Auteur/autrice : unitecommuniste

  • Emmanuel Macron souhaite encore frapper les retraites.

    Emmanuel Macron souhaite encore frapper les retraites.

    Serait-ce la réforme de la onzième heure ? Depuis plusieurs semaines, la rumeur enfle. Macron semble vouloir à nouveau s’attaquer à la question des retraites pour poursuivre sont œuvre de discussion. Alors qu’une 4e vague se profile, mais que rien n’est prêt, alors que la campagne vaccinale peine à convaincre, le président-candidat veut ouvrir un nouveau front. Il semble qu’il s’adressera aux français et aux françaises lundi pour parler de cela.

    A ce stade, les choses restent floues. Mais nous en saurons plus très bientôt.

    Ce qui est significatif c’est le changement brutal d’orientation opéré par ceux qui déterminent la politique d’Emmanuel Macron. Il y a un peu plus d’un an, au moment des premiers confinements, les grands capitalistes, si prompt à défendre un libéralisme outrancier, se sont réfugiés, en pleurs, dans les jupes de l’État. L’État, en créant de la dette, à permis à un grand nombre de salariés de pouvoir conserver un revenu. Mais une autre mesure « sociale » a été aussi mise en œuvre : la protection des bénéfices des grands cartels de l’économie. Le grand patronat a été dorloté par cette « économie de pandémie ». Il en profite aussi par l’effondrement de plusieurs de ses concurrents.

    Le coût de ces mesures est difficilement estimable. Mais cela n’intéresse pas tant que ça les exploiteurs, car celles-ci ne lui ont rien coûté. Le chômage partiel, par exemple, n’a pas été payé avec les profits des grandes firmes, mais bien en créant une dette qu’il « faut » aujourd’hui rembourser. Et les capitalistes n’entendent pas rogner sur leurs profits. En revanche, après avoir vampirisé les ressources publiques, ils se font de nouveau les porte-paroles de l’austérité et du darwinisme social.

    Le patronat et l’État imposent l’idée qu’il faut « relancer le pays ».

    La campagne présidentielle commence à se dessiner. Sa physionomie est celle de la droite, voire de l’extrême-droite. Au delà des axes concernant l’Islam, la sécurité, l’immigration, l’autre pan de ces élections sera celui de cette « relance ». Derrière cette idée de relance, imposée comme étant vitale, se trouve l’idée de hausser, une nouvelle fois, la rentabilité des entreprises française. Elle est hypocrite. Pour le patron du MEDEF : « Je suis assez optimiste, je ne pense pas qu’on aura une augmentation massive du chômage, je ne crois pas à une vague de plans sociaux et de faillites », d’autres études indiquent qu’il ne faudra que trois ans pour que la France retrouve son PIB d’avant le COVID. Et encore, une partie de ce rattrapage économie est entravée par des phénomènes externes : à savoir la concurrence toujours plus forte entre Chine et Occident, mais aussi les malheurs d’autres États qui subissent de plein fouet la pandémie.

    Comment payer la « relance ».

    En réalité, cette relance n’est finalement qu’une seule chose : c’est la poursuite d’une offensive débridée contre les droits sociaux, les droits des travailleurs et des travailleuses. C’est par là que cette relance est envisagée. Par une pression accrue sur les salaires, en particulier en continuant à détruire l’assurance maladie, le chômage et les retraites. Ainsi, dans la réforme des retraites qui se prépare, la première étape serait un passage à 65 ans de l’âge de départ à la retraite, et la seconde le passage à la redoutable retraite à points. Cet ensemble de réformes, prévus pour la période du quinquennat de Macron, vont probablement s’étaler plus que prévu.

    Pour le moment, le calendrier est inconnu et le gouvernement hésite.

    En effet, la situation pandémique a ralenti le travail de sape des droits sociaux. Macron a du tergiverser et reculer sur certains points. Aujourd’hui, le gouvernement se prépare à choisir. Il doit à la fois donner des gages aux grands capitalistes sur le fait qu’il sera leur héraut et l’exécuteur de leurs désirs, tout en restant consensuel et en évitant de déclencher la colère sociale. De ce point de vue, il règne une certaine division sur la méthode à suivre. Certains comme Ferrand étant contre une charge sabre au clair. D’autres se montrant plus empressés à servir leurs maîtres. Il n’est pas impossible qu’il fasse d’ailleurs le choix du référendum. Cela pourrait être une chose positive, permettant de sanctionner la question par le rejet populaire.

    Mais les gouvernements sont passés maîtres dans le fait de tourner les questions des référendums à leur avantage. Le « en-même temps » macronien, et sa capacité à s’appuyer sur les ambiguïtés, peuvent transformer une apparente victoire en défaite totale. Un vote autour d’une « politique de redressement du pays », par exemple, pourrait très bien donner à LREM l’appui qui lui manque pour anéantir les droits sociaux.

    Peut être attendra t’il sinon son prochain quinquennat, s’il a lieu, pour terminer son œuvre. Cap 2022 a pris du retard, mais reste la boussole qui guide l’activité du gouvernement et sa stratégie.

    Préparer la lutte.

    Le risque de la période qui s’ouvre est celui de l’anesthésie par les élections présidentielles. Le « ne luttez pas, votez » sera certainement le credo d’un grand nombre d’organisations, y compris de gauche. Nous pensons l’exact opposé. Qu’importe ces élections, ce qui compte est la lutte. Nous savons que l’État ne peut être, dans sa forme d’État bourgeois, conquis. Il peut en revanche être contraint par la pression sociale, l’organisation, la lutte extra-parlementaire. Nous pensons que dans la période qui s’ouvre, un front uni doit naître autour de cette idée : rejeter l’espace étriqué formé par la politique bourgeoise et faire naître une légitimité dans la revendication d’un régime nouveau.

    Alors que les exploiteurs veulent nous faire travailler plus, dans des conditions toujours plus difficiles et toujours plus longtemps, un autre destin est possible. Un travail partagé, réparti, dont les bénéfices ne servent pas à engraisser des parasites exploiteurs, mais servent à l’ensemble de la communauté. Un travail qui se focalise sur ce qui est nécessaire : assurer l’accès aux biens matériels et culturel dans les possibilités définies par la protection de l’environnement. Un travail qui répond aux besoins, aux lieux de chercher à en créer artificiellement pour maintenir un cycle infernal. Dans ce cadre, le machinisme, l’automatisation, ne devient plus un facteur de chômage et d’aliénation toujours croissante, mais bien un facteur de libération.

    Luttons pour donner naissance à ce monde.

  • Salutations du KOL pour les 150 ans de la Commune de Paris

    Salutations du KOL pour les 150 ans de la Commune de Paris

    Nous partageons ici les salutations de l’Organisation communiste du Luxembourg (KOL) à l’occasion de la campagne pour les 150 ans de la Commune de Paris. Nous les remercions et les saluons.

    Salutations de l’Organisation communiste du Luxembourg (KOL)

    Cher(e)s camarades,

    Le 18 mars 1871, les ouvriers prennent le pouvoir à Paris. Le 28 mars, la « Commune de Paris » est solennellement proclamée. Pour la première fois dans l’histoire, le prolétariat a réussi à renverser la bourgeoisie et à établir son propre État, la dictature du prolétariat.

    La Commune de Paris a pris toute une série de mesures dans l’intérêt du peuple. Dans le domaine social, il s’agit notamment de l’interdiction du travail de nuit, de l’introduction d’un salaire minimum, de l’école publique… Toute une série de mesures sont également prises dans le sens de la libération des femmes, ainsi que dans le domaine culturel (ouverture des musées pour le peuple…), et dans le domaine de la démocratie (séparation de l’église et de l’état, brûlage de la guillotine…). En même temps, la Commune était sociale et internationaliste dans le sens de l’intégration des étrangers.

    Cette démocratie populaire répugnait naturellement à la bourgeoisie et à la réaction, qui ont tout fait pour anéantir la Commune. Après seulement 72 jours, la bourgeoisie a réussi à étouffer la Commune dans un bain de sang. Le 28 mai 1871, la Commune est écrasée. Plus de 30 000 communards ont été assassinés, des milliers ont été arrêtés ou déportés. La bourgeoisie, qui avait commencé en 1789 avec le slogan « Liberté, Égalité, Fraternité », a montré pour la première fois sa véritable visage fasciste. La bourgeoisie française était soutenue par l’ensemble de la réaction européenne, y compris les réactionnaires luxembourgeois et surtout la couvée cléricale.

    Quant à la Commune de Paris de 1871, il y a plusieurs références directes vers le Luxembourg. En 1871, quelque 20 000 Luxembourgeois vivaient à Paris, soit plus que dans la ville de Luxembourg elle-même à l’époque. Ils vivaient principalement dans le quartier Saint-Antoine – surtout des artisans (tanneurs, serruriers, teinturiers, relieurs, selliers, boulangers, cordonniers, tailleurs et journaliers) – qui avaient été chassés par le besoin et la pauvreté qui régnaient au Luxembourg. Ils se sont battus au coude à coude avec le prolétariat parisien, dans la Garde nationale, sur les barricades ; certains sont tombés dans les combats ou ont été fusillés sans distinction et sans procès par les mercenaires de Versailles après la répression de la Commune. D’après les registres des tribunaux militaires qui ont commencé à sévir après la défaite du mouvement d’émancipation populaire de Paris, il ressort que sur 43 522 communards arrêtés, environ 200 communards luxembourgeois ont été pris et la moitié d’entre eux ont été condamnés, certains à la déportation en Nouvelle-Calédonie.

    Parmi les communistes déportés en-Nouvelle-Calédonie figurent 30 Luxembourgeois. Une autre référence vers le Luxembourg est celle des communards qui se sont réfugiés au Luxembourg. Deux communards morts au Luxembourg sont enterrés dans un cimetière de la ville de Luxembourg. Ce sont : August MARTIN, décédé le 11 juin 1873 à l’âge de 36 ans et François SORDET, décédé le 19 mai 1873 à l’âge de 52 ans. En leur honneur, une fête communarde annuelle est organisée depuis des décennies au cimetière de Siechenhof au Luxembourg.

    Une troisième référence vers le Luxembourg est Victor Hugo, qui a soutenu les communards en fuite à Bruxelles après l’écrasement de la Commune, ce qui l’a contraint à déplacer son exil de Bruxelles à Vianden au Luxembourg le 30 mai 1871. La défaite de la Commune est essentiellement due à deux causes. Premièrement, la brutalité de la bourgeoisie a été sous estimée et la dictature du prolétariat n’a pas été assurée avec assez de vigueur ; deuxièmement, la classe ouvrière, bien que soutenue par l’Internationale, n’avait pas de parti révolutionnaire de lutte. « Si vous voulez une révolution, vous devez avoir un parti révolutionnaire », a déclaré à juste titre Mao·Tsetung. « Forces révolutionnaires du monde entier, unissez-vous, luttez contre l’agression impérialiste ! » (novembre 1948), Mao Zedong’s Selected Works, Vol. IV.

    La Commune de Paris n’était pas un événement historique isolé qui s’est terminé par sa défaite ; au contraire, c’est de sa défaite qu’ont été tirées les autres leçons pour la lutte de classe mondiale. Car malgré sa courte durée et sa défaite, la Commune a eu le mérite historique d’avoir montré aux travailleurs du monde entier que le socialisme était possible. La Commune de Paris constitue un premier pas sur la voie de la révolution prolétarienne mondiale, suivie de la révolution socialiste d’octobre 1917 sous la direction de Lénine, de la construction du socialisme en 1956 sous la direction de Staline, de la révolution chinoise de 1949 et surtout de la grande révolution culturelle prolétarienne (1966-1976) sous la direction de Mao Tse-Toung.

    Dans le monde entier, il existe actuellement de nombreuses luttes dans de nombreux domaines et à de nombreux niveaux : luttes sociopolitiques et démocratiques, luttes contre le racisme et le sionisme, contre l’impérialisme, la guerre et le fascisme, contre l’exploitation et l’oppression, contre le danger et la destruction de l’environnement, pour la libération nationale et sociale, etc. Enfin, toutes ces luttes ne peuvent être couronnées de succès que si elles se déroulent sous la direction d’un parti révolutionnaire et sont sécurisées au niveau international, au sens de l’ICOR fondée en 2010.

    De la Commune de Paris au communisme mondial, c’est la voie lumineuse de l’émancipation de l’humanité.

    Avec des salutations révolutionnaires.

  • Salutations de nos camarades de l’ICOR pour la Commune de Paris

    Salutations de nos camarades de l’ICOR pour la Commune de Paris

    Après la campagne pour les 150 ans de la Commune de Paris, nous avons reçus les salutations de diverses organisations et partis revolutionnaires membres de l’ICOR. Nous les remercions et republions ces messages chaleureux de salutations et de solidarité. Construisons la solidarité internationale avec l’ICOR !

    Salutations pour Paris

    BKP Bulgarie

    Chers camarades,

    Salutations des communistes bulgares !

    La Commune de Paris, en tant que premier succès de la lutte de la classe ouvrière pour la libération sociale, a toujours été un modèle pour nous. Le héros de notre lutte de libération nationale et brillant poète Christo Botev a télégraphié les salutations suivantes à Pâques 1871 :

    «Paris, comité de la Commune.

    Salutation fraternelle et cordiales de la part de la Commune Bulgare.
    Vive la Commune !

    Révolutionnaires émigrés»

    Botiof, Popov


    À cette époque, notre pays était sous domination étrangère et la lutte pour la libération nationale était au premier plan. C’est pourquoi nous n’avons pas d’informations directes sur la Commune et nous utilisons comme source les œuvres de Karl Marx. L’expérience et les leçons de la Commune de Paris en tant que première dictature du prolétariat sont impérissables et toujours d’actualité. De l’ouvrage de Marx « La guerre civile en France », nous tirons la troisième tâche de la dictature du prolétariat : protéger la société socialiste de ses propres fonctionnaires et les empêcher de devenir ses seigneurs et ses maîtres de serviteurs de la société. Très brièvement, cela implique 3 principes :

    1. tous les fonctionnaires, de la base au sommet, ne doivent pas être employés, mais doivent être élus ; ils sont responsables à tout moment et peuvent être exclus par vote à tout moment.
    2. abolition à jamais de tous les privilèges matériels et spirituels.
    3. des salaires fondés scientifiquement pour le travail. Le salaire le plus élevé dans le Comite du

    Commune n’était pas supérieure à celle d’un ouvrier qualifié.

    L’échec de cette tâche de dictature du prolétariat a été l’une des causes de la dégénérescence du socialisme après 1956 et finalement des contre-révolutions en Europe de l’Est en 1989. C’est pourquoi nous ne devons pas oublier les leçons de la Commune et éviter de telles erreurs la prochaine fois. Marx et Engels ont prouvé que le développement objectif de la société conduit au communisme. Mais elle ne viendra pas seule ; comme le montre l’exemple héroïque de la Commune, elle nécessite une lutte acharnée.

    Et aujourd’hui, comme nos précurseurs il y a 150 ans, nous devons crier haut et fort :

    Vive la Commune !

    Salutations à l’occasion des 150 ans de la Commune de Paris

    KSRD

    Chers camarades !

    La Commune de Paris a été un important rayon de lumière avant l’aube révolutionnaire de l’Europe et du monde entier. Ce rayon a allumé une nouvelle ère dans laquelle le peuple travailleur luttera activement pour ses droits contre le capitalisme et la bourgeoisie. Ils se battront, acquerront de l’expérience – et auront des victoires.

    Cet anniversaire, ce jour remplit à nouveau nos cœurs de feu, de l’énergie de la lutte des classes pour un avenir meilleur, pour le socialisme. Félicitations au nom du peuple travailleur d’Ukraine ! Nous portons nous-mêmes une partie de ce feu dans notre pays au nom de nos objectifs communs, et de nos victoires communes.

    Salutations révolutionnaires,

    KSRD

    Salutations à l’occasion des 150 ans de la Commune de Paris

    Rode Morgen

    Chers camarades

    Nous vous souhaitons beaucoup de succès avec le merveilleux programme que vous avez organisé en l’honneur du 150e anniversaire de la Commune de Paris.

    Nous sommes vraiment désolés de ne pas pouvoir participer.

    Aux Pays-Bas, de février à mai, de mois en mois, dans notre journal ‘ Rode Morgen ’, nous avons décrit les développements de la Commune de Paris, surtout à la lumière de la lutte pour une société socialiste à l’heure actuelle. Nous avons accordé une grande attention aux expériences et aux leçons de la Commune de Paris lors de la Journée Internationale des femmes et du 1er Mai. Nous avons célébré les deux jours comme des jours de bataille dans les rues – selon les règles anti-corona.

    La Commune de Paris a été la première révolution ouvrière réussie de l’histoire moderne. Du 18 mars à la répression sanglante du 28 mai 1871, elle a offert à la classe ouvrière de Paris, pour la première fois dans l’histoire, un aperçu d’une société véritablement démocratique. Pendant plus de deux mois, les travailleurs ont décidé eux-mêmes de la manière dont leur ville devait être gouvernée, comment les usines et les ateliers devaient être organisés et quelles lois devaient s’appliquer. La Commune a été une source d’inspiration importante pour la révolution russe. Ils ont pris d’assaut le ciel – ça ne pouvait pas durer à cette époque.

    Aujourd’hui, il y a autant de raisons d’abolir le capitalisme – mais il y a incomparablement plus de possibilités d’organiser une véritable démocratie pour la majorité de personnes. Et d’organiser la production et la distribution de manière à ne pas nuire à l’environnement, mais à l’améliorer, et à réparer les dommages causés par l’économie capitaliste de profit.

    Vive la Commune de Paris !

    En avant vers le socialisme !

    Avec solidarité,

    au nom de Rode Morgen

    Jeroen Toussaint

  • UMLP (Portugal) : Nous regardons l’avenir comme nous regardons le passé

    UMLP (Portugal) : Nous regardons l’avenir comme nous regardons le passé

    Nous republions ici un communiqué des camarades portugais de l’UMLP, membres de l’ICOR, que nous saluons.

    En tant qu’UMLP, nous envoyons un chaleureux salut révolutionnaire à ICOR et à tous les partis frères présents aux célébrations du 150e anniversaire de la Commune de Paris. Le 18 mars 1871, les travailleurs de Paris ont établi pour la première fois dans l’histoire de la lutte des classes, le pouvoir ouvrier, la dictature du prolétariat. C’est la Commune de Paris qui, par son exemple révolutionnaire, a montré pour la première fois au mouvement ouvrier que les travailleurs peuvent tout obtenir s’ils prennent leur cause en main.

    Les situations qui ont conduit au développement de la situation révolutionnaire de 1871 ne sont pas éloignées des problèmes d’aujourd’hui : le chômage, la ruine des petites entreprises, l’indignation face aux politiques de la classe bourgeoise, l’incapacité des dirigeants à trouver des solutions pour les masses, etc. Ceci est particulièrement important au vu des crises sociales mondiales que nous connaissons déjà ici au Portugal également, car les masses s’agitent et les forces qui lient le parlementarisme bourgeois se dissipent clairement, montrant ainsi que les masses cherchent des alternatives.

    En tant qu’UMLP, nous avons propagé les principes de la Commune à plusieurs reprises, mais le 25 avril, jour de la célébration de la « Révolution des œillets », en démontrant par l’exemple de la Commune que le 25 était un coup d’État militaire, nous avons lutté contre la collaboration de classe et avons trouvé l’approbation ! La Commune de Paris nous a montré la nécessité de renverser le capitalisme par la révolution socialiste, car l’État bourgeois ne peut pas simplement être réformé ou subjugué par le peuple. Au Portugal, le 25 avril 1974 a montré qu’il n’existe pas d’État neutre du point de vue des classes et que ce qui s’est passé ici était une situation révolutionnaire avec une brève vacance du pouvoir où, à aucun moment, la classe ouvrière n’a été au pouvoir. La bourgeoisie était au pouvoir, le fascisme a été renversé, mais la bourgeoisie est restée au pouvoir. Marx et Engels ont tiré de la Commune de Paris la leçon que, concernant l’État, « les révolutionnaires doivent l’écraser. » La Commune, qui a créé le premier gouvernement ouvrier, la première dictature du prolétariat – la démocratie des travailleurs et du peuple – est devenue le modèle du parlementarisme prolétarien.

    La Commune de Paris a donc été un séisme qui visait non seulement la liberté bourgeoise, comme dans la soi-disant « Révolution des œillets », mais aussi une nouvelle société socialiste et internationaliste. Bien que de courte durée, elle a constitué une rupture importante que les révolutionnaires ont pu réaliser afin d’établir leur propre ordre. En construisant un nouvel État et en résolvant les problèmes sociaux, la Commune de Paris a inspiré Marx et Engels, qui l’ont soutenue et en ont tiré les leçons. Lénine et Staline l’ont mise en pratique avec la Révolution d’octobre et Mao Tsé-Tung dans la fondation de la République populaire de Chine.

    Avec Karl Marx, nous disons : « Le Paris des travailleurs, avec sa commune, sera célébré à jamais comme le glorieux présage d’une société nouvelle », libérée de la dictature des exploiteurs, des capitalistes, fossoyeurs du progrès humain. Vive la Commune de Paris !

    Comme dans la Commune de Paris, luttons pour nous débarrasser une fois pour toutes des crises capitalistes et de leurs conséquences, luttons pour la révolution socialiste internationale. La rébellion est justifiée !

    La révolution de la Commune de Paris est un exemple brillant, d’une alternative sociale fondamentale au capitalisme en crise et au système impérialiste mondial. Pour le vrai socialisme !

    Gloire éternelle aux martyrs prolétariens tombés pour la défense de la Commune de Paris ! Vive l’internationalisme prolétarien !

    En avant avec ICOR ! En avant avec la révolution socialiste internationale !

  • ICOR: Nous sommes aux côtés des femmes qui défendent la Convention d’Istanbul !

    ICOR: Nous sommes aux côtés des femmes qui défendent la Convention d’Istanbul !

    « Nous n’allons pas nous taire – nous n’allons pas céder »

    Depuis des années, la lutte pour la libération des femmes ainsi que la lutte contre contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression millénaires que subissent les masses féminines ne cessent de croître dans le monde entier. Les moyens de cette lutte sont de plus en plus diversifiés et les masses qui descendent dans la rue contre les violences faites aux femmes et aux LGBTI+, contre les inégalités salariales, les interdictions du droit à l’avortement deviennent de plus en plus nombreuses. La nature globale de l’exploitation et de l’oppression de la femme par l’ordre de l’État et de la famille féodal, fasciste et bourgeois devient de plus en plus visible, ce qui fait augmenter considérablement la conscience des masses sur l’oppression sexiste et ses causes. En conséquence, l’ordre social capitaliste dans son ensemble est de plus en plus remis en question et la recherche d’une alternative de la femme libérée dans une société libérée se développe clairement. Les mouvements de masse des femmes contre la violence à l’égard des femmes, des ouvrières comme par exemple les ouvrières du textile, la lutte contre l’oppression et le viol terroristes et contre-révolutionnaires des combattantes et des femmes révolutionnaires sont parmi les mouvements de masse les plus forts du monde.

    Les dirigeants s’y opposent de toutes leurs forces, ils s’attaquant aux droits combattus par les femmes et répondent par une réaction patriarcale aux revendications légitimes de liberté, d’égalité et de justice. Ainsi, la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe, un accord d’États bourgeois qui établit des normes juridiques pour la protection des femmes contre la violence avec un effet contraignant, est devenue un important enjeu de lutte des femmes. En juillet 2020, il a été annoncé que la Pologne se retirerait de la Convention d’Istanbul. La Turquie, premier signataire de la Convention d’Istanbul, s’est retirée de l’accord international du jour au lendemain, le 20 mars 2021, par décret d’Erdoğan.

    Dans ces deux pays, les femmes se mobilisent depuis des années résolument pour leurs droits, opposant une énorme résistance aux attaques patriarcales, réactionnaires, fascisants et fascistes et à la répression de leurs États. En Pologne, par exemple, les femmes luttent contre les politiques anti-femmes du parti PiS au pouvoir qui, outre le droit à l’avortement, s’attaque aussi aux droits fondamentaux des femmes afin de protéger l’ordre familial bourgeois. Aussi sous Erdoğan, l’actuel représentant de l’État fasciste, les femmes en Turquie sont toujours repoussées dans le rôle traditionnel au sein de la famille. La violence contre les femmes et la maltraitance des enfants sont encouragées par une politique d’impunité. Les LGBTI+ sont particulièrement visés par une nouvelle vague de répressions. Sans aucun doute, la Convention d’Istanbul est aussi un acquis démocratico-bourgeois de la lutte inlassable des femmes pour l’égalité en droits et l’autodétermination. La résistance des femmes en Pologne comme en Turquie est un signal important pour toutes les femmes de ce monde. Car seule une lutte déterminée et unie permettra de repousser les attaques des dirigeants et d’obtenir de nouveaux droits. Leurs actions montrent clairement que la lutte pour la libération de la femme est une partie indispensable et une échelle des luttes révolutionnaires.

    En tant qu’ICOR, nous sommes solidaires de toutes les femmes qui luttent pour que la Convention d’Istanbul reste en vigueur, et soit appliquée dans leurs pays, et nous appelons à exprimer cette solidarité par toutes formes d’action et de protestation sur tous les continents jusqu’au 1er juillet. Nous exigeons également que les États qui n’ont pas encore signé la Convention d’Istanbul la signent ou à la ratifient (par exemple la Russie, la Bielorussie, l’Ukraine). Cet appel est là non pas pour une lutte pour un bout de papier signé, mais comme lutte contre la violence à l’égard des femmes, pour une vie d’autodétermination et de dignité et un avenir sans exploitation ni oppression, et pour renforcer les formes d’organisation des femmes. Nous soutenons les femmes en Turquie qui appellent à arrêter la vie sociale et à se battre pour leurs revendications. Nous saluons les femmes du monde entier qui résistent et nous crions : Les femmes qui luttent sont des femmes qui vivent !

    En tant que femmes, ensemble avec les ouvriers, les jeunes, les écologistes, les défenseurs des droits de l’homme, nous allons bouleverser le système de manière révolutionnaire !

    Femmes signataires initiales – femmes de partis de l’ICOR et d’organisations de masse des femmes liées à elles :

    • Afrique du Sud: Gloria Mgaju et Margaret Tini, Abanqobi Women Together.
    • Australie:Alice M., Vice-chairperson, CPA (M-L) – Parti Communiste d’Australie (marxiste-léniniste), Louisa L., Vice-chairperson, CPA (M-L) – Parti Communiste d’Australie (marxiste-léniniste)
    • Allemagne : Gabi Fechtner, Présidente du MLPD – Parti Marxiste-Léniniste d’Allemagne
    • Inde : Camarade Pramila, Présidente de AIRWO – All India Revolutionary Women’s Organisation.
    • Maroc : Meriam Chhaibi et Btissam – MMLPL – Marxistes-Léninistes Marocains – Ligne Prolétarienne
    • Népal: Camarade. Durga Paudel et la camarade Mina Pun, présidente de l’ANWA, All Nepal Women’s Association
    • Portugal : Ana Vomhof, femme combative de UMLP – Union Marxiste-Léniniste Portugaise
    • Tunisie : Comité des femmes Latifa Taamalah, PPDS – Parti Patriotique Démocratique Socialiste de Tunisie – Nesrine Gharbi, membre du Bureau Politique et responsable des femmes, Amira Dallech responsable de la coordination au plan mondial et avec la Coordination Européenne des femmes et pour le procès de la prochaine Conférence mondiale des femmes en Tunisie
    • Ukraine : Alina et les femmes de KSRD – Conseil de coordination du mouvement ouvrier
    • Uruguay : Front des femmes du PCR-U – Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay

    Signataires (en date du 29/6 2021, d’autres signataires sont possibles):

    1. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    2. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    3. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    4. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    5. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    6. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    7. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    8. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    9. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    10. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    11. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    12. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    13. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    14. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    15. UC Unité Communiste, France
    16. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    17. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    18. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    19. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    20. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    21. RMP Российская маоистская партия (Rossijskaya maoistskaya partiya) (Parti maoïste russe)
    22. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    23. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    24. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    25. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    26. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    27. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    28. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    29. PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)
    30. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    31. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)

  • Pour une écologie totale.

    Pour une écologie totale.

    49,5 C° au Canada. Une température invivable, qui cause plusieurs centaines de mort par jours. A Vancouver ou a Portland, villes plutôt tempérées, le mercure est monté à 20 C° de plus que les normales saisonnières. Les routes se fissurent, le ballast des voies de chemin de fer fond, les peintures cloquent et les gens souffrent. Des centres de rafraîchissement s’ouvrent dans le pays, pour tenter de compenser cette situation.

    49,5, un record de température absolu, au dessus même du record détenu dans une ville d’Amérique du Nord, à Las Vegas, dans le désert du Nevada. Des chiffres terrifiants, mais un record qui ne durera pas.

    Si le réchauffement climatique n’a pas causé directement ce blocage atmosphérique, il amplifie démesurément les phénomènes climatiques extrêmes. Il est ainsi responsable de l’appel d’air polaire qui a touché le Texas au printemps, mais également des tornades en Europe. L’entropie, la tendance au chaos, se développe.

    Dans un précédent article, nous évoquions ce climat mauvais, tant physique que politique. Mais une réalité saute aux yeux.

    Une nouvelle ère s’ouvre : celle des changements climatiques majeurs.

    Pendant longtemps, l’écologie a été traité publiquement comme une lubie. Elle était vue uniquement sous un angle de protection patrimoniale de la nature, avec la mise en avant d’espèces animales symbole, comme le Panda, le Tigre de Sibérie ou le Rhinocéros blanc. La VIe extinction de masse est une réalité, mais nous avons même dépassé cette étape. La question se pose désormais sur la possibilité pour l’humanité elle même de se maintenir. Avec la publication du nouveau rapport du GIEC, nous savons que les réductions jugées nécessaires et vitales n’ont pas été atteintes. Nous faisons face aux conséquences de nos inconséquences.

    Aujourd’hui, faire face au dégâts du passé et du présent est une question d’avenir. Une question centrale, cruciale. A l’ordre du jour, c’est la lutte pour protéger les moyens de vivre et même de survivre. Parler d’écologie, aujourd’hui, c’est parler de la lutte pour la survie de l’humanité. Car la planète, les écosystèmes, la nature, survivra. Nous, en tant que civilisation, en tant qu’espèce, non.

    Il faut le dire, nous sommes la première génération à nous poser la question de notre survie en tant qu’espèce. Par le passé, la peur des maladies et des famines étaient des peurs qui concernaient un village, un pays, un continent. La peur du feu nucléaire, pendant la Guerre Froide, était la peur d’un holocauste déclenché par la folie militaire. Mais aujourd’hui, c’est l’activité « normale » de notre société qui creuse notre tombeau.

    La lutte pour l’écologie devient une lutte à mort, avec d’immenses obstacles.

    Pourquoi parler d’écologie totale ? Car, trop souvent, les courants écologistes se limite à effleurer le problème. Ils le limitent à l’initiative individuelle et au volontarisme. Cette action, positive, irremplaçable elle aussi, n’en est pas moins entravée et limitée.

    Elle s’intéresse à la consommation et aux modes de vies. Donc à des aspects du problème qui, si nous étions réellement libres de nos choix, pourraient suffire. Mais notre mode de vie est il libre ? Non. Il est étroitement dicté par un système économique coercitif, écrasant, qui nous impose des choix.

    Dans la course au profit maximal, dans la course à l’argent, au capital, à la concurrence, ceux et celles qui possèdent les moyens de production ont un pouvoir immense. Tandis que eux se goinfrent de profits (et d’ailleurs les 1 % les plus riches émettent 66 fois plus de CO2 que les 10 % les plus pauvres) ils imposent des salaires de misère à de très larges pans de la société, voire du monde. Pour ceux-ci, l’écologie se traduit soit par des sacrifices, soit par une simple impossibilité de faire autrement. Voitures polluantes, aliments transformés et hyper-caloriques…En somme, il faut tenir jusqu’au lendemain, même si celui-ci est toujours plus exposé à des conditions dramatiques.

    Les pays du Nord ont d’ailleurs beau jeu de critiquer la Chine ou l’Inde pour leurs choix énergétiques : ces pays produisent pour eux, sous leurs ordres et leurs commandes. Ils produisent pour leurs marchés. C’est la pollution des riches qui se transfère là encore vers les plus pauvres.

    Les exploiteurs n’exploitent pas que les hommes, les femmes, les enfants. Ils exploitent, surexploitent, la nature. Leur attitude de prédation vis-à-vis des ressources naturelles est simple : soit ils l’exploitent, soit, s’ils ne l’exploitent pas, ils courent le risque de voir d’autres le faire. Prisonnière de ce « dilemme du prisonnier » constant, la bourgeoisie, en guerre contre elle-même, ravage tout. Ils ont sûrement conscience des dégâts qui sont causés, mais ils se défaussent de leurs responsabilités, et le poids de cette guerre entre cliques est tel qu’elle les contraint à ravager toujours plus.

    Et lorsque des lois sont prises, soit ils s’arrangent pour qu’elles soient payées par les autres, par les plus pauvres, qui doivent encore ronger sur leurs petits revenus, soit ils les transgressent allégrement.

    Quant aux miracles de la géo-ingénierie et des ruptures technologiques, comme la voiture électrique, c’est le serpent qui se mord la queue : il faut des terres rares, des matériaux précieux, polluants à extraire. Cela entraînera aussi un nouveau partage par la force du monde. Notre électricité vient de notre domination des mines du Niger. Nos matériaux précieux sont responsables de la guerre du Congo. Pour le Coltran, on estime que 607 000 personnes ont perdu la vie. La réalité est qu’il n’existe aucune quadrature de cercle, aucun miracle possible sous le capitalisme.

    D’ailleurs le capitalisme et ses relais politiques sont fondamentalement hostiles à l’écologie réelle. C’est un argument qui revient sans cesse : des discours qui fustigent déjà la moindre piste cyclable, l’abandon d’un aéroport, les changements d’énergie. Cette écologie serait contraignante, punitive. Les partis les plus démagogiques, les plus répugnants, tels les Patriotes de Florian Philippot, qui essaie d’exister en faisant campagne contre les mesures de santé publique, se revendiquent de l’anti-écologie.

    Pour eux, l’écologie est même, c’est la le terme qui revient toujours davantage, totalitaire. C’est également le fond de la pensée des franges les plus réactionnaires du grand patronat. A leurs yeux elle est totalitaire car, pour la première fois de leur existence, ils sont contraints. Eux qui échappent à la loi, à la justice, dont les dynasties ont traversés les guerres sans perdre plus que quelques plumes, ils rejettent l’idée qu’on puisse brider leur style de vie, leur goût du luxe, et, surtout, leurs profits.

    Le fil du rasoir.

    Ont-ils vraiment tort ? Toute solution écologique ne peut être que intégrale et totale, c’est à dire concerner l’ensemble de la société et s’appliquer à toutes et tous, sans passe droits. Les fascistes de l’Action Française ont employé ce mot dans leur propagande. Derrière, c’est le néant. Pour eux, cette intégralité consiste en un repli localiste, en des solutions de petite échelle, passéistes, minables. L’Église catholique, par la voix pontificale, en a donné une définition plus juste. Celle d’une solution universelle qui englobe l’humanité. Mais notre vision à nous est différente encore. Elle est universelle, elle aussi, mais surtout elle est populaire et démocratique. Enfin, elle doit tracer la voie vers un avenir pour l’humanité qui ne soit pas juste une contemplation, mais bien quelque chose de supérieur.

    La clé du contrôle n’est pas la consommation mais la production. Et ce contrôle passe par un contrôle politique absolu, réalisé par les pans les plus larges de la société, et particulièrement, centralement par ceux et celles qui n’ont rien à gagner à l’exploitation des autres : les exploités. d’avoir notre vie entre les mains de personnes qui nous mettent constamment en danger par leurs frénésie de profit.

    Cette souveraineté populaire absolue, qui est au centre de l’œuvre de Rousseau, est la seule voie pour permettre de diriger réellement l’économie. Et même de l’abolir ! Nous ne pouvons accepter

    Pour Marx, le communisme n’est pas une nouvelle économie, c’est, au contraire, la fin de l’économie. A l’exploitation forcenée des ressources naturelles et des hommes doit répondre un nouveau mode d’organisation. A cela, Marx substitue un système de gestion des richesses, lesquelles sont produites de manière planifiée en tenant compte à la fois des besoins matériels et culturels de la population, mais également de la capacité de régénération de la Terre et de son écosystème. Au lieu d’une exploitation maximale, c’est une harmonie qui est mise en place entre l’Homme en tant qu’espèce et la nature. C’est l’intégration de l’humanité dans un espace que la dépasse, et vers lequel elle a une responsabilité : la biosphère. L’ensemble des écosystèmes, la sphère de la vie.

    Nous pouvons non seulement stopper la machine infernale, mais nous pouvons aussi dessiner un avenir positif.

    Il est devenu presque grotesque de parler d’avenir. Pourtant, nous pouvons en présenter un qui ne soit pas une dystopie fasciste ou une catastrophe. Nous pouvons être porteur de cet avenir.

    Cela ne signifie pas moins de richesses matérielles ou culturelles pour la très large majorité de la population mondiale, et même des pays riches. Cela signifie mieux : des objets durables, des produits sains, une culture qui ne repose plus que sur des injonctions à la possession.

    Une reconfiguration des réseaux de transport, des manières de produire et des manières de vivre. Retrouver une vraie liberté, celle ne plus être soumis à des injonctions à posséder des choses qui nous possèdent.

    Le capitalisme a fait de la possession d’objets d’apparat un marqueur social de la réussite. Or, ce sont de bien piètres palliatifs à la vraie richesse et le véritable épanouissement : celui de l’interaction sociale, de l’interaction avec la nature, de la Culture avec une majuscule, de possessions utilitaires qui échappent aux obsolescences programmées. La possibilité d’investir largement dans la recherche, de libérer les cerveaux, d’avancer ensemble, vers l’avenir. Un avenir qui se dessine aussi par la possibilité de quitter notre berceau terrestre.

    En somme une vraie liberté : celle de la fin de cette angoisse de l’anéantissement par notre rapacité.

    Une longue route nous attends. Mais nous devons l’arpenter. Nous devons être organisés, soudés, prêts à faire face à ces défis d’avenir. Ceux et celles qui veulent faire ce chemin avec nous peuvent venir travailler avec nous et nous rejoindre ! Ensemble, élaborons un programme d’avenir ! Nous avons besoin d’une écologie totale, mise en œuvre par une souveraineté populaire absolue.

  • ICOR: Suppression de la protection par brevet des vaccins

    ICOR: Suppression de la protection par brevet des vaccins

    Pour une campagne de vaccination mondiale aux frais des multinationales

    En décembre 2020 déjà, l’ICOR a exigé la distribution démocratique et juste des vaccins. Aujourd’hui, on compte près de 90 doses de vaccin pour 100 habitants dans des pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni, et seulement environ 15 doses de vaccin pour 100 habitants dans les pays plus pauvres. La pandémie continue d’enfler. Seuls 21 % de la population mondiale ont été vaccinés. Les pays riches ont déjà vacciné 50 % de la population, de nombreux pays pauvres n’ont pu en vacciner que 2 % (par exemple l’Afrique). Alors que des pays comme l’Inde sont au milieu de la deuxième vague, d’autres pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine y sont probablement encore confrontés.

    Le monde est aujourd’hui confronté à une pandémie comme jamais auparavant. La vaccination de masse est la principale méthode pour sortir de la pandémie. La pandémie n’a pas été causée par les travailleurs et les ouvriers. La destruction et l’empoisonnement de l’environnement, le changement climatique, la surexploitation et les conditions de logement opprimées, souvent combinées à de mauvaises conditions sanitaires sont des facteurs qui augmentent la fréquence des infections, les cours graves et les décès. C’est donc l’impérialisme qui est à blâmer, avec sa soif insatiable de profit. Les masses ne peuvent pas être chargées des conséquences d’une telle destruction gratuite de notre terre par le système capitaliste international. Notre demande immédiate à l’heure actuelle est une vaccination gratuite et efficace pour tous les habitants du monde, dès maintenant et aux dépens des sociétés internationales qui sont principalement responsables de cette destruction de l’environnement et qui en ont profité.

    Nous demandons que toutes les données et recherches relatives à la vaccination contre le COVID-19 soient mises à disposition et que chacun ait le droit de développer des vaccins basés sur ces données.

    Nous exigeons que tous les vaccins qui ont été suffisamment testés scientifiquement et qui sont sûrs soient immédiatement approuvés pour être utilisés. Nous ne resterons pas sans rien faire pendant que les politiques de vaccination malavisées de la classe dirigeante tuent des gens.

    Nous exigeons une vaccination rapide et mondiale au détriment des profits des sur-monopoles internationaux !

    Nous exigeons l’abolition du droit des brevets sur les vaccins et toutes les substances au service de la santé !

    Nous demandons que les appareils médicaux et les médicaments nécessaires au traitement de la COVID-19 soient mis à disposition partout dans le monde.

    Nous appelons les travailleurs et les masses laborieuses du monde entier à diffuser ces revendications et à lutter pour elles par tous les moyens nécessaires.

    Sous l’impérialisme, c’est le profit qui compte, pas les êtres humains, ce qui ne changera fondamentalement que sous le socialisme et le communisme.

    Cette pandémie montre une fois de plus que l’impérialisme apporte la barbarie.

    Signataires (en date du 20/06 2021, d’autres signataires sont possibles) :

    1. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    2. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    3. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    4. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    5. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    6. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    7. SPB Socialist Party of Bangladesh (Parti socialiste du Bangladesh)
    8. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    9. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    10. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    11. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    12. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    13. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    14. UC Unité Communiste, France
    15. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    16. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    17. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    18. RMP Российская маоистская партия (Rossijskaya maoistskaya partiya) (Parti maoïste russe)
    19. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    20. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    21. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    22. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    23. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    24. NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)
    25. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    26. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    27. PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)
    28. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    29. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    30. PS-GdT Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela

  • Blanquer veut encore modifier les modalités du Bac.

    Blanquer veut encore modifier les modalités du Bac.

    Depuis 3 ans, les cafouillages et les oppositions (grève des corrections, pandémie, pandémie-bis), n’ont pas découragé le ministère. Au contraire, il veut accentuer encore la transformation du Bac à l’ancienne en Nouveau Bac.

    Qu’est-ce que le « nouveau bac » ?

    L’ancien était déjà inégalitaire, car sanctionnant dans un cadre inégalitaire, une culture bourgeoise et petite bourgeoise. Cependant, le nouveau, malgré un maquillage démagogique, ne règle rien. Il accroît ces problèmes.

    Il est constitué d’un mix entre contrôle continu et épreuve terminale, ainsi que d’une épreuve mal définie, le Grand Oral. Une épreuve qui incarne d’ailleurs parfaitement les fantasmes très IIIe République de Blanquer. Une vision d’ailleurs paradoxale. Elle met en avant le visage austère et sévère de l’instituteur, du Hussard Noir, tout en sapant objectivement toute autorité à ceux-ci et celles-ci, les réduisant au rang de prestataire de service.

    Le contrôle continu vient remplacer l’épreuve finale d’une manière toujours plus importante. Les épreuves communes (E3C) sont d’ailleurs en voie d’être supprimées. C’est une étape de plus vers un bac uniquement au contrôle continu, uniquement symbolique.

    Est-ce bien ou non ?

    Si, à l’échelle individuelle, le contrôle continu peut séduire (après tout, n’est il pas plus représentatif des élèves ?), il pose une série de problèmes profonds.

    Des conséquences funestes.

    1) Les notes sont toujours relatives à l’appréciation du professeur ou de la professeure. Un contrôle continu efficace demanderait une harmonisation des pratiques et des évaluations, et donc une entrave à la liberté pédagogique. Ce bac est un asséchement. Le lycée se transforme en gare de triage pour le supérieur. L’épée de Damoclès de Parcoursup est au-dessus de toutes les têtes : son fonctionnement inégalitaire devient un couperet tranchant.

    2) Le cours n’est plus un lieu d’expérimentation : c’est un lieu de notation. Si le bachotage est négatif, le fait de supprimer le lieu d’apprentissage qu’est le cours est tout aussi problématique, voire pire. Il fait reposer un poids énorme sur les épaules des élèves. Aujourd’hui, les évaluations sur table sont juridiquement des examens. La triche peut être sanctionnée par des interdictions de concours.

    3) Du fait de cette pression liées aux notes, les enseignants et enseignantes sont soumis à une pression réciproque. Cela accroît leur rôle de prestataire de service, subissant les assauts des parents d’élèves et de la direction de l’établissement. Plusieurs cas ont été recensés de modifications unilatérales des notes ou des appréciations par les directions, pour répondre aux désirs des parents. C’est quelque chose qui augmente aussi les risques de corruption ou de menaces.

    4) Le contrôle continu donne aussi au Bac une valeur de baccalauréat d’établissement. C’est déjà en partie vraie actuellement, mais cela s’accroît davantage. Un 15/20 de lycée de centre-ville et un 15/20 de lycée de banlieue n’ont pas la même valeur pour les recruteurs du supérieur. Cela pour le grand bonheur des agences de notation et d’évaluation. Ce sont des conceptions qui sortent tout droit du cerveau des « grands penseurs » du libéralisme tels que Rosanvallon1, lesquels considèrent que les agences sont l’avenir.

    5) Le fait que les bacs n’aient plus une valeur référence accordée par le caractère national de l’épreuve les rends donc aussi juridiquement plus précaires. Or, la valeur du diplôme joue un rôle dans la création de normes de travail. Si les bacs et les diplômes du supérieur sont des diplômes d’établissement, ils mettent en péril leur reconnaissance dans les conventions collectives, voire l’existence de celles-ci. Cette offensive sur le monde du travail est passée complètement inaperçue alors qu’elle est centrale. La génération des « bacs maudits » sera non seulement sous-payée par rapport à sa qualification, mais entraînera mécaniquement une mise en concurrence intergénérationnelle tout comme un nivellement par le bas des salaires.

    6) La gestion par établissement du bac rentre aussi dans un processus d’autonomisation progressive des établissements scolaires. Les bacs à options créent une cacophonie au niveau de la gestion des personnels enseignants dans les établissements. Ils produisent progressivement une décantation dans les choix des options, avec plusieurs effets :

    • Des rationalisations dans les établissements, avec la disparition de certaines matières.
    • Des « Yalta de l’enseignement » avec la création de lycées Littéraires, de Lycées Scientifiques… qui se partageront les élèves.
    • Une gestion par établissement des recrutements, avec la multiplication des postes à profil, accentuant le recours aux contractuels et la défonctionnarisation de la profession.
    • Cette privatisation en catimini des établissements scolaires les met aussi en concurrence. Les lycées les plus prestigieux pourront débaucher les personnels les plus qualifier, tandis que les plus difficiles seront encore désavantagés2.

    Ces projets ne sont pas accidentels. Ils sont issus d’une longue réflexion. Blanquer reprend les grandes lignes du projet d’autonomie des lycées lancé par Fillon il y a 15 ans. Ce projet avait avorté face à l’opposition particulièrement forte du corps enseignant et des élèves. Cependant, le rapport en force, en 2005, était nettement plus favorable, et, à force de matraquage médiatique, les autonomisations entrent dans les mœurs. Mais ce n’est pas pour autant une fatalité !

    Défendre un Bac plus juste est une lutte complexe. Nous ne sommes pas des conservateurs qui nous arc-boutons en fantasmant sur l’ancien mode d’évaluation. Nous pensons que l’avenir n’est pas le passé, mais quelque chose de différent, de supérieur.

    Nous luttons pour une éducation gratuite, critique, laïque et populaire. Une partie ce cette transformation peut être réalisée par les luttes sous le système capitaliste : une éducation dotée largement en moyens, permettant de réduire les inégalités sociales et offrant la possibilité aux élèves d’avoir un épanouissement intellectuel en culturel en plus d’une formation professionnelle. Le fait aussi de ne plus être une succursale des entreprises : ce sont à elles de payer pour former leurs employés, et non à l’éducation de devenir des fournisseurs en main d’œuvre à usage unique. Cette partie demande un investissement dans les luttes et les syndicats combatifs. Les luttes lycéennes et étudiantes, écrasées par les forces de l’ordre, sapées par les fermetures administratives, doivent fleurir à nouveau !

    La seconde, celle qui permettra réellement de faire de l’école un lieu d’émancipation, un lieu de formation continue et d’épanouissement réel, demande un bouleversement complet de la société. Il demande de revoir en détail le lien entre éducation et travail, et de considérer que celle-ci n’est pas juste une étape, mais est bien quelque chose qui se réalise tout au long de la vie. Nous sommes pour une école ouverte sur la société, qui donne à chacun la possibilité de reprendre des études, une formation, de retrouver un cadre éducatif pour découvrir de nouvelles choses, de nouvelles thématiques, et de trouver ses passions et ses talents.

    Pour que cette vision ne reste pas utopique : s’engager est une nécessité, lutter est une obligation !

    1Un des grands gourous de Science Po.

    2Il ne faut pas nier que c’est déjà le cas. Les études démontrent que les lycées les plus riches ont les enseignants les mieux payés (du fait de l’ancienneté, mais aussi du cumul des fonctions).

    A lire aussi :

    https://unitecommuniste.com/france/stoppons-parcoursup-le-nouveau-bac-la-selection/
  • Les articles de l’Unité Communiste sont désormais disponibles en podcast.

    Les articles de l’Unité Communiste sont désormais disponibles en podcast.

    Depuis maintenant 5 ans, l’Unité Communiste écrit et partage ses analyses et ses positions sur l’histoire, l’actualité, les débats politiques et les perspectives du mouvement communiste en France et dans le monde sous forme d’articles et de brochures répertorié sur notre site.

    Cependant, nous sommes conscients et conscientes des limitations de ce média et c’est pourquoi nous souhaitons nous ouvrir à un nouveau mode de diffusion. La lecture est une activité qui demande un effort sérieux pour nombre de personnes pour des raisons tant d’origine socio-économique que de santé (dyslexiques ou dysorthographiques, victimes de TDAH ou encore malvoyants et malvoyantes).

    Or, nous souhaitons pouvoir partager et échanger de la manière la plus large possible sur les sujets nous tenant à cœur en tant que militants et militantes communiste. Il s’agit non seulement de diffuser nos conceptions ou de vulgariser des savoirs, mais aussi d’ouvrir et de participer à des débats que nous jugeons essentiel dans la perspective, premièrement, du développement de synthèses théoriques et idéologiques et, deuxièmement, de la reconstruction d’une unité politique dans notre camp.

    C’est pour cela que nous entreprenons de mettre à disposition nos contenus sous forme de podcast sur notre Soundcloud et prochainement sur notre chaîne Youtube.

    Est déjà en ligne, la version audio de nos articles sur Papacito et le fascisme internet.

    Nous sommes ouverts et ouvertes aux retours, tant sur la forme que sur le fond, dans les commentaires ou sur notre boite mail : unite.communiste.lyon@gmail.com

  • Mauvais climat.

    Mauvais climat.

    Le temps est franchement mauvais en France et ailleurs. Ces nuages noirs sont à la fois physiques et métaphoriques.

    A Lyon, nous avons pu voir que les phénomènes extrêmes sont de plus en plus fréquents. Torrents de pluie, inondation et orage de grêle ont frappé la région. A Annonay, en Ardèche, une tornade a pu être observée en train de se former. Heureusement sans conséquence. Mais d’autres n’ont pas eu cette chance.

    En revanche, en République Tchèque, c’est même une tornade qui s’est formée, ravageant le village de Hrusky, causant 3 morts et 60 blessés. Des vents de 322 km/h ont été relevés. Le maire du village a ainsi déclaré : « C’est l’enfer sur terre ». D’autres phénomènes du même genre ont frappé le reste de l’Europe centrale. L’Europe découvre un climat de mousson inconnu habituellement.

    Beaucoup plus au sud, le glacier Thwaites suscite une inquiétude importante. Il est le rempart qui protège toute une partie de l’Antarctique du dégel. Ce monstre se détache progressivement sous l’influence de courants chauds, lesquels sapent les attaches qui le relient au fond marin. A lui seul, il pourrait représenter une hausse de 65cm du niveau des océans. Ces éléments épars sont l’expression d’un phénomène d’ampleur dont on ne peut ignorer l’existence. Le réchauffement climatique n’est plus une abstraction, il est une réalité visible, qui s’accélère.

    Le GIEC (Groupe Indépendant d’Étude sur le Climat) vient d’ailleurs de rendre un rapport à l’ONU. Ce rapport est terrifiant puisqu’il laisse entendre que les possibilités de survie de l’humanité sont en train d’être atteintes. Le rapport est laconique : « La vie sur Terre peut se remettre d’un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L’humanité ne le peut pas. » Tous les compartiments de la vie sont atteints. Accès à l’eau douce, accès à l’alimentation, protection contre les chaleurs…Mais aussi pauvreté, faim, maladies… Le rapport se conclut ainsi : « Nous avons besoin d’une transformation radicale des processus et des comportements à tous les niveaux: individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernement.« 

    Nous sommes donc, en plus de la pandémie toujours active, toujours capable de rebondir, face à des enjeux immenses, écrasants. Des enjeux qui sont centraux par rapport à notre avenir. Mais des enjeux qui, à l’heure actuelle, peine à trouver leur place. Il suffit pour cela de regarder la vie politique française, elle aussi saturée de nuages noirs.

    Entre deux tours.

    Quelles élections passionnent moins que les régionales ? Peut-être les européennes, et encore. Avec une abstention entre 65 et 85 %, beaucoup ont boudé l’offre politique faite pour le renouvellement des régions. Il faut dire qu’elles ont été peu médiatisées, que les enjeux sont méconnus, mais également que l’offre politique est massivement rejetée par les électeurs et électrices.

    Mais, cela n’empêche pas celles-ci d’avoir une certaine importance : elles les régions possèdent certaines prérogatives politiques et économiques locales. Elles sont aussi un moyen pour les partis d’engranger de l’argent et de posséder des voix en plus pour les sénatoriales. Pour nous, qui sommes dans une posture extra-parlementaire, elles sont une chambre d’écho des stratégies des organisations parlementaristes.

    Or, aujourd’hui, qu’observons nous ? Nous pouvons voir que l’implantation de l’extrême-droite reste relativement fragile, faute de relais locaux. Ce n’est pas négatif. En revanche, nous voyons aussi un climat politique particulièrement violent. Dans certains cas, on entend même des discours qu’on aurait cru remisés depuis la fin de la Guerre Froide. Ainsi, en Île de France, où la coalition PS-EELV-LFI pourrait l’emporter, bon nombre de personnalités sont montés au créneau. Des anciens PS, comme Manuel Valls ou Jean-Paul Huchon ont appelé à voter pour la candidate LR Valérie Pécresse pour empêcher la victoire de «gens irresponsables, irréfléchis et beaucoup trop idéologues». Pour l’ancien ministre de l’intérieur, revenu de l’extérieur, s’allier à Jean-Luc Mélenchon, lui-même ex-PS, est une « faute morale ».

    Pour Valls, cette liste est toxique car elle condense «les ambiguïtés, les compromissions de membres des listes de La France insoumise en Ile-de-France avec l’islamisme, par rapport à la lutte contre l’antisémitisme, au soutien aux policiers, sur la laïcité». Nous en sommes presque revenus à 1972 et la menace du totalitarisme lorsque Mitterrand était candidat de la gauche parlementaire coalisée. En revanche, Jean Sol, candidat de LR aux élections départementales, est prêt à travailler avec le RN. Cela ne choque plus. De toute manière, il devient difficile de discerner, dans l’application des politiques, la séparation entre droite classique et extrême.

    Cette médiocrité des discours, ces invectives paranoïdes, contribuent a alimenter un climat d’ensauvagement. Nous employons ce terme à dessein. Il fait partie désormais du vocabulaire d’un ministre de l’Intérieur sans vergogne. Dans sa bouche, il sert à montrer que la société est devenue plus violente, et qu’il faut la gérer par des expéditions punitives. A ses yeux, le RN est devenu mou, et il se fait fort de le remplacer. Et cela même si c’est le sentiment, et bien le sentiment, d’insécurité qui a augmenté, et non les violences.

    Nous, nous l’employons dans un autre sens, dans celui qu’employait Aimé Césaire.

    « Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral […] il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. »

    Cet ensauvagement n’est pas celui de « classes dangereuses » qui se démènent et qui s’émeutent. Il est celui d’élites intellectuelles, de penseurs, de philosophes, de politiciens, chez qui l’idée d’une gestion militaire des choses fait son chemin. Il est dans l’acceptation d’une gestion par l’expédition punitive, par la police à la coloniale.

    Brutalité et violence.

    Faire la liste de toutes les violences d’État serait terriblement fastidieux. Nous ne prendrons que deux exemples : la rave de Redon et l’agression raciste de Dole.

    Concernant la première, nous ne partageons pas particulièrement les conceptions sur la « libération par la fête ». Nous comprenons le désir de liberté après cette période de confinement, mais nous ne pensons pas que ce mode opératoire permette d’en gagner de nouvelles. Et surtout de transformer la société, car certains organisateurs se comportent parfois avec des attitudes de boutiquiers. Mais la question n’est pas là.

    L’intervention des forces de l’ordre a été particulièrement brutale. Elle a dépassé largement le cadre permis par la loi. Au delà de ça, les gendarmes se sont livrés à des actions extra-légales, notamment la destruction, sous les yeux des caméras, du matériel de son. C’est une pratique illégale dont le but n’est pas d’assurer le maintien de l’ordre, mais bien de détruire, de manière très clausewitzienne, les capacités matérielles à morales de l’adversaire. Il en est de même dans certaines pratiques répressives, nous pensons aux antifascistes Lyonnais il y a quelques années, qui ont vu leur matériel militant et leurs bibliothèques détruites. Il s’agit là d’une méthode qui possède des caractéristiques terroristes.

    Dans le cas de l’agression raciste de Dole, nous avons une dimension supplémentaire qui est franchie. C’est la justice elle-même qui a mis en accusation un homme d’origine nord-Africaine sur lequel un individu a foncé en voiture, dans le but manifeste de le tuer. Il est désormais inculpé de dégradation volontaire sur la voiture de son agresseur. Décidément, un sale temps règne.

    Dans une dimension plus internationale, ces tensions et ces brutalités se retrouvent largement. Nous avons pu ainsi voir la marine russe tirer des coups de semonce sur des navires anglais au large de la Crimée. De même, l’armée française modifie progressivement sa doctrine pour intégrer à nouveau des opérations symétriques. Cela va de paire avec une militarisation de la société, dans laquelle le SNU (Service National Universel) joue un rôle central : il permet une reprise en douceur de la notion de conscription, tout en ayant une apparence civile.

    De bien piètres réponses.

    Quand nous voyons la hauteur des enjeux sociaux, écologiques, politiques, géopolitiques et la médiocrité des réponses fournies, une seule question vient à l’esprit : pourquoi ?

    Le capitalisme, l’impérialisme, la division de la société en classes et en intérêts contradictoires explique cela. Les capitalistes ne souhaitent pas la fin du monde, non. Mais ils sont incapable de sortir d’un dilemme terrible : le premier qui respectera les règles du jeu écologique et rationnel perdra une partie de sa rentabilité et sera dévoré par ceux qui n’ont pas fait ces choix. Même s’ils trouvent un terrain d’entente pour réaliser quelques menues avancées, la tentation de la tricherie, la tentation de la transgression sera écrasante. Respecter l’environnement et les êtres humains est une véritable suicide économique.

    La réponse ne peut venir que de quelque chose, d’une force politique, qui non seulement dépasse ces contradictions, mais est capable de se montrer l’émanation politique des intérêts profonds de la société dans son ensemble. Et ces intérêts sont simples : il s’agit d’avoir un avenir, premièrement. D’assurer la survie de l’humanité et de son environnement. D’assurer une vie saine, décente, à l’ensemble de ses membres. De permettre leur épanouissement individuel et collectif. D’assurer la possibilité enfin d’une amélioration continue des loisirs, de la culture, de la santé.

    Toute tentative de résoudre cela se heurte à des réticences, des oppositions, des égoïsmes. L’idée même d’une réponse qui implique l’intégralité de la population est taxée de totalitaire. Pourtant, face à des enjeux aussi immenses, aussi importants, aussi vitaux, il n’est pas possible de laisser le pouvoir être au main d’une poignée. Il mérite d’être remis entre les mains non seulement du plus grand nombre, mais surtout de ceux et de celles qui n’ont rien à gagner à l’exploitation, mais tout à son abolition : ceux et celles qui produisent les richesses, dont le labeur nourrir l’ensemble de la société. Une démocratie populaire, avec une souveraineté populaire absolue.

    C’est à cela que nous voulons travailler. C’est avec ces responsabilités en tête que nous avançons.

    C’est uniquement ainsi que ces lourds nuages noirs seront dispersés, et qu’un avenir rayonnant pourra apparaître.