Auteur/autrice : unitecommuniste

  • Les vaccins appartiennent à l’humanité – pas aux groupes pharmaceutiques !

    Les vaccins appartiennent à l’humanité – pas aux groupes pharmaceutiques !

    Résolution de l’ICOR

    C’est une grande réussite que, grâce aux recherches de beaucoup de personnes, plusieurs vaccins soient déjà proches de l’approbation ou soient actuellement administrés un an  seulement après les premières infections à Covid-19. C’est un succès, même si un contrôle strict et une évaluation scientifique de leur efficacité et de leur tolérabilité doivent se  poursuivre. Le succès, l’étendue des vaccins, la qualité et la sécurité pourraient être bien  plus importants si cette recherche sur les vaccins ne se trouvait pas aussi sous le signe de  la rivalité des groupes pharmaceutiques dans l’intérêt de la concurrence impérialiste. La  Russie, par exemple, utilise son vaccin Spoutnik V sur le marché latino-américain pour  prendre l’avantage sur ses rivaux capitalistes des États-Unis, de l’Allemagne, de la France  et du Japon. La société chinoise Sinovac a signé des contrats de tests et de fabrication de  son vaccin avec de nombreux pays. La production de vaccins à ARNm a également permis  d’obtenir un nouveau type de vaccin. En raison notamment de sa structure simple, plusieurs millions de doses de vaccin peuvent être produites en quelques semaines. Le vaccin et le traitement médical nécessaire doivent être accessibles à tous les pays et à  toutes les personnes, en particulier aux pauvres. Mais plus l’approbation des vaccins par  les grandes sociétés pharmaceutiques Pfizer/Biontech, Moderna et AstraZeneca se  rapproche, plus il devient clair que les impérialistes ont l’intention de s’en assurer la  majeure partie. Par exemple, selon Oxfam, seuls quelques pays, qui ne représentent que  13 % de la population mondiale, se sont déjà assuré plus de la moitié de toutes les doses  de vaccin. Pour le Pérou, l’un des pays où le taux de mortalité par habitant est le plus élevé  dans la pandémie, les livraisons de vaccins ne sont annoncées que pour le mois d’août de  l’année prochaine. 

    La Covax-Facility (Covid-19 Vaccines Global Access), créée en 2020 par l’Organisation  mondiale de la santé, est censée assurer une distribution équitable du vaccin. Mais il y a  peu d’engagements financiers pour les objectifs qu’elle s’est elle-même fixés. Et la  distribution envisagée par Covax est tout sauf équitable : les pays qui peuvent payer leurs  propres doses de vaccin doivent avoir la priorité sur ceux qui dépendent de l’argent de  l’aide. Nous rejetons cette politique impérialiste inhumaine en matière de santé dans les  termes les plus forts possibles ! 

    Même dans les pays impérialistes, nous critiquons la politique de vaccination. Elle s’appuie  unilatéralement sur de grands centres de vaccination au lieu de se concentrer sur les soins  des médecins de famille à proximité du domicile. Et là aussi, la pandémie de Covid-19 est  une maladie de la pauvreté.  

    Nous exigeons : L’ordre de vaccination doit être basé sur des critères strictement  médicaux et infectieux – partout dans le monde, quelles que soient les possibilités  financières des pays et des individus ! En particulier, il faut tenir compte aussi de la  

    logistique nécessaire : Les pays qui ont des possibilités limitées pour la réfrigération  nécessaire des vaccins doivent notamment recevoir les vaccins d’AstraZeneca et de  Moderna et similaires, dont la réfrigération est moins compliquée. À l’heure actuelle, la  vaccination devrait être volontaire ; il ne faut pas introduire la vaccination obligatoire par la  porte de derrière au moyen de certains droits spéciaux pour les personnes qui ont été  vaccinées. 

    Les vaccinations sont des acquis de l’évolution de l’humanité à laquelle tous les  gens ont droit ! Au lieu de cela, dans le capitalisme/impérialisme, les vaccins qui  peuvent décider de la vie et de la mort servent à réaliser des profits ! Mettre fin au droit de brevet sur les vaccins ! 

    En avant vers le socialisme – pour une société dans laquelle les acquis de  l’humanité profitent également à tous ! 

    Signataires (en date du 17/12 2020, d’autres signataires sont possibles):

    1. PCPCI Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire 

    2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie 

    3. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine) 

    4. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes)) 

    5. PCT Parti Comuniste du Togo 

    6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie 

    7. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan) 

    8. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)

    9. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge) 

    10.NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal)) 

    11.PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal) 

    12.NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka 

    13.CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste)) 

    14.БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

    15.БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes)) 

    16.PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)

    17.MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne) 

    18.UC Unité Communiste, France 

    19.UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France 

    20.KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg) 

    21.RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas 

    22.UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa () 

    23.MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse) 

    24.MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan) 

    25.KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine 

    26.PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste) 

    27.NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)

    28.PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant)) 

    29.BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou

    30.PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine 

    31.PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay) 

  • Notre intervention au rassemblement antifasciste.

    Notre intervention au rassemblement antifasciste.

    Nous avons, parmi d’autres, pris la parole durant la rassemblement antifasciste de Lyon. Nous saluons son succès et la présence d’un large panel d’organisations. Nous saluons la solidarité qui s’est exprimée, et nous appelons à la maintenir le plus largement possible.

    Nous exprimons notre solidarité envers les militants qui ont été agressés par les fascistes en maraude. Une nouvelle fois, Lyon est l’épicentre de la réaction. Une nouvelle fois, les pentes de Croix-Rousse sont le terrain d’affrontement, de raids. Une nouvelle fois, c’est la Plume Noire qui est touchée -ce n’est pas un hasard !

    Lyon, ville bourgeoise, ville d’Eglise, est un havre de paix pour ces militants de la haine. Sous la mairie PS puis LREM de Gérard Collomb, les fascistes n’ont eu de cesse que de prospérer. Ils ont été couvés, chéris, dorlotés. Pendant ce temps, la répression n’a fait que s’abattre sur les militants et les militantes progressistes et révolutionnaires. Aujourd’hui des voix s’élèvent pour demander que la nouvelle mairie cesse ce jeu criminel.

    Nous ne faisons pas de procès d’intention à la nouvelle mairie de Lyon. Nous ne pensons pas qu’elle partage les même trésors de tolérance pour les fascistes que ceux qu’ont avoir pu l’ancienne équipe. Mais, pourtant, les locaux sont toujours ouvert, les fascistes sont toujours là, et rien ne change, ou, du moins, pas dans le bon sens.

    Il ne s’agit donc pas de pointer la mairie du doigt en disant « c’est de votre faute », ou « agissez ». Nous ne savons pas si elle le veut. Et si elle le veut, elle ne peut probablement pas le faire. Qu’elle le veuille ou non, la partie se joue ailleurs.

    La réalité est terrible : ce n’est pas le remous de surface de la politique politicienne qui protège les fascistes, mais bien la structure du système en tant que tel. L’origine de classe de ces militants, leur intégration dans un milieu bourgeois, leur projet politique qui renforce l’ordre et l’exploitation… tout concourt à ce qu’ils soient une option dans la main des exploiteurs. Et donc des éléments de son système. Cela fait que, bien qu’il soit formellement interdit d’être fasciste ou néo-nazi, rien ne les entravent. Il suffit de voir le verdict du procès de Génération Identitaire pour s’en rendre compte. A l’inverse, bien qu’il soit formellement légal d’être anarchiste, communiste, syndicaliste, nous savons tous à quelles difficultés cela nous mène.

    Un vent mauvais souffle. Il gonfle les voiles brunes des fascistes. Ils sont portés par le vent de la crise, le vent de la guerre, le vent de la misère. Si les petits fascistes lyonnais ne sont pas aux portes du pouvoir, leurs idées s’y épanouissent déjà. Le racisme d’État, la discrimination, le fichage, la répression, le saccage des droits sociaux, le bellicisme et l’embrigadement fraient leur chemin. En fait d’antisystème, ils en sont les gardiens, les prétoriens.

    Il y a ceux qui sont les architectes. Ceux qui jouent cyniquement la carte de la haine, soit pour obtenir un pouvoir sans limite pour leur classe, soit parfois pitoyablement, pour quelques sièges d’élus, comme Manuel Valls.

    Et il y a ceux qui y croient. Ceux qui, désespérés, épouvantés, par la marche du monde, ne voient pas d’autre solution que dans le fascisme. Qui pensent que la violence de la société, la misère, le malheur, les souffrances, seront balayées par l’ordre nouveau.

    A ceeux-là nous disons : ne soyez pas dupes. Ceux qui se battent pour mettre fin à la misère, à la violence, à la corruption, à tous les maux, sont ici. Ce sont les bannières rouges, noires, rouges et noires, qui portent, dans le monde entier, l’espoir, la fin de l’oppression, la liberté. En fait de défendre le peuple, en fait de défendre les Français et les Françaises, les fascistes les livrent pieds et poings liés – divisés par les haines – à leurs premiers bourreaux : les exploiteurs « bien de chez nous », les Bernard Arnault, les Lagardère, les Niels, les Mulliers… Est-ce cela leur libération ? En fait de combattre l’obscurantisme, ils le nourrissent, s’en délectent : et pour cause ! Qu’est ce qui différentie leur programme de celui des fascistes de Daech ?

    L’antifascisme se fait sans cesse une nécessité plus grande. Les différentes formes de celui-ci, en fonction des courants, en fonction des stratégies, ne sont pas incompatibles. Au contraire, elles s’additionnent, se mutualisent, couvrent toujours plus d’espace.

    Nous avons besoin d’unité populaire,

    nous avons besoin de solidarité,

    nous avons besoin de militantes et de militants comme ceux que les fascistes haïssent.

    Nous avons besoin de gagner !

  • Mettons fin au nouveau cycle de violences fascistes à Lyon.

    Mettons fin au nouveau cycle de violences fascistes à Lyon.

    Communiqué commun.

    Rassemblement le 20 – 12 à 14h, esplanade de Croix-Rousse.

    La ville de Lyon a été le témoin depuis près de 10 ans d’une montée en puissance des violences fascistes à Lyon : agressions racistes, LGBTphobes, contre des militantes syndicalistes, associatifs ou politiques, ou de simples passant dont la tenue était associés par leurs auteurs à « la gauche », attaques ou dégradation de locaux politiques, associatifs, de lieux de cultes (mosquée, synagogues) ont eu lieu ces dernières années.

    Si la fermeture du bastion social, local fasciste, a représenté un coup d’arrêt à ces violences, celles-ci ont repris depuis l’été avec une nouvelle vigueur : incendie de mosquées, saccage du restaurant « le tonton burger », menace contre les locaux du PCF… Et la dernière en date : l’agression très violente de 2 bénévoles d’une association d’entraide, à l’issue d’une collecte de jouets pour les fêtes de fin d’année, devant la librairie libertaire la plume noire où elle avait lieu, ce samedi 12 décembre 2020.

    Les locaux fascistes, tels que la Traboule, local de Génération identitaire ou l’Agogé, salle de boxe de la même organisation, servent de lieu d’organisation à une mouvance tente d’imposer par la violence et la terreur contre les minorités et le mouvement social son projet politique.

    Suite à cette violente agression en date, nous entendons réaffirmer le refus de la violence d’extrême droite à Lyon, qui s’exerce contre les minorités, les bénévoles associatifs qui ne correspondent pas à leur
    vision du monde, et le mouvement social et progressiste.

    Nous appelons à nous rassembler ce dimanche 20 décembre à 14 h, sur l’esplanade de la Croix Rousse, en haut de la montée de la grande côte. Nous continuerons d’exiger des pouvoir publics la fermeture des locaux fascistes !
    Il est grand temps de reconstruire un front unitaire sur la lutte contre l’extrême-droite à Lyon.

    Premiers Signataires : Union communiste Libertaire, Solidaires Rhône, Union Départementale CGT 69, Union Départementale CNT 69, Planning Familial du Rhône, Jeune Garde Lyon, Unité Communiste, Mouvement National Lycéen…

  • Sortie du documentaire du MLPD sur Friedrich Engels.

    Sortie du documentaire du MLPD sur Friedrich Engels.

    Nous saluons la sortie de ce documentaire, réalisé par le MLPD, sur Friedrich Engels.

    Vous pouvez également retrouver l’article de notre organisation sur le bicentenaire de sa naissance.

    https://unitecommuniste.com/communiques/bicentenaire-de-friedrich-engels/
  • Solidarité avec les militants et militantes attaqués par les fascistes !

    Solidarité avec les militants et militantes attaqués par les fascistes !

    Indignation et révolte contre la violence fasciste !

    Nous souhaitons adresser toute notre solidarité aux militants et militantes de l’UCL-Lyon ainsi qu’à Solidaire Lyon et à l’association PESE (Pour l’Egalite Sociale et l’Ecologie).

    L’Unité Communiste tient à exprimer son soutien aux deux camarades de l’Union Communiste Libertaire de Lyon qui ont été violemment agressés par une attaque d’une dizaine de militants d’extrême droite. En effet, samedi 12 décembre, à l’occasion d’une collecte de vêtements et de jouets organisée par l’association PESE au local de la Plume Noire, situé dans le 1er arrondissement lyonnais, deux militants de l’U.C.L. se sont fait agresser violemment alors qu’ils s’apprêtaient à fermer le local.

    Nous condamnons sans réserve la violence de cette attaque, qui a eu pour conséquence un transfert des deux camarades aux urgences. Elle est motivée par une aversion envers l’ensemble des progressistes et des révolutionnaires, les fascistes sont déterminés à déverser leur violence : encore et toujours, c’est l’instrumentalisation de la haine qui guide leurs actions et qui n’éveillent chez nous que dégoût, et indignation.

    Ce n’est pas la première fois que les fascistes lyonnais mènent des expéditions dans les pentes. Les objectifs sont chaque fois les mêmes : intimider et menacer les militantes et militants qui y ont leur activité. La Plume Noire, les locaux du PCF, mais également des logements individuels sont depuis longtemps leur cible. 

    Nul ne peut savoir si frapper cette collecte était le but premier de leur attaque, ou s’il s’agissait d’une occasion, saisie, d’attaquer. Mais le fait qu’ils osent s’en prendre à la solidarité de classe illustre pleinement leur position dans la lutte qu’ont celles-ci entre elles. Non seulement les fascistes s’en prennent aux militants et militantes, mais visent surtout à fragmenter la solidarité, à la détruire, à faire des classes populaires des individus atomisés, apeurés. Leur but étant de se présenter comme leur refuge ultime, comme leur planche de salut, alors qu’ils sont leurs bourreaux. 

    Ils ont bénéficié d’une impunité sans équivoque de la part de la police, de la mairie et de la justice. Couvés par la bourgeoisie locale, ils se sentent pousser des ailes. Nous verrons bien quelle sera l’attitude de la nouvelle direction municipale face à eux. Quant à celle de la police et de la justice, le vent mauvais de la réaction n’apporte nulle tempête dans les cercles fascistes. 

    Il est d’ailleurs notable que ceux-ci, prompt à s’affirmer antisystème et à scander des « ACAB » pour se donner une image de rébellion, n’en sont pas moins de fervents soutiens à la loi Sécurité Globale. Leur seule colère contre celle-ci est de voir leur programme raflé par les libéraux.

    La lutte antifasciste prend une place toujours croissante – sous les différentes formes que cette lutte peut prendre. Non seulement du fait de l’activité des fascistes en tant que tel, en tant qu’auxiliaire de la répression, mais dans le fait -terrible- que le programme du centre et de la droite soit celui du FN des années 1990-2000. 

    Nous réaffirmons une nouvelle fois notre solidarité avec les militants et militantes qui subissent les assauts des fascistes. Nous affirmons également avec tous ceux et toutes celles qui subissent les agressions de ceux-ci, tout comme les victimes du climat de haine et de racisme. 

    Nous allons affronter une période difficile. Nous appelons à faire front commun. Nous appelons également à préparer, ensemble, le front uni qui nous défendra, et qui permettra de nouvelles victoires.

  • Sur les crimes de guerre Australiens en Afghanistan.

    Sur les crimes de guerre Australiens en Afghanistan.

    Traduction d’un article du CPA/ML d’Australie.

    Nous avons pu voir circuler plusieurs vidéos montrant les crimes de guerre des soldats Australiens en Afghanistan. Dans l’une d’entre elle, un soldat a abattu froidement des civils désarmés uniquement dans le but de montrer son « courage » à ses compères. La guerre en Afghanistan est une guerre injuste, criminelle, motivée uniquement par des ambitions géopolitiques dévorantes : poursuivre le « Grand Jeu » et empêche l’accès aux mers libres à la Russie et à la Chine. Nous condamnons cette guerre comme l’ensemble des guerres impérialistes. N.d.l.R.

    Les marxistes-léninistes soutiennent qu’il existe deux types de guerre – juste et injuste.

    Les guerres impérialistes brutalisent les soldats des armées impérialistes engagés dans des guerres d’agression et d’occupation à l’étranger. En revanche, les armées de libération du peuple qui mènent des guerres justes sont sous la direction et l’orientation d’une idéologie et d’une organisation de classe révolutionnaire au service du peuple.

    Les guerres justes ne peuvent être gagnées par les seuls moyens militaires. Elles sont souvent menées par des forces plus faibles et technologiquement inférieures qui attirent le soutien du peuple et peuvent être soutenues et menées à la victoire par une politique correcte. Ces politiques correctes comprennent les relations entre les forces armées et le peuple, ainsi qu’entre les forces armées de la cause juste et les forces armées de la cause injuste. Les soldats capturés et blessés de l’armée de l’injuste sont soumis à une éducation sur les deux types de guerre, sont persuadés de renoncer à leur soutien à l’injuste et sont traités avec indulgence.

    Les guerres injustes ne peuvent pas attirer le soutien populaire à long terme. Ce soutien s’évapore avec le temps. Les forces de la cause injuste doivent s’appuyer sur des moyens militaires et ont tendance à ne pas gagner le soutien populaire en raison de leur supériorité apparente en termes de puissance des armes et d’autres technologies.

    L’Afghanistan – une guerre injuste

    La guerre la plus ancienne de l’Australie est son engagement en Afghanistan. Elle a débuté en novembre 2001, à la suite de l’attaque du 11 septembre contre les Tours du commerce mondial à New York. Le gouvernement australien a envoyé des troupes en Afghanistan pour montrer son soutien et son asservissement aux États-Unis en tant qu’allié obéissant, souvent qualifié de « marionnette » ou de « shérif adjoint des États-Unis ». Les soldats australiens ont joué un rôle de soutien aux forces des États-Unis et d’autres impérialismes. Ces forces ont envahi l’Afghanistan dans une soi-disant « guerre contre le terrorisme ». Il y avait et il y a toujours un terrorisme associé à la branche fasciste réactionnaire de la religion islamique, mais l’invasion de l’Afghanistan par les puissances impérialistes n’était pas une juste application de la force. Elle a été injuste dès le départ, largement motivée par les ambitions impérialistes américaines dans la région et a préparé le terrain pour une vague de mesures antidémocratiques, sous le couvert de « l’antiterrorisme ».

    Le récent rapport sur les allégations de crimes de guerre commis par les troupes australiennes en Afghanistan a été précédé par un rapport commandé par le chef de l’armée australienne, le général Angus Campbell, en 2015, à la suite de rumeurs persistantes d’assassinats illégaux d’Afghans par des Australiens. Présenté à Campbell en 2016, le rapport de la sociologue Dr Samantha Crompvoets citait des soldats australiens, qui ne voulaient pas être identifiés, qui étaient consternés par le comportement de leurs camarades.

    L’un d’entre eux a déclaré que 2012 était la pire année qu’il ait jamais vue :

    « Les gars avaient juste cette soif de sang. Des psychopathes. Des psychopathes absolus. Et nous les avons élevés. Ces choses n’arrivent pas de façon isolée. Ils (les soldats) deviennent plus confiants avec le temps quand ils sont là et ces comportements deviennent permis et assimilés à être de bons et efficaces soldats. »

    Elle a répété les allégations faites par les soldats qu’elle a interrogés : lorsque les hélicoptères atterrissaient dans les villages, tous les villageois qui

    Des bataillons australiens ont arboré l’emblème nazie.

    s’enfuyaient étaient pris pour cible, « tuant beaucoup de ces hommes et de ces garçons (et parfois des femmes et des enfants) en leur tirant dans le dos, pendant qu’ils s’enfuyaient ». D’autres soldats prenaient les hommes et les garçons survivants « et les ‘interrogeaient’, c’est-à-dire les attachaient et les torturaient… pendant des jours et tout le village était privé de nourriture, d’eau et de médicaments… Lorsque les forces spéciales partaient, les hommes et les garçons étaient retrouvés morts : abattus d’une balle dans la tête ou les yeux bandés et la gorge tranchée », a-t-elle écrit.

    Un « exemple troublant » donné par des soldats informateurs s’est produit lorsque des soldats australiens circulant sur une route ont vu deux garçons de 14 ans qui, selon eux, pourraient être des sympathisants des talibans. « Ils ont été arrêtés et fouillés, puis on leur a tranché la gorge. Le reste de la troupe a ensuite dû « nettoyer le désordre »… les corps ont été mis en sac et jetés dans une rivière voisine.

    C’est ce rapport, remis en 2015 mais gardé secret à l’époque, qui a conduit Angus Campbell à le commander sur les allégations de crimes de guerre australiens en Afghanistan. Campbell (aujourd’hui à la tête de toutes les forces de défense australiennes) l’a fait en mars 2016.

    L’information censurée.

    Dans le même temps, David McBride, un ancien avocat de l’armée de terre ayant servi deux fois en Afghanistan, divulguait des dossiers des forces de défense australiennes (les « dossiers afghans ») à l’Australian Broadcasting Corporation (ABC). L’ABC a ensuite diffusé une série de reportages alléguant des crimes de guerre australiens.

    Le gouvernement australien a exercé des représailles contre McBride et son radiodiffuseur national. En septembre 2018, McBride a été accusé de vol de biens appartenant au gouvernement (d’autres accusations ont été ajoutées par la suite), tandis qu’en juin 2019, les bureaux d’ABC ont fait l’objet d’une descente de la police fédérale australienne (AFP) et tout le matériel relatif aux fichiers afghans a été saisi. En juin 2020, l’AFP a recommandé que des accusations soient portées contre le journaliste de l’ABC, Dan Oakes. L’opinion publique a protesté et le gouvernement a été contraint de renoncer à poursuivre Oakes. Les accusations restent toujours en vigueur contre le dénonciateur McBride.

    Le rapport d’enquête sur l’Afghanistan, également connu sous le nom de rapport Brereton, a été fortement censuré et contient des preuves crédibles de 23 incidents impliquant 25 membres actuels ou anciens de l’ADF, accusés d’avoir tué 39 personnes, deux autres ayant subi des traitements cruels. Cependant, 28 autres incidents (et 11 autres qui ont été interrompus) ont révélé que les allégations n’étaient pas fondées ou ne pouvaient être poursuivies.

    Parmi ceux que le rapport a jugé non fondés, il y a eu 20 allégations d’assassinats illégaux, dont sept concernaient plus d’une personne. Neuf concernent des cas de mauvais traitements de prisonniers, y compris des agressions et la détention de couteaux sur les organes génitaux masculins.

    Neuf des allégations qui ont été désignées comme crédibles ont été rejetées sans qu’aucune autre action ne soit nécessaire en raison du principe juridique de l’immunité d’utilisation dérivée selon lequel si le soldat X donne à l’enquête des informations selon lesquelles il a illégalement tué un prisonnier, les informations données à l’enquête par le soldat X (et tout ce qui est obtenu comme conséquence directe ou indirecte) sont inadmissibles dans toute poursuite contre le soldat X.

    Indépendamment des crimes de guerre présumés des troupes australiennes lors de l’invasion et de l’occupation injustes de l’Afghanistan, il existe une culture de laquais sub-impérialistes qui a longtemps imprégné les forces armées australiennes. À l’exception de la guerre contre le fascisme (WW2), tous les conflits impliquant des troupes australiennes dans des guerres impérialistes ont été injustes. Le rapport Brereton nous rend service à tous en incluant une revue historique des crimes de guerre australiens (chapitre 1.08 du rapport), de la guerre des Boers à nos jours. On y trouve plusieurs exemples de la Seconde Guerre mondiale, ce qui n’est pas surprenant étant donné que, bien que la cause soit juste, la direction politique et militaire est venue de la bourgeoisie pro-impérialiste. L’Australie a envoyé des troupes dans presque toutes les guerres impérialistes menées par la puissance impérialiste dominante qui préside ce pays – de la guerre coloniale britannique des Boers aux guerres impérialistes américaines contre la Corée, le Vietnam, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Syrie.

    Les fascistes toujours partant pour la guerre impérialiste.

    Les fascistes et les racistes sont attirés par le service militaire impérialiste et encouragent une culture dans laquelle les actions injustes sont célébrées. En 2018, des photos sont apparues de troupes australiennes, en 2007, arborant un drapeau nazi depuis leur véhicule de combat. En juin 2020, des images sont apparues de soldats australiens tenant un drapeau confédéré raciste « Southern Pride » utilisé pour guider un hélicoptère militaire américain UH-60 Black Hawk pour aller chercher des prisonniers afghans après un raid mené par les Australiens. L’ADF a immédiatement nié toute connaissance de l’incident, bien que les images auraient été incluses dans une vidéo de présentation de l’escadron 3 du Special Air Service Regiment après un déploiement en Afghanistan en 2012.

    Outre les mesures de bannissement et la poursuite nécessaire des criminels de guerre australiens, les Australiens doivent veiller à ce que notre pays ait une politique étrangère indépendante et pacifique, à ce que nous rompions de manière décisive avec les impérialismes américains et autres, et à ce que les forces armées australiennes ne soient plus jamais envoyées pour soutenir des guerres injustes.

    Le dénonciateur David McBride devrait recevoir les plus hautes félicitations et les accusations honteuses et vengeresses portées contre lui devraient être abandonnées immédiatement.

    Les travailleurs australiens ont une longue tradition de lutte contre les guerres impérialistes, qui remonte à l’opposition massive à la Première Guerre mondiale et à la conscription, au fascisme de la Seconde Guerre mondiale et à la guerre du Vietnam. Dans les mois qui ont précédé l’invasion de l’Irak en 2003, des millions d’Australiens de différents milieux ont exprimé leur opposition à l’envoi par l’Australie de troupes aux États-Unis pour planifier et mener la guerre contre l’Irak. En février 2003, un mois avant l’invasion de l’Irak, plus de 4000 000 personnes ont manifesté dans les rues du pays pour demander « Pas de guerre contre l’Irak », « Pas de guerre contre le pétrole », « Pas de troupes en Irak ». Beaucoup portaient des pancartes représentant le Premier ministre australien de l’époque comme une marionnette des États-Unis.

    Plus d’implication australienne dans les guerres impérialistes !
    Pour l’indépendance et le socialisme anti-impérialistes !

    Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

  • Le peuple du Pérou a parlé ! Démission du président Merino après seulement 5 jours !

    Le peuple du Pérou a parlé ! Démission du président Merino après seulement 5 jours !

    Communiqué ICOR

    Le 9 novembre 2020, les partis de droite et d’ultra-droite du Parlement péruvien avaient déposé à une large majorité le président non partisan Martin Vizcarra. Ce coup d’État parlementaire illégal a été perpétré par les anciens partis de droite traditionnels et modernes AP, APP, FUERZA POPULAR (Fujimori), APRA, FREPAP. La procédure a été secrètement convenue avec les secteurs « de gauche » de l’AF et de l’UPP. 

    Immédiatement après, des luttes de masse se sont développées dans tout le pays. Les jeunes, les ouvriers, les mineurs, expérimentés dans le combat, les femmes sont courageusement descendues dans la rue. Même dans les plus petits villages. Ils ne peuvent pas être chassés. Malgré les canons à eau, les balles en caoutchouc et les morts.  Malgré les restrictions imposées par la pandémie de Covid-19. 

    L’indignation est énorme face à l’incapacité du gouvernement à protéger les personnes touchées par la pandémie de Corona, au système de santé défaillant et à la misère sociale. L’aide promise par le gouvernement pour faire face aux conséquences de la pandémie de Corona a disparu dans les poches des corrompus. Le Pérou, avec sa population de 31 millions d’habitants seulement, avec 932 000 personnes infectées et plus de 35 000 morts jusqu’en août, avait le taux de mortalité le plus élevé au monde par rapport à la population. 

    Moins de cinq jours et le nouveau président Merino a dû partir. En tout cas, personne ne croyait que la déposition de Vizcarra serait le début de la lutte contre la corruption envahissante. Un procès pour corruption est également en cours contre son successeur de 5 jours, ainsi que contre la majorité des parlementaires. Des rangées et des rangées d’anciens présidents et de hauts responsables politiques sont en détention, ont fui en exil ou se sont soustraits à leur responsabilité par le suicide. Dans les protestations des voix s’élèvent pour revendiquer une nouvelle constitution. 

    L’organisation de l’ ICOR « Bloque Democratico Popular » (Bloc démocratique poopulaire)/Peru a distribué une déclaration politique condamnant le coup d’État le 12 novembre et a appelé à des manifestations. L’appel dit : «Face à la crise économique et financière mondiale, la crise du coronavirus et la crise écologique, le BDP travaille pour une solution qui va à la racine des choses, qui se focalise sur l’élite capitaliste afin de vaincre la faim et la pauvreté, la catastrophe sanitaire, de sauver l’environnement et d’offrir à la jeunesse un avenir avec une perspective socialiste. Le slogan de José Carlos Mariátegui est plus valable que jamais : ‘Un nouveau Pérou dans un nouveau monde. Le peuple uni ne sera jamais vaincu’».

    Le mouvement de masse au Pérou se trouve côte à côte avec les luttes déterminées et les grèves ouvrières dans de nombreux pays d’Amérique latine : Argentine, Chili, Uruguay, Colombie. 

    Renforcer l’ICOR en tant que force fiable et internationalement unie dans ces luttes.

    Solidarité avec le mouvement de masse au Pérou !

    Libération de toutes les personnes arrêtées lors des récentes manifestations !

    Les responsables des trois personnes assassinées lors des protestations et des 18 autres, dont certaines ont été gravement blessées, doivent être traduits en justice !

    L’ICOR soutient la lutte pour la liberté, la démocratie, le socialisme !

    Vive la solidarité internationale ! Vive l’ICOR !

    Signataires (en date du 04/12 2020, d’autres signataires sont possibles):

    1. PCPCI   Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
    2. UPC-Manidem   Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    3. CPK   Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    4. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    5. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    6. PCT   Parti Comuniste du Togo
    7. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    8. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    9. SPB   Socialist Party of Bangladesh (Parti socialiste du Bangladesh)
    10. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    11. PPRF   Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    12. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    13. CPA/ML   Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    14. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    15. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    16. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    17. Symp.PFLP   Sympathisanten der PFLP (Les sympathisants du PFLP), Allemagne
    18. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    19. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    20. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    21. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    22. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    23. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    24. TIKB   Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)
    25. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    26. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    27. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    28. NPCH (ML)   Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)
    29. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    30. BDP   Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    31. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    32. PCR-U   Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
  • Une nouvelle étape dans la répression.

    Une nouvelle étape dans la répression.

    A Lyon, le 5 décembre, plus de 10 000 personnes ont défilé contre la loi sécurité et contre les violences policières.

    Le projet de la loi sécurité continue son cheminement vers sa mise en place. Le contenu de cette loi se précise. Elle offre l’impunité la plus totale à la Police.

    La loi sécurité a pour vocation de protéger extensivement les policiers dans leur fonction.

    Elle s’inscrit dans une série de lois visant à faciliter l’action policière, tant d’un point de vue pratique que d’un point de vue moral. En accordant un soutien politique fort à la police, en la privant de toute responsabilité judiciaire, en la protégeant également de l’opprobre populaire, transmise par les images, le gouvernement se dirige vers une gestion terroriste des conflits sociaux.

    Ces lois ne peuvent que faciliter le recours à la violence brute comme mode de traitement des menaces sociales et politiques. Elles facilitent également le développement d’un phénomène, pudiquement nommé « bavures », ou parfois « violences policières ».

    Ce terme mérite en soi une critique. La police est violent dans sa fonction – c’est son rôle. Mais cette violence est exercée dans un cadre légal (critiquable, certes, mais normé). A cette violence « normale » s’adjoint donc des sur-violences, hors code déontologique, hors cadre normé, allant au-delà de la loi. Ces exactions sont tellement couvertes qu’elles ont pris la forme de normes sociales : tutoiement, menaces, injures, provocations, coups, exécutions extra-judiciaires. Dans le fond, la loi sur la sécurité avalise le fait qu’elles seront cachées, camouflées, tues. En faisant cela, il les encourage encore davantage.

    Les images de celles-ci sont un problème. Après de nombreuses – et honteuses – dénégations, la direction de l’État a été obligée d’en reconnaître la matérialité. Le cas du tabassage de Michel Zeclerc ou le harcèlement du journaliste Rémy Busine les y ont obligé. Sans pour autant que l’institution soit mise en cause. Il reste d’ailleurs à voir quelles suites seront données à ces affaires, qui, le plus souvent, ne se traduisent que par des tapes sur les doigts.

    Cette reconnaissance, partielle, incomplète, est néanmoins importante pour les victimes. Elle contribue aussi à isoler la voix des ultras du soutien aux forces de l’ordre.

    Cependant, il persiste à y voir des faits individuels, anecdotiques, alors que la réalité est tout autre.

    Une nouvelle fois, il nous paraît important, fondamental, de préciser les choses suivantes. Nous ne pensons pas que, individuellement, les policiers soient tous et toutes des êtres mi-humains mi-machines, foncièrement mesquins et racistes. Non. Nous pensons qu’il s’agit d’un corps de métier comme un autre dans sa composition – mais pas dans ses fonctions ! – et qu’il contient une palette importante de parcours, d’aspirations, de rêves, et de cynisme.

    Ainsi, il existe de bons policiers comme des mauvais. L’administration le reconnaît aussi, disant en somme que « la police n’est pas plus raciste que le reste de la population ». Ce qui est probablement vrai. Mais à cela doit s’adjoindre impérativement un autre constat.

    En tant que groupe chargé de faire appliquer la loi – quelque soit d’ailleurs l’opinion qu’on puisse avoir de celle-ci – assermenté, possédant une partie de ce monopole de la violence légale, les conséquence de ce « pas plus raciste » ne sont pas les mêmes que dans la vie « civile ». Elles peuvent aller jusqu’à l’assassinat.

    L’Institution pratique également une féroce sélection, dans laquelle les profils les plus brutaux, les moins diplomates, les plus avides d’action vont vers les zones jugées les plus « sensibles ». Ce qui fait que « le bon policier » est précisément celui dont le profil ne correspondra pas aux zones où il serait, en se plaçant du point de vue de l’État bourgeois, le plus logique d’être placé.

    Enfin, la fonction de l’institution elle-même. Elle est construite et architecturée dans le but du maintien de l’ordre – donc du maintien de la société en l’état et de son système d’exploitation. Les « bons individus », ceux qui respectent le code de déontologie, ceux qui vont suivre la procédure, être diplomates, etc. vont donc appliquer une répression « dans la norme ». De plus, la police joue un rôle politique éminent, et ses résultats sont au cœur d’une politique de surenchère répressive.

    D’autant que l’outil ne vise pas à expurger le crime de la société. Cela serait chose impossible. Celui-ci naît de la misère et de l’absence de perspectives légales. La fonction de la police, le plus souvent, est donc de trouver un modus vivendi, un moyen-terme, avec les groupes criminels les plus puissants. C’est ce qui s’est vu notamment dans la bac de Marseille-Nord, mais également avec le « super-flic » Neyret à Lyon.

    Dans ce cadre, les policiers idéalistes, mû par une sincère envie de faire le bien, sont noyés dans un océan qui encourage les plus brutaux, les plus virulents, les adeptes de la politique du chiffre. Dans cette situation, soit ils sont contraints de mener une lutte donquichotesque contre les institutions et finissent cassés, soit ils se conforment au modèle, soit ils démissionnent, soit ils se suicident.

    Nous considérons que cette loi indique une étape nouvelle dans la répression.

    Jusqu’à présent, les attaques contre les droits étaient principalement des attaques de nature économique. Elles s’en prenaient aux conquêtes sociales dans leur ensemble : Services publics, retraites, chômage, assurance maladie… Fermant ainsi un arc narratif ouvert en 1945. Ces attaques ont accru la précarité d’une part toujours plus grande de la population.

    Cette instabilité de la société s’est traduite par des mouvements sociaux forts, davantage mû par le désespoir, donc tendanciellement plus dangereux et, par voie de conséquence, plus réprimés. Elle se traduit également par un sentiment de violence et de frustration interne aux exploités eux-mêmes : résurgence d’une xénophobie virulente, du racisme, de l’intolérance…

    Pour faire face à cette intensification de la menace, les institutions ont imaginé de brillants stratagèmes. Et c’est là une déplaisante nouveauté : les lois sont de plus en plus politiques, et les attaques se concentrent chaque fois davantage sur les droits démocratiques.

    La force du système réside aussi dans une capacité à détourner une mesure utile et à en faire un moyen d’attaque supplémentaire. Ainsi, le fichage ADN des délinquants et criminels sexuels s’est étendu désormais à l’essentiel des délits. Les mesures visant à lutter contre le terrorisme permettent d’écraser préventivement les mobilisations sociales…etc.

    Ainsi, les discours et les lois concernant les musulmans et les musulmanes de France, en plus d’être fondamentalement de nature discriminantes et xénophobes, sont également un coup de semonce contre les luttes sociales. Dans islamo-gauchisme, il y a effectivement « islamo », ce qui a été identifié clairement par la plupart des acteurs de l’antiracisme et de l’antifascisme. Mais il y a également le vocable « gauchiste », qui, lui est porteur de sens. L’ennemi est aussi un courant idéologique : celui de la gauche révolutionnaire, amalgamée sous ce vocable. Ce dualité, en revanche, est restée aux oubliettes.

    Ainsi, les raids contre les mosquées sont également le prélude aux raids contre les locaux militants. Cette dimension ne peut pas et ne doit pas être ignorée.

    Le système policier et répressif est l’enfant chéri du régime : son impunité et sa brutalité sont connues. Mais elles ne se limitent pas à son action, en interne également la police montre un visage inquiétant. Les témoignages montrent une ambiance apocalyptique, un sadisme de caserne, une omniprésence et une hégémonie de l’extrême-droite.

    La Loi sur la Sécurité : une opportunité que saisit le gouvernement.

    Le gouvernement peut se permettre de mener ces attaques car il bénéficie d’un boulevard. Au fur et à mesure des campagnes de dénigrement, de propagande, il est parvenu à semer la défiance entre la très grande majorité de la population et les organisations militantes dans leur ensemble. Mais cette défiance a entraîné également un déficit de confiance dans les masses et dans leur capacité à lutter et à arracher des victoires. Cela s’est vu dans le KO technique des organisations au début du mouvement des Gilets Jaunes. Alimentant une spirale descendante de la défaite, cet affaiblissement laisse les coudées franches aux liquidateurs des droits sociaux. De plus, la politique du gouvernement Macron a montré l’unité de volonté dont les exploiteurs font preuve. Face aux grèves, face aux émeutes, ils ont attendu que les volontés s’émoussent et que la fatigue annihile les luttes. Cela a contribué à faire la démonstration de la faiblesse terrible, étouffante, des organisations de lutte.

    Derrière ces éléments importants, il réside un état de fait : la difficulté pour un grand nombre d’acteurs de la lutte, des luttes, de quitter un présentisme ankylosant. Né de la fin de la Guerre Froide, ce présentisme fait que nombre d’entre-nous ont des difficultés immenses à sortir du paradigme de la « fin de l’histoire ». Une tendance important existe au fait de penser que le temps des troubles s’écrit au passé, et que demain est un autre aujourd’hui, lui-même un autre hier. Pourtant le monde change. La vie change. Les spectres des conflits apparaissent à nouveau. Le « vieux monstre concentrationnaire » dépeint par Alain Resnais dans Nuit et Brouillard ne nous a pas quitté.

    Nous avons besoin d’un véritable front de lutte.

    Les manifestations, en dépit du confinement, se sont multipliées, elles ont été nombreuses et suivies. Elles ont montré le rejet massif de cette loi par une grande partie de la population ! Nous appelons à ce qu’elles s’intensifient et se multiplient – dans le respect des normes sanitaires !

    Nous appelons, dans les luttes qui se déroulent, à coopérer le plus largement possible entre forces progressistes et révolutionnaire pour faire face aux attaques. Nous appelons au travail commun le plus large possible entre les forces qui s’opposent à cette loi et à ce projet de société. Nous affirmons que la mentalité de « temps de paix » doit s’effacer au profit de la prise de conscience de l’urgence vitale pour les droits démocratiques et économiques.

    Nous devons prendre en considération que lutter demain ne sera pas dans les mêmes conditions qu’hier. Nous avons besoin non seulement de nous protéger pour pouvoir continuer à agir, mais également pour construire un projet de société différent.

    Ne nous laissons pas écraser par la répression !

  • Communiqué ICOR sur la défaite de Donald Trump.

    Communiqué ICOR sur la défaite de Donald Trump.

    Le fasciste Trump a été congédié par vote !

    Trump, you’re fired! 

    L’exclusion par vote de Donald Trump comme président us-américain est un grand succès des mouvements ouvrier, de la femme et populaire des États-Unis. Cela est fêté dans beaucoup de leurs villes et régions ! Le style personnel de direction de Trump pour mettre en œuvre ses politiques ultra-réactionnaires et sa méthode de gouvernement basée sur l’idéologie du racisme, du sexisme et du social-chauvinisme et sur le mensonge et la démagogie associée à la terreur d’État ont été rejetés.

    Ce qui a été rejeté, ce sont

    * l’intensification et l’aggravation de guerres, notamment en forçant les alliés locaux à supporter des charges financières plus importantes pour soutenir la puissance militaire américaine ;

    * l’échec de la lutte contre le Coronavirus, où il a été délibérément accepté de payer en vies humaines l’arrêt de la lutte contre Corona ;

    * la dénégation de la destruction de l’environnement ;

    Des millions de personnes n’étaient plus prêtes à supporter tout cela !

    Des millions de personnes se sont inscrites pour la première fois sur la liste électorale pour voter contre Trump.

    Pendant le dépouillement du scrutin, des milliers de manifestants, surtout des jeunes, ont protesté sous le slogan « Count every vote ! » contre les tentatives de Trump d’empêcher le décompte des votes par correspondances et leur déclaration comme votes illégaux. Le fait que la campagne électorale de Joe Biden/Kamala Harris a été financée principalement par 150 milliardaires, exprime également l’espoir du capital financier international et US-américain qu’ils sont plus aptes que Trump à repousser la  prise de conscience de la classe ouvrière et la conscience combative des masses populaires. Leur élection correspond donc également au souhait d’une partie de la classe dirigeante aux États-Unis. Biden aussi défend une politique anti-populaire. En tant que sénateur il a soutenu des lois racistes et en tant que vice-président d’Obama, il a défendu une politique intérieure et étrangère dans l’intérêt de l’impérialisme US-américain, tout comme il le fait maintenant en tant que prochain président des États-Unis. 

    Le parti des démocrates, tout comme son rival, le parti républicain, est un parti du capital US-américain. Attendre d’un gouvernement Biden une amélioration fondamentale de la situation des exploités et des opprimes est une grande illusion. Aussi sur le plan de la politique extérieure, ce parti continuera la politique de l’impérialisme US-américain. Peut-être que l’agressivité de la propagande changera. Mais de la part de Biden, il faut aussi s’attendre à une politique étrangère agressive dans l’intérêt de l’impérialisme US-américain.

    Des luttes ouvrières et ouvriers, des travailleurs, des opprimés s’opposent aux méthodes fascistes de Trump

    Ces manifestations depuis le scrutin s’inscrivent dans une vague de luttes ouvrières et de masse aux États-Unis, qui ont pris de l’élan surtout avec le mouvement Black-lives-matter. Ainsi, il y a eu au moins 1 100 grèves et activités combatives depuis mars. Le mouvement syndical américain se positionne plus fortement sur le plan politique. La grève de huit heures des dockers de la côte ouest, le 19 juin, en solidarité avec le mouvement antiraciste, n’est qu’un exemple parmi d’autres. 

    La défaite de Trump constitue aussi une défaite politique pour les fascistes au plan mondial tels que Narendra Modi, les Européens Erdoğan et Orban, Bolsonaro, Duque et autres.

    Après tout, plus de 73 millions de personnes ont voté pour Trump. Cela signifie que sa politique ultra-réactionnaire, en partie fasciste, continue d’être soutenue par certaines parties du capital financier US-américain, mais elle a aussi une base de masse considérable aux États-Unis. Sa démagogie, des augmentations de salaires individuelles et la création d’emplois basée sur la politique « America first » ont également suscité un certain soutien parmi les ouvrières et ouvriers peu conscients de leurs intérêts de classe, un soutien dont Biden ne bénéficie pas. Cela ne doit pas être sous-estimé et doit servir de leçon pour la nécessaire conscientisation partout dans le monde, d’autant plus que Trump et ceux qui le soutiennent ainsi que ses partisans vont continuer à exercer une influence idéologique et politique ! De plus, l’administration Biden peut utiliser cette approbation de politiques réactionnaires pour diluer ses propres promesses électorales.

    Trump va-t-il mener un coup d’État ?

    Jusqu’à présent, Trump a refusé de reconnaître sa défaite aux élections. En tant que commandant en chef de l’armée et de la garde nationale jusqu’au 20 janvier, c’est extrêmement dangereux. La démission de son ministre de la Défense Mark Esper après les élections qui s’était opposé à lui lorsque Trump voulait envoyer des unités militaires en service actif contre les protestations à Washington et dans d’autres villes, a renforcé de graves inquiétudes quant à ses intentions. Au moins sept syndicats et trois sections locales de la Centrale nationale des syndicats AFL-CIO exigent que leur fédération syndicale appelle à une grève générale si Trump refuse de démissionner. Si l’on en arrive là, les organisations de l’ICOR feront appel aux ouvriers et aux larges masses de leur pays pour qu’ils entreprennent des actions de solidarité. Ce faisant, il importe d’empêcher que ces luttes démocratiques ne soient abusées en tant qu’instrument du Parti démocratique dans la lutte pour le pouvoir avec Trump.

    La classe ouvrière des États-Unis a besoin de la perspective socialiste !

    Trump a été congédié par vote, mais la lutte contre le fascisme continue. Le sexisme, le racisme et la xénophobie sont toujours existants. Biden ne peut pas simplement résoudre la polarisation politique et sociale, et il est possible qu’une crise qui touche l’ensemble de la société se développe aux États-Unis

    Les forces et mouvements progressistes et révolutionnaires aux États-Unis peuvent être encouragées à s’unir en un front uni anti-impérialiste et antifasciste et à continuer de renforcer les forces marxistes-léninistes et la construction du parti aux États-Unis. 

    Solidarité mondiale avec le mouvement antifasciste, antiraciste et révolutionnaire aux États-Unis !

    Pour le renforcement des partis et organisations révolutionnaires !

    En avant avec la construction de l’ICOR et du Front uni anti-impérialiste !

    Signataires (en date du 27/11 2020, d’autres signataires sont possibles):

    1. ORC   Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    2. UPC-Manidem   Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    3. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    4. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    5. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    6. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    7. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    8. Ranjbaran   Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    9. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    10. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    11. CPA/ML   Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    12. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    13. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    14. Symp.PFLP   Sympathisanten der PFLP (Les sympathisants du PFLP), Allemagne
    15. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    16. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    17. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    18. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    19. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    20. UMLP   União Marxista-Leninista Portuguesa ()
    21. MLP   Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    22. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    23. TIKB   Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)
    24. TKP-ML   Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    25. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    26. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    27. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    28. NPCH (ML)   Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)
    29. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    30. BDP   Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    31. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    32. PCR-U   Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
  • Bicentenaire de Friedrich Engels

    Bicentenaire de Friedrich Engels

    Communiqué commun UPML – UC

    En ce 28 novembre, nous fêtons le bicentenaire de l’anniversaire du philosophe, sociologue, économiste et militant socialiste allemand Friedrich Engels, en consacrant ces quelques mots sur sa contribution à la formation du socialisme scientifique.

    Surtout connu en tant qu’acolyte de Marx, il nous semble important de rappeler son apport singulier à l’analyse marxiste. En effet, Friedrich Engels a commencé à apporter sa pierre à l’édifice notamment à travers l’observation des phénomènes sociaux liés au capitalisme industriel à Manchester dans la manufacture de coton appartenant à son père. Ses observations lui permettent de mettre en lumière les conditions matérielles de l’exploitation des ouvriers. Cette immersion dans le quotidien des travailleurs lui permet de constater les piètres conditions de travail qu’implique le système capitaliste. L’apport de cette expérience immédiate du milieu ouvrier s’avère donc essentielle en ce qu’elle contribue à la formation du matérialisme historique. C’est en 1845 qu’Engels rend compte de ses observations sociologiques à travers la publication de « Die Lage der arbeitenden Klasse in England » (La situation de la classe laborieuse en Angleterre). A la même période, il rédige « Die heilige Familie » (La Sainte Famille) qui critique l’idéalisme Néo-hegelien, et « Die deutsche Ideologie » (l’idéologie allemande) co-écrit avec Marx, dans lequel il expose les bases du matérialisme historique.

    Engels a non seulement contribué à l’accumulation d’un savoir empirique, c’est-à-dire basé sur l’expérience concrète du lieu de vie et de travail des ouvriers, mais il représente aussi un engagement individuel conséquent visant à officialiser la naissance et la reconnaissance du socialisme scientifique. En 1847, lors du premier congrès de la ligue communiste, Engels participe en tant que délégué du groupe communiste de Paris, dans lequel sont déclarées les ambitions du communisme : le renversement de la bourgeoisie, la mise en place de la dictature du prolétariat, l’abolition de l’antagonisme entre prolétaires et bourgeois, et l’instauration d’un nouvel ordre social dans lequel il n’y aura ni classes ni propriétés privée. Le second congrès de la ligue communiste donne lieu à la rédaction des Principes du communisme (1847) (Grundsätze Des Kommunismus), ouvrage dans lequel Engels explicite la théorie de la libération du prolétariat. Il occupe également le poste de secrétaire du comité central de la fédération des communistes à Bruxelles. En Allemagne, il combat sur les barricades de la révolution de 1848 et tire les conclusions de cette lutte, dans son ouvrage intitulé Révolution et contre-Révolution en Allemagne (1852).

    Dans ce communiqué, nous souhaitons également mettre en lumière la contribution d’Engels au sujet de la reconnaissance de l’exploitation et de l’oppression des femmes, en particulier au sein de la famille monogamique régit par le modèle du père en tant que chef de famille. Il a en effet remis en question le bien fondé du mariage (au sein de la classe bourgeoise du moins), qu’il qualifie d’instrument réquisitionné pour assujettir les femmes :

    « Le mariage conjugal n’entre dont point dans l’histoire comme la réconciliation de l’homme et de la femme, et bien moins encore comme la forme suprême du mariage. Au contraire : il apparaît comme l’assujettissement d’un sexe par l’autre, comme la proclamation d’un conflit des deux sexes, inconnu jusque-là dans toute la préhistoire ».

    Il nous semble important de saluer la prise en compte de l’exploitation et de l’oppression des femmes dans l’analyse de la lutte des classes.

    Engels dit dans une lettre à Gertrud Guillaume-Schack : « Une véritable égalité entre l’homme et la femme ne deviendra réalité que lorsque leur exploitation par le capital sera éliminée et lorsque le travail ménager privé sera transformé en une industrie publique. ». Cet aspect de sa réflexion se trouve dans « Der Ursprung der Familie des Privateigenthums und des Staats » (L’origine de la famille, de la propriété, et de l’Etat ,1884) où il retrace une histoire des civilisations, ainsi que de l’évolution des structures familiales. Il analyse le passage d’une famille consanguine à une famille monogamique. Ainsi, il démontre par exemple, que la famille telle que nous la concevons aujourd’hui dans les sociétés occidentales, est une construction sociale historiquement située. Il déconstruit donc l’idée selon laquelle la famille monogamique va de soi est un produit de la nature, qui s’imposerait à nous. Cette analyse de l’origine des civilisations ainsi que de la famille symbolise une contribution essentielle à la compréhension des logiques de domination que revêt le capitalisme, puisque ce dernier impacte directement ces instances de socialisations auxquelles nous sommes toutes et tous façonné.e.s.

    En raison de sa participation active à l’élaboration de la théorie marxiste et à sa mise en pratique militante, nous rendons hommage à cet illustre savant, sans qui l’analyse du socialisme scientifique serait incomplète. Même après 200 ans, la lutte des classes reste d’actualité, et nous nous devons de poursuivre ce combat, afin que l’avenir ne l’efface pas de notre histoire.

    Es Lebe Engels !
    „Proletarier aller Länder, vereinigt euch !“