Auteur/autrice : unitecommuniste

  • 75e anniversaire des bombardements atomiques.

    75e anniversaire des bombardements atomiques.

    Les 6 et 9 août 1945, les USA ont fait usage de l’arme atomique.

    Les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki, épargnées par les bombardements jusqu’à présent, ont été rasée en un éclair. Depuis leurs B-29, les équipages des « Enola Gay » et « Bockscar » viennent de faire entrer l’humanité dans l’âge atomique. Le 6 août sol, a 8h 16 et 2 secondes, la vie de 75 000 japonais et japonaises s’arrête instantanément. Au total, ce sont entre 95 000 et 166 000 morts et mortes. Les autorités japonaises ont mis plusieurs jours avant de comprendre ce qui s’était déroulé tant l’événement paraît incompréhensible.

    Le 9 août, dans la ville de Nagasaki, ce sont de 60 000 à 80 000 morts qui sont comptés. Le même jour, l’Union Soviétique franchissait le fleuve Amour et déferlait sur les positions japonaises.

    Le 14 août, après avoir maté une mutinerie de militaires ultras, l’Empereur du Japon prenait la parole pour annoncer la reddition de son pays. Trois jours après, une nouvelle annonce aux soldats et aux marins leur demandait de cesser les hostilités au Mandchoukuo.

    Usages exclusifs de l’arme nucléaire, ces bombardements atomiques ont été et sont toujours l’objet d’un grand nombre de débats. Pourquoi ont-ils eu lieu ? Sont-ils des crimes contre l’humanité ? Quelle attitude avoir vis-à-vis de l’arme nucléaire ?

    Une grand nombre de raisons ont justifié, aux yeux des Américains, l’emploi répété de l’arme atomique. Ces considérations sont à la fois militaires, politiques et géopolitiques.

    Les raisons du feu nucléaire.

    Seconde guerre mondiale: la chute du Japon impérial

    A la décharge des américains, il apparaissait nettement plus rationnel de frapper avec une dureté sans précédent dans l’histoire que de courir le risque d’un débarquement au Japon. En dépit de la situation militaire absolument désespérée, de la famine, les Japonais sont résolus à lutter. La fraction militaire au pouvoir part de la logique suivante : «Nous sommes 100 millions, les Américains ne peuvent tous nous tuer, donc il négocieront ». L’expérience des débarquements à Iwo Jima et à Okinawa ont également été des traumatismes pour les soldats, tout comme les frappes de Kamikazes. Les USA estiment le prix à payer à un million de soldats hors de combat. Ce n’est donc pas un acte intégralement « gratuit ».

    Indépendamment de cette question, la prévision d’un débarquement (l’opération Downfall), impliquerait les anglais et ferait se poursuivre la guerre jusqu’en fin 1946. C’est déjà, pour les USA, un point dérageant. Le colonialisme anglais se marie mal avec la politique de la « porte ouverte » des USA, qui veulent mettre fin aux « pré carrés coloniaux » (nécessité faisant loi, cette perception des choses changea avec la guerre froide.) Surtout, le temps joue contre les occidentaux. Ils ont réclamé l’aide de l’URSS pour mettre fin à la présence japonaise en Mandchourie. Or, cette intervention, avec l’effondrement des capacités militaires japonaises, n’est plus souhaitée. Elle est même indésirable. Un débarquement au Japon prendrait du temps et obligerait également à revoir la participation de l’URSS à une éventuelle occupation du Japon. Dans ce cadre là, l’arme nucléaire est une manière de solder le problème rapidement. D’autant que les Américains sentent bien que d’autres factions que celle au pouvoir sont en mesure d’arracher la reddition à l’empereur. Le seul véritable point qui est non négociable dans l’ultimatum US est la question du pouvoir impérial. Elle est la raison pour laquelle les japonais ont « ignoré » celui-ci. Une « ignorance » qui valait « demande d’éclaircissement ». Le Japon s’était déjà adressé à l’URSS pour formuler ses conditions acceptables de capitulation. Les américains les connaissaient.

    En outre, elle constitue également un avertissement lancé au reste du monde, et particulièrement au potentiel futur ennemi soviétique. L’usage de l’arme nucléaire sur le Japon est un test grandeur nature d’un nouveau matériel, une démonstration de puissance. Il sert à marquer également la limite à ne pas franchir. Désormais, toutes les relations internationale entre grande puissance furent sous l’épée de Damoclès du feu nucléaire. Il s’agit du fil rouge des relations diplomatiques entre grands jusqu’à ce qu’une contre-mesure se développe.

    Les bombardements aériens sur les populations civiles ont été un crime contre l’humanité.

    Japon – Nouvelles victimes de la bombe d'Hiroshima reconnues ...
    Le résultat du raid.

    L’armée japonaise n’a rien a envier, en termes de cruauté, aux divisions SS. Elle a traité les populations civiles avec un mépris souverain, n’hésitant pas à exercer les pires châtiments en cas de résistance, même la plus symbolique. Elle a traité les prisonniers de guerre comme des animaux de trait, multipliant les travaux forcés et les mauvais traitement. Cependant, le caractère inhumain de cette guerre n’enlève en rien le fait que ces bombardements constituent des crimes en soi.

    Le choix des cibles civiles, plutôt que militaire, ne peut pas être moralement défendu dans le contexte dans lequel cela a été fait. Le Japon se contentait de rendre les coups. Il n’avait plus de marine efficace. Il n’avait plus d’aviation à long rayon d’action. Il avait replié ses forces pour préparer la bataille défensive finale. Il n’y avait plus de zone de contact réellement dangereuse entre les forces Alliées et les Japonais (excepté en Chine, mais cela ne menaçait guerre les soldats occidentaux.) C’est donc froidement que la question a été tranchée, non dans la fureur du combat.

    Cela n’a pas été sans débats. Edward Teller, physicien par exemple, avait proposé de faire exploser la bombe dans la rade de Tokyo, pour faire une démonstration de force. L’historien Raymond Cartier cite la proposition du mont Fuji, sans confirmation. Henry L. Stimson proposait un avertissement et le fait de prévenir des zones frappées. En outre il écarta Kyoto. Hormis cet amendement, toutes les autres mesures visant à atténuer le sort des civils ont été écartées. Il fallait que la frappe soit la plus terrifiante possible. Hiroshima, ville sans grande valeur militaire, a été ainsi couvée, protégée, pour être dans l’état optimal pour servir de test. Quant à Nagasaki, ville portuaire importante, c’est uniquement la mauvaise météo au dessus de Kokura qui l’a faite choisir, le jour même.

    Ce choix de se livrer à un bombardement de terreur, et de terreur absolue, est à mettre en perspective avec la relative retenue des Américains en Europe. En dépit du fait que la DCA japonaise et que sa chasse étaient absolument misérables comparativement à la Flak et à la Luftwaffe allemande, l’USAAF a fait le choix d’abandonner les raids de précision. Il semble qu’il y ait eu, derrière ce choix de faire brûler les villes japonaises, une certaine considération raciste. Il est par ailleurs douteux que les USA eussent employé les armes nucléaires en Europe. Mais la vie des japonais ayant une valeur jugée moindre que celle d’autres membres des pays de l’Axe (et ayant moins de relais parmi les descendants d’immigrés aux USA), le coût politique de l’opération n’était pas le même.

    La première frappe a été faite par surprise. La deuxième frappe a été précipitée volontairement, sans attendre le résultat du nouvel ultimatum, sans attendre les effets des tracts lancés sur la population. En somme, les USA, pour gagner du temps, non pour des motifs humanitaires, ont fait le choix de frapper à nouveau.

    Le chemin de croix des Hibakushas.

    Le vocabulaire s’est enrichi d’un nouveau mot : hibakusha. Les victimes des bombardements atomiques. Brûlées, irradiées, broyées. Les survivants et survivantes découvrent les effets à long terme des radiations et des retombées atomiques. 650 000 personnes ont été reconnue hibakusha au Japon. C’est plus que l’ensemble des pertes américaines pendant la guerre. Leur statut de victime n’a pu être reconnu publiquement qu’après 1952. Auparavant, la censure américaine a été chargée d’« éliminer toute critique flagrante des pouvoirs alliés » à l’exception de l’URSS. Il n’est pas inutile de mentionner que l’occupation américaine du Japon s’est déroulée avec de nombreux drames et des comportements criminels. L’Atomic Bomb Casualty Commission, jusqu’en 1975, a d’ailleurs pratiqué des études sans consentement sur les survivants, tout comme des vols de cadavres ou de parties de ceux-ci aux familles.

    https://img.aws.la-croix.com/2020/08/06/1201108010/Soixante-quinze-ansHiroshima-Nagasaki-certains-Japonais-souhaitent-continuer-passer-memoire-victimes-disparaissent_0_729_523.jpg
    Commémoration des victimes. (Crédit AFP)

    Les frappes atomiques constituent une source toujours vive de ressentiment de la part des japonais envers les Américains. Aujourd’hui, les associations de survivants et de survivantes mènent toujours des campagnes contre l’armement nucléaire et pour le pacifisme. Dans la littérature, dans la culture, dans le cinéma japonais, la question de l’atome est toujours extrêmement présente. Elle forme d’ailleurs un frein important au développement du nationalisme agressif au Japon.

    Les scientifiques ont-ils sauvé le monde ?

    Il faut souligner un point essentiel dans cet événement. Une grande partie des scientifiques qui ont travaillé sur ce projet l’ont fait car ils pensaient qu’il servirait à mettre fin au nazisme et au militarisme japonais. La grande majorité l’ont fait par idéalisme. Cependant, devant la destruction de Hiroshima et de Nagasaki, ils ont vu l’horreur de l’âge nucléaire se profiler. Et surtout la crainte de savoir cette arme entre les main d’une unique puissance.

    Les époux Rosenberg, l'amour atomique
    Ethel et Julius Rosenberg.

    A la fois pour conjurer cette menace, mais également par profonde sympathie pour les espoirs de paix qu’incarnait l’URSS, la grande majorité des sommités scientifiques se sont rapprochées du NKVD. Les procès de Julius et Ethel Rosenberg ont été de ceux qui ont marqué la période du Maccarthysme. Mais ils n’étaient que des éléments subalternes dans le réseau d’espionnage soviétique, dirigé par le maître-espion Soudoplatov. Il faut cependant leur rendre hommage, tout comme il faut également le faire pour Oppenheimer, Fermi, Bohr… qui ont, en prenant des risques énormes, de manière désintéressé, pour faire en sorte que le camp socialiste soit à parité avec les USA.

    Imaginer un monde dans lequel les USA auraient le monopole de l’arme atomique est glaçant. Sans risques de représailles, il ne fait aucun doute que nombre de situations géopolitiquement complexes auraient été soldées par la même force brute que celle qui s’est abattue sur la rivière Ōta, un beau matin de 1945.

    La géopolitique actuelle : l’impossible désarmement nucléaire.

    C’est là un des problèmes épineux de la géopolitique actuelle. L’existence de l’arme nucléaire est un problème gênant. Un désarmement nucléaire des grandes puissances militaires est, dans le fond, impossible sans qu’il soit général. Aucune ne peut accepter de prendre le risque de pouvoir subir des frappes stratégiques sans possibilité de riposte. Mais pour les puissances moyennes ou faibles qui possèdent ou posséderaient l’arme nucléaire, comme la Corée du Nord, un désarmement est même inenvisageable, car il est ce qui garantit la sanctuarisation de son territoire. Soit, comme sa sœur du Sud, elle se met sous la protection du parapluie nucléaire d’une autre puissance, soit elle court le risque d’être envahie.

    Tant qu’il existe des risques de guerre, il paraît improbable que l’arme nucléaire disparaisse des arsenaux, même si sa doctrine d’emploi la limite à des cas dramatiques. La Russie la réserve ainsi en cas de menace sur l’existence de l’État. Cela signifie qu’elle accepterai un affrontement limité avec d’autres forces, voire la perte d’une partie de son territoire, sans avoir recours à l’arme ultime.

    Shocking Footage Of Nukes Being Tested On Marines - YouTube
    La guerre de Corée aurait peut-être ressemblé à cela sans parité nucléaire.

    Cependant, Mao écrivait que l’arme nucléaire n’est qu’un tigre de papier. C’est une vérité paradoxale. Si l’arme nucléaire prémunit contre les invasions et contre les dangers qui pèsent sur les États impérialistes, elle n’empêche en rien les luttes internes, les révolutions, les changements de régime. Les USA n’ont pas pu l’employer contre la République Populaire de Chine, ni contre Cuba. Ils ne peuvent pas l’employer contre les mouvements de lutte interne à leur pays. L’arme nucléaire ne stabilisera pas et ne sauvera pas le monde capitaliste de sa déchéance.

    Ce jour est le jour contre la guerre pour nous camarades d’Asie. Aujourd’hui, commémorons les Hibakushas. Clamons notre détestation des guerres impérialistes et du militarisme. Nous militons pour un monde dans lequel ces images, ces événements, ne puissent plus être considérés que comme des manifestations de barbarie, d’un passé révolu. Que plus jamais l’arme nucléaire n’ait à servir. Que plus jamais une ville ne soit, en un instant, rayée de la carte.

    Vive la paix mondiale ! Plus de guerre entre peuples ! Paix et socialisme !

  • Nous méritons mieux que Thiers !

    Nous méritons mieux que Thiers !

    Nous avons pris l’initiative de renommer symboliquement l’avenue Adolphe Thiers (Lyon 6e) pour la rebaptiser « Avenue de la Commune de Paris ». Pour nous, ce nom, comme d’autres à Lyon, est une injure à la mémoire des exploités et exploitées, des opprimés et opprimées. La rue Bugeaud, la rue Faidherbe, le quartier du Tonkin… sont tout autant de toponymes d’un passé qui ne passe pas.

    Un passé qui ne peut s’effacer car ses conséquences sont toujours là. Conséquences du colonialisme, qui maintient toute une partie de l’humanité dans la domination et le sous développement. Conséquences racistes, xénophobes, impérialistes. Conséquences sociales, aussi, car l’exploitation ne s’est pas éteinte. Aujourd’hui, elle s’accroît.

    La Commune de Paris représente toujours, 150 ans après sa proclamation, un des points d’orgue de la lutte sociale et politique. Elle est la première démocratie populaire. Elle est le premier gouvernement des classes populaires, des travailleurs et des travailleuses. Une démocratie sans leurs exploiteurs et contre leur ordre.

    La Commune de Paris a été l’aube d’une ère nouvelle. Elle fait partie du passé, mais elle incarne l’avenir. Un avenir collectif, émancipateur, libérateur. Un avenir qui nous propose ce que le capitalisme ne peut faire : un futur.

    Thiers, son fossoyeur, incarne un présent dont on ne parvient pas à s’extraire : celui de la répression, celui de l’écrasement, de la domination et de l’exploitation.

    L’espace public possède un très fort caractère prescriptif. Il détermine la mémoire jugée légitime. Il détermine ce qui représente la mémoire et l’histoire officielle. Les bourreaux y sont encensés comme ayant contribué à la grandeur du pays, tandis que leurs victimes sont rejetés dans l’anonymat ou dans l’oubli. Nous méritons mieux qu’une avenue Thiers. Nous méritons une avenue qui célèbre la force créatrice des masses.

    Oui, il existe des rues qui portent le nom de héros populaires. Mais ces petits espaces laissés aux progressistes, aux révolutionnaires, aux combattants et combattantes du progrès et de l’égalité sont vidés de leur contenu. Ils sont également accaparés par leurs ennemis. Beaucoup de ceux qui se réjouissent des victoires du progrès, contre le fascisme, contre l’esclavagisme, pour des droits sociaux, contre les guerres… sont les héritiers directs de ceux qui étaient les acteurs de ces crimes. Ils se sont battus pour que ces avancées n’aient pas lieu. Ils se battent pour que de nouvelles ne puissent naître. Ni les abolitions, ni les droits sociaux, ni quelque progrès que ce soit n’ont été données. Elles ont été arrachées, par la lutte, par le sang, par la souffrance. Les prochaines victoires demanderont, elles aussi, leur Livre de chair.

    Les toponymes représentent cette réalité, ces oppositions dans la société. Nous affirmons qu’il existe et qu’il existera des mémoires contradictoires et antagoniques tant qu’il y aura des oppositions d’intérêt dans la société. La mémoire de la bourgeoisie, des capitalistes, des réactionnaires est celle de l’oppression, de l’exploitation, de l’âge d’or du commerce triangulaire, des colonies, du servage, de l’exploitation la plus poussée et la plus criminelle.

    La nôtre, celle des classes populaires, est celle des luttes sociales, de la résistance à l’oppression, à la répression. De la lutte antiraciste, antifasciste, anticoloniale. Celle de la construction d’un monde nouveau. Un monde que nous appelons toujours de nos vœux. Celle de la liberté, la vraie, celle dont la base ne peut être que l’égalité réelle. Notre mémoire est celle d’un avenir en gestation, qui n’attend plus que de naître et de recouvrir l’ancien monde.

    Que faire de Thiers ? Il ne s’agit pas d’effacer l’histoire. Oublier ces personnages, être sans histoire, c’est perdre tout repère. Mais il s’agit aussi de lui rendre sa complexité. Une rue Thiers pourrait exister. Il ne faut pas en faire un « non-être ». Mais elle se doit de rendre sa cohérence au personnage. Il n’existe pas un Thiers des « libertés nécessaires » et un Thiers fossoyeur de la Commune. Thiers a défendu la liberté, celle de la bourgeoisie, dont il représentait les intérêts. Ce sont ces mêmes intérêts qu’il défendait en massacrant les communards. C’est ce que tout toponyme doit rappeler. Un jour, cette histoire apaisée pourra trouver sa place.

    Mais dans l’intervalle nous réclamons le fait que nos rues portent les noms de nos héros et de nos héroïnes. Ceux et celles qui ont combattu pour la liberté, pour l’émancipation de l’humanité, pour l’égalité. Ceux et celles qui ont fait avancer le progrès. Ceux et celles qui sont porteur d’un avenir, avenir qui est le grand enjeu de cette période de crise.

    Vive la Commune de Paris ! Vive les révolutionnaires, les révoltés et révoltées, vive les luttes et les combats pour un monde juste !

  • Berlin : mobilisation anti-masque.

    Berlin : mobilisation anti-masque.

    17 000 manifestants et manifestantes anti-masques se sont réunis à Berlin le 1er août. Cette manifestation « pour la liberté » s’est déroulée au mépris des injonctions sanitaires. Elle réclamait le droit « à respirer », mais également la fin des mesures contraignantes liées à la crise. Si les manifestants étaient de tout horizons, ceux-ci comprenaient une part importante de militants et de militantes des organisations d’extrême-droite Allemande, notamment Alternativ fur Deutschland et le NPD.

    Cette manifestation est un danger en soi, tant pour les participants et les participantes que pour leurs proches, et, par rebond, pour l’ensemble de la population. Si les mots d’ordres sont antiscientifiques, conspirationnistes et réactionnaires, ils méritent néanmoins d’être étudiés pour ce qu’ils sont : un phénomène révélateur.

    Parmi les réactions relatives à cette manifestation, beaucoup ont été de l’ordre de la moquerie ou du mépris. Il est vrai que le mouvement anti-masque, naissant en Europe, peut laisser perplexe. Mais au-delà de la moquerie, il nous faut également comprendre, sans pour autant adhérer à ces conceptions.

    Pourquoi le conspirationnisme gagne du terrain ?

    Le conspirationnisme gagne de l’ampleur durant la période récente. Il a le vent en poupe et, dans de nombreux États, trouve un terreau favorable pour s’implanter.

    La parole officielle, que ce soit celle de la science ou celle du politique, soit constamment disqualifiée. Cela démontre qu’il existe une réelle crise de confiance et une méfiance profonde envers tout ce qui semble émaner des « élites », quelque soit la nature de l’information. Elle est fondamentalement une réponse à l’emploi constant du mensonge par les politiciens. Ce mensonge ne trouve plus prise, et la réaction, diamétralement opposée, de ceux qui ne s’y laisse plus prendre est de tout analyser à contre-pied. Même si cela amène à sombrer dans d’autres mensonges.

    La politique bourgeoise, basée sur la tromperie, sur la réclame publicitaire, sur la corruption, ne peut que générer et nourrir les raisonnements conspirationnistes. Le décalage entre la promesse de chances égales, entre l’idéal de justice, de paix, de démocratie et la réalité vécue par la population ne peut que déboucher sur cette désillusion. De plus, la démocratie représentative, opaque, obscure, faite de tractations dans l’ombre et d’arrangements entre cliques, ne peut que renforcer un sentiment d’être le jouet des événements, d’être dépossédé de toute influence, d’être une donné statistique dans un plan qui nous dépasse.

    L’avantage du plus faible.

    Ainsi, toute parole alternative bénéficie d’un avantage, dans le sens où elle est supposée être dénué d’intérêt caché, et donc mû uniquement par l’altruisme. L’opposition à la parole officielle devient donc un point de repère, et, dans son sillage, se traînent d’autres théories du complot : vaccins, chemtrails, complot juif… Lorsque le raisonnement conspirationniste s’installe, plus aucune barrière ne l’entrave. D’autant que les moyens de réponse de la part des autorités sont tout autant de points d’appuis : en censurant ceux qui ont déjà déclamé être censurés, ces politiques alimentent une prophétie auto-réalisatrice. L’école, et particulièrement l’enseignement de l’histoire, joue un rôle dans ce mode de raisonnement. La chronologie artificielle, l’enchaînement d’événements, la tendance à rechercher l’intentionnalité des politiques et à déposséder le peuple de toute rôle dirigeant, tend à avaliser les théories du complot.

    L’expérience massive de la confrontation avec les forces de l’ordre, avec la dictature de classe, au cours du mouvement des Gilets Jaunes a agi comme un détonateur. Le mythe républicain s’est fracturé. Cette instabilité profite cependant davantage à l’extrême-droite, qui tire un grand bénéfice de l’isolement du confinement, de la fragmentation, du doute et des inquiétudes. Surtout, elle peut proposer des réponses simplistes à des problèmes complexes. Ne cherchant ni la vérité, ni la cohérence, elle s’appuie sur les instincts. Elle est capable de pouvoir réclamer des masques, clamer qu’on nous sacrifie, puis considérer que ceux-ci sont une émanation d’un complot lorsqu’ils arrivent. Le temps de les démonter, un nouveau thème est déjà apparu. Il en résulte un sentiment d’angoisse et d’isolement. Et celui-ci est propice pour instiller la division et la haine.

    Ces sentiments sont présents dans une très grande partie de la population. La question ouverte est celle de l’attitude à avoir. Les fascistes ont choisi la leur : ils nourrissent ce sentiment de dépossession pour prendre la place des cliques au pouvoir. Ils ne dénoncent leurs méfaits, ne se placent en posture d’outsiders dénonçant les abuse que dans l’unique but d’être ceux qui exécuterons les désirs des bourgeois. Elle est d’autant plus cynique que, dans une grande partie des situations, elle ment sciemment. Elle est prête à soutenir le mouvement anti-masque, comme un point d’appui populiste, tout en sachant pertinemment quels risques elle fait courir à la population.

    Personne n’est à l’abri.

    Même dans les rangs de la gauche révolutionnaire, il existe l’influence de ces conceptions conspirationnistes. Simplifiant la lutte des classes en un affrontement binaire entre monolithes, certaines tendances finissent par oublier que la bourgeoisie est une classe en concurrence avec elle-même. Que le fait de faire front n’est pas sa tendance naturelle, spontanée, mais au contraire, le fait de se tendre des pièges. Elle ne recherche pas non plus à imposer une dictature absolue et totale, mais repose bel et bien sur des stratégies d’adhésion à son système, et sur des interfaces démocratiques, beaucoup plus souples qu’une dictature ouverte. Nous mêmes devons être d’une extraordinaire prudence quant à nos propres raisonnements, pour ne pas voir l’intentionnalité ou le plan préétabli derrière chaque action.

    La bourgeoisie, dans ses diverses fractions, essaie de tirer bénéfice de la situation. Elle réagit à la fois en essayant de limiter la casse, mais également en tentant de sortir renforcée. Si les -13 % de PIB en France sont une bien mauvaise nouvelle pour elle, elle trouve toujours des voies pour s’en tirer. La concentration du capital sera plus grande encore après cette crise, car les petits capitalistes vont dévorer des plus faibles.

    D’ailleurs, bien que supposément opposé aux « élites », certaines des revendications de ces mouvements « pour la liberté » ne tombent pas dans l’oreille de sourds. Le proverbial « en même temps » d’Emmanuel Macron s’applique à d’autres. Les mesures de « redémarrage de l’économie », qu’il faut entendre comme étant une baisse des droits sociaux et des salaires, seront les seules réponses fournies par les exploiteurs aux exploités et exploitées.

    Lutter contre le conspirationnisme.

    Dans le fond de l’affaire, l’influence conspirationniste est le reflet de la faiblesse du mouvement progressiste et révolutionnaire. Mais, aussi, de fragilités théoriques et idéologiques au sein de celui-ci. Ces fragilités trouvent leur source dans un éparpillement des travaux, des productions, qui empêchent, indépendamment des volontés des différents groupes, qu’émerge une masse critique, suffisamment grande, pour permettre d’élaborer et de diffuser les réponses aux questions que se posent une partie toujours plus grande de la population.

    D’une manière générale, l’expérience des Gilets Jaunes, l’expérience de la pandémie, les défis qui se profilent montrent l’importance d’un travail conjoint. Ce travail nous tiens à cœur, au sein de l’UnCo. Nous appelons, à nouveau, les organisations communistes et non-communistes qui veulent travailler dans un esprit de front uni, à mettre en commun leurs ressources et leurs compétences, et à œuvrer à la création d’un programme minimal d’urgence, permettant de répondre aux enjeux actuels. Non seulement ce travail est nécessaire, mais il est salutaire !

  • L’ICOR admet son 60e membre

    L’ICOR admet son 60e membre

    Nous sommes heureux de l’admission récente d’un nouveau membre de l’ICOR, le Socialist Party of Bangladesh (SPB). L’ICOR (Coordination internationale de partis et organisations révolutionnaires) est ainsi passée à 60 membres, dont dix sont basés sur le continent de loin le plus peuplé, l’Asie. Ce renforcement de l’ICOR est un signe important dans une période de crise croissante du capitalisme, actuellement de la profonde crise économique et financière mondiale et de la pandémie de corona associée aux crises. Le SPB représente le deuxième parti de l’ICOR au Bangladesh. Ainsi, leur appartenance exprime également le fait que les révolutionnaires se rapprochent aujourd’hui les uns des autres.

    Le SPB est un parti dont les racines remontent jusqu’à la lutte de libération contre l’impérialisme britannique. Avec sa fondation en 1980, il a tiré les conséquences de la trahison révisionniste du socialisme en Union soviétique et en Chine. Il est étroitement lié aux luttes multiples des masses populaires, en particulier des ouvriers et des paysans au Bangladesh. Diverses organisations de masses, entre autres des scientifiques et des médecins, y sont affiliées, et aussi une plate-forme pour enfants. Pour la formation idéologico-politique de ses membres, il organise un système de groupe d’études. Dans sa demande d’adhésion à l’ICOR, Khalequzzaman, secrétaire général, écrit: « Nous pensons que nos luttes actuelles sont presque de même nature. Lorsque nous serons membre de l’ICOR, nous pourrions mieux échanger nos points de vue, et cela nous aidera à mener nos luttes ensemble contre les dirigeants capitalistes dans nos pays respectifs et aussi contre le pouvoir de l’impérialisme mondial. »

    Depuis 1999, le SPB travaille pour une alliance de toutes les forces de gauche au Bangladesh. Actuellement, il s’agit de la Left Democratic Alliance (LDA) dans laquelle coopèrent entre autres les deux partis de l’ICOR. De telles expériences sont particulièrement importantes pour la construction du Front uni internationale anti-impérialiste et antifasciste que l’ICOR et l’ILPS (Ligue internationale de lutte pouur la libération) ont entreprise. Plus d’informations sur la page d’accueil www.icor.info.

    Nous souhaitons chaleureusement la bienvenue à nos camarades du Bangladesh. Welcome SPB !

    Monika Gärtner-Engel

    Coordinatrice principale de l’ICOR

  • Être révolutionnaire n’est pas un crime : Solidarité avec les camarades accusés dans le procès de Munich !

    Être révolutionnaire n’est pas un crime : Solidarité avec les camarades accusés dans le procès de Munich !

    Le 28 juillet, dans le procès sur le TKP/ML (Parti Communiste de Turquie/ML), le tribunal de Munich/Allemagne a rendu son jugement sur les révolutionnaires de Turquie. Lors d’une opération dans toute l’Europe, dirigée par l’Allemagne , en 2015 contre le TKP/ML, 10 révolutionnaires dirigeants de l’ATiK (Confédération des Travailleurs de Turquie en Europe) avaient été arrêtés en France, en Suisse, en Grèce et en Allemagne. On ne reproche rien de criminel aux accusés, seulement leur appartenance au TKP/ML qui, selon Erdogan serait une « organisation terroriste ».

    « La justice allemande a condamné mardi 28 juillet à des peines de prison ferme dix membres du parti communiste turc TKP/ML pour leur soutien à ce groupe considéré comme «terroriste» par Ankara, au terme d’un procès controversé. La Cour d’appel allemande de Munich a condamné le principal suspect, Müslum Elma, à «six années et six mois de prison», et les neuf autres accusés, tous d’origine turque, à de peines «entre deux ans et neuf mois et cinq ans». » (Source Figaro)

    Cette action a mis une fois de plus en évidence la profonde collaboration entre les États impérialistes européens et le gouvernement fasciste du président turc Erdogan, au niveau économique et politique jusqu’au niveau juridique.
    Mardi 28 juillet, une manifestation à Munich exprimera la résistance et la solidarité contre la répression et l’anticommunisme. Des délégations de différents pays européens sont également attendues. Dans le même temps, des rassemblements sont prévus devant les consulats allemands du monde entier.
    De nombreuses organisations appellent à la solidarité contre l’oppression politique et juridique. Protestations et résistances doivent renforcer la construction du Front Uni international contre le fascisme et la guerre initié par l’ICOR * et l’ILPS **.

    Appel : Solidarité avec les camarades accusés dans le procès de Munich

    Le 28 juillet, dans le procès du TKP/ML, le tribunal de Munich va rendre son jugement sur des révolutionnaires de Turquie. Le tribunal veut prononcer un détestable jugement scandaleux!
    Nous exigeons l’acquittement de tous les accusés et la liberté de Müslüm Elma
    Lors du procès qui dure depuis quatre ans accusant de «terrorisme» dix militants révolutionnaires turque devant le tribunal régional supérieur de Munich, le bureau du procureur de la République a exigé des punitions draconiennes.
    Les accusés ne sont même pas accusés de crimes concrets, mais seulement d’appartenance ou d’être des « chefs de file » du TKP / ML, ce qui n’est pas interdit en Allemagne. Il s’agit donc de juger plus leur état d’esprit et leur organisation révolutionnaires! Le parquet fédéral souhaite qu’ils soient punis de peines de prison allant de trois ans et six mois à six ans et neuf mois. Si neuf accusés depuis 4 ans sur dix ont été libérés, ils devraient tout de même retourner en prison.
    En raison de l’accusation construite de soi-disant « chef de file » d’une telle association, le principal accusé Müslüm Elma est le seul qui est toujours en détention après cinq ans et près de trois mois.
    Dans les plaidoiries et les déclarations finales des accusés, la procédure d’accusation par la justice bourgeoise a été exposée comme étant une manœuvre anticommuniste, utilisée pour protéger le régime fasciste d’Erdoğan dans sa lutte contre les forces révolutionnaires et le mouvement de libération kurde, mais aussi pour criminaliser l’idéologie communiste de liberté.
    Müslüm Elma a souligné dans son discours de clôture devant le tribunal le 29 juin 2020
    «Nous venons de la tradition de la résistance. L’accusation de ‘terrorisme’ est l’un des plus grands mensonges des 20e et 21e siècles, que les voleurs impérialistes et leurs collaborateurs ont rassemblés pour cacher les crimes qu’ils ont commis contre les peuples opprimés du monde et pour diffamer leur lutte légitime. Mais tous ces mensonges ne pourront empêcher la disparition des impérialistes. Nous sommes des révolutionnaires internationalistes … vous ne pouvez pas nous juger … « 
    Ces paroles claires de Müslüm sont une preuve supplémentaire du moral élevé et de la volonté indomptable de tous les accusés de rejeter l’accusation calomnieuse et construite de terrorisme et de montrer la collaboration de l’impérialisme allemand avec le terrorisme d’État de l’État turc.

    Mais pourquoi cette persécution acharnée contre des opposants turcs?
    D’une part, c’est une faveur du gouvernement fédéral, complice du régime Erdoğan. Le tribunal de Munich n’est pas intéressé par le fait qu’une partie importante des «preuves» a été apportée par les services secrets turcs par le biais d’espionnage illégal. Pas intéressé non plus qu’Erdogan a établi un régime fasciste, envahi Efrin (en Syrie) en violation du droit international, a occupé des parties du Rojava et récemment bombardé des colonies kurdes et yézidies dans le nord de l’Irak.

    Ce procès est un instrument pour renforcer la droitisation en Allemagne.
    Il s’agit explicitement d’une procédure pilote anticommuniste, qui, basée sur l’interdiction du KPD (Parti Communiste d’Allemagne) en 1956, vise à aider à criminaliser l’activité révolutionnaire. Un jugement modèle qui vise à créer de nouvelles opportunités d’accuser les syndicalistes, les grévistes, les antifascistes, les militants écologistes, les militants de gauche et les révolutionnaires et – s’ils ne sont pas allemands les expulser. Comme déjà dit, ce ne sont pas pour des actes précis qu’ils sont inculpés ici, mais bien pour leur état d’esprit.
    Ce processus est lié à l’extension de lois d’exception adoptées en 1968 : étendre la répression étatique, par exemple à travers la nouvelle loi sur les tâches de la police, et exploiter actuellement la pandémie du corona pour réduire les droits politiques démocratiques et étendre les pouvoirs de la police.
    Ce que les dirigeants craignent, c’est notre union.
    La crise économique et financière mondiale qui a éclaté en 2018 – aggravée par la crise du corona – aggravera encore les contradictions sociales. Elles mèneront à de nouvelles luttes de masse et à des crises politiques. Le système capitaliste est dépassé depuis longtemps. Le nombre de personnes augmente qui s’y opposent et qui sont dans la lutte contre l’exploitation et l’oppression.
    Dans ce contexte, l’union de toutes les forces progressistes est à l’ordre du jour. Ce n’est que par une coopération active, dans la perspective d’un front uni antifasciste et anti-impérialiste, que Müslim Elma formulera à juste titre: «Ce procès ne sera pas conclus dans la salle d’audience, mais dans la rue».
    – Nous n’accepterons pas une condamnation!
    – Pour l’acquittement de tous les accusés
    – Liberté pour Müslüm Elma
    – Abolition du §129a + b et fin de «l’autorisation de persécution»
    – Mettre fin à la coopération avec le régime Erdogan par le gouvernement fédéral
    – Vive la solidarité internationale


    Manifestation le 28 juillet à 10h, jour de prononcé du verdict, devant le tribunal régional supérieur à Munich, Nymphenburgerstrasse
    L’image contient peut-être : 1 personne, texte qui dit ’Europe-wide Demonstration the the judgment will pronounced the Munich Higher Regional Court Avrupa Merkezi Yürüyüş Kararını Açıklayacağı Yen samidoun ourage July 28th 2020 at 10 a.m Nymphenburger Str. 16, 80335 München DGB AYRUPA MAKİBAKA RMLPD FIDEF AZADI MÜSL CARC 斑 WŁADZARAD FREHET FOR INFO: .tkpml prozess- 129b. www.atik-online.net www.rote-hilfe.de www.inter-buendnis.de’


    Signataires:
    ATİK (Confédération des travailleurs de Turquie en Europe), Rote Hilfe, UPOTUDAK (Comité de solidarité avec les prisonniers politiques internationaux), Alliance internationaliste, ADGB (Plate-forme pour les forces démocratiques en Europe), MLPD (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne), Association des femmes Courage, Yeni Kadın, Gauche anticapitaliste, Anticapitaliste Linke, Roter Jugendaufbau, Union des travailleurs, Front révolutionnaire, Wladza Rad Polonya, Revolutionaire Eenheid Holland, AFA Fryslan Hollanda, Secours Rouge (Belgique, France, Allemagne, Suisse, Italie), CCFR (Collectif des Combattantes et Combattants Franchophones du Rojova), NDF (Front National Démocratique des Philippines), MAKIBAKA (Libre Mouvement des Nouvelles Femmes), Réseau de Solidarité des Prisonniers Palestiniens Samidoun, Parti Communiste de Grande-Bretagne (Marxiste-Léniniste), Anti-Fascistes de Londres, Action Anti Impérialiste Irlande, CARC (Parti des comités de soutien à la résistance – pour le communisme en Italie), Komintern (Initiative Syndicale communiste – International), AZADÎ eV, ADDKİ (Initiative européenne des communautés démocratiques révolutionnaires), ADHK (Confédération pour les droits démocratiques en Europe), KCDK-E (Congrès de la société démocratique du Kurdistan – Europe), KKP (Parti communiste du Kurdistan), SYKP Europe (socialiste Building Party), YSP (Parti vert de gauche), AvEG-KON (Confédération des personnes opprimées en Europe), FİDEF (Fédération des associations de travailleurs de la République fédérale d’Allemagne), Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste/France

    * Coordination Internationale des Partis et Organisations Révolutionnaires (ICOR)

    ** Ligue Internationale pour la Lutte des Peuples (ILPS)

  • 105ᵉ anniversaire du génocide des Araméens, des Arméniens et des Grecs Pontiques

    105ᵉ anniversaire du génocide des Araméens, des Arméniens et des Grecs Pontiques

    Communiqué du Conseil populaire des Araméens d’Europe, que soutiennent les Araméens communistes de Mésopotamie (membre de l’ICOR), 15 juin 2020

    Le 15 juin marque le 105ᵉ anniversaire du génocide des Araméens, des Arméniens et des Grecs Pontiques, qui a été commis par l’Empire ottoman en 1915.

    Deux mois plus tôt, les « Jeunes Turcs », partisans d’un parti nationaliste ottoman, avaient expulsé des intellectuels arméniens de Constantinople, aujourd’hui Istanbul.

    Un mois plus tard, la « loi sur la « réinstallation de la population ». Talat Pacha, alors ministre de l’Intérieur par intérim, a ordonné une « réinstallation massive », qui s’appliquait à tous les Araméens, Arméniens et Grecs Pontiques vivant dans l’Empire ottoman.

    Les réinstallations massives se sont transformées en marches de la mort, des centaines de milliers d’Araméens ont erré sans but dans le désert mésopotamien et y sont morts. Les soldats ottomans ont exécuté des Araméens au bord de la route. En désespoir de cause, les femmes araméennes jetèrent leurs bébés dans le Tigre.

    Les femmes enceintes qui se sont défendues ont été tuées vivantes. Les enfants ont été éventrés. Les filles araméennes étaient violées et gardées dans des harems turcs ou kurdes. Les enfants étaient arrachés à leur famille et enlevés. Pour survivre, certains se sont convertis à l’Islam.

    Le génocide a coûté la vie à 500 000 Araméens, 1,5 million d’Arméniens et 300 000 Grecs Pontiques, soit un total de plus de 2,3 millions de personnes.

    Les faits historiques à ce sujet sont toujours niés en Turquie, les livres d’histoire restent falsifiés et quiconque mentionne le génocide en tant que journaliste, par exemple, s’expose à de graves représailles.

    Le 19 janvier 2007, le journaliste arménien Hrant Dink, qui a fait un reportage sur le génocide, a été abattu par un fasciste turc à Istanbul. Les responsables de cette tentative d’assassinat au sein de l’appareil d’État turc n’ont toujours pas été appelés à rendre des comptes.

    Les biens et les terres des Araméens et des autres minorités chrétiennes ont été confisqués par les gouvernements ottoman et turc. Les biens confisqués de la minorité non musulmane constituaient la base économique de la République turque.

    L’appropriation et le pillage des richesses araméennes, arméniennes et grecques, mais aussi juives, ont également servi de base à la création d’une nouvelle bourgeoisie turque.

    De nombreux individus et entreprises turques, dont les grandes familles d’industriels Sabancı et Koç, ont bénéficié directement ou indirectement de l’expulsion et de l’élimination des Araméens et de la confiscation de leurs biens.

    L’exécution de l’oligarque Özdemir Sabanci à Istanbul en 1996 par le « Front populaire révolutionnaire de libération » (DHKP-C) a fait sensation sur la scène internationale.

    Le DHKP-C a justifié cette exécution en disant qu’il s’agissait de représailles pour les peuples opprimés et massacrés en Mésopotamie, ainsi que pour la classe ouvrière exploitée par la famille Sabanci en Turquie.

    Tous les registres fonciers ont reçu l’instruction en 1983 et 2000 : Quiconque s’enquiert d’une propriété de 1915 ne reçoit aucune information et ses données personnelles doivent être communiquées au gouvernement.

    En 2005, le Conseil national de sécurité de Turquie a en outre décidé que toutes les questions concernant la propriété des terres par les chrétiens relèvent de la sécurité nationale. Aujourd’hui, en Turquie, les inscriptions au cadastre sont donc devenues une question de sécurité nationale.

    La Turquie et l’Allemagne étaient alliées pendant la Première Guerre mondiale. Au moment du génocide, de nombreux Allemands se trouvaient en Turquie et sont devenus des témoins oculaires ou des témoignages. Ils sont également devenus des auteurs de crimes. En voici quelques exemples :

    Les plans de déportation des Arméniens et des Araméens ont été élaborés par Colmar Feiherr von der Goltz, qui était actif comme instructeur et organisateur militaire dans l’Empire ottoman depuis 1883, où, en tant que maréchal turc, il ne s’appelait que « Golz-Pascha ».

    En 1913, sous le commandement du général Liman, quelque 800 officiers allemands se sont rendus à Istanbul pour armer militairement le futur allié. Certains de ces officiers ont participé à la planification et à l’exécution des déportations.

    Le général allemand Fritz Bronsart von Schellendorf, le chef d’état-major général de l’armée ottomane à Istanbul, a justifié ses actions criminelles contre les Arméniens même après la guerre et a écrit en 1919

    « L’Arménien, comme le Juif, est un parasite hors de sa patrie, absorbant la santé de l’autre pays où il s’est installé. C’est de là que vient la haine qui, à l’époque médiévale, s’est déchaînée contre eux en tant que peuple indésirable et a conduit à leur assassinat ».

    En revanche, les grands philosophes Karl Marx et Friedrich Engels ont décrit la situation des chrétiens dans l’Empire ottoman dès 1853 dans les termes suivants

    « Seuls les Turcs appartiennent « à la religion et à la nation privilégiées » et auraient « le droit de porter des armes, et le chrétien le plus haut placé doit donner au musulman le plus bas un chemin clair s’il le rencontre ».

    Le député communiste Karl Liebknecht déclare en janvier 1916 au Reichstag :

    « Le gouvernement turc a causé un terrible massacre parmi les Arméniens ; le monde entier est au courant – et le monde entier blâme l’Allemagne parce qu’à Constantinople, les officiers allemands commandent le gouvernement. Il n’y a qu’en Allemagne qu’ils ne savent rien, parce que la presse est bâillonnée ».

    La communiste Rosa Luxemburg parle spécifiquement des intérêts allemands impériaux en Turquie asiatique :

    Il s’agirait de maintenir ensemble ce « tas de décombres pourris et désintégrés » de ce despotisme oriental des Turcs en tant que « petite minorité » d’une « caste de conquérants au pouvoir » avec ses multiples « questions nationales qui ont brisé l’État turc » : arménien, kurde, araméen, arabe, grec ».

    Les persécutions, les crucifixions, les décapitations et la destruction des biens culturels font à nouveau partie de la vie quotidienne des Araméens au Moyen-Orient. Les crimes de l’Empire ottoman contre les chrétiens se répètent aujourd’hui par la persécution et l’oppression persistantes et constantes des Araméens par l’État fasciste turc.

    En turc, les Araméens chrétiens sont appelés “Süryaniler” (de aram. Suryoye). Les Araméens ne sont pas reconnus en Turquie comme un peuple indépendant avec une langue, une histoire et une culture.

    Par exemple, l’acquisition de biens immobiliers, la construction ou l’entretien des édifices religieux sont associés à des difficultés, la formation de la prochaine génération de prêtres et l’enseignement officiel de la langue araméenne sont interdits.

    Les Araméens sont dénigrés dans les manuels scolaires turcs comme étant des traîtres à leur pays. Les champs araméens sont régulièrement incendiés par l’armée turque sous prétexte de combattre le PKK.

    En juin 2017, l’État turc, dans le cadre d’une opération d’expropriation, a confisqué au moins 50 églises, monastères et cimetières chrétiens anciens, de vastes terres ainsi que des monuments, et a transféré les églises en tant que « lieux de culte » à l’autorité religieuse sunnite d’État, la Diyanet.

    L’expropriation des propriétés remonte à 2008, lorsqu’un tribunal a exproprié le monastère de Mor Gabriel, fondé en 397, ainsi que de nombreux autres monastères, églises et maisons privées.

    Avec la récurrence de l’occupation de la Turquie par le droit international dans le nord de la Syrie et le soutien des milices terroristes fascistes djihadistes comme la soi-disant « armée nationale syrienne » ou « l’État islamique », la Turquie commet un nouveau génocide contre le peuple araméen en Syrie et en Irak.

    Les massacres et les génocides sont caractérisés par les cent ans de coopération militaire, économique et politique de l’impérialisme allemand avec le gouvernement de l’État fasciste de Turquie.

    Et parce que le premier génocide a été nié et n’a pas été traité, le deuxième génocide est entré dans l’histoire du monde.

    Ainsi, quelques jours avant l’invasion allemande de la Pologne, le fasciste Adolf Hitler a demandé lors d’une réunion, dans laquelle il a, entre autres, exprimé sa désapprobation de l’action dure des unités SS à tête de mort contre la population civile :

    « Qui parle encore d’exterminer les Arméniens ? »

    C’est une citation remarquable, qui montre que le génocide arménien et araméen était déjà largement connu à l’époque et a servi de modèle à des nationalistes fanatiques comme Hitler.

    C’est également ainsi que les armes chimiques du massacre à Dersim de dizaines de milliers d’Alévis et de Zazas dans le Reich allemand fasciste ont été produites et livrées à la Turquie.

    Lors de la destruction des villages araméens et kurdes dans les années 1990, l’armée turque a principalement utilisé des armes fournies à la Turquie par le gouvernement allemand.

    Et actuellement, ce sont des armes allemandes qui sont utilisées par la Turquie dans l’occupation de la Syrie du Nord et qui terrorisent les chrétiens ainsi que les Yidis.

    Les meurtriers de 1915 ont largement échappé aux procès d’Istanbul immédiatement après la Première Guerre mondiale. Dans ce contexte également, l’Allemagne s’est distinguée en accueillant des meurtriers recherchés. Par exemple, Talaat Pasa, qui vivait à Berlin en 1921 en tant que citoyen respecté.

    Il a ensuite été abattu par l’étudiant patriote arménien Solomon Teilirian, dont la famille a été victime du génocide.

    Aujourd’hui, l’impérialisme allemand poursuit sa politique de défense des intérêts avec et pour le gouvernement fasciste de l’État turc, et il criminalise et traque les révolutionnaires araméens en Allemagne.

    Neuf militants du mouvement populaire araméen Revolutionary Suryoye doivent être jugés en Bavière en raison de leurs activités en faveur du peuple araméen.

    Le principal accusé dans ce procès est Sami Grigo Baydar. Ce jeune homme de 28 ans est théologien de l’Église orthodoxe syrienne d’Antioche. En tant que militant politique de gauche, il défend les droits des Araméens en Turquie.

    Le ministère public fédéral de Karlsruhe a également entamé une procédure d’examen contre Baydar. Il accuse le théologien d’avoir « formé une organisation criminelle et terroriste à l’étranger », selon le paragraphe 129b du Code Pénal Allemand.

    Le « Conseil populaire des Araméens d’Europe » demande des comptes aux peuples d’Anatolie, de Mésopotamie et du Moyen-Orient qui sont devenus les victimes de cette politique impérialiste allemande d’intérêts avec le gouvernement d’État fasciste de Turquie

    Le « Conseil populaire des Araméens d’Europe » demande des comptes aux peuples d’Anatolie, de Mésopotamie et du Proche-Orient qui sont devenus victimes de cette politique impérialiste allemande d’intérêts avec le gouvernement d’État fasciste de Turquie et la fin des poursuites contre les membres du Suryoye révolutionnaire.

    Ce n’est que lorsque le règne de l’impérialisme sera brisé dans le monde entier, lorsque la dictature du capital sera enfin abolie, que les victimes de ce massacre se verront accorder le droit et la justice.

    La solution au problème des minorités populaires est une lutte anti-impérialiste et anti-oligarchique pour une révolution populaire socialiste.

    Conseil populaire des Araméens d’Europe

  • « Maintenant Lyon », place aux actes : Fermons les locaux fascistes !

    « Maintenant Lyon », place aux actes : Fermons les locaux fascistes !

    Lyon, le 06 juillet 2020

    Communiqué unitaire.

    Faisant suite à l’élection des listes « Maintenant Lyon » à la ville de Lyon et à la métropole du Grand Lyon, le « Collectif pour la fermeture des locaux fascistes » appelle les assemblées nouvellement élues à se prononcer fermement pour la fermeture des locaux fascistes sur notre territoire. 

    Le 28 juin 2020, la liste « Maintenant Lyon », soutenue par EELV et diverses organisations se revendiquant de gauche, remportait la mairie de Lyon mettant ainsi fin à 19 années de gouvernance de Gérard Collomb. Cette ère Collomb a été marquée par une inaction totale vis-à-vis de l’implantation de groupuscules fascistes dans notre ville et plus particulièrement dans le quartier du Vieux-Lyon. Ainsi le groupuscule Génération Identitaire dispose depuis 10 ans d’un local, « La Traboule », mais également d’une salle de boxe appelée « l’Agogée » (réservée aux blancs) en plein cœur du Vieux Lyon. Cette implantation entraine un climat de tension et de menaces pour les habitant·e·s mais aussi pour les associations culturelles de quartier ou de jeunesse qui peuvent s’opposer à leur idéologie. 

    L’implantation de ces groupuscules s’accompagne systématiquement d’une augmentation des agressions commises par leurs membres. Violences ciblant particulièrement les personnes racisées, les personnes LGBTI+, les militant·e·s politiques et syndicaux mais également les habitant·e·s du Vieux-Lyon ou des personnes rencontrant par hasard ces groupuscules lors de leurs descentes. Parmi les nombreuses agressions dont sont responsables des membres de Génération Identitaire, on retrouve des agressions avec armes et notamment celle durant laquelle 3 mineurs avaient été poignardés en plein cœur du Vieux-Lyon par des militants identitaires. L’une des personnes condamnées pour ces faits est toujours active dans le groupuscule Génération Identitaire. 

    La fermeture des locaux fascistes serait une étape importante pour stopper ces actes car ils servent de lieux de rendez-vous, de formation et de repli aux fascistes lors de leurs actions violentes.

    Suite à la mobilisation populaire des habitant·e·s du 5ème arrondissement et de notre collectif contre le « Bastion Social », la municipalité dirigée à l’époque par Georges Képénékian avait été contrainte d’agir constatant que le local le « Pavillon Noir » ne respectait pas les règles de sécurité d’accueil du public. A Larajasse, petite commune de l’ouest lyonnais, le conseil municipal a voté à l’unanimité contre l’implantation du local fasciste « Terra Nostra » et acté un arrêté municipal demandant la fermeture du lieu.

    Nous appelons donc la nouvelle équipe municipale à prendre une position claire sur cette question et agir dès le début de sa mandature pour faire fermer les locaux fascistes de notre ville. 

    Il est évident que, si la réponse n’est pas satisfaisante, notre collectif continuera de mobiliser la population contre les groupuscules fascistes ainsi que leurs locaux. 

    Collectif pour la fermeture des locaux fascistes – Jeune Garde Lyon, Planning Familial du Rhône, Parti de Gauche 69, Union Communiste Libertaire Lyon, France Insoumise, Solidaires Rhône,  CNT, Unité Communiste.

  • Des nazis dans le KSK ?

    Des nazis dans le KSK ?

    Article du MLPD sur la crise du KSK.

    Le MLPD exige la dissolution de l’ensemble du KSK – une organisation terroriste fasciste financée et équipée par l’État
    Le 30 juin, la ministre de la défense Annegret Kramp-Karrenbauer a annoncé, entre autres, la dissolution de la deuxième compagnie opérationnelle du commandement des forces spéciales (KSK) à Calw. Dans le même temps, elle a accordé au KSK « une chance de mise à l’épreuve ».

    Gabi Fechtner, chef du parti MLPD, explique : « Il était grand temps que le KSK intervienne. Annegret Kramp-Karrenbauer a dû réagir face à la prise de conscience antifasciste croissante et à la large critique du racisme et du fascisme. Mais au lieu de vraiment faire le ménage, elle essaie de sauver ce qui ne peut pas être réformé – il faut dissoudre intégralement le KSK« .

    Elle poursuit : « Il ne s’agit pas d’une faute individuelle au sein du KSK. Tout le caractère du KSK est celui d’une organisation terroriste fasciste. Cela va des déploiements impérialistes à l’étranger, à l’adoration d’Hitler, à la participation à des conspirations meurtrières. Les dirigeants de la KSK sont organisés et reliés à d’autres réseaux fascistes. Vous y trouverez des listes de meurtres de politiciens démocratiques et au moins 85.000 cartouches tout comme 62 kg d’explosifs ont été détournés. Cette organisation terroriste est financée et équipée par l’État. Certaines parties de MAD [Amt für den Militärischen Abschirmdienst : contre espionnage Allemand] tiennent même leur main protectrice au-dessus et avertissent les suspects« .

    Gabi Fechtner explique ce lien : « Selon son propre témoignage, le KSK est censé fournir des « forces spéciales de réaction rapide pour des opérations nationales et multinationales dans le monde entier ». Les soldats dits d’élite s’entraînent également pour les opérations anti-insurrectionnelles dans leur pays. Dans le cadre des lois d’urgence, la KSK doit soutenir la Bundeswehr dans des tâches contre-révolutionnaires spéciales contre les « insurgés armés et organisés », c’est-à-dire dans la lutte contre le mouvement ouvrier révolutionnaire. Résistez à ses prémices ! »

    Le MLPD exige la dissolution immédiate du KSK, un éclaircissement complet, la punition de tous les fascistes, la démission des responsables et l’interdiction de toutes les organisations fascistes et de leur propagande.

    Source : https://www.mlpd.de/2020/07/mlpd-fordert-aufloesung-des-gesamten-ksk-einer-staatlich-ausgeruesteten-und-finanzierten-faschistischen-terror-organisation?fbclid=IwAR3hmlAqc55txBuQs7bkySoQVHB_WnJ0Gmdwv0SmyNPDAkLk26YOdPN6JH0

    MLPD fordert Auflösung des gesamten KSK – einer staatlich ausgerüsteten und finanzierten faschistischen Terror-Organisation
    https://unitecommuniste.com/analyses/75e-anniversaire-de-la-fin-de-la-guerre-en-europe-le-grand-bluff-lequivalence-nazisme-urss/
    Sur les survivances du nazisme en RFA.
  • Le chemin de croix de l’écologie.

    Le chemin de croix de l’écologie.

    Sans qu’il n’y ait réellement de vague verte, les hauts scores obtenus par les listes écologistes leur ont valu une grande couverture médiatique. La victoire à Lyon, par exemple, a été ressentie de manière très variée dans les différentes couches de l’opinion publique.

    L’abstention a atteint globalement 59 %. Il s’agit d’un record, pour des élections qui sont pourtant relativement suivies. Elle est tant à la fois conjoncturelle, du fait de la pandémie, que structurelle. Les élections sont, dans l’ensemble, de moins en moins suivies. Le « désenchantement démocratique » joue ici en plein. Les scandales à répétition (Fillon, Balkany…etc) et l’impunité totale des politiciens et politiciennes tend à détacher toujours plus la grande masse des électeurs de leurs élus.

    En dépit de cela, il faut reconnaître aux listes vertes un certain succès. Il est indéniable que les mouvements écologistes ont le vent en poupe. Il n’existe plus personne pour contester le fait que la situation se dégrade sensiblement d’année en année. La pandémie et les questions sous-jacentes à celle-ci ont également joué en plein. Il existe d’ailleurs une tendance à ce que les questions centrales glissent insensiblement du social, de la défense des intérêts des travailleurs, à la défense des possibilités de survie.

    Des verts« à demi vide ».

    Nous, militants et militantes révolutionnaires, quelques soient d’ailleurs nos sensibilités et nos conceptions de ces questions, nous regardons avec méfiance EELV et ses satellites. À ce titre, le site d’information libertaire Rebellyon a fait un travail particulièrement poussé quant à la nouvelle équipe lyonnaise.1 Nous ne pouvons pas oublier qu’EELV, à l’époque de François Hollande, a exercé conjointement le pouvoir. De même, il a été possible pour nos camarades Grenoblois de Solidaire d’expérimenter la répression écologiste.2 Cette gauche verte possède, dans le fond, tous les traits de la « deuxième gauche » née dans les années 1970. Une gauche soumises aux injonctions morales imposée par les capitalistes, pour échapper à l’épithète du totalitarisme. Une gauche qui joue principalement sur les attitudes individuelles, laissant de côté les questions centrales du mode de production des richesses et de l’exploitation. En somme, une gauche « éthique et morale » dans un monde en guerre, sans foi ni loi. C’est honorable, mais l’honneur seul est le privilège des vaincus de l’histoire. Or, les enjeux sont bien trop élevés.

    Le corollaire de cette vision du monde est la recherche du « moindre mal ». Ce moindre mal conduit, à la fin, à capituler progressivement pour ne pas rentrer en confrontation directe avec les intérêts du grand patronat ou la fameuse « place de la France dans le monde », place qui est celle de sa bourgeoisie.

    Cela, nous le savons. Mais pourtant, les réactions face au « totalitarisme vert » ont été d’autant plus brutales qu’inexplicables. Ainsi, qu’est ce qui se passe dans l’esprit de Zemmour pour qu’il aille jusqu’à dire «  Le vert des Verts correspond, comme par hasard,3 au vert de l’islam. » ? Plus élaboré, qu’est ce qui amène Olivier Babeau, dans le Figaro, à dire : « L’écologie s’est historiquement construite sur un mouvement de résistance à la modernité des Lumières et au capitalisme. Par essence réactionnaire, conservatrice et antilibérale, elle avait connu un certain épanouissement avec le national-socialisme, auprès de qui les thèmes de l’anti-cosmopolitisme, du retour à la terre, des valeurs simples et des solidarités ancestrales résonnaient parfaitement. »

    Cela mérite un peu d’explication.

    L’histoire de la mentalité des élites en France est souvent traitée avec légèreté au sein de l’hexagone. Elle est pourtant très fortement polarisée par la conversion progressive des élites intellectuelles à la réaction, au nom de l’anti-totalitarisme.

    Tout un arsenal rhétorique a été conçu dans les années 70 pour faire barrage à la gauche. Pourtant, nous savons que cette gauche n’a pas été révolutionnaire. Elle a très bien joué sa partition, qui consistait, au nom, une nouvelle fois, du « moindre mal », à protéger le capitalisme de la crise économique, à le nourrir, le choyer, puis à la lui rendre sa liberté. En fait de dictature totalitaire, on ne peut mettre au crédit de cette gauche qu’une certaine décentralisation et démocratisation de l’appareil d’État.

    Et pourtant. Cette bien maigre « révolution par les urnes » était perçue comme une intolérable menace contre la démocratie bourgeoise et l’ordre établi. Suffisamment pour que les intellectuels se rallient à des thèses qui assimilent Lumières, Révolution Française, gauche, et totalitarisme. Il y avait la crainte d’un débordement, d’une trop grande remise en cause des institutions par la population elle-même, dépassant le gouvernement, et que celle-ci finisse par menacer l’ordre. La marche de beurs, par exemple, entre le 15 octobre 1983 et le 3 décembre, a été une illustration de ces dépassements. Le PS est cependant arrivé à la canaliser, l’engouffrant dans l’impasse de SOS Racisme.

    Dans la perception actuelle de l’écologie se trouve la même crainte. La crainte que, au-delà du contenu politique et de la piètre pratique des écologistes-libéraux, l’appropriation de la question de l’écologie par les masses populaires ne débouche sur une angoissante fusion. Que le débat et la nécessité vitale de protéger la Terre ne fusionne aux revendications sociales et politiques.

    Olivier Beabeau se trahit, dans le fond, en rattachant dans le même article, le mouvement écologiste aux mouvements de gauche. « En France, le mouvement écologiste a prospéré sur les ruines des idéologies communistes d’abord, et socialistes ensuite. » Plus que d’analyser quoique ce soit, l’auteur n’a pas d’autre but que de pouvoir placer les mots honnis dans son pamphlet. Dans le fond, ce qui lui serre la gorge, c’est bel et bien une jonction Vert-Jaune-Rouge.

    Ce qu’oublie, ou ce que feint d’oublier Olivier Babeau, est qu’il existe différentes origines et différentes expressions de l’écologie. Il existe une, réactionnaire, contemplative, qui est celle qui se rattache au mouvement Steiner, dont l’avatar actuel est Pierre Rahbi. Elle est également celle de Christine Boutin, laquelle partageait le tweet suivant : « Le problème n’est pas tant que triomphent les écologistes, mais que les écologistes ne sont pas écologistes. Car par définition l’écologisme ne peut être que conservateur – de l’ordre naturel, immuable de la terre & du vivant. Aussi devrait-il même être aujourd’hui réactionnaire. » C’est paradoxalement celle qui pose le moins de problème aux capitalistes.

    Mais il existe une autre conception, marxiste, révolutionnaire, de l’écologie. Celle qui s’est d’ailleurs concrétisée dans les travaux de l’influent intellectuel soviétique Vladimir Vernadsky. Il est le créateur du concept de biosphère. Dans cette conception, les activités humaines ne peuvent être séparées de la nature. L’avenir que dessinait ce penseur était résumé ainsi :

    « Nous avons pourtant un projet de société à dessiner. Une société de démocratie populaire. Une société dans laquelle l’économie change profondément de nature. Dans laquelle les rapports marchands finissent par disparaître, et où elle finit par être intégrée à l’écologie, dans une optique de gestion des ressources terrestres. Cette administration des ressources est mise au service des besoins sans cesse croissants, culturels et matériels, de la population. Des besoins immenses, mais qui, pourtant, ne représentent qu’une fraction du gâchis épouvantable de ressources qu’est le capitalisme. »4

    C’est précisément cette synthèse que redoutent les capitalistes, et qu’ils nomment « totalitaire » car elle inclut l’intégralité de l’humanité et des activités humaines dans un seul ensemble. Elle est celle que nous devons défendre.

    Les initiatives individuelles sont bien souvent moquées par les mouvements politiques révolutionnaires. Pourtant, elles font partie de la solution plus que du problème. Elles sont une première étape dans l’intégration des pratiques écologistes dans une solution politique intégrale. Elles méritent d’être soutenues. Mais il en est de même pour les luttes sociales, qui présentent une importance considérable pour la vie matérielle. C’est la synthèse entre ces éléments, une synthèse politique, qui peut permettre de progresser réellement sur le chemin de la solution.

    Fessenheim, un cas d’école.

    La fermeture de la centrale de Fessenheim a suscité des réactions mitigées. Elle est illustrative des contradictions au sein du mouvement ouvrier, du mouvement politique progressiste et écologiste. La fermeture de Fessenheim a été considérée par la CGT, ainsi, comme le préalable à un écocide. Le manque de mégawatts serait, en effet, compensé par l’importation d’une électricité Allemande produite par la combustion du charbon. C’est factuellement vrai.

    Cependant, Fessenheim, la plus vieille centrale nucléaire de France, a dépassé depuis longtemps les limites de sécurité liée à l’âge. Elle est devenue structurellement dangereuse, avec une durée de vie poussée administrativement, tandis que l’externalisation de l’entretien amoindrit encore ces sécurités. Quelles que soient les considérations liées au nucléaire, le minimum est un consensus sur ce point précis. D’ailleurs la rhétorique sur le fait que l’État se coucherait devant les lobbys écologistes ne tient pas debout. Le nucléaire et l’ensemble de cette filière sont bien trop précieuses pour être sacrifiées. Elle est, avec Total, un des grands piliers de l’impérialisme français.

    La réalité est là : la contestation économiste seule ne suffit pas. L’équation posée par la CGT est ainsi insoluble. Dans la balance, d’un côté la perte d’emploi, la hausse du CO2, le besoin d’importation. De l’autre le coût d’une nouvelle centrale, la question de l’occupation militaire des zones d’extraction, la pollution de longue durée.

    Que faire ? Couper la poire en deux ? Accepter une partie de l’équation ? Choisir entre la pollution au Niger ou ici ? Choisir entre l’impérialisme et l’importation ? Le cas de Fessenheim montre que la solution est impossible sous le capitalisme.

    Ou alors, considérer qu’il faut accepter le fait que techniquement cette centrale soit hors d’âge. Considérer qu’il faut lutter pour que les emplois soient protégés. Mais, à côté de cela, mettre tout en œuvre pour organiser politiquement ceux et celles qui sont partie prenante dans ce débat, et leur offrir comme perspective la possibilité d’une gestion démocratique de la production d’énergie, dans le cadre d’un autre régime.

    Un régime qui puisse transformer la manière dont nous produisons et dont nous consommons l’énergie. Qui puisse proposer une quadrature de cercle, en développant des énergies propres, saines, dans lesquelles la question de la rentabilité est évacuée par la fin du parasitisme bourgeois. C’est à cela que nous voulons travailler. C’est cela la véritable vague verte.

    1https://rebellyon.info/Des-Verts-a-moitie-vides-Portraits-des-22376

    2https://solidairesetudiantsgrenoble.wordpress.com/2016/06/22/notre-petite-visite-au-conseil-municipal-de-mr-piolle/

    3Il ne faut pas oublier d’insister sur le « comme par hasard », puisqu’il s’agit de l’argument central. Sans la virgule de dislocation, cela sonne moins bien, il faut le dire.

    4https://unitecommuniste.com/analyses/le-besoin-vital-dune-utopie/

  • Déclaration du Front Uni International (ICOR – ILPS)

    Déclaration du Front Uni International (ICOR – ILPS)

    Front uni international
    anti-impérialiste et antifasciste

    Déclaration commune de l’AIAFUF sur la crise actuelle du capitalisme en plein milieu de Covid

    L’ère industrielle a fait progresser le capitalisme, extorqué des profits du travail humain, accumulé de grandes richesses pour un petit nombre et appauvri les masses. Le XXsiècle a vu la montée des monopoles, la formation d’oligarchies financières, l’exportation de capitaux, les groupes internationaux et un monde divisé et reparti par les guerres. C’était aussi un champ de bataille pour le socialisme. La classe ouvrière et les peuples opprimés se sont battus, ont gagné et ont subi des revers. Mais l’histoire continue.

    La réintégration des pays anciennement socialistes dans le système mondial du capitalisme monopoliste a aggravé les crises systémiques et périodiques de l’accumulation du capital sous le capitalisme. Avant la fin du siècle dernier, il y a eu un changement de paradigme en faveur du néolibéralisme et de la démocratie libérale. La « guerre contre le terrorisme », menée par les États-Unis, et plusieurs changements de régime n’ont pas réussi à relancer l’économie. Le fascisme a levé sa sale tête et a transféré la crise impérialiste aux travailleurs et aux nations pauvres.

    Le krach financier de 2008 a conduit à une crise plus grave du système capitaliste mondial et à un déclin beaucoup plus important du système financier et économique en 2020, et cela à un rythme plus rapide que celui de la Grande Dépression de 1929. Le régime politique néolibéral est plus que jamais en faillite, ce qui a entraîné une accumulation et une inflation sans précédent des actifs de l’oligarchie financière et de la bourgeoisie monopoliste, des dettes insoutenables, une dépression de l’économie due à l’appauvrissement de la société de consommation et l’escalade de l’affrontement des courants fascistes et antifascistes dans le monde entier.

    L’effondrement actuel du système capitaliste mondial coïncide avec la propagation de la pandémie de Covid 19. La pandémie est devenue une crise plus importante qu’elle ne devrait l’être, car le système impérialiste dominant et les politiques économiques néolibérales actuelles ont détruit les systèmes de santé publique et contraint également à imposer des mesures d’austérité aux populations, qui sont renforcées par la politique néo-conservatrice de mesures de plus en plus répressives et militaires. L’accélération de la crise environnementale exacerbe aussi les conséquences sociales, économiques et sanitaires de la pandémie et est l’une des causes de l’émergence de nouvelles pandémies.

    Le nombre de malades et de mourants est bouleversant. La moitié de l’humanité est confinée. Des mesures de quarantaine désespérées ont entraîné des pertes massives d’emplois et de revenus. Les plus touchés sont les travailleurs, les chômeurs, les jeunes, les femmes et les enfants, les migrants, les personnes de couleur, les pauvres des zones rurales et les personnes vivant dans des prisons surpeuplées.

    Des billions de dollars, d’euros et de yuans cherchent à sortir de la crise. La police et l’armée, qui sont le cœur du pouvoir de l’État, imposent un verrouillage plus strict et répriment les opinions dissidentes. Les gens, même à la maison, sont agités. Ils veulent trouver une issue à la crise. Ils veulent un avenir stable et durable.

    Plus d’un siècle d’impérialisme, de pillage à but lucratif et de guerres ont tué des millions de personnes et ne sauveront pas l’humanité. Les gens réclament à grands cris un changement de système. Utilisons la richesse sociale créée par les travailleurs pour garantir des emplois et des revenus, pour fournir une aide économique et des soins médicaux. Redistribuer la richesse en taxant les riches ne suffit pas. Les opérations de sauvetage ne devraient pas être destinées aux entreprises. La production et l’échange devraient être pour les gens. Le socialisme est la seule alternative viable. Nous devons nationaliser les secteurs stratégiques, y compris les banques et les systèmes financiers, et les mettre entre les mains des travailleurs. L’ère du bien commun devrait commencer maintenant.

    Conformément à nos aspirations à long terme, nous formulons ces demandes immédiates et urgentes :

    1. Un revenu et des prestations garantis, des allocations en espèces et des allégements pour les travailleurs.
    2. Gestion des épidémies dans le respect des droits de l’homme, les tests de masse et des services de santé adéquats pour la population.
    3. Protection sociale pour les paysans, les travailleurs et les masses laborieuses.
    4. Pas d’opérations de sauvetage pour les grandes entreprises, effectuer des opérations de sauvetage pour la classe ouvrière.
    5. Annulation, et pas seulement allégement, de la lourde dette extérieure des pays pauvres les moins développés.
    6. Suspension et renégociation des accords commerciaux inégaux.
    7. Mobiliser la science et la technologie au service de la population.
    8. Nationalisation des systèmes de santé publique, contestation et condamnation des politiques néolibérales.
    9. Respect des droits démocratiques et des droits de l’homme ; libération de tous les prisonniers politiques.
    10. Levée des sanctions contre 30 pays et territoires, dont la Cuba, le Venezuela, la Palestine et la RPD de Corée.
    11. Transfert du budget militaire vers la santé publique et les services sociaux.

    Nous devons informer le peuple, découvrir les racines de la crise, connaître les besoins de la population et trouver des moyens de le soutenir et résister au militarisme croissant et aux mesures fascistes.

    Nous devons combattre l’impérialisme et le fascisme ! Faire respecter le bien-être et les droits de la population ! Luttez pour la souveraineté, la démocratie et le socialisme !