades d’outre-Rhin.

     Au MLPD et aux antifascistes en lutte contre les attaques fascistes en Allemagne

    Chères et chers camarades,

    Nous vous adressons notre solidarité pleine et entière face aux attaques fascistes que vous avez subit au cours de votre lutte. Les fascistes sortent de leurs trous et osent à nouveau manifester régulièrement dans plusieurs villes en Allemagne, dans la région Ruhr, dans plusieurs villes en allemagne de l’Est. 

    Ils osent s’attaquer à vous et commettent depuis un certain temps – et actuellement à nouveau contre vos camarades Aja Lenz et Dirk Willing – des attentats menaçant la santé et la vie ! Il s’agit d’une menace lourde que nous ne pouvons ignorer. Nous condamnons fermement ces actes. Cette situation se généralise malheureusement, y compris en France, ou les groupes fascistes sont là pour réaliser les basses oeuvres de la bourgeoisie.

    L’activité fasciste en Allemagne -tout comme ici- ne serait pas possible sans la tolérance et la protection active de l’appareil d’Etat et le soutien, politique et financier, de la part des branches les plus réactionnaires de la bourgeoisie. A plusieurs reprises, vous avez dévoilé l’unité entre fascistes et des parties de l’appareil d’État. Vous faites connaître que la police cible et attaque les antifascistes et les communistes quand vous essayez de protester et de faire connaître parmi la population ces évènements. 

    Cette attitude les démasque et montre une fois de plus que les braises du fascisme ne seront jamais éteintes tant que le capitalisme existe.Le capitalisme en crise fait appel à ses « chiens de garde » pour maintenir sa domination avec brutalité quand les masses cherchent et se battent pour une société alternative.

    Les fascistes s’en prennent à votre organisation car ils savent reconnaître leur ennemi le plus redoutable : l’organisation révolutionnaire qui veut mettre fin au capitalisme et à son ordre pourrissant. En s’en prenant à vous, camarades, ils vous tressent une couronne de lauriers. Leur obsession de vous nuire est le reflet de la peur que vous leur infligez. 

    Un de vos camarades antifascistes et attaqué par la police dit à juste titre : « La plupart des gens ici est contre les fascistes et s’indignent. Il faut qu’ils apprennent à les combattre. » Nous ne pouvons que souscrire à cela ! Dans ce sens, intensifions nos efforts communs. 

    Combattons le fascisme ! Combattons la dictature du capital financier sous toutes ses formes ! Avançons sur le chemin de la révolution socialiste en construisons nos Partis révolutionnaires et notre unité internationaliste ! 

    Camarades, vous n’êtes pas seuls !

    Prolétaires et opprimés de tous les pays, unissez-vous !

    Nos salutations antifascistes et révolutionnaires !

    25/12/2019, UPML et UCL- France

  • Cortège de tête et autonomie prolétarienne.

    Cortège de tête et autonomie prolétarienne.

    Nous sommes très attachés à l’autonomie prolétarienne. C’est-à-dire l’autonomie vis-à-vis de la bourgeoisie, de ses institutions, de ses relais politiques. Cette autonomie est souvent traduite en « compter sur ses propres forces », ne pas dépendre du bon vouloir des autorités et de leurs décisions pour l’activité et l’expression politique.

    La dépendance organisationnelle, politique, mais aussi technique ou financière est un une chaîne qui, fort souvent, contraint un grand nombre d’organisations à des concessions ou à des compromis. Tendanciellement, elles assujettissent les organisations et leurs membres, et brisent la possibilité de développer un ordre du jour indépendant. La bourgeoisie le sait, et elle achète régulièrement ses opposants. Une subvention contre une concession, un poste contre un silence, un local contre un vote… Ces « balles sucrées » sont des balles réelles. Elles tuent les organisations, car « on ne mord pas la main qui nous nourrit. »

    Cette autonomie prolétarienne n’empêche pas le travail unitaire, y compris sur des questions démocratiques, avec des organisations bourgeoises. Mais il consiste à ne jamais leur laisser la direction politique des fronts et à toujours chercher à faire triompher les lignes les plus révolutionnaires et les plus conformes aux intérêts objectifs du prolétariat, tout en tenant compte de leur état d’esprit subjectif.

    Le mouvement anarchiste autonome à repris certains éléments justes de ces conceptions. Il a repris également des éléments issus du maoïsme, telle que les zones libérées ou des tactiques de la guérilla. Mais il a fait d’éléments tactiques des fétiches stratégiques. Les zones libérées, temporaires, bases d’appui, ont été transformées en ZAD, possessions stratégiques, tandis que la tactique de la guérilla est devenu le moyen d’action principal. Le postulat de départ étant que toute manifestation, sous les bonnes conditions, peut devenir une insurrection révolutionnaire. Ce lyssenkoïsme manifestant se base sur des conceptions fausses. Quand bien même la police serait bousculée, chassée, cela n’en serait pas pour autant la révolution. Elle demande d’autres préalables qu’une simple victoire tactique. La possibilité notamment de pouvoir démolir exercer la réalité du pouvoir. Nous pensons que c’est pour réussir à réaliser ces tâches que nous avons besoin d’une organisation, qui est le Parti Communiste Révolutionnaire. Organisation dont la construction est notre préoccupation principale.

    Ces groupes cristallisent parfois des critiques acerbes. Une partie se justifie, mais certaines méritent d’être écartées. Il existe, pour une part de ceux qui pratiquent l’action dite autonome, une tendance à agir de manière parasitaire par rapport aux mouvements. Cela passe par le faire de transgresser de manière constante et consciente le consentement des manifestants et des manifestantes, en les considérant uniquement comme des protections, ou comme de la chair à canon. Cette pratique est justifiée par des procédés rhétoriques plus ou moins nauséabonds, avec un mépris plus ou moins constant pour les espaces de prise de décision démocratiques. Cette tendance existe, c’est un fait avéré, mais reste extrêmement minoritaire. De plus, la création du « cortège de tête » en a neutralisé les aspects les plus néfastes, en structurant les manifestations en fonction du degré d’acceptation de la violence de la part de ses participants et participantes.

    Le cortège de tête a été une nouveauté apparue à partir de 2016. Alors que, par le passé, les affrontements étaient en queue de cortège, ils se sont déplacés en avant de celui-ci. Alors qu’ils étaient l’apanage de petits groupes, opérant le plus souvent en marge, ces cortèges sont devenu des points de ralliement. En stratifiant les cortèges en fonction de l’acceptation de la violence, ils permettent, in fine, que chacun trouve son compte. Ceux qui sont dedans acceptent tacitement de participer de manière active ou passive aux affrontements avec la police. Il n’est pas possible de faire semblant d’ignorer ce fait.

    La mise en place des cortèges de tête s’est régulièrement heurtée au problème, qui peut paraître secondaire, mais qui est en réalité hautement symbolique, de « qui est devant ». Par le passé, c’était traditionnellement les cadres dirigeants des organisations qui tenaient la banderole de tête. Ces organisations représentaient les lignes les plus droitières, l’aristocratie ouvrière et la bureaucratie syndicale ou politique. Cela se ressentait particulièrement à Paris, où se trouve concentré une grande partie des cadres supérieurs. La permutation, parfois conflictuelle, a renouvelé l’aspect des manifestations.

    Les médias font les choux gras sur la violence des manifestations. Mais, s’ils ne vomissaient pas leur haine sur celle-ci, ils les ignoreraient et ne parleraient que de ceux qui « sont pris en otage », par les grèves. Dans un cas comme dans l’autre, leur but est de saper le mouvement social.

    Les dégradations découragent les gens de venir en manifestation. Cet argument est partiellement vrai. Mais le plus souvent, ce qui décourage n’est pas le fait d’avoir quelques vitrines cassées. C’est la forme que prend la répression policière, arbitraire, aléatoire et brutale. Ce qui effraie, c’est principalement le risque policier. Risque de prendre une grenade de désencerclement dans le visage, un tir dans l’œil, de perdre une main, ou d’être interpellé sans raison, sachant que les preuves se trouvent a posteriori. Dans le pire des cas, le duo outrage / rébellion suffit. En dernière instance, c’est le mode de réponse par l’État, spécifiquement choisi pour effrayer, qui est en cause.

    L’apparition et la massification de ces cortèges n’est pas uniquement du fait du mouvement autonome ou de franges minoritaires. Elle est révélatrice tant d’une radicalisation diffuse dans l’ensemble de la société que du fait que les cadres habituels ne paraissent plus adapté. Le cortège classique, la manifestation traditionnelle, sont vécus comme des confrontations trop timorées avec l’autorité et avec les exploiteurs.

    Non pas que les syndicats ou les organisations de masse de la classe ouvrière et des travailleurs et travailleuses soient inadaptées en tant que tels. Leur travail est irremplaçable. Cependant, il existe des limites à celui-ci. Dans le fond, il existe un sentiment général qui se traduit par le fait qu’il n’y a pas de prise et de droit de regard sur les négociations entre les « partenaires sociaux », que celles-ci se font sans que la base des syndicats, mais plus largement que les travailleurs et travailleuses dans leur ensemble ne sont pas consultés.

    De plus, les syndicats ont une estimation du gain qu’ils peuvent obtenir dans la négociation et de ce qui n’est pas possible d’obtenir. Ne rien obtenir est vu comme une défaite intolérable, mais l’obtention de demi-mesures n’est pas plus perçu comme une victoire. Cela entretient un mauvais esprit et un taux de syndicalisation bas, qui pèse à son tour dans les capacités à négocier, entraînant une spirale descendante.

    Le fait est que les syndicats ont aussi atteint certaines limites. Outils tactiques, ils ne peuvent obtenir que des victoires tactiques. Celle-ci se limite le plus souvent à une politique du moindre mal, du « toujours ça de gagné », qui finit par rogner lentement mais sûrement les droits sociaux. Ils ne sont pas conçus pour obtenir la « rupture de front » qui permet d’arracher de nouvelle victoire ou de remettre en cause le système politique en tant que tel. Cela est du ressort des organisations politiques et plus précisément des partis. Or, ceux qui existent ne le font pas, ceux qui pourraient le faire n’existent pas.

    C’est aussi ce vide stratégique qui créé l’apparition de solutions de moyen-terme comme le « cortège de tête. »

    Aux yeux des masses, il existe un certain consensus autour du fait que la grève et que la manifestation n’est pas écoutée par ceux qui possèdent le pouvoir politique et qu’il s’agit d’un outil dont la portée est trop limitée. Comme l’outil manque, ce sont d’autres formes d’expression qui prennent le relais, comme le fait de rechercher la destruction de symboles du capitalisme, ou d’affronter les forces de l’ordre. Cette forme de radicalité reste superficielle, dans le sens où elle ne vise pas le renversement du pouvoir et sa prise. Mais elle est néanmoins un début.

    Ce consensus est largement partagé, il a fait souche. Des militantes et militants CGT tout comme les Gilets Jaunes l’ont fait leur.

    Dans le fond, nous ne voyons pas tellement de contradiction entre les différentes manières de concevoir les manifestations, dans la mesure où leur existence et leur action d’entrave pas celle des autres. De ce point de vue là, cela demande des moyens des discussions et de coordination. Cette coordination doit faire fi d’un problème récurent, c’est le rapport, pour le coup, assez viriliste à la violence et à l’affrontement. C’est-à-dire que certains (surtout certains, bien plus que certaines), ont tendance, parce qu’ayant peur de participer aux affrontements (ce qui peut se comprendre parfaitement) à condamner celles-ci et à condamner le cortège de tête, car il les renvoie à leur propre peur. Cela peut se mêler à un double discours, en façade appelant sans cesse à l’émeute, et, dans la pratique, étant terrifiés. Nous ne pensons pas que cela doive être reçu comme argument pour condamner l’ensemble. Nous devons dépasser cela et nos querelles d’égo. Nous jouons tous un rôle dans la lutte sociale, et chacun de nous, dans une certaine mesure, est une pièce dans le puzzle de la lutte des classes.

    Nous ne pensons pas que le fait de casser une vitrine de banque ne soit une perte pour elle, ni réellement un électrochoc pour les consciences de ceux et celles qui observent la scène. Nous pensons que cette energie peut trouver d’autres débouchés. En revanche, nous nous refusons à hurler avec la meute pour exiger la condamnation de l’acte ou de ses auteurs.

    Nous-mêmes ne condamnons pas les « violences » et les « dégradations ». Cela nous paraît très secondaire. Nous n’appelons pas à en commettre, mais nous considérons comme injustifiable de nous faire des auxiliaires de police. Nous rappelons que la violence première est le fait de l’exploiteur, et que celui-ci définit également le degré de violence des mouvements sociaux.

    Dans ces affrontements, la police s’est démasquée, tout comme l’État en général. Celui-ci, par le fait d’avoir mis en place une politique forcenée de répression, mais également en niant totalement contre toutes les évidences l’existence des violences policières, a montré sa nature réelle. De ce point de vue là, la violence des manifestations a contribué à faire accoucher les consciences et à briser le consensus réformiste.

    Cette remise en cause de la légitimité des institutions et du régime, notamment dans le mouvement des Gilets Jaunes, débouche sur la réalisation d’une certaine forme d’opposition extra-parlementaire. Dans celle-ci, le mouvement autonome a également joué un rôle, avec des hauts et des bas, parfois positif marqué par l’esprit d’action et de décision, parfois moins, marqué par une impatience et un sectarisme gauchiste.

    Mais, dans l’ensemble, si nous devons tirer un bilan contrasté, nous ne pouvons que constater que, à choisir entre les positions réformistes, politiciennes, et les positions gauchistes et aventuristes, nous nous méfions bien davantage des premières. L’une est celle d’ennemis qui peuvent être parfois des partenaires, l’autre est celle d’amis qui commettent des erreurs. Si, tactiquement, il est arrivé que les choses se passent très mal, cela ne contredit pas cette position.

    Quoi qu’il en soit, même dans l’erreur, nous mettons en avant le fait que la solidarité est fondamentale, y compris vis-à-vis de camarades avec lesquels les relations peuvent être tendues. L’existence d’un réseau de solidarité, de protection, autour des uns (et unes) et des autres est un élément fondamental pour permettre de ne pas être balayés.

    Nous pensons, quant à nous, que les différents modes d’expression se confortent les uns les autres. Qu’ils ont tout intérêt à se fondre et à se coordonner. Nous pensons, en outre, que la question de la forme des manifestations est étroitement liée au contexte. Parfois, une manifestation agitée peut être contre-productif, parfois cela peut être extrêmement utile.

    Nous pensons, en outre, que la radicalité est avant tout sur le fond de l’affaire : c’est-à-dire sur la capacité à trouver les moyens de rallier, de rassembler, d’organiser, dans le but de pouvoir faire tomber le pouvoir répressif de la bourgeoisie et de pouvoir construire celui du prolétariat.

    Nous pensons que c’est le renforcement de l’influence des idées communistes-révolutionnaires dans la société, dans le prolétariat, mais également auprès de la petite bourgeoisie radicale, qui permet de trouver une manière de résoudre positivement, dans une esprit de synthèse, la contradiction entre le « cortège » et le « cortège de tête ».

    Étant donné la situation sociale et politique, cette question prend une importance vitale. Vitale aussi, celle de la création d’une alliance des révolutionnaires, permettant la coordination, le renforcement mutuel, et la défense mutuelle. Nous continuons à placer très en avant cette question, et nous pensons que tout communiste ou tout révolutionnaire conséquent se doit d’en faire de même.

  • Attaque fasciste à Lyon : le néant en action.

    Attaque fasciste à Lyon : le néant en action.

    Dans la nuit du 19 au 20 décembre 2019, un groupe de fascistes ont attaqué un bar des pentes de Croix-Rousse. Casqués et armés, ils s’en sont pris à la façade, aux clients et clientes, pour ensuite, une fois leur raid accompli, s’enfuir. Le bar, la Pinte Douce, donnant sur la place Colbert, a été saccagé.

    Ce raid n’est pas un acte isolé, mais s’inscrit dans une stratégie d’attaques menées par les fascistes dans le quartier. Ces attaques ont pour but d’instiller un climat de peur sur la colline qui était, auparavant, vu comme un sanctuaire. Par le passé, plusieurs attaques ont eu lieu, avec des configurations différentes. La Plume Noire, local de la CNT à Lyon, mais aussi le local du PCF du 4e arrondissement de Lyon. Le plus souvent, cependant, ces opérations coup de poing avaient lieu tard dans la soirée, lorsque les fascistes, éméchés et cocaïnés, cherchaient quelques traînards ou quelques traînardes à agresser. Les pages de gloire de ces apprentis croisés s’écrivent ces soirs-là.

    Dans leur communiqué, publié sur Ouest-Casual, les fascistes s’exclament : « Encore une fois, la jeunesse lyonnaise prouve que l’antifascisme n’est qu’un ramassis de mouilles, à peine bon à impressionner l’étudiante en socio pendant leur manif ou à parader en pleine nuit tel des blattes. Jamais rien de concert (sic.) dans la rue. »

    Il est amusant de voir que, alors que la très large majorité des actions et des événements politiques de la part des progressistes et des révolutionnaires sont publics, ouverts à toutes et tous, et annoncés librement, les fascistes n’agissent qu’en catimini. Leurs diffusions de tract sont des exploits, et lorsqu’ils écrivent que Croix-Rousse est « ce quartier bourgeois où l’extrême-gauche a ses habitudes. », ils avouent quelque chose. Eux-mêmes se permettent de se balader dans le 5e ou à Croix-Rousse justement parce que ce sont ces « quartiers bourgeois ». Les quartiers populaires, où nous pouvons aller sans problème, sont pour eux des terres inconnues.

    Ces attaques, d’ailleurs, échouent à atteindre cependant leur objectif. Certes, profitant de l’attitude conciliante de la mairie, de la police ou de la justice, il leur est possible de mener leurs actions, mais ils ne sont nulle part en mesure de s’imposer comme des forces hégémoniques. Dans le 5e comme ailleurs, ils sont vus comme des agresseurs ou comme une force occupante. Nulle part la population ne se rallie à eux. Ils sont des corps étrangers dans une ville qui les rejette.

    L’attaque organisé par les fascistes à Croix-Rousse est révélatrice du vide complet et de l’inutilité de ses auteurs. Tandis que tout le monde lutte et se bat contre la destruction de l’environnement, contre la casse des droits sociaux, contre les politiques réactionnaires, une poignée de « croisés » trouve sa lutte ici.

    Désespérés d’exister autrement que pour attirer l’attention, leur pinacle de l’efficacité est résumée là : casser des vitrines de bars.

    Lors des dernières dégradations commises contre le local du PCF, les auteurs ont été appréhendés. Devant les juges, ces fils de bonne famille ont tombé le masque du soldat de la légion de damnés. Ils ont revêtu alors celui de la pleurnicherie, demandant la clémence du tribunal, priant pour qu’une condamnation d’entâche pas leur avenir.

    Dans le même ordre d’idée, les courageux guerriers qui, un soir de la Saint-Valentin de 2014, ont poignardé plusieurs jeunes dans les rues de Saint-Jean, n’ont eu de cesse de se balancer les uns des autres. Courageux dans l’écrasement, larmoyant devant la justice. Il serait tout aussi aisé de parler de Fiorina Lignier éborgnée par un tir de flash-ball, qui, auparavant, priait devant des croix-gammée et qui n’assume pas aujourd’hui son nazisme en public.

    Ou un « Damien Rieux », « prolétaire » de la banque, qui s’en prend à ceux qui fuient la guerre depuis un hélicoptère loué à grands frais. Un Alain Bonnet de Soral, nobliaud protégé par le parquet de Paris, n’est qu’un mercanti, un boutiquier, un petit commerçant.

    Ces portraits, pour reprendre la formule d’Eugen Kogon, rescapé de Buchenwald, « se ressemblent comme un fruit pourri en ressemble à un autre ». Bourgeois ou nobliauds, petits seigneurs, petits princes, vomissant leur xénophobie et leur racisme.

    Leur origine de classe les trahit bien souvent et trahit leur rapport à la politique marquée par le manque de sincérité. Tout comme les anciens du GUD ou d’Occident, ils ont une jeunesse de pseudo-rebellion, avant de trouver leur place dans la bonne bourgeoisie ou dans les organisations « modérées » comme LR. De ce point de vue là, nous retrouvons également des éléments de ce type dans la frange la plus radicale du gauchisme. Un Cohn-Bendit n’est que la version « de gauche » d’un Devedjan ou d’un Longuet.

    Quant à leurs actions en tant que groupe, elles révèlent leur vraie nature de classe.

    A Strasbourg, l’Action Française est venue débloquer les lycées et attaquer les blocages. Dans le mouvement des Gilets Jaunes, les fascistes ont systématiquement entravé et saboté toutes les tentatives d’organisation autonome de ceux qui luttaient. Ils ont continuellement œuvré pour détourner la colère populaire dans des impasses : contre le « pacte de Marrakech », mentant pour en aggraver le contenu. L’UPR ou d’autres organisations réactionnaires ont nié la responsabilité du capitalisme et de la bourgeoisie de France pour ne pointer qu’une hypothétique responsabilité de l’Union Européenne.

    Au Mans, un groupe équipé avec “des casques, des masques, des gants coqués, des matraques télescopiques et des foulards royalistes” s’en est pris à tous les bars gay-friendly du centre ville. Revendiquée par leur page Ouest-Casual, cette page de gloire montre les priorités de leur mouvement : s’en prendre aux minorités, qu’elles soient culturelles, sexuelles ou ethniques. Les questions sociales ne les intéresse pas. Et pour cause, ils sont socialement du côté de la bourgeoisie. L’élue LREM Agnès Cerighelli, qui partage le même fond que ces gens, ou le RN Messiha l’illustrent pleinement quant à leur position vis-à-vis de la grève. Devant le refus de la part des syndicats et des mobilisé·e·s de céder aux injonctions hypocrites sur Noël, ces sinistres agents de la calomnie proposent une explication complètement aberrante. Leur explication de la lutte sociale, d’une lutte menée pour défendre pied-à-pied les droits sociaux, frise la conspiration : Ce serait l’islamisation de la CGT qui, du coup, ourdirait un complot pour saboter le Noël des Français.

    Aujourd’hui, le Rassemblement National a montré qu’il n’était pas capable de prendre position d’une manière simple. Quand la question lui est posée directement sur savoir si l’organisation soutient la grève, les seules réponses furent des bafouillements honteux. Coincé entre la base anti-communiste, anti-sociale du RN et la volonté de se placer comme le « premier parti ouvrier », celui-ci fait dans la demi-mesure. Ce moyen terme les a toujours suivis, comme vis-à-vis de la question du SMIC ou par rapport aux violences policières. Ce moyen terme bloque d’ailleurs la possibilité d’évolution du RN et les condamne a n’être qu’une organisation de boutiquier, de parasites, dominés par une dynastie qui vit de rentes et de la traite des vaches à lait que sont les adhérents et adhérentes.

    Anecdotique, mais significatif, l’attitude ambivalente de la part des fascistes avec leurs homologues islamistes de Daesh. Idéologiquement, ils sont les deux faces d’une seule et même pièce. Ce n’est pas un hasard si ce sont des fascistes comme Hermant qui vendirent des armes aux terroristes de Charlie Hebdo, tout comme qui ont négocié pour le compte de Lafarge avec Daesh. Entre obscurantistes et réactionnaires, il est possible de s’entendre sans problème.

    Dans le fond, derrière les étiquettes différentes et variées, on retrouve un même contenu. En dépit de leurs prétentions d’être du côté du peuple, ils agissent toujours, systématiquement, contre ses intérêts. En instillant la défiance entre les origines, entre les croyances, entre les syndiqués et non-syndiqués.

    Les fascistes n’ont aucune place dans les luttes. Ce n’est pas qu’une déclaration de principe, c’est un fait. Ce ne sont que des agents de la division, des alliés objectifs de Macron. Leur discours patriotique, nationaliste, sonne creux.

    En fait de patriotisme, de nationalisme, ce sont des traîtres dont la seule et unique visée est de livrer pied et point liés les travailleurs et les travailleuses à leurs premiers bourreaux : la grande bourgeoisie française, les Dassaut, les Arnault, les Pinault. En réalité, ces groupes jouent un double jeu. Ils rêvent d’un peuple enrégimenté. D’un peuple asservi, dévoué, fanatique dans la défense d’un hypocrite intérêt national, qui n’est en réalité que l’intérêt des mêmes parasites sociaux.

    Nous exprimons notre solidarité envers tous ceux et toutes celles qui ont subit la violence fasciste. Nous exprimons à nouveau notre solidarité envers ceux qui ont pu subir la violence des fascistes, organisés ou non.

    Nous pensons que les conceptions différentes de l’antifascisme qui peuvent exister, dans le monde, en France comme à Lyon, ne sont pas antagoniques, mais sont complémentaires. Nous appelons à l’unité la plus large, sur la base d’une autonomie de classe, sur la question de l’antifascisme. Nous n’acceptons pas que ceux et celles qui ont joué sur leur terrain confisquent l’expression de l’antifascisme populaire.

    Ensemble, unissons nos forces et ripostons aux fascistes sur tous les plans. Intellectuel comme organisationnel. Chassons-les de nos luttes, chassons-les de nos quartiers, chassons-les de nos vies !

  • Message de l’ICOR à destination de l’UPML et de l’UCL.

    Message de l’ICOR à destination de l’UPML et de l’UCL.

    Message de solidarité de la Coordination européenne de l’ICOR adressée à l’Union Prolétarienne et à l’Unité Communiste de Lyon

    nos salutations solidaires et combatives à vous et aux cheminots, enseignants et autres salariés de la fonction publique, ouvriers, employés des hôpitaux, « gilets jaunes » et beaucoup d’autres qui depuis une semaine sont en grève et protestent au niveau  nationale contre le gouvernement Macron.

    C’est une juste lutte – L’ICOR, la coordination internationale des partis et organisations révolutionnaires, est fermement à vos côtés! 

    L’UE est une coalition d’exploiteurs qui se soutiennent mutuellement…. L’UE est un instrument de pour le repartage du monde et ils ne reculent pas devant le crime et la guerre! Les grands groupes monopolistiques comme Volkswagen, Total, Orano-Areva, Airbus … déterminent l’ordre du jour de l’UE – comme dans ses États membres. (…) L’UE est une machine à produire  la pauvreté, à réduire les droits des travailleurs, à flexibiliser les heures de travail et à privatiser la fonction publique!

    Nous connaissons actuellement une recrudescence des luttes dans de nombreux pays, manifestations de masse, révoltes et rébellions contre la politique des dirigeants, contre la politique impérialiste et le développement vers la droite de nombreux gouvernements et partis.
    Dans cette polarisation sociale en cours, la tendance de gauche, la solidarité internationale et la coopération au-delà des frontières dans la lutte … doivent être encore  renforcées dans la lutte contre toutes les nuances du social chauvinisme.

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

    Chers camarades,
    Nous vous souhaitons beaucoup de succès pour renforcer les révolutionnaires et la construction de vos organisations dans ces luttes très importantes.

    Faites-nous savoir quelle solidarité énergique, quelle coopération pratique et quel soutien vous sont nécessaires dans cette période. Et partagez vos expériences avec nous!

    Joachim G., pour les coordinateurs européens de l’ICOR
    14 décembre 2019