Auteur/autrice : unitecommuniste

  • La guerre couve en Ukraine

    La guerre couve en Ukraine

    L’Ukraine bénéficie de ce triste privilège d’avoir une géographie particulière. Espace de manœuvre historique, la plaine d’Ukraine a vu passer les cavaliers de Gengis Khan tout comme les Panzer de Gerd von Rundstedt. En plus d’être un point de passage idéal, le pays est bloqué entre deux immenses poids géopolitiques. D’un côté, la Russie, de l’autre les différentes alliances européennes. Dans l’histoire, l’Ukraine a changé de main à plusieurs reprises. Protégée par le glacis du Bloc Est pendant la guerre froide, le pays a retrouvé sa situation de pivot stratégique avec l’effondrement de l’Union soviétique. A la suite de cette période, se retrouve à nouveau tiraillée entre est et ouest.

    Depuis 2014, la tension ne s’est pas apaisée dans la région. Le Donbass est devenu certes un front froid. L’annexion de la Crimée est devenue un état de fait établi. Mais, de part et d’autre de la frontière, simple ligne tracée dans cette immense plaine, la guerre couve. La Russie mobilise régulièrement des troupes, accumule du matériel, simule des réponses à des agressions militaires occidentales. Elle manifeste une activité constante dans le secteur, tout comme dans les régions proches des États Baltes. En réponse, l’OTAN, elle aussi, déploie des forces importantes.

    En France, à l’approche des élections, les positionnements sont clivés. Le centre de l’échiquier politique, ainsi que la « deuxième gauche », dans la continuité d’une mentalité issue de la guerre froide, sont les plus pro-américains. Plus on s’éloigne du centre, plus les positions par rapport à la Russie sont favorables, jusqu’à une certaine adulation, notamment chez ceux que nous nommons les « communistes conservateurs ». Cette adulation, nous ne la partageons pas. Nous ne pouvons pas nous contenter de sympathie ou d’antipathie pour construire une vision du monde.

    Nous mêmes, quelle est notre posture ?

    La situation en Ukraine ne peut pas se résumer à des affrontements manichéens et unilatéraux. Il existe un problème d’échelle, un problème d’imbrication et un problème, aussi, de perception. Bien sûr, nous il est triste que l’URSS ne soit plus. Bien sûr, les USA et leur répugnante politique d’agression est irritante. Mais nous devons sortir du sentimentalisme pour analyser froidement les choses.

    • Si nous prenons l’échelle internationale, si nous élargissons au maximum notre compréhension de la situation, que voyons-nous : l’Occident, et en premier lieu les USA, perçoivent toujours le monde avec les lunettes de Mackinder, de Spykman, de Brzezinski. Ils mènent toujours une politique d’encerclement du Heartland en installant des régimes politiquement hostiles autour de celui-ci, en subventionnant des ultra-nationalistes, bref, en créant un cercle de fer qui enserre un ennemi irréductible. Irréductible, éternel car généré constamment par les déterminismes de la géographie. D’ailleurs, c’est cette position privilégiée, protégée, qui a permis aux expériences socialistes de ne pas être balayées par les vagues d’interventions ou d’invasions.
    Heartland, Rimland : quelle théorie pour l'espace maritime contemporain ? -  Les Yeux du Monde
    Le monde de Nicholas Spykman. Kiev (K) est un des pivots.
    • Le souvenir des interventions blanches et Alliées, ainsi que l’invasion allemande de 1941 avaient laissé les soviétiques convaincus d’une chose : Ils ne pouvaient pas tolérer l’existence de régimes hostiles à leur porte. Il fallait donc soit placer des régimes amicaux, soit repousser les frontières. Staline fit les deux : il avança les frontières soviétiques1 et installa les Démocraties populaires, lesquelles devaient être des coalitions antifascistes. Elles n’ont décanté en régimes simili-soviétiques qu’a cause de la guerre froide. Pour les affaiblir, les américains ont financé et financent toujours des organismes comme le NED, National Endowment for Democracy, à hauteur de 135 000 000 de dollars en 2009, pour soutenir les actions pro-occidentales.
    • À la chute de l’URSS, la négociation avec les vainqueurs était la suivante : la Russie serait entourée d’une zone neutre. Dans la perception de ses dirigeants, il s’agissait de quelque chose de vital. Dans la perception des occidentaux, la Russie devait ne pas se relever de la chute de l’URSS.
    • La séparation des républiques socialistes a créé une situation de déchirement. Non seulement un déchirement sentimental, mais surtout un déchirement économique. La politique de développement de l’URSS était celle de la complémentarité entre les différentes parties de celle-ci. L’Ukraine était un grenier à blé (grâce au tchernoziom, cette terre d’une richesse unique), un centre industriel, avec le Donbass, mais aussi un centre de haute technologie, avec l’avionneur Antonov. Cette organisation du travail, voulue à l’origine, dans les années 1920-1950 comme équitable, s’est transformée en système centré autour de Moscou. Cela a d’ailleurs entraîné des grognes importante. Mais toujours est-il que lorsque l’URSS a perdu ces territoires, cela a été l’équivalent d’un déchirement physique : on lui avait retiré des organes vitaux. Les RSS devenaient des organes isolés, sans système central, tandis que le centre n’avait plus de périphéries.2
    • Les impérialismes européens -on parle souvent de l’Allemagne, mais la France a eu sa part du gâteau- ont pris la place vacante, pour intégrer l’Ukraine dans leur sphère économique. Mais, même sous une forme complètement différente de l’URSS, elle s’est relevée. Dans plusieurs pays, l’attitude vers la Russie s’est modifiée positivement. Les occidentaux ont alors durci le ton, et des régimes anti-russes ont été installés.
    • La Russie voit donc, dans les avances faites par l’occident à l’Ukraine, une poursuite du containement et du roll-back de la guerre froide. Politique elle-même fille du grand jeu mené par les anglais en Asie Centrale.Pour elle, l’intrusion de l’OTAN, de l’UE, ou de n’importe quelle organisation menaçante pour son leadership est intolérable. Elle le perçoit exactement de la même manière que les américains percevaient l’existence de rampes de missiles à Cuba en 1962.
    • Elle a le sentiment, en outre, que l’Occident lui tend un piège : plus elle tente d’accentuer son contrôle sur un espace qui lui échappe, plus elle se montre agressive. Plus elle se montre agressive, plus elle est isolée sur le plan international. Plus elle est isolée, plus elle se sent menacée. Cependant, le temps joue aussi en sa faveur : ses partenariats avec la Chine et le développement d’un espace d’échange en Asie la favorise à long terme. Le bloc russo-chinois est-il en revanche en mesure de défier l’Occident ? Difficile à dire. Mais il faut reconnaître que la Russie applique à la lettre le proverbe ukrainien Qui remue le passé perd un œil ; qui l’oublie perd les deux.

    L’Ukraine : un enjeu et un théâtre

    Le fait que ces arguments soient en faveur de la Russie, cette peur sincère de l’attaque, cette peur sincère de l’encerclement, ne justifie pas tout. Les Ukrainiens eux-mêmes ont aussi leur mot à dire.

    • Une très large majorité de la population ukrainienne se sent simplement pris en otage dans des enjeux géopolitiques épuisants. De plus, les dirigeants ukrainiens étant hautement courtisés par les puissances impérialistes, ils sont le plus souvent corrompus jusqu’à la moelle. Aujourd’hui, l’échec total de la politique de vaccination contre la pandémie a montré la défiance avec laquelle les habitants et habitantes de l’Ukraine considèrent les discours officiels et les autorités.
    Élection présidentielle ukrainienne de 2010 — Wikipédia
    Elections de 2010 en Ukraine. En rose, la candidate pro-occidentale Timoshenko, en bleu le candidat pro-russe Ianoukovitch.
    • D’ailleurs, illustration de cela, le président Volodymyr Zelensky est un acteur qui jouait dans une série moquant la corruption. Il a bénéficié d’une campagne soutenue par le magnat des médias Ihor Kolomoïsky, lequel est plutôt considéré comme favorable à la Russie. Par ailleurs il s’est frontalement opposé à la ligne dure de Poroshenko, président sortant, issu de l’extrême-droite. Il n’est pas vraiment possible de placer l’Ukraine comme un simple pion docile de l’occident.
    • Le gouvernement ukrainien, bien que restant majoritairement pro-occidental, s’est montré particulièrement modéré dans son rapport à la Russie. Le président Volodymyr Zelensky a ainsi proposé à plusieurs reprises des rencontres avec Vladimir Poutine, ainsi que la mise en application des décisions prises à Minsk. Il a d’ailleurs été critiqué pour ses retraits de troupes ou pour sa libération de prisonniers, les fameuxBerkouti,ayant participé à la répression de Maïdan.
    • Cependant, l’intégrité territoriale de l’Ukraine est constamment menacée par une Russie qui lui dénie régulièrement toute légitimité à exister de manière indépendante. La prise de la Crimée a eu un impact énorme sur la population ukrainienne et a contribué à stimuler un ultra-nationalisme agressif. C’est ce qu’on voit dans l’apparition quasiment constante de symboles nazis ou néo-nazis dans les zones de fronts. Plus encore que le contenu idéologique, c’est le sentiment de rejouer l’histoire à l’envers qui explique ces choix. L’Ukraine nationaliste, en construction culturelle et historique, cherche ses héros dans les pires poubelles de l’histoire. Cela explique aussi le choix de s’approcher de l’OTAN et de l’UE. D’autant que la Russie traiterait plutôt l’Ukraine comme un confin, surtout son occident, tandis que l’UE la traiterait comme une interface, et en particulier son occident.
    • Tout comme la RDA et la RFA au moment de la guerre froide, l’Ukraine possède une conscience aiguë de sa place dans le cadre d’une guerre chaude entre Occident et Russie. Elle sait qu’elle serait un théâtre d’opération. Elle en connaît bien le coût. Si les régions les plus occidentales de l’Ukraine ont tendance à souffler sur les braises, comme à Lvov, les plus proches de la Russie redoutent une escalade. Elles sont plus proches à la fois culturellement, économiquement et affinitairement de la Russie. Contrairement à un certain nombre de discours l’Ukraine n’est pas unilatéralement en faveur d’une guerre.
    • La politique d’irrédentisme3 de la Russie s’est manifestée sur la Crimée, par l’annexion, sur le Donbass, par le soutien aux insurgés, mais aussi sur les États Baltes, en jouant sur le statut de non-citoyens des minorités russes dans ces pays. Cet irrédentisme stimule le nationalisme grand-russe et polarise les régions ciblées, accentuant les tensions. Si elle a permis des gains réels de territoires pour la Russie, elle rend, par contre, nettement plus improbable le fait que l’Ukraine (ou la Baltique) puisse consentir à rejoindre de nouveau l’orbite de Moscou. Là aussi, la fierté nationale et le sentiment d’être dépecé, pour ces pays, réduit drastiquement les marges de négociations.

    Dans le fond, le jeu mené par les occidentaux ne peut qu’évoquer celui mené par les USA avec le Japon à la fin des années 1930. Le Japon était alors une puissance montante, avide de se tailler un espace propre (l’hypocrite sphère de co-prospérité asiatique, en réalité sphère de domination) dans un monde saturé par les puissances occidentales. Tant que cette montée en puissance pouvait s’exercer au détriment de l’URSS, le monde laissait faire. Mais face à la résistance de la Chine et à son échec à la frontière soviéto-mongole, le Japon s’est alors intéressé au butin accumulé par l’Europe en Asie du Sud-Est. Cette quête avide est devenue une menace. Et pour juguler cette menace, les USA ont sanctionné le Japon, lui ont coupé les vivres, l’ont privé du pétrole. En exigeant qu’il mette genou à terre devant eux, les USA ont laissé deux options au Japon : soit renoncer à ses conquêtes, renoncer au sang versé, se laisser humilier. Soit tenter le tout pour le tout.

    Si nous ne pouvons tout de même pas comparer la Russie de Poutine au Japon Shōwa4, la situation présente des similitudes. À trop vouloir humilier continuellement une puissance, à trop blesser l’orgueil national, on peut s’attendre à des actions brusquées, voir des tentatives de coup de force. Surtout que la société russe, contrairement aux sociétés occidentales, peut consentir beaucoup plus facilement à un affrontement direct. L’argument matraqué constamment de la lutte pour la survie est entré dans un grand nombre d’esprits.

    Reconnaître ne veut pas dire accepter

    Notre dossier: guerre et révolution en Ukraine | Mediapart

    Le fait que nous reconnaissions une légitimité aux deux discours (la Russie essayant de se protéger de l’Occident, l’Ukraine essayant de se protéger de la Russie) illustre bien une situation de blocage. Cette situation de blocage ne peut être réellement dépassée que dans le cadre d’une destruction de l’impérialisme. Un conflit dans cette région serait un désastre. Un désastre pour 44 millions d’ukrainiens et d’ukrainiennes qui ne demandent rien à personne, si ce n’est qu’on les laisse en paix. Un désastre pour l’occident et pour la Russie, dans un affrontement terrible. Cet affrontement pourrait prendre différentes formes : guerre d’usure, grandes manœuvres, sièges de villes, terrorisme… Cette guerre pourrait s’internationaliser : la France n’a t-elle pas de nouveau fait mention de la notion d’ennemi dans ses livrets militaires ?

    De plus, l’Ukraine possède une particularité qui pourrait menacer l’Europe entière. La Zone d’Exclusion de Tchernobyl, tout comme la réserve radioécologique d’État de Polésie au Bélarus, sont des espaces particuliers. Les sols et la végétations sont toujours contaminés par les retombées de la centrale de Tchernobyl. Non seulement des opérations militaires dans le secteur pourraient amener à leur relâchement (par l’atteinte portée aux sols ou l’incendie des forêts), mais l’accès à des produits contaminés pourrait aussi permettre la création de bombes radiologiques. Il s’agit d’un espace qui doit être sanctuarisé, ainsi que le personnel scientifique et technique de la zone.

    Notre point de vue est double : en tant que membre de l’ICOR, nous avons des camarades en Ukraine ou en Russie. Nous ne pouvons donc nous contenter d’un regard d’observateur étranger, complètement extérieur à la montée des tensions, ou, pire, caressant cyniquement l’hypothèse d’une conflagration est-ouest. De même, les cris lancés en direction de la Russie, comme ceux d’authentiques provocateurs tels que Raphaël Glucksmann, n’ont aucun sens. À quoi bon souligner les travers d’un régime étranger, aussi grands soient-ils, lorsque le confort, la richesse et les relations commerciales de notre propre pays sont bâties sur le crime et la complicité du crime. Poutine n’est pas en train de préparer une extermination de l’Ukraine, mais de vouloir l’intégrer de force dans son espace économique. La France ne vient pas au secours des Ukrainiens, mais vient défendre les investissements du Crédit Agricole ou de Gérard Mulliez, patron d’Auchan, dont les magasins sont présents là-bas. Cela vaut-il qu’on y laisse notre peau, puisqu’aucun de ces bourgeois ne risquera la sienne ?

    Notre action est en France. Notre premier ennemi, l’ennemi sur lequel nous pouvons agir, l’ennemi qui est notre bourreau quotidien, ce n’est pas la Russie. C’est notre propre bourgeoisie, nos propres exploiteurs, nos propres faucons avides de conflit. Cette croyance en une France moralement supérieure doit cesser : regardons la réalité en face. Dans le cas d’une escalade militaire dans la région, l’action première que nous avons à faire est d’entraver au maximum toute implication de notre propre pays dans celle-ci. En second lieu, nous devons aider, soutenir, du mieux possible, ceux qui feront de même dans le camp adverse. Notre esprit ne doit pas être celui de va-t’en guerre, mais bien l’esprit de Zimmerwald, où, pendant la 1ere guerre mondiale, les pacifistes conséquents, les révolutionnaires, se sont réunis.

    Zimmerwald Conference issues a call for immediate peace | Sky HISTORY TV  Channel
    Plus que jamais, l’esprit de Zimmerwald doit être celui des communistes et des révolutionnaires.

    1 Le cas de la frontière polonaise est souvent utilisé comme récrimination, mais l’URSS a simplement pris position sur la ligne proposée par Lord Curzon en 1919-1920.

    2 Dans une certaine mesure, c’est ce qui est arrivé aussi à l’Autriche-Hongrie. Empire étendu au début du XXe siècle, morcellement d’Etats après la guerre. Vienne, qui était une capitale d’Empire, hypertrophiée, s’est retrouvée capitale disproportionnée d’un minuscule pays. Ce traumatisme joue un rôle de premier plan dans l’acceptation très large de l’Anschluss réalisé par l’Allemagne en 1938.

    3 Mouvement nationaliste réclamant l’annexion des territoires où vivent des nationaux « non rachetés » (sous domination étrangère).

    4 L’ère Shōwa est la période de l’histoire du Japon où l’empereur Shōwa régna sur le pays. Elle débute le 25 décembre 1926 et s’achève le 7 janvier 1989. Elle est aussi l’ère japonaise qui suit l’ère Taishō et précède l’ère Heisei. Elle est marquée par la conquête coloniale en Chine, par les crimes de masse commis lors de celle-ci, puis par la participation à la Guerre du Pacifique.

  • ICOR Europe : Solidarité avec les réfugiés dans la zone frontalière polonaise / biélorusse !

    ICOR Europe : Solidarité avec les réfugiés dans la zone frontalière polonaise / biélorusse !

    OUVRIR LES FRONTIÈRES ! Droit d’asile et solidarité pour les réfugiés dans la zone frontalière polonaise / biélorusse !

    Depuis début Novembre, des milliers de réfugiés attendent dans des conditions inhumaines dans la zone frontalière entre la Pologne et la Biélorussie et tentent d’entrer dans l’UE. Ils viennent principalement de Syrie, d’Afghanistan, d’Iran et d’Irak. Alors que le régime réactionnaire de Loukachenko, qui pratique également la terreur ouverte, utilise les réfugiés comme moyen de pression contre la politique de sanctions imposée par l’UE, la Pologne a décrété l’état d’urgence dans la zone frontalière. 12.000 soldats et policiers sont stationnés à la frontière, des barrières en fil de fer barbelé ont été installées pour stopper les réfugiés. Chaque jour, des “pushbacks” brutaux et contraires au droit international ont lieu, c’est-à-dire que les réfugiés sont repoussés de force sur le territoire biélorusse. Les gens souffrent de la faim, attendent dans un froid glacial et les premiers morts sont à déplorer !
    L’indignation de l’UE et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen n’est que pure hypocrisie face aux agissements du régime en Biélorussie. Les mesures prises par le gouvernement polonais fascisant et ultra-réactionnaire du PIS sont soutenues par l’UE. L’UE propose en outre des sanctions contre Loukachenko et l’intervention de Frontex, la force européenne de surveillance des frontières.

    La solidarité s’accroît et doit être développée !
    Des manifestations ont été organisées à la frontière de la Pologne, dans la capitale et dans différentes villes comme Cracovie, notamment par des mères et des jeunes. Elles étaient placées sous le slogan : “Stop à la torture à la frontière”. La fermeture de plus en plus violente des frontières extérieures de l’UE est l’expression d’un développement juridique et d’une fascisation renforcés.

    ICOR condamne cette politique criminelle de l’UE. Organisons dans toute l’Europe un mouvement combatif pour la solidarité envers les réfugiés qui s’arrogent le droit de fuir. Pour un droit d’asile illimité pour tous les opprimés sur une base antifasciste. Ouvrez les frontières ! Droit de rester pour les réfugiés ! Notre solidarité va à toutes les organisations et à tous les mouvements qui luttent contre l’impérialisme dans le monde entier. ICOR condamne les plans et les actes de l’impérialisme de l’UE pour un armement et une militarisation supplémentaires, comme entre autres la force de protection des frontières de l’UE Frontex.

    Nous lançons un appel :
    Organisez des actions de protestation et de solidarité dans toute l’Europe – également devant les ambassades de Pologne, de Biélorussie et les institutions de l’UE Encouragez et soutenez l’auto-organisation des réfugiés ! Libérez l’accès à la zone frontalière pour l’aide médicale et humanitaire.

    Organisations signataires :

    BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord-Turquie))

    KOL Organisation communiste luxembourgeoise

    KSRD Koordinazionnyj Sovjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine

    MLGS Groupe marxiste-léniniste suisse

    MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti communiste marxiste-léniniste de Turquie / Kurdistan)

    MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plateforme marxiste-léniniste), Russie

    MLPD Parti marxiste-léniniste d’Allemagne

    PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie-Herzégovine)

    RM Rode Morgen (Matin rouge), Pays-Bas

    RMP Российская маоистская партия (Rossijskaya maoistskaya partiya) (Parti maoïste russe)

    TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)

    UC Unité Communiste (Unité communiste), France

    UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)

    UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France

  • Masar Badil : Déclaration de Madrid.

    Masar Badil : Déclaration de Madrid.

    L’Unité Communiste a participé en octobre dernier à la conférence Masar Badil, « pour une voie alternative palestinienne ». A Madrid, nous avons pu y rencontrer et y échanger avec les organisations progressistes et révolutionnaires œuvrant à la libération de la Palestine.

    Il s’agit d’une conférence importante, dont l’enjeu était de dessiner les bases d’une coopération internationale de soutient aux Palestiniens et Palestiniennes.

    De nombreuses délégations de plusieurs pays ont y été rassemblés pour définir les objectifs et l’organisation de ce nouveau mouvement et impulser de nouvelles structures. Chacun a apporté une pierre à cet édifice naissant, l’objectif étant à terme de permettre une lutte internationale, selon les moyens et méthodes de chacun. Cela fait partie d’un devoir anti-impérialiste : desserrer l’étau qui pèse sur le Moyen-Orient dont Israël est un verrou.

    En France, le combat pour la Palestine connait deux formes principales : la campagne pour la libération du militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, exemple iconique de la persécution des militants et militantes de la cause palestinienne dans le monde, et la question de la coopération économique et militaire entre la France et Israël. Il est menés par de nombreux collectifs depuis plusieurs années. Nous aussi, nous essayons d’y jouer notre rôle.

    Loin de l’humanitaire, le but est également d’organiser le combat contre la diabolisation de la résistance palestinienne pour faire écho à ceux qui portent un projet progressiste pour la libération totale du peuple palestinien.

    Nous rejoignons l’affirmation de la conférence : seule la voie révolutionnaire permettra de briser le colonialisme et l’apartheid mis en place par le régime de Tel-Aviv.

    Ce sont les objectifs du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), rejetant à la fois le contenu réactionnaire du Hamas et la capitulation du Fatah. Parvenir à ce qu’une Palestine socialiste, laïque, démocratique puisse exister.

    Pour la victoire de la Palestine, de la mer au Jourdain.
    Palestine vaincra !

    Déclaration de Madrid

    Publié par la Conférence sur la voie alternative de la révolution palestinienne à Madrid, Espagne.

    Pendant quatre jours, la conférence sur la voie palestinienne alternative (conférence Masar Badil) s’est tenue dans la capitale espagnole, Madrid. Cette conférence coïncidait avec le 30e anniversaire de la tristement célèbre conférence de liquidation de Madrid en 1991 et constituait une réponse pratique et populaire au parcours catastrophique d’Oslo et à ses conséquences, afin d’affronter les politiques du colonialisme sioniste et les régimes de capitulation et de normalisation.

    Les participants à la conférence ont adopté les positions politiques suivantes :

    Notre peuple palestinien, qui mène depuis 104 ans la bataille de la libération nationale face au colonialisme sioniste, est conscient, grâce à sa longue expérience de lutte, de l’importance de l’unité populaire palestinienne dans les domaines de la lutte, du combat et de la résistance, et de la nécessité d’un consensus sur les objectifs directs et la stratégie générale qui protège sa lutte, préserve ses acquis, et préserve son identité, son unité, sa dignité et ses droits nationaux.

    Sur la base de cette ferme compréhension, nous appelons les forces de la résistance palestinienne, les divers organismes nationaux et populaires, les mouvements de jeunesse, étudiants et féministes, les comités de boycott et d’anti-normalisation et toutes les masses de notre peuple en lutte dans la patrie occupée et dans toute la diaspora à s’unir nationalement pour établir un front national palestinien uni pour résister au colonialisme raciste sioniste dans toute la Palestine, de confronter le mouvement sioniste et ses alliés dans le monde, et de travailler à briser tous les cycles de siège en développant la capacité de notre peuple palestinien à restaurer et libérer ses institutions, et à renforcer la position et le rôle du mouvement de libération palestinien et sa présence active dans les arènes arabes et internationales.

    Notre conférence considère que l’Organisation de libération de la Palestine est une institution confisquée et détournée, dont le processus décisionnel est dominé par un secteur de classe corrompu, agissant comme des agents du sionisme. Elle est devenue un supplétif du colonialisme, et une direction faible manquant de légitimité révolutionnaire, populaire ou légale. Sur cette base, nous considérons que l’Organisation et sa direction, dans leur forme actuelle, ne nous représentent pas et ne peuvent pas représenter les luttes et les droits de notre peuple.

    La conférence appelle donc toutes les forces populaires, les associations et les organisations affiliées au Mouvement alternatif de la voie révolutionnaire palestinienne à intensifier le rythme de la lutte de masse à l’intérieur et à l’extérieur de la Palestine occupée et à affronter le projet de liquidation de l’ »administration autonome » sur la voie de son isolement et de son renversement.

    Le Mouvement alternatif de la voie révolutionnaire palestinienne s’engage à œuvrer pour l’intensification de la lutte politique et publique, et de la lutte dans les domaines de la confrontation, contre l’approche de la liquidation et de la capitulation, qui a commencé avec et a été incarnée par la signature des accords de Camp David en 1978 entre le régime de Sadate et l’entité sioniste sous les auspices américains, et de faire face aux résultats de l’étape de Madrid-Oslo, à l’accord de Wadi Araba de 1994, et à tous les accords économiques et de sécurité signés entre les pôles réactionnaires des régimes arabes officiels avec l’entité sioniste, dont le dernier en date est ce qu’on appelle les « accords d’Abraham ».

    Nous les considérons comme des accords et des traités invalides et illégitimes.

    Le Mouvement alternatif de la voie révolutionnaire palestinienne souligne la nécessité de renforcer l’unité du camp de la résistance en Palestine, dans la région arabe et dans le monde, qui comprend de multiples mouvements politiques et intellectuels et embrasse les différentes couleurs du spectre arabe et islamique, de l’océan au Golfe.

    Seul ce camp populaire est capable d’affronter les forces du colonialisme, de l’impérialisme, du racisme et de l’exploitation, d’accomplir le projet du retour, de libérer les terres palestiniennes et arabes, et de renverser l’approche de l’impérialisme, la capitulation et la normalisation menées par les États-Unis et les régimes réactionnaires et leurs agents dans la région.

    Dans le même temps, nous affirmons que la tâche de développer la capacité du camp de la résistance et la cohésion de notre front interne exige un dialogue interne franc entre ses différents courants et pôles nationaux et sociaux, de manière à servir la libération de nos peuples de la tyrannie de la domination extérieure et des régimes d’oppression et de tyrannie chez eux, et à réaliser une indépendance nationale totale. Cela renforce la capacité des peuples à protéger leurs richesses et leurs capacités nationales et à sauvegarder la paix civile dans notre grande patrie arabe, de l’océan au Golfe.

    Nous réaffirmons notre position ferme et fondamentale sur la nécessité de respecter la lutte des femmes palestiniennes et la participation active des femmes palestiniennes, et de respecter leur rôle central de leadership dans la lutte palestinienne et dans le mouvement national palestinien, sur la voie de la réalisation de la pleine participation et de l’égalité dans le cadre de notre projet de libération nationale et sociale.

    La tenue de notre conférence populaire à Beyrouth, Madrid et Sao Paulo, sous la bannière de la Palestine et sous les auspices de notre peuple en lutte, 30 ans après la conférence de liquidation de Madrid de 1991 et 28 ans après le désastreux et perfide accord d’Oslo de 1993, et l’organisation de notre marche populaire et internationale lancée sous le slogan « Toute la Palestine du fleuve à la mer », nos positions documentées et déclarées, et la culture de l’autonomie, sont autant de preuves qui confirment la justesse de la boussole de lutte claire de notre nouvelle voie révolutionnaire face aux forces du colonialisme sioniste et au projet de capitulation.

    Nous nous engageons à affronter la démarche de normalisation avec les institutions et l’entité ennemie. En même temps, nous affirmons le renforcement des relations de lutte avec les différents militants juifs des forces et des personnalités, antisionistes et antiracistes, qui soutiennent les droits de notre peuple et sa vaillante résistance pour libérer l’ensemble de l’Europe et l’établissement d’une société démocratique dans toute la Palestine basée sur la justice et l’égalité : Une société libre de l’exploitation de classe, du racisme et du sionisme.

    L’approche révolutionnaire palestinienne aux dimensions arabes et internationales, dont les traits ont été dessinés par des milliers de martyrs palestiniens, arabes et internationaux au cours de décennies de lutte, est la voie du changement radical qui interprète la réalité pour la changer, comprend les défis et les spécificités nationales et locales de chaque communauté palestinienne et les considère comme une source de force et de pluralisme. Nous adhérons à nos droits et à nos racines tout en regardant vers l’avenir et en suivant le rythme de notre époque. Cette approche révolutionnaire se lève aujourd’hui pour marcher avec confiance et à pas sûrs vers la Palestine libérée… vers une nouvelle aube arabe et humaine.

    En ce jour de notre lancement, nous saluons toute la lutte de notre peuple palestinien dans tous ses lieux de résidence, et toutes les forces de résistance en Palestine. Nous saluons également la lutte du mouvement des prisonniers palestiniens, la direction de la lutte de notre peuple en terre occupée, et l’école révolutionnaire de laquelle nous tirons toute la détermination et la volonté de continuer sur le chemin jusqu’à ce que nous obtenions notre liberté et atteignions notre victoire décisive.

    Vive la lutte de notre peuple palestinien partout dans le monde ! Aucune voix n’est plus forte que la voix du peuple palestinien !

    Gloire aux martyrs, liberté aux prisonniers ! Nous reviendrons et serons victorieux !

    Madrid – Espagne

    2 novembre 2021

  • Pandémie : la Ve vague et un début de bilan ?

    Pandémie : la Ve vague et un début de bilan ?

    Avec près de 50 000 cas quotidien, la France entre de plein pied dans la 5eme vague de Covid.

    Le froid, le sentiment d’invulnérabilité lié au vaccin, l’envie de retrouver une vie normale, expliquent cette reprise.

    Celle-ci, bien que démarrant brutalement, n’est pas encore une catastrophe hospitalière en métropole. En revanche, elle est dramatique dans les périphéries ultra-marines. Cela illustre d’ailleurs le fossé qui sépare la France des résidus de son système colonial.

    Le conseil de défense de lundi

    Le conseil de défense s’est réunit. Il a pris des mesures qui sont extrêmement légères : incitation au télétravail, incitation à la vaccination, fermeture des boîtes de nuit. Pour le moment, rien de contraignant n’est envisagé. De quoi faire réfléchir peut-être ceux qui hurlent sans cesse à la conspiration contre la vie sociale ou sur une instauration du totalitarisme. En réalité, le gouvernement agit comme il l’a toujours fait : il louvoie, laisse les choses s’envenimer, puis serre d’un coup la vis lorsqu’il se rend compte que les choses lui échappent. Mais aujourd’hui, les français et les françaises pourraient-ils accepter des mesures plus dures ? Difficile à dire. Il y a également un impératif cynique : il ne faut pas que le gouvernement se mette à dos les électeurs et les électrices.

    Dans l’ensemble, la politique du moindre mal se poursuit, ainsi qu’une improvisation dans certains secteurs.

    Malgré le fait que les enfants, non vaccinés, soient devenus le réservoir de virus, on ne peut que constater. Constater, comme l’infectiologue Gilles Pialoux, le fait que le ministère de l’éducation a abandonné toutes les mesures qui devaient être mises en place : dépistage, isolation, traçage, protocoles, détecteurs de CO2 ou autre. L’effort était tout simplement trop grand pour un ministère sous doté, sous équipé, dirigé par un ministre en guerre contre ses administrés.

    La pandémie : un enjeu électoral

    L’impact sur la campagne électorale, tant dans les débats que dans les actions, est déjà présent. Certains se prennent les pieds dans le tapis. Mélenchon, et c’est regrettable, a beau jeu de fustiger l’inutilité totale du pass sanitaire, il n’a pas été capable de présenter un plan d’action concurrent pour endiguer l’épidémie, autrement que derrière des banalités sur les moyens des hôpitaux. C’est là une faillite de la démocratie telle qu’elle est pratiquée dans notre régime : elle exige pour exister qu’on se démarque, qu’on hurle, mais elle n’exige pas de programme réel.

    En revanche, l’absence de pratique des gestes barrières dans le meeting de Zemmour sera aussi un test : celui de la mise à l’épreuve de l’extrême-droite radicale, des suprémacistes, à la sélection naturelle.

    Au loin, la menace du variant Omicron se fait grandissante. Il est déjà là. Il circule discrètement, et nous prépare à une vague de submersion sans précédent. Pourtant, l’attitude de la France, comparativement aux pays voisins, est encore une fois empreint d’une insouciance totale. Pourtant, sa forte contagiosité associée à son apparente faiblesse en font aussi une porte de sortie. S’il devient mondialement hégémonique, peut-être sera t’il la forme atténuée avec laquelle nous nous habituerons à vivre. Restons prudents cependant.

    Dans l’ensemble, le ratio entre les contaminations et les morts est nettement plus bas que lors des autres vagues, du fait d’une adaptation des protocoles et de soins plus appropriés. Les vaccins, surtout, ont changé la donne. Encore faut-il les posséder et convaincre la population de les utiliser. C’est parfois, notamment dans les pays de l’Est, une affaire délicate.

    Mais, indépendamment de tout cela, nous avons le sentiment que nous entrons dans les longues phases finales de cette pandémie. La question d’un bilan commence à se poser.

    Poser un bilan

    • Bilan humain, permis par la compilation et le traitement des actes de décès. Bilan qui sera long à tirer dans des pays qui n’ont pas de moyens de comptabiliser efficacement les morts, ou qui n’ont simplement pas envie d’exposer publiquement leurs défaillances. Au delà des morts, il existe la question cruelle des mutilés de la maladie.
    • Bilan économique : quelles sont les conséquences d’une pandémie telle que celle-ci. En France, on peut noter déjà une inflation importante. Elle est à la fois le reflet d’une certaine dégradation de l’économique, mais également d’une volonté de décourager les français et les françaises d’épargner. Le capital veut que le maximum d’argent tourne pour créer du PIB, de la croissance, bref, pour faire tourner une machine asphyxiée.
    • Bilan social : la pandémie et la stupéfaction sont un puissant levier de réforme. Les gouvernements ont utilisé cette période pour avancer dans leur agenda de transformation. Or, il est clair que les droits des travailleurs et des travailleuses seront impactés par les désirs de protection des profits, voir, comme en France, de leur agrandissement.
    • Bilan culturel et psychologique : L’atomisation de la société, la peur, les angoisses, l’isolement ont eu des conséquences. On sait d’ores et déjà que le nombre de troubles mentaux a explosé durant cette période. Mais cet isolement a créé aussi une vulnérabilité à la désinformation et à l’intoxication. Le stress de la pandémie a créé une brèche dans laquelle les conspirationnistes se sont engouffrés et ont pu infecter une partie toujours plus grande de la société.
    • Bilan politique enfin, à la fois de l’action gouvernementale, à la fois de la réaction anti-gouvernementale, mais également de l’action politique et pratique des organisations. Autant les autres bilans pourront être tirés par les experts et les expertes, les chercheurs et les chercheuses, les économistes… autant le bilan et l’analyse politique ne peut dépendre que de nous.

    Ce bilan ne peut pas se limiter à des équations manichéennes qui piochent dans un inconscient conspirationniste omniprésent. Les actions des gouvernements ne sont pas celles de diables selon leur représentation chrétienne. Ils ont cherché des compromis entre la lutte contre la pandémie, l’impératif de protéger les intérêts les plus puissants du pays et l’acceptabilité de ces mesures. Le premier bilan à tirer est d’ailleurs peut-être la fin du mythe de l’omnipotence gouvernementale, notamment face à des phénomènes d’une ampleur telle qu’ils bouleversent tout. Il a été possible aussi de voir que les mécaniques n’étaient pas si rodées que cela, même dans des États modernes : en France, entre les directives autoritaires d’un centre parisien et les applications locales, il y a eu souvent un gouffre. Rien que, par exemple, les protocoles dans les écoles, qui se sont heurtés à une réalité éloignée de la vision ministérielle.

    Mais aussi, et plus important encore, l’importance de tirer notre bilan. Il est contrasté.

    Construire un bilan critique et autocritique

    Nous-même, avec nos moyens, avons tenté de réaliser une certaine solidarité là où nous étions, par des actions limitées mais concrètes. D’autres en France ont fait bien mieux, comme les brigades de solidarité. Ce sont des avancées réelles qu’il faut saluer, dont il faut s’inspirer, dont il faut systématiser les pratiques.

    A l’étranger, si nous prenons l’exemple de nos camarades indiens du Red Star, des travaux sur le virus et sur sa diffusion ont pu être réalisés. C’est quelque chose qui n’est pas possible en France, du fait de la dispersion des groupes militants et du manque de masse critique permettant de se doter de ce genre d’outils.

    En revanche, au niveau des prises de position, il y a eu parfois des défaillances. Ainsi, le rejet par principe des mesures de distanciation, des mesures de confinement et de couvre-feu. Mais aussi l’agnosticisme sur les questions cruciales comme celle du vaccin, avec des slogans comme « vacciné ou non, même combat » ont montré certaines limites.

    Il s’y retrouve une vision particulière de la politique et du syndicalisme, autour de laquelle un débat est nécessaire. Même pour le syndicalisme qui s’inscrit dans la vision de la Charte d’Amiens, il y a une question qui se pose. Est-ce-que ces organisations représentent des individus appartenant à un ensemble (un corps de métier, une classe, une couche sociale) ou est-ce qu’ils représentent l’intérêt général de cet ensemble. Et même, plus loin, est-ce que cela représente aussi l’intérêt général objectif de l’ensemble de la société, voir même de l’humanité dans son ensemble ?

    Liberté de chacun ou liberté de tous ?

    Ces questions peuvent paraître éloignées de la réalité, mais elles sont, en réalité, primordiales. Elles sont celles de l’horizon que nous voulons atteindre. Or, si celui-ci est uniquement la liberté individuelle, on en est à dire que, finalement, contaminer les autres est un exercice normal de la liberté, car il ne faut contraindre à rien. Si on considère que l’intérêt est celui uniquement d’une classe sociale d’un pays impérialiste, on se prend les pieds dans dans le soutien à l’impérialisme de notre pays : c’est lui qui nous accorde un haut niveau de vie par rapport au reste de la planète. Cela pose aussi la question de définir la liberté : est-elle un absolu ou est-elle relative à quelque chose ? Pour Lénine, la liberté était la conscience de la nécessité. Elle n’était ni un principe abstrait, elle était l’espace qui existe entre les différentes nécessités des individus et de la société.

    La pandémie met à mal, finalement, une culture antitotalitaire issue des années 1970 : celle de l’individu et de sa jouissance personnelle comme unique horizon. La pandémie repose la question cruciale du fait que nous partageons un espace limité, des ressources limitées, et que nos actions ne sont jamais individuelles, mais qu’elles engagent l’humanité entière, pour paraphraser Jean-Paul Sartre. Loin d’être anodine, cette question de l’horizon est en réalité centrale. Elle conditionne une grande partie de nos projets : concevons-nous l’avenir comme étant la somme des libérations individuelles ou comme leur synthèse ? Dans le premier cas, effectivement, la conception communiste de la lutte est autoritaire, brimante, aliénante, car elle conditionne la liberté humaine à des impératifs. Dans l’autre, on se doit d’accepter un fardeau : celui de transformer et de se transformer pour pouvoir atteindre les objectifs que nous nous fixons.

    Au nom du fait que les contraintes soient, par essence, totalitaire, certains discours ont été bancals. Ils se sont conçus comme s’opposant aux projets du gouvernement, mais incapable de définir deux choses : comment ils affronteraient cette pandémie eux-mêmes s’ils commandaient, et quelle voie jugeraient-ils acceptables pour en sortir dans l’état actuel des choses et dans l’état actuel de leurs forces. Le plus souvent, ces questions ont été éludées, sont restées sans réponses, ou ont rejeté la possibilité même d’une pandémie dans « un monde parfait ». Or, c’est l’incapacité que nous avons à nous poser ces questions, à les évacuer, qui fait que l’extrême-gauche peine à exister en tant que courant de masse et en tant que courant populaire. Nous ne pouvons pas nous contenter de tracer comme voie celle que prendraient les libertariens : mourir de maladie au nom de la Liberté avec un L majuscule.

    Notre propre test

    Cette pandémie est, au final, un stress test pour les organisations politiques : sommes-nous capables de pouvoir idéologiquement, organisationnellement, et pratiquement faire face à autre chose que des questions qui se tranchent dans le confort feutré de l’impérialisme. Pouvons-nous concevoir nos luttes comme quelque chose qui soit plus profond que repenser simplement la péréquation, la répartition, du profit de l’impérialisme. Pouvons-nous nous penser non comme des forces d’opposition, mais également comme assumant la question du commandement et du gouvernement ?

    Pour le moment, l’engagement militant reste principalement petit-bourgeois et idéaliste. Et pour cause, pour ceux qui « n’ont à perdre que leurs chaînes », mais qui connaissent très bien le coût réel de la rébellion (licenciement, pertes de salaire, amendes, prison), l’engagement politique et militant est il un choix rationnel ? Se lancer dans une croisade aux accents parfois donquichotesques après une journée d’usine est il quelque chose qui apparaît comme logique et cohérent ? L’engagement est surtout un acte de foi, un pari, non un choix rationnel.

    Ce sont des questions qui ne sont pas rhétoriques, dans le sens où nous ne disons pas avoir la réponse. Nous mêmes peinons. Nous ne pensons pas d’ailleurs que dans notre propre isolement, dans notre propre faiblesse, nous puissions avoir une réponse. Nous pensons que celle-ci émergera collectivement, dans une transformation progressive de l’ensemble du courant militant d’extrême-gauche, de l’ensemble du courant révolutionnaire. Mais cette transformation ne peut aboutir que dans un échange de vues, dans un dialogue, dans un renouement avec une dialectique créatrice.

    Faire le bilan de cette pandémie, c’est aussi faire le bilan de la tâche blanche, des lignes manquantes de son histoire : celle de notre action, celle que nous aurions du avoir, celle que nous devons maintenant avoir.

  • Les troupes françaises et leurs alliées hors d’Afrique

    Les troupes françaises et leurs alliées hors d’Afrique

    Résolution de la 4e Conférence mondiale d’ICOR (initiée par PCT-Togo), Octobre 2021

    En tant qu’organisation française membre de l’ICOR, il nous paraît essentiel de souligner l’importance de cette résolution. Elle engage dans un pacte commun les organisations subissant l’impérialisme français et les organisations françaises. Alors que certains persistent dans une forme de négationnisme de l’existence de l’impérialisme français, nous considérons que celui-ci forme notre ennemi premier. La lutte contre l’impérialisme ne va cependant pas toujours de soi : en effet, elle se heurte aussi à une question centrale. Cette question est celle des retombées économiques de ce système d’exploitation. La fin de l’impérialisme français jouera de fait sur le niveau de vie ici et sur l’accès à certains produits (uranium, aluminium, café...). Cette question n’est pas anodine : il nous faut être capable de montrer que la fin de notre impérialisme et le développement d’une nouvelle société ne signifie pas la misère, mais bien au contraire un vrai développement économique, exempt de parasitisme. (NdR)

    TOGO - Cercle N'KRUMAH KWAME (CINK)

    Depuis les indépendances l’impérialisme Français n’a jamais quitté l’Afrique. Elle s’est permise d’imposer par le fer et le feu des accords de servitude lui permettant de conserver son assise économique et politique sur ses anciennes colonies. Cette situation s’est caractérisée dans la plus part des pays par une mainmise totale sur les secteurs stratégique et juteux des Etats africains; à savoir: la télécommunication par le groupe Orange et Alcatel, l’industrie par le groupe Castel, les banques par les groupe BNP Paris Bas et la société général. Les hydrocarbures par Total Elf, l’hôtellerie par le groupe Accord, IBIS et Novotel. Le BTP par Bouygues et Razel et enfin le transport par le groupe Bolloré et Air France. Ajoutons à tous cela, un perfide mécanisme monétaire mis en place depuis la fin de la 2éme guerre mondiale pour contrôler la monnaie des singes, le franc CFA.

    Suite à ce monopole sans partage, il est clair que cette mainmise de la France sur les richesses des peuples opprimés d’Afrique confirme, une fois encore, les analyses de Lénine sur l’impérialisme stade suprême du capitalisme.

    Pour protéger ses intérêts économiques face à ses rivaux Chinois, Turques, Indiens, Américains et Allemands; l’impérialisme français apporte depuis 50 ans son soutien militaire et politique aux potentats néo-coloniaux, des laquais comme Paul Biya au Cameroun, Faure Gnassingbe au Togo, la dynastie Deby au Tchad, la famille Bongo au Gabon, l’oligarque Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire.

    C’est ce soutien indéfectible aux dictateurs qui est réellement derrière cette forte concentration de troupe militaire et des forces néocoloniale dans la zone sahélienne (MALI NIGER BURKINA LE TCHAD). Sans oublier les bases militaires d’appui située au Sénégal en Côte d’ivoire au Gabon à Djibouti et au Togo. Bref, la pseudo lutte militaire que la France mène actuellement dans la zone Sahélienne contre les organisations obscurantistes n’est qu’un nouveau leurre pour camoufler les réelles intentions de la France et de ses alliées.

    Dans ces conditions les masses populaires africaines et surtout la classe ouvrière n’ont plus le choix que d’engager une lutte sans merci pour libérer tous ces territoires du pillage et de l’occupation militaire de la France

    – C’est pourquoi les organisations et partis communistes marxistes léninistes réunis au sein de l’lCOR, apportent à travers sa quatrième conférence mondiale un soutien sans faille à la lutte des peuples africains.

    – Appel à la création, là où elle n’existe pas, des comités de lutte, des organisations démocratiques et anti-impérialistes, pour mener dans l’immédiat une lutte pour le départ de toutes les troupes impérialistes qui occupent aujourd’hui les territoires africains.

    A bas l’impérialisme l’impérialisme français et ses alliés Allemands, américains, hollandais…etc, qui occupent les territoires du Sahel.

  • ICOR : IVe Conférence Mondiale

    ICOR : IVe Conférence Mondiale

    Résolution finale.

    Nous avons participé, avec 31 délégations, à la conférence mondiale de l’ICOR. Profitant d’une accalmie dans la pandémie, les délégués et déléguées de 26 pays ont pu se rencontrer. Si nous regrettons que toutes et tous n’eurent pas pu participer, nous devons saluer cette conférence comme un succès. Elle nous a permis de prendre position sur un certain nombre de sujets et de raffermir la solidarité internationale entre nos organisations.

    4ème conférence mondiale de l’ICOR a eu lieu, avec un grand succès, en Europe en Octobre 2021, juste 4 ans après l’organisation de la 3eme conférence mondiale.

    Des délégués de 26 pays, au total 31 délégations, ont participé à cette conférence, il y avait donc le quorum de 50 %.

    Vu les conditions compliquées, cela n’était pas une évidence, mais demandait des luttes dures – contre Corona, contre les conditions de travail aggravées, qui rendait difficile de prendre congé, beaucoup des restrictions de voyage, des tracasseries pour les visa, et des attaques anti-communistes les plus divers.

    La quatrième conférence mondiale était caractérisée par une vive initiative idéologico-politique un culte de débat solidaire, des rapports de confidence accru et un respect mutuel. Elle avait un niveau de culture élevé et inspirant, entre autre avec des événements culturels éminents.

    II. Au préalable de la conférence mondiale, les conférences continentales de l’Afrique, de l’Amérique, de l’Asie et de l’Europe ont eu lieu avec succès. La discussion, les décisions et les résultats des élections montrent, qu’il y a une initiative accrue et grande disposition de la part des organisations de l’ICOR d’assumer une responsabilité plus grande pour la coordination.

    III. La conférence a commémoré un nombre de camarades marxistes-léninistes et révolutionnaires défunts, représentant les décédés depuis la dernière conférence mondiale et a affirmé de plein cœur de continuer leur œuvre.

    IV. Les décisions initiales (l’élection du présidium, l’ordre du jour, le règlement de procédure, l’élection de deux vérificateurs(rices) de mandats, l’élection des plusieurs rédacteurs/rices du procès-verbal et l’élection d’une commission pour élaborer la résolution finale) ont été adoptées à l’unanimité suivant la proposition de l’ICC.

    La totalité des délégués a élu l’ICC comme présidium : la coordinatrice principale, le vice-coordinateur principale, le trésorier ainsi que les quatre coordinateurs des continents Afrique, Amérique, Asie et Europe.

    V. Au centre de la première journée était le discours inaugural de l’ICC, présenté par la coordinatrice centrale. Ce discours et la discussion suivante avec 53 contributions au sujet de la situation économique et politique ont mit l’accent sur certaines situations mondiales et problèmes  – économiques, politiques, sociaux, écologiques, idéologique … :

    a) Discussion de l’instabilité du système mondial impérialiste avec de multiples crises avec le noyau de la nouvelle crise économique et financière depuis 2018, qui est aggravée par la pandémie du Corona.

    b) Discussion approfondie et créatrice sur les contradictions interimpérialistes et le déplacement des forces entre les pays impérialistes liés à ceux-ci. La thèse de la formation de pays nouvellement impérialistes a été controversée avec des analyses multiples. L’installation de nouvelles bases militaires comme par la Chine à Djibouti et par la France et la Turquie en Somalie a été condamnée.

    c) Discussion de la crise de l’idéologie de la bourgeoisie et le développement de l’idéologie prolétarienne en incluant l’importance du travail idéologique pour la formation de la conscience parmi la classe ouvrière et les masses, dont les influences postmodernistes sur nous et la nécessité du travail parmi la classe ouvrière comme seule classe révolutionnaire.

    d) La discussion sur la situation idéologique et organisationnelle du mouvement socialiste dans le monde était importante.

    e) La conférence mondiale a mobilisé notre confiance révolutionnaire. Les conditions pour la révolution socialiste sont objectivement favorables au niveau mondial. Dans les conditions données, il y a forcément une lutte pour le leadership dans les luttes ouvrières et de masses. La conférence a discuté l’interaction des facteurs objectif et subjectif, pour appliquer la théorie communiste dans la pratique.

    f) Discussion du développement des contradictions entre les puissances impérialistes Chine – États-Unis et l’intensification du danger d’une guerre qui se développe de plus en plus.

    g) Discussion de la crise sanitaire et de ses conséquences nocives sur les peuples, notamment dans les pays colonisés et néo-colonisés. La monopolisation des vaccins par les états impérialistes et le blocage imposé sur toutes les tentatives de la mise en place d’un système sanitaire indépendant et la production de vaccins (Cuba, Madagascar…). Dans cette situation extrêmement compliquée, certain organisations ICOR se sont surpassée.

    h) Discussion de la lutte des femmes et la IIIème conférence mondiale des femmes de base qui aura lieu en Tunisie en 2022. La conférence mondiale a souligné l’importance des luttes des masses de femmes, qui s’enflamment et dont les moteurs sont les ouvrières et les jeunes femmes. Elle a renforcé la détermination de développer à un niveau supérieur la politique de femme révolutionnaire et la promotion des femmes.

    i) Un débat idéologique et politique approfondi sur l’importance de la lutte contre l’impérialisme, contre le colonialisme et le néo-colonialisme, la colonisation et le sionisme, aussi que contre toute sorte de culte de la spontanéité, de révisionnisme et de réformisme.

    j) La discussion sur la lutte contre l’anticommunisme est au centre des intérêts de la 4éme conférence mondiale de ICOR.

    k) La discussion de la transition vers une catastrophe environnementale globale et l’interaction avec la crise de l’alimentation et de l’agriculture.

    VI. Conclusions pour le travail de l’ICOR

    Dans le système impérialiste mondial, quant aux luttes ouvrières et des masses, il faut s’attendre à des changements rapides, souvent imprévisibles, et aussi à des développements révolutionnaires. Il y a des indices pour une crise sociétal englobant l’ensemble de la société du système mondial impérialiste. La base matérielle du socialisme existe !

    1. A ce fin, nous nous concentrons aussi dans des situations difficiles comme celle du travail confidentiel sur la construction de partis et organisations révolutionnaires forts et nous nous soutenons mutuellement avec nos expériences multiples – en interaction avec la promotion d’organisations autonomes des ouvriers, des femmes, de la jeunesse, et avec la construction de l’ICOR. Gagnons des nouveau membres pour l’ICOR et pour le front uni anti-impérialiste ! Les petits partis aussi peuvent profiter de l’ICOR pour leur construction et contribuer à sa construction.

    2. L’ICOR approfondira le travail d’éclaircissement sur l’impérialisme et la perspective du socialisme. Nous devons encourager la lutte idéologique contre l’anticommunisme, le réformisme, le révisionnisme, le racisme, le fascisme, le radicalisme religieux … et pour le renforcement de l’idéologie prolétarienne internement et dans notre travail pratique. A ce fin nous pouvons utiliser des possibilités de discussion comme les séminaires, les wébinaires et développons la page d’accueil à un niveau supérieur.

    3. L’ICOR doit gagner la jeunesse ! Dans cet objectif, nous aspirons à renforcer les organisations de la jeunesse de nos partis et organisations pour préparer la jeunesse en tant que génération future de l’ICOR et de la lutte mondiale pour le socialisme. L’ICOR Afrique planifie une conférence de la jeunesse africaine en 2023 à Nairobi.

    4. L’ICOR doit développer à un niveau supérieur sa coopération et coordination pratique.

    a) Les continents ICOR organiseront des séminaires * pour l’échange des expériences dans la construction du parti, * sur le travail théorique, * pour la compréhension et les conséquences de la stratégie et tactique résultant des changements dans le système impérialiste mondial et d’autres questions

    b) Des journées de commémorations internationales sont une bonne occasion pour discuter des expériences révolutionnaires et pour tirer des conséquences pour le travail actuel et l’avenir.

    c) Nous luttons pour la construction indispensable du front uni anti-impérialiste et antifasciste internationale et travaillons pour le renforcement de la plate-forme de la jeunesse. Actuellement, le procès de la construction du front uni anti-impérialiste avec l’ILPS stagne. Nous considérons comme une tâche très importante de l’ICOR de surmonter cette situation.

    d) Pour développer nos journées de lutte ICOR à un niveau supérieur, nous voulons faire des échanges sur la préparation de notre travail à l’aide de wébinaires. Nous développons toutes les wébinaires de l’ICOR comme échange animé par numérisation dans l’ICOR et avec d’autres forces.

    e) L’ICOR prend l’initiative pour le renforcement du travail de femmes révolutionnaire dans l’ICOR et prépare une rencontre des femmes de l’ICOR et en interaction et aussi en référence avec la conférence mondiale des femmes de base.

    f) L’ICOR encourage les coordinations internationales des ouvriers, actuellement la 3eme Conférence mondiale des mineurs en 2023, et le processus de femmes du monde, actuellement la 3eme Conférence mondiale des femmes de la base en 2022 en Tunisie. On prévoit la Conférence mondiale des paysans pour 2023.

    g) Nous augmentons le caractère attrayant de la page d’accueil de l’ICOR par des contributions mensuelles régulières de toutes les organisations membres et par des contributions vidéo, des images, des enregistrements, et nous la construisons comme moyen d’organisation de la coordination et la coopération.

    h) En plus des 4 journées de lutte d’ICOR, nous coopérons en pratique comme par rapport aux luttes d’ouvriers et nos activités en différentes questions de la lutte de classe. A ce fin nous nous unifions sur le plan idéologico-politique comme pour la lutte de libération palestinienne et kurde. Quant à le lutte de libération palestinienne avec p.e. une journée consacrée à Georges Ibrahim Abdallah.

    i) Nous organisons des missions ICOR et des brigades pour le soutien mutuel lors de campagnes et de conférences, actuellement aussi lors de la journée de lutte pour l’environnement en novembre 2021 à Glasgow.

    j) Le pacte de solidarité entre ICOR Afrique et ICOR Europe est un exemple de la coordination et de la coopération pratiques, en particulier dans la question des réfugiés.

    5. Les services secrets internationaux focalisent sur l’ICOR. Nous organisons notre travail en respectant strictement la sécurité.

    6. L’ICOR met un accent sur la construction de l’ICOR au Proche et Moyen Orient/Asie occidentale comme centre de la concurrence inter-impérialiste et en même temps foyer des luttes de libération et d’insurrections continuelles.

    VII. L’ICOR a consolidé son indépendance au plan financier. Nous devons faire évoluer ensemble le travail concernant les finances par des collectes de dons parmi les masses et par des projets pour gagner des donation et la lutte pour l’augmentation des cotisation d’appartenance. Les continents veulent et vont assumer la responsabilité de conquérir des moyens de financement qui ont fait leurs preuves ainsi que de nouveaux possibilités. Des projets concernant l’artisanat, des aliments écologiques de petits producteurs et des projets de tourisme dans le sens de l’amitié des peuples offrent des sources financières qui peuvent être developpées. L’ICOR vise à former des réserves pour des situations particulières le plus vite possible.

    VIII. Depuis la 3éme conférence mondiale l’ICOR est grandit, en nombre et surtout en qualité, elle a actuellement 62 organisations membres de 46 pays sur tout les 5 continents. La conférence a reçu la nouvelle joyeuse que les « Communistes Chinois (MLM) » ont demandé d’adhérer à l’ICOR.

    IX. La conférence a élu un nouveau ICC, ainsi que des vérificateurs comptables. La camarade Monika Gärtner-Engel, MLPD, Allemagne, a été élue comme coordinatrice principale et le camarade Sanjay, CPI/ML Red Star, Inde, a été élu comme vice-coordinateur principal, tous les deux à l’unanimité avec une abstention ainsi que le responsable des finances.

    La conférence a adopté des changements des statuts concernant l’expiration de l’appartenance à l’ICOR.

    Pour la formation au travail de l’ICOR la conférence mondial a confirmé trois camarades plus jeunes de l’Afrique, de l’Europe et du Moyen Orient/Asie occidentale.

    X. De nombreuses décisions sur le développement du travail de l’ICOR à un niveau supérieur ont été prises, en particulier pour le développement de la coordination et la coopération pratiques et de l’approfondissement du travail idéologico-politique ; pour l’échange des expériences et la planification du travail à propos des journées de lutte ; pour continuer la campagne d’éclaircissement des organisations membres parmi les masses et la discussion sur le système impérialiste mondial ; pour l’organisation d’une journée de solidarité exceptionnelle avec la lutte de libération palestinienne précédée par une discussion de positions communes et de la clarification de divergences encore existantes, et beaucoup d’autres.

    L’ICOR prendra les 100 ans d’héritage de Lénine comme occasion pour organiser un séminaire théorique international en 2024 au sujet de son héritage plein de promesses d’avenir ! Des rapports de pays annuels des organisations membres de l’ICOR à partir de décembre 2022 et d’autres séminaires continentaux et régionaux servent à l’information mutuelle et permettent des conséquences créatrices.

    En outre, l’ICC a obtenu la tâche d’augmenter la vigueur de l’ICOR à l’occasion des foyers de la lutte de classe et créer d’autres possibilités du débat idéologico-politique.

    XI. La 4ème conférence mondiale a adopté des résolutions entre autre au sujet de la solidarité avec les prisonniers politiques et des révolutionnaires persécutes ; contre l’occupation des parties de Népal par l’Inde ; contre le Millenium Challenge Corporation ; pour la solidarité avec la lutte de libération palestinienne ; pour la solidarité avec le soulèvement du 25 juillet en Tunisie ; appel de la jeunesse internationale contre l’impérialisme et le fascisme ; pour la solidarité avec Georges Ibrahim Abdullah ; contre l’anticommunisme ; au sujet de indépendance de la Sahara-Ouest ; au sujet de l’alimentation dans le monde ; contre l’occupation du Sahel par l’impérialisme français et ses alliés ; pour la construction d’un front uni anti-impérialiste et antifasciste ; contre les gouvernements de droite et ultra-droite en Amérique latine ; contre les plans chauvinistes de l’Union Européenne ; contre la surexploitation des ressources naturelles ; pour la solidarité avec les camarades en prison à Shenzen ; pour encourager les auto-organisations des réfugies et des formes d’organisation de la solidarité intercontinentale ; pour la solidarité avec le mouvement de masse des paysans de l’Inde ; pour un droit à la santé et à l’éducation et contre la privatisation de ces secteurs ; contre l’agression turque contre Rojava.

    XII. La conférence était parfaitement organisée par une équipe multilatérale MOS. Avec 84 camarades de 6 pays on a réalisé une nouvelle qualité de la collaboration multilatérale.

    Nous sommes fier de l’ICOR ! Et nous sommes bien armés de devenir le pôle révolutionnaire de l’orientation de la coordination et de la coopération pratiques, de l’unification idéologique et politique et du renforcement de l’organisation avec la grande initiative correspondante de toutes les organisations membres.

    En avant avec l’ICOR !

    En avant dans la lutte pour la libération, la démocratie, la liberté et le socialisme !

    En avant vers le socialisme et le communisme !

  • Briser les injonctions morales. (2/2)

    Briser les injonctions morales. (2/2)

    Oser poser la question du pouvoir.

    Une des raisons de cette défaite idéologique, culturelle, stratégique, découle d’avoir fait le choix, à un moment de son histoire, d’accepter des injonctions. Des injonctions formulées au nom de la tolérance, de la liberté, des droits de l’homme, de l’amour de son prochain, de la non-violence. Vouloir exercer le pouvoir, vouloir concrètement transformer la réalité, est devenu un impensé. Les mots d’ordres restent économiques, les programmes parlent de salaires, de droits du travail, de jours de congé, de propriété juridique de grandes entreprises. Mais les deux questions centrales : comment avoir le pouvoir et qu’en faire se heurtent à des silences gênés. Il suffit de voir un exemple : la candidature Akira.

    La candidature Akira est une candidature portée par les mouvements autonomes parisiens. Dans son discours introductif, elle a parlé des problèmes de notre temps avec justesse. Mais lorsque s’est posée la question de la réponse, ce discours s’est éparpillé. Candidater, c’est légitimer un cadre, c’est lui reconnaître de facto une valeur. Surtout que le 4eme mur du théâtre électoral n’est pas brisé : il n’y a pas de remise en cause de la nature même des élections, ni de proposition d’un fonctionnement autre. Au mieux une fête est proposée. Il ne s’agit pas de blâmer, mais bien de dire qu’il y a une vergogne, une honte à parler de ce qu’on veut faire, de ce qu’on peut faire.

    La gauche décomplexée.

    En fin 2012, la thématique de la « droite décomplexée » est apparue. Il s’agissait d’une droite plus radicale, s’attaquant à la « bien pensance ». Cette droite plus agressive, plus réactionnaire, a finalement été phagocytée par LREM et par la montée de l’extrême-droite.

    Mais il y a quelque chose qui mérite d’être imité : le fait de sortir de cette omerta sur notre intention et sur nos moyens. Aujourd’hui, il nous faut renouer avec le succès. Renouer avec le succès ne se fera pas en essayant d’être adoubés comme les « gentils » par le Figaro. Qu’en avons-nous à faire ? Aujourd’hui, au vu de la dégradation spectaculaire de l’environnement, au su des crimes commis au nom de l’économie, au nom du profit, nous ne pouvons plus nous contenter d’une indignation. Nous ne pouvons plus nous contenter des lauriers de la morale. Nous sommes dos au mur.

    Débarrassons-nous de cette fausse morale, qui est une entrave réelle. Décomplexons la gauche. Assumons non seulement notre volonté de changement, mais aussi le fait que ceux qui s’y opposent, que ceux qui l’entravent, laissent se perpétuer des crimes. Des crimes commis contre l’ensemble de l’humanité, en accaparant les richesses, en les concentrant, en privant de soins, de nourriture, de loisirs d’autres. Des crimes contre la nature dans son ensemble, en ravageant au nom du profit la planète.

    Nous voulons incarner les intérêts profonds de l’ensemble de l’humanité, même, y-compris de nos ennemis de classe. Des intérêts transcendants le confort matériel, dépassant les petits jeux étriqués, capable de voir plus loin, de voir vers l’avenir. Et ceux qui s’y opposent ne peuvent être tolérés.

    Sans vouloir le moins du monde s’en faire l’apologue, il faut parfois aussi tirer des éléments justes des discours de nos ennemis. Carl Schmitt, un des juristes les plus importants du IIIe Reich et de la RFA considérait une séparation dans la société entre Freund, l’ami, et Feind, l’ennemi. « J’avais compris jusqu’alors que la politique avait pour fondement une lutte opposant des adversaires. Je découvris la notion d’ennemi avec toute sa pesanteur politique, ce qui m’ouvrait des perspectives nouvelles sur les notions de guerre et de paix.» Zemmour, Le Pen, mais même Macron et les milliardaires immensément riches sont-ils des adversaires ou des Feind ? Eux, en tout cas, ont déjà fait leur choix : une partie de la population, une partie politique mais aussi une partie ethnique est classée comme Feind. C’est le sens profond des discours de ceux qui sont contaminés par la pensée raciste. Nous devons faire le notre. Non pour exterminer des ennemis, mais pour neutraliser leur capacité à entraver l’avancée de l’humanité. Pour mettre fin à leur existence en tant que groupe d’action cohérent, en tant qu’entité partageant des intérêts communs et la capacité de les défendre. En somme, en tant que classe sociale.

    Oser.

    Nous sommes aussi face une injonction de perfection. Si nous ne pouvons pas nous assurer que tout fonctionne sans risque de défaite, nous ne tentons rien. D’où des débats sans fins pour tenter d’éviter des prises de pouvoir bureaucratiques ou des déviations, en architecturant des organisations prétendument horizontales. Avec comme réalité le fait de nier qu’il n’existe absolument aucune garantie structurelles contre ces déviations. Pire encore, les nier sous prétexte d’une structure parfaite, revient à refuser de reconnaître ce risque et donc à mener une lutte active et politique contre celui-ci. Pourtant, dans la réalité concrète, les révolutions et les transformations ont été faites avec des outils imparfaits, chaotiques, parfois indisciplinés. Lénine avait fait sienne la maxime de Napoléon « on s’engage, et on voit » : il faut tenter parfois le coup avec ce qu’on a plutôt qu’espérer et attendre.

    Espérer quoi ? Le travail sur les consciences est certes important. Mais il ne peut pas l’emporter seul face au poids de l’appareil normatif bourgeois. Il impose une vision bourgeoise du monde, des valeurs bourgeoises, des désirs et des horizons bourgeois. Il l’impose avec un appareil de propagande immense, contre lequel nous ne pouvons que peu de choses, et certainement pas rivaliser d’égal à égal. Les consciences sont d’ailleurs en retard sur les transformations du monde : il ne faut donc pas espérer convaincre 50 % de la population avant d’avancer. Tout au plus nous faut il rassembler une faible minorité active et déterminée et obtenir la neutralisation des autres. C’est autoritaire, mais entre être autoritaire et perdre…

    Cela veut dire aussi être capable de parler aux intérêts profonds (il faut insister dessus) de la société. C’est à dire, parfois, aller à-contre courant de la manière dont ces intérêts s’expriment superficiellement. Par exemple, accepter de dire « la vaccination est un choix » est une démagogie totale. C’est placer l’intérêt individuel au-dessus de tout. Mais, dans la colère contre la « dictature sanitaire », il y a autre chose, quelque chose de profondément juste : nous n’acceptons plus d’être dirigé par des gens qui nous méprisent. Il faut donc accepter de dire en somme : le virus est un Feind absolu qu’il faut anéantir. Il faut accepter de faire le nécessaire pour l’exterminer. Mais dans le même temps, il faut aussi lutter pour un horizon qui ne soit pas la liberté d’être malade ou non, mais une liberté réelle. Une liberté qui soit ce à qui, inconsciemment, pensent ceux qui rejettent le pass. Se libérer d’un système qui nous considère comme des statistiques et qui nous chosifie, et aller vers quelque chose qui nous délivre.

    Ne pas faire ça, c’est ensuite devenir l’esclave des intérêts spécifiques et immédiats, et ne jamais accepter de dépasser ça, de le transcender pour obtenir un vrai changement.

    Dans le climat actuel, dans la situation actuelle, un parti comme le PCF serait même plus gagnant de faire une croisade nihiliste pendant les élections et d’être extrêmement agressif plutôt que de se perdre dans une défaite annoncée, à essayer d’exister sans prétention.

    Accepter notre part d’ombre.

    Du fait de la forme de notre courant (au sens étroit du terme, cette fois, c’est-à-dire de ceux qui se revendiquent des expériences socialistes), nous incarnons la mauvaise conscience, salie par la réalité, d’un courant (au sens large, cette fois-ci) qui se veut au dessus des faiblesses, des difficultés, des violences, des brutalités, du sang et de la merde. C’est ce qui nous vaut régulièrement notre ostracisation, parce que nous incarnons le passé d’une certaine pratique de la victoire politique. Une victoire qui n’est pas celle de l’accouchement sans douleur d’un monde nouveau, libéré des entraves du passé, mais bien la transformation atroce d’un monde terrible en quelque chose d’autre.

    Et alors que les exploiteurs ont tout mis en œuvre pour écraser tout changement, il faudrait s’excuser. S’excuser d’avoir eu un État, s’excuser d’avoir eu une police, s’excuser d’avoir eu des services secrets, s’excuser d’avoir eu une diplomatie, s’excuser d’avoir fait des erreurs. Pendant ce temps, le Moloch capitaliste engloutissait les vies, tandis que ses enfants dégénérés créaient les camps de la mort. Notre bilan, nous le faisons pour nous, pour l’avenir, pas pour eux.

    Nos erreurs, les crimes qu’on nous impute, si nous devons les reconnaître, c’est auprès de ceux qui en ont souffert, pas pour une fausse bonne conscience, pas devant des gens qui vivent par le crime, qui s’enrichissent avec.

    Notre action, pour reprendre le titre du livre de Nietzsche, se déroule par delà le bien et le mal. Nous avons une tâche, une tâche rendue d’autant plus essentielle que l’étau de la catastrophe écologique se resserre. Cette tâche c’est le fait d’incarner les intérêts les plus profonds de l’ensemble de la société. Les intérêts objectifs de l’ensemble, exploités et exploiteurs. Cette tâche, pour être réalisée, pour parvenir à un monde de paix et de gestion sage des ressources naturelles, ne peut être réalisé sans transformer ses acteurs. Faire des exploités des dirigeants, qui exercent le pouvoir, car seul leur exercice peut libérer les exploiteurs des fers qu’ils se sont eux-mêmes imposés : la concurrence nationale, internationale, la prédation, la peur panique de la pauvreté… etc.

    Notre place n’est pas celle des gentils de l’Histoire. Aujourd’hui, la bourgeoisie nous impose sans cesse des exigences de condamner des violences, de la casse, ou d’autres choses encore. Elle nous impose de nous dissocier, de nous désolidariser. Et nous cédons régulièrement. Ne le faisons plus.Nous savons que la bourgeoisie ne recule devant rien pour imposer son ordre, nous ne pouvons pas être moins déterminés qu’elle.

    L’immense poète Palestinien Mahmoud Darwich écrivait :

    Mahmoud Darwich

    Moi je ne hais pas mes semblables

    et je n’agresse personne

    Mais… si jamais on m’affame

    je mange la chair de mon spoliateur

    Prends garde… prends garde

    à ma faim

    et à ma colère!

    Nous n’avons pas de haine, mais nous sommes résolus. Et si on nous traite de totalitaire car nous voulons la souveraineté absolue du peuple, nous ferons de cette injure notre flambeau. Nous avons une véritable révolution culturelle à réaliser au sein de notre courant politique : celle de faire renaître un mouvement audacieux, rassembleur, mais déterminé, capable de construire, étape après étape, les moyens de chasser du pouvoir des individus qu’on ne peut nommer autrement que des ennemis du peuple. 

    Quand nous posons certaines questions : celle du Parti politique, celle de l’accession au pouvoir, au sens de la capacité à pouvoir réaliser un programme, celle du centralisme démocratique (de la discipline interne et de la prise de décision), nous ne le faisons par par amour fétichiste de l’autorité, mais par nécessité de se doter des moyens de nos ambitions. Des ambitions qui ne sont pas celles d’une victoire « un jour », mais celle de parvenir à renverser la vapeur avant que certaines catastrophes, guerres, famines, pénuries, ravages, ne se produisent.

    Le tribunal de la bourgeoisie nous a déjà jugé et condamné. Mais son opinion importe peu, car demain, après demain, il sera regardé de la même manière qu’une inquisition d’un autre temps, qu’une barbarie du passé. Rejetons ses opinions, développons notre vision du monde, organisons nous, et nous cesserons d’être les perpétuels perdants.

  • Briser les injonctions morales. (1/2)

    Briser les injonctions morales. (1/2)

    Le 17 novembre 2021, le journal en ligne Frustration magazine publiait un article nommé S’indigner ou agir, il faut choisir écrit par Nicolas Framont. Nicolas Framont est sociologue du travail, expert et formateur pour les CSE (Comité Social et Économique, fusion des CHSCT et des Comités d’Entreprises).

    https://www.frustrationmagazine.fr/sindigner/

    Dans cet article, l’auteur part de la publication d’Indignez-vous, rédigé par Stephane Hessel, survivant de Buchenwald, Résistant, puis proche de Pierre Mendès-France et de Mitterrand. Cette courte brochure posait la nécessité de s’indigner devant les injustices du monde. Elle a d’ailleurs joué un rôle prépondérant dans le lancement de mouvements tels que les indignados en Espagne ou Occupy Wall Street aux États-Unis. Dans un sens, cette brochure peut être considérée comme ayant contribué à la naissance de mouvements comme Nuit Debout. Si ces mouvements ont parfois fait ricaner l’extrême-gauche à cause de leur posture moraliste et citoyenniste, on ne peut pas ne pas leur reconnaître un mérite : celui d’avoir posé la question de la politique comme quelque chose d’extra-parlementaire. En dépit de leurs limites, ils ont contribué à nourrir une maturation qui a donné naissance aux Assemblées de Gilets jaunes.

    Mais ce que souligne, à juste titre, l’auteur de l’article, est que la posture d’indignation, posture morale de réaction à une réalité affreuse, injuste, criminelle, est une défaite stratégique. Elle conduit la gauche (au sens large dans l’article), à répondre aux horreurs perpétrées par les capitalistes et leurs courroies de transmission, qu’elles soient présentables, comme Macron, ou infréquentables. Cette réponse, outrée, indignée, est une action qui ne fait qu’amplifier le message réactionnaire, à le diffuser, sans réellement le combattre autrement qu’en se prétendant meilleur moralement, mais sans agir.

    Et nous ne pouvons être que d’accord avec cette conclusion. Cette unique perspective, celle de la commisération, est un cul-de-sac. Privée de perspective de transformation du monde, ou alors sous la forme de l’incantation, la gauche radicale, du moins ses courants dominants, s’est éloignée d’une question fondamentale : celle du pouvoir, du chemin vers lui, et de sa pratique concrète. Elle est comme un boxeur, coincé dans les cordes, condamné à rendre les coups toujours plus faiblement, incapable de retrouver l’espace de la manœuvre, de l’initiative, de l’attaque, de la transformation du monde.

    Aujourd’hui, l’espace du débat public, l’espace intellectuel, l’espace mental, est saturé par les questions réactionnaires. Saturé par des offensives idéologiques dont la force ne peut qu’évoquer des périodes bien sombres. Au milieu de cet océan, les voix qui appellent à une transformation du monde paraissent isolées. Ainsi, des mouvements pour l’égalité, contre la transphobie, contre la racisme, pour une écologie qui ne se limite pas au jardinage, peinent à se faire entendre. Les assauts réactionnaires qui visent à les marginaliser ou à les réduire à des caricatures sont décuplés par l’approche des élections.

    Et nous nous indignons. Sincèrement, certes. Et qu’on ne nous comprenne pas de travers : l’indignation est une bonne chose. Être moralement choqué, être atteint par ce qui se déroule autour de nous est quelque chose de positif, est quelque chose d’humain. L’indignation est le ferment de l’engagement. Mais lorsque l’indignation devient l’alpha et l’oméga de l’activité, elle n’est plus que phrase creuse.

    Indignation et constatation.

    Si s’indigner est légitime, l’indignation est supposée dénoncer les anomalies de notre monde, les singularités d’horreur. Pas décrire le fonctionnement nominal de notre monde. Il est terrible de le dire, mais la misère, la violence policière, la montée de la réaction, le traitement des réfugiés et des réfugiées, l’anéantissement des possibilités de vivre dans un environnement sain… ne sont pas des anomalies. Ce sont des conséquences, des « externalités négatives » du fonctionnement normal du capitalisme. En les exceptionnalisant, en les considérant comme des faits anormaux, on fait oublier qu’ils se reproduiront constamment tant que le capitalisme existe.

    En restant dans cette dénonciation des travers ou des immondices proférés par des agitateurs comme Zemmour ou d’autres, nous contribuons à faire de leur vision du monde le centre de gravité des débats. On se positionne par rapport à eux, tout en se faisant la caisse de résonance de ce qu’ils osent dire. En répétant, on continue de diffuser. En répétant, on contribue aussi à normaliser. Un des exemples est Papacito : son discours est vide, creux, mais la controverse – qui est ce qu’il recherche pour exister – le nourrit.

    On se prive aussi de proposer : nous avons une vision du monde nous aussi. Nous avons une volonté de transformer celui-ci. « Macron et son monde » est une posture creuse. Son monde, c’est le notre. Son monde, c’est le miroir de notre inconséquence, de nos renoncements, de nos capitulations. Son monde, c’est le monde de notre humiliation. Il ne nous est étranger que parce que nous refusons de la voir. Pour réussir à faire émerger cette vision du monde, il faut quitter l’indignation pour élever le niveau du débat vers la construction. Cependant, pour parvenir à réaliser cela, il faut contourner un obstacle important : la soumission à l’injonction morale. Nous en avons déjà parlé plusieurs fois. Mais briser cette injonction morale doit être le delenda carthago1 du militantisme révolutionnaire.

    On doit se poser la question : comment, aujourd’hui, peut-on être choqué de l’attitude des exploiteurs de notre pays et de leurs relais politiques ?

    Il faut cesser avec cette fausse naïveté. C’est un fait qu’il faut acter, sans le banaliser. C’est un fait qu’il faut donc intégrer dans notre conception du monde, dans notre conception de la politique, dans notre conception du rapport au pouvoir.

    L’injonction morale.

    Le système de pensée dominant, dans lequel les exploiteurs sont hégémoniques, nous impose des injonctions morales. Ne pouvant réussir à s’attaquer au fond de l’affaire : c’est-à-dire la volonté de construire un monde de justice, d’égalité, de liberté et de prospérité commune, ils utilisent alors deux moyens de frapper.

    • Soit le fait que le progrès entraîne, pour faire simple, la fin du monde. C’est le cas du rejet des avancées sociétales : féminisme, lutte contre l’homophobie, lutte contre la transphobie. Ces changements sont, aux yeux d’une part d’entre eux, de véritables prémices de l’apocalypse. Quant on regarde les unes du Figaro, on a le sentiment que si les « wokes » arrivent à leur fin, ce sera le déclin de notre civilisation.
    • Soit une attaque sur le chemin de la transformation de la société. En somme, il ne faudrait que faire le bien, qu’être doux et douces, gentils et gentilles, tout tolérer et tout accepter. Le plus souvent, ce qui revient est l’image du totalitarisme, d’une dictature arbitraire, sanguinaire.

    Et sur les deux points, il est incontestable qu’ils ont obtenu des victoires immenses. Dans le premier cas, à la fois par le retournement d’une partie de la gauche, qui s’est mariée aux idées conservatrices, soit par la polarisation à outrance d’une autre, qui en finit par s’isoler.

    Dans le second cas, par l’abandon de la perspective suprême de l’activité politique : exercer le pouvoir, briser les obstacles de la transformation du monde, et réaliser la naissance d’un monde nouveau. Même si nous savons que les exploiteurs ne reculeront devant rien, nous avons du mal à l’acter, à le faire rentrer dans nos calculs.

    L’anesthésie du confort, de la sécurité illusoire se poursuit toujours. D’une part nous avons le sentiment que la lutte des classes n’est plus la même, que ses acteurs (en particulier ceux qui mènent la danse, la bourgeoisie) s’est assagie. Le massacre de Fourmies, la IIIe République et ses camps de concentration, la IVe envoyant l’armée tirer sur la foule, la Ve noyant les Algériens… tout ceci semble sortir d’un passé révolu. D’un passé qui dépend d’un autre régime d’historicité.

    On a ce sentiment cotonneux, nébuleux, que les méthodes, les moyens mis en œuvre pour faire du profit ne peuvent plus être les même qu’avant.

    Il faut dire que la séparation entre une métropole dans laquelle une certaine loi et un certain degré de liberté est possible, et les zones colonisées dans laquelle une autre violence s’exerce, contribue à distancier mentalement deux mondes. Ici, la liberté existe sous des formes qui n’ont rien a voir avec celle qui a court dans les pays occupés par l’armée française. Ces mondes sont poreux. Les centre-villes sont sous une autre loi coutumière que les banlieues, les banlieues que la ruralité. Et le monde colonial/néocolonial n’est pas loin. Il se rapproche, au fur et à mesure que les fusibles chargés de la paix sociale sautent.

    Cette distance et cette impression que, malgré tout, les jours continuent et qu’en fin de compte tout ira bien nous trompe. C’est autour de ce mythe que l’antitotalitarisme, qui est, en fin de compte, une doctrine antirévolutionnaire, est née.

    C’est là où réside une mentalité servile : nous concevons notre activité, notre question du pouvoir, notre question de son exercice comme devant se conformer au cadre défini par nos exploiteurs. Toutes sortes de fonctions normales des organisations politiques nous sont interdites. Toutes sortes de fonctions normales de groupes voulant viser la transformation du monde nous sont interdites. Toutes sortes de fonctions qui permettent aux membres de ces organisations de se transformer eux-mêmes pour atteindre ces objectifs nous sont interdites. Tout cela au nom de l’anti-autoritarisme, du rejet du professionnalisme, de la nécessité impérieuse d’être des « gentils ».

    Ce romantisme se retrouve souvent dans des actions désespérées. Ainsi, pour reprendre un exemple, à une rencontre avec Marc Rouillant et des militants italiens, organisée dans une librairie, nous leur avons demandé : « quelle était votre stratégie pour gagner ». Silence embarrassé et réponse vaseuse : « ce n’était pas pour gagner mais pour l’honneur / pour inciter à faire pareil ». La question du pouvoir est pourtant vitale. Sinon, c’est de l’héroïsme du XIXe siècle. Or, c’est là aussi, fait un choix de la défaite.

    Cette culture anti-totalitaire, bien que par essence de droite, a su trouver des points d’appui importants dans une gauche pétrie de bons sentiments. Des personnalités comme Trotski, qui n’ont absolument rien de libertaire, ont été employées (certainement à leur corps défendant, par ailleurs), pour représenter des versions gentillettes, démocratiques, light de la transformation du monde. D’autres comme Orwell, qui, par hostilité au totalitarisme, ont fini par devenir des indicateurs de police, sont portées aux nues.

    1« Carthage est à détruire ». Selon la tradition, Caton l’Ancien prononçait cette formule à chaque fois qu’il commençait ou terminait un discours devant le Sénat romain, quel qu’en fût le sujet. (Source : Wikipédia)

  • Les Antilles s’émeutent.

    Les Antilles s’émeutent.

    Les émeutes dirigées contre les mesures anti-covid révèlent qu’une grande partie de la population est épuisée, en a assez, et n’aspire plus qu’a un retour à la normale.

    En Allemagne, en Hollande, dans les Antilles, nous avons pu voir, à l’annonce de nouvelles restrictions, des scènes de chaos, des embrasements populaires.

    Il existe des colères justes, des colères sincères, mais qui prennent des formes réactionnaires. Dans ces colères, il existe une énergie destructrice et créatrice immense. Le rejet des institutions existantes, de leur fonctionnent décevant, truqué. Le sentiment d’avoir été trahi, le sentiment qu’on nous ment en permanence, pour nous faire accepter une situation de larbin, d’exploité, de dominé. Et ces sentiments, cette colère, cette révolte juste s’exprime, explose, à des endroits imprévus. Elle se heurte à ce qui est le moins supportable, le plus visible : les restrictions de liberté au nom de la lutte contre la pandémie.

    Cependant, cette aspiration sincère ne peut faire oublier un état de fait : tant que la pandémie rôde, nous courons le risque d’être contaminé, malade, invalide, tué. Mais nous courons aussi un deuxième risque : celui de voir les libertés démocratiques durablement retirées. Nous avons le devoir d’en finir avec cette épidémie. Le ministre de la santé d’Allemagne a eu une phrase terrible : à la fin de l’hiver, les Allemands seront « vaccinés, guéris ou morts. » C’est à la fois une injonction menaçante, mais à la fois aussi une réalité. Le Covid n’est pas parti. Il est là encore longtemps. Et surtout, les mesures anti-covid sont loin d’être l’axe de bataille premier de la bourgeoisie : elle attaque toujours les droits sociaux, en profitant du fait que l’esprit d’une large partie de la population soit accaparé par ces dispositifs.

    Mais, quoiqu’on puisse penser de ces mouvements, il nous faut regarder comment, de quelle manière, ils sont réprimés. Et, dans ce cadre là, nos regards ne peuvent se tourner que vers les Antilles.

    En Guadeloupe, par exemple, le RAID et le GIGN ont été déployés pour faire face aux manifestants, devenus émeutiers. Des émeutiers qui ont débordé les moyens d’encadrement de l’île, au point de faire peser la peur d’une insurrection et d’une perte de contrôle. Il ne faut pas oublier que les Antilles ont été le cadre de très grandes luttes. Ainsi, en 2009, Liyannaj Kont Pwofitasyon avait lancé une grève générale en Guadeloupe. L’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), le syndicat majoritaire de l’Ile, dirigée par Élie Domota, avait lancé une lutte de longue durée. Partant du prix de l’essence, cette mobilisation avait fini par poser des questions sur l’intégralité du tissus économique et social de l’île, notamment contre la domination béké, coloniale,sans partage.

    Si nous ne pouvons pas soutenir positivement le fait que cette révolte s’axe contre les mesures de santé publique, aussi dures soient elles, nous pouvons comprendre la colère. Le passé colonial a laissé des traces. Ainsi, à la Réunion, le scandale des avortements et des stérilisations forcées à de quoi susciter une défiance de la part de la population envers les politiques médicales d’État1.

    De plus, le travail informel, qui ne donne aucun droit, représente près d’un quart de l’activité2. C’est énorme, et cela suffit à expliquer un rejet de ces mesures : elles ne sont pas adaptées au tissus social et économique de la Guadeloupe et plus largement des colonies.

    Ces émeutes méritent d’être regardées avec lucidité. A ce titre faut arrêter avec les mots couverts : des scènes de pillage sont des scènes de pillage, les appeler auto-réduction, comme l’ont fait certains, est un abus, presque une manière de s’excuser que ces événements aient lieu. Soyons sans complexes : le dire n’est pas une condamnation. C’est simplement un fait. La vie chère, le décalage de niveau de vie entre les békés coloniaux et la population, tout pousse à une colère économique tout autant qu’une colère politique. Et celle là se traduit aussi par l’envie d’accaparer des biens matériels, dont on s’est senti privé, frustré, depuis des années.

    Quelle est la réponse du gouvernement français: envoyer les forces spéciales. Elles sont jugées être les seules capable de pouvoir juguler la menace. Les manifestants doivent donc s’attendre à avoir, comme réponse à leurs demandes, la répression. C’est là une manière de traiter les problèmes coloniaux assez typique : a quelques jours d’un nouveau référendum en Kanaky, on ne peut pas oublier les bombardements réalisés par la marine française ou l’assaut de la grotte d’Ouvéa en 1984. La répression à Mayotte, en Guyane, dans les Antilles, en somme dans chaque zone dominée par la France est d’une nature spécifique : elle est une gestion policière coloniale, dans laquelle l’utilisation de la violence est décuplée par la séparation entre colons et colonisés. Au lieu d’oxygène et de compromis, l’État choisit le conflit et se prépare à affronter les mobilisés.

    Ceux-ci ont pillé une armurerie. Des tirs à balles réelles ont été signalés. En réponse, un couvre feu a été déclaré à partir de 18h00. Reste à voir ce qui se déroulera, mais toujours est-il que, si nous sommes pour une politique de lutte contre la pandémie avec force, nous n’acceptons pas cette gestion coloniale de la crise. Nous considérons qu’il est plus que temps de mettre fin au « confettis d’empire », et que le destin des Antillais et des Antillaises passe par leur liberté, par le choix d’un destin qui leur est propre. Ceux comme Jadot, comme Hidalgo ou comme Macron, qui veulent « rétablir l’ordre », parlent d’écraser les Antillais et les Antillaises, non de les libérer.

    C’est ainsi, dans un travail de coopération et de collaboration au sein de la mer des Caraïbes, qu’ils peuvent espérer sortir de cette situation, qu’ils peuvent régler les problèmes, qu’ils peuvent avancer vers une prospérité nouvelle.

    Pas de répression aux Antilles !

    Pour la fin de colonialisme !

    1https://fr.wikipedia.org/wiki/Avortements_forc%C3%A9s_%C3%A0_La_R%C3%A9union

    2https://www.guadeloupe.franceantilles.fr/regions/departementales/ce-que-revelent-les-rapports-d-activites-des-commissaires-aux-comptes-sur-nos-economies-572045.php

  • Le Conspirationnisme – brochure.

    Le Conspirationnisme – brochure.

    Après un travail de plusieurs mois, nous publions cette brochure. Elle est, il nous semble, importante, car elle traite d’un sujet omniprésent : le conspirationnisme.

    La croyance dans des complots n’est pas quelque chose de nouveau. Les légendes urbaines, les rumeurs, sont nées en même temps que les sociétés et que les civilisations. Elles participent à la création de mythes, de superstitions, d’un corpus religieux. Elles contribuent également à des épisodes de violence paroxysmique, dans lesquels ces rumeurs, ces canulars et ces mythes servent d’exutoire aux peurs et aux tensions. Il ne faut pas les sous-estimer. Cependant, le développement progressif des moyens de communication, puis l’immense boom du développement des sociétés de l’information, ont donné un allant sans précédent à ces interprétations du monde. Il a existé des complots et des conspirations, c’est indéniable. Mais le conspirationnisme, l’analyse du monde qui fait du complot le moteur de l’histoire, est quelque chose de substantiellement différent.

    Dans ce travail, nous proposons une analyse du conspirationnisme. Depuis ses origines biologiques et sa présence naturelle dans la société jusqu’à son utilisation politique consciente ou inconsciente. Utilisation toujours dangereuse, toujours tendanciellement réactionnaire. L’extrême droite en a fait son épée, mais ces raisonnements contaminent. Nous, notre camp, notre courant politique, n’en sommes absolument pas exempts. Beaucoup piochent dans un inconscient conspirationniste dans lequel les adversaires et les ennemis sont décrits sous des traits bien connus : ceux qui diable chrétien. Séducteurs, déloyaux, menteurs, diaboliques dans leurs intentions comme dans leurs moyens. Une vision du monde manichéenne et caricaturale, laquelle nous prive de comprendre en profondeur notre monde.

    Nous avons fait le choix de traiter longuement non seulement notre propre contamination que les effets que celle-ci a pu avoir par le passé. Ainsi, nous clôturons notre travail par un point sur l’influence du conspirationnisme et des raisonnements paranoïdes dans les expériences socialistes et, en premier lieu, dans l’URSS de la période stalinienne. Si nous n’épargnons pas d’autres courants, nous ne nous épargnons surtout pas nous même : nous avons un long travail à réaliser pour être meilleurs et pour expurger le conspirationnisme de nos raisonnements. C’est ainsi qu’il sera possible de l’expurger de la société par la suite.